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[ Lily / James ]
L'ATTENTE
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Il était parti il y avait bien trop longtemps. Quand il avait quitté leur appartement, il lui avait dit qu'il en aurait pour la soirée, que la réunion durerait quelques heures et qu'il resterait peut-être plus longtemps que prévu pour discuter. Elle savait comment ces réunions se déroulaient. Elle avait participé à bon nombre d'entre elles, et si elle n'avait pas pu y aller avec lui ce soir-là, c'est simplement parce qu'elle était malade. Elle était clouée au lit depuis trois jours, avec des migraines à répétition et des nausées insupportables, et elle tournait en rond, au sens figuré – bien évidemment, elle ne pouvait pas se servir de ses jambes plus de quelques minutes, sinon elle s'effondrait sous la fatigue.
Et pourtant, sa fatigue ne l'empêchait pas de ressentir de la colère. Elle détestait rester en arrière, ne pas être tenue au courant de l'avancée de cette guerre qui se préparait, elle détestait être un poids plutôt qu'une aide. Elle s'était reposée sur James durant ces quelques jours, et elle n'en pouvait plus. Le problème, c'est que sa colère ne s'arrêtait pas là. Elle n'était pas uniquement en colère contre elle-même, contre son inutilité et le fardeau qu'elle pensait constituer. Non ; elle était en colère parce que le monde dans lequel ils vivaient était en train de changer et qu'un imbécile essayait de se frayer une place en haut de la hiérarchie en faisant peur au premier venu. Et en tuant. Et la colère qui la consumait jour après jour, depuis au moins trois ans, semblait atteindre des sommets chaque minute plus hauts, car le nombre de sorciers qui se plaisaient à suivre l'individu qu'elle haïssait de tout son être ne faisait que croître, et cela la rendait malade. Plus malade encore que l'état dans lequel elle se trouvait ce soir-là.
Sa colère n'était cependant pas la seule chose qui s'accumulait à son épuisement. Elle avait beau essayer de se calmer, de rationaliser le sentiment qui lui broyait le cœur, elle n'y arrivait pas.
Elle était pétrifiée.
Quand elle y assistait avec lui, les réunions duraient deux à trois heures, se terminaient autour d'une table pleine de victuailles et de boissons chaudes, et il leur arrivait de rester à discuter une heure de plus. Mais jamais ils n'étaient rentrés au-delà d'une heure du matin même James était raisonnable.
Lily vérifia l'heure d'un geste rapide du poignet et grimaça à la lueur de la lampe qui bordait son lit.
Quatre heures dix.
S'il rentrait tout penaud, l'air de rien, il allait l'entendre.
S'il rentrait ivre, elle lui ferait comprendre que son attitude laissait à désirer.
S'il rentrait blessé... Pourquoi serait-il blessé ?
Et s'il ne rentrait pas...
Elle tentait de ne pas y penser, surtout qu'elle ne voulait pas envoyer un patronus, de peur que celui-ci ne tombe nez-à-nez avec un adversaire. Cette guerre reposait sur les principes tordus d'un groupe de sorciers, et la seule force qu'ils avaient pour les combattre était de garder espoir. Elle était celle qui le répétait toujours, à quiconque perdait en vue l'objectif de leur lutte.
Alors elle garda espoir et résista au doute. Et elle attendit.
. . .
De son côté, bien après la réunion, James était toujours dans les quartiers de l'Ordre, en compagnie des trois autres anciens Maraudeurs. Mais cette fois, ils ne maraudaient pas.
Sirius avait convaincu ses amis de rester, et avait persuadé James que Lily était en train de dormir et qu'elle ne se rendrait compte de rien s'il rentrait tard.
Clairement, il ne savait pas à quel point il avait tort.
Mais la raison de leur nuit entre amis était des plus importantes pour la vie de James, pour celle de Lily, ainsi que pour celle de l'avenir sorcier comme nous le connaissons. Cette nuit-là, James confia à ses amis qu'il voulait épouser Lily, et les heures qui suivirent la réunion servirent à dresser mille et une façon de la demander en mariage.
Quand il rentra chez lui, à cinq heures vingt-huit, il ne s'attendait pas à trouver une Lily aussi malade que paniquée, aussi paniquée que soulagée. Et, lorsqu'elle lui demanda pourquoi il avait mis tant de temps à rentrer, il fut tellement pris de court par l'angoisse qui transperçait dans sa voix qu'il ne pensa pas à mentir.
Et c'est ainsi que les multiples scénarios que les amis de James avaient élaborés tombèrent à l'eau, pris d'assaut par la spontanéité qui définissait James.
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Cette nuit-là, les émotions de Lily restèrent longtemps en mouvements, mais finalement, elle décida de se laisser porter par la plus forte de toutes.
L'amour.
NOTE
Ouais, euh, bon, voilà. Je ne suis pas du tout satisfaite, mais depuis que j'aime écrire des stupidités (depuis une bonne quinzaine d'années), j'essaie de ne pas me retenir. En fait, ça fait du bien, de raconter n'importe quoi. Alors j'ai comme mot d'ordre de ne pas m'en empêcher. Après, désolée que ce soit tombé sur vous...
Bref, comme vous le savez si vous avez lu les innombrables notes que j'ai laissées à la fin des drabbles précédentes, nous sommes vendredi. Et le vendredi, c'est le jour des BattPott ! Alors direction le profil DelPlume, où nous publierons le chapitre 7 d'ici quelques heures !
A bientôt ! ~Delfine
