Salut ! Me revoilà avec un tout nouveau chapitre !
Résumé : Les Griffin, Blake, Reyes, Woods et Green sont amis parce que leurs parents l'étaient, ils se sont éloignés avec les années. Pour la première fois depuis que les Woods ont été les premiers à déménager, tous les jeunes ont décidés de fêter Noël ensemble dans l'immense propriété secondaire des Griffin. Bien entendu, certains d'entre eux ont énormément changé. Alors ces quelques jours vont-ils les réunir définitivement ou découdre leurs liens pour toujours ?
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Le personnages de l'univers de The 100 ne m'appartiennent pas !
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
Les amis ne s'embrassent pas sous la neige
POV - Raven
Je cours dans les rues bondées de New-York. Il m'arrive de bousculer un passant ou deux, alors je me retourne pour m'excuser mais je ne décélère pas. J'ajuste les lanières de mon sac à dos en m'engageant dans une ruelle un peu moins encombrée. Je ralentis en entendant un saxophoniste super doué, je reviens même sur mes pas pour l'écouter juste un peu avant de me souvenir que je suis déjà super juste niveau timing. Je glisse un billet tout froissé dans son étui avant de me précipiter de nouveau vers le tribunal.
J'arrive enfin à destination. Je régule ma respiration en fusillant du regard les journalistes qui ne quittent pas les marches du tribunal depuis trois jours. Il faut dire que plusieurs affaires font du bruit en ce moment, dont celle d'Anya qui prend fin aujourd'hui. Je lui ai promis de lui servir de garde-fou et de lui éviter d'être mangée toute crue par les vautours. Anya ne m'a pas dit grand-chose de l'affaire qui est principalement politique, je crois qu'elle se doute que tout ceci m'ennuie, mais je sais surtout qu'elle se bat pour plusieurs personnes de ma communauté contre une grande filiale contre qui ils auraient eu aucune chance si elle n'avait pas donnée autant de son temps.
Je crois que je l'aime encore plus, si c'est possible, pour tout ce qu'elle a fait pour eux ces derniers mois.
Je me faufile pour entrer et je finis par atteindre la salle dans laquelle plaide Anya. Je choisis de ne pas entrer, de toute façon, je ne suis pas habillé pour ce genre d'endroit. Et, je ne voudrais surtout pas la déconcentrer. Je suis seulement là pour la sortir d'ici. Les portes s'ouvrent et je me recule en découvrant une marrée humaine sortir de la salle, jusqu'à coller mon dos au mur. Je souris en apercevant Anya avec ses clients qui ont l'air plus que ravis. Je devine donc qu'elle a gagné. Un échange qui paraît un peu moins sympathique suit avec ses adversaires, j'observe chacune de ses réactions et je m'apprête à intervenir au besoin.
Anya fini par croiser mon regard, elle fronce légèrement les sourcils avec un regard amusé, elle finit même par rire ce qui agace encore plus ses vis-à-vis. Je la vois s'excuse pour la forme, mais son sourire demeure. Après un certain temps, ses yeux reviennent sur moi et elle mime des gestes que je fais semblant de ne pas comprendre pour la forme. Mais je sais qu'elle est étonnée par mon choix vestimentaire, en même temps, j'ai l'air d'une ado dans ces fringues mais bon, c'était le but pour passer inaperçu. Elle n'insiste pas plus mais ses yeux n'arrêtent pas de divaguer vers ma position.
Après un temps qui me paraît interminable, ses confrères finissent par la libérer et elle me rejoint immédiatement. Elle secoue la tête, lisse le pantalon de son tailleur, ajuste sa veste avant de tapoter sur la visière de ma casquette des Bulls que j'ai emprunté à Lexa sans qu'elle le sache pour l'occasion. Je claque ma langue contre mon palet avant de réajuster le tout pour bien voir Anya.
- Je peux savoir ce que c'est que cette tenue ?
- Nous allons sortir incognito, je lui explique en faisant glisser mon sac entre nous, tu vas être magnifique avec ce genre de choses sur le dos.
- Je ne vais pas porter ça, refuse-t-elle en riant.
- Arrête de t'en faire, je soupire. J'ai fait plus simple pour toi.
