Note de l'auteur :
Voici le dernier chapitre de la première année et la première pause dans la publication des chapitres A ce jour, la seconde année n'est pas prête d'être terminée et j'avoue avoir délaissé un peu cette fanfiction. Cependant, la suite viendra, c'est certain, car cette histoire est un projet de longue date et les autres années sont bien avancées.
Bonne lecture et à bientôt !
Chapitre 30 : L'Après
Suite à l'incident avec Voldemort, les choses reprirent doucement leurs cours. Dans un premier temps, les trois amis, et surtout Harry, étaient alpagués de toute part afin de raconter leur version des événements. Il fallait dire que le petit groupe avait été récompensé publiquement par l'attribution de cinquante points chacun pour leurs actions. Trente points supplémentaires avaient été accordés à Poufsouffle, mais personne ne savait qui les avaient gagnés ni quel professeur les avait donnés. Harry soupçonnait Rogue, mais il n'en avait rien à dit personne.
Après une colère et plusieurs accidents de magie involontaires, Dumbledore décida d'intervenir et demanda aux élèves de les laisser respirer. Il fallait dire que le petit groupe appréciait peu leur nouvelle notoriété. En dehors des cours, il était à présent rare de les voir traîner dans les couloirs ou dans le parc et, à chaque fois, ils restaient seuls. Bien sûr, certains élèves étaient là pour les soutenir, comme Neville ou encore Cédric, mais ils préféraient rester entre eux. Mais là encore, les longs silences s'éternisaient parfois. Plongés dans leurs pensées, aucun n'y prêtait une réelle attention.
Susan notamment semblait avoir perdu son sourire habituel. Elle agissait comme a son habitude, mais il y avait quelque chose dans ses gestes qui laissaient transparaître une frustration intérieure ou peut-être de la colère. Elle ne parlait plus beaucoup et semblait parfois fuir leur regard.
Un soir, alors que les poufsouffles terminaient l'un de leurs jeux d'équipe, Harry décida d'essayer de lui parler. Il la rattrapa avant qu'elle ne grimpe dans son dortoir en compagnie de Megan et d'Hannah.
- Susan ? Tu m'accorderais une minute ?
- Oui, bien sûr.
Ils s'installèrent dans un coin de la salle commune, un peu à l'écart des autres qui allaient se coucher les uns après les autres.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive en ce moment ?
- Rien, répondit la jeune fille avec mauvaise humeur. Je vais parfaitement bien.
- C'est faux, répondit-il avec sérieux. Dis-moi ce qui ne va pas.
- Tout va très bien. Tu n'as pas besoin de t'occuper de moi.
Harry haussa un sourcil. S'occuper d'elle ? C'était absurde. Il allait répliquer quand il comprit : la jeune fille devait être préoccupée par ses réactions lorsqu'ils passaient une à une les épreuves les conduisant à la pierre philosophale. Déjà à ce moment-là, il avait senti qu'elle n'était pas dans son état normal.
- Sus', si je « m'occupe de toi » c'est parce que je tiens à toi et que j'ai tendance à être surprotecteur, pas parce que tu en as besoin.
La jeune fille voulut se dérober à la conversation mais il la retint par le poignet avant qu'elle ne se lève.
- Ça ne va pas à cause de notre escapade pour arrêter Quirrell, n'est-ce pas ?
Elle lui jeta un regard noir qu'il soutint sans sourciller, attendant patiemment sa réponse. Finalement, elle soupira et détourna les yeux.
- Je ne vous ai servi à rien. Je ne faisais que paniquer.
Harry se mordit la lèvre : il avait raison.
- Hermione a résolu le problème du filet du diable, de l'énigme en potions, toi tu as attrapé la clé volante, trouvé la solution au jeu d'échecs, abattu un troll, affronté Quirrell et fait fuir Voldemort.
Le sorcier grimaça à l'évocation de son meurtre, mais la prit néanmoins pour les épaules pour la forcer à le regarder.
