Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV - Clarke
Je finis de me préparer en maquillant subtilement mes yeux quand mon téléphone se met à sonner dans tout les sens. Je soupire, m'éloigne du miroir en recapuchonnant le mascara. Je saisis doucement mon portable, pour allumer l'écran et découvre huit sms et deux appels manqués. Je lève les yeux au ciel en découvrant un seul nom s'afficher : Wells.
Hier soir après une longue et difficile soirée, j'ai fini par le quitter. J'ai craqué. Je ne me serai jamais imaginée en arriver à ce point de non-retour. Le dîner que j'avais organisé n'aurait pas dû se dérouler de la sorte, en aucun cas. C'était notre anniversaire, trois ans. Je voulais faire les choses bien, vraiment. Je pensais que j'avais beaucoup à me faire pardonner, je n'ai pas été sous mon meilleur jour depuis…
Je ferme les yeux, resserrant mes doigts sur l'écran, la pression fait trembler tout mon bras. Je sens les larmes s'accumuler sous mes paupières. J'inspire profondément. Je ne dois pas pleurer, pas aujourd'hui. J'ai lâché les fontaines hier soir, hurlée aussi beaucoup maintenant, ça suffit. Je dois me ressaisir.
Comme je n'ai pas arrêté de le dire et de le répéter au cours de la disputer, entre Wells et moi, c'est fini il y a longtemps. C'est à peine si nous nous voyons encore et quand nous parvenions à le faire tout était… je ne sais pas… artificiel. J'expire sur la longueur et sur un coup de tête, je décide d'éteindre mon téléphone. Je ne veux pas qu'il s'immisce. De toute façon, je ne vois pas ce qu'il pourrait dire ou faire qui puisse changer quoi que ce soit.
C'est fini. Enfin. Je me suis rarement sentie aussi soulagée, ni avec un cœur aussi léger.
Je glisse mon téléphone dans mon sac à main, enfile une veste en jeans qui s'apprête parfaitement avec mon haut rose claire, mon pantalon noir et mes bottines. Je vérifie ma coiffure dans le miroir de l'entrée, m'approche pour m'assurer que le maquillage est resté intacte et souris en constatant que tout est en place. Je relève les yeux et me fige devant le reflet de la carte du monde que j'ai collée à mon mur. Je me retourne pour l'observer un long moment, j'ai indiqué d'une punaise tous les endroits où Lexa est allée.
Je m'avance lentement pour récupérer la dernière carte postale qu'elle a envoyé à Anya. L'Egypte. J'observe un long moment la photographie avant de la remettre en place, c'est la huitième preuve que Lexa est toujours là quelque part qu'elle nous ait envoyé. C'est quand nous avons reçu celle de Namibie en juillet qu'Anya a eu la gentillesse de toutes me les confier. J'ai d'abord refusé, lui rappelant que tout ceci était ma faute et que sa sœur n'apprécierait certainement pas que je sois celle qui garde ses cartes postales. Mais elle a insisté en m'assurant que c'était trop difficile pour elle de les garder alors j'ai fini par dire oui.
Depuis, tous les jours, je fixe cette carte du monde en essayant d'imaginer ce que fait Lexa à ce moment précis. C'est un rituel qui me permet au moins une fois de sourire en pensant à elle dans la journée. Parce qu'à chaque fois, sans exception, elle est heureuse. Le reste de mon quotidien est plus morose. Je ne comprends pas pourquoi, mais depuis quelque temps je me suis rendue compte que son absence me pesait moins. C'est devenu normal. Et, je déteste cette sensation. Je ne veux pas m'habituer au vide qu'elle a laissé derrière elle, jamais.
Je secoue la tête, me souvenant que je suis attendue. Je récupère mon appareil photo, au passage, claque la porte, la verrouille et descends les trois étages à toute vitesse. Je démarre sous les chapeaux de roues avant de me rendre compte que cet empressement est ridicule à cette heure, les routes sont tellement encombrées qu'on peut à peine glisser une feuille de papier entre les voitures. Il me faut une demi-heure pour rejoindre ma maison familiale. Je klaxonne deux fois et Madi déboule.
- J'ai cru que tu n'arriverais jamais, engage-t-elle en me tendant un thermos.
- Bonjour à toi aussi, je souris amusée.
- Désolée… mais je suis super angoissée !
- Je comprends. Je suis aussi terrifiée pour toi.
- Arrête, tu vas empirer les choses ! Roule !
