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[ Rose / Scorpius ]

PANNE DE REVEIL

Partie 2

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10h00.

Scorpius prit absolument tout son temps pour ranger ses affaires, prenant bien soin d'organiser son sac comme jamais il ne l'avait fait.

- Qu'est-ce que tu fiches ? lui demande Albus, qui l'attendait en tapant du pied. Depuis quand t'as peur de corner tes parchemins ?

- Depuis que ta cousine m'attend à la sortie, répliqua-t-il en grinçant des dents. Non, pardon. Depuis qu'un dragon fulminant m'attend à la sortie.

Albus leva un sourcil et ouvrit la bouche pour répondre quelque chose, mais le professeur McGonagall fut plus rapide.

- Mr Potter, Mr Malefoy, il serait dommage que vous arriviez en retard à votre prochain cours.

- Très dommage, fit Scorpius à mi-voix, celle-ci déraillant déjà.

Ils se dirigèrent vers la sortie, et le jeune Malefoy expira longuement avant de franchir la porte de la salle de Métamorphose. Et là, dans un état d'énervement tel que les pierres du mur sur lequel elle était appuyée auraient pu en trembler, se tenait Rose Weasley, qui planta son regard dans celui de son petit-ami. Elle avait les bras croisés sur sa poitrine, et semblait bouillir intérieurement, comme si son sang prenait un degré par minute qui passait.

- Rose, commença Scorpius en se précipitant vers elle, les lèvres serrées et les sourcils froncés par la peur. Je suis...

- Sincèrement désolé ? De quoi ? rétorqua-t-elle en se détachant du mur. De ne pas m'avoir réveillée ?

- Euh, oui, et...

- Ou de m'avoir fait arriver en retard à un cours ? ajouta-t-elle plus fort en ignorant les cinquièmes années qui se pressaient dans le couloir pour entrer dans la salle de classe.

Et en ignorant Albus, qui se trouvait toujours à leurs côtés.

- Ça, aussi, oui, mais...

- Mais quoi ? Tu me connais mieux que ça, quand même ! s'emporta-t-elle en faisant des gestes de bras virulents.

- Je te connais assez pour savoir que tu avais besoin de sommeil, riposta-t-il sur le même ton, faisant tourner vers eux tous les regards qui ne l'étaient pas déjà.

La jeune fille lui fit les gros yeux, l'attrapa par le bras et fit quelques pas pour s'éloigner des élèves qui tendaient maintenant l'oreille.

- Je n'ai...

- Écoute, la coupa Scorpius en prenant délicatement la main qui lui serrait le coude et en la piégeant dans les deux siennes. J'ai voulu te réveiller, mais... Je n'ai pas pu.

Elle le regardait désormais avec des lames plein les yeux. Il avait l'impression que quoi qu'il puisse dire, cela ne changerait rien. Et il avait probablement raison.

Mais cela ne le découragea pas, et, sur le même ton plus doux, il continua :

- Tu dormais tellement bien ! Tu étais comme...

- Si tu dis "comme un bébé", je t'assure que je t'arrache la tête !

Elle avait à nouveau élevé la voix sur la fin de sa phrase, et cette fois, c'est Albus qui se plaignit.

- Hé ! Vous avez bientôt fini, vous deux ?

Rose sursauta en entendant son cousin, mais ce dernier ne s'en soucia pas.

- Désolé, fit-il à chuchotant et en les emmenant au loin, les traînant par les bras, mais je ne peux pas vous regarder vous donner en spectacle comme ça. Et puis c'est quoi cette histoire ? Vous avez vraiment passé la nuit ensemble ? leur lança-t-il, peu amène.

Si les regards meurtriers étaient suffisants pour réussir à tuer quelqu'un, Scorpius n'aurait pas eu un, mais deux assassins.

- Pas comme tu le penses, se défendit Scorpius en récupérant son bras d'un geste brusque. J'ai plus de respect pour Rose que de faire ça au milieu d'un dortoir rempli de garçons, ajouta-t-il, énervé, et les joues légèrement colorées.

- Mais apparemment, pas assez pour m'éviter de me ridiculiser en arrivant en retard, marmonna la jeune fille en fixant un point droit devant elle, tandis que tous les trois avançaient encore.

- Rose, je suis désolé, j'ai cru bien faire, et je me suis rendu compte trop tard que c'était idiot de ma part.

Scorpius s'était arrêté de marcher et observait maintenant sa petite-amie avec un regard désolé.

- Non seulement c'était idiot de ta part, mais est-ce que tu sais comment je me suis sentie en me réveillant ? J'étais toute seule, dans un dortoir qui n'est pas le mien, en retard, bref, j'ai cru que tu t'étais tout bonnement fichu de moi ! Pour me ridiculiser ! Et ça a marché...

- Rose, tu t'inquiètes trop, là. Tout le monde s'en fout, que tu sois en retard, intervint Albus, qu'un regard de Scorpius réduisit ensuite au silence. Pardon.

Le jeune homme blond soupira et, sans crier garde, emprisonna Rose dans ses bras. A son tour, elle laissa un long filet d'air s'échapper d'entre ses lèvres, et elle ferma les yeux. Dans le dos de Scorpius, ses petites mains fermées en poings commencèrent à se détendre, et elle les plaça bientôt sur l'uniforme du garçon.

- Je n'avais pas pensé à ça, lui dit-il doucement. Je suis désolé. Surtout maintenant que je sais à quel point c'est agréable de me réveiller à côté de toi.

Après un court silence, durant lequel Albus n'osa pas faire un bruit et alors qu'elle ne répondait pas, il poursuivit :

- Je... J'espère que tu ne m'empêcheras pas de connaître à nouveau ce plaisir.

- Pourtant c'est ce que tu mérites.

- Je sais, sourit-il à moitié, sentant qu'il était sur la bonne voie. Mais la prochaine fois, je serai là pour que tu voies à quel point c'est cool de te réveiller à côté de moi.

Elle lui administra une petite tape sur l'épaule, comme elle le put, et pouffa.

- Ça va, les chevilles ?

- Ça ira quand tu me diras que tu reviens ce soir, lui souffla-t-il à l'oreille, les lèvres s'étirant vers le haut.

- Je suis toujours là, au cas où vous l'auriez oublié ! s'impatienta Albus. Et il est hors de question que Rose revienne dans ton lit.

La jeune fille leva les yeux au ciel et offrit un sourire radieux à son petit-ami, toute colère oubliée. Comme réponse tout aussi silencieuse, il lui prit la main et la porta à ses lèvres.

- Allez, les déclarations d'amour passablement inappropriées sont terminées, s'écria Albus en prenant le chemin de leur prochain cours.

Il vérifia rapidement l'heure, et poussa un sifflement strident.

- Prêts à vous faire disputer ?

- Oh, non, marmonna Rose en accélérant le pas. C'est pas vrai... Deux fois dans la même journée.

Scorpius suivit le mouvement et resserra l'emprise qu'il avait sur sa main, puis soupira, encore.

Elle était à nouveau en colère.

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle de classe, Scorpius mourut une troisième fois suite à un regard assassin. Du professeur, cette fois.

10h12.

- Puis-je savoir pourquoi vous êtes en retard ?


NOTE

Je n'avais pas vraiment prévu ça, comme suite et fin, mais c'est comme ça que c'est venu. Je ne vous cache pas ma déception ^^ Maintenant, je vais faire un petit tour du côté de la salle de retenue des trois loustiques, histoire de les soutenir (après tout, c'est ma faute s'ils étaient en retard !)

A bientôt !

Delfine