Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV - Raven
Je sors de la salle de bain comme une furie, seulement habillée de mes sous-vêtements, bataillant avec la brosse coincée dans mes cheveux que je finis par décrocher et balancer sur le lit avant de me placer le plus près possible d'Anya pour attirer son attention. Je la vois sourire ce qui m'agace encore plus, je croise les bras en tapant du pied, impatiente. Elle se penche un peu plus vers le miroir, appliquant délicatement son rouge à lèvres ce qui attire un peu trop mon attention et me fait subitement oublier la raison de mon énervement.
Je l'entends reboucher son tube de maquillage mais il n'y a rien à faire, mes yeux restent rivés sur ses lèvres devenues rouges. Elle se tourne vers moi, glisse ses mains entre mes bras m'obligeant à les décroisé et elle m'attire doucement vers elle. Anya me pousse à m'installer sur ses genoux, elle passe doucement ses doigts dans mes cheveux encore humides et embrasse délicatement ma joue avant d'essuyer avec doucement ma peau.
Je me perds dans ses yeux, au milieu de tout cet amour que j'y devine et alors que ses mains parcourent mon dos, je dois lutter pour éloigner le plus possible les pensées peu chastes qui traversent mon esprit. Je me mordille la lèvre inférieure alors qu'une envie dévastatrice de m'emparer des ses lèvres me dévore de l'intérieur. Anya est tellement belle, encore plus avec sa coiffure travaillée, le maquillage léger mais incroyablement efficace et je ne parle même pas de sa tenue.
- Tu vas être magnifique dans la robe que je t'ai achetée, souffle-t-elle avant de m'embrasser.
- Je la déteste, je ne peux m'empêcher de souligner encore contre ses lèvres.
- Je sais mais tu vas la mettre quand même parce que nous nous sommes engagées à nous rendre à ce gala et qu'il y a un dress code.
- C'est n'est pas moi, je grogne.
- Je sais, elle caresse mes lèvres de son pouce. Une soirée Rae, une seule.
- A quel moment tes parents se sont dit : chouette, j'ai l'idée du siècle, smoking cravate pour les hommes et robe de cocktail pour les femmes ? Où est le fun dans cette monotonie affligeante ?
- Il n'y a pas de fun dans ce genre de gala.
- Alors pourquoi nous y allons ? Je demande dramatiquement agitant mes bras dans tous les sens. Pourquoi nous nous infligeons cette torture ?
Anya sourit et je suis presque sûre qu'une part d'elle se moque de moi. Je ne parviens pourtant pas à lui en vouloir parce que je sais que j'en fais trop. Seulement toutes ces frivolités c'est aux antipodes de ce que je suis. C'est comme de vouloir mettre Gripsou dans un Disney, qu'importe comment on essaye et bien ça ne fonctionne pas donc autant ne pas insister.
- Je crois que c'est parce que tu m'as convaincu que ce ne serait pas si terrible, elle me taquine.
- Je n'ai jamais fait quelque chose de si stupide. Jamais.
- Tu l'as fait, peut-être pas avec des mots mais je savais que même si cette soirée se transformerait en véritable enfer, tu serais là. Alors je me suis dit, elle caresse ma joue, que ce ne serait pas si terrible si nous restions ensemble.
- Je déteste toujours la robe, je détourne les yeux pour qu'elle arrête de m'envouter avec le combo mortel de son regard et ses mots, et rien de ce que tu pourras dire ne me fera changer d'avis.
- Rae, elle s'approche de mon oreille, à chaque fois que tu détesteras un peu trop cette robe, tu n'auras qu'à me voir te l'enlever, sa voix n'est plus qu'un murmure et je sens mes joues prendre feu. J'ai acheté cette robe pour te déshabiller.
- Putain d'allumeuse !
- Et, elle rit, il y a peut-être même une chanson.
