16.05.2020
Midorima ne savait pas comment ça a avait commencé, et en fait, il ne voulait pas savoir. La situation était déjà bien assez folle comme ça. N'en rajoutons pas, s'il vous plaît. Non mais, on parlait de lui, là! Pas du voisin d'à côté, ni de son dentiste, encore qu'il n'était pas loin de lui ressembler, cet être grincheux et aigri, à défaut que le vert, lui, n'approchait pas la soixantaine.
Enfin, voilà, quoi. Lui, amoureux de Takao, on aurait cru rêver, -cauchemarder pour certains-. C'était bizarre, totalement absurde, l'idée la plus tordue; mais c'était bel et bien là, caché dans un coin de sa tête, un coin assez large pour qu'il y pense à longueur de journée toutefois, et il devait avouer que ça ne lui déplaisait pas autant qu'il ne le voudrait.
Cela faisait quelques temps qu'il s'en était rendu compte, et à vrai dire, il n'avait même pas fait exprès. C'était une journée ensoleillée, pas qu'il ne l'ai vraiment retenu, mais il se souvenait très bien de ces rayons lumineux qui avaient frappé le visage de son coéquipier lorsque celui-ci lui avait sorti qu'il passerait l'après-midi avec le tigre de Seirin et son ombre préférée au Maji Burger pour soit disant perfectionner son anglais, langue qu'il chérissait grandement mais dans laquelle il lui restait quelques lacunes, notamment sur la prononciation de certains mots et le lexique de rue, -puis il y'avait cette histoire d'anglais et d'américain qu'il ne comprenait pas toujours, ne partageaient-ils pas la même langue? Alors pourquoi changer "rubber" en "eraser" ? Ils n'avaient cas se mettre d'accord bien au départ, merde!-, oui, il avait beaucoup de question à poser à son ami rouquin.
Puis à vrai dire, si Midorima se souvenait aussi clairement de la météo, c'était bien parce qu'il avait dévisagé le visage de son coéquipier bien des minutes après son annonce soudaine avant de finalement contester: "Tu aurais dû prévenir avant, Bakao" avec sans doute une once de mauvaise fois car "Shin-chan, c'est toi qui dit tout le temps que tu en as marre de passer tous tes samedis après-midi avec moi! Enfin, j'ai toujours su que tu mentais, tsundere que tu es,.."; alors forcément, si les rayons du soleil se trouvaient dessus à ce moment là, il ne pouvait pas les chasser, voilà tout. Il n'avait pas voulu retenir ces informations inutiles, les gens penseraient qu'il avait trouvé cette journée importante, or non, du tout, non monsieur, non madame, cette journée était banale, et non, il ne faisait pas attention aux détails comme un pathétique être amoureux gnangnan à souhait; c'était les détails, qui faisaient attention à lui, nuance.
Bon, ensuite s'était déroulé un débat assez peu important pour que Midorima ne s'en souvienne pas, -foutaise, bien sûr qu'il s'en souvenait, mais seulement parce qu'il était très intelligent, n'allez rien croire qui le contredirait-, et Takao était parti, ni plus ni moins que ça, délaissant son ami sur un terrain de street pratiquement vide, se situant à une longueur plus ou moins égale de leur deux maisons, là où ils se retrouvaient habituellement le week-end pour combler leur ennui en jouant au basket ou tout simplement, quand les humeurs se faisaient plus calmes, en parlant de tout et de rien jusqu'à la tombée de la nuit.
Sur le coup, Midorima, du haut de son mètre quatre-vingt-quinze s'était vu tomber des nues. Et en même temps, une étrange sensation s'était forgée dans sa poitrine, il ne saurait dire exactement pourquoi. Takao l'avait lâché pour d'autres, ses propres amis qui plus est, rien de moins irritant, surtout pour lui. Il s'était ensuite mis à penser que d'habituel, le garçon lui aurait demandé de l'accompagner, puis aurait trouvé un moyen de le faire venir même après son refus. Quelque chose clochait certainement chez lui, alors le problème venait de Takao, pas de Midorima, n'est-ce pas ?
