Bonjour,
Je sais, je suis en retard sur le chapitre de cette histoire mais je n'ai pas eu le temps d'écrire ces derniers jours.
Même si le chapitre 1 était écrit depuis un moment, il n'attendait qu'une correction.
J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture à tous et à toutes !
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Chapitre 1
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Quinze années s'étaient écoulées depuis la prise et le début du règne d'All for One dans le royaume de Helzénia qui était devenu « les terres oubliées ». Les déserts qui avaient peuplé cet endroit s'étaient transformés en volcan où les ténèbres trônaient en maître absolu.
Le pouvoir d'All for One s'était étendu sur tout un royaume.
Le chant des guerres sifflait dans l'air, grondant tel un orage lointain sur le point d'éclater. Les royaumes se déchiraient sous la fureur et la peur. La famine guettait chaque peuple alors que des monstres apparaissaient sur tout le continent et par-delà les mers et océans. La panique était partout, le peuple cherchait continuellement un moyen de survivre dans ce monde devenu fou, l'influence d'All for One s'infiltrait dans les esprits tel un serpent vicieux.
L'Alliance des super-vilains s'était installée dans plusieurs domaines pour permettre d'étendre l'influence de leur Seigneur et de retrouver le jeune garçon que leur maître cherchait désespérément depuis quinze ans. Ils ne comprenaient pas comment un simple bébé avait pu leur échapper aussi facilement et la patience de leur souverain était mise à rude épreuve sachant que tant que l'enfant vivra, il ne pourra pas dormir tranquillement sachant qu'un jour, ils se retrouveront face à face. Il était capital pour eux que le garçon soit retrouvé. Si le peuple connaissait son existence, ils se soulèveraient contre l'oppression de leur chef. Pour le moment, aucune fuite n'avait été à déplorer, le peuple pensait le prince de Helzénia mort durant l'assaut des rebelles. L'Alliance continuait à chercher dans l'ombre le moindre indice de la cachette de la personne qu'ils recherchaient.
Dans le royaume de Fortès, la folie avait frappé les régions. Les dirigeants du pays avaient fui laissant leur peuple dans le plus grand chaos. Les pillages se multiplièrent, les grandes demeures vandalisées. Les riches habitants s'étaient vu fuir leur maison pour vivre en campagne dans des petites cabanes au fond des forêts. Des mercenaires frappaient aux maisons pour récupérer les enfants âgés pour les envoyer sur les bateaux. Des rumeurs contaient de sombres histoires quant à l'avenir de ces enfants. Beaucoup affirmaient qu'ils étaient ensuite revendus en tant qu'esclave sur les quais, dépouillé de leur identité, n'étant qu'un lot de choix.
Une jeune femme marchait dans les rues écoutant discrètement les rumeurs. Aux alentours de midi, les ragots étaient plus présents. Les villageois étaient tous de sortie pour parler autour d'un bon verre de vin ou d'une bière. Elle avançait d'un pas assuré dans l'allée principale, n'attirant pas l'attention. Ses cheveux verts attachés par un bandana rouge, elle était légèrement enrobée dans ses guenilles. Tout le monde la connaissait comme étant une jeune veuve vivant avec un fils sans Alter. Beaucoup affirmait que son enfant était la plus grande honte du village. Les bambins refusaient de l'approcher de peur de subir sa « maladie » qui l'avait privé de pouvoir à sa naissance. En marchant, elle entendit comme toujours des railleries sur elle et son fils, Izuku. La mère ne comprenait pas la haine des habitants envers son unique enfant. Ce n'était pas leur problème si son garçon ne possédait pas d'Alter, il était gentil, souriant, le cœur sur la main. La femme était fière de son petit, elle aurait aimé que son mari voie quel formidable garçon il était devenu. Une conversation l'attira plus particulièrement, des voyageurs qui annonçaient l'arrivée imminente des mercenaires. Depuis la chute du roi Gran Torino et sa fuite dans des contrées inconnues, le royaume se brisait. Elle ne comprenait pas pourquoi un souverain aussi sage avait fui le combat laissant un peuple au bord de l'agonie.
