Note: évidemment tous les personnages cités dans ce texte et l'univers en lui-même sont le fruit du brillant esprit de JKR.
Résumé détaillé: Le Seigneur des Ténèbres est revenu et Severus Snape reprend du service en tant qu'espion. Voici la version officielle. Celle qui est connue de tous. Mais ce retour va-t-il se faire aussi facilement que prévu ? Voici ce sur quoi portera cette histoire. Dans ces lignes, vous verrez Severus Snape affronter son destin, Albus Dumbledore ses angoisses et Harry Potter la complexité de la nature humaine.
Une histoire. 3 actes. Rideau
ACTE I
-Severus, dit Dumbledore en se tournant vers le maître des potions. Tu sais ce que je dois de te demander. Si tu y es prêt…
-J'y suis prêt, répondit-il en s'efforçant de ne rien laissé paraître de ses émotions.
Mais en dépit du ton affirmé du serpentard, Albus ne put s'empêcher de constater que celui-ci était plus pale que d'ordinaire et que son regard glacé brillait étrangement.
-A tout à l'heure mon garçon… fais bien attention à toi, reprit le directeur dans un murmure, poussé par l'envie de rassurer le jeune homme en face de lui, mais aussi pour calmer sa propre inquiétude.
Le directeur de serpentard, qui avait commencé à s'éloigner pour rejoindre ses cachots et se préparer, s'arrêta net. Lentement, il se tourna vers Dumbledore, dont les yeux ne brillaient pas de leur malice habituelle. Il le fixa un moment, cherchant les bons mots.
-Merci Albus…, se contenta-t-il de répondre avant de reprendre son chemin sans un regard en arrière.
Arrivé à destination, le professeur des potions referma doucement la porte de ses appartements. Il s'y adossa quelques instants et prit une profonde inspiration. Il repensa brièvement aux événements qui avaient émaillé cette funeste soirée. La troisième tâche… la marque qui l'avait brûlé comme jamais auparavant… le retour du Seigneur des Ténèbres… la vision de Potter ensanglanté et hagard tenant fermement le corps sans vie de Cédric Diggory… la découverte du stratagème de Croupton Junior… et enfin Albus qui lui demandait s'il était prêt à reprendre sa place d'espion au près de son ancien maître.
Se forçant à se mouvoir jusqu'à sa chambre, il ouvrit l'armoire qui contenait ses robes de cours et de voyage. Il saisit sa baguette et tapota trois fois son extrémité au fond du meuble. Une lourde cape et un masque brillant apparurent. Un habit dont il avait honte et qu'il n'aurait souhaité reporter pour tout l'or du monde. Bien qu'au fond de lui, il avait toujours su que ce moment viendrait. Qu'il devrait de nouveau revêtir ces vêtements honnis. Qu'il devrait de nouveau se présenter devant Lui.
Il s'habilla lentement, en feignant de ne pas remarquer le léger tremblement de ses mains. Il se faisait peu d'illusions sur l'accueil que lui réserverait le Seigneur des Ténèbres.
Une fois habillé, il s'arrêta devant son bureau. Ses pensées se tournèrent vers Albus. Il ne lui avait pas dit au revoir. Et si, comme il le soupçonnait, les choses tournaient mal, il savait que ce dernier se sentirait responsable de son sort à lui, misérable mangemort. C'était parfaitement incongru. Albus n'avait pas à culpabiliser pour quoi que ce soit. Il avait lui-même scellé son destin le jour où il s'était agenouillé face au Seigneur des Ténèbres, lui avait tendu volontairement son bras et s'était fait apposer cette ignoble marque sur son bras. Et c'est Albus Dumbledore qui lui avait donné une chance de se racheter, une chance ne pas mourir en lâche. Il était donc de question de le laisser un seul instant en proie à une culpabilité qui n'avait pas lieu d'être.
Il ouvrit délicatement le tiroir gauche de son bureau et en sortit une plume ainsi qu'un parchemin. Il se pencha et écrivit quelques lignes rapidement. Les mots glissaient aisément sur le papier. Ils étaient sincères. Une fois qu'il eut fini, il plaça le parchemin dans une enveloppe et y inscrit la mention « Pour Albus Dumbledore ».