Ce fut seulement quelques heures d'intenses réflexions plus tard que le shooting guard en était arrivé à une conclusion toute simple: soit Takao lui cachait quelque chose, -comme une éventuelle liaison avec l'un des deux joueurs de Seirin-, soit il en avait simplement marre de lui. De toute manière, aucun des cas ne lui plaisait, au contraire, une certaine contrariété montait en lui dés lors qu'il s'imaginait l'une de ces deux scènes. Alors pour en avoir le cœur net, il s'était résolu à appeler son ami, aussi pathétique que cela puisse paraître.
"Shin-chan, il y'a un problème?" le garçon avait demandé, le ton de sa voix trahissant son inquiétude, Midorima ne l'appelait jamais lorsqu'ils s'étaient vu quelques heures auparavant, sauf lorsque... "oh, j'ai encore oublié un cahier chez toi?"
Des chuchotements provenant de l'autre bout de la ligne s'étaient fait entendre à ce moment là, "C'est Midorima? Il veut quoi, celui-là?", "Chut Kagami-kun, ou on ne le saura pas". Et le jeune homme pu aisément reconnaître les voix de Kagami et Kuroko. Bon, Takao n'avait pas menti, pas qu'il en doutait, mais, plutôt prévenir que guérir, comme on disait.
"Non, le vert avait répondu simplement avant de lancer, avec son tact habituel, mais toi, as-tu un problème avec moi, Bakao?"
"Quoi? Mais qu'est-ce que tu racontes encore Shin-chan?" Le noiraud avait répondu, quelque peu surpris.
"Répond juste à la question."
"Bien sûr que non, je te l'aurai dit sinon, tu me connais."
"Bien. Donc tu ne t'es pas lassé de moi."
"Pas à ma connaissance, non." Le garçon avait semblé de plus en plus sceptique, et pas seulement lui d'ailleurs.
"Et tu ne sors ni avec Kagami, ni avec Kuroko?"
"Je ne prendrais pas le risque." Il avait simplement répondu en se retournant vers les deux individus qui le regardaient sans comprendre.
"Bien."
"Shin-chan, pourquoi toutes ces questions?" Le noiraud avait quand même demandé. Puis après un petit temps de réflexion, il se dit que, "Mince, est-ce que tu voulais venir?"
"Quoi? Évidemment que non!" Le vert avait répondu, un peu pris au dépourvu. Je ne voulais pas que tu partes, c'est différent, il se surprit à penser. "Bon, c'est tout ce que je voulais savoir, à plus tard."
Midorima fit simplement avant de raccrocher, ne laissant même pas le temps à son ami de lui répondre comme il se devait, enfin, pour ce qu'il en avait à faire... Mais qu'est-ce qui lui avait pris, bon sang? Il avait appelé Takao. Il avait appelé Takao pour lui poser des questions toutes plus étranges les unes que les autres. Qu'allait-il se dire, maintenant? Puis, son cœur s'était serré en imaginant son faucon dans les bras Kagami et ses poings s'étaient serrés lorsqu'il l'avait imaginé embrasser Kuroko. Il n'était pas trop sûr de ce qu'il pensait maintenant mais, ce qui était certain, c'est qu'on ne pensait pas ça de ses amis, même des meilleurs. Ces derniers temps, c'était vrai qu'il n'avait eut de cesse d'avoir des réactions plus qu'inattendues envers son coéquipier; quelques fois, il fixait son visage un peu trop longtemps, d'autres, c'était une partie un peu plus bas de son corps.., -ses fesses, concrètement-. Souvent, il le cherchait du regard lorsque celui-ci disparaissait de son champ de vision un quart de seconde. Il ne parvenait plus à le regarder dans les yeux lorsqu'il souriait trop fort, par peur de se voir rougir sous cette lumière persistante. Quelques fois, quand il voyait des filles se déclarer à lui au lycée, il les regardait d'un mauvais œil et un sourire presque mauvais prenait place sur son visage lorsque Takao les repoussait -bien trop gentiment à son goût-. Lui même recevait beaucoup de déclarations d'amour, mais qui, étrangement, ne le dérangeaient pas autant que celles du noiraud.
