Chapitre 13 : Prendre son envol

Le premier cours de vol, sans doute le plus attendu des premières années, était commun à toutes les maisons. Ainsi, gryffondors, serpentards, poufsouffles et serdaigles se retrouvèrent dans le parc du château, sous la supervision de Mrs Bibine. Après une courte présentation, le professeur leur ordonna de se placer devant les balais disposés en ligne devant eux.

- Tendez la main au-dessus du balai et dites d'une voix forte « Debout ».

Harry s'exécuta. Son balai décolla immédiatement du sol et vint de lui-même se loger dans sa main sous le regard admiratif des autres élèves.

- Très beau, Mr Hitsugaya, le complimenta Mrs Bibine.

Harry attendit avec impatience que tous les autres aient réussi à récupérer leur balai. Il avait toujours rêvé de pouvoir flotter dans les airs, comme son père et les autres shinigamis pouvaient le faire, mais il n'avait pas encore assez de maîtrise de sa pression spirituelle pour y arriver. Utiliser un balai pourrait sans doute lui permettre de ressentir cette liberté que tous lui avaient décrite.

- Bien, maintenant, enfourchez votre balai, ordonna l'adulte.

Elle leur montra rapidement comment faire puis passa parmi eux pour corriger leur position.

- Puis, vous poussez fort contre le sol et décollez de quelques mètres. Une fois en vol, vous restez quelques secondes immobile avant de redescendre doucement vers le sol.

- Je ne pourrais jamais, murmura Hermione, à droite d'Harry.

- Tout va bien se passer, le rassura-t-il. Il ne peut rien t'arriver.

- On est là avec toi, ajouta Susan, à sa gauche.

Malheureusement pour la jeune fille, Neville choisit ce moment-ci pour s'élever dans les airs. Visiblement peu à l'aise et même carrément terrifié, il s'éleva rapidement à une dizaine de mètres d'altitude.

- Redescends mon garçon ! ordonna Mrs Bibine d'une voix forte.

- Je… je ne sais pas… comment on fait ! s'exclama le gryffondor.

Il eut un haut-le-corps et glissa du balai. Sous les yeux écarquillés des spectateurs, il chuta lourdement au sol.

Tous se précipitèrent autour de lui.

- Le poignet est cassé, déclara Mrs Bibine en examinant le bras que le jeune garçon gardait serré contre sa poitrine. Venez. Cette fracture ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir.

Elle aida le gryffondor à se redresser.

- Personne ne bouge pendant que j'emmène ce garçon à l'infirmerie. Et vous, laissez les balais par terre, sinon je vous garantis que vous ne resterez pas longtemps à Poudlard.

Et ils s'éloignèrent, le plus jeune clopinant avec douleur.

- Vous avez vu ce mollasson ? rit Malfoy, rapidement imité par ses camarades de Serpentard. Qu'un incapable comme lui soit un sang-pur me dépasse.

Harry fronça les sourcils.

- La prochaine fois, il faudra qu'il tombe sur la tête, pour qu'on soit enfin débarrassé de ce cracmol.

Harry ne savait pas ce qu'était un cracmol, mais quelque chose lui disait que c'était tout sauf quelque chose d'agréable.

- Malfoy ! gronda-t-il. Je t'avais prévenu que je ne tolérerais plus ton comportement.

Le blond esquissa un sourire méchant et enfourcha son balai pour s'élever dans les airs.

- Suis-moi si tu l'oses.

Harry allait décoller quand Hermione attrapa son bras.

- Harry ! Ne fais pas ça ! Tu as entendu Mrs Bibine !

- Lâche-moi, ordonna-t-il en se défaisant de sa prise d'un coup sec. Il savait ce qui l'attendait.

Et il s'envola. Mais il était trop en colère pour savourer cet instant. Foudroyant Malfoy du regard, il s'arrêta à sa hauteur.

- Redescends avant que je te fasse tomber de ton balai, menaça-t-il.

- Essaie pour voir.