Après avoir entendu l'information, elle rentra sans précipitation dans sa demeure éloignée de la vie du village. À la suite de la destruction du manoir, la jeune femme s'était réfugiée ici avec son fils et son mari. Ce dernier mourut quelques semaines plus tard d'une maladie. L'endroit n'était pas charmant avec ses vieilles pierres et son toit de chaume mais elle ne pouvait s'offrir plus. Le pays était trop pauvre et les habitants ne souhaitaient pas s'approcher de son Izuku. Elle ouvrit la vieille porte en bois. En voyant le séjour, elle sentit son cœur se serrer. Il n'y avait que deux petites couchettes au sol pour elle et son fils avec un petit feu et une vieille marmite. Ils avaient tout perdu, les souvenirs, les objets précieux, les bijoux, les titres honorifiques durement acquis depuis des générations. Désormais, ils étaient justes deux personnes dont la société s'en fichait excepté les mercenaires qui viendraient récupérer son fils. Elle s'était préparé au départ de son fils, elle savait qu'il devait partir avant qu'on ne le trouve. La mère avait préparé un sac qu'elle avait cousu en prévision de ce jour fatidique.
La porte d'entrée s'ouvrit derrière elle sur un jeune garçon vêtu d'un haut vert avec des manches blanche et d'un pantalon en toile marron. Elle sourit tristement en voyant son petit Izuku, alors que lui arborait un sourire innocent, illuminant ses yeux verts. Il avait quelques petites taches de rousseur sous ses yeux et ses cheveux également verts étaient indomptables. Elle s'avança vers son petit qui était presque aussi grand qu'elle pour le prendre dans ses bras. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues potelées avant de s'éloigner pour regarder son enfant. Durant des années, elle avait prié les divins pour avoir un enfant et un soir de pleine lune, son vœu avait été exaucé. Elle avait été la maman d'un gentil garçon qui ne reculait pas devant l'adversité malgré les moqueries des villageois. Pour elle, ne pas avoir d'Alter n'était pas une tare ou une maladie. Il y avait forcément une raison pour laquelle on ne l'avait pas muni de pouvoir.
-Maman, que se passe-t'il ? demanda le garçon.
- Mon garçon, j'aurais aimé te garder près de moi jusqu'à ce que tu trouves la compagne idéale mais les choses sont ainsi, les mercenaires arrivent. Je préfère te savoir en sécurité plutôt que vendu en tant qu'esclave. J'ai préparé tes affaires en vue de ce jour. Peu de temps avant tes quinze ans pour être précise. Je savais qu'il ne faudrait pas longtemps avant que j'entende dans le village l'annonce de leur future présence.
- Mais je ne peux pas te laisser.
- Chéri, tu dois absolument partir, je ne sais pas dans combien de temps ils seront au village et je t'aime trop pour te laisser vivre comme un esclave qui sait ce qu'on peut te faire. J'ai mis tes affaires dans le coin avec un peu d'argent, de la nourriture et je t'ai cousu une cape avec une capuche comme ça tu pourras te faufiler sans jamais te faire remarquer.
- Mais et toi, tu n'auras pas de problème ?
- Je serai encore plus inquiète s'il t'arrivait quelque chose. Tu es ce qui m'est arrivé de plus beau dans ma vie.
Elle posa ses mains sur ses joues, retenant ses larmes comme elle pouvait. Seulement, elle ne tint plus et s'effondra dans les bras de son fils qui essayait de la réconforter. Izuku aimait sa mère plus que tout, après la mort de son père, ils avaient toujours été là l'un pour l'autre même quand les villageois commençaient à devenir cruel avec elle parce que son fils n'avait développé aucun pouvoir particulier. Il savait qu'un jour, il devrait partir de la maison. Sa place n'était pas ici et il le sentait au plus profond de ses entrailles. Le souci était qu'il ignorait où aller alors il n'avait pas bougé, préférant rester avec sa mère. Cette dernière ravala ses larmes pour regarder son enfant. Elle se retourna pour récupérer le sac de son fils.
-Il y a quinze ans maintenant… Le temps passe trop vite, j'ai l'impression qu'encore hier tu gambadais librement dans les jardins du manoir pour apprendre à marcher. Ton père s'amusait de te voir courir vers lui avant de tomber mais tu te relevais à chaque fois pour reprendre ta marche. Tu n'as jamais abandonné. J'ai un vieil ami qui pourra peut-être nous aider, il habite quelque part dans les montagnes au nord. Son nom est Aizawa. Il m'a dit que lorsque tu devras partir il fallait que tu le retrouves.
- Aizawa ? Pourquoi je n'en ai jamais entendu parler ? demanda Izuku.
- C'est un homme très discret. Il n'aime pas forcément les gens, il préfère la solitude mais je sais qu'il pourra te venir en aide. Dis-lui que tu viens de ma part et il comprendra immédiatement la situation.
