.
[ Lily / James ]
GATEAU AU CHOCOLAT
. . .
- Tu vas vraiment le faire, dit Sirius à James, sans que cela ne sonne comme une question.
Son effarement atteignait des sommets, mais il connaissait suffisamment son ami pour comprendre qu'il ne ferait pas marche arrière. Il ne ferait marche arrière devant rien en ce qui concernait Lily Evans.
- Oui, je vais vraiment le faire, rétorqua le jeune homme en chatouillant la poire du portrait devant lequel ils venaient d'arriver. Et si tu comptes continuer à me demander si je suis malade, si le ciel m'est tombé sur la tête ou si Lily m'a jeté un sort, alors tu vas pouvoir faire demi-tour tout de suite.
Le portrait bascula et James mit un pied dans les cuisines de Poudlard, avant de se retourner.
- Alors ?
Le jeune Black leva les yeux au ciel et fit signe à James d'entrer.
- Je reste. J'ai trop pitié de toi.
- C'est trop généreux de ta part, Sirius, s'amusa James.
- Je sais, grommela l'intéressé.
Ils pénétrèrent dans les cuisines l'un derrière l'autre et se dirigèrent vers les fourneaux qui fumaient dans une délicieuse odeur de tarte à la myrtille.
- Mr Potter, Mr Black, en quoi est-ce que Icarus peut vous aider ? leur demanda humblement un elfe de maison qui venait d'apparaître.
- Ah, bonjour Icarus, répondit James avec un grand sourire, en ignorant le regard moqueur de Sirius. J'aurais besoin de... de tous les ingrédients nécessaires à la fabrication d'un, euh, gâteau au chocolat.
- Tout de suite, Mr Potter.
L'elfe disparut instantanément et réapparut quelques secondes plus tard avec un plateau et tout un attirail de cuisine, que James observa avec hésitation.
- Et pour vous, Mr Black ?
- Oh, je ne fais que l'assister dans sa bêtise, répliqua Sirius avec un sourire penaud.
- Mr Potter a-t-il besoin de l'aide d'Icarus, monsieur ?
- Ne t'inquiète pas, Icarus, on va s'en sortir.
L'elfe de maison disparut immédiatement, retournant à la tâche qui devait être sienne, au fin fond des cuisines de Poudlard. Un petit silence permit à James d'observer les ingrédients d'un œil calculateur, sous le regard sombre de Sirius.
- Je crois que tu aurais dû accepter son aide. Comment tu comptes t'y prendre ?
- Aucune idée, répondit James. Bon, il vaudrait mieux s'y mettre rapidement. Alors...
Il souleva le couvercle d'une boîte noire et y découvrit un désert de sable blanc.
- Bon, ça, au moins, je sais que c'est de la farine.
- Et là... Et là ce sont des œufs, déclara Sirius en pointant un doigt méfiant vers trois œufs ovales et blancs.
- Du sucre.
- Du beurre.
- Du chocolat, conclut James d'un air satisfait, avant d'ouvrir une dernière petite boîte et d'y trouver...
- C'est quoi, cette poudre ? Je croyais qu'on avait déjà la farine...
James avait le même regard interrogateur que son ami.
- Peut-être que c'est..., commença Sirius, avant de finir : Non, en fait, je ne sais pas du tout.
Après avoir poussé un long soupir, James approcha sa main du tout petit tas de poudre qui trônait dans la boîte et y plongea le bout de son auriculaire pour ensuite le porter à sa bouche. Il grimaça.
- C'est absolument dégoûtant ! Hors de question que je mette ça dans un gâteau pour Lily !
- Bon, alors on vire ce truc. C'est si horrible que ça ?
- T'as qu'à essayer ! se rebiffa James.
Sirius haussa les épaules mais ne se risqua pas à goûter ce qui aurait très pu être un produit de Zonko.
- A ton avis, lui demanda James, Icarus nous a donné les bonnes proportions ?
- Aucune idée.
Sirius se fit fusiller du regard.
- Tu n'es pas d'une très grande aide.
- Excuse-moi de ne pas m'y connaître en cuisine ! rétorqua le jeune Black, ce qui arracha un deuxième soupir à son ami.
- Des fois, j'ai vraiment honte d'être un sorcier. Je peux faire plein de choses avec des sorts, mais des trucs aussi simples, à la main, et bien... J'en suis incapable !
Sirius attrapa le grand bol qui se trouvait également sur le plateau et y versa la farine en levant les yeux au ciel.
- James, c'est pas le moment de te morfondre. Tu as une rouquine à impressionner.
- Tu crois que ça va lui plaire ?
- Oh, tu sais, quoi que tu fasses, elle est toujours à tes pieds, lui répondit Sirius en lui adressant un sourire éblouissant.
- Ha, ha. Très drôle.
- Bon, tu m'aides ? C'est ton gâteau, je te rappelle !
James jura dans sa barbe et vint au secours de Sirius, qui avait versé le sucre et le beurre au-dessus de la farine.
- Comment on va faire pour mélanger ça ?