Satisfait, il se redressa et jeta un regard circulaire autour de lui. Son regard se posa sur une boîte en bois finement sculptée, posée près de la cheminée. D'un geste il la fit venir à lui. Il l'ouvrit précautionneusement et sentit sa gorge se nouer malgré lui. Le contenu de cette boîte était sans nul doute ce qu'il possédait de plus précieux. Des photos, des lettres, des souvenirs lointains de l'enfance et de l'insouciance. Lily et lui sur une balançoire. Lily et lui jouant aux pirates. Lily, seule, à Poudlard, rayonnante après avoir réussi à jeter un sortilège. Lui, l'air renfrogné mais secrètement amusé alors que Lily tentait tant bien que mal de le coiffer. Eux, à 10 ans, se tenant la main. Révérencieusement, il se saisit d'une photo. Sa préférée. Elle avait été prise par Monsieur et Madame Evans lors d'un été. Lily et lui étaient alors âgés de 13 ans. Lors d'une sortie au parc, elle avait voulu faire la course et avait déclaré que le perdant aurait un gage. En ce beau jour d'été, elle l'avait battu. Du moins, il n'avait pas eu le cœur à gagner. En guise de gage, elle avait réclamé une photo où ils feraient tous les deux la lettre « L » avec leurs doigts. « L pour Lion », lui avait-elle glissé malicieusement. Il avait accepté. Une fois développée, Lily avait inscrit cette même phrase au dos de la photographie. Plus tard, il avait ajouté la mention « L pour Lily ».
Plus de vingt ans s'étaient écoulés depuis cette journée d'été. Pourtant, et alors même qu'il s'apprêtait à retourner vers les ténèbres, cette simple photo suffisait à lui procurer un sentiment d'apaisement et de consolation. Y jetant un dernier regard, il la plaça délicatement dans une des poches intérieures de sa robe. Il referma ensuite la boite en bois et la posa sur son bureau à côté de la lettre adressée à Albus. Il hésita quelques instants puis rédigea un autre mot qu'il posa sur la boite.
Maintenant, il pouvait y aller.
Il était déjà minuit passé. Et pourtant le directeur de Poudlard était toujours assis à son bureau. Il caressait distraitement le plumage de Fumseck en repensant aux événements de cette funeste soirée. Ses pensées étaient tournées vers Harry bien sûr. Le pauvre garçon avait miraculeusement échappé à Voldemort, pour la seconde fois. Ils avaient eu beaucoup de chance cette nuit. La mort du jeune Diggory était terrible, mais les pertes auraient pu être bien plus importantes. A cet égard, la nuit ne faisait que commencer… Severus se trouvait actuellement avec Voldemort. Et qui sait l'accueil que celui-ci lui avait réservé. Albus essayait bien de se rassurer en abordant la situation d'un point de vue strictement logique et rationnel. Certes, Tom avait des raisons de douter de la loyauté de Severus. Mais il n'avait aucune preuve formelle d'une quelconque trahison. Il serait fou de se passer d'un espion à Poudlard. Oui… Severus reviendrait. Sans doute blessé. Mais il reviendrait.
Alors qu'il était toujours plongé dans ses pensées, la lourde gargouille qui gardait l'entrée de son bureau se déplaça pour laisser monter un visiteur. Quelques instants plus tard, il vit entrer la professeure de métamorphose. Ses traits étaient tirés, ses lèvres pincées et il décelait dans son attitude une pointe d'abattement.
-Minerva, la salua-t-il avec un léger sourire.
-Albus, répondit-elle sans pour autant lui rendre son sourire. Potter est dans son dortoir. Il a souhaité quitter l'infirmerie pour retrouver Monsieur Weasley et Miss Granger. Je n'ai pas eu le cœur à l'en dissuader…
-Vous avez bien fait ma chère, vous avez bien fait, la rassura-t-il. Merlin sait que Harry a besoin d'être entouré ce soir.
-Et j'ai cru comprendre que Severus était… qu'il n'était pas à Poudlard pour le moment, ajouta-t-elle.
Albus hocha lentement la tête. Sans mot dire, il désigna un fauteuil en face de son bureau, invitant sa plus vieille et fidèle amie à y prendre place.
