Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV - Lexa
J'arrête d'écrire, ressentant une douleur dans mes doigts. Je dépose mon crayon et les agitent en massant ma paume pour faire passer l'élancement désagréable. Je prends ma tasse, dépose la coupelle sur les feuilles de papier pour éviter qu'elles s'envolent et bois doucement mon thé qui a eu le temps de refroidir un peu. Je frissonne alors que le vent se lève, pour un mois de novembre il fait plutôt doux mais j'aurai peut-être dû entrer dans le bar plutôt que de rester en terrasse.
En même temps, il ne me reste que peu de temps à Paris avant de m'envoler pour Londres et j'ai envie de profiter encore de cette ambiance étrangement grisante qui règne dans la capitale française. J'observe silencieusement les passants. Je continue de la chercher, quoi qu'il advienne. Je n'arrête pas d'espérer la croiser par hasard alors même que je sais que ça n'arrivera pas.
Clarke est partout…
Je saisis mon téléphone portable dans la poche de mon manteau. Je le déverrouille et appuie directement sur l'icône qui ouvre l'application Instagram. Par habitude, je tape l'identifiant de Clarke. J'ai remarqué que depuis le mois de juin ses publications sont montées en flèche, elle poste énormément de photos, beaucoup plus qu'avant. Je les fais défiler avec une certaine nostalgie alors que la plupart des clichés figés sur l'écran sont des visages familiers.
Je souris en m'arrêtant sur une image d'Anya et Raven de dos, chez un disquaire avec des casques grotesque sur la tête en train de se disputer un vinyle que ma sœur à en main. Je continue de faire défiler, jusqu'à tomber sur un bras de fer entre Lincoln et Octavia qui a de toute évidence mal tourné puisque tous ceux qui les entourent se lèvent précipitamment, créant un flou artistique magnifique alors que trois verres de bières tombent, déversant l'alcool sur leurs vêtements. Je continue de faire glisser mon indexe sur l'écran découvrant les moments privilégiés que mes amis ont passés ensemble et je m'arrête sur ma préférée.
Je détaille l'image en déposant mon portable sur la table. Je ne veux pas prendre le risque d'appuyer par accident sur l'écran et de générer un cœur. Et pourtant, cette photographie le mériterait mille fois. Clarke rayonne comme jamais, son appareil professionnel entre les mains, elle rit aux éclats. Elle est sublime, son bonheur transparaît parfaitement, il crève l'écran. Je ne pense pas l'avoir déjà vu être heureuse avec un tel naturel. Elle a arrêté de faire semblant, je le vois parfaitement, c'est son vrai visage.
- Salut Lexa, je sursaute quand Luna s'installe à ma table, je suis carrément en retard désolée, poursuit-elle avec son accent allemand. Qu'est-ce que tu regardes, s'informe-t-elle en se penchant pour voir mon écran. Encore, m'interroge-t-elle en relevant les yeux vers moi, je crois que tu as une légère obsession pour cette photo.
- Si seulement cette obsession était légère, je ris en verrouillant mon écran.
- Alors, elle tapote ses doigts sur la table, ton livre avance ? Tu as écrit combien de pages aujourd'hui.
- Quelque une, je souris.
- Alors, Luna farfouille entre les feuilles avant de relever les yeux, tu es sûre de toi ? Tu ne nous accompagne pas au Pérou après Londres ?
- Il est temps que je rentre chez moi.
- Voyager avec toi va me manquer, soupire-t-elle, je te suis partout depuis l'Australie. Je vais peut-être changer d'avis et faire un tour aux États-Unis avec toi.
- Je croyais que tu avais décidé de suivre Gustus, Ilian et Costia au Pérou.
- Je ne sais pas, elle se laisse tomber jusqu'à ce que son dos retrouve le dossier et penche sa chaise en arrière, je déteste quand elle fait ça, je te préfère à eux, elle me fait un clin d'œil, sérieusement nous sommes dans les galères ensemble depuis avril, ça forge forcément des liens et je veux savoir, assure-t-elle.