Izuku restait un peu sceptique mais il savait qu'actuellement, il devait écouter sa mère. Soudain, des explosions survinrent en direction du village, les mercenaires venaient d'arriver et ils commençaient à menacer les habitants pour leurs enfants. La bonne femme prit une dernière fois son garçon dans ses bras et il récupéra le sac avant de saluer sa mère qui pleurait sur le pas de la porte. Le garçon marchait à travers la forêt qui entourait sa maison, il connaissait parfaitement les lieux vivant depuis des années dans cet endroit. Izuku n'aurait jamais cru que ce lieu qui l'avait vu grandir, allait lui manquer.
Les cris résonnèrent dans les fourrées et sans qu'il ne comprenne pourquoi, il avait l'impression d'avoir déjà subi ce genre d'événement. Il marchait prudemment dans le bois avant de grimper à un arbre se disant qu'ainsi il ne laisserait pas de trace. La terre était plus boueuse à certain endroit et n'ayant pas d'Alter, il n'avait aucun moyen de se défendre si un mercenaire cherchait à le capturer. Il grimpa facilement au sommet d'un arbre pour tenter d'évoluer la situation. La montagne au nord du village était une énorme crête dont le sommet était caché par des nuages toujours menaçant. D'après les légendes, le sommet délimitait avec le royaume d'Endeavor, les terres de feu. Si les terres oubliées donnaient des sueurs à tout le peuple, les terres de feu étaient un endroit à éviter. Le roi Enji semblait avoir perdu la tête, il avait fait enfermer sa reine après l'avoir rendu folle. Tout le monde connaissait la triste histoire de ce roi qui ne souhaitait qu'une chose montrer qu'il pouvait être aussi puissant qu'All Might, le sauveur de l'humanité.
S'approcher de la montagne revenait à s'approcher d'Endeavor. Izuku descendit doucement du sommet faisant attention à ne pas glisser. Au pied de son arbre, le garçon paniqua en voyant des chiens à deux têtes qui grognaient. Il se cacha comme il put alors que les animaux aboyaient férocement. Les mercenaires ne devaient pas être bien loin. Ils avaient envoyé leurs animaux de compagnie en éclaireur pour chercher des traces de fugueurs. Izuku sentit son cœur battre rapidement alors des bruits de pas redoublèrent preuve que les hommes se trouvaient dans la forêt. Les chiens, eux, sautaient pour essayer de l'attraper mais il était beaucoup trop haut. Le garçon se remerciait mentalement d'avoir pris l'initiative de grimper aux arbres. De plus en plus, il entendait la fureur des hommes qui couraient dans la forêt se rapprocher. Le garçon sentait qu'avec les chiens qui aboyaient, il n'avait aucune chance de s'échapper. Il ferma les yeux priant pour devenir invisible ou qu'un Alter se réveille à ce moment précis.
Les mercenaires rejoignirent leurs chiens qui continuaient à aboyer férocement sautillant pour attraper quelque chose dans l'arbre. Ils levèrent tous la tête mais ils ne virent rien du tout. Les hommes entourèrent le fameux tronc pour essayer de comprendre ce que cherchait à attraper leurs animaux mais ils ne virent rien du tout. Ils frappèrent les chiens pour les forcer à continuer la traque ailleurs.
Izuku ouvrit les yeux ne comprenant pas comment les hommes n'avaient pas pu le voir. Il remarqua que la branche sur laquelle il se trouvait, était plus grande. Il s'avança sur l'arbre et vit que les feuilles faisaient sa taille. Il regarda autour de lui se demandant depuis quand tout lui semblait grand avant de comprendre que c'était lui qui était devenu petit. Des rires attirèrent son attention et il chercha d'où il venait.
Sur une feuille se trouvait une minuscule créature très belle. Izuku s'approcha d'elle, il s'agissait d'un jeune garçon portant une tenue faite de feuille avec une paire d'aile dans le dos, une fée. Cette dernière descendit délicatement de son siège pour s'approcher de l'humain. La fée sourit en volant autour d'Izuku comme pour l'admirer de plus près. La petite créature avait des cheveux blonds avec une petite mèche noire en forme d'éclair.
- Il s'en soit fallu de peu avant qu'ils ne te trouvent. Tu as de la chance que je volais par ici, sourit-il.
- Une fée ? souffla Izuku.
- Oui, je me nomme Denki Kaminari, je suis une fée de la foudre. Et toi ?
- Izuku Midoriya. Je suis un simple humain.
