Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV Raven
Je range ma boîte à outils en regardant l'heure, mes collègues me dévisagent comme si j'étais malade. Il faut dire que je ne suis pas du genre à partir pile à l'heure. Je retire mes écouteurs sans fils et les range dans la poche de ma veste. Je m'avance vers le bureau de mon patron pour lui faire un rapport détaillé de mon travail de la semaine et ce par quoi je compte commencer en début de semaine. Lui aussi paraît surpris que je parte si tôt, mais il ne fait aucune remarque.
Je récupère toutes mes affaires, place mes dossiers dans leurs bannettes et ferme à clef mon casier. Je retrouve les rues bondées de Brooklyn, je fais un détour pour m'acheter à manger, je n'ai rien avalé de la journée. Je place le sandwich, la boisson et le beignet dans mon sac à dos. Je discute avec le gérant du bar, restaurant et échoppe, nous abordons principalement le sujet de la vie dans le quartier avant qu'il ne m'annonce qu'il n'a pas aperçu ma mère depuis un certain temps.
Je roule des yeux à cette annonce, je suppose qu'elle a encore un nouveau mec. Je déteste quand elle s'engage dans une nouvelle relation. Je soupire. Je suppose qu'essayer de la trouver en ce moment est aussi inutile que de chercher Charlie dans un livre créé par un graphiste sadique qui aurait effacé le petit bonhomme en pull rouge et blanc. Et quand elle reviendra, elle sera encore en larme et en dépression.
Helena Reyes-Benitez avait bien des qualités, mais garder un homme n'en faisait pas partie et s'occuper de sa fille non plus d'ailleurs. Je me suis clairement élevée toute seule, comptant quand c'était vraiment nécessaire sur ma veille voisine de palier, Lisa et Antoine Woods ou Abby Griffin. Mais dès que ma mère revient, je ne peux pas m'empêcher de m'occuper d'elle, je recolle les morceaux, encore et encore, toujours. Je n'ai jamais eu l'occasion d'être une enfant, j'ai conscience d'avoir grandi trop vite.
- Finalement, je vais aussi te prendre une sucette pour l'association du quartier.
- Cerise, devina le veille homme.
- Mets-en moi deux en fait, cerise et pomme, s'il te plaît.
Malgré ma demande inhabituelle, le vieux Monsieur Brooks s'exécute et me tends les deux bonbons que je glisse dans la poche de mon manteau. Je plis un billet de dix en quatre et le glisse dans la tirelire de l'association avec un grand sourire. Le gérant claque sa langue contre son palet en dodelinant sa tête de droite à gauche. Je ris en l'imagine se transformer en un de ces horribles chiens qui bougent la tête que l'on place à l'avant ou à l'arrière d'une voiture.
- C'est beaucoup trop jeune fille et tu le sais très bien, ronchonne-t-il.
- C'est pour toutes les parts de tarte que vous m'avez offert enfant Monsieur Brooks, je m'amuse.
- Déguerpis immédiatement de mon échoppe Señorita lo sé todo.
- Adiós Abuelo B !
De nouveau, je devine son mécontentement sur son visage alors que je ne perds pas de temps pour m'extraire de ce magasin devenu miné. Je regarde l'heure et sourit, j'ai encore du temps. Je me balade, discute avec toutes les personnes que je connais, la plupart sont soit beaucoup plus âgées que moi, soit bien plus jeunes. Je n'ai jamais été doué avec les gens de mon âge, exception faite de mes amis d'enfance. Je parle littérature, livres de compte, gestion, mécanique, sport, de la vie du quartier ou de l'actualité, tous les sujets sont bons à être abordés et si je peux apporter mon aide, je le fais toujours.