J'éclate de rire en m'exécutant. Je monte un peu le son, espérant que la musique calme l'anxiété de ma petite sœur. Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle se soit inscrite au club de débat. Je suis bien obligée d'admettre que ce choix ne lui ressemble pas. Pour que Madi ouvre la bouche devant quelqu'un sans qu'elle ne panique complètement il faut qu'elle se sente en sécurité, ce qui arrive très rarement devant des inconnues. En revanche, je ne suis pas étonnée que ce soit Aiden qui l'ai convaincu.
Ils ont passé tous l'été ensemble tous les deux. Un mois à Chicago où ils ont fait du bénévolat dans un zoo pendant deux semaines et intégré un camp de sport et d'art, pour renforcer les acquis d'Aiden au football, fin juillet. Quand ils sont revenus à New-York pour les premières semaines d'août, j'ai été obligée de constater que leur complicité c'était énormément accrue. Je me suis demandée si leur relation n'avait pas évolué au-delà de l'amitié, mais Madi m'a assurée que non. C'est quelques jours avant la rentrée qu'ils ont découvert l'existence d'un club de débat, qui s'étend sur tous les sujets de société. Et c'est le dernier soir que le plus jeune des Woods a défié ma sœur de monter sur scène pour s'exprimer ce qu'elle a évidemment refusé, mais par un nombre de quiproquos qui m'échappe complètement quand je suis arrivée dans la salle de débat après avoir reçu un mystérieux message du jeune homme avec Raven et Octavia, Madi était devant un micro, s'exprimant avec aisance sur le sujet du port d'arme en Amérique. J'ai été bouché bée. J'ignorais qu'elle pouvait avoir de telles convictions et surtout qu'elle était capable de tout mettre sur la table de cette façon.
Je me gare devant la salle qui reçoit le club de débat aujourd'hui. Je remarque qu'Aiden l'attend déjà, il discute tranquillement avec Anya devant la porte. Je repère aussi la voiture d'Octavia, je souris un peu malgré moi, tout le monde est présent pour soutenir Madi. J'ai lancé l'idée que nous soyons tous présents pour cette grande première ce qui m'a valu de nombreux reproches de la part de ma petite sœur mais au fond, je sais qu'elle est heureuse de ne pas vivre ce moment seule.
- Je ne vais jamais pouvoir sortir de ta voiture, assure-t-elle d'une voix blanche.
- Bien sûre que si.
- Non, elle secoue la tête, impossible.
- Bon, je jette un rapide coup d'œil à l'heure, je te laisse encore cinq minutes pour paniquer après je vais chercher les forceps !
- Quoi ?
- Je parle de Rae et O, tu sais parfaitement comment elles sont, je m'amuse. Je suis à peu près sûre que Raven peut démonter ce siège en un temps record et pendant ce temps Octavia rameuterait un tas de gros bras pour te porter jusqu'à la salle.
- Tes amis sont complètement tarées !
- Ce n'est qu'une suggestion, je ne suis pas dans la tête de Raven Reyes, je suis certaine qu'elle peut trouver plus, je grimace, Raven Reyes !
- C'est quoi ça ? Il y a une échelle de conneries qui est déposé sur la marque Raven Reyes ? Il est situé où exactement le point zéro ? Au stade du paresseux en pleine sieste ? Et le dix… oh mon dieu le dix ! Jusqu'où cette psychopathe peut aller ? C'est genre, l'invention de l'ampoule électrique, non l'avion ! C'est pas vrai, sa voix monte dans les aiguë, la bombe nucléaire ? Je sors de cette voiture tout de suite, elle ouvre brusquement ma portière, s'extrait du véhicule et murmure un : je suis sauvée.
De nouveau, j'éclate de rire. Madi fait volte-face, en m'assurant qu'elle me déteste avant de claquer ma portière. Sa réaction rend mon hilarité encore plus incontrôlable. Je la regarde foncer vers Aiden clairement furax, je croise le regard du jeune homme quand il comprend certainement la raison de son énervement. Le blondinet des Woods retient difficilement un sourire, secoue la tête avant de la prendre dans ses bras et de la conduire dans la salle.
Je sors à mon tour de la voiture et m'avance vers Anya restée à l'extérieur. Elle me salue poliment d'un signe de tête quand j'avance. J'avance lentement, vérifiant en marchant les réglages de mon appareil. Je ne relève les yeux qu'une fois à la hauteur de l'aînée des Woods.