- Si tu le dis. Que faisais-tu dans cet arbre ? Ce n'est pas très prudent pour un humain.
- Disons que je dois me rendre à la montagne qui se trouve au nord.
- Au Mont Ardent ? Mais c'est dangereux là-bas, on raconte qu'un terrible dragon y vit à son sommet.
- Mais il y a également un ami à ma mère qui pourrait m'aider.
Izuku commença à regarder pour trouver un moyen de descendre de l'arbre sur lequel il se trouvait. Kaminari réfléchissait sans se soucier de son compagnon qui commençait à retourner vers le tronc d'arbre. Puis une idée lui vint.
-Et si tu venais chez moi ! s'exclama-t-il.
- Comment ? demanda Izuku surpris.
- Oui, cela se trouve à quelques ailes d'ici, la nuit ne va pas tarder à tomber !
Izuku avait du mal à suivre la fée mais décida de l'écouter et de s'installer sur la feuille. Kaminari l'arracha rapidement à la tige et un léger alizée fit la fit voler. Les courants impressionnèrent Izuku qui se tient fermement à la fée qui s'amusa comme un fou à diriger la feuille à travers le vent. Les ailes de son dos encadraient son passager pour lui permettre de se tenir à ses hanches. La tige que tenait Kaminari lui permettait de conduire leur véhicule à bon port. Ce n'était pas rare que le garçon utilisait ce transport, il le faisait généralement quand il ne voulait pas voler et qu'il voulait s'amuser.
Izuku était émerveillé de voir la forêt sous un autre aspect. Il découvrait les joies de la nature. Quelques fées volaient autour d'eux preuve qu'ils s'approchaient de la destination. Certaines le regardaient étrangement, sans doute surpris de voir un humain dans leur domaine. Seulement, Kaminari ne se souciait pas du regard de ses congénères, il avait toujours agi comme il l'entendait même s'il avait eu plusieurs réprimandes de la part des fées du village. Le chef avait même tenté de lui mettre un peu de plomb dans la tête mais sans succès. Il était très compliqué de faire obéir la jeune fée. Pourtant, tout le monde voyait l'immense potentiel de Kaminari, il était l'unique fée de la foudre.
Leur histoire remontait bien avant la naissance du bébé lumineux, elles s'occupaient des changements de saison. Vivant dans l'ombre des humains, elles n'existaient qu'à travers des contes et des histoires. Mais elles furent dévoilées en même temps que l'apparition des premiers Alter. Beaucoup pensaient que les fées étaient des transformations d'humain car elles possédaient également un Alter. La naissance du bébé lumineux avait totalement changé l'écosystème du monde, les créatures qui n'existaient que dans les légendes étaient sorties de l'ombre. Les fées avaient été l'une de ces premières races.
Izuku avait évidemment lu des histoires sur les fées et voir un troupeau était encore plus magique. Elles vivaient dans des petites maisons en hauteur près de la cime des arbres ainsi elles se protégeaient des éventuelles prédateurs et les feuilles cachaient les habitations. Ces dernières étaient essentiellement composées de plante et d'écorce. Leur petit village semblait bien primitif mais pourtant Izuku savait que ce n'était pas le cas. Il eut la confirmation lorsqu'une fée utilisa le vent pour libérer un petit animal coincé. Ici, les éléments semblaient primordiaux dans leur survie, les fées les utilisaient pour conserver leur habitation.
La feuille commença à descendre et Izuku vit une jolie petite maison incrustée dans l'arbre, entourait de mousse verte. Juste devant l'habitat, le garçon put voir un petit coin détente avec un lit de feuille plié. Kaminari amena la feuille au niveau de l'espace avant de demander à son passager de descendre. Izuku l'écouta et lorsqu'il posa ses pieds sur la branche d'arbre, il remarqua que le soleil transperçait les feuilles pour chauffer le lit improvisé. Son compagnon lâcha la tige permettant à la feuille de finir sa course vers le sol avec ses consœurs.
-Bienvenu chez moi, ici c'est mon espace de bronzage, l'après-midi, le soleil est agréable. Je n'ai pas trop chaud grâce à la couverture de feuille et le vent souffle généralement plus bas évitant que j'aie froid. C'est l'endroit idéal pour profiter, mon petit coin de détente. Viens, je vais te faire visiter l'intérieur, sourit la fée enthousiaste.