Harry poussa sur son balai. Celui-ci répondit immédiatement et fila à toute vitesse vers le serpentard. Sans perdre un instant, celui-ci s'enfuit. Alors, sous les yeux écarquillés des premières années restés à terre, une course poursuite s'engagea. Malfoy était doué pour le vol, mais Harry était meilleur encore. Grâce aux réflexes acquis durant ses heures d'entraînement au combat, il parvenait sans mal à le suivre. Droite, gauche, ses virages se faisaient plus serrés, plus rapides de secondes en secondes. Il n'hésitait pas à suivre le blond, enchaînant les piquets et les vrilles. Il savait que la moindre erreur le tuerait probablement, mais, à cet instant précis, il s'en fichait. Il devait attraper Malfoy.

Il se pencha un peu plus pour gagner en aérodynamisme, heureux de sentir son balai répondre. Deux mètres, un mètre. Il tendit la main pour attraper la robe de Malfoy. Mais une puissante vague d'énergie spirituelle sombre l'ébranla et ses doigts laissèrent échapper le tissu. Il freina et tourna avec stupeur son regard vers le ciel. Un hollow pourvu d'immenses ailes fondait dans leur direction, toutes dents dehors.

Harry détourna son attention du hollow pour se focaliser sur ses camarades, qui n'avaient rien remarqué. Il devait les faire rentrer à l'intérieur le plus vite possible afin d'éviter que l'un d'eux ne soit blessé ! Repartant à toute vitesse, il fonça droit vers le hollow et se mit à tourner autour de lui telle une guêpe en quête de nourriture, pour attirer son attention. Cela fonctionna à merveille et il dût échapper à un premier coup de griffes. Heureusement, le balai réagissait parfaitement, même s'il était un peu lent à son goût. Il aurait voulu attaquer, mais il ne pouvait pas prendre le risque de révéler sa nature à ses camarades, dont le regard était fixé sur lui. Même Malfoy s'était arrêté un peu plus loin et le regardait avec un certain étonnement

- Qu'est-ce que tu fabriques, Potter ? Tu as perdu la tête ? lança-t-il avec dédain.

Harry ne prit pas la peine de répondre. Le stress et la peur grandissaient en lui et, conjointement, sa pression spirituelle et sa magie enflaient. Déjà, il les sentait alourdir l'air et exciter un peu plus la sombre entité.

- Pourvu qu'il arrive vite ! implora-t-il en cherchant la pression spirituelle de Rusard dans le château.

Il la sentait grossir de plus en plus. Il arrivait.

Ce court instant de distraction lui coûta cher. Il fut atteint d'un coup de griffes plus rapide que les autres et fut éjecté de son balai. Sa puissance explosa au même instant, frappant la main du hollow qui se mit à flamber d'un feu rouge comme le sang. La bête rugit et recula de douleur, tout comme les élèves restés au sol se mirent à hurler.

Mais Harry n'eut pas le loisir de s'appesantir sur les réactions ni des uns ni des autres. Il chutait à toute vitesse et, avec sa hauteur et son corps, il ne survivrait pas à sa chute. Que pouvait-il faire ? Si seulement sa vie n'avait pas été en danger, il aurait pu savourer cette adrénaline qui courrait dans ses veines. Non. Il n'y avait rien a faire. Son balai était trop loin.

- Tôshirô, je suis désolé… murmura-t-il en fermant les yeux.

Il sentit alors quelqu'un l'attraper fermement. Rusard, vêtu de son uniforme de shinigami, venait de le rattraper en plein vol.

- Toi, je sens que tu n'as pas fini de m'attirer des ennuis.

Il le déposa rapidement à terre et bondit de nouveau dans les airs pour aller s'occuper du hollow.

Harry aurait voulu s'assurer que l'homme s'en sortait, mais il n'en eut pas l'occasion. Il se retrouva immédiatement entouré de ses camarades, dont une Hermione au bord des larmes et une Susan pâle comme un linge. Tous les parlaient en même temps, demandant comment il allait ou exigeant de savoir ce qui s'était passé, mais il ne pouvait pas leur répondre.

- Laissez-le respirer, ordonna finalement Susan en repoussant ses camarades.