- Hum… j'ai du mal à te croire. Raven Reyes et "simple" ne s'accordent pas.
- Promis, je lui assure. C'est un slim noir, des baskets et un de mes sweet Star Wars, rien d'extravagant. Va te changer, je lui demande en lui tendant le sac, que nous puissions fuir d'ici.
- Tu sais quand je t'ai dit que je voulais m'enfuir loin avant de me faire happer par les journalistes, je ne parlais pas au pied de la lettre. Je crois que malheureusement toute cette mascarade fait partie de mon travail.
- Anya, je prononce fermement, va te changer immédiatement.
- Rae…
- Tu meurs d'envie de t'enfuir avec moi !
- C'est vrai.
- Alors arrête de réfléchir ! Et prend tout de suite ce sac !
- Très bien, elle m'arrache presque le sac des mains, je te préviens s'il y a quoi que ce soit de trop… Raven Reyes, je ne le porterais pas.
- Deal, je souris, et Anya ?
- Hum, elle se retourne.
- Run, Don't Walk !
- Hey Monday ?
- Je pensais plus à celle de K. Michelle mais ça fonctionne aussi ! J'ai tout un programme, un vrai rendez-vous galant, je lui fais un clin d'œil.
- Nous sommes censées rejoindre Lexa et Clarke pour le week-end et partir aux aurores demain matin.
- Anya, je le répète : Run, Don't Walk !
- Okay !
Anya entre dans les toilettes en marmonnant ce qui me fait plutôt rire. Je l'attends patiemment et quand elle ressort, elle tire sur le sweat bleu clair stormtrooper beaucoup trop grand pour elle, en grimaçant. Je ris et elle me lance un regard noir.
- Tu es adorable, je commente en m'approchant pour lui voler un baiser. Tiens, j'ajoute une casquette noire à sa tenue, et, je glisse des lunettes de soleil sur son nez, voilà ! Parfait.
- Depuis quand tu prépares ça exactement ? Je doute que ce soit depuis ma longue et déchirante plainte d'hier soir, c'est trop bien élaboré, même pour toi.
- Quelques semaines, je souris.
- J'ai vu les robes, elle plisse les yeux, tu vas porter une robe Raven Reyes ?
- C'est un événement spécial, je souris.
- Je suis presque sûre que nous n'avons rien à fêter, répond Anya avec une légère
inquiétude.
- C'est vrai, je passe ma main sur ma nuque, en lui souriant, c'est un truc que j'avais mis sur ma To Do List quand j'avais 16 ans.
- Tu as fait une To Do List, toi ?
- Ta sœur m'a obligée !
- Ah… je comprends mieux, elle rit. Et, je peux savoir de quoi il s'agit ?
- Bien sûr que non, ça gâcherait tout ! Mais sache qu'aujourd'hui, jour pour jour, nous
sortons ensemble depuis exactement 567 jours !
- Est-ce que tu avais imaginé à quoi ressemblerait cette journée si un jour elle existait sur cette To Do List ?
- Exactement !
- Très bien, je veux bien jouer avec toi, Anya sourit plus que de raison avant de m'embrasser. Par quoi nous commençons ?
- Par sortir d'ici évidemment. Parce que tout ça, je fais un grand geste pour désigner le tribunal, clairement ça ne faisait pas partie de mon plan !
Je lui prends la main et attrape mon portable. Je nous place juste devant les portes de sortie. Je demande à Anya d'attendre, je récupère les deux casques que j'avais préparé avec un adaptateur pour les deux prise jack. Je place les écouteurs par-dessus nous casquette et je lance The Pink Panther Theme. Anya éclate de rire, je viens immédiatement plaquer ma main sur sa bouche avant qu'elle nous fasse repérer. Je lui fais de gros yeux, lui sommant silencieusement de se taire mais elle m'ignore royalement.
Okay… je vais devoir faire avec son hilarité. Je parviens à nous faire passer les journalistes sans encombre, ce qui est assez miraculeux pour que je le souligne. Quand nous sommes assez loin je nous oblige à courir au rythme de la musique. Je nous arrête dans une rue, nous sommes complètement essoufflées, Anya encore plus puisqu'elle n'a toujours pas arrêtée de rire. Elle retire son casque et la casquette et se jette sur mes lèvres. Je chancelle jusqu'à ce que mon dos percute un mur, la langue d'Anya vient titiller la mienne et le baiser s'envenime.