Izuku commença à le suivre mais il sentit des regards dans son dos et vit des fées qui l'observaient derrière des feuilles essayant d'être discret. Le garçon entra dans la demeure de Kaminari. Ce dernier avait parfaitement bien décoré son habitat avec des sièges en mousse une petite table sculptée dans le bois de l'arbre. Des rideaux de feuilles pour la nuit. Un lit également sculpté dans le bois avec une couverture en mousse.
-Ce n'est pas le grand luxe mais je vis bien ici. Viens t'asseoir !
Kaminari proposa une chaise en bois à son invité et vola dans la cuisine pour sortir un bol en bois ainsi qu'une petite pierre ayant un creux au milieu. Il prit un peu d'eau d'une écuelle remplissant la pierre avant de la poser. En quelques mouvements, la fée sortit des éclairs de ses doigts créant un petit feu sous son récipient d'eau.
-Du thé à la mousse d'oranger te convient ? demanda la fée. Si j'avais su que j'aurais de la visite, j'aurais pris des feuilles de thé absolument divines. La mousse d'oranger aussi est délicieuse mais ces feuilles, ce sont les spécialités des fées.
- Il n'y a pas de soucis, j'ai l'impression de m'être un peu incrusté. Pourquoi les fées me regardent comme une bête curieuse ? demanda Izuku en pointant du regard les fées à l'extérieur.
- Elles n'ont jamais vu d'humain de leur vie. Disons qu'on essaie normalement de rester à l'écart des humains. Seulement, les problèmes des humains nous touchent indirectement. L'influence du Seigneur sombre se répercute sur la nature elle-même, le Mont Ardent a été le premier touché par les modifications climatiques. Les nuages au sommet représentent le début du territoire du dragon.
- Pourquoi je n'ai jamais entendu parler de ce dragon ?
- Les humains ne s'intéressent qu'à leur petite personne et puis personne n'a essayé de s'aventurer dans le Mont Ardent pour découvrir l'origine des nuages qui l'entourait. Donc tu m'as dit qu'il y avait un ami là-haut, reprit Kaminari en récupérant la pierre chaude pour servir dans les bols l'eau chaude.
- Ce n'est pas vraiment un ami, plutôt une connaissance à ma mère. Elle m'a expliqué qu'il pouvait m'aider.
- C'est étrange, ton ami doit être mort à l'heure actuelle s'il s'est fait avoir par le dragon. Et en plus, tu ne sembles pas très débrouillard, je l'ai bien vu tout à l'heure, on avait l'impression que tu allais te faire pipi dessus si je ne t'avais pas aidé.
- D'ailleurs, pourquoi m'as-tu aidé ?
- Tu semblais avoir besoin d'aide. J'ai toujours eu envie d'être un héros, de sauver les gens dans le besoin. Ici, je suis toujours tout seul, les fées me traitent comme un moins que rien, un bourdon dans un nid d'abeille. Je sais que le chef aime toutes ses fées mais il a beaucoup de mal avec moi ou mon Alter.
- Tu es une fée de la foudre, c'est ça ?
- Oui, nous sommes une espèce de fée très rare. Nous pouvons commander à la foudre, générer de puissants éclairs mais ce pouvoir fait très peur. A chaque début d'orage, les nuages deviennent sombres comme les ténèbres avant de cracher des attaques dévastatrices, tellement le ciel en pleure de douleur à chaque libération. C'est pour cela que ma maison est loin de celle de mes consœurs, ils espèrent tous que ma demeure finisse brûler par l'élément qui m'a créé.
- Mais c'est triste, pourquoi ils disent ça ?
- Ce sont les dures lois des fées, nous sommes censés protéger la nature, notre élément est là pour la détruire. Chaque fée trouve sa place dans le monde, les fées des flammes vivent dans les volcans, elles ne font de mal à personne alors que nous, tout comme les orages, nous sommes imprévisibles, personne ne peut contrôler la foudre, elle tombe où elle veut détruisant des forêts entières, des maisons, des vies. Les fées des flammes sont plus utiles car elles maîtrisent une éruption volcanique pour qu'elle rejoigne l'océan sans destruction et grâce à ça, elles créent des îles ou agrandissent un continent.
Kaminari but une gorgée de son thé.
-Nous sommes vus comme la pire des espèces des fées.
- Eh bien, ils ont tort. Tu m'as sauvé la vie tout à l'heure, si tu n'étais pas intervenu, je serais dans un bateau en direction d'un camp d'esclave et non ici à boire un thé avec une fée vraiment extraordinaire. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde te rejette pour ce que tu es. Tu es simplement toi, je connais ta souffrance car moi aussi je la vis quotidiennement. La foudre n'a pas que des mauvais côtés, elle est également la lumière brève d'une nuit trop sombre. En l'espace d'une seconde les ténèbres de la nuit s'échappent sous la puissance de l'éclair. Pour moi, ton pouvoir ne représente pas l'obscurité mais la lumière dans toute sa beauté.