Mais là, -il s'en rendait compte parce que ça lui arrivait avec sa mère lorsqu'il était petit et que les enfants de ses amies lui tournaient trop autour-, il avait été jaloux. Jaloux! De Kagami et Kuroko avec qui Takao avait préféré passer l'après midi, alors même qu'il prétendait ne pas apprécier ces dits après-midi. Ouai, à d'autres. Puis c'est que, Midorima avait toujours été un peu possessif, malgré les apparences; ce qui était à lui était à lui, ce qui était aux autres serait à lui s'il le voulait, en l'occurrence, il considérait Takao comme un acquit, alors.. était-il en train de se rendre compte de ce qu'il était en train de se rendre compte? D'accord, il était un peu myope, mais pas encore aveugle, et certains signes ne trompaient personne. La vérité lui tombait dessus, comme elle ne l'avait jamais encore faite, -pas même durant ce match contre Rakuzan, qu'ils avaient perdu lamentablement-. Non. Il n'était quand même pas... amoureux de Takao? Non? Non. Non, non et non. Ô misère, ô désespoir! Mais qu'allait-il faire? Sa vie était ruiné! L'était-elle? Que faisaient les gens dans ce cas là? Devait-il couper totalement les ponts avec son ami? Non, ce n'était pas une solution, puis, il se suiciderait à cause du manque, -pas lui, Takao-, et Midorima ne tenait pas forcément à avoir une mort sur la conscience, encore que ça l'arrangerait peut être...
Bon, passa ensuite la période d'acceptation, -il parvenait à y penser sans grincer des dents, grand pas en avant pour le numéro 6-. Non mais Takao, il n'y avait pas pire choix à faire; il était bavard, bruyant, de bonne humeur tout le temps, trop surexcité, trop extraverti, -comment espérait-il le garder pour lui comme ça, hein, dites-moi?-, oui, il n'y avait pas plus son opposé que Takao. Et pourtant, c'était en sa présence à lui que son cœur battait un peu plus vite, -enfin, c'est ce qu'il avait vu sur un site internet, il n'éprouvait rien de tout ça, non non, pas son genre, n'est-ce pas?-. Il avait aussi lu qu'il devrait se déclarer à la personne chérie, à un moment ou a un autre, et bien qu'il n'approuvait pas le fait que ce site web bizarre -rempli de cœur et de rose, ça ne pouvait pas être normal-, ne lui donne des ordres d'une telle manière, il devait bien avouer que, il n'avait pas tout à fait tort.
À quelques kilomètres de là, au Maji Burger, avait lieu une discussion pour le moins surprenante entre deux joueurs de basket-ball, -peut-être à cause de la langue qu'on y parlait, pas du japonais, en l'occurrence-.
"Hey, what was that for?"
"I guess Midorima-kun was just jealous."
Et le noiraud n'avait rien fait d'autres que sourire énigmatiquement.
———
C'est donc là qu'on y venait réellement.
Ce matin, Midorima s'était réveillé et comme à son habitude, avait regardé son horoscope à la télévision. C'était le week-end, ses parents n'étaient pas à la maison et il faisait plutôt frais dehors, alors comme toute personne normalement constituée, il avait prévu de rester chez lui, sous sa couette à regarder Bob l'éponge toute la journée. Ce fut sans compter sur Oha-asa, qui avait annonçé une plutôt belle journée pour les cancers. "Vous devriez sortir prendre l'air, accompagné serait encore mieux. Votre objet du jour est une paire de lunette". Ses plans s'en étaient retrouvés bouleversés, toutefois, il avait déjà son objet chanceux du jour sur le visage.
Il s'était alors apprêté à sortir, enfilant un jean noir et un tee-shirt blanc tout simple, surmonté d'un manteau crème, parce qu'il ne faisait pas si chaud.
Il sût malgré tout que sa balade n'allait pas se passer comme il l'avait espéré lorsqu'il avait ouvert la porte pour apercevoir Kuroko, s'apprêtant lui-même à sonner, suivi de près par Kagami, Kise et, -eh bien, on s'en doutait tous-, Takao.
Il avait alors enclenché un mouvement pour fermer la porte, -et ne plus l'ouvrir de la journée, soit dit en passant-, mais ce fut sans compter sur le joueur fantôme qui avait réussi à glisser son pieds entre la porte et le mur.
Les cinq individus étaient ensuite rentrés chez lui comme ils rentraient chez leur mère, et s'étaient installés un peu partout dans le salon.
"Bonjour Midorima-kun." Kuroko avait quand même lancé, cordialement, tandis qu'Aomine était déjà en train de fouiller sa bibliothèque.