- Attends, il y a un... engin, là, fit Sirius. Tiens, ajouta-t-il en lui tendant un instrument en métal qui ressemblait à ce que les moldus avaient sur le toit de leurs maisons.
James plongea la chose dans la préparation, et la ressortit quelques secondes plus tard, un gros morceau de beurre coincé entre les tiges de fer.
- Un petit sort de fusion, peut-être ? proposa Sirius en pointant sa baguette vers le beurre tout froid.
James gémit de désespoir.
- On avait dit pas de magie...
- Et on avait dit un gâteau au chocolat, pas un truc qui ressemble à de la nourriture pour hibou.
- Un point pour toi, consentit James.
- Arrête de soupirer, le disputa Sirius. Toute la farine va finir par s'envoler.
Finalement, Sirius eut l'autorisation d'utiliser sa baguette pour faire fondre ce beurre agglutiné, et la préparation se fit plus fluide...
...à l'exception de quelques grumeaux bien visibles, mais qui ne gênèrent pas les deux garçons. Face à la retraite d'un premier problème, James était d'ailleurs tout sourire.
- Place aux œufs ! s'exclama-t-il, avant de se lancer dans une encore plus grande aventure que ne l'avait été le beurre.
D'une agilité qu'il voulut spectaculaire, le jeune Potter attrapa le premier œuf et le tapota cinq, six fois contre le plan de travail, et, ne percevant pas de changement, si ce n'est quelques fines craquelures, il le frappa une septième fois, avec plus de force. Si cela avait été possible, cet événement aurait été censuré. Cependant, vous aurez tous deviné que l'œuf se répandit bien vite sur le bois lisse, le jaune décrivant des tâches ensoleillées dans le blanc gluant. Voyant qu'ils n'arriveraient à rien si les œufs leur échappaient un à un en coulant le long de la table, Sirius entreprit de faire la même chose à l'intérieur du récipient.
Le front plissé, James remua la pâte comptant maintenant un œuf en moins et des morceaux de coquille en trop. Ensuite, il autorisa à nouveau Sirius à utiliser sa baguette pour faire fondre le chocolat placé dans le grand bol. Après tout, si cela n'avait pas fonctionné pour le beurre presque mou, cela ne risquerait pas de marcher avec du chocolat bien dur.
Finalement, la fierté chassa les rides qui creusaient le front de James, et ils finirent par verser le contenu dans le moule qu'Icarus leur avait apporté plus tôt.
- Et voilà ! C'était pas si compliqué, finalement ! s'étonna le jeune homme en enfournant le gâteau cru dans un des fours.
- Super facile, acquiesça Sirius.
. . .
- Lily ! appela James en s'approchant en courant de la table des Gryffondor, au milieu de la Grande Salle.
La rouquine, assise sur l'un des bancs, leva vers lui ses yeux verts étincelants et attendit qu'il continue.
- Je... Je t'ai fait un gâteau, pour ton anniversaire. Enfin, Sirius m'a aidé, et...
- Ne m'entraîne pas là-dedans, lui intima son meilleur ami à voix basse.
- Un gâteau ? s'étonna la jeune fille.
- Un gâteau au chocolat, confirma James en plaçant devant elle ce qu'il avait jusque-là caché tant bien que mal dans son dos.
Là, au milieu d'une grande assiette blanche, se trouvait un gâteau au chocolat. Il était petit et dense ; il lui manquait quelques bords ; l'un de ses côtés était bien plus noir que la couleur du chocolat n'était censée donner à un gâteau ; et sa surface était bulbeuse et présentait des crevasses ressemblant à de la lave qui se serait solidifiée trop vite.
Lily, qui s'était tournée vers le gâteau, releva à nouveau son regard vers celui de James, qui affichait un sourire penaud.
- C'est, euh... C'est mon premier essai, tu vois ?
La rouquine regarda une dernière fois le gâteau, puis ouvrit finalement la bouche.
- Et bien... Merci, James.
Elle accompagna ses paroles d'un petit sourire forcé, les sourcils légèrement arqués.
Le sourire du brun s'étira plus qu'il n'était possible, et il s'éloigna vers ses deux amis, suivi de près par Sirius, qui s'était caché derrière lui pendant l'échange. Une fois qu'ils furent assis, Remus et Peter, qui étaient au courant de ce que leur ami avait en tête depuis le début, lancèrent vers eux des regards pleins de points d'interrogation.
James ne quitta pas son sourire et se servit du gratin de pommes de terre. Puis il déclara :
- Elle a dit "merci", et elle m'a appelé "James". Je crois que c'est le plus beau jour de ma vie.
NOTE
Je peux vous dire que je m'éclate à écrire ces drabbles. J'en fais voir de toutes les couleurs à James, ici, et j'adore ça.
Quoi que vous en avez pensé, vos remarques sont les bienvenues ! Et si vous avez envie de lecture, je vous invite une fois de plus à aller lire Les BattPott, sur le profil DelPlume. Le chapitre 9 est publié depuis vendredi :)
Sur ces quelques mots, à très bientôt !
DelfineNotPadfoot