Mon quartier, malgré le fait qu'il se trouve dans un des secteurs les plus sensible de Brooklyn est incroyablement vivant. La plupart de ses habitants sont fréquentables. Je connais tous les coin de rue, tous les petits magasins de proximité, les restaurants insoupçonnés et même l'adresse exacte de la bibliothèque et de l'infirmerie clandestine. Cet endroit et ces gens, c'est ma famille. Les personnes qui y vivent m'ont construite. Je n'ai peut-être pas eu de mère mais j'ai eu mieux : une communauté.
Et c'est quelque chose que mes amis ne peuvent pas comprendre, surtout Clarke qui essaye de m'éloigner de cet endroit dès qu'elle le peut.
- Rae, m'appelle Matéo un des gamins que j'aide le mardi et jeudi soir pour les devoirs, jugamos al ajedrez ?
- Pas aujourd'hui gamin, je refuse poliment en m'approchant.
- Por qué ?
- Parce que j'ai un rendez-vous, je réponds avec un grand sourire.
- Avec Shaw ?
- Quoi ? Non ! Pourquoi est-ce que tu penses ça ?
- Parce qu'il n'arrête pas de t'inviter et j'ai cru que tu avais enfin dit oui.
- Je préfère encore me faire zigouiller par Dark Vador à la Obi Wan Kenobi que d'accepter un stupide rendez-vous avec ce chieur de première.
- D'accord, il hoche les épaules et commence à reculer, on jouera aux échecs une autres fois ?
- Yep ! Quand tu veux !
- Tu me laisseras gagner ?
- Comment tu veux progresser si je te laisse gagner ?
- D'accord, mais la prochaine fois, on ne pari pas les M&m's, c'est toi qui mange toujours tout et ce n'est pas juste !
- Pas de soucis gamin, pas de M&m's la prochaine fois ! Je dois y aller, à plus !
Je me mets à courir, en regardant ma montre. Je passe par le parc, saute par-dessus une barrière et coupe à travers l'espace vert. Je retrouve le sentier principal une centaine de mètres plus loin. Je passe devant l'arbre centenaire du parc à toute vitesse avant de revenir sur mes pas pour le tapoter trois fois. C'est quelque chose que je fais depuis que je suis toute petite. Je sais que c'est stupide mais j'étais persuadée que ce simple geste portait chance et je le crois toujours. Je reprends mon avancée rapide vers la gare et ne m'arrête qu'une fois les portes automatiques passé. Je suis complètement essoufflé. Je vérifie les heures d'arrivée et souris. Je suis pile à l'heure, pas comme cet empoté de lapin blanc dans Alice aux Pays des Merveilles.
Je suis encore essoufflée quand les premiers passagers du train de 17h46 en provenance de New-York centre s'accumulent dans la gare. Je me mets sur le côté pour éviter d'être bousculée, mais je me retrouve tout de même presque aplati contre un distributeur de boissons par cette horde d'inconnus. Je décide de protéger ce que contient mon sac en le plaçant à mes pieds et je regarde sagement le hall se vider jusqu'à ce que mes yeux se posent sur elle. Je me sens sourire alors qu'elle me cherche au milieu de tous ces visages anonymes. J'aimerai m'avancer vers elle mais pour le moment, je suis dans l'impossibilité de bouger alors je me contente de l'observer de loin. Elle m'a tellement manqué. Je ne l'ai pas vu depuis si longtemps.
Et puis, comme dans un film, elle trouve mon regard. Je la vois froncer légèrement les sourcils avant d'affronter la foule qui s'est légèrement désépaissie pour m'atteindre. Je n'ose pas bouger, pas même d'un cil c'est comme si exécuter un mouvement la ferait disparaitre. Seulement, je refuse qu'elle s'évapore. Je veux qu'elle reste. Je l'attends depuis si longtemps.
- Pourquoi tu es essoufflée ? Me demande-t-elle une fois à ma hauteur, je croyais que le train de 17h46, c'était «large». J'aurai pu prendre celui de 18h22.
- Salut, je prononce en peinant à contenir mon sourire.