- Tout va bien ? Me demande-t-elle, Rae a essayé de t'appeler à deux reprises.
- J'ai éteins mon portable pour la journée, je souris.
- Tu aurais dû la prévenir, s'amuse-t-elle. Elle était sur le point d'envoyer un véritable commando s'assurer que Madi et toi étiez en route.
- Il y a eu plus de circulation que ce que je croyais, pas de quoi faire toute une histoire.
- Tu sais que Rae me parle de tout, n'est-ce pas ?
Je fronce les sourcils avant de comprendre ce qu'elle insinue. Elle sait pour ma soirée avec Wells, j'ai appelé Raven juste avant. Je crois que je sentais que le déroulement du dîner n'allait pas être sur leurs meilleurs auspices et j'avais besoin d'être rassurée.
- Tout va bien, j'assure rapidement.
- Okay, elle sourit, je voulais simplement te prévenir que tu risquais de vivre un véritable interrogatoire dès que tu passerais cette porte.
- Génial…
- Raven s'inquiète pour toi. Elle ne le dit peut-être pas clairement, mais elle s'inquiète. Elle commence à croire qu'elle n'aurait pas dû, Anya soupire, elle doute pas mal en ce moment.
- Je vais lui parler.
- Clarke, elle me retient avant que je passe la porte, j'ai reçu une nouvelle carte cette semaine.
- C'est plus tôt que d'habitude, je fronce les sourcils.
- J'ai remarqué. Je me suis dit que comme nous étions tous là pour Madi, nous pourrions l'ouvrir après le débat. Sauf si tu penses que nous devons laisser cette journée à ta sœur.
- Non c'est… j'ai envie de savoir où elle est.
Je force un sourire alors qu'un étau enserre mon cœur. Il bat trop vite, trop fort alors que je le sens comprimé. Je crois que je pourrai m'effondrer mais je tiens bon. J'entre dans la salle en essayant d'oublier Lexa. Je suis presque soulagée quand en effet Raven me saute littéralement dessus, me posant un nombre incalculable de questions en un temps record. Je tais ma rupture avec Wells mais je crois que je parviens à rassurer mon amie.
Les participants au débat défilent sur scène, je m'agite sur mon siège, ma jambe gauche tressaute et mes doigts font rouler la bague de mon objectif nerveusement. Je fais tout, absolument tout pour écarter Lexa dans mes pensées mais c'est peine perdu. A chaque fois qu'Anya reçois des nouvelles, si on peut appeler les carte postale vierge comme tel, je me mets dans un état incompréhensible. Ma première pensée s'attarde toujours sur la déclaration de Lexa, puis des centaines de souvenirs défilent à une vitesse folle retraçant point par point notre amitié en passant des pleurs au rire, c'est comme des flash foudroyant et puis il y a le baiser.
Je secoue la tête pour essayer de me recentrer sur l'instant alors que Madi se place devant le micro. Je colle mon œil à l'objectif et prend une première photographie. Le baiser… j'en ai les larmes aux yeux alors que j'affronte à nouveau le fantôme du regard de Lexa quand elle m'a repoussée. Rage. Peur. Incompréhension. Révolte. Horreur. Il y a tellement d'autres ressentiments qui ont marqués ses iris quand elle m'a écarté. Je ne pourrai jamais l'oublier.
Je détaille Madi qui n'a peut-être jamais été autant à sa place qu'à cet instant. Je souris. Ma petite sœur a rarement été aussi belle. Elle a trouvé ce qui la passionnait, elle déblatère naturellement sur la réalisation des utopies. Elle est tellement à l'aise que je pourrai croire qu'elle commande un simple café en parlant du beau temps. J'immortalise ce moment, le déclencheur raisonne, le flash inonde mon environnement et en un instant, je sens de nouveau la brûlure sur ma joue.
Je baisse mon appareil, mon regard se vide. Je le lâche brusquement quand la douleur paraît se diffuser sur ma peau. Lentement, je viens effleurer ma joue de mes doigts. Il n'y a pas de doute, l'empreinte de la gifle de Lexa est toujours présente. Je crois que je serai incapable de l'oublier. Son geste, sa violence m'accompagnera jusqu'à mon dernier souffle, je n'en ai pas le moindre doute.
- Clarke, je sursaute quand Raven glisse sa main sur mon épaule, Madi a fini, elle souffle.
- Quoi ?