- Tu veux savoir, je répète incertaine.
- Qui est cette fille, explose-t-elle en désignant mon portable d'un geste vague, évidement ! Tu n'as jamais rien voulu me dire sur elle, c'est forcément quelqu'un d'important ! Depuis que tu as vu cette photo… tu as changé et je sais exactement où et quand c'est arrivé !
- N'importe quoi…
- Le 28 août, un peu près vers 21 heure, en tout cas après le dîner, je le sais parce que nous étions en train de regarder les billets pour l'Islande quand tu t'es pouf figée et depuis, tu n'arrêtes pas de la regarder. Tu as changé Lexa, elle sourit, ce n'est pas un reproche mais depuis que cette photo a été postée, tu penses à rentrer. Ce n'était pas arrivé avant, pas une seule fois.
Je dois bien avouer que la précision de son analyse m'impressionne. Je suis presque tentée de vérifier la date de la diffusion de la photo de Clarke mais j'ai trop peur de lui donner raison. Je suis bien obligée d'admettre que de découvrir Clarke aussi heureuse a provoqué un électrochoc auquel je ne m'attendais pas. C'est comme si tous mes efforts pour l'oublier c'était envolé en une fraction de seconde, un regard, un seul… et c'est comme si j'étais de nouveau tombée amoureuse d'elle.
Tout m'est retombé dessus comme une chape de bois sur la tête, la douleur a été insupportable durant des heures avant que je ne réalise que même avec toute la volonté du monde, je n'arrivais pas à l'oublier. Encore moins à la détester.
Clarke m'a brisé le cœur, de la pire des manières. Elle a abusé de moi, de mes sentiments pour elle. Elle a réduit en miette notre amitié. Et pourtant, je continue à l'aimer. Toujours.
Je ne veux pas la perdre. Qu'importe qu'elle ai trahis ma confiance. J'ai besoin d'elle. Alors j'ai commencé à réfléchir et j'ai tenté de faire la seule chose que je m'étais promis de ne pas faire : lui pardonner son geste, son baiser…
Merde… même après tout ce temps, je sens encore ses lèvres sur les miennes. Et pourtant, je suis prête à renoncer à ces viles tentatrices si j'ai une chance, rien qu'une de la garder. Je m'étais promise que mes sentiments ne gâcheraient pas tout entre nous. Que je ne bousillerai pas notre amitié parce que je l'aime un peu trop. Il est temps que je respecte mon engagement. Je vais la retrouver en espérant qu'il n'est pas trop tard.
Je ne peux pas la perdre…
- Et bien, Luna agite sa main devant mes yeux, tu es partie loin ! J'ai tapé dans le mille à ce point ? Il faut trop que j'te suive… je ne peux pas rester sur ma faim comme ça !
- Gustus va te tordre le cou si tu oses encore changer d'avis, je secoue la tête.
- Ce faux viking ne me fait plus peur depuis que nous l'avons convaincu de retourner chez lui, à Norge, elle prononce en imitant à la perfection l'accent de notre ami, alors qu'il était hors de question qu'il y remette les pieds.
- Justement, il t'en veut encore à cause de cette histoire.
- Jeg bryr meg ikke ! Oh putain ! Je n'arrive pas à croire que j'ai prononcé cette phrase en norvégien ! Tu crois que je l'ai bien dit ! Je m'en fiche, reprend-elle en faisant une grosse voix bourrue assez semblable à celle de Gustus, c'est pas possible, ce Papa Bär déteint trop sur moi, elle pleure presque de rire, il faut que j'arrête de le fréquenter, tout de suite, c'est décidé, je t'accompagne ! Je me fais peur…
- Je veux être là quand tu lui annonceras, je me moque.