Kaminari sentit des larmes commencer à monter. Personne ne lui avait jamais fait un compliment sur ses pouvoirs. Habituellement, les fées l'évitaient comme la peste. Il avait fabriqué cet endroit de détente parce qu'il s'ennuyait de ses journées, personne ne venait jamais le voir. Il pouvait bien mourir que ses consœurs s'en porteraient bien. Chacune avait un contrôle sur les éléments, tel que l'eau, le vent, la lumière et la terre, et refusait de l'approcher. Il avait sauvé un humain et ce dernier semblait l'avoir accepté et non rejeté comme les membres de sa propre race. Ils ne se connaissaient pas et pourtant il avait l'impression que ces mots étaient ceux qu'il attendait depuis des années. Finalement, les larmes coulèrent sur ses joues sous la surprise d'Izuku qui ne savait pas comment réagir face aux larmes de Kaminari. Ce dernier frotta ses yeux avant de sourire.
-Je vais t'accompagner au Mont Ardent. Il m'arrivait de voler au pied de la montagne, je connais un passage qui t'amène au cœur de la montagne.
- Tu vas m'accompagner ?
- Bien évidemment, comme je te l'ai dit, tu ne sembles pas très débrouillard et je veux devenir une fée héroïque. Ce n'est pas ici que je pourrais accomplir mon rêve et puis, je ne manquerais à personne. C'est décidé, nous partirons demain matin pour le Mont Ardent.
- Oui mais comment je fais pour reprendre ma taille ordinaire ? demanda Izuku.
- C'est simple, tu n'as qu'à attendre je n'ai soufflé qu'un peu de la poudre de fée. Tu redeviendras grand rapidement.
- De la poudre de fée ?
- Oui c'est une substance que nous créons grâce à nos ailes pour rétrécir ou agrandir les choses ou les êtres vivants. C'est pratique pour les repas, par exemple, je peux rétrécir une pomme comme la rendre gigantesque. Je t'en ai jeté lorsque tu as fermé les yeux pour que tu deviennes aussi grand que moi. Seulement, ce n'est que temporaire, cela varie selon la puissance de la fée qui l'utilise.
Izuku commença à se regarder de peur de détruire la maison de son nouvel ami. Ce dernier rit en voyant le visage apeuré de l'humain.
-Ne t'en fais pas, tu ne vas pas reprendre ta taille normale avant au moins demain vers midi. Le temps d'action de la poudre est d'au moins un cycle solaire. Tu ne vas pas grandir d'un coup dans ma maison. Je vais te préparer ton lit de mousse. Elle est extrêmement douce, c'est un régal pour la peau, elle est utile pour beaucoup de chose dans notre peuple. Elle peut même servir pour confectionner des vêtements. Il y a quelques jours, je me suis confectionné une magnifique tenue avec de la mousse noir mais elle a été vite critique en disant que le noir ce n'était pas la couleur de la nature.
Izuku sourit en écoutant son nouvel ami parler tout en préparant le lit. On sentait que discuter avec quelqu'un lui avait fait cruellement défaut durant une grande partie de sa vie. Il comprenait parfaitement l'état d'esprit de Kaminari, lui non plus n'avait pas eu de chance dans la vie. Sa mère savait qu'il avait été humilié et maltraité car il était né sans pouvoir. A l'âge de quatre ans, il voyait les enfants qui passaient devant le manoir jouant dans les champs autour du domaine dans le lot, il y avait Katsuki Bakugo, un jeune garçon qui habitait à cette époque dans une demeure opposée. Izuku se souviendrait toujours du jour où Katsuki alias Kacchan pour lui avait découvert son Alter explosif. Grâce à la sueur de ses mains composée d'une substance inflammable, il pouvait créer diverses explosions plus ou moins violente. Izuku le voyait régulier jouer avec des amis, passant devant le manoir. Une fois, il avait même suivi Katsuki et sa bande dans les bois. Izuku voyait en Kacchan, un modèle. Il espérait fortement pouvoir un jour être aussi puissant que lui lorsqu'il développerait son Alter. Seulement, rien n'arrivait. Aucun Alter n'avait vu le jour. Sa mère avait essayé de comprendre le phénomène mais même les plus grands médecins ne pouvaient les aider.