- C'est bon, je me relève brusquement, je vais le mettre ce torchon ridicule, je fonce vers la salle de bain, c'est n'importe quoi, je reviens sur mes pas pour récupérer la brosse, moi, je fonce de nouveau vers la pièce du fond, dans une vulgaire robe de cocktail. Moi ?! Autant annoncer la fin du monde tout de suite, je me retourne brusquement, cours vers Anya, l'embrasse avec fougue, je t'aime. Je suis super énervée mais je t'aime !
Je me baigne dans le rire d'Anya en me préparant quand je suis enfin tirée à quatre épingles, je découvre une chambre vide. J'attrape la pochette et les chaussures à talon qui vont compléter ma tenue et je sors de la chambre. J'avance vers la rambarde des escaliers et me penche pour la découvrir assise sur les dernières marches, en pleine conversation téléphonique.
Je fronce les sourcils en découvrant que son attitude a changée. C'est infime, mais je le vois parfaitement. Anya est clairement sur la défensive, elle a mis son masque de femme avocate. Tous les petits détails que je peux constater alors qu'elle est de dos, m'indique que la situation a changée du tout au tout. Je descends lentement, faisant un signe à Lisa Woods la mère du clan quand elle passe devant nous.
Ce n'est pas avec son passage éclair en exigeant que le problème des verres à pieds soit réglé dans l'heure qu'elle remarque que son aînée n'est pas dans son état normal. Je m'assoie à côté d'Anya, son regard est tout de suite attiré vers moi. Elle a les larmes au bord des yeux, son téléphone change d'oreille, elle glisse sa main dans la mienne et appuie sa tête contre mon épaule en continuant d'écouter la personne qui lui parle. Après quelques minutes, elle raccroche et c'est seulement après coup que je réalise qu'elle n'a pas dit un mot. Je n'ose rien dire alors qu'elle fixe son portable comme s'il allait exploser.
- C'était Lexa, elle lâche comme une bombe.
- Lexa, je répète incertaine.
- Ouais elle a… laissé un message ?
- Elle n'avait encore jamais appelé.
- Je sais, Anya paraît complètement perdue.
- Tu… tu vas bien ? Je peux faire quelque chose ?
- Je…
- Anya, je la prends doucement dans mes bras en embrassant ses cheveux. C'est plutôt une bonne nouvelle qu'elle appelle, non ? Je crois que c'est sa façon de te dire qu'elle est prête à renouer. Tu as son numéro maintenant et tu peux l'appeler quand tu le souhaites.
- Lexa revient, m'annonce-t-elle, elle… elle se la joue à la Christmas Day de Dido. Elle a appelé juste avant d'embarquer.
- Quoi ?
- J'ai écouté le message cinq fois, souligne-t-elle, je suis sûre de moi.
- Mierda, je souffle, de verdad ? Pardon, je souffle en remarquant que je parle en espagnol, je suis juste… heureuse. Lexa revient enfin à la maison, je souris en embrassant Anya sur les lèvres, c'est une bonne nouvelle.
- Ouais, elle sourit, tu as raison.
- Qu'est-ce qu'elle a dit d'autre ?
- Qu'elle était désolée, qu'elle devrait arriver avant la fin du gala de ce soir pour faire une surprise à tout le monde, qu'elle serait, elle plisse le nez, accompagnée, je grimace à la nouvelle en pensant à Clarke, et elle a insisté pour que je ne la prévienne pas.
- Je déteste mentir à Griffin, je me plains, mais je suppose que Lexa a énormément réfléchie à… todo, tout, je me reprends, ce qui touchait de près ou de loin son retour.
- Comment Lexa peut savoir pour le gala de ce soir ?
- Il faut croire qu'elle gardait un œil sur nous, j'embrasse son front, c'est une Woods.
- Je vais avoir tellement de choses à lui dire que je ne sais pas du tout par où commencer. Qu'est-ce que je lui dis en premier ? Qu'est ce qui… mon cerveau va exploser !
- Hey, calme-toi, je lui demande tout bas, comme dans la chanson de Fun, je souris.
- Je ne la connais pas celle-là.
- Be calm. I know you feel like you are breaking down. Oh I know that it gets so hard sometimes. Be calm.