- C'est le moment d'applaudir, m'indique-t-elle.
Ses mots me ramènent au moment présent et je me retrouve submergé par des acclamations exagérées de la part de mes amis pour Madi. Je me reprends immédiatement, frappant mes deux mains ensemble, criant alors que ma sœur sort de scène, les joues en feu. Aiden l'attends avec un sourire gigantesque, il lui présente sa main pour faire un high five, ma sœur éclate de rire en s'exécutant. Elle l'a fait, son premier débat. Je suis tellement fière d'elle.
Je me rassied avec un sourire immense sur les lèvres et j'assiste à la prochaine intervention en éloignant Lexa de mes pensées. Je parviens presque à oublier complètement sa présence fantomatique quand j'entends Raven marmonner en espagnole à côté de moi et puis Anya qui lui demande gentiment d'arrêter de s'inquiéter. Je ne fais plus attention à elles quand je vois Madi remonter sur scène avec tous les autres candidats pour annoncer les gagnants. Je saisis de nouveau mon appareil pour la prendre en photo, elle est rayonnante. Elle finit seulement à la cinquième place mais pour une première fois, c'est plus que satisfaisant.
En sortant de la salle, Madi explose de joie, un cri de victorieux lui échappe avant qu'Aiden la pousse à exécuter une danse ridicule qui nous fait tous bien rire. Nous nous dirigeons ensuite vers un parc et les discussions vont de bon train. Nous avons tous retrouvé une bonne dynamique. Notre amitié ne s'est jamais aussi bien portée. Nos rendez-vous mensuels, nous ont fait un bien fou. C'est agréable de se retrouver comme quand nous avions encore dix ans. Nous sommes tous là les uns pour les autres.
Tous… ou presque.
Bellamy repère un food truck et nous décidons d'y commander notre repas, non sans une remarque acerbe d'Octavia qui crie au scandale devant cette malbouffe. Nous sommes installés en cercle sous un arbre à déjeuner dans la bonne humeur, Raven avec trois fois plus de nourriture que les autres quand sa petite amie sort l'enveloppe de son sac. Aiden bondit vers sa sœur en s'exclament :
- Je te donnes un cookie si c'est moi qui l'ouvre cette fois !
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ton cookie, s'amuse son aînée. Je ne peux plus rien avaler.
- Tu veux ce cookie Anya, assure Raven les yeux rivés sur le gâteau.
- Je veux ce cookie, répète-t-elle sceptique.
- Absolutamente ! Tu en meurs d'envie, écoute, elle sourit en pointant l'oreille d'Anya de son indexe, il t'appelle, mange-moi, mange-moi !
- Rae, l'ainée des Woods soupire, tu as encore une salade de fruit, un éclair au café, une tarte aux fraises, une meringue à manger et ton chocolat chaud à boire.
- Quiero esta galleta !
- Je n'ai pas compris, répond Anya avec une certaine mauvaise foi.
- Anya, explose-t-elle.
- Choose What You Love Most (Let It Kill You), souffle la blonde en venant l'embrasser sur les lèvres, Lara Fabian.
- Quoi ?
- Choose what you love most, répète Anya en chantonnant de plus en plus amusé.
- Okay, laisse trainer Aiden, je rappelle que vous n'êtes pas seules, il se racle la gorge, vous n'êtes pas obligées de nous imposer ça ! J'ai toujours un cookie à échanger.
- Prend immédiatement ce cookie Anya, ordonne Raven.
- Hum hum, elle éclate de rire, Too much love will kill you If you can't make up your mind Torn between the lover And the love you leave behind You're headed for disaster, Anya récite en défiant Rae du regard, Queen, souligne-t-elle.
- Anya !
- D'accord, d'accord, elle se tourne vers son frère, donne-moi ce cookie Aiden avant que ma petite amie ne se change en monstre capable de dévorer tout et n'importe quoi. Je ne comprendrai jamais comment il est humainement possible d'autant manger, soupire-t-elle en faisant l'échange avec l'enveloppe. Tiens, elle donne le biscuit à Raven.
- Enfin, s'extasie-t-elle, ne me refais plus jamais ça, bougonne-t-elle en croquant dedans, c'était méchant !
- Il y avait des chansons, sourit la blonde en venant embrasser le front de Rae puis en la prenant dans ses bras.
- Tu sais quoi, elle attrape le gobelet contenant son chocolat chaud, moi aussi j'ai une chanson. You control my heart So don't be an evil motherfucker You know I'm your slave So don't be a bad master, Kesha.