- Je t'aime, dit-elle en reprenant son souffle, tu es complètement folle, elle m'embrasse encore, mais ce que je peux t'aimer ! I love you I love you like mad, elle chantonne.
- Il y a une chanson, je souris.
- Pour toi… des centaines, elle m'assure en me volant un autre baiser.
- Je peux en avoir une autre ?
- Je m'étais promis de ne jamais l'utiliser celle-là…
- Quoi ? Pourquoi ?
- Je ne l'ai écouté qu'une fois, ce n'est pas du tout mon genre de musique mais… les paroles sont… tu es prête ? Mais je ne chante pas.
- Je suis prête, je souris.
- I'm loving all the times am around you Girl you got me feeling like starting a new life now Even when I leave I can see your eyes Stirring in my own, girl Crazy how I feel about you It's crazy how I feel about you Hey, I'll love you everyday.
- J'aime ces paroles, je me mordille la lèvre inférieure. J'en ai une aussi, je l'embrasse et tout contre ses lèvres, je chantonne, I'll try to make the sun shine brighter for you I will even play the fool if it makes you smile I'll try to make you laugh if there's a tear in your eye After all is said After all is done I'd do anything for you Come with me, close your eyes Hold my hand, it'll be alright.
- Je te suivrais jusqu'au bout du monde Rae.
Je prends doucement sa main et je regarde autour de moi. Je soupire avant de rire sous le regard d'incompréhension d'Anya. Je la regarde dans les yeux et j'avoue, toujours amusée :
- Je ne sais pas du tout où nous sommes !
- Je vois, elle rit à son tour, et ça fait partie du plan ?
- Carrément pas ! Okay, je saisis mon portable, j'en profite pour ranger les casques, casquettes et lunettes de soleil dans mon sac à dos, et je nous géolocalise, ouaip, je souffle, c'est pas beaucoup mieux.
- Fais voir, elle regarde par-dessus mon épaule, où tu veux aller ?
- Je vais trouver, j'assure en me baladant sur l'écran. Une sucette, je propose en sortant un bonbon de la poche centrale de mon sweet.
- Comment tu fais pour toujours avoir des sucreries sur toi ?
- Tu en veux ou pas ? Je demande en collant la mienne dans ma bouche.
- Comment tu veux que je résiste ? C'est mon parfum préféré.
- Je sais, je souris quand elle m'embrasse la joue. Ah ! C'est bon ! Okay, je reprends sa main dans la mienne une fois mon portable rangé, nous pouvons y aller.
Je la guide alors que nous discutons de tout et de rien, principalement de musique et de cinéma. J'aime particulièrement ce genre de moment entre nous. J'ai la sensation que je peux dire absolument n'importe quoi sans ne jamais me faire juger. Anya a toujours eu une oreille attentive, mais en plus elle s'intéresse vraiment à ce que je dis. Je sais qu'après tout ce temps passé avec elle, je devrais être habituée mais à chaque fois je me fais surprendre.
Je suis vraiment tombée sur la partenaire parfaite. Je ne parviens plus à imaginer un seul jour sans elle. Je me souviens douloureusement des trois semaines qu'elle a passé à Chicago pour aider Aiden après son accident, c'était horrible de ne pas l'avoir à mes côtés. Evidemment, nous nous sommes appelées tous les soir et je suis allée la voir tous les week-ends, mais j'ai ressenti un véritable et intolérable manque.
C'est à ce moment que j'ai commencé à penser à cette soirée. Quelques semaines… je souris. Si Anya savait que je prépare tout ce qui va se dérouler depuis fin janvier, elle pourrait bien m'étrangler. Quelques semaines… ouais, je vais garder cette version des faits et puis tant qu'elle est heureuse, elle n'a pas besoin de savoir que j'orchestre tout ceci depuis presque sept mois.
J'arrête de marcher et retiens Anya. Je lève les yeux en secouant la tête. Je suis toujours étonnée que ce panneau soit encore là, huit ans après que j'ai rédigé cette stupide To Do List.