-C'est exact Minerva, dit-il après que la directrice de Gryffondor se soit installée. J'ai demandé à Severus s'il était prêt à retourner auprès de Voldemort pour le compte de l'Ordre.
-Et il a accepté, conclut-elle en se reprenant après avoir tressailli au nom du mage noir.
-Vous le connaissez… Notre Severus a beau clamer le contraire, il a le courage d'un Gryffondor.
-Vous n'oseriez pas le lui dire s'il était avec nous, remarqua Minerva sur un ton malicieux. Puis, reprenant son sérieux, elle fit part de ses doutes :
-Il va revenir n'est-ce pas Albus ?
Le ton se voulait assuré mais Albus connaissait bien Minerva. Et il devinait qu'à ce moment, et même si elle faisait son possible pour ne pas le montrer, elle était rongée par l'inquiétude.
-Je l'espère de tout mon cœur Minerva. Tom a tout intérêt à garder Severus à son service. Il ne peut pas se permettre d'ignorer ce qu'il se passe entre ces murs.
La directrice de Gryffondor acquiesça silencieusement. Puis, après quelques instants de silence, elle reprit :
-Devrais-je…, commença-t-elle avant de s'interrompre brusquement. Elle prit une profonde inspiration et poursuivit.
-Devrais-je prévenir Poppy ?
La main d'Albus qui caressait toujours Fumseck, s'immobilisa aussitôt. Le phénix sentit le trouble de son maître et émit un son plaintif. Ce cri eut pour effet d'arracher le directeur aux pensées funestes qui venaient de l'envahir suite aux paroles de Minerva. Il prit quelques instants pour retrouver son calme avant de répondre.
-Ce serait plus prudent en effet, dit-il d'un ton qu'il espérait égal.
Minerva ne le pressa pas davantage, bien consciente que ses réponses inhabituellement circonstanciées étaient le reflet d'une profonde inquiétude pour le directeur de Serpentard.
Ils restèrent encore quelques minutes en silence avant que la professeure de métamorphose ne se lève. Avant de prendre congé, elle se tourna une dernière fois vers le directeur.
-Vous me préviendrez si…
-Je vous préviens dès que j'ai des nouvelles de notre Severus, Minerva. Vous avez ma parole, la rassura-t-il.
-Bien, répondit-elle simplement.
Une fois que Minerva eut doucement fermé la porte du bureau directorial derrière elle, Albus soupira longuement. Il caressa de nouveau Fumseck.
-Reviens-nous mon garçon… murmura-t-il pour lui-même.
Il venait de pénétrer dans le manoir des Malefoy. De toute évidence, le Seigneur des Ténèbres n'avait pas tardé à mettre Lucius à contribution. S'avançant vers la pièce centrale, il tenta de contrôler au mieux sa respiration et de faire le vide dans son esprit. Son visage, du moins l'espérait-il, n'affichait aucune émotion. Insondable. Il parvînt enfin au salon. Et il Le vit. Son sang se glaça et il marqua un court temps d'arrêt.
-Ah mes amis… regardez qui nous fait l'insigne honneur de se joindre à nous…Enfin. Mais je t'en prie Severus, entre donc.
Les sourires féroces et les ricanements qui accueillirent les mots du Seigneur des Ténèbres n'auguraient rien de bon. Sans prêter attention à la dizaine de fidèles, il pénétra dans la pièce. Il fit quelques pas et s'agenouilla devant Lui.
-Maître, je suis votre humble serviteur, dit-il avec déférence. J'ai attendu votre retour avec impatience et espoir pendant ces longues années.
-Avec impatience Severus ?, questionna Voldemort avec un sourire narquois. Pour quelqu'un d'aussi… impatient… tu as pris ton temps pour venir te prosterner devant moi ce soir.
-J'ai dû faire en sorte de ne pas éveiller les soupçons de Dumbledore, Maître. Il se méfie de moi. A raison.
-Et pourtant, cela fait quinze ans qu'il te garde à son service… quinze ans que tu es bien au chaud, en sécurité à Poudlard. Et à ses côtés, fit remarquer le Seigneur des Ténèbres en accentuant volontairement sur le mot « ses ».