- Non mais je rêve, Anya rit de plus en plus, tout ça pour un cookie, vraiment ?
- Tu n'avais toujours pas compris que Rae pouvait te tourner le dos pour satisfaire son estomac, s'amuse Octavia.
- Ouais, je la suis, un de ces jours, tu vas te retrouver avec le cœur brisé Anya parce qu'elle n'aura pas su choisir entre toi et une pâtisserie confectionner par Christelle Brua !
- N'importe quoi, s'offusque Raven.
Nous éclatons tous de rire devant sa mauvaise foi. Elle roule des yeux en bougonnant en espagnol tout en prenant son éclair au café et en poussant Anya a la serrer un peu plus fort. Lorsque ses jérémiade incompréhensibles cessent, Aiden attire notre attention pour ouvrir l'enveloppe. Il fait le clown, inventant une histoire tirée par les cheveux, où Lexa se ferait poursuivre par un ours polaire en Sibérie pour atteindre une boîte aux lettres. Mais quand il finit par tirer la carte postale de son enveloppe, il se tait brusquement avant de froncer les sourcils, il sourit tristement :
- Je suis désolée qu'elle n'ait rien écrit Aiden, murmure Madi.
- A chaque fois, j'espère qu'elle dira quelque chose, commente Lincoln avec tristesse.
- On est tous pareil, assure Anya.
- En fait, reprend Aiden en nous montre le verso, il y a quelque chose d'écrit.
Comme un seul homme, nous nous approchons tous brusquement de lui. Je remarque tout de suite qu'un petit paragraphe est bien rédigé et je reconnais sans mal l'écriture de Lexa. Aiden retourne la carte vers lui et commence à lire :
- L'Islande est un pays magnifique. Les glaciers fondent, l'eau cherche son chemin à travers les ruisseaux, court d'une chute à l'autre, et éclabousse sur son passage créant une multitude de gouttelettes qui attirent la lumière pour former des arcs-en-ciel. J'ai pu en voir presque chaques jours depuis que je suis ici. Je vais bien Anya même si j'ai bien failli me faire arrêter pour avoir acheté illégalement une bière à plus de 3,25% d'alcool. Je vais bien. Ne t'inquiète pas pour moi. Lexa.
Mon cœur bat à cent à l'heure de façon assourdissante, rendant tout le reste insaisissable. Lexa va bien. Jamais les mots : "Je vais bien", ont eu une telle résonance pour moi. Je ressens un profond soulagement. Lexa va bien.
Quand je rentre chez moi après avoir déposé Madi chez ma mère et Marcus, je sens encore mon cœur battre à toute vitesse. Il n'a pas arrêté de faire des envolés inédites. Je me laisse tomber dans le canapé et c'est comme si plus rien d'autre n'avait d'importance. Lexa va bien.
Durant un instant, j'entends son rire résonner dans mon appartement. Je la vois assise en tailleur sur mon pouf en osier. Elle est magnifique puis son hilarité se calme, son sourire subsiste et son regard vient trouver le mien. Je me perds au milieu de ses magnifiques iris émeraudes qui me détaillent comme si j'étais la plus belle chose de ce monde. Calmement elle souffle doucement : je vais bien. Et j'y crois, j'ai une foi aveugle en ces mots.
- Je suis désolée Lexa, je murmure tout bas à son fantôme. Je sais que ce n'est pas ce que tu veux entendre mais je le suis vraiment. Tu avais raison, je secoue la tête. Je n'avais pas le droit. Ne me pardonne pas, je sens les larmes s'écouler sans contrôle sur mes joues, continue de me détester, je ne ferai rien qui puisse encore plus gâcher ce qui a existé entre nous mais… s'il te plaît, je ferme les yeux me rattachant aux souvenirs de plus en plus flou de Lexa, reviens.
Je m'endors sur le canapé sans m'en rendre compte, c'est un bruit strident qui me fait émerger d'un sommeil absolument pas réparateur. Je me redresse en passant une main dans mes cheveux. J'ai les yeux gonflés et la bouche pâteuse. Je suis dans un sale état presque semblable à une bonne vieille gueule de bois.
Et ce vacarme qui ne s'arrête pas… c'est quoi ce bordel ?
Je finis par comprendre que c'est l'interphone. Je soupire avant de traîner des pieds pour enfin faire cesser tout ce bruit. Je décroche et balance un faible et agacé :
- Quoi ?!