Harry haussa un sourcil devant son ton autoritaire, loin de son attitude un peu effacée habituelle, mais lui sourit. Il accepta la main d'Hermione et d'Ernie pour l'aider à se remettre debout et prit un instant pour s'assurer qu'il était bien vivant. Ce mouvement lui arracha un grognement de douleur. Le flanc droit de sa tenue avait été déchiré par les ongles du hollow et il sentait le sang couler le long de sa peau et imbiber le tissu. Grâce aux nombreux plis et replis des robes sorcières, personne ne s'en aperçut.

Un nouveau rugissement retentit et Harry sentit la pression spirituelle du hollow s'évanouir. Il s'autorisa un soupir de soulagement.

- Que s'est-il passé là-haut ? demanda Justin. Tu as décidé de tester la chute libre ?

Harry retint un commentaire désobligeant. À la place, il observa Rusard redescendre sur la terre ferme et lui adressa un regard de remerciement. L'homme le considéra avec mauvaise humeur avant d'agiter le doigt dans sa direction, lui ordonnant silencieusement de venir le voir dans les plus brefs délais, et de tourner les talons.

- Tout va bien ? demanda Hermione, qui n'avait pas lâché sa main.

- Je n'ai rien, mentit-il. Ce n'était qu'une sacrée frayeur.

Il devait s'éloigner et examiner ses blessures, puis aller voir Rusard. Car il ne pouvait décemment pas aller voir Mme Pomfresh pour le soigner.

- Mr Malfoy ! tonna la voix de Mme Bibine. Que faites-vous dans les airs ?!

Tous sursautèrent. Personne ne l'avait entendu ou vu arriver. Le serpentard se posa adroitement.

- Je vous avais pourtant ordonné explicitement de rester à terre ! Cinquante points de moins pour Serpentard !

- Mais ce n'est pas juste, protesta le garçon, outré. Potter est aussi coupable que moi ! Il était autant sur son balai que moi.

Le professeur tourna vers Harry son regard sévère.

- Est-ce la vérité ?

- Oui, professeur, répondit-il en croisant son regard doré.

- Au moins vous le reconnaissez. Cinquante points en moins pour Poufsouffle. Suivez-moi tous les deux, nous allons avoir une discussion avec vos directeur et directrice de maison. Le cours est terminé !

Harry crut qu'il allait défaillir. Il n'avait pas le temps de se faire réprimander : il se vidait littéralement de son sang.

- Professeur, pardonnez-moi, mais Harry vient de faire une chute vertigineuse, intervint Susan. Peut-être serait-il plus prudent qu'il passe d'abord par l'infirmerie.

Mrs Bibine considéra un instant la jeune fille et avant de hocher la tête. Si elle ne s'expliquait pas comment il avait fait pour chuter et à présent tenir sur ses deux pieds, elle convenait que la pâleur de son élève était inquiétante. C'était tout à fait possible qu'il soit en état de choc.

- Bien. Conduisez Mr Hitsugaya à l'infirmerie. Je parlerai au professeur Chourave et celle-ci vous convoquera.

- D'accord, professeur, répondirent Susan et Hermione en venant encadrer leur ami.

Et l'adulte s'éloigna avec le blond, vert de rage.

- Allons-y, déclara Harry quelques instants plus tard.

Susan et Hermione approuvèrent.

- Qu'est ce qu'il s'est passé ? demanda Hermione alors qu'ils s'éloignaient.

Il n'avait ni l'envie ni la force d'affronter les questions de ses camarades de classe, mais il savait que ce serait inévitable.

- On aurait dit que tu devais fou.

- Le balai… je ne sais pas. Il ne m'écoutait plus, mentit Harry. Il m'a éjecté.

- Tout se passait bien pourtant, réfléchit Susan.

- Malfoy ou un autre serpentard aurait pu lui lancer un sortilège pour le faire tomber, proposa Hermione.

Harry bénit pour la première fois les préjugés entre les maisons.

- Et ta chute ? reprit Susan, faisant grimper de nouveau le stress en lui.

- Pour être honnête, je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé, éluda Harry. J'ai bien cru que mon heure était arrivée. Pour une fois, ma magie a dû m'être utile et a ralenti ma chute.

- C'est possible ça ? demanda Hermione, méfiante.

- La magie instinctive répond aux émotions des enfants-sorciers, marmonna Susan, plongée dans ses pensées. C'est possible.

