Salut salut !

Ceci sera un recueil d'OS qui racontera, un peu, les opinions de divers personnages sur Sora, notamment après la fin de KH III.

Il n'y aura pas de publication régulière, ce sera un peu des fillers pour quand je n'aurais rien d'autres à publier (ce qui est le cas là tout de suite, ahah, ouuups).

KH est un jeu vidéo avec un seul protagoniste principal. On incarne différents personnages dans la série, mais au final, tout nous ramène à Sora, c'est toujours lui la clé. Du coup, je me suis demandé ce que penseraient les personnages s'ils en prenaient conscience. Ça a donné ceci...

IMPORTANT : Avant de vous souhaiter une bonne lecture, je voulais vous annoncer qu'on a créé un nouveau forum pour parler de KH et d'écriture ! Le lien est sur mon profil pour les intéressés, on accepte tout le monde et on fera sûrement des défis et des trucs comme ça, alors hésitez pas à venir ! Voilà !

Bonne lecture !


C'est toujours à propos de Sora. Tout.

Roxas le sait, instinctivement. Avant même que ce nom ne fuse dans son existence, il l'a déjà au bout des lèvres, il a déjà conscience de sa présence, pesante, concrète, tout autour de lui, au-dessus de lui.

Car Roxas est l'ombre échappée, le reflet en négatif, l'écho de cet être réel et tangible qu'est Sora. Même avant de le savoir, il le sent. À son entrée dans l'Organisation, on lui dit qu'il a vécu une autre vie auparavant, qu'il devrait s'en souvenir, que les autres Simili se souviennent de la leur. Pas lui. Parfois, il rêve, et au réveil son reflet lui lance un regard étonné dans la glace, une espèce de réminiscence qui tente de percer sa conscience. Alors il lui semble que ses yeux sont ceux d'un autre, d'une différente teinte de bleu.

En vérité, Roxas est le reflet.

Il s'en aperçoit peu à peu à travers les complications que l'existence de Sora fait peser sur la sienne. Ç'aurait dû être simple, pourtant : les missions, les glaces, Axel, Xion, l'Organisation, tout cela en un cycle infini de jours renouvelés, heureux et paisibles. Il pourrait vivre ainsi pour l'éternité sans ce nom, cette intrusion, cette menace qui plane.

Il prend conscience de sa présence au fil des mois, sans réellement savoir qu'il s'agit de lui. Xion se comporte étrangement, Axel cache des secrets, l'Organisation tire les ficelles. La somme de tout ceci, la cause de tous ses malheurs, Roxas se le figure comme une conscience calme mais inévitable, un dieu qui veille loin, très loin de sa petite existence insignifiante.

Tout tourne autour de Sora.

La pensée transperce la membrane de son inconscient et devient concrète le jour où Xion disparaît.

Sa Xion, sa meilleure amie, la deuxième part de lui, celle qui sait toujours ce qu'il pense avant même qu'il ne parvienne à le formuler, une moitié de sa raison de vivre – car, en bon fantôme de Sora, ses amis sont le centre de son monde – Xion qu'il vient de tuer et qui sourit, Xion qui s'éparpille en milliers d'éclats glacés, Xion dont le souvenir s'efface, lentement, doucement, jusqu'à son nom.

Elle qui affirme retourner en Sora. Qui part le sourire aux lèvres, alors que lui reste sur le dallage de la place, au crépuscule, avec les premières larmes de sa vie et l'impression de se vider de son sang par le coeur.

Alors Roxas court, fuit. L'Organisation est responsable, il faut la démanteler, libérer Kingdom Hearts, tout arranger, retrouver son amie, leur vie, les longues fin d'après-midi sur la tour. Depuis les méandres de sa fureur sans fond, il y croit de tout son cœur qu'il n'est pas censé avoir.

Et pourtant, comme une tâche à la lisière de son champ de vision, qu'il refuserait de voir, plane l'Entité Sora. Roxas ne veut pas le comprendre, qu'il ne sera pas celui qui arrangera tout. Ses pas décidés ne sont que l'écho que ceux de Sora.

Il ne le voit pas, même pas lorsque Riku le vainc.

Et après, il oublie.

Même au milieu de cette étrange semaine de crépuscule, le nom de son double revient à la charge. Pas son double, en réalité : l'autre côté. La face visible de l'iceberg, celle qui évolue dans la lumière.

Il réalise, avec un constat d'inévitabilité, en le rencontrant enfin. Au final, ce n'est pas une entité indifférente, ni cruelle, et il n'a pas demandé ça non plus. Sora n'est qu'un garçon. Un être enthousiaste et débordant d'amour pour tout ce qui vit.

Sora dort, et ne se réveillera qu'à la disparition de son Simili. Roxas n'est pas né pour sauver le monde.

Il se rend compte de la fatalité de son existence, le tragique destin qui l'attend, tout proche, la fin. Toute sa vie, toutes ses souffrances, chacun de ses pas à l'aveugle, sa colère et ses peines... Tout ça pour le conduire ici, dans la salle blanche, devant le véritable héros de l'histoire.