- Blondie, je reconnais immédiatement Raven, tu ne décrochais pas ton téléphone !
- Je dormais Rae…
- Je m'en doutais, il est à peine huit heures.
- Je vais te tuer, je grogne, c'est dimanche.
- J'essaye de t'appeler depuis hier soir, laisse-moi entrer !
- Je ne préfèrerai pas, je suis en train de réfléchir à un moyen de faire disparaître ton corps une fois que je t'aurais assassiné !
- L'acide, c'est le plus efficace, sans la moindre hésitation. N'oublie pas de réduire en miette les dents.
- Putain Rae, c'est gore ! Je n'ai même pas encore avalé mon petit déjeuner !
- Tu me laisses entrer maintenant ?
J'appuie sur le bouton qui déverrouille l'entrée au rez-de-chaussée sans répondre mais en lâchant un profond soupire. Je ferme les yeux en me frottant les paupières. De toute évidence, quoique je fasse, je n'échapperais pas à la tornade Raven Reyes. Je sursaute quand son poing s'abat sans interruption sur ma porte.
- Tu te fous de moi, je soupire en ouvrant la porte.
- Tiens, elle me tend un paquet de prospectus, je me suis permis d'utiliser mon double des clefs de ta boîte aux lettres.
- Tu crois que parce que tu m'as emmené mon courrier, je vais oublier de te tuer ?
- J'ai aussi un café noisette et un muffin à la myrtille, elle me tend un sachet, ton préféré de chez Sky's Diner.
- Okay, je lui lance un regard blasé, qu'est-ce qui se passe ? Qui est mort ?
- Prend ça, elle me tend un peu plus mon courrier.
- Pose-les sur la commode, je grogne.
- Lexa a écrit à tout le monde.
Je me fige complètement à la fin de cette annonce. Je suis complètement paralysée comme si mon cerveau refusait de comprendre cette information. J'ai forcément mal entendu.
- C'est pour cette raison que j'ai prit ton courrier. Je ne voulais pas… j'ai vérifié, elle m'assure, il y en a une pour toi. Alors prends ce muffin, bois ton café et ouvre cette enveloppe, elle embrasse ma joue, appelle-moi après, elle glisse le tas de papiers dans mes mains. Je te laisse. Je… Anya ne sait pas que je suis partie.
Et avant même que je ne puisse réagir, ma porte claque. Je suis en état de choc. Je fixe le tas de courrier entre mes doigts, interdite. Ma main tremble et tout s'écrase au sol. Je n'arrive toujours pas à bouger mais mon regard à suivit la chute du papier et il s'est arrêté sur une enveloppe blanche ou je découvre mon prénom, nom et adresse. Il n'y a pas de doute, c'est bien l'écriture de Lexa. Elle a une façon si particulière de former le C majuscule de mon prénom, c'est quelque chose qu'elle fait depuis le milieu de primaire et elle n'a jamais arrêté.
Encore aujourd'hui, après tout ce qui s'est passé… Lexa a pensé à quelque chose de si subtil.
Je me retourne et avance comme un automate jusqu'à ma cuisine. Je me laisse tomber sur une chaise en continuant d'implanter mon regard sur le tas de courrier éparpillé dans mon couloir. Je me redresse pour prendre le sachet de mon dîner préféré et m'assoie en tailleur devant la petite montagne de papier.
Qu'est-ce que Lexa a bien pu m'écrire ? Je suis terrifiée à l'idée de découvrir ses mots.
Je grignote plus que je mange mon muffin en essayant d'imaginer l'état d'esprit de la brune. Est-elle toujours en colère ? Je prends une première gorgée du café en grimaçant, tiède. Je soupire, repose le gobelet et me penche pour récupérer l'enveloppe. Encore une fois, mon cœur va exploser dans ma poitrine.
Neuf mois… dans quelques jours, ça fera neuf mois que Lexa est partie. Neuf mois que je vis avec mon erreur. Neuf mois que je passe et repasse ce baiser en boucle dans ma tête. Neuf mois que je me dis que peut-être mon empressement à l'embrasser, n'était pas un geste désespéré pour la retenir mais ce que je le voulais vraiment sans me l'avouer. Neuf mois que je vis avec la marque de sa gifle sur ma joue. Neuf mois que ces derniers mots tournent comme une ritournelle dans ma tête : "Je ne te pardonnerais pas ça, jamais. Tu n'avais pas le droit.". Neuf mois que je me dis que peut-être moi aussi je suis amoureuse de ma meilleure amie.