- Je crois que nous ne saurons jamais…

Un vertige saisit le jeune garçon, le faisant tituber. Aussitôt, ses amies le rattrapèrent. Dans leur précipitation, Hermione appuya sans le vouloir sur son flanc blessé, lui tirant une exclamation de douleur.

- Mais tu saignes ! s'épouvanta Hermine en observant ses mains tachées de sang.

- Il faut absolument prévenir Mrs Pomfresh !

- Non ! protesta Harry en saisissant le poignet de Susan qui s'apprêtait à partir en courant. Rusard.

- Mais Harry ! Tu dois… !

- Je dois voir Rusard. Il me soignera.

L'hémorragie le vidait peu à peu de ses forces. Il devait faire vite. Déjà son champ de vision s'obscurcissait.

- S'il vous plaît. Rusard.

- On t'y emmène.

Le soutenant de leur mieux, elles le guidèrent prestement jusqu'à la loge du concierge. La porte s'ouvrit avant qu'elles n'aient eu le temps de frapper.

- Je le savais ! Faites voir sa blessure, ordonna Rusard en leur faisant signe de l'allonger sur le sofa.

Il écarta les pans de la robe pour révéler trois larges entailles. Les deux filles laissèrent échapper une exclamation d'horreur.

- Granger : dans la commode, en haut à droite, il y a des bandages, déclara Rusard. Bones : de l'eau chaude. Dépêchez-vous.

Les deux filles lui apportèrent prestement ce qu'il avait demandé, agissant plus que réfléchissant à ce qu'il se passait devant elles. Il utilisa l'eau pour nettoyer la blessure avant d'apposer ses mains sur les blessures.

- T'as de la chance, Hitsugaya. Je connais les bases du kidô de soin.

Une lueur verte apparut. Harry, à peine conscient, sentit l'énergie le traverser et commencer à s'affairer pour refermer les lacérations.

- Ne dites rien à Tôshirô, murmura-t-il. S'il vous plaît.

- Je ne peux pas faire ça, gamin. Ton père doit savoir.

- Ça ne fera que l'inquiéter. Il fallait que j'intervienne… jusqu'à ce que vous arriviez. Pour les protéger.

Rusard pinça les lèvres.

- Cette fois et cette fois-ci seulement, j'accepte de te couvrir.

- Merci.

Il n'ajouta rien d'autre. Il n'en avait plus la force. Il tourna la tête sur le côté et avisa Hermione et Susan, qui le fixaient avec inquiétude.

- Est-ce que ça va aller ? demanda Susan. Tu as mal ?

- Ça passera, lui répondit gentiment le sorcier.

Rusard retira ses paumes.

- Aidez-moi à le maintenir assis. Je vais le bander. Tu ne devras pas faire d'efforts pendant les prochains jours, Hitsugaya, ou ça risquerait de se rouvrir.

- D'accord.

Le propriétaire des lieux s'éloigna avant de revenir avec deux fioles, l'une contenant un liquide rouge, l'autre un bleu.

- Bois ça. Ça régénérera ton sang plus vite et accélérera sa guérison.

Harry obéit sans poser de questions, malgré leur goût amer.

- Maintenant, repose-toi.

- Mm.

La fatigue l'envahissait petit à petit. Il sentit vaguement Miss Teigne venir se blottir contre lui avant de sombrer dans un sommeil artificiel.


Lorsqu'Harry revint à lui, il se sentait déjà beaucoup mieux. Son torse était encore douloureux, mais rien qu'il ne pouvait gérer. C'était étonnant de voir comment son corps vivant ne répondait pas de la même façon que son corps spirituel. Il était bien plus faible et moins résistant. Il allait devoir être prudent.

Il avala le plat qui trônait sur la table, laissé à son attention par Rusard, avant de se diriger vers sa salle commune. Il devait changer de vêtements avant d'aller retrouver les autres en cours de botanique.

Dès qu'elles l'aperçurent, Hermione et Susan quittèrent la masse des élèves et coururent dans sa direction.

- Harry ! s'écria Hermione en lui sautant dans les bras. Où étais-tu ?