- Rae, je suis sérieuse. Tu as dû courir pour arriver à l'heure.
- Seulement parce que je me suis laissée distraire mais tu sais quoi, je suis arrivée à l'heure. Tu comptes me dire bonjour ?
Elle rit et je me perds dans sa contemplation. Je crois qu'il y a peu de chose que j'aime autant que la regarder rire. Elle s'approche un peu plus, saisit doucement ma main en se mordillant la lèvre inférieure. Son sourire persiste quand elle me demande joueuse :
- Et comment je devrais te dire bonjour ?
J'adore ce jeu qui s'est instauré entre nous. C'est inévitable, je me mets aussi à sourire en cherchant à toute vitesse une réponse. Je fais défiler un nombre incalculable de chansons, me constituant une playliste de toute celle qui comporte le mot Hello. Je souris un peu plus en l'attirant un peu plus vers moi en lui répondant :
- Un bonjour à Ace of Base : I think I know you Something is familiar about your face, I move through the crowd, So I can get a better look Hello hello.
- Okay, Anya sourit plus que de raison, laisse-moi te répondre avec les Beatles : Closer, elle me rapproche encore, Let me whisper in your ear, ses lèvres frôlent les miennes, Say the words you long to hear, I'm in love with you.
- Et moi qui croyais que tu ne chantais pas, je m'amuse.
- J'ai bien trop peur que tu recommence à me faire du chantage !
- Hum-hum…
- Oh, tais-toi !
Anya comble le peu de distance qui nous sépare encore et m'embrasse en glissant ses mains dans mes cheveux et sur ma nuque. Je ferme les yeux pour tenter de mieux assimiler la vague de sentiments qui me submerge. À chaque baiser, c'est plus intense. Je n'aurai jamais pu imaginer que quelque chose d'aussi simple puisse tout court-circuiter sur son passage. J'ai pris l'habitude qu'Anya ralentisse les milliers de pensées qui se forment à la seconde dans mon esprit de génie mais là, c'est comme si tout s'effaçait. Il n'y a rien d'autre qu'elle et moi, nous sommes seules au monde.
Après 60 jours, notre premier baiser me paraît loin, mais en même temps j'ai la sensation que c'était hier. Deux mois que nous vivons comme des adolescentes éprises pour la première fois. Je ne sais pas trop ce qu'il en ait pour Anya mais personnellement, je n'ai jamais ressenti quoi que ce soit d'aussi fort pour qui que ce soit. Il est loin le temps où j'étais persuadée d'avoir la capacité émotionnelle d'une petite cuillère à dos plat. Parce qu'aujourd'hui, j'aime. J'aime éperdument. Je l'aime elle. Anya.
- Tu m'as manqué, je souffle alors que l'oxygène commence à manquer.
- Toi aussi, cette distance est entrain de me rendre folle.
- Tu m'as manqué, je répète sans vraiment m'en rendre compte.
- À ce point ? Sourit-elle en replaçant mes cheveux derrière mon oreille, dis-moi comment.
- Aucune chanson ne peut convenir, j'assure en faisant la moue.
- Essaye quand même, m'encourage-t-elle.
- Pas aujourd'hui, je ressers sa main droite, en lâchant l'autre, je veux t'emmener quelque part. Ton sac, c'est tout ce que tu as ?
- Malheureusement, je ne reste que pour le week-end.
- Je t'interdis de penser à la fin du week-end, je viens l'embrasser furtivement. Allez, suis-moi !
Je la tire derrière moi avant qu'elle ne proteste. Je pourrai prendre un taxi mais je préfère traverser les rues de Brooklyn. C'est la première fois qu'Anya vient chez moi depuis que nous sommes ensembles et je compte bien lui montrer tout ce que les autres ne voient pas. Je vais lui faire aimer cet endroit. Je ne lâche pas sa main une seule fois, je m'arrête discuter avec certaines personnes qui m'alpaguent. Je la présente toujours mais seulement comme amie, nous n'avons pas encore discuté de ce point et je ne voudrais pas la mettre mal à l'aise. Je la vois froncer les sourcils et plisser le nez quand la conversation se fait en espagnol. Anya est magnifique.