- Je vais te dire une chose : Hermione est bien plus intelligente que nous, c'est un fait. Moi, je suis plus puissant que vous, ça aussi c'est difficilement contestable. Mais toi, tu es le cœur de notre groupe. Tu sais tout de suite quand l'un de nous ne va pas bien, tu sais quand on te ment, tu connais nos habitudes sur le bout des doigts et, surtout, tu es toujours là pour nous. Est-ce que tu sais pourquoi je suis devenu ton ami en premier lieu ? Parce que tu avais remarqué que j'étais troublé lors du banquet de rentrée et que tu t'es inquiétée pour moi. Ça m'a beaucoup touché.
Les yeux noisettes de la jeune fille se remplirent de larmes.
- Tu le penses vraiment ?
Pour toute réponse, il la prit dans ses bras et la serra contre lui.
- Dans ce cas, tu ne m'en voudras pas de te dire que tu m'inquiètes en ce moment, murmura Susan.
Harry se mordit la lèvre, sachant parfaitement de quoi elle parlait.
Depuis cette fameuse nuit, Harry faisait des cauchemars. Il se réveillait systématiquement en sursaut, le plus souvent à bout de souffle. Plusieurs fois, ses rideaux avaient pris feu, le réveillant heureusement presque immédiatement. Il avait demandé de l'aide au professeur Flitwick afin que celui-ci appose sur son lit un sortilège aquatique chargé d'empêcher toute propagation des flammes.
- Qu'y a-t-il, Mr Hitsugaya ? lui demanda l'adulte une fois qu'il eut fini. Quelle est la raison de ses cauchemars qui provoquent d'aussi violentes réactions ?
Harry ne lui avait pas répondu, mais il savait bien ce que lui tourmentait. Chaque nuit, il revoyait son affrontement avec Quirrell. Il sentait l'odeur de brûler, entendait ses hurlements de douleurs, ainsi que les cris de Voldemort. Il avait tué un homme en toute conscience de cause, à onze ans. Ce n'était pas une chose facile à reconnaître, même lorsque l'on a été élevé parmi des soldats.
Il en avait parlé à son tuteur, qui était venu spécialement dans le monde des vivants pour prendre de ses nouvelles. Malgré les mots de réconfort et pleins de bon sens qu'il lui avait prodigué, arguant notamment qu'il avait agi en état de légitime défense, il ne parvenait pas à trouver la fallait dire que Dumbledore venait souvent le voir et surveillait « avec bienveillance » son état psychologique après l'incident avec Voldemort. Cela ne l'aidait pas à se détendre et lui rappelait sans cesse ce qu'il avait fait.
- Il me faut simplement du temps, murmura-t-il.
- J'aurais voulu te le dire plus tôt mais…
Elle baissa les yeux, ne terminant pas sa phrase. Harry hocha la tête avec compréhension. Elle était aux prises avec ses propres démons. Il était difficile de penser aux autres dans ce genre de situation. Lui-même ne l'aurait peut-être pas poussée à se confier si, un peu plus tôt dans la journée, Cédric n'était pas venu prendre de leurs nouvelles, à lui, Susan et Hermione. Il n'avait pas su quoi lui répondre à propos de ses amies.
- Je vous adore, toi et Hermione, dit-il simplement avec un sourire.
- Nous aussi, Harry, nous t'adorons.
La fin d'année arriva très vite.
Ils assistèrent au dernier match de Quidditch et au sacrement de l'équipe de Serpentard en tant que champione du tournoi opposant les quatre maisons. Les verts et argents furent insupportables pendant une bonne semaine, narguant les autres élèves, mais cela finit par se tasser.
Puis, les cours se terminèrent et débuta la longue période de révision. Hermione, Susan et Harry passèrent énormément de temps à la bibliothèque et dans leur salle de classe transformée en salle d'entraînement. Ils passèrent chaque matière en revue, reprirent chaque devoir, afin d'être sûrs de ne faire aucune impasse.
Les examens en eux-mêmes se passèrent très bien, tant pour la partie théorique que pour la pratique. Bien sûr, Hermione, complètement stressée, avait besoin d'être rassurée entre chaque épreuve, mais Harry et Susan se chargèrent avec patience de cette tâche. Cela leur permettait d'oublier leur propre peur de l'échec, qui n'avait absolument aucune raison d'être.
