- Cette fanfic est en trois chapitres, avec deux focalisations internes et une focalisation externe. Donc, si vous n'aimez pas les changements de points de vue, vous êtes prévenus.

- Les personnages centraux sont des romuliens, donc forcément si vous êtes fan de Picard, Seven, Soji ça va piquer un petit peu.

- De façon générale, cette histoire est du point de vue des antagonistes.

Vocabulaire romulien:
klivam : Klingon (insultant, péjoratif)
Mnhei'sahe : Concept d'honneur Romulien complexe.
Rihannsu: Romulien

Bonne lecture


Je me trouvais à nouveau coincé dans une cellule, gardée par un synthétique. Etrangement Soji Asha ne semblait pas avoir été mise en état d'arrestation par la Fédération. Elle avait essayé de commettre un génocide en envoyant un message à une espèce synthétique originaire d'une autre partie de l'univers et n'en subissait même pas les conséquences. Pourtant, rien n'avait changé. Elle était Seb-Cheneb.

Les standards de la Fédération me paraissaient impossible à comprendre. Comment pouvait-ils épargner un être qui l'espace d'une fraction de seconde avait envisagé de mettre fin à toute vie biologique dans la galaxie ? Je regrettais ma tentative d'assassinat sur Soji. Je regrettais surtout d'avoir échoué. Une part de moi avait des sentiments pour Soji, pour cette façade qu'elle représentait. Mais elle n'était qu'une illusion, une simulation d'un être vivant.

Je soupirais et posais ma tête entre mes mains pour tenté de réfléchir. J'étais emprisonné, mon gardien, un synthétique, semblait bien moins naïf que le premier. Il m'avait juste informé que mon peuple avait renoncé à l'attaque et que j'allais être transféré dans une prison sous le contrôle de la Fédération. Je n'avais aucune idée de ce que Narissa planifiait et je craignais le pire. Elle avait été toujours impulsive et violente. Elle était intelligente mais elle manquait de subtilité. Elle serait bien capable d'utiliser des grenades à proton pour se débarrasser de cette station tout en m'éliminant au passage.

Si je voulais m'échapper, ça devait se faire avant la venue de la Fédération. Je contemplais les différentes options, il n'y en avait pas beaucoup. Je me levais et fit signe au gardien que je souhaitais lui parler. Celui-ci se rapprocha de ma zone de confinement, curieux de savoir ce que lui voulais.

- J'ai réfléchi et j'ai compris que mon peuple avait tort. Je n'ai pas cherché à vous tuer, j'obéissais aux ordres. Ma rencontre avec Soji m'a fait comprendre que j'avais tort.

Je faisais en sorte d'avoir une voix tremblante d'émotion. Les synthétiques pensaient qu'ils pouvaient détecter des mensonges, mais ce que je disais n'était pas un mensonge, plus une demi-vérité… ou un demi-mensonge.

- Tu as tenté de l'assassiner, répondit le synthétique d'un air sceptique.

Il avait la forme d'un humain aux cheveux blonds et portait une tenue ridicule dont le tissu ne le protégerait pas si jamais il recevait un coup de poignard. C'était un bon signe qu'il me réponde en dépit de son scepticisme. Cela signifiait qu'il était ouvert au dialogue. C'était un très bon signe.

- C'est vrai et c'était le pire jour de ma vie. J'étais coincé entre ce que mon peuple attendait de moi et mon amour pour Soji…Essayez de comprendre. Mais je souhaite me racheter.

- Le docteur Soji Asha a quitté cette planète.

Et tant mieux pour moi. Elle se serait sans doute rendue compte de toute mes tentatives de manipulation.

- Je vois… mais je souhaite tout de même me racheter auprès de votre peuple.

- Et comment ? Tu es prisonnier, tu seras bientôt transféré à la Fédération pour un procès en règle.

- J'ai des informations. N'oubliez pas que je faisais parti d'une unité destinée à vous exterminer. Si vous pensez que vos ennuis sont terminés, vous êtes loin de la vérité. Vous ne faite pas parti de la Fédération et même s'ils ont abrogé la loi bannissant les formes de vie synthétique, ça ne veut pas dire pour autant qu'ils seront tolérants.

Aussitôt dit, je savais que j'avais toute l'attention de mon interlocuteur. Celui-ci m'observait et semblait réfléchir. Il quitta son poste et je me permis d'être optimiste. Il allait sans doute consulter ses supérieurs. Je retournais vers le fond de ma cellule. Ma situation aurait pu être pire. J'espérais que Narissa était toujours vivante.

Si jamais les synthétiques décidaient tout de même de me livrer à la Fédération, je ne pourrais pas faire grand-chose. Peut-être mentir, prétendre avoir des remords et finir ma vie à récurer les toilette de l'amiral Picard comme deux autres ancien membre du Tal Shiar ? Je grimaçais à cette pensée, je ne comprenais pas comment l'égo de deux Romuliens pouvaient supporter ce traitement dégradant. Ils avaient sûrement des motivations cachées. Je comprenais qu'une partie de mon peuple puisse vouloir immigrer sur des territoires de la Fédération. Mais je ne comprenais pas comment ils pouvaient s'abaisser à les servir comme s'ils étaient des inférieurs.

J'entendis des bruits de pas, le garde qui me surveillait était revenu accompagné d'une autre personne, plus âgé. Le complice de l'humain Bruce Maddox, le docteur Altan Inigo Soong.