Je m'arrête un peu plus longtemps devant l'échoppe de Mama C. qui portait seule d'énorme sac de terreaux, ce n'est pas sérieux à son âge. Je m'oblige donc à quitter Anya, non sans l'embrasser sur la joue et dépose les douze sacs restant dans la réserve. Quand je reviens Anya parle avec Mama C. je souris en les voyant ensemble.
- … et elle a désenvouté ma caisse enregistreuse. Tu as fini Tit Azul ? Tu t'es bien lavée les mains ?
- Je t'ai déjà dit que personne n'avait jeter de mauvais sort à ta caisse enregistreuse Mama C., ta vieillerie avait simplement besoin d'une petite mise à jour.
- Entonces es una coincidencia, s'énerve-t-elle, que esta bruja de María vino a verme el día anterior ?
- Je dois t'accorder que Maria peut être une vraie sorcière, je m'amuse.
- No te rías Tit Azul !
- Lo siento Mama C.
- No te vayas antes de elegir una flor !
Je ris un peu plus en regardant la petite dame repartir derrière son comptoir, d'où elle me lance un regard noir. Anya se rapproche de moi en me demandant tout bas :
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- J'ai énervé Mama C. en doutant des pouvoirs sataniques de Maria, sa concurrente directe.
- Et tu mérites vraiment ce regard noir ?
- Non… là, elle veut juste être sûre que je ne pars pas les mains vide. La dernière fois que je l'ai aidé, j'ai eu la mauvaise idée de partir sans son paiement et elle m'a poursuivi sur trois rues armée de sa canne. Du coup, c'est quoi ta fleur préférée ?
- Une fleur ?
- Je ne pourrai pas partir sans, je réponds blasée, alors autant qu'elle te plaise.
- Mes fleurs préférées sont les clématites, mais elles fleurissent de juin à septembre donc je doute que, je me retourne et elle me retient par le poignet, Raven ?
- J'en ai vu dans l'arrière-boutique, je pointe du doigts la porte, je vais t'en chercher une !
Je passe devant Mama C. en forçant un sourire, je passe la porte, récupère délicatement la fleur bleue. Je coupe la tige que je place ensuite dans un film plastique contenant un peu d'eau. Je retourne vers Anya et lui donne en effectuant une révérence ridicule qui la fait rire. Il n'y a pas grand-chose qui me rende plus heureuse que d'entendre ce magnifique son.
- Et je peux savoir quelle est ta fleur préférée ?
- Houlà ! Vaste question ! Tu savais que Mama C. a été ma première patronne ? Elle m'a appris à aimer un ensemble de fleurs, pas une seule. Alors, je réfléchis, je crois que mon bouquet préféré est composé de tulipe rose foncé, de roses orange et lilas avec un ou deux lys.
- Tu as travaillé ici ? Lexa ne m'en a jamais parlé.
- Je ne lui parlais pas de tout ! J'ai aussi travaillé dans la boutique d'Abuelo B, je lui montre la boutique de l'autre côté de la rue, dans le magasin de prête à porter de Señora Gomez et… dans un autre endroit, sans oublier le garage de Ninõ ! Allez, viens, je reprends sa main, je vais finir par nous mettre en retard ! Bye Mama C. !
- Hasta pronto Tit Azul !
- Qu'est-ce que ça veut dire Tit Azul, me demande Anya en me suivant.