Lorsqu'ils reçurent leurs résultats, ils constatèrent avec bonne humeur qu'ils avaient réussi chaque examen, avec des notes plus que correctes. Pour les deux poufsouffles, seules leurs notes d'histoire de la magie pêchaient un peu, tout en étant au-dessus de la moyenne. Avec un professeur comme Bins, c'était tout à fait compréhensible. Hitsugaya félicita d'ailleurs son protégé avec conviction, ce qui le gonfla de fierté. Néanmoins, Harry savait qu'Hermione avait eu de meilleures notes que lui dans quelques matières, comme la métamorphose, et il se promit de tenter de la dépasser l'année suivante. Ce n'était pas de la jalousie, plus une gentille compétition qui le motiverait. Susan, elle, se contentait très bien de ces notes.
Le matin du dernier jour, Harry sentit une certaine nostalgie s'emparer de lui au moment où il s'extirpa de son lit. Au fil des mois, il avait fini par se faire à la vie au château. Il était plus qu'heureux de retourner chez lui, mais Poudlard lui manquerait néanmoins. Il ne verrait pas ses amies de tout l'été et, un monde les séparant, ils ne pourraient pas communiquer. Au moins les retrouverait-il avec plaisir en Septembre.
Pour l'occasion, les poufsouffles passèrent tout l'après-midi dans leur salle commune, enchaînant jeux et discussions. Harry appréciait ses moments de convivialité qui n'était pas sans rappeler l'esprit qui liait tous les shinigamis d'une même division et était ravi de pouvoir rester une dernière fois avec ceux qui l'avaient si bien accueilli parmi les vivants.
Peu avant le repas du soir, le professeur Chourave vint s'adresser à eux.
- Mes chers enfants, une autre année s'achève. Elle a été un peu particulière, et non sans dangers, alors gardons tous à l'esprit que la vie peut basculer très rapidement. Restez soudés et vous pourrez surmonter chaque obstacle.
Elle sourit gentiment à Harry et Susan avant de reprendre.
- Pour tous les septièmes années qui nous quittent, bon courage pour la suite de vos études, et sachez que vous aurez toujours un soutient à Poudlard. Vous avez tous la capacité de devenir des sorcières et des sorciers émérites. Pour tous les autres, profitez bien de vos vacances pour vous reposer. En septembre, vous aurez tous mûris, grandis. Je compte sur vous pour accueillir nos futurs premières années comme vous auriez aimé être accueilli et pour leur montrer l'exemple. Du travail vous attend, mais vos efforts seront récompensés.
Il y eut un murmure d'approbation et d'enthousiasme.
- Pour les premières années qui ignorent encore nos traditions, sachez que vous pourrez veiller aussi tard que vous le souhaitez cette nuit. Amusez-vous. Je rappelle aux plus âgés que l'alcool est interdit dans l'enceinte de l'école. Si j'en attrape un avec du wisky pur feu, il le regrettera amèrement.
Cette fois, des cris de joie résonnèrent dans toute la salle commune.
Le banquet de fin d'année était plus grandiose encore que celui de rentrée. Ils mangèrent avec appétit une variété de plats plus succulents les uns que les autres. La bonne humeur était de mise à toutes les tables et cela se ressentait clairement.
Une fois que tous eurent le ventre plein, Dumbledore se leva et prit la parole, un sourire bienveillant aux lèvres.
- Une autre année se termine, déclara-t-il joyeusement. Et quelle année. Fort heureusement, vos têtes sont un peu plus remplies qu'auparavant… et vous avez tout l'été pour les vider en attendant le début de l'année prochaine. Le moment est venu de décerner la coupe des quatre maisons. Voici les points des différentes maisons : à la quatrième place, avec trois cent cinquante points, la maison Gryffondor.
Hermione, de même que la plupart des rouges et ors, grimaça. Cela faisait bien longtemps que leur maison n'avait plus gagné la coupe.
- À la troisième place, avec quatre cent vingt-six points, Serdaigle.
Il y eut quelques applaudissements.
- À la deuxième place, avec quatre cent soixante-deux points, Poufsouffle.
Les poufsouffles ne cachèrent pas leur déception, mais c'était un très bon score.