"Mais y'a même pas de magazine cochon!"
"Aominecchi!!"
Le shooting guard avait retenu un soupir d'exaspération et s'était simplement assis sur son canapé, attendant des explications qui ne venaient décidément pas.
"Bon, vous faites quoi ici?"
"On était venu te chercher pour faire une partie de basket, mais comme il faisait trop froid on s'est dit que finalement on allait rester." Takao lui avait répondu avec un grand sourire. Et Midorima ne put empêcher son estomac de faire des bonds à la vue de celui-ci. Il prit quelques secondes pour détailler la tenue du garçon, allongé à plat ventre sur le tapis en face de la télévision, coincé sur un dessin animé quelconque qui avait finalement l'air de bien lui plaire. Il portait un simple sweat-shirt jaune pâle un peu -beaucoup- trop grand pour lui que Midorima était certain d'avoir déjà vu quelque part, avec un jean bleu clair, qui mettait ma foi bien en valeur son fessier.
"Bien, vous êtes assez resté, déguerpissez maintenant."
"Shin-chan, t'es pas drôle.." Le garçon avait répondu en se retournant sur le dos sur l'un de ses coudes d'une manière bien trop affriolante pour son propre bien, littéralement. Et Midorima bénissait ses amis d'être là à ce moment car sinon, il aurait certainement sauté sur son coéquipier et, l'aurait sauté lui, par la même occasion. Tiens, un détail que Midorima n'avait pas remarqué, Takao portait une barrette pour tenir ses mèches de cheveux en arrière. Pas qu'il n'en avait pas l'habitude, mais il trouvait le garçon d'autant plus mignon comme ça, enfin, aussi loin qu'un garçon puisse être mignon, pire, aussi loin que Midorima ne puisse employer ce mot.
À tout bien réfléchir, cela faisait pas mal de temps qu'il n'avait pas vu ses amis, et bien qu'ils ne le fatiguent la majeure partie du temps, passer une journée en leur compagnie ne pourrait qu'être bénéfique, -non, je vous vois venir, ils n'ont pas manqué à Midorima, d'accord? Simplement que leur présence était tolérée quelques fois, et que le vert était dans un bon jour, hein, il n'était pas sentimental, pas du tout, jamais-.
"J'avais quelque chose de prévu, moi." Oui, en l'occurrence, aller déclarer sa flamme à l'élu de son cœur, -comme ça c'était fait-, chose qui se retrouvait d'autant plus facile maintenant que celui-ci était dans sa maison. "Restez si vous voulez, mais ne cassez rien." Son ton se fit un peu plus menaçant, mais Takao n'avait pas plus peur que ça, que lui coûterait la désobéissance, à part une bosse ou deux sur la tête? Rien, en somme. Puis il n'avait rien prévu de casser, restait plus qu'à convaincre sa maladresse de ne pas faire des siennes. Car oui, certes, le faucon était impeccable sur le terrain, mais dans la vie de tous les jours, les tonnes de couverts qu'il avait cassé ne pouvaient plus en dire de même.
Bon, à part ça, la matinée s'était passé relativement calmement. Quoi? Non, en fait. Avec Kuroko, Kagami, Aomine, Kise et Takao dans son salon, il n'y avait pas de place pour le calme, et qui était cette personne, d'ailleurs? Midorima avait oublié à quoi elle ressemblait, l'avait-il même connu un jour? Il n'en était plus très sûr.
Entre Aomine qui mettait la maison dans un foutoir sans pareil en cherchant des magazines qui n'étaient même pas certains d'exister, -et connaissant Midorima, non, ils n'existaient pas-, Kise qui lui courrait après pour essayer de réparer ses bêtises, -bien entendu, il les aggravait, mais ça partait d'un bon geste-, Kagami et Kuroko qui entamaient une course poursuite car le tigre avait peur du bichon blanc de la mère Midorima et que son copain ne trouvait rien de mieux à faire que l'effrayer encore plus, et Takao, qui se plaignait toutes les deux secondes car "Shin-chaaan, il fait trop froid, tu peux descendre la clim?" ou encore, "Shin-chaaan, j'ai faim, quand est-ce qu'on maaaange?". Il n'était qu'onze heure du matin, et le shooting guard était déjà épuisé.