Sa mère en avait pleuré, son père essayait de garder une image fière même si pour lui c'était difficile. Il était le premier cas d'enfant naissant sans Alter. Les voisins le traitaient d'anomalie refusant que leurs enfants ne jouent avec lui. Puis, les révoltes avaient commencé. Katsuki avait également quitté sa maison sans laisser de trace. Quant à lui, les rumeurs allaient de bon train lorsqu'il s'était installé dans ce village. Tout le monde connaissait la famille Midoriya pour son enfant ne possédant pas d'Alter. Les enfants refusaient de jouer avec lui, les adultes lui jetaient des pierres comme s'il était porteur d'une malédiction. Sans sa mère pour le protéger, il aurait très bien pu finir sur le bûcher.
Alors oui, Izuku arrivait à comprendre la solitude de Kaminari qui continuait à parler avec un immense sourire. Être seul avait dû peser énormément dans l'esprit du garçon pour qu'il parle sans prendre le temps de respirer.
Seulement, il fut coupé par des coups à la porte. La fée alla ouvrir. Dehors, il y avait un vieil homme entouré de quelques fées guerrières. La personne avait une longue barbe parsemée de fleur de toutes les couleurs. Un long pagne créait par des fleurs blanches. Ses ailes grandes et majestueuses comme celle d'un papillon. Le vieil homme qui semblait être le chef du clan des fées s'avança dans la demeure de Kaminari poussant légèrement le propriétaire. Izuku se sentit tout d'un coup mal à l'aise devant cet homme puissant. Les yeux marais scrutaient de haut en bas l'humain. Ce dernier rougit devant une telle observance surtout qu'il sentait que les fées guerrières pouvaient facilement le jeter du haut de l'arbre.
-Grand chef, puis-je savoir ce que vous faites ici ? demanda Kaminari très nerveux.
- Les fées et le chef du village m'ont dit que tu avais recueilli un humain. Je voulais m'en assurer moi-même et attendre tes explications.
- Je n'ai rien fait de mal, j'ai juste voulu aider une personne en danger.
- Les fées restent loin des humains. Ces êtres qui se croient supérieur à nous parce qu'ils sont plus grands. Tu aurais dû le laisser.
Le Grand chef regarda de nouveau Izuku.
-Je dis bien « aurais ».
La personne s'approcha de l'humain sans la moindre crainte pourtant les fées guerrières restèrent toutes attentives au moindre mouvement du garçon. Kaminari se sentit à moitié honteux pourtant il ne savait pas pourquoi, il n'avait pas l'impression de s'être fait enguirlander comme d'habitude. Il connaissait les lois et il se doutait que le Grand chef n'apprécierait pas de savoir qu'il avait ramené un humain. Il s'était attendu au châtiment seulement le vieil homme ne lui en voulait pas. Certes, il lui avait un peu crié dessus mais c'était pour qu'il se rappelle qu'aucun humain ne devait venir sur leur terre.
Le Grand chef vola autour d'Izuku qui ne comprenait pas ce qui se passait avec la fée. Ce dernier sentait que ce garçon cachait quelque chose mais c'était loin d'être maléfique bien au contraire. Il l'avait senti à l'instant où le jeune garçon avait pénétré son domaine. Pourtant en le regardant, il n'avait rien d'extraordinaire hormis une aura de bienveillance, une présence qui prouvait que le garçon ne leur voulait aucun mal. Le Grand chef essaya de comprendre d'où venait cette sensation aussi plaisante qui n'était faite que d'énergie positive. Il ne l'avait ressenti qu'une fois et c'était il y avait plus de vingt ans avec le célèbre disparu All Might. Ils avaient la même lumière. Son instinct ne le trompait pas mais il ne comprenait pas comment cela se faisait-il qu'il ne ressente pas la même puissance. Le jeune homme avait tout de All Might sauf sa puissance.
Izuku regardait le Grand chef qui continuait à l'observer comme s'il était une très grande curiosité. La tension avait pratiquement disparu car les fées guerrières n'étaient pas tellement sur leur garde en voyant que l'humain ne tentait rien contre leur Grand chef. Kaminari ne comprenait pas l'insistance de la vieille fée sur son invité. Finalement, le Grand chef déposa ses pieds sur le sol passant sa main dans sa barbe.
- Jeune homme d'où viens-tu ? demanda finalement le vieil homme.
- D'une petite maison assez isolée du village.
- Ton nom ?
- Izuku Midoriya.