- Tu veux que nous nous arrêtions là ? Nous sommes au milieu de nulle-part.
- Attends, je prends doucement Anya par les épaules, je la décale assez pour qu'elle se retrouve juste en dessous du panneau, voilà.
- Nous sommes toujours au milieu de nulle-part, rit-elle doucement.
- Lève les yeux.
Anya s'exécute, je souris en la voyant légèrement froncer les sourcils puis se décaler pour un peu mieux lire ce qui est inscrit sur le panneau. Je lève les yeux aussi et observe un long moment ce carré blanc lumineux. Je fixe le rond noir qui y est dessiner avec à l'intérieur les mots : Kissing point, inscrit en grosse lettre avec une flèche vers le bas.
Je tends la main vers ma petite amie, mais elle ne réagit pas les yeux toujours rivés sur l'inscription. Je m'avance d'un pas, saisit son poignet pour la remettre pile en dessous de la flèche. Un hoquet de surprise lui échappe et son regard revient sur moi. Je me noie dans ses iris dans lesquelles je peux deviner tout son amour pour moi. Mon cœur implose, il bat encore plus fort que lors de notre premier baiser. Mon dieu… qu'elle est belle et que je peux l'aimer.
- Si un jour, je souffle alors que mon palpitant assourdit tout en se propulsant dans ma poitrine à grande vitesse, je devais véritablement en venir à sortir avec une personne pendant 567 jours, alors je l'emmènerai sous le panneau Kissing point et je l'embrasserai, je conclus en m'emparant des lèvres d'Anya pour un long et envoûtant baiser.
- Comment tu as trouvé cet endroit ? Demande-t-elle en apposant son front sur le mien.
- Par hasard, je réponds en fermant les yeux profitant encore de l'instant, le retrouver a été plus compliqué.
- C'est incroyable, elle souffle en me volant un autre baiser. Tu es incroyable.
- Ce n'est que le début, je lui rappelle en glissant doucement ma main dans la sienne. Viens, j'ai encore un tas d'endroit à te montrer.
Nous parcourons la ville en suivant à la lettre les indications de ma To Do List. Je lui montre le New-York de mes 16 ans, chaque recoin que j'imaginais parcourir un jour avec l'élue de mon cœur. Alors même que je ne croyais pas à l'amour à cet âge-là. J'étais bien trop terre à terre.
C'est quand je pousse la porte d'un disquaire, complètement caché dans une rue en briques, sans aucune enseigne ou indication pour le trouver qui fait aussi bar que je réalise. Je regarde Anya se jeter sur certains vinyles introuvables, sourire et discuter avec le propriétaire des lieux. Je sors rapidement de la boutique et je prends plusieurs grandes inspirations. Mince alors…
Je fais tomber mon sac à dos à mes pieds, je m'accroupis et j'ouvre la fermeture de la petite pochette avant. Je saisis un livre poche et l'ouvre en plein milieu pour retrouver la feuille de papier contenant toute ma liste. Je relis absolument tout. Je ne comprends pas comment j'ai pu passer à côté de ça en organisant ce rendez-vous. Tous. Absolument tout tourne ou plutôt tournait déjà autour d'Anya.
J'étais peut-être le premier amour d'Anya, mais j'ai bien peur que la réciproque soit vraie. Je prends un crayon feutre et je coche tout ce que nous avons déjà fait. Il me reste encore deux points et tout est prêt. Je vais réussir à tout caler avant la fin de la soirée. Je réfléchis. En haut de la liste, je relis le titre : "Si un jour je sors avec une personne pendant 567 jours". Je secoue la tête, je raye le mot "personne" et je le remplace par le prénom de mon incroyable petite amie. Je fouille de nouveau dans la pochette de mon sac, je récupère la boîte de mes écouteurs sa fil, je la tapote sur ma cuisse toujours pensive.
- Hum, je souffle, faisons un ajout, je souris en inscrivant en grosses lettres rouges un point de plus à accomplir ce soir, beaucoup mieux, je souris.
Je range le tout, satisfaite avant de rejoindre Anya qui n'a pas remarqué mon absence, toujours absorbée par l'endroit. Je me cale dans son dos, referme mes bras sur son abdomen et j'embrasse délicatement son épaule. Naturellement, elle vient placer ses mains sur mes bras en continuant sa conversation. Après plus d'une heure d'égarement dans cette incroyable boutique, je demande à Anya de se changer dans leurs toilettes et j'en fais de même.