- Bien Commandant, elle exécute un salut militaire. Bon… c'est pas tout mais, qu'est-ce qu'elle fout Costia ? Le film commence dans moins de vingt minutes et hors de question que je rate les bandes annonces comme la dernière fois parce que Frau Costia DeLanoë est en retard.
- Tu étais toi aussi en retard, je lui rappelle.
- Oui mais ça elle ne le sait pas ! Si Ilian arrive avant elle, alors qu'il bosse jusqu'à 17 heures, elle va m'entendre.
Je secoue la tête amusée par son comportement. Je finis mon thé, range mes affaires dans mon sac à dos avant d'aller payer mes consommations au bar, laissant Luna gaiter Costia. Je décide d'envoyer un rapide sms à notre amie française, en lui proposant de nous rejoindre directement au cinéma pour qu'elle évite les foudres de Luna, ce qu'elle ne met pas longtemps à accepter. Quand je reviens je lance les clefs de la moto que je loue à la grande brune aux cheveux frisés et éternellement indomptés.
La tête qui se peint sur le visage de Luna quand elle comprend que je la laisse conduire restera inoubliable. J'évite en générale de lui faire confiance pour ce genre de chose, elle a une certaine tendance à aimer un peu trop la vitesse et l'imprudence à mon goût, mais je me dois surtout de lui faire oublier son animosité passagère envers Costia. C'est sans surprise que tout le monde arrive parfaitement à l'heure, le film se termine et quand nous sortons du cinéma Gustus nous attend. Il nous propose immédiatement d'aller dîner tous ensemble dans un endroit qu'il a repéré dans la journée. Je ne sais pas comment il fait pour toujours dégotter des endroits méconnus de tous mais où l'on mange comme des rois. J'adore quand c'est lui qui choisit nos restaurants.
Les discussions vont de bon train alors que nous avançons dans les rues éclairées de Paris. Je m'arrête en entendant le bruit caractéristique d'un match de basket. Je tourne un peu plus la tête vers la gauche et souris en découvrant un trois contre trois, endiablés entre six jeunes hommes qui doivent encore être au lycée. Ils ont l'air bon, je souris un peu malgré moi en commençant à analyser leur jeu, leurs déplacements et leur technique quand le ballon s'échappe du terrain pour rouler jusqu'à moi. Je me baisse pour le récupérer, je le fais tourner rapidement entre mes paumes avant de le stopper net en resserrant mes mains.
- Oh non Lexa, intervient Costia en revenant vers moi, pas encore !
- Ce ne sera pas long, je promets en m'avançant vers le groupe. Ça vous dit un cinq contre cinq en sept minutes ?
- Mais, essaye de m'arrêter la blonde, j'ai super faim !
- Tu sais bien que quand Lexa est décidée, rien ne l'arrête, rit grave Gustus. Si on refuse de jouer avec elle, elle ne va pas manger et ne penser à rien d'autre que ce match qu'elle n'a pas pu jouer.
- C'est une emmerdeuse, grogne Costia. T'es une emmerdeuse Lexa !
Je protesterai bien contre cette accusation mais je dois bien avouer que sur ce point, elle n'a pas tout à fait tort. J'ai bien conscience que dès que j'en ai l'occasion, je ne peux pas m'empêcher de jouer. Le basket me manque horriblement. C'est comme une drogue, je n'arrive pas à arrêter et pourtant à chaque fois que je finis un match, je souffre le martyre. Ma cheville me fait de plus en plus mal, par moment c'est vraiment insupportable. Pourtant, j'ai besoin de garder ces moments où il y a juste moi, mon équipe, le ballon, le terrain et le panier, même si ce n'est que sept minutes de temps en temps.