Je ris, amusée par sa prononciation bancale. Je crois qu'elle comprend que je me moque d'elle parce qu'elle me donne un petit coup dans l'épaule. Je n'arrête pas de rire pour autant, je ressers mes doigts entre ceux d'Anya. Je passe par une rue qui je dois bien l'avouer fait coupe gorge mais en vérité, elle est inoffensive. J'avance rapidement, me contentant d'un hochement de tête pour les personnes que je croise où d'une : je n'ai pas le temps, prononcé en espagnole pour ceux qui insiste.
Je m'arrête en arrivant enfin à destination. Le bâtiment ne paye pas de mine. Il est au bord de la ruine, mais c'est le seul théâtre de la ville. Je fais passer Anya par l'arrière et je lui demande de m'attendre. Elle me retient mais je lui demande de me faire confiance en l'embrassant. Je négocie mon entré avec le vigile, trapue, barbue et armé de bras de bodybuilder. Il refuse comme toujours et moi, je négocie comme à chaque fois. Je ne sais pas pour quelle raison nous continuons à jouer à ce petit jeu. Parce que nous savons tout les deux qu'il finit par me faire entrer.
Aujourd'hui ne fait pas exception, il fait semblant d'aller chercher son journal sans faire attention à moi et je passe rapidement le couloir qui sert d'entrée. Je me dirige tout de suite vers la porte où j'ai laissé Anya m'attendre. Je la fais entrer et elle commente :
- Je ne suis pas sûre que tout ceci soit légale.
- T'es sérieuse ?
- Très ! Je cherche du travail, je ne veux pas être radiée du barreau.
- Fais-moi confiance, je lui demande en tendant ma main vers elle.
- Qu'est-ce qu'ils veulent dire ces mots que je n'arrive pas à prononcer correctement ? La plupart des personnes que nous avons croisé les ont utilisés comme un genre de… surnom. Je me trompe ?
- Tit Azul.
- Ouais, ce truc-là.
- Mésange bleue.
- Quoi ?
- La traduction de Tit Azul c'est mésange bleue.
- C'est super bizarre comme surnom !
- On pourrait en reparler ? Je ne veux pas que tu rates le début.
- D'accord, conçoit-elle en acceptant ma main tendue.
Je nous fais passer rapidement dans la vieille salle de théâtre qui a à peine une centaine de places et une scène minuscule. Je passe derrière les grands rideaux rouges pour rejoindre les coulisses du côté jardin. Je nous fais monter les deux étages par l'escalier clairement en fin de vie pour atteindre le grenier. Je lâche la main d'Anya pour allumer le grand spot de lumière. Je reviens vers elle et nous arrivons enfin à la grande fenêtre qui se trouve au-dessus des enseignes lumineux du théâtre. J'ouvre la fenêtre en grand, le silence me rassure. Je vérifie l'heure, nous ne sommes pas en retard.
- Nous avons encore dix minutes, je vais nous chercher des chaises.
- Rae tu peux me dire ce que nous faisons ici.
- Regarde le toit, juste en face, je lui conseille.
- Est-ce qu'il y a un piano ?
- Carrément !
- Pourquoi il y a un piano sur un toit ? Rae ! Il y a un gars qui arrive !
- Génial ! J'arrive, je déplie les chaises et oblige Anya à s'installer, ça va commencer. Sucette, je demande en lui tendant celle à la pomme.
Avant même qu'elle ait le temps de répondre, le pianiste commence à jouer Golliwogg's Cake-Walk. Anya écarquille les yeux, sa mâchoire tombe légèrement et elle reste silencieuse durant toute la prestation. Je lui ouvre sa sucette et lui tends quand le silence règne après la dernière note.
- Merci, souffle-t-elle en la collant dans sa bouche, comment tu as trouvé cet endroit ?
- Une fois, j'ai entendu la musique en rentrant du travail. J'ai cherché d'où elle provenait puis le meilleur point de vue. Pour l'instant, il est tout seule mais parfois il y a un vrai orchestre sur ce toit.
- Tu mets la barre très, très haut, souffle-t-elle alors que la musique reprend.