-Quinze années interminables Maître. Auprès d'un vieux fou aux idéaux déplorables, précisa-t-il d'un ton toujours aussi respectueux que possible. Je n'ai pas douté un seul instant de votre retour. Et j'ai pensé que conserver ma position à Poudlard était essentiel compte tenu des informations que cela me permet de glaner.
-Il ne t'est pas venu à l'idée d'essayer de me retrouver pendant ces interminables années mon petit mangemort ?
-Je vous présente mes excuses les plus sincères Maître, répondit-il faussement contrit. Ma position à Poudlard rendait cette tâche impossible. J'étais, et suis toujours, sous étroite surveillance.
-Ah Severus…tu n'as pas changé. Toujours aussi rationnel. Toujours aussi apte à manier les mots? Toujours aussi… zélé, dit Voldemort avant de faire un signe de tête en direction d'un mangemort masqué qui se trouvait à sa droite.
Celui-ci, quitta alors la pièce sans dire un mot. Severus prit note de cet échange silencieux mais maintint son regard sur le Seigneur des Ténèbres.
-Que de zèle en effet, fit Voldemort en reportant son attention sur l'homme à genoux en face de lui. Voyez-vous mes chers amis, en dépit des apparences, notre Severus a été des plus actifs ces dernières années. Il a tout fait pour empêcher ce crétin de Quirrell de s'emparer de la pierre philosophale, me privant ainsi de me l'approprier. Il a ensuite aidé à sauver ces répugnants sangs impurs pétrifiés par mon Basilic. Et pour finir, il s'est employé à garder Harry Potter en vie…
-Maître, répondit Severus après un moment d'hésitation, toutes les actions que j'ai entreprises, l'ont été dans un seul et unique but : vous servir au mieux après votre retour.
-Vraiment ?, répliqua-t-il. J'ai pourtant la désagréable impression que c'est Dumbledore, et non moi, qui a le plus bénéficié de tes actions Severus…
Avant que celui-ci ait pu répondre, il entendit des bruits de pas derrière lui, ainsi qu'un bruit sourd, comme si un objet avait été déposé au sol. A ce moment, le Seigneur des Ténèbres porta son regard derrière le maître des potions. Après quelques instants, il plissa les yeux. Ses mâchoires se contractèrent et un affreux rictus vint déformer un peu plus son visage. Severus garda le silence et fit son possible pour ne pas laisser transparaître l'inquiétude qui commençait à le ronger. Voldemort brisa le silence le premier.
-Je ne te ferai pas l'injure de te demander si tu sais ce qu'est une glace à l'ennemi, dit-il d'un ton doucereux.
Le sang du maître des potions se glaça instantanément. Il sentit quelques gouttes de sueurs perler le long ses tempes et de son dos. Sa respiration s'était légèrement accélérée. Il fit un effort surhumain pour soutenir le regard du Seigneur des Ténèbres sans ciller.
-Toutefois, une question me taraude Severus, reprit-il face au silence de l'homme toujours agenouillé face à lui. Vois-tu, je ne comprends pas pourquoi, en dépit du zèle dont tu témoignes et de la loyauté que tu clames,… c'est ton reflet que je vois dans cette glace.
Severus ferma très brièvement les yeux. Ainsi c'était terminé. Il n'y avait pas d'échappatoire. Des alarmes anti-transplanage avaient été apposées au sein du manoir. Il les avait senties dès son arrivée, ce qui avait accentué son trouble. Impossible de fuir donc. Et quand bien, toute idée de fuite le répugnait au plus au point. Il ne lui restait donc plus qu'à faire face. Avec dignité si possible. Ainsi, et ce malgré la peur qui lui retournait les entrailles, il s'entendit répondre au Seigneur des Ténèbres :
-Je ne vous ferai pas l'injure, Maître, fit-il en accentuant ironiquement sur ce mot, de vous retourner la question.
Son insolence ne resta pas impunie. Il avait à peine fini sa phrase lorsqu'il fut heurté de plein fouet par un endoloris. Se recroquevillant sur lui-même, il se mordit les lèvres pour ne pas crier. Il ne lui ferait pas ce plaisir.