Je suis en train de lisser la jupe noire de ma robe quand mes yeux trouvent mon reflet. Je n'aime vraiment pas porter ce genre de chose, mais je dois avouer que je suis plutôt jolie. Anya sort de sa cabine dans une robe rouge outrageusement sexy. Je la déshabille du regard sans le moindre complexe et je fais peut-être une fixation un peu trop longue sur son décolleté. Son rire m'entraine dans des pensées de moins en moins chastes quand ses doigts glissent sous mon menton et qu'elle me taquine :
- Plus haut les yeux.
- Évidemment, je peine à déglutir, désolée.
Mon portable m'alerte qu'une nouvelle notification vient d'arriver et je peine à décrocher mon regard de cette incroyable, merveilleuse femme en face de moi. J'annonce que le taxi nous attend au bas de la rue et nous le rejoignons main dans la main. Je ne donne pas l'adresse à voix haute pour ne pas gâcher la surprise, je me contente de glisser un bout de papier au chauffeur avec quelques billets de plus pour qu'il reste discret. Quand le véhicule s'arrête, Anya est plus que étonnée en me demandant :
- Tu m'emmènes à l'opéra ? Je suis presque sûre que tu ne peux pas te tenir tranquille durant tout ce temps, elle s'amuse, et à seize ans encore moins.
- En fait, j'ouvre la portière, tu ne regardes pas du bon côté, je lui tends ma main.
- Il n'y a rien de l'autre côté de la rue. Je suis venue ici des dizaines de fois avec mes parents.
- D'accord, je souris, peut-être aussi un peu plus bas.
- Tu veux me faire marcher avec les chaussures que je porte ?
- Tu aurais dû garder tes baskets, comme moi, je lui fais un clin d'œil.
- Rae !
- Ça ne sera pas long, promis.
- A quoi bon prendre un taxi si c'est pour marcher ?
- Tu n'es qu'une sale gosse de riche, je la taquine.
- C'est petit ça, elle rit. Très bien, je te suis.
Je la conduis donc jusqu'à notre dernier lieu. Je dois bien avouer qu'encore une fois, le bâtiment ne paye pas de mine. Un espèce de gorille surveille l'entrée, je donne mon nom et il nous laisse passer. Dès que la porte s'ouvre, la musique jaillit. Je reconnais tout de suite l'ambiance de la fin des années 30. J'attire Anya à l'intérieur où on nous débarrasse de nos affaires.
- Rae, elle souffle alors que nous attendons d'être placé à notre table, sérieusement… où on est ?
- Un cabaret qui fait dîner-spectacle, d'après le programme, je lui tends un papier, nous allons être plongées en plein dans la fin de la seconde guerre mondial, au milieu d'une tragique histoire d'amour.
- J'ai toujours voulu faire quelque chose comme ça ?
- Vraiment, je souris. Je suis venue une fois avec ma mère et son mec du moment, j'avais été fascinée. J'ai toujours voulu recommencer, mais je n'ai jamais trouvé l'occasion. C'est sûrement pour cette raison que c'est sur ma liste.
- Il reste beaucoup de chose sur cette liste ?
- Seulement deux point, je souris.
- Donc ça ferait une liste de, elle réfléchit en comptant sur ses doigts, 16 points, elle sourit, pourquoi 16 ? C'est bizarre, même pour toi Rae, elle rit.
- Parce que 567 jours, ce n'est pas bizarre ? Je demande alors qu'on nous conduit à notre table.
- Non, elle sourit, il y a une certaine logique.
- Okay, je décide d'avouer, j'ai décidé d'ajouter quelque chose. Au début, il n'y avait que 15 points.
- Donc tu triches ?
- Nope ! J'ajuste simplement un peu les choses en fonction de ma vraie partenaire de vie et pas une personne hypothétique imaginée à 16 ans.
Anya rougit très légèrement à la fin de ma phrase et détourne le regard, pas plus d'une seconde ou deux. Elle réagit toujours de cette façon quand je parviens à la toucher en plein cœur. Je ne comprends pas ce que j'ai bien pu dire qui la mette dans cet état, mais je souris tout de même attendrie par sa réaction. Je la trouve si belle, si incroyable, si parfaite.
Le dîner se déroule à la perfection, nous parlons beaucoup et rions encore plus. Je passe vraiment une soirée incroyable. Je me délecte de la présence d'Anya. Je la dévore des yeux alors que je pense déjà au prochain point sur ma liste et je touche à peine à mon assiette. C'est quand le dessert arrive qu'elle remarque que je n'ai presque pas mangé. Elle fait une blague sur la possibilité que mon estomac soit finalement humain, mais elle se trompe. Je la regarde, je me perds dans les nombreuses possibilités… dans notre avenir proche et plus lointain. J'entre dans son jeu et plaisante avec elle, mais une partie de moi n'est pas dans cette conversation. Je suis piégée dans un océan d'opportunités.
Avant la fin du dessert, je suis au bord de l'implosion. Je ne finis même pas ma tarte au citron meringué avant d'aller payer. Anya m'attend dehors et quand elle me voit arriver, elle me fait part de ses inquiétudes. Je me jette sur ses lèvres quand nous nous séparons je murmure à son oreille qu'elle a entièrement raison, la meilleure façon de porter une robe c'est de se l'imaginer être enlever. Je lui annonce que pour le dernier point de ma To Do List, je compte bien la déshabiller et profiter de chaque parcelle de son corps.
Le retour en taxi est interminable et gravir les quelques étages jusqu'à l'appartement un véritable supplice, mais quand je claque la porte je me précipite sur Anya. Un ballet de baisers et de caresses s'impose entre nous, incendiant nos corps et très vite nos vêtements tombent. Nous finissons par ralentir la cadence en rejoignant notre chambre pour passionnément faire l'amour.
Après un moment d'une intensité rare, je détaille chaque parcelle du corps encore nu d'Anya. Elle est allongée sur le ventre, sa tête repose sur ses mains et est tourné vers moi. Elle sourit. Je m'approche pour encore embrasser ses lèvres, ce que je peux aimer cette femme ! Elle s'étire avant de se redresser assez pour déposer sa joue sur mon épaule en passant ses doigts sur mon abdomen alors que j'égare les miens dans ses cheveux et sur sa colonne vertébrale.
- De qui je dois être jalouse ? Murmure-t-elle.
- Pardon, je fronce les sourcils sous le coup de l'incompréhension, de quoi tu parles ?
- Je me demande simplement, elle me vole un baiser, avec qui tu imaginais faire ça à 16 ans. Donc, je te le redemande, elle sourit malicieuse, de qui je dois être jalouse ?
- Personne, je souris alors que mon cœur explose de nouveau dans ma poitrine, il n'y a que toi.
- Tu ne réponds pas à ma question, elle s'amuse. Mais très bien, elle soupire, je me contenterais d'assassiner du regard toutes les personnes que je croise à partir d'aujourd'hui et par principe, juste au cas cet inconnu se trouve être ton coup de cœur du passé.
- Tu ne m'écoute pas, je ris.
- Je suis plutôt sûre de n'avoir entendu aucun prénom et nom, sinon je serai déjà sur le point d'engager un tueur à gage.
- Arrête, je ris de plus en plus. En plus, tu n'es pas du tout jalouse, je souligne. D'ailleurs par moment, s'en est presque frustrant.
- Je n'ai pas besoin d'être jalouse. Je vois bien que je suis ton monde Raven Reyes.
- Et je suis le tien Anya Woods ?
- Et tellement plus encore, elle répond en m'embrassant encore.
- Il n'y a que toi, je répète tout contre ses lèvres.
- Je sais.
- Non, je secoue doucement la tête, tu ne comprends pas ce que je veux dire. C'est… depuis le début, il n'y a que toi. Je viens de réaliser qu'il n'y avait jamais eu personne d'autre, pas même à 16 ans, en fait surtout pas à 16 ans. Si je suis ton premier amour, tu es aussi le mien.
- Vraiment ?
- Pense à ce rendez-vous, je souris, il était parfait, je penche la tête sur le côté en caressant sa joue, pour toi.
- Mon Dieu, elle se redresse, s'éloigne, je n'ai pas le temps de la retenir, nous avons perdu tellement de temps.
- Je ne crois pas, je réponds en m'asseyant et en prenant doucement sa main, je pense que nous nous sommes croisées pile à la bonne période, nous perdions toutes les deux pieds et… c'était le bon moment, pas avant.
- Je ne veux plus jamais que tu sois au volant d'une voiture dans l'une de ces horribles courses, tranche-t-elle.
- Ça ne risque pas d'arriver, j'assure. J'ai tout ce qu'il me faut, juste ici, j'embrasse son nez. Et moi, je ne veux plus jamais que tu aies la sensation d'étouffer dans ta propre vie.
- Aucune chance tant que tu es là, elle sourit.
- Je suis là, je souris en retour.
J'attire de nouveau Anya vers moi. J'embrasse le haut de ses cheveux et je rabats la couverture sur nous. Je sais que d'ici quelques minutes elle va aller prendre une douche et enfiler un tee-shirt alors j'en profite encore un peu. C'est donc sans surprise qu'elle quitte mes bras, mais je grogne quand même pour la forme quand j'entends l'eau jaillir, je me lève en enfilant moi aussi un pyjama.
Je me glisse discrètement dans le salon pour récupérer la boîte de mes écouteurs que je dépose sur la table de nuit et j'attends. Anya sort de la salle de bain avec sa brosse à dents dans la bouche alors je la remplace sous la douche quand j'en sors à mon tour, elle m'attend perchée sur le lavabo. Je m'emmitoufle dans une serviette et je viens l'embrasser.
- Si j'ai bien compté, je n'ai eu que 15 points de ta To Do List.
- Ah oui ?
Je m'éloigne pour repasser mon pyjama sous les yeux d'Anya. Elle bondit et m'empêche de finir d'enfiler mon short. Je lui lance un regard emplit d'incompréhension.
- Arrête tout de suite de m'aguicher !
- Moi, je réponds innocente, je fais ça ?
- Rae…
- Tu veux savoir quel est le seizième point ?
- Oui.
- D'accord, je souris.
Je lui fais lâcher prise pour finir de m'habiller. Je prends ensuite sa main, la place au milieu de la chambre, lui demande de ne pas bouger et retourner chercher mes écouteurs. De nouveau, je tapote la boîte contre ma cuisse. Je souris, confiante et reviens vers Anya. Je m'arrête à quelques pas d'elle. Je secoue la tête avant de lancer l'objet vers elle en agrémentant mon geste d'un :
- Réflexe !
- Rae, explose-t-elle en le rattrapant maladroitement, je déteste quand tu fais ça, elle s'agace. Sérieusement ces écouteurs coûtent une petite fortune ! Et si je ne les avais pas attrapés. Pourquoi tu, elle se stoppe net. Qu'est-ce que tu fais ?
- Je te demande en mariage, je lui souris en finissant de m'agenouiller.
- Avec des écouteurs, elle répond bouche bée.
- La bague est dans la boîte, je m'amuse. Je ne voulais pas que tu tombes dessus par accident.
- Tu… quoi ?
- Ouvre-la, je suggère. Anya Lydia Marie Woods veux-tu devenir ma femme ?
- Il n'y a pas de chanson ? Elle demande les larmes aux yeux.
- Pas cette fois, je souris, c'est juste toi et moi.
- Oui, elle se laisse tomber près de moi, m'embrasse avec fougue, mille fois oui !
Voilà, un nouveau POV qui se termine ! J'espère que ce chapitre vous a inspiré et plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé. Raven Reyes a encore tapé fort dans ce chapitre! Toujours aussi parfaite. Qui fait des "To Do List" parmi vous ? Vous avez aimé de rendez-vous du 567 jours de leurs relation ? Et cette demande en mariage... elle est très... Raven Reyes, non ? XD "Réflexe!" (Il fallait bien qu'elle ait le temps de s'agenouiller sans qu'Anya s'en rende compte).
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! Je rappelle qu'il y aura 32 chapitres, je vous retrouve don pour les deux derniers chapitres vendredi et dimanche.
Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient. Prenez soin de vous !
GeekGirlG.