D'habitude quand je viens ici, je ne lâche pas les musiciens des yeux mais à cet instant, mon regard est rivé sur Anya. Je savais que ce concert improvisé en pleine air allait lui plaire. Anya n'arrête pas de sourire et ses yeux pétillent comme jamais. J'ai la certitude qu'elle passe un très bon moment. La musique change après plusieurs morceaux de classique, le piano, qui a été rejoint entre autres par une contrebasse, un saxophone et plusieurs percussions, enchaîne sur le jazz. La nuit commence à tomber alors je prends les sandwichs dans mon sac et en tends un à Anya avec une canette de coca.
- Je n'arrive pas à le croire, elle secoue la tête, tu avais vraiment tout prévu.
- Je me suis dit qu'il était temps que nous aillons notre premier rendez-vous.
- Je peux savoir ce que nous avons fait chez Ali's il y a deux semaines ? Et il y a un mois quand tu es venue à Chicago ? Et à la maison du lac de mes parents ?
- Nous avons passé du temps ensemble, j'ai beaucoup mangé mais nous n'avons pas eu de vrai rendez-vous.
- Qu'est-ce que tu appelles un vrai rendez-vous au juste ?
- Hum, je fais vaguement tourner mon indexe entre nous et le concert dehors, quelque chose comme ça ou il y a de la surprise et surtout beaucoup de rires.
- Et un baiser, demande-t-elle, ça rentre dans l'équation ?
- Peut-être, je souris, tout dépend de qui tu veux embrasser parce que si c'est un de ces gars là-bas, tu ruinerais tout et, elle me frappe le bras, aïe !
- Tu es infernale !
Anya saisit mes épaules et m'embrasse fougueusement, nos dents s'entrechoc avant que nos langues se trouvent pour former un ballet électrisant. Je sens une de ses mains s'égarer sous les trois couches de vêtements que je porte pour parcourir mon abdomen. Je souris alors que des sensations enivrantes s'emparent de mon corps. Je pourrais facilement me perdre dans l'instant, oublier tout le reste.
Contre toute attente, c'est Anya qui finit par s'éloigner, nous sommes toutes les deux à bout de souffle. Je me perds dans ses yeux. Il n'y a qu'elle.
- Tu veux que, demande-t-elle incertaine.
- … sortir d'ici ? Ouais carrément !
- Ce n'est pas ce que je voulais dire.
- J'ai compris, je lui assure. Rentrons, je lui propose en lui tendant la main.
- Tu en es certaine ?
- Oh well do you, je commence à chanter en souriant, do you do you want to, Oh well do you, do you do you want to, want to go, Where I've never let you before ?
- Franz Ferdinand, reprend-elle septique, tu es sûre de ton choix ?
- Allons chez moi, je soupire en lui tendant ma main.
Anya éclate de rire et cette fois, je prends un taxi pour rentrer. Quand le véhicule s'arrête devant mon immeuble, je sens comme une hésitation de sa part. Je me retourne vers elle et découvre son air sceptique avant qu'elle me demande :
- Tu vis ici ?
- Je sais que ça ne paye pas de mine, je m'amuse, mais laisse-lui une chance !
- Je crois que je commence à comprendre pourquoi Clarke veut que tu déménages.
- Sérieusement ? Tu t'es sentie en danger une seule fois aujourd'hui ?
- Non, répond-elle incertaine.
-Allez, viens !
Anya me suit, jusqu'au troisième étage. Je crois que c'est la première fois que j'espère ne pas croiser ma voisine de palier. Je ne supporterai pas le regard d'Anya qui me déshabille clairement du regard. J'ouvre ma porte, la laisse entrer et la verrouille en vérifiant plusieurs fois qu'elle est bien fermée avant de la rejoindre.
- D'accord, elle se tourne vers moi, ce lieu te ressemble. Est-ce que c'est un moteur sur ta table de salon ?