-Je t'aurai réappris ce qu'est le respect avant de te tuer Severus, siffla Voldemort. Des années passées à côtoyer ce vieil amoureux des moldus et te voilà égaré. Quelle déception… tu étais le plus talentueux, le plus prometteur de tous mes mangemorts. Tu aurais pu avoir une place de choix dans le nouveau monde que je vais créer. Et tu as choisi de renoncer à tout ça… Dis moi donc Traitre, pourquoi as-tu choisi Dumbledore alors que tu savais mon retour inéluctable ?
-Vous êtes… aveuglé… par votre impression de toute puissance, répondit-il avec difficulté, toujours sous l'effet de l'endoloris. Vous êtes tellement… sûr de vous… que vous n'avez pas remarqué… que je vous espionnais déjà pour le compte d'Albus Dumbledore… il y a 15 ans.
La deuxième salve d'endoloris, le laissa momentanément le souffle coupé. Un mince filet de sang coula le long de son menton. Cette fois, il avait dû se mordre les lèvres pour ne pas crier.
-Tu n'es qu'un misérable cloporte Severus Snape, cracha le Seigneur des Ténèbres avant de retrouver une certaine contenance. Mais je suis quand même curieux quant à la… raison… à l'origine de ce changement de camp. Ne me dis quand même pas que c'est parce que j'ai refusé d'épargner ta sang-de bourbe ?
-Ne l'appelez pas comme ça !, rugit le maître des potions qui tenta de se lever avant d'être violemment renvoyé un sol.
-De plus en plus décevant. Voyez mes amis, notre ancien camarade a choisi de prêter allégeance à Albus Dumbledore par amour pour une sang-de-bourbe qui en aimait un autre, s'exclama Voldemort sous les rires cruels des mangemorts présents.
-Rejoindre Albus Dumbledore… a été la seule bonne décision… que j'ai prise dans ma vie, répliqua péniblement Severus.
-Et pourtant, cela n'a pas empêché ta sang-de-bourbe d'être tuée, lui fit remarquer le Seigneur des Ténèbres avec perfidie. Et ça n'empêchera pas non plus son fils de mourir…
-Vous ne gagnerez pas… je ne serai pas là… pour assister à votre chute mais… j'ai la certitude que vous perdrez…
Quelques protestations s'élevèrent alors dans les rangs des mangemorts mais Voldemort les fit taire d'un regard. Il observa un moment l'homme devant lui puis s'avança. Il saisit sans ménagement le menton de son ancien espion et approcha son visage du sien.
-La seule chose dont tu puisses être sûr, Severus, c'est que tu vas atrocement souffrir.
« La seule chose dont tu puisses être sûr Severus, c'est que tu vas atrocement souffrir ».
Un éclair.
Des endoloris.
Un homme en noir qui convulsait au sol.
Des rires.
-Harry !
Des hurlements.
Le visage de Voldemort.
Des endoloris.
-Harry ! Harry réveille-toi !
Snape se tordant de douleur.
-HARRY !
Il ouvrit les yeux et fut immédiatement pris d'un malaise. La pièce tournait tout autour de lui. Il avait le cœur au bord des lèvres et sa tête… oh merlin, sa tête allait exploser il en était sûr. Ron, l'air complètement paniqué, était penché sur lui. Il entendit plus qu'il ne les vit, Neville, Dean et Seamus qui s'étaient également approchés de son lit. Il reposa brièvement la tête sur son oreiller. Il respira profondément pour retrouver ses esprits. Il avait rêvé. Mais ce n'était pas un rêve ordinaire… non définitivement. Il avait eu l'impression de revivre ce qu'il avait vécu en fin d'été dernier. La même sensation. Un homme avait été tué dans le premier rêve. Mais dans celui-ci ? Que s'était-il passé ? Il avait vu… Voldemort, oui, ça c'était certain. Dans une rage folle. Il torturait quelqu'un… c'était… Snape. C'était Snape avec Voldemort ! Snape devant un Voldemort fou de rage...
Il se redressa brusquement, manquant de peu de faire tomber Ron par terre.
-Snape ! Voldemort.. il… , s'écria-t-il
-Harry, mon vieux, calme toi, c'était un cauchemar, tenta de le rassurer Ron au mieux sans grande conviction.
-Non, non ! C'était réel, j'étais là… je l'ai vu…, essaya-t-il d'expliquer.