Il avait finalement réussi à survivre jusqu'à midi et Kuroko, dans sa complaisance habituelle avait commandé des pizzas pour le déjeuner après s'être rendu compte que le vert n'avait que du surgelé chez lui, peut être à cause de son manque cruel de talent pour la cuisine, qui sait. Après avoir récupéré leur nourriture à l'entrée de la maison, ils s'étaient mis à table et avaient déjeuné dans une ambiance ma foi plutôt légère. Midorima ne fut pas surpris de remarquer que Kise et Takao s'entendaient vachement bien, et en y réfléchissant mieux, ça paraissait tout à fait légitime étant donné leurs caractères assez semblables. Malgré lui, une sensation étrange persistait au creux de sa poitrine, il ne saurait trop dire quoi. Il ressentait ça depuis la matinée, cette oppression, et plus il y pensait, plus Midorima se disait que, mince, il voulait lui dire. Il le voulait ardemment, ça lui brûlait la langue, la gorge, le ventre, le cœur. Ça n'avait jamais été aussi puissant, non, pas même cette fois où ils étaient rentrés à pieds, sous la pluie et que toutes les conditions étaient réunies pour lui chuchoter cette phrase à l'oreille, certes un peu courte, mais qui lui pesait tant.
Enfin, Midorima avait prévu de lui dire aujourd'hui, alors il allait le faire. Que des inconnus à l'équation se soit rajouter n'était qu'un détail, il était Shintaro Midorima, après tout.
———
"Shin-chan, pourquoi tu manges ta pizza avec des couverts?"
Le vert avait réagit à l'appellation, sans non plus se montrer grandement touché par cette déclaration, ou par le rire mi-amusé, mi-moqueur de Takao.
"Je ne veux pas me salir les mains, voilà tout."
"Mais- Shin-chan, une pizza ça ne se mange pas avec- ahhaha, j'y crois pas! Tu es vraiment drôle, Shin-chan!" Oui, cette phrase que Takao adorait utiliser lorsque Midorima faisait quelque chose d'on ne peut plus sérieux.
"Occupe toi de ta nourriture et laisse mes couverts tranquilles, Bakao." Il avait simplement répondu en continuant son affaire.
L'autre fit à sa guise, mais sans oublier de jeter quelques regards moqueurs au grand vert de temps en temps. Manger une pizza avec des couverts, quelle absurdité...
Et lorsque Midorima vit le noiraud se relever pour partir se nettoyer les mains dans la cuisine, il se dit qu'il devrait peut-être se jeter à l'eau aussi maintenant, avant qu'il ne soit trop tard, -c'est à dire, avant que Kise ne lui remette la main dessus et ne le réquisitionne encore quelques heures-. Alors Midorima se leva à sa suite et déposa son assiette et ses couverts dans le lave-vaisselle, tout en fixant l'autre garçon qui se retroussait les manches pour se savonner les doigts. "Quel enfant", il se surprit à penser en ravalant un sourire attendri. Il ne fallait pas non plus croire qu'il était complètement gaga, hein, seulement que quelques fois, Takao pouvait se montrer vraiment très mignon, littéralement à croquer, totalement adorable, absolument attrayant-, oui, bref.
"Takao, tu peux m'attendre dans le salon? J'ai quelque chose à te dire." Le garçon déclara, impassible, tandis que l'autre s'était séché les mains et se dirigeait déjà vers la porte.
Ce-dernier avait prit la peine de se retourner pour regarder son ami d'un air sceptique, avant de simplement lancer un "Bien sûr Shin-chan!" en souriant radieusement, comme à son habitude.
Lorsque Midorima avait passé le pas de la porte, une sensation encore inconnue s'était formée dans son ventre, une sorte de boule, invisible et dérangeante, qui semblait s'agrandir à chaque pas qu'il faisait vers le noiraud. En fait, elle n'était pas si inconnue que ça, il l'avait déjà expérimenté notamment avant ses examens de très grande importance, ou pendant ses premiers matchs de basket, mais mince, ça n'avait jamais été aussi fort!