- C'est un moteur Harley Davidson, un idiot de première le complètement noyé. J'essaye de le sauver. Mon patron m'assure que c'est impossible mais je n'ai pas dit mon dernier mot. La direction et l'admission était aussi foutue, elles sont dans mon garage, c'était un vrai carnage, même dans mes pires cauchemars je n'ai pas vu un tel sacrilège. Je ne peux pas concevoir que quelqu'un puisse bousiller une telle merveille et, j'écarquille les yeux alors qu'elle retire son haut, qu'est-ce que tu fais ?
- Je viens de me rendre compte que tu pouvais parler de moteurs pendant des heures. Alors, je te distrais.
- Hum-hum, j'acquiesce en m'avançant.
- Donc je suppose que nous allons éviter cette table, s'amuse-t-elle.
- Hum-hum…
- Tu as perdu ta langue ? Me demande-t-elle en s'approchant.
- C'est une très belle distraction, je réponds timidement les joues brûlantes.
- J'ai le droit à une distraction moi aussi ?
- Tu as mieux que Franz Ferdinand ?
- Maintenant, s'assure-t-elle en m'embrassant et en me retirant mon manteau et mon gilet.
- Je n'en suis plus très sûre.
- Tant mieux.
Je me jette littéralement sur Anya, enlaçant ses épaules, plaquant mes lèvres sur les siennes. Je glisse ma main sur la nuque de la blonde, la laissant s'égarer au milieu de son dos. Les deux bras d'Anya serrent ma taille, m'enlacent. Je me sens en sécurité. Les caresses commencent à s'égarer. Les baisers s'enflamment rapidement et les vêtements disparaissent un à un. Je l'attire sans plus de préambule jusqu'à ma chambre et nous nous retrouvons bien vite nues l'une devant l'autre pour la première fois dans le lit.
- Anya, je souffle.
- Paloma Faith, murmure-t-elle en venant m'embrasser plus délicatement, I Just Wait, sans hésiter, c'est la chanson que je choisis.
Anya me donne un autre baiser alors que j'essaye de me souvenir des paroles de cette chanson. Puis sa bouche descend le long de mon corps et c'est de nouveau un court-circuit total. Elle pose ses lèvres sur tout mon corps, embrassant chaque parcelle de ma peau me faisant perdre la tête. Et peut-être pour la première fois de ma vie, je me laisse totalement aller dans les bras d'Anya. Je me fiche de garder le contrôle. Je ne cache aucune émotion ou gémissement jusqu'à ce que j'atteigne le plus fulgurant orgasme de toute ma vie.
Ma respiration est complètement chaotique quand Anya s'allonge à côté de moi. Une de ses mains est toujours sur mon ventre, le caressant. Je me tourne vers elle et me noie dans ses yeux. Elle est incroyable. Je secoue la tête en commençant à réaliser la chance que j'ai avant de lui rendre la pareille. Quand l'épuisement nous gagne, je nous couvre et la prends dans mes bras. J'essaye d'abord de le retenir, persuadée que c'est trop tôt et puis je me souviens que d'une certaine manière, nous nous le sommes déjà dit plusieurs fois à travers certaine chanson alors j'embrasse ses cheveux et je murmure :
- Je t'aime.
- Je t'aime comme une dingue, me répond-elle en m'embrassant.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! Le Retour du Ranya ! Vous êtes entrer dans le monde de Raven au milieu de sa communauté, j'espère que ça vous à plu. Son histoire d'amour semble bien se passé, n'est-ce pas ? Et sinon... deux mois depuis le départ précipité de Lexa.
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) qui devrait me permettre de vous publier 1 ou 2 chapitres de "When I See You Tomorrow" par semaines. En parallèle, je continue de publier NMRP tous les vendredi et 2 ou 3 chapitres de "Les amis ne s'embrasse pas sous la neige" par semaine. Prenez soin de vous !
GeekGirlG.