-On va chercher McGonagall, firent des voix déjà lointaines.
-Harry, respire un bon coup tu veux ? Je ne comprends rien à ce que tu dis, lui fit aussi calmement que possible le rouquin.
-Oui…, répondit-il faiblement avant de respirer profondément pendant quelques instants. Se sentant un peu plus calme, il reprit.
-C'était une sorte de réunion… il y a avait plusieurs mangemorts et Voldemort avec eux, murmura-t-il sans prêter attention au tressaillement de Ron. Et il y avait Snape. Il était à lui aussi, devant Vodemort… et Lui, il lui a lancé des endoloris… Snape était par terre… Il hurlait.
Ayant achevé son récit, Harry plongea son regard dans celui-ci de Ron. Ce dernier le regardait un peu hébété ne sachant pas quoi dire ou quoi faire pour rassurer son ami. Une voix forte à l'accent écossais prononcé se fit alors entendre.
-Potter ! s'exclama le professeur McGonagall. Que se passe-t-il ? Londubat m'a dit que vous ne vous sentiez pas bien.
-C'était un cauchemar… non une vision… enfin je ne sais pas ce que c'était exactement, tenta-t-il d'expliquer, frustré de ne pas trouver ses mots. J'ai vu Voldemort… il Snape était avec lui … mais Voldemort lui lançait des endoloris... c'était...
-Potter… vous êtes certain qu'il s'agissait bien du professeur Snape, demanda la directrice de Gryffondor qui avait sensiblement pâli. Harry se fit la réflexion qu'il ne l'avait jamais vu si inquiète et troublée.
-Je… oui enfin… oui je crois. Voldemort… il a dit son prénom avant de…, fit-il sans finir sa phrase.
-Bien, fit-elle simplement. Potter, vous allez venir avec moi. Il faut que vous racontiez exactement ce que vous avez vu au professeur Dumbledore. Vous quatre, ajouta-t-elle en lançant un regard à Ron, Neville, Dean et Seamus, vous vous recouchez immédiatement. Venez Potter.
Le trajet jusqu'au bureau directorial n'avait jamais paru si long à Harry. Tout était confus dans son esprit. Il était épuisé moralement et physiquement. Voir Cédric se faire tuer l'avait ébranlé. Et il y a quelques instants il avait assisté à... à quoi d'ailleurs ? Une séance de torture ? Un rituel de mangemort ? …. Il dut combattre une vague de nausées qui menaçait de lui faire rendre le peu que son estomac contenait. Du coin de l'œil, il observa sa directrice de maison. Les cheveux lâchés, en robe de chambre et le teint livide, elle ne ressemblait pas à la professeure qui faisait régner l'ordre d'un seul regard dans sa classe. Non, à cet instant, elle était juste une femme sujette à l'inquiétude et au doute. Ce qui laissait Harry perplexe d'ailleurs. Certes Snape et McGonagall étaient collègues… mais leur rivalité était presque légendaire et ils ne semblaient pas particulièrement proches, loin s'en faut.
-Sorbet Citron, énonça l'animagus tirant Harry de ses réflexions en le poussant vers les escaliers menant au bureau du directeur.
En pénétrant dans le bureau, Harry remarqua immédiatement la présence du Directeur à son bureau. S'il s'étonna brièvement de le voir encore debout à cette heure avancée de la nuit, il pensa ensuite que les événements de la soirée l'avaient sans doute empêché de trouver le sommeil. Les yeux du professeur Dumbledore se posèrent sur lui et Harry fut frappé de constater que l'étincelle de malice qui faisaient habituellement pétiller ses yeux était éteinte. Pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré, Harry se dit que le Directeur faisait vraiment son âge.
-Harry, Minerva, les salua-t-il en haussant un sourcil interrogateur.
-Potter a fait un cauchemar, il…., commença le professeur McGonagall.
-En fait c'est plus une vision professeur, intervint-il.
-Certes, reprit-elle en ne semblant pas lui tenir rigueur de son interruption. Il dit avoir vu Vous-Savez-Qui et le Professeur Snape. Et à l'en croire, les choses ne se passaient pas très bien…
-Harry, je sais qu'il est tard et que tu as besoin de repos après tout ce que tu as vécu ce soir, fit Dumbledore sur un ton patient, mais pourrais-tu me raconter le plus précisément possible la scène à laquelle tu as assisté ?