L'homme sembla partir en grande réflexion, marchant dans la pièce principale. Il regarda de nouveau le garçon avant de reporter son attention sur le propriétaire de la petite maison avant de hocher la tête.
- Je suis fier de toi ma fée, dit le Grand chef. Je ne sais pas ce que tu as aidé mais je sens que tu as bien agi.
Les fées guerrières écarquillèrent les yeux en entendant les mots de leur leader. C'était la première fois qu'il entendait le Grand chef féliciter une fée de la foudre. Ils se regardèrent essayant de comprendre ce qui avait pu amener le Grand chef à exprimer ses remerciements. Ils fixèrent l'humain se demandant ce qu'il avait d'extraordinaire pour empêcher leur leader de jeter cet intrus en dehors de leur patrie. Kaminari n'arrivait lui-même pas à croire que pour la première fois, le Grand chef était fier de lui. Jamais ceci ne lui avait été arrivé. Il faisait honneur à toutes les fées de la foudre qui avaient osé être rabaissé dans le passé. Izuku ne comprenait pas totalement ce qui venait de se passer mais en voyant les yeux larmoyant de Kaminari, il savait que le Grand chef avait félicité son ami.
Soudain, Izuku sentit une drôle d'onde en direction du Mont Ardent. Quelque chose d'étrange se profilait au nord. Il n'arrivait pas à la décrire tellement c'était étrange et vague. Le ciel s'obscurcit, d'épais nuages noirs s'approchaient dangereusement de la forêt. L'air était chargé en électricité, tellement que les doigts de Kaminari crépitèrent. Les fées paniquèrent ainsi que le Grand chef qui ordonna à tout le monde de se mettre à l'abri. Les fées guerrières rentrèrent rapidement dans la demeure de Denki se tassant au centre de la pièce alors que le Grand chef surveillait les nuages qui engloutissaient la vallée.
-Ils viennent du Mont Ardent. Ils sont chargés d'énergie négative.
- Le Mont Ardent ? s'étonna Izuku.
- Ces terres jadis propices nourrissent un mal inconnu et déversent des torrents de malheur. Les humains ne voient pas la même que nous les fées. Notre connexion avec la nature nous permet de sentir lorsque l'influence du Seigneur sombre agit.
- Le dragon s'est-il de nouveau réveillé ? paniqua une fée guerrière.
Izuku remarqua qu'ils avaient tous la même tenue. Un grand pagne blanc et une coiffe de fleur sur la tête.
Le Grand chef regardait les nuages sombres dans le ciel avant de baisser la tête.
-Le dragon n'est pas notre unique menace. Il y a des sorts très sombres au cœur de la montagne. Des ruisseaux de malfaisance, des flots de méchanceté. Ce serait de la folie de rejoindre cet endroit.
- Mais nous sommes liés au Mont Ardent, nos maisons et nos familles se trouvent à sa racine. Le mal qui touche la montagne finira par pourrir les plantes qui nous entourent, répliqua une autre fée guerrière.
- Nous ne pouvons pas affronter les forces obscures de la montagne, c'est bien trop dangereux. Si c'est la volonté de mère nature, nous trouverons un nouveau foyer, tenta le Grand chef.
- Cela ne servira à rien, souffla Izuku surprenant tout le monde. Vous fuyez alors que ce n'est pas la solution. Vous dites qu'il y a quelques choses à l'intérieur de la montagne qui est néfaste et que vous n'êtes pas assez fort. Je peux vous aider je suis certes un humain mais je suis plus grand et je peux savoir de quoi il en retourne de plus… Je dois me rendre au Mont Ardent.
- Mais c'est de la folie.
- Kaminari m'a aidé lorsque j'étais en difficulté, désormais c'est votre peuple qui l'est. Je veux me racheter et découvrir la source de cet immense nuage sombre.
- Grand chef, intervint Kaminari. Je vais l'accompagner, je connais le Mont Ardent et puis j'avais promis à Izuku que je l'aiderais à trouver un « ami » qui vit dans la montagne.
Le Grand chef soupira comprenant qu'il ne pourra pas leur faire changer d'avis et puis si les esprits de la nature avaient mis le jeune humain sur leur route, c'était pour une bonne raison. Il regarda Izuku et il eut l'impression de voir une belle aura verte l'entourer. La fée reconnaîtrait cette énergie n'importe où, elle ressemblait énormément à celle d'All Might. L'espoir renaissait-il enfin après quinze ans ?
Voilà la fin du chapitre.
J'espère que vous avez apprécié.
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Merci.
A la prochaine !
