Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; l'Univers Alternatif du Dix-Neuvième Parallèle est à moi.
Rating : K+
Personnages : Horace Slughorn, Severus Snape.
Correction : Fantomette34.
Un petit OS avec un détournement de chanson, comme vous les aimez. L'originale s'intitule : "Ah ! Si j'étais riche...", de la comédie musicale Un violon sur le toit.
Bonne lecture !
Ah ! Si j'étais chiche...
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o-O-o
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A la rentrée, il y avait eu un ajout à l'équipe des Professeurs de Poudlard. Un ajout et un changement : Severus Snape enseignait enfin la Défense Contre les Forces du Mal et Horace Slughorn avait quitté sa retraite, sous l'amicale, et forte, pression de Dumbledore, pour revenir apprendre aux idi... pardon, aux élèves forcément tous doués, l'Art subtil des potions, en souhaitant qu'ils survivent.
Severus croyait que son ancien Professeur serait content de retrouver ses classes et de croiser désormais des Héritiers des Dieux, qu'il voudrait sans doute ajouter à son carnet d'adresses, ou tableau de chasse, de célébrités.
Or, depuis un mois que les cours avaient repris, le Sorcier moustachu déprimait. Déterminé à comprendre pourquoi, le plus jeune avait invité son aîné à prendre un verre, après souper.
Il fallut trois whiskies pour délier la langue du vieux Serpentard.
"Vous ne vouliez pas réintégrer l'école ? Mais alors, pourquoi...
- ... suis-je là ? Albus. Il sait être persuasif."
Ça, Severus en savait quelque chose.
Cherchant un moyen de remonter le moral de son ancien Professeur, il lui lança soudain :
"Et si vous relanciez votre club, Horace ? Les relations sociales, cela vous connait."
Le visage du vieux Sorcier devint encore plus morose.
"C'était un leurre.
- Hein ?!
- Mon goût pour les mondanités, mon empressement auprès des enfants de bonne famille, des élèves prometteurs. Tout ça, c'était de... du fake ! Un rondouillard comme moi dans cette posture semblait peu dangereux aux autres, surtout aux Sang-Pur. Parfois, jouer un rôle est la seule solution pour passer à travers les gouttes."
Severus ne pouvait qu'être d'accord.
"Ce qui me navre, reprit l'aîné après avoir sifflé un quatrième verre, c'est que je n'arrive pas à sortir de ce cercle vicieux. Voyez Albus.
- Il est vicieux ?
- Pas plus que d'habitude. Non, ce que je veux dire, c'est que je ne peux pas le faire changer d'avis pour mon embauche. Le convaincre est mission impossible. Oh bon sang, j'en veux à tout le monde pour cela !
- Et si vous demandiez de l'aide ?
- A qui, à Merlin ? Et comment ? En jouant de la cornemuse ?
- Surtout pas !... Je pensais à une simple invocation."
Qu'il la fasse ! Au point où il en est.
Le vieux Sorcier se leva en vacillant.
"Tu sais quoi, Severus ? T'as raison. Mais je vais faire mieux, je vais l'interpeler en chanson !"
Youpi...
*Musique*
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"Merlin, tu m'as mis dans la bouse de dragon en me faisant revenir à Poudlard, mais s'il n'y a pas de honte à être prof', il n'y a pas de quoi en être satisfait (surtout vu le salaire). Quel mal cela ferait-il si je pouvais échapper à cette in-fortune ?
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Ah ! Si j'étais chiche, de dire à ce cher Albus que je voudrais démissionner.
Ah ! Si j'avais assez de courage pour l'envoyer balader. Hé !
Adieu les recettes, de potions que les élèv' font exploser dans leurs chaudrons,
Severus, t'as mille fois raison, ce sont vraiment tous des cornichons.
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Libre comm' l'air, j'investirais dans la création d'une usine de fruits confits,
Avec des ananas en produit vedette,
Je serais associé, bien sûr, avec les époux Flume, pour pouvoir tout distribuer,
Et ça ferait de l'or dans ma cassette,
Loin de la cour des petits coqs et des poules, de la sorcière société,
Qui ne font que piailler et discutailler,
Et chaque "Oh vraiment, mon cher, quelle histoire !", me serait enfin épargné,
Reposant mes oreilles accablées.
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Ah ! Si j'étais chiche, de choisir la liberté, de ne plus être un obligé,
Si je pouvais ne plus fréquenter un certain élève Serpentard, hé !
Qui ne sait que dire "Soyez-en certain, Monsieur, mon père en entendra parler."
A croire que c'est bien la seule phrase, qu'il réussisse à articuler.
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Je vois déjà mon tour de taille augmenter sans cesse en de belles poignées d'amour
Ne lésinant pas sur les quantités,
Mais pour enrober tout cela, je mettrai un' robe en soie d'acromentule
Car je pourrai enfin me la payer.
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Les plus grands Maîtres des potions frapperaient à ma porte,
Ils me poseraient des questions, comme à notre Salazar :
"Répondez, cher Horace !
Dites, très cher Horace !"
Une file de questions accolées sans fin.
...De quoi s'amuser à les fair' lanterner.
Si j'annonce que j'ai, une nouveauté, faudra payer pour voir,
Pour dev'nir riche, je connais la chanson.
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Si j' me moquais des officiels, j'enverrai l' Ministr' se faire voir chez Aragog,
Avec cett' chère Ombrage pour faire bon poids,
Et j'irai tailler le bout d' gras, avec Rosmerta, dans sa sympathique gargote,
Histoire de comparer nos popotes.
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Ah... si j'étais chiche, de prendre ma vie en main, de ne pas attendre demain !
Ah ! Si je pouvais trouver la voie, qui mène à un grand Destin. Hé !
Adieu les courbettes, les sourires pour les gens desquels il faut se faire bien voir.
Vous qui guidez la course des étoiles,
Cela vous donnerait-il du mal
D'opérer un changement total,
Que je sois enfin chiche, moi !"
...
..
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BOUM !
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Mis K.O. par l'alcool, Horace Slughorn venait de tomber de tout son long.
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Sans même hausser un sourcil, Severus transporta d'un Levicorpus son collègue sur le canapé. Alors, seulement, il se permit un sourire.
Ce cher Horace... aurait mieux fait de se taire.
Car les Parques, Déesses de la Destinée, avaient toujours une oreille qui traînait à Poudlard, et une manière toute personnelle d'exaucer les souhaits des mortels.
Ho ho !
...