Roxas disparaît, mais pas complètement, pas tout de suite. Ç'aurait pu être paisible, cette perte de libre arbitre, cet abandon. Ça ne l'est pas.

Il assiste aux aventures de Sora, impuissant, à travers ses yeux. Il voit toutes les joies qu'il ne connaîtra jamais. Il hurle lors des moments de bonheur de l'autre, parce que lui ne reverra jamais ses amis et personne ne peut l'entendre, tout seul au fin fond d'un coeur qui n'est pas le sien.

Il perd pied lorsqu'Axel se sacrifie. Pour Sora, encore pour Sora. Étrangement, la douleur lui paraît familière. Il ne se souvient pas de la raison, et il ne comprend pas : il ne lui semble pas qu'on puisse survivre à une telle agonie, celle de voir la personne à laquelle on tient le plus mourir sans rien pouvoir faire, sans pouvoir lui parler, ou crier ou même pleurer.

Roxas ne sait pas comment il parvient à se soustraire à sa captivité pour affronter Sora. Il n'est presque plus rien pourtant, rien qu'une conscience derrière une autre conscience, mais à cet instant il désire tant se venger, lui faire subir au centuple toutes ses peines, tout ce qu'il a enduré à cause de la simple existence du Héros, de celui autour de qui l'univers tout entier gravite...

Sora vient à bout de lui. Évidemment. Roxas ne représente qu'un obstacle en travers de son chemin. Cela doit se passer ainsi. Au fond, Sora... est Roxas. Sora se bat pour la justice, il se bat pour ses amis, pour un monde meilleur, pour ses convictions. Il est Roxas, sans les meurtrissures ancrées en lui.

Et après tout...

« Tu fais un bon double. »

Ce n'est pas plus mal. Il ne peut pas détruire Sora, pas quand Axel et cette autre personne dont il ne se souvient pas ont donné tant de choses pour le sauver. Il lui reste davantage de tristesse que de colère, alors qu'il disparaît une seconde fois.

Il ne saurait pas l'expliquer, comment s'est apaisée la fureur qui bouillait dans ses veines. La peine, elle, restera.

Cependant, Sora... Eh bien, si Roxas doit perdre son identité pour le bien de quelqu'un, autant que ce soit pour lui.

Puisque plus rien en le rattache au monde, ce qu'il reste de sa conscience finit par s'endormir.

Il se passe

un temps peut-être

des années

pas beaucoup sans doute

il ne sait pas

il dort

dans un océan de nostalgie

dans des souvenirs paisibles

rassuré par la présence familière de Sora

d'une fille chère à son coeur

et d'une autre personne

il sont un et ils est quatre

ils sont Sora.

Puis Roxas n'est plus que lui-même, tout à coup. C'est aussi douloureux que de se sentir vivant.

L'instant d'avant, il n'existait plus vraiment; celui d'après, il protège ses amis de leur ancien supérieur, dans une bataille qui les dépasse totalement. Étrangement, la situation ne lui paraît pas confuse. Il a assisté aux événements lorsqu'il était Sora. La continuité est logique, limpide.

Il y a le combat et puis les retrouvailles. Il parle à peine à Sora, n'a même pas le temps de lui dire toute sa reconnaissance, et tant d'autres choses... Pas le temps de le connaître, réellement, pleinement. Pas le temps. Plus tard, il se dit. Plus tard il y aura tout le temps. Faîtes qu'il y ait du temps.

Il y a une tornade de larmes et d'embrassades, l'odeur de cuir des manteaux de l'Organisation. Axel. Xion, dont il se rappelle à présent comme si son amnésie n'avait jamais existé, dont la présence lui semble aussi naturelle que de respirer.

Néanmoins, malgré le bonheur, malgré la guerre, malgré le cours des choses qui les dépasse complètement, toute cette histoire bien plus grande qui englobe la sienne, Roxas a le temps de percevoir un... pas un vide. Pas exactement.

Il est entier. Une personne réelle, avec un corps à lui. Un coeur à lui. L'absence de Sora. Pas un vide, mais un manque, peut-être, une confusion. Un aveugle ne serait-il pas aussi démuni en recouvrant la vue ?

Il y a la bataille finale. Intense. Pas le temps de repsirer ou de réfléchir. Plus tard, plus tard, il pourra parler à Sora.

Puis Sora disparaît pour de bon. Il part chercher Kairi et ne revient jamais.

Tout tourne autour de Sora. Mais Sora n'existe plus.

Roxas reste là, derrière. Lui, le reflet qui ne reflète plus rien. Il ne s'imaginait pas que le libre-arbitre aurait ce goût d'acidité mordante.

Et, perdu dans ce nouvel horizon, dans cet océan de perspectives jamais encore envisagées, Roxas ressent, vivement, le manque de cette présence lumineuse à ses côtés.


Voilà ! J'espère que ça vous a diverti un peu !

Le prochain OS porte sur Xion, alors il sera un peu complémentaire de celui-ci.

Bonne journée/nuit/crépuscule/aube à vous !