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[ Lily / James ]

PANIQUE

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- Je vais chercher le sac, je reviens tout de suite, dit James à sa femme, assise sur leur lit.

Le grand brun partit presque en courant dans leur salle de bain, et en ressortit quelques secondes plus tard avec un petit sac sur l'épaule, qu'il déposa à côté de Lily.

- Tu as faim ? Je vais chercher quelque chose dans la cuisine, si tu veux. Tu veux que je te prépare un sandwich ?

Avant qu'elle n'ait le temps de répondre par la négative, il disparut hors de la chambre et dévala l'escalier, manquant sauter des marches et se casser la figure. Quand il revint dans la chambre, il sembla regarder partout autour de lui à la recherche de quelque chose à faire.

Ses yeux noirs toujours si expressifs l'étaient encore plus ce jour-là ; ils étaient immenses, pleins de tension, d'attente, de stress, de panique. Ses cheveux se faisaient ratisser par des doigts nerveux toutes les minutes environ, les rendant encore plus emmêlés qu'à l'ordinaire. Tout dans son comportement criait qu'il était dans une angoisse qui lui était étrangère. Il ne savait plus quoi faire de ses mains, de ses jambes, de son corps entier, et c'est pour cela qu'il faisait des allers-retours furieux entre les différentes pièces de leur maison.

James Potter avait toujours été très... James Potter. Mais en ce jour, il avait atteint un niveau tout autre que celui auquel il avait habitué ses proches.

- James, lui dit sa femme, dont le visage était étonnamment paisible. Regarde-moi, s'il te plaît.

Son mari se tourna vers elle, lui présentant ses yeux écarquillés et son teint blafard.

- Qu'est-ce que je peux faire ? Tu as mal ? Est-ce que...

- Je veux que tu te calmes. Souffle un bon coup, sinon tu vas me faire stresser. Et ce n'est pas bon, dans mon état.

Elle le vit prendre sa respiration, la relâcher lentement. Puis elle lui sourit.

- Voilà, c'est parfait. Maintenant, emmène-nous à Ste Mangouste.

Cinq minutes n'étaient pas passées que James était à nouveau hors de lui, les mains entortillées, et les yeux sortant de leurs orbites. Et bien sûr, sa bouche ne cessait de marmonner, tantôt pour lui-même, tantôt pour Lily, à qui il ne pouvait s'empêcher de poser des questions toutes plus idiotes les unes que les autres.

- Est-ce que tu veux que j'aille acheter la Gazette ? Tu veux de l'air frais ? Je connais un sort qui pourrait... Non ? Alors tu veux du jambon ? J'en ai apporté quelque part. J'ai aussi une chocogrenouille, et...

- Il est comme ça depuis longtemps ? s'enquit Remus auprès de Lily, tandis que James continuait de déblatérer sans avoir remarqué l'arrivée de son ami.

Ils s'étaient trouvés au même moment devant l'entrée de Ste Mangouste, dont ils gravissaient maintenant les marches à la lenteur d'un pitiponk.

- Environ trente minutes, répondit-elle en posant sa main sur son ventre.

- Je vois. J'imagine que si tu n'y avais pas pensé, il ne nous aurait pas prévenus...

- J'en ai peur.

Lily profita du fait qu'il y avait un deuxième homme pour prendre appui sur lui. Marcher n'était pas son activité favorite, ces temps-ci, et son état actuel ne lui permettait pas de tenir debout sans la moindre aide. Bien sûr, James était à ses côté et couvait du regard ses moindres mouvements, mais il était bien trop occupé à lui poser des questions pour comprendre qu'il fallait en effet continuer d'avancer s'ils voulaient atteindre l'accueil de la clinique. Cinq minutes plus tard, ils étaient tous les trois dans une chambre, Lily allongée sur un lit d'hôpital. Finalement, la présence de Remus apparut à James, qui se mit aussitôt à lui demander, à lui aussi, s'il avait besoin de quoi que ce soit.

- Je veux bien la chocogrenouille dont tu parlais tout à l'heure, puisque tu poses la question, répondit son ami. Merci. Maintenant, ce que tu peux faire, c'est rester tranquille, tu ne crois pas ?

- Mais Lily a peut-être besoin d...

- J'ai besoin que tu te calmes, répliqua celle-ci en lui offrant le sourire le plus rassurant qu'elle réussissait à former. Laisse-moi attendre mes contractions tranquillement.

Au mot "contractions", James pâlit un peu plus encore, et il se laissa tomber dans le siège qui était à côté de sa femme, duquel Remus s'empressa de s'enlever, de peur de se faire écraser.

- James, je t'aime, lui dit-elle doucement, en passant le dessus de sa main sur sa joue. Mais par Merlin, est-ce que tu peux rester calme, rien qu'aujourd'hui ?

Son mari acquiesça silencieusement et accepta la main que Lily lui donnait.

Plusieurs minutes passèrent, puis des dizaines de minutes, durant lesquelles Lily dut rappeler à James de ne pas lui broyer la main et de respirer. Leurs amis respectifs arrivèrent petit à petit, de même que certains membres de leur famille, mais rien n'aida James à se détendre plus que les yeux implorants de sa femme – qu'on avait déjà vus plus efficaces. Enfin, un médicomage entra dans la pièce et ordonna à tout le monde d'en sortir. Si Lily n'avait pas insisté, le guérisseur aurait également mis James à la porte, tellement son état était incontrôlable.

- Vous êtes prête ? demanda-t-il à la jeune femme, puis, sans attendre de réponse, ajouta : C'est parti.

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- C'était horrible, j'ai cru que j'allais m'évanouir. Et puis il y avait tout ce sang, cette odeur atroce, c'était affreux ! Si Lily n'avait pas été là, je ne sais pas ce que j'aurais fait, avoua James, les yeux perdus dans le vide, un bras passivement posé sur la hanche de sa femme.

Elle était assise sur le lit d'hôpital sur lequel elle avait donné naissance à leur fils, qui reposait tranquillement dans ses bras. Un sourire resplendissant collé au visage, elle leva les yeux vers James et lui envoya un regard amoureux dont elle seule avait le secret.

- Sans moi, gros nigaud, ton fils ne serait pas là.

- Mon fils, fit-il dans un souffle, en détournant le regard vers le petit bout d'homme qui dormait comme si de rien n'était.

Sirius, à qui James avait été en train de parler quelques secondes plus tôt, se sentit aussitôt oublié. Il sourit, amusé, et battit en retraite.

- A bientôt, les amoureux ! Et à toi aussi, Harry, chuchota-t-il avant de refermer la porte derrière lui.


NOTE

I'm back! Enfin je crois.

Encore un petit truc de rien du tout pour raconter un minuscule instant de la vie de ces deux amoureux ; j'espère que ça vous aura plu ! N'hésitez pas à me donner votre avis.

A la prochaine !

Delfine