Harry la reçut avec un brin de surprise. C'était son premier câlin depuis bien longtemps.

- On était mortes d'inquiétude ! ajouta Susan alors qu'Hermione se détachait de lui pour lui laisser la place.

Elle l'enlaça à son tour, mais Harry ne profita pas de cette nouvelle étreinte. Cela ne le dérangeait nullement, même s'il savait que ça risquait d'attirer sur eux des commérages peu flatteurs, mais ses amies savaient parfaitement où il se trouvait puisque c'étaient elles qui l'y avaient amené. Puis, une pensée surgit : Rusard avait dû leur effacer la mémoire. Ils n'auraient pas pu justifier de ses blessures sans parler des hollows.

- Je suis allé faire un tour, mentit-il en relâchant Susan. Je n'avais pas très faim.

- Tu dois être encore sous le choc de ta chute, sourit cette dernière en lui frottant gentiment le bras.

- Oui, tu as raison.

Il tenta de leur sourire, mais le cœur n'y était pas. Il savait qu'il serait vite confronté aux secrets de sa vie spirituelle, mais il n'avait pas pensé que cela se passerait ainsi. Il n'aimait pas les effacements de mémoire. Privé quelqu'un de ses souvenirs était à ses yeux comme le priver d'une partie de lui-même, aussi ténue soit-elle.

- Le professeur Chourave est là. Nous devrions y aller, annonça-t-il pour tenter de détourner l'attention.

- Mr Hitsugaya, vous resterez à la fin du cours, ordonna l'adulte lorsqu'il passa devant elle.

- Oui, professeur.

Il prit place et se tourna vers ses amies qui l'observaient, un peu inquiètes. D'un sourire, véritable cette fois-ci, il les rassura. C'était réconfortant de savoir qu'il y avait des personnes qui se souciaient vraiment de lui dans le monde des vivants. Il était heureux de les avoir rencontrées.

Deux heures plus tard, une fois tous les élèves sortis, le professeur Chourave s'approcha de lui.

- J'ai été informé de ce qu'il s'est passé ce matin. Je ne tolère pas que l'un de mes élèves se mette en danger d'une façon aussi délibérée et aussi stupide. J'ai décidé de vous retirer vingt points supplémentaires à Poufsouffle pour votre comportement.

Il ne protesta pas, se sachant parfaitement en faute. Il croisa les mains derrière son dos, une posture qu'il adoptait généralement quand son tuteur lui reprochait quelque chose dont il avait parfaitement conscience. De plus, les points ne signifiaient pas grand-chose pour lui.

-Vous auriez pu gravement vous blesser, mais je suppose que votre chute vous l'a fait réaliser.

- Oui, professeur, répondit Harry. Je suis désolé.

La femme le fixa un moment, comme pour s'assurer de la véracité de ses paroles, avant de soupirer.

- Beaucoup de premières années ne sont pas aussi adroits que vous sûr un balai. Vous devez faire attention à ne pas leur donner de mauvais exemple par excès de confiance.

- C'est la première fois que je montais un balai, répondit Harry, confus.

- Vraiment ? Il semblerait pourtant que ayez un niveau…

Elle s'interrompit en souriant et secoua la tête.

- Je ne devrais pas m'en étonner. James Potter était également un remarquable joueur de Quidditch. Il jouait en tant que poursuiveur pour l'équipe de Gryffondor. L'un de leurs atouts les plus remarquables.

- Je l'ignorais.

- Aimez-vous le Quidditch ?

- Je connais vaguement les règles. Ça ne m'intéresse pas particulièrement.

Beaucoup d'élèves adoraient ce jeu, apparemment l'un des plus populaires dans le monde magique. Peut-être était-ce cet engouement qui ne lui donnait pas envie de s'y intéresser davantage.

- Si jamais vous changiez d'avis, je gage que l'équipe de Poufsouffle vous accueillerait à bras ouverts.

Harry hocha la tête.

- Professeur ? demanda-t-il alors qu'il allait s'en aller. Je crois que le directeur a dit que les premières années ne pouvaient pas posséder de balai. Si je m'en achète un, pourriez-vous me le garder jusqu'aux vacances de Noël ?