-Heu… oui, bien sûr professeur, répondit-il avant de s'asseoir sur le siège que lui désignait le directeur. Je dormais et brusquement c'est comme si… comme si j'avais été projeté dans un autre endroit et que j'assistais à une scène. C'était comme si j'y étais… j'ai vu Voldemort. Il était avec plusieurs mangemorts. Et il y avait… il y avait aussi Snape. C'était un peu flou... chaotique même... mais j'ai vu Voldemort lui jeter des endoloris.
-Est-ce que Voldemort s'est adressé au professeur Snape, Harry ? Est-ce que tu as entendu quoi que ce soit d'autre ?
-Eh bien… il lui a dit qu'il allait souffrir, répondit-il dans un souffle. Mais c'est la seule chose que j'ai vraiment entendue... le reste... juste des cris.
-C'est tout ?, le pressa gentiment le directeur. Tu es certain que tu n'as rien entendu d'autre ? Voldemort a-t-il fait référence à la loyauté du professeur Snape ?
-Non je... je ne crois pas. Je l'ai juste vu le faire, je veux dire lui jeter ces sorts mais… il n'a rien dit d'autre. Il était en colère. Vraiment en colère. Ma cicatrice me brûlait presque comme s'il avait été juste à côté de moi.
-Je te remercie beaucoup Harry. Je suis désolé que tu aies eu à assister à tout cela, surtout après ce que tu viens de vivre. Minerva, vous voudrez bien accompagner notre jeune ami à l'infirmerie et demander à Poppy de lui administrer une potion de sommeil sans rêve ?
-Mais Monsieur… intervint-il sans laisser sa directrice de maison répondre. Pour Snape ? Qu'est-ce que vous allez faire ? C'est un mangemort mais… mais Voldemort ne semblait pas très content de le revoir ce soir. Qu'est-ce que cela veut dire ?
-Ah Harry, répondit le professeur Dumbledore d'un ton las. Vois-tu mon garçon, les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. Le professeur Snape comme tu le sais, porte bien la marque des ténèbres sur son bras. Mais cela ne fait pas de lui un mangemort.
-Je ne comprends pas professeur… s'il porte la marque et qu'il est retourné auprès de Voldemort, commença-t-il en fronçant les sourcils.
-Le professeur Snape est retourné auprès de Voldemort parce que je le lui ai demandé Harry, lui expliqua patiemment le directeur. Il a accepté d'endosser de nouveau le rôle qui était le sien il y a 15 ans. A savoir l'espionner pour nous rapporter des informations vitales.
-Oh… fit-il tout simplement, troublé plus qu'il ne voulait l'admettre par les révélations qu'il venait d'entendre. Mais alors… si Voldemort ne le croit pas ou… ou s'il se rend compte qu'il lui ment. Il va… enfin…
-Le professeur Snape est conscient des risques qu'il encourt Harry. Et j'en suis également conscient tu peux me croire, ajouta-t-il d'une voix si peinée qu'Harry en frissonna presque. Mais il nous est impossible d'intervenir. Surtout que nous ne savons pas exactement de quoi il retourne.
-Mais Voldemort lui lançait des endoloris…, rétorqua Harry perplexe en oubliant presque qu'il s'agissait de Snape, l'homme qui lui avait fait vivre un véritable calvaire pendant les quatre dernière années. Vous allez le laisser là-bas ?
-Potter !, le reprit fermement le professeur McGonagall dont le visage était toujours aussi livide.
-Harry, ajouta Dumbledore d'un ton toujours aussi calme, as-tu entendu Voldemort remettre en cause la loyauté du professeur Snape ?
-Non, mais…
-Alors, il nous faut garder espoir mon garçon, conclut-il gentiment.
-Mais les endoloris professeur ?
-Ce n'est malheureusement pas inhabituel pour Voldemort de torturer ses fidèles. Tu as pu constater toi-même la manière dont il les traite, lui expliqua patiemment le directeur.