Peut-être… je soupire.
J'ouvre doucement l'enveloppe, je sens que la colle subsiste un peu sur mes doigts. Je les frotte avant de prendre la carte postale en choisissant de la tirer du côté de l'image. Je souris en découvrant une magnifique photographie d'une montagne avec des aurores boréale. Je suis surprise en sentant le papier glacé sous la pulpe de mes doigts. C'est un vrai polaroïd. Je l'observe donc avec plus d'attention en me disant que j'ai l'occasion de voir à travers les yeux de Lexa. Elle était là, devant cet endroit magnifique.
Je l'imagine sans mal, foncer vers ce paysage grandiose, les bras en l'air en hurlant qu'elle est libre et éclater de rire. Elle crierait à en perdre ses cordes vocales, sans se soucier des gens qui pourraient être de passage. Ensuite, elle se laisserait tomber au sol et regarderait le ciel noyer de vert jusqu'à ce que la nuit tombe.
J'inspire profondément en fermant les yeux. Oui, je la vois parfaitement et je me sens sourire en m'imaginant à ses côtés comme avant. L'une à côté de l'autre, les mains jointes, les yeux rivés vers le ciel à discuter de tout et de rien. A bout d'un moment, mon regard dériverai et je la détaillerai sous tous les angles, mon cœur se gonflerai de bonheur en la voyant heureuse. Et je lui avouerai peut-être ce que je ressens pour elle.
Peut-être…
Je retourne lentement la photographie et découvre bien plus de mots que ce que j'aurai imaginé. Je n'ose pas encore les lires. J'ai peur de ce que je vais pouvoir découvrir. Je ferme fortement mes paupières en me mordant l'intérieur de la joue. J'arrête de respirer. Quand mes cils se redresse mon cœur assourdit encore une fois tout le reste.
"Clarke,
J'ai vécu avec des étrangers ici et dans un tas d'autre pays qui ont hanté mes pensées mais ils ne t'ont jamais effacé. Je marche dans des rues inconnues mais je ne peux m'empêcher de chercher un visage familier, le tien. Tu es partout, tout le temps. Mais nous sommes à des océans d'écart. Et je peine à me souvenirs des raisons qui m'ont fait partir.
Je devrai embrasser tes lèvres pour reprendre mes esprits, depuis le début j'avais raison comme ton baiser m'a montré à quel point j'étais enterré sous mes mensonges. Oublions ce qui a été dit, la trahison et la douleur. Comme avant… on avait l'habitude de parler pendant des heures mais je ne suis pas certaine que tu puisses encore entendre ma voix maintenant. Pouvons-nous pardonner et oublier ?
Je te pardonne. Mon Dieu, je dois te pardonner.
Parce que je n'arrive pas à arrêter de t'aimer.
Lexa."
Lexa…
J'éclate en sanglot. Il n'y a plus de doute possible. Je suis loin des "peut-être" qui me hante depuis neuf mois, c'est une certitude.
Je suis, moi aussi, tombée amoureuse de ma meilleure amie.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! Clarke et la petite bande d'amis ont encore énormément évolué. Fait, important Lexa a enfin écrit quelque chose ! Qu'avez-vous pensé de son message à Anya ? Et Raven qui débarque sans prévenir... annonçant que tous le monde à reçu un petit quelque chose, encore un déclencheur pour Clarke qui "est tombée amoureuse de sa meilleure amie".
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) donc après un peu plus d'un mois d'affinement, voilà à quoi va ressembler la publication le lundi 1 chapitre de When I See You Tomorrow, le mercredi et le dimanche (plus un autre jour si j'ai de l'avance) 1 chapitre de Les Amis Ne S'embrasse Pas Sous La Neige et le vendredi 1 chapitre de Ne Me Regarde Pas. Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient et n'hésité pas à me prévenir si "j'oublie" une publication, je ne sais pas pour vous mais je commence à perdre la notion du temps. Prenez soin de vous !
Je rappelle, pour ceux et celles que ça intéresse que j'ai créer une playlist Spotify pour les chansons utilisé entre Anya et Raven, pour ce chapitre, j'ai ajouté : Lara Fabian - Choose What You Love Most, Queen - Too Much Love Will Kill You et Ke$ha - You Control My Heart.
GeekGirlG.