- Voici notre bourreau des coeurs, dit le docteur Soong en m'observant d'un air curieux.

Ne sachant pas quoi répondre, je choisissais de garder le silence.

- Vous êtes vraiment un peuple particulier. Je comprend pourquoi vos cousins Vulcains ont voulu se débarrasser de leurs émotions.

Je grimaçais face à cette réflexion.

- Si je puis me permettre, l'histoire est plus complexe que vous ne le pensez, répondis-je.

Il haussa les sourcils, curieux.

- En attendant, vous avez faillit causé l'extermination d'une race entière sur la base d'un message qui ne vous était même pas destiné. Non seulement, c'était un message promettant une aide étrangère si une forme de vie synthétique risquait un génocide mais en plus vous avez pratiquement réalisé la mise en garde de ce message.

Je pouvais comprendre son point de vue. Cela semblait curieux. On était responsable d'une « prophétie auto-réalisatrice » pour reprendre le terme humain. Ce mot et ce concept n'existait même pas dans mon langage.

- Je comprend votre scepticisme...j'ai été élevé dans ces croyances. Je ne peux rien dire de plus pour me justifier.

Il était hors de question que mon mensonge s'étende à l'admission de la supériorité des Vulcains sur les Romuliens. La société Vulcaine était terne, abusive et incroyablement hypocrite. Ils pratiquaient les mariages arrangés entre enfants et forçaient ceux-ci à former des liens télépathiques. Il n'y avait aucune vie privée dans un couple Vulcain. Mon peuple accordait beaucoup d'importance à la vie privée, les couples ne souhaitaient pas tout partager. Ils aimaient garder une part de leur esprit privé. A l'inverse des Vulcains, les Romuliens se mariaient tardivement. On était encouragé à expérimenter différentes liaisons amoureuse au maximum. Pour cette raison, e divorce était très mal vu dans notre société.

- Bien sûre. Je suis évidemment intéressé par les informations que vous détenez bien que je doute que vous soyez sincère ou que je puisse vous faire changer d'avis sur les formes de vie synthétiques. Je souhaiterai vous montrer quelque chose, dit le docteur Soong.

Je levais les sourcils, surpris. Je me demandais ce qu'il pouvait bien vouloir me montrer. Il fit signe au garde de lever le champ magnétique, celui-ci pointait un phaser sur moi et m'ordonna de mettre les mains derrière mon dos et de me tourner. j'obtempérais sans faire d'histoire.

Une fois menotté, je fus conduis jusqu'à une salle blanche dans laquelle se trouvait divers ordinateurs et appareils de haute-technologie. Le docteur Soong me fit signe de m'approcher prêt d'un écran de sécurité. Sur les images, je pouvais visionner divers lieux du bâtiment. Je lui lançais un regard interrogateur. Il soupira.

- Nous avons détecté quelqu'un utilisant une combinaison de dissimulation, m'informa-t-il.

Je secouais la tête face à l'impulsivité de Narissa.

- Je ne suis pas sûre de pouvoir y faire quelque chose, répondis-je.

C'était une réponse sincère. Lorsque Narissa avait une idée derrière la tête, c'était quasiment impossible de lui faire changer d'avis.

- Je me doute qu'il s'agit de votre complice. Je ne crois pas en vos remords. Mais j'ai un marché à vous proposez.

Allait-il menacé de prendre la vie de Narissa si je ne lui donnais aucune information ? Je me retins d'exploser de rire.

- J'ai collecté beaucoup d'information sur vous ces dernières heures. Je sais que votre sœur et vous-même avez été déclaré traître à l'empire Romulien. Je sais également que vous avez quelqu'un à qui vous tenez sur le cube Borg.

Il parlait de tante Ramdha. Aucun doute dessus.

- Et donc ?

- Et donc, voilà ce que je vous propose. Nous épargneront votre sœur et nous nous occuperont de la Romulienne qui a été assimilée. En échange, vous nous fournirez des informations, sur votre organisation mais aussi sur la Fédération. Bien entendu, je suis prêt à alléger considérablement vos condition de détention, si vous jouez le jeu vous pourriez même bénéficier d'une liberté de circulation mais…

- Mais vous ne faites pas confiance à ma complice, terminais-je.

- Non. Néanmoins, elle n'aura pas à être détenue dans une cellule.

Je n'avais jamais pensé qu'un jour moi et Narissa serions déclarés traître à l'Empire. Le Général Nédar ne nous avait jamais apprécié. Et c'était réciproque, sa seule utilité était son ascendance Vulcaine. Après tout le Général avait choisi de conserver l'idéologie de ses ancêtres Vulcains tout en revendiquant son identité Rihannsu. Cette attitude me dégoûtait au plus haut point et me donnait envie de la frapper jusqu'à ce qu'elle ne ressemble plus qu'à une masse ensanglantée rampante au sol.

Ce n'était pas une mauvaise proposition.

- Vous souhaitez aussi des informations sur la Fédération ?

- Ne soyez pas surpris, ils ont banni l'existence des synthétiques. Je ne suis pas naïf au point d'ignorer qu'ils puissent être intolérant envers nous voir même une menace.

Je soupirais. Narissa allait me détestait, voir me haïr. Mais ma décision était prise, je m'arrangerai pour contrôler le tempérament de ma sœur et cette proposition me permettrait peut-être de sauver Ramdha.