Harry se tut et observa l'homme qu'il considérait comme le plus grand sorcier de tous les temps. Son discours sonnait étrangement faux… Certes, c'est de Snape dont il était question. Il le détestait cordialement depuis sa première année à Poudlard. Mais apprendre qu'il était espion pour Dumbledore, ou tout du moins qu'il était censé l'être… le voir en si mauvaise posture sous les sorts de Voldemort…
-Allez mon garçon, il est plus que temps d'aller te recoucher. Après un détour par l'infirmerie cela va sans dire.
Dubitatif, Harry se leva tout de même sans mot dire et sortit du bureau du directeur.
-Je vous rejoins dans une seconde Potter, partez devant j'ai une dernière chose à dire au professeur Dumbeldore, fit la professeure de métamorphose en interpellant son élève qui descendait les marches.
-Oui Minerva ? , l'interrogea celui-ci d'un air las.
-Albus… ce qu'a vu Potter…
-Ne signifie rien, la coupa-t-il simplement.
-Mais enfin si ce qu'il a vu est réel…plaida-t-elle.
-Minerva, je vous répète ce que j'ai dit à Harry. Vodemort était coutumier de ce genre de comportements lors de la première guerre. Ce n'est malheureusement pas la première fois que Severus a à subir ses excès de colère. Croyez-moi ma chère, je le regrette du plus profond de mon âme. Mais rien ne nous permet d'affirmer que le pire est arrivé.
La directrice de Gryffondor resta interdite face au discours de son supérieur. Se pouvait-il que le sort du serpentard lui soit indifférent ? Elle écarta vite cette hypothèse. Elle avait eu trop de fois l'occasion de les observer tous les deux pour penser que leurs relations étaient strictement professionnelles. Albus avait trouvé en Severus le fils qu'il n'avait jamais eu. Quant au maître des potions, il aurait pu jurer sur Salazar Serpentard lui-même qu'il ne considérait le directeur que comme son supérieur hiérarchique, Minerva savait ce qu'il en était réellement. Oh ! elle les avait vus ces tendres échanges entre les deux hommes…
Albus regardant d'un œil critique l'assiette de son maître des potions et le resservant d'autorité. Severus qui avait fait le pied de grue devant l'infirmerie le jour où une des expériences d'Albus avait mal tournée. Albus qui avait tricoté des chaussettes vertes et une écharpe pour le professeur des potions arguant qu'il faisait bien trop froid dans les cachots. Et le dit professeur qui était apparu avec ladite écharpe quelques jours plus tard dans la grande salle.
La réaction de Dumbledore n'avait donc aucun sens. Elle allait reprendre la parole quand son regard tomba sur les mains du directeur. Des mains qui tremblaient. De façon presque imperceptible. Mais elle le voyait clairement à présent. Albus Dumbledore était inquiet. Et il essayait de se rassurer lui-même en minimisant ce qu'avait vu Potter.
-Très bien Albus, répondit-elle avec douceur, la gorge nouée. Je serai avec Poppy si vous avez besoin de moi.
Alors qu'elle tournait les talons pour se rendre à l'infirmerie, elle fut interrompue par Albus.
-C'est moi qui ai envoyé Severus là-bas, Minerva, murmura-t-il dans un souffle. Tom tient la baguette. Mais c'est moi qui l'ai envoyé là-bas.
A cet instant précis, Albus Dumbledore n'avait plus rien du sorcier qui avait mis un terme aux folies de Grindelwald et qui pouvait tenir Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom en respect. Non, à cet instant précis, il était simplement un homme. Rongé par l'inquiétude et la culpabilité.
Alors à cet instant Minerva ne put contenir ses larmes. Et elle pleura. Pour Severus, Pour Albus. Pour Potter. Pour eux tous.
Fin de l'acte I. La suite Samedi prochain.
Note personnelle 1: le coup de la glace est teeeeellement tiré par les cheveux que j'ai un peu honte d'y avoir eu recours mais bon. Facilité scénaristique quand tu nous tiens.
Note personnelle 2: Le coup du "L" m'est venu après avoir visionné un épisode de Fairy Tail.
Note personnelle 3: Je tiens à vous présenter mes excuses les plus plates pour les fautes et coquilles qui doivent émailler ce texte.
Note personnelle 4: Si vous souhaitez laisser un commentaire, je le lirai avec plaisir.