Les garçons acceptent de jouer contre nous, se moquant au passage de Gustus qui à leurs yeux est beaucoup trop vieux. Ils font une blague ou deux de mauvais goûts, tout le monde les ignore, nous allons régler ce différent sur le terrain. Nous retirons tous nos manteaux et le match commence et mon dieu, ce qu'il est grisant. Je ne m'étais pas trompée, nos adversaires d'un soir sont bons, même très bons ! A la fin des premières quatre minutes trente, ils nous devancent de sept points. Je vide de moitié une bouteille d'eau qui se trouve dans mon sac, je suis gorgée d'adrénaline et grisée par l'envie de gagner quand la seconde moitié du match reprend. Je cours, dribble, passe et saute dans tous les sens. Je n'avais pas ressenti ça depuis un moment. J'adore.
Quand nous finissons par les rattraper au score, il reste à peine une minute de jeu. Je pourrais ralentir pour nous assurer la victoire, ne prendre aucun risque mais je n'ai pas envie de me brider. Tout ce que je veux, c'est m'amuser. Il n'y a personne pour hurler depuis le banc et me dire quoi faire alors j'y vais à fond, commettant quelques imprudences mais qui s'en soucie puisqu'au final, je vais gagner. Je marque un premier panier, nous faisant prendre l'avantage. Le retour vers le panier adverse est rapide mais je les devance, récupérant la balle, ils essayent de m'arrêter mais je pile un peu avant la ligne des trois points, j'ignore la douleur dans ma cheville, saute, place mes mains et shoot. Mon tir est parfait, je me remets rapidement en place, je fixe le ballon, je souris en repérant une erreur de la part de mes adversaires, je fonce et en quelques secondes, j'en marque un dernier pour la route.
- Putain Lex', Ilian tapote deux fois mon épaule gauche, t'es passée en mode Terminator !
- C'était génial, je souris encore essouffler.
- Je détestes quand elle fait ça, grogne Costia.
- Seulement parce que ça te rappelle de mauvais souvenirs, éclate de rire Luna.
- C'était un beau match, résume Gustus en nous obligeant à faire un câlin grouper, ce qui nous fait tous grogner et protester, bravo les p'tits gars. On n'avait pas vu notre Lexa, il me tapote la tête, se déchaîner comme aujourd'hui depuis longtemps. Maintenant à table !
Quand nous arrivons au restaurant, nous dévorons plus que nous ne dînons. La discussion tourne principalement autour du match. C'est en grande partie parce que nous avons tous les cinq une passion pour le basket que nous nous entendons aussi bien. Gustus a joué à un niveau impressionnant dans son pays, jusqu'à ce qu'il arrête tout à ses trente ans pour partir avec un sac à dos faire le tour du monde. Luna et Ilian ont commencé quand ils avaient dix ou onze ans et malgré le fait qu'ils ont arrêté quand leurs études sont devenues plus difficiles, ils restent très bon. Et Costia reste la meilleure, on lui a mit un ballon de basket dans les mains avant même qu'elle ne sache marcher, tradition familiale. Je ne comprends pas qu'elle ait décidé de prendre une année sabbatique pour parcourir le monde alors qu'elle pourrait être dans une équipe importante en France, peut-être même jouer aux États-Unis.
Je me souviens parfaitement que lorsque je l'ai rencontrée, il y a deux ans à un stage d'été de basket à Chicago, j'avais été plus que impressionnée par son niveau. C'est sûrement ce qui à l'époque m'avait fait tomber sous son charme, elle a été la première et seule fille que j'ai embrassé sans penser à Clarke. Je l'aimais bien, mais pas assez. À la fin de l'été de mes 18 ans, je l'ai vite oubliée. Et puis, je l'ai revue en Australie, quelques jours avant mon départ pour la Nouvelle-Zélande. Elle jouait en plein milieu de la rue, je lui ai proposé une deux contre deux, avec Luna et son partenaire d'un conte un. Nous avons gagné et elle a décidé que ce match n'était pas loyal et quand elle a su que nous étions sur le départ, elle nous a accompagnée nous promettant de nous écraser la prochaine fois, depuis dès que nous changeons de pays, elle essaye de nous battre en deux contre deux. Ce n'est pas encore arrivé.
Je suis sur la terrasse de la petite maison que je partage avec les quatre autres à faire de nouveau défiler les photographies du compte Instagram de Clarke quand Costia tire une chaise bruyamment derrière elle pour s'installer en face de moi. Elle appuie ses deux bras contre le dossier avant de déposer son menton sur ses mains et de me fixer. Je verrouille mon écran et attend sa prochaine intervention qui ne tarde pas :
- Tu sais qu'il fait au moins, moins 20 degrés dehors ?
- Je trouve que c'est plutôt agréable, je ferme les yeux en inspirant profondément.
- Ouais, t'es bien une fille de Chicago. On ne te l'a fait pas. J'avoue il doit faire trois ou quatre degrés mais on se les gèle quand même ! Qu'est-ce que tu fais ici toute seule ?
- Je réfléchis, je souris.
- Hum-hum… et réfléchir à côté du poêle à bois, c'est hors de question ?
- Je suis bien ici, j'assure en hochant les épaules.
- Tu es encore dans le match ou tu es ailleurs ?
Ailleurs… je sers un peu plus mon portable entre mes doigts. Je suis clairement ailleurs. Loin, très loin d'ici avec ma famille, mes amis et… la femme que j'aime. Je ferme les paupières pour chasser cette pensée à propos de Clarke. Il faut que je trouve un moyen de l'extraire de mon cœur, du moins juste assez pour que son amitié puisse me suffire enfin.
- Je n'arrête pas d'y penser, je souffle.
- A quoi ? C'est une question sérieuse Lexa, reprend-elle quand je fronce les sourcils, personne ne sait ce qui se passe dans ta tête.
- Je pense à mon retour.
C'est vrai, mais si je dois être tout à fait honnête la vraie réponse c'est : à Clarke. Je pense tout le temps à elle, tout le temps ! C'est affolant ! Je suis à plus de 5 500 kilomètres d'elle et je n'arrive pas à la sortir de ma tête. J'ai tout essayé, tout. Je suis parti, j'ai coupé toutes communications, j'ai voyagé à travers le monde mais elle est tout le temps présente dans mon cœur et mes pensées. Je n'arrive pas à l'oublier, pire encore, je crois bien que je pourrai l'aimer encore plus. Et bordel, je meurs d'envie de l'embrasser encore plus qu'avant.
Sa présence me manque, sa façon de me sourire, de me regarder, d'éclater de rire à toutes mes blagues, de parler, de s'occuper de sa petite sœur, de voir le monde, de perdre pied, de photographier, de plisser légèrement le nez quand elle lit, de ronchonner sur le mauvais caractère d'Octavia, de pleurer, de faire la fine bouche pour me laisser manger la fin de ses plats, d'exagérer cent fois certaines histoires, de s'étendre sur un film qu'elle vient de voir, de se plaindre de sa mère, d'essayer d'amadouer Raven, de m'appeler à toute heure du jour et de la nuit juste pour s'assurer que je vais bien, de courir en hurlant quand elle croise le chemin d'une pie, de s'extasier devant un muffin aux myrtilles, de danser pour un oui ou pour un non mais quand il n'y a pas de musique, de… tout, absolument tout me manque.
- Tu as des projets pour ton retour ?
- Appeler ma sœur, je tapote nerveusement mon portable contre mon genou.
- Euh… tu as conscience que ça tu peux le faire maintenant.
- Non. Je ne peux pas parce que si j'entends sa voix je… je serai capable de prendre un billet d'avion dans la minute pour la rejoindre.
- Quelque chose ne va pas avec ta sœur, Costia s'inquiète sincèrement. Parce que si c'est pour la famille, personne ne t'en voudra si tu ne viens pas à Londres.
- Je crois au contraire qu'Anya se porte comme un charme.
- Ta sœur s'appelle Anya, elle rit en me pointant du doigt, je t'ai eu !
- J'ai déjà parlé d'Anya, j'en suis sûre.
- Ah oui ? Je ne parierais pas là-dessus… tu ne nous parles jamais de ta vie, si nous savons que tu viens de Chicago, c'est parce que je le sais.
- Hey, Luna débarque en ouvrant en grand la baie vitrée, qu'est-ce que vous foutez dehors ? Vous voulez finir congelées ?
- La sœur de Lexa s'appelle Anya, débite Costia, tu le savais ?
- Évidemment !
- Ah, je claque des doigts en m'exclamant, tu vois qu'il m'arrive de parler de ma sœur !
- Anya, Luna réfléchit en prononçant son prénom, avocate, grande sœur géniale mais terriblement autoritaire, adore le septième art, avec le même mec depuis un certain temps Nyko je crois, Lexa ne l'aime pas des masses et, elle agite tous ses doigts, attend ! Pourquoi je n'ai pas cinq points sur Anya ? On avait dit cinq points essentiels sur chaque membre de ta famille, c'est la règle !
- Quoi, s'étonne Costia, pourquoi je ne suis pas au courant ? J'ai le droit de jouer moi aussi ?
- Géniale et autoritaire, c'était deux points distincts, je rappelle.
- Je ne suis pas convaincue, refuse Luna, je veux autre chose !
- Pas intéressée, je ris.
- Tu n'as pas le choix Lexa, j'ai le droit à cinq points et il m'en manque un. Ça fait parti du contrat de notre amitié !
- Il y a un contrat, s'amuse la blonde.
- Évidemment !
- Luna a insisté, j'ai même été obligé de le signer, je soupire.
- Et je peux le ressortir à tout moment ! Faut-il que je le fasse ?
- Génial et autoritaire étaient séparés, j'insiste.
- Je refuse cet argument.
- Très bien, je souffle, que dirais-tu d'une correction ?
- Une correction… essaye toujours de me convaincre.
- Avant que je parte, c'est douloureux de repenser à ce moment, les choses se sont envenimés entre ma sœur et Nyko. Je crois qu'elle l'a quitté.
- Tu crois, Luna plisse le nez, pas suffisant.
- Très bien, j'ai incité une de mes meilleures amies à ouvrir les yeux sur ses sentiments pour Anya et je suis quasiment sûre que maintenant elles sortent ensemble ! Quasiment sûre étant, je déverrouille mon écran, pour aller dans l'album photo, je sélectionne une des captures d'écran que j'ai prises il y a quelque jour, ceci.
- Okay, Luna se penche vers mon écran, ce quasiment sûre me satisfait. Mais elles sont carrément en train de s'embrasser là. Je pense que tu peux enlever le "quasiment" de ta phrase.
- Je suis la seule à avoir envie de lui voler son téléphone pour fouiller dans ses photos, demande Costia.
- Absolument pas, s'extasie Luna en me le subtilisant et en partant en courant.
- Luna, j'explose en la pourchassant.
- Pour une fille qui n'avait pas de portable quand je l'ai rencontré, je trouve que tu y tiens un peu trop, s'amuse-t-elle en s'arrêtant derrière une table. Qu'est-ce que je pourrai bien trouver de compromettant dedans ?
- Arrête tout de suite, tu n'as pas cinq ans. Rends-le-moi !
- A une condition.
- Non !
- Je ne t'ai encore rien demandé.
- Ma réponse reste non !
- Si tu le veux, elle agite mon téléphone en souriant, tu n'as pas le choix.
- Non, je m'acharne.
- Tu sais exactement quelle question je vais te poser, elle comprend.
- C'est pour ça que je refuse, je tente le tout pour le tout en passant par-dessus la table pour atteindre mon portable mais elle se repli au dernier moment, putain Luna !
- Alors ?
- Non.
- J'ai le droit de voir avant que tu lui rendes, cri Costia.
- Ouais, carrément ! Rapplique !
- Luna, je la menace en serrant les poings.
- Attends, attends ! Ne bouge plus Costia ! Je crois qu'elle est sur le point de me le dire.
- Quoi exactement, demande la blonde.
- Comment elle s'appelle.
- Qui ?
- La fille, avec un grand F. Tu sais la fille quoi. Alors Lexa, comment elle s'appelle ?
Je reste silencieuse, refusant de prononcer son prénom. Je ne sais pas quel effet m'exécuter me ferait. Je ne l'ai pas même murmuré une seule fois depuis que je suis partie. Je pense à elle tout le temps mais quelque chose me dit que si je dis son nom, je serai définitivement foutue.
Je défie Luna du regard qui tient mon portable bien haut au-dessus de sa tête. Elle est amusée par la situation. Personnellement, je trouve tout ceci ridicule et tout sauf drôle. Elle ne se rend pas compte de ce qu'elle me demande. J'attends encore un peu. Je ferme les yeux en me forçant à me calmer. Je dois simplement attendre, être patiente. J'expire sur la longueur et je dis :
- Tu peux le garder, et je fais volte-face.
Je rentre rapidement dans la maison, monte les escaliers quatre à quatre pour rejoindre ma chambre et m'effondre dans mon lit sans même allumer la lumière. J'attrape un de mes oreillers et je hurle dedans. Pourquoi tout est toujours si compliqué dès qu'il s'agit d'elle ?
Je ne sais pas exactement combien de temps il s'est écoulé depuis ma fuite quand Luna frappe doucement à ma porte en s'annonçant avant d'entrer dans ma chambre. Je l'entends déposer mon portable sur ma table de nuit. Elle s'assoie sur mon lit en repoussant doucement l'oreiller toujours aplati sur mon visage. Elle esquisse un sourire avant de murmurer :
- Je suis désolée. Je suis allée trop loin. Je n'aurai pas dû insister. Je… je suis seulement inquiète. Comment tu comptes l'affronter une fois que tu seras rentrée chez toi ? Tu n'arrive même pas à prononcer son prénom…
- Je l'aime, je murmure, c'est pour cette raison que je vais réussir à aller la voir, lui parler, lui pardonner et reconstruire, je ne veux plus être loin d'elle parce que je l'aime.
- Lexa…
- Je ne dirai pas son nom, je refuse, parce que la prochaine fois que je le prononcerai, ce sera pour elle. Tu comprends ?
- J'ai simplement peur qu'elle te brise le cœur. Tu es si fragile quand tu parles d'elle.
- Il n'y a plus grand-chose à briser. C'est elle ou rien du tout.
- Je comprends, elle s'allonge près de moi.
- Tu vas venir avec moi, n'est-ce pas ?
- Comment je pourrai connaître son nom autrement, elle sourit.
- Je pourrai t'appeler.
- Insatisfaisant ! Et si jamais elle brise le "plus grand-chose" qui reste à briser, je serai là. Dans la galère ensemble, elle tend son poing vers moi, ou pas du tout.
- Dans la galère ensemble, ou pas du tout, je souris attendrit en tapant mon poing contre le siens. Merci Luna.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! Alors, alors... premier POV de Lexa depuis très longtemps, qu'en avez-vous pensé ? Les nouveaux personnages vous on plu ? Vous êtes content de trouver Luna ? Lexa est encore très mordu de Clarke, va-t-elle réussir à lui pardonner pour arranger les choses le moment venu ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) donc après un peu plus d'un mois d'affinement, voilà à quoi va ressembler la publication le lundi 1 chapitre de When I See You Tomorrow, le mercredi et le dimanche (plus un autre jour si j'ai de l'avance) 1 chapitre de Les Amis Ne S'embrasse Pas Sous La Neige et le vendredi 1 chapitre de Ne Me Regarde Pas. Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient et n'hésité pas à me prévenir si "j'oublie" une publication, je ne sais pas pour vous mais je commence à perdre la notion du temps. Prenez soin de vous !
GeekGirlG.