- Et à la première place, avec quatre cent soixante-douze points, Serpentard.
Une véritable explosion retentit à la table des vainqueurs qui rapportait pour la septième fois consécutive la coupe dans les cachots. Les autres maisons applaudirent du bout des doigts, uniquement par politesse. Chacune aurait préféré qu'une autre maison, même si ce n'était pas la leur, gagne la coupe et rabatte le caquet de ces petits prétentieux.
- Hey, les gryffondors ! s'exclama Fred en se redressant brusquement. Il est hors de question que ces serpents gagnent la coupe une fois de plus l'année prochaine. Donnez-vous tous à fond et écrasons-les !
Des cris d'approbation retentirent, cassant légèrement l'engouement des vainqueurs. Un serdaigle qu'Harry ne connaissait pas se leva à son tour.
- Serdaigle, faisons honneur à notre fondatrice ! Nous ne les laisserons pas gagner aussi facilement !
Encore une fois, des exclamations se rejoignirent à lui.
- Poufsouffle ne participera pas à votre concours, déclara alors une dernière voix.
Harry eut la surprise de découvrir que c'était lui qui avait prononcé cette phrase. Sous les yeux surpris de ses amis qui ne s'attendaient pas à son intervention, il se leva.
- Qu'avons-nous à prouver ? demanda Harry en observant ses condisciples.
Un silence lui répondit. Tous attendaient la suite.
- Vous me l'avez dit le jour de mon arrivée : nous ne sommes pas les plus courageux, ni les plus intelligents, ni les plus rusés. Pourtant, nous sommes deuxièmes parce que nous avons une chose que les autres n'ont pas.
- Nous sommes ensemble, murmura Susan, à ses côtés.
Il se tourna vers elle et lui sourit.
- Répète ça un peu plus fort.
- Nous sommes ensemble ! déclara Susan avec conviction, les joues rouges d'être ainsi écoutée par toute la pièce.
- Je n'ai rien entendu !
- Nous sommes ensemble ! rugirent les poufsouffles en applaudissant de toutes leurs forces.
Harry se rassit parmi ses condisciples, le cœur gonflé d'un étrange sentiment. Son regard croisa celui de sa directrice de maison qui rayonnait de fierté. Oui, c'était cela. Il était fier de sa maison. De sa division.
Le réveil du lendemain fut laborieux pour la maison Poufsouffle, qui avait fait la fête jusque tard dans la nuit. Les plus courageux avaient à peine deux heures de sommeil derrière eux. C'est pourquoi la plupart des élèves s'endormir dès qu'ils furent installés dans leur compartiment du Poudlard Express. Susan et Harry ne firent pas exception, sous le regard bienveillant d'Hermione.
Au sortir du train, Harry, Susan et Hermione découvrirent les parents des deux jeunes filles en pleine discussion. Le quatuor était plutôt étrange, les parents de Susan étant vêtus de robe de sorcière et ceux d'Hermione de vêtements typiquement moldus.
- Ma chérie ! s'exclama Mrs Granger, la première à apercevoir les enfants.
Les deux couples accueillirent leur enfant respectif avec bonheur. Harry resta spectateur de leurs retrouvailles, un peu en retrait.
- Nous nous sommes croisés à l'entrée de la gare, déclara Mr Bones lorsque sa fille leur demanda comment ils en étaient venus à discuter ensemble. Je n'avais aucune idée qu'ils étaient les parents de ton amie.
- Le hasard fait bien les choses, approuva Mr Granger. Nous avons encore beaucoup à apprendre du monde magique, ajouta-t-il à l'intention Hermione, en une invitation pour plus tard.
- Et toi , Harry ? Ça ne te dérange pas si je te tutoie, j'espère ? Personne n'est venu te chercher ? lui demanda Mrs Bones en se tournant vers lui.
Harry balaya la foule du regard. Il ne mit pas longtemps avant de repérer, droit devant lui, près d'un Renji qui scrutait la foule à sa recherche, Hitsugaya qui l'observait, un sourire discret aux lèvres. Leurs regards s'accrochèrent et le cœur du jeune sorcier se mit à battre dans sa poitrine.
- Si, il est là.
