Chapitre 6 → En finir avec la période de probation
Costume impeccable, sourire lissé et veste étincelante Baekhyun a mal aux mains et aux zygomatiques à avoir été présenté à trop de personnes. La limite d'alcool que Jongdae lui a fixé n'aide en rien. Donateurs, journalistes, auteurs, administrateurs et commerçiales, il ne sait même pas comment il arrive encore à débiter son petit monologue d'introduction sans que son ton soit trop monocorde ou son expression trop figée. Il n'est là que depuis une heure mais dejà il rêve que d'une chose : s'échapper.
Accoudé dans un petit coin, sur une petite table, il laisse Jongdae le distraire de son devoir de charmeur de serpent.
« Tu sais, j'y ai repensé et j'ai pas mal d'idée pour ton perso.
-Pour mon perso ?
-Oui pour Kris, tu vois on pourrait ..
-Dae, Dae pitié ! Ce soir c'est déjà beaucoup est-ce qu'on pourrait éviter de .. »
Malheureusement pour Baekhyun, il était difficile de dire non à Jongdae. Une fois lancé dans sa tirade, rien de pouvait l'arrêter. Décidant de prendre simplement son mal en patience, Baekhyun, retient un petit soupir et laisse son regard s'attendir en voyant son ami s'animer en parlant avec les mains.
Conservant un sourire de façade, il prête une oreille distraite à son ami mais laisse son esprit s'évader. Jongdae est enthousiaste et novateur mais il y a une bonne raison pour qu'il soit de l'autre côté de la machine à écrire.
« Ça apporterait de la profondeur et de la complexité. Comme dans ce drama tu sais.. oh je ne souvient plus du nom.. Mais celui où l'un des hommes découvre que la fille de son triangle amoureux est en fait sa demi-soeur.. »
Il est hors de question pour Baekhyun qu'il inflige cela à Kris... ou à aucun de ses personnages d'ailleurs. Cherchant une source de distraction, il se décide à laisser son regard errer dans la pièce en quête d'étincelles. Autant mettre son temps à profit. Qui va lui donner l'inspiration ce soir ? Il entend un rire au fond de la salle. Il provient d'une femme avec qui il a parlé plus tôt dans la soirée. Jeune veuve, trop riche et trop solitaire. Baekhyun préfère laisser courir son regard plus loin, ne voyant pas quel apport elle pourrait amener à l'histoire. Plus loin, il repère un couple, dans la soixantaine, il ne les connaît pas mais Jongdae les a déjà mentionné dans une conversation. Ce sont des donateurs de l'entreprise. Amoureux de la littérature, ils se sentent l'âmes de mécènes à leur heures perdues. Une dynamique intéressante se dégage d'eux, elle parle et il sourit. C'est une complicité avec laquelle Baekhyun peut s'envisager de travailler.
Soudain, un bruissement dans son dos le fait se retourner et il se surprend à observer le groupe de trentenaires qui vient de le dépasser : bruyants, imposants, hautains. Baekhyun peut déjà se les représenter comme les aristocrates qui évoluent autour de Kris. Ses prétendus « amis », ceux de son monde, qui pensent savoir mieux que lui comment vivre sa vie. Est-ce trop cliché ? Quel profil pourrait-il ajouter pour sonner différemment de toutes ces nouvelles grand public qui fleurissent à foissons et de ces dramas qu'affectionne Jongdae ? La meilleure amie compréhensive ? Trop récurrent. Le petit frère insouciant ? Mais où est partie son imagination ? Il n'y arrivera jamais de cette façon.
Baekhyun regarde au quatre coin de la salle. Il sait qu'il peut trouver quelque chose. Abandonnant presque, il est prêt à se laisser tenter par la flûte que lui propose un serveur quand finalement ses yeux se pose sur un trio au fond de la salle. L'homme tient sa compagne par la taille tandis que l'autre se perd dans une imitation apparemment très drôle. Somme toute, de simples amis qui se parlent mais Baekhyun y voit autre chose, un élément familier. Ils ont l'air confortable les uns avec les autres, trop proche aussi. Il tiens enfin son idée.
« Ne reste pas planté là ! Oh et arrête ta tête d'enterrement ! Kris c'est la fête d'anniversaire de ton père sourit un peu.
-J'essaie. Mais ce n'est pas une fête d'anniversaire c'est une fête d'entreprise ».
Son amie soupire. Ce n'est pourtant pas une surprise, le père de Kris a toujours fait évoluer sa vie en juxtaposition de celle de son entreprise. Fêtant plus ses deals commerciaux que ses anniversaires de mariage plus ses succursales que les baptêmes.
« Sourit sinon ta mère va encore te reprendre.
-J'ai presque trente ans, Kim, je doute qu'elle vienne encore me réprimander comme un enfant ».
Son amie hausse les épaules, non convaincue.
Kim et lui s'étaient connus quand il était revenu vivre en Chine. Ils étaient tous les deux des enfants « hors sol ». Elle Coréenne, lui Chinois. Ils avaient vécu dans différents pays et changés trop souvent de noms. Wu Yifan était finalement devenu Kris et pour son amie, comme son nom de famille coréen était Kim, de même que son nom d'emprunt international, c'était resté.
Comme personne de leur école ne voulait leur parler, ils étaient devenus amis. Puis finalement, Jongyan les avaient rejoint, le rejeté de la classe, celui qui ne voulait pas faire comme tout le monde. Ils ne s'étaient jamais quittés, même après que Kim et Kris aient tenté d'être plus que des amis pour finalement découvrir que le seul couple entre eux trois était entre Kim et Jongyan. Kris se disait parfois qu'il était sans doute étrange que sa meilleure amie soit son ex, et son meilleur ami, le mari de celle-ci. Peut-être que le fait que Kim soit la seule fille qu'il ait jamais connu et que son homosexualité soit irrévocable y était pour beaucoup. Ce n'était pas