- Tu es tellement douée à ce jeu, elle sourit en se mordillant la lèvre.
- J'ai une suggestion, commence par un simple : bonjour. Le reste viendra naturellement, fais-moi confiance. Et si tu perds pied, je suis là. J'ai promis de te rattraper au besoin. Tu te rappelles ?
- Je t'aime tellement, elle m'embrasse avant de me prendre dans ses bras.
- Said I love you. More than you'll ever know. More than you'll ever know, je chante doucement à son oreille.
- I Love You More Than You'll Ever Know, Donny Hathaway, elle reconnaît. Pas mon passage préféré mais pas mal, elle sourit en s'écartant doucement de notre étreinte, pas mal Reyes.
- Parce que je suis aussi censée connaître tes passages préférés des chansons que je choisis ?
- Non… ce ne serait plus drôle. Je serai dans l'impossibilité de te taquiner et il faut que tu arrêtes d'être aussi parfaite.
- Parfaite, je souris plus que de raison en déposant un doux baiser sur sa joue, je peux faire autre chose pour toi ?
- I'm just trying to be somebody. You can love, trust and understand. I know that I can be a part of you that no one else could see, elle récite tout bas.
- Arrête d'essayer, je réponds sans réfléchir, tu es déjà une part de moi, la meilleure qui plus est.
- Tu te mets à dire des trucs encore plus guimauve que moi, elle éclate de rire.
- Tu as une mauvaise influence sur moi, je rétorque. Allez, je me lève, il y a un endroit que j'aimerai te montrer avant d'aller au gala, je lui tends la main, je voulais t'y emmener demain pour le réveillon de Noël, mais je crois que le bon moment c'est maintenant.
- Tu vas sortir avec cette tenue ?
- Putain, je me décompose, j'avais complètement oublié cette foutue robe ! Bon, je grogne, okay pour toi je vais le faire, j'assure en attendant qu'elle saisisse ma main.
- Attendons demain, me dit-elle en se levant, je vais bien, je t'assure. Je te connais Rae tu as tout minutieusement préparé et je veux que tout soit exactement comme tu l'avais pensé.
- Mais…
- Il n'y a pas de "mais" qui tienne ma belle, elle dépose un doux baiser sur mes lèvres, pas cette fois. Je sais où ma mère planque des oréos.
- Tu sais me parler, je ris.
La fin d'après-midi se déroule sans aucun autre incident. Anya a retrouvé rapidement son sourire et sa bonne humeur. Et, le moment fatidique de rejoindre ce foutu gala est finalement arrivé bien trop vite.
Je tapote nerveusement mon volant en attendant de passer le grand portail du manoir qui a été loué par l'occasion. Ma jambe droite commence à tressauter nerveusement, je ne suis vraiment pas dans mon élément. Anya glissa sa main sur ma cuisse en me poussant gentiment à me calmer.
- Quand on aura passé le portail, tu prendras le premier chemin à gauche.
- Je ne suis pas les autres voitures ? Je m'étonne.
- Je te vois mal confier tes clefs à un voiturier.
- Parce que quelqu'un à l'intention de conduire ma voiture ? Hors de question !
- C'est bien pour cette raison que je te propose d'aller te garer toi-même, elle sourit.
- Qui a besoin qu'on lui gare sa voiture ? Tu arrives, tu te stationnes, tu ouvres ta portière qu'est-ce qui est difficile dans ces trois étapes ?
- Les gens riches sont incompréhensibles même pour le grand cerveau de Raven Reyes et son super QI.
- Tu es riche et je te comprends.
- Mes parents sont riches, elle me corrige, il y a une nuance et tu sais comment ils sont. A part pour ce genre d'événement, ils ne sont pas du genre à étaler leur argent et à en abuser. Mes frères, Lexa et moi avons eu la chance d'être élevé dans le respect et la valeur des choses.
Je me tourne vers Anya, la détaille avec un peu plus d'attention. Il est vrai que c'est un sujet que nous n'abordons pas.
Quand nous avons emménagé ensemble, elle a insisté pour participer de moitié au loyer alors qu'elle n'avait plus de travail à ce moment-là. D'ailleurs, je n'ai jamais non plus parlé d'argent avec Lexa, en même temps, ce n'est pas difficile parce que ni l'une, ni l'autre ne m'a jamais fait sentir inférieur vis-à-vis de ma situation. Et qu'Anya ait accepté de vivre dans mon quartier montre à quel point elle se contrefiche de l'aspect financier. Mais je ne me suis jamais dite une seule fois qu'elle pouvait refléter une image étrange quand elle retournerait dans son milieu, comme aujourd'hui.
Je me demande si ce genre de vie huppée lui manque parfois. Je sais que ses parents l'envoyaient souvent avec Nykolas à ce genre d'événement en leur nom. Elle avait le profil parfait de la réussite et quand elle parle aux personnes de ce milieu, elle se transforme, elle a une façon si différente de s'exprimer. Elle a été façonnée dans ce monde d'aisance quoi qu'elle en dise.
Dès que je le peux, je tourne à gauche et suis ses indications pour atteindre le parking. Quand j'arrête le moteur, j'ai un moment de doute. Anya sort de la voiture en lissant sa robe. Je continue de la regarder, elle est incroyable, sublime, tellement resplendissante. Qu'est-ce que je fais là avec elle ? Je n'y ai vraiment pas ma place, n'est-ce pas ?
- Tu viens ? Elle me demande doucement.
- Ouais, je me racle la gorge en récupérant mes clefs, j'arrive.
- Rae, elle m'interpelle une fois que je suis à sa hauteur, qu'est-ce qui se passe ? Je sens que quelque chose te perturbe.
- Ça va, j'assure, je suis juste… pas dans mon élément.
- Tu vas être parfaite, elle embrasse doucement ma main avant de la prendre dans la sienne, comme toujours, elle sourit, et je suis là. Je ne te lâche pas.
Je décide de lui faire confiance et j'entre dans la fosse aux lions. J'ai vraiment la sensation d'être un ours polaire en pleine jungle amazonienne. Je ne suis pas à ma place. Je m'arme de sourire crispé, de hochement de tête et dès que je panique un peu trop, je cherche la main d'Anya qui n'est jamais loin. C'est les seuls moments où je me sens bien.
Je me sens un peu mieux quand les Griffin arrivent enfin. Je ne dis rien, mais je suis soulagée qu'Anya ne se soit pas éloignée malgré que Clarke se soit greffé avec nous. Depuis qu'elle est arrivée les discussions sont plus légères, moins politiques, avoir une artiste permet d'aborder des sujets qui porte moins sur la controverse.
Je déteste le regard qui accompagne l'étonnement qui marque les visages de ceux qui me demande quel est mon métier. Un idiot que j'aurai pu frapper pour la forme a même eut le toupet de me demander quel était mon salaire. J'ai été subjuguée quand Anya a prit ma défense, elle a eu exactement les mots que j'aurai pu avoir, des arguments en béton armé qui encore une fois ont court-circuité mon cerveau.
Anya a cette façon de me voir qui m'impressionne toujours. Quand je pense qu'elle ne pourra plus me surprendre, il se passe un événement et je me retrouve sans voix, bien obligé de m'avouer que je l'aime un peu plus chaque jour.
À un moment, elle est obligée de s'éclipser pour prononcer un discours que ses parents l'ont obligé à préparer. Avant de s'éloigner, elle s'assure que je vais bien et demande à Clarke de veiller sur moi, la menaçant de la réduire en charpie si elle me voit seule même une seconde. Mon amie rit à la menace avant d'affronter le regard noir de ma petite amie et de reprendre son sérieux immédiatement pour assurer qu'elle veillera sur moi. Je la regarde partir quand la blonde commente :
- Et bien, elle ne plaisante pas.
- Elle veut juste s'assurer que j'arrive à gérer toute cette mascarade.
- Carrément pas ! J'ai l'habitude de ce genre de regard, c'est la spécialité des Woods et celui-là était vraiment, vraiment flippant.
- Je ne veux pas gâcher l'ambiance mais…
- … est-ce que j'ai eu des nouvelles de Lexa ? Il y a dix jours si je ne me trompe pas, elle m'a envoyé quelques polaroïds, des paysages. Il n'y avait rien d'écrit. Et Anya et toi ?
- Seulement une carte postale chacune au début du mois.
- Demain, reprend Clarke tristement, demain ça fera un an. Quand elle a commencé à nous écrire… j'ai vraiment cru qu'elle allait revenir.
- Tu ne m'as toujours pas dit ce qu'elle t'avait écrit.
- C'était fait exprès, elle sourit mais ses yeux ne suivent pas le mouvement.
- Tu vas bien Clarke ?
- Hum…
- Et avec de la conviction, ça donne quoi ?
- Je n'en sais rien du tout, elle rit. Plus sérieusement, je suis seulement heureuse et rassurée de savoir qu'elle va bien. C'est… tu avais raison, il ne fallait pas la pourchasser, juste attendre qu'elle revienne vers nous, mais Rae… je te jure que je suis à deux doigts de prendre le premier avion pour Londres.
- Je comprends.
- Mais je ne dois pas le faire, répond-elle blasée.
- Attends la prochaine carte, je suggère mal à l'aise à l'idée de ne pas tout lui dire, elle pourrait déjà ne plus être à Londres.
- Je déteste quand tu as raison ! Elle aurait adoré que tu sois là aujourd'hui, cette fois son sourire atteint ses yeux, elle a toujours rêvé de te traîner dans ce genre de soirée. Elle aurait voulu qu'on le fasse toutes les quatre mais elle savait que tu te sentirais mal à l'aise alors elle ne te l'a jamais proposé. Tu sais, elle soupire, en regardant bien je la vois presque, elle pointe un endroit de la salle, juste là.
- Tu fais ça souvent ?
- Quoi ?
- T'imaginer avec elle.
- Tous les jours, son sourire s'évanouit, en fait, plusieurs fois par jours. Bien plus qu'avant, ça m'arrivait de temps en temps quand on était séparée longtemps. Je crois que c'est quelque chose qui me rassure.
- Clarke, je prononce prudemment, est-ce que tu veux que je te pose la question ?
- Quelle question ?
- Tu sais exactement de quelle question je parle.
Un long silence suit mon intervention et pendant tout ce temps Clarke ne me lâche pas des yeux. Je crois que pour la première fois depuis que je la connais je suis incapable de comprendre ce qui se passe dans sa tête. Ses iris sont indescriptibles, des centaines d'émotions défilent sans que je ne puisse les analysées et puis, tout s'arrête. Clarke s'éloigne en secouant doucement la tête, elle place ses mains entre nous, certainement pour se protéger avant de prononcer un à peine audible :
- Non.
- Tu en es certaine ? Tu en as peut-être besoin.
- Arrête de m'analyser sous toutes les coutures, s'il te plaît. Je vais bien. Je n'ai pas besoin que tu…
- Je n'essaye pas de m'imposer, seulement parler, dire les mots, peut faire du bien.
- Je l'ai déjà dit, elle m'assure.
- D'accord.
- Qu'est-ce qu'il veut dire ce "d'accord" ? C'est quoi ce ton ?
- C'était un "d'accord" tout ce qu'il y a de plus normal.
- Hum…
- Je t'assure Clarke. Je n'insiste pas. Mais sache que si tu as besoin que quelqu'un te pose la question, je suis là pour toi, comme toujours.
- Je n'en ai pas besoin.
- D'accord.
- Arrête avec ce : "d'accord" !
- Désolée, je grimace.
Clarke se retourne brusquement, fait quelque pas clairement énervée s'éloignant de plus en plus avant de se stopper net. Elle me jette un regard en roulant des yeux et revient comme une furie vers moi.
- J'avais presque oublié que je ne devais pas te laisser seule ! Je ne veux plus rien entendre.
- Ouais… le silence, ce n'est pas mon fort.
- Fais un effort !
- J'essaye.
- Essaye mieux !
- Quelle est la question qu'on peut poser toute la journée et qui amènera des réponses différentes à chaque fois ?
- Reyes !
- Quoi ? Elle est facile celle-là.
- Juste tais-toi !
- Qu'est-ce qu'on trouve à la fin d'une montre ?
- Je vais te tuer !
- J'en ai pleins des comme ça, j'assure.
- Et bien, je ne veux pas les entendre !
- A qui est-ce que tu l'as dit ?
- Au répondeur de Lexa ! Putain Rae ! Arrête d'utiliser tes pouvoirs de Jedi sur moi. Je n'ai pas besoin de… le dire. J'en ai conscience. Je l'accepte. Je n'ai pas besoin de le dire pour vivre avec.
- Je vais te poser la question.
- Non.
- Tu en as besoin Clarke. Tu t'étends sur un répondeur hors service depuis un an. Alors je vais te poser la question.
- Tu avais dit que tu n'insisterais pas.
- De toute évidence, j'ai changé d'avis.
- Rae, elle soupire, s'il te plaît ne fait pas ça.
J'hésite parce qu'à ce moment précis, Clarke paraît beaucoup plus fragile que d'habitude. J'ai eu l'occasion d'assister et de l'aider à gérer quelques une de ses crises d'angoisse depuis que Lexa est partie. Je n'aurai jamais pu imaginer que ses pertes de contrôle pouvaient être aussi… violentes J'ai du mal à comprendre qu'avant son départ, Lexa était la seule au courant, la seule capable de la calmer.
Je ne veux pas provoquer une crise de panique, surtout pas ici, encore moins maintenant.
Mais en même temps, mon instinct me hurle que Clarke a besoin que je la secoue, que je l'oblige à dire des mots qu'elle se refuse de prononcer jusque-là devant une autre personne. Il se pourrait bien que ce soit le dernier déclencheur dont elle ait besoin. Je ne suis pas du genre à tergiverser avec mon instinct, je me trompe rarement.
- Je suis désolée Clarke. Je pense vraiment que tu as besoin de te l'entendre dire.
- Non, elle secoue la tête vivement de droit à gauche.
- Tu pourras partir après ça. Je dirais à Anya que c'était ma faute.
- Arrête tout de suite Rae.
- Est-ce que…
- Rae ! Non !
- Est-ce que tu es amoureuse de Lexa ?
- Evidement que je le suis, et elle part en trombe cette fois sans se retourner.
Je souris. J'espère sincèrement que ça suffirait pour l'aider à surmonter ce qui va lui tomber dessus d'ici peu : le retour de Lexa.
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! Ce chapitre était encore un beau moment Ranya mais avec l'annonce imminente de Lexa ! Raven a fait du grand Raven Reyes dans ce chapitre, ne laissant pas son amie respirer. Maintenant que Clarke a avouer de vive voix qu'elle aimait sa meilleure amie, est-ce que tout va bien se passer au retour de Lexa ? Des pronostiques ? Qui a trouvé les réponses aux énigme de Raven ?
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) donc après un peu plus d'un mois d'affinement, voilà à quoi va ressembler la publication le lundi 1 chapitre de When I See You Tomorrow, le mercredi et le dimanche (plus un autre jour si j'ai de l'avance) 1 chapitre de Les Amis Ne S'embrasse Pas Sous La Neige et le vendredi 1 chapitre de Ne Me Regarde Pas. Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient et n'hésité pas à me prévenir si "j'oublie" une publication, je ne sais pas pour vous mais je commence à perdre la notion du temps. Prenez soin de vous !
Je rappelle, pour ceux et celles que ça intéresse que j'ai créer une playlist Spotify pour les chansons utilisé entre Anya et Raven, pour ce chapitre, j'ai ajouté : Dido - Christmas Day, FUN - Be Calm, Donny Hathaway - I Love You More Than You'll Ever Know
GeekGirlG.
