- Cette fanfic est en trois chapitres, avec deux focalisations internes et une focalisation externe. Donc, si vous n'aimez pas les changements de points de vue, vous êtes prévenus.

- Les personnages centraux sont des romuliens, donc forcément si vous êtes fan de Picard, Seven, Soji ça va piquer un petit peu.

- De façon générale, cette histoire est du point de vue des antagonistes.

Vocabulaire romulien:
klivam : Klingon (insultant, péjoratif)
Mnhei'sahe : Concept d'honneur Romulien complexe.
Rihannsu: Romulien

Bonne lecture


- Traître !

Narek leva les yeux au ciel face à l'accusation de sa sœur. Celle-ci avait été assignée à une chambre assez large munie également d'une fenêtre qui laissait entrevoir le coucher du soleil.

- Et dire que j'avais fait tous ce chemin pour te secourir et toi tu… tu… bon dieu Narek, ça ne te suffisait pas d'avoir l'un d'eux comme jouet sexuel maintenant tu veux vivre avec eux ?

- Tu peux toujours retourner auprès de nos anciens employeurs Narissa. Je suis sûre qu'ils seront ravis de t'accueillir, répondit Narek d'un ton acide.

Narissa se leva brusquement de la chaise sur laquelle elle était assise et vint se planter face à Narek, envahissant son espace vital. Elle saisit brutalement le menton de son frère entre ses mains et rapprocha son visage du sien. Narek grimaça, il haïssait lorsque Narissa agissait ainsi. Sous prétexte qu'elle était sa sœur, elle n'avait aucune notion d'intimité ou de distanciation.

- Tu ne comprends pas ! Nos vies… c'est fini Narek. Nous ne reviendrons jamais chez nous.

- Chez nous ? Quel chez nous Narissa ? Notre planète a été réduite en poussière. Tu pensais que j'allais laisser la Fédération m'emprisonner ? Ceux qui cherchent à détruire notre culture par tous les moyens possibles et imaginables ?!

Narek pensait au mouvement de réunification lancé par le Vulcain Spock. Après la destruction de Romulus et l'inaction du gouvernement Romuliens, les citoyens de base traversaient une sévère crise d'identité. Certains tentaient de se rapprocher des Vulcains en adoptant leur atroces coutumes et en reniant leurs émotions. A cause des Vulcains, son peuple avait perdu non pas un mais deux Mondes. La première fois, lorsque ses ancêtres refusèrent de suivre l'idéologie autoritaire de Surak et n'eurent d'autres choix que de s'exiler. La deuxième fois lorsque son gouvernement avait fait l'erreur de mettre toute sa confiance en Spock pour trouver un moyen de stopper la supernova. L'échec fut absolument effroyable et coûta la vie à des milliard de personnes.

Pourquoi une telle confiance en Spock ? Ou en Nédar ? Son peuple avait aussi ses propres scientifiques et chercheurs. Il y avait sans doute une raison politique qui échappait à Narek. Spock ne faisait que causer des problèmes. Tout avait commencé lorsqu'il avait séduit ce commandant Romulien pour lui dérober un dispositif de dissimulation que les vaisseaux Romulien utilisaient. Spock était tout simplement un menteur et un voleur. Il tentait d'imposer l'idéologie de la logique aux Romuliens. La raison même pour laquelle ses ancêtres s'étaient exilés. Ce qui ne semblait pas gêner Spock. Sa condescendance et son égo étaient l'incarnation du vortex de Bajor en expansion. Il lavait le cerveau d'honnête citoyens en leur faisant croire que les émotions étaient un danger. Les créatures comme Nédar étaient la conséquence directe des actions de Spock et si Narek le pouvait, il le tuerait de ses propres mains. Sa guerre froide culturelle contre les Rihannsu était écœurante. Quand est-ce que ça cesserait ? Son gouvernement allait-il attendre que des partisans de la réunification importe le mariage des enfants, une tradition bien Vulcaine, pour enfin réagir ?

- Parce que vivre avec des robots c'est tellement mieux, railla Narissa les yeux brillants de colère.

Elle relâcha le menton de Narek en le repoussant brutalement an arrière et retourna s'asseoir sur sa chaise placée face à un bureau vide. Narek soupira.

- Ce n'est pas une situation idéale, admit-il, mais au moins on est vivant. On a une chance de sauver tante Ramdha. On peut avoir une famille.

Narissa lui jeta un regard sceptique.

- Ce n'est pas ce qu'elle souhaiterait. J'aurais dû la tuer.

- Mais tu ne l'as pas fait. Quelque part tu espérais également pouvoir former à nouveau une famille.

- Je te déteste Narek. Mais tu le sais, non ? Tu as toujours été son favoris. Peu importe à quel point j'essayais, elle n'avait d'yeux que pour toi. D'une certaine façon, tu es le favoris de tout le monde. Tu as séduit cette femme robot, tu as même réussis à convaincre son peuple de nous épargner. Alors, pourquoi penses-tu que je chercherai à former à nouveau une famille avec vous deux ?

Narek n'avait jamais ignoré la jalousie que nourrissait sa sœur envers lui. Ce sentiment de rancoeur la consumait tellement qu'elle faisait tout pour le contrarier. Narissa était désespérée d'obtenir une réaction à ses actions. Les gens pensaient souvent que leur dynamiques étaient incestueuses.

Narissa avait l'habitude d'agir de façon très ambiguë avec lui. Elle n'avait jamais cessé lorsqu'elle avait remarqué à quel point il haïssait son attitude. A l'époque, il n'avait pas compris. Mais plus il haïssait quelque chose que sa sœur faisait, plus elle allait le faire. Narissa n'avait jamais franchit la ligne rouge de l'inceste. Les relations familiales étaient plus complexes que celles des Humains. Sans clan, un Romulien pne parviendrait jamais à gravir les échelons sociaux. La rivalité entre membres d'un même clan était également le pilier des relations internes. Toute guerre psychologique était bonne à prendre.

Narek n'aimait pas sa sœur, mais elle faisait partie de son clan et elle était tout ce qu'il lui restait. En dépit de son impulsivité et de son manque de subtilité, il avait le sentiment qu'elle lui serait utile dans le futur.

- Tante Ramdha a toujours pensé que de nous deux tu étais celle qui avait le moins besoin d'attention, répondit Narek avec une certaine rancoeur.

Narissa lui jeta un regard emplit de dégoût.

- Alors, c'est quoi ton plan ?

- Je vais leur donner des renseignements sur la Fédération et en particuliers sur le bannissement des humains modifiés génétiquement. Ca leur donnera un avant-goût de ce qui pourrait les attendre.

- Je te reconnais bien là, commenta Narissa.

- Ensuite, on verra. On doit s'occuper de tante Ramdha.

Narek n'avait pas vraiment de plan mais il jeta un lourd regard à Narissa. Il savait que les synthétiques ne lui faisaient pas confiance. Il était sûre qu'ils étaient probablement espionnés et sur écoute. Il trouverait un moyen de communiquer avec Narissa le moment venu.

Le regard de sa sœur se faisait lointain. Narek savoura le silence. Tant qu'ils étaient en vie, ensemble, ils avaient la possibilité de se sortir vivants de cette situation. Il n'était pas maître du jeu mais il avait les cartes nécessaires pour accomplir ses objectifs.