À mesure qu'il se rapprochait de l'objet de ses convoitises, sa gorge se serrait et ses mains devenait moites. Ses pensées se mélangeaient; depuis quand était-ce devenu si compliqué d'approcher Takao? Celui-ci avait-il senti son stress? Peut-être savait-il déjà ce qu'il voulait lui dire? Et comment allait-il le faire, d'ailleurs? Il avait vu beaucoup de phrases types sur des sites internets, mais il ne se voyait prononcer aucune d'entre elles...
Finalement, il était arrivé -un peu lentement tout du moins- devant le point guard, qui lui se trouvait assis en tailleur sur le grand fauteuil du salon. Droit comme un I, les bras croisés sur son torse, il avait pris son courage à deux mains et, peu importe le bruit de la télévision qui flottait en fond, ou ses coéquipiers, -certains encore dans la cuisine, d'autres peut-être tout proches d'eux-, qui vaquaient à leurs propres occupations. Il avait remonté ses lunettes dans un geste calculé et, voilà, il s'était lancé.
"Takao, je t'aime et je veux que tu sortes avec moi. Le refus n'est pas une option."
Une seconde, puis deux passèrent. Bientôt dix, et, un éclat de rire.
S'il s'y attendait? Il pouvait affirmer sans hésitation que non. C'était tellement soudain, tellement peu commun... mais, ça n'en restait pas moins adorable.
"Shin-chan... tu n'as jamais fait de déclaration à personne avant, n'est-ce pas?" Takao demanda en regardant tendrement le garçon.
"Ce n'est pas la question." Il avait répondu en remontant ses lunettes, dans un tic quelque peu nerveux.
"Décidément, tu es trop drôle, Shin-chan!" Takao continua devant la mine agacée du garçon. Il lui adressa ensuite un regard amusé, peut-être un peu fourbe, aussi. "Je te pensais plus clairvoyant que ça, Midorima Shintaro."
L'interpellé le fixait étrangement, sans comprendre, tandis que l'autre se relevait avec souplesse.
Midorima fit claquer sa langue sur son palais.
"C'est une blague, Takao? Parce que je n'apprécie pas du tout."
L'autre ne répondit rien et se rapprocha de plus en plus, sous l'air interrogateur du plus grand. Il n'en avait pas l'air, comme ça, mais son cœur battait à toute allure.
"Tes lunettes ne te servent définitivement à rien." Takao dit, à présent à quelques centimètres seulement du jeune homme. "Sinon, tu te serais déjà rendu compte il y'a super longtemps que moi aussi, je t'aime beaucoup Shin-chan!"
Puis sans attendre, il se mit sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur celles délicates de son coéquipier -et peut-être bien plus à partir de maintenant-. Estomaqué, l'autre ne répondit pas directement mais une fois l'information montée au cerveau, il attrapa la taille du garçon de sa main non-bandée et le rapprocha encore plus, répondant au plaisir frivole que lui offrait le noiraud.
Il se détachèrent quelques instants plus tard, l'un toujours souriant, l'autre plus rouge qu'une écrevisse. Je vous laisse deviner lequel.
Midorima ne saurait dire si son cœur battait à un rythme effréné, ou si c'était ceux des autres, qui allaient trop lentement.
"Tu devrais refaire ça plus souvent." Il fit en détournant le regard.
"Shin-chan est gêné, c'est trop mignon!" L'autre avait gloussé en retour, posant un baiser chaste sur sa joue.
———
"Bah ça, pour une surprise, c'en est pas une du tout." Aomine avait lancé, nonchalamment depuis la cuisine du vert. "Vous êtes trop évident, ça en devient ennuyeux."
"Pour une fois, Aominecchi a raison!"
"Comment ça pour une fois, blond de mes-"
"Pas de grossièretés, Aomine-kun."
"Aïeuuuh! Tetsu, ça fait mal!"
"C'est bien fait."
"Ordure!"
———
Bon, un os Midotaka un peu cliché et sans prise de tête, j'avoue. J'essayerai de faire plus travaillé la prochaine fois, -c'est que là j'avais vraiment la flemme, voyez vous? Mais ces bébés sont tous simplement trop choux pour ne pas que j'écrive sur eux, inspiration ou pas inspiration, flemme ou pas flemme, hehe-. Donc là, on est à un près sur du 4000 mots? J'espère néanmoins que cette petite histoire vous a plu! (J'avoue avoir un peu craqué sur la fin x)).
À bientôt j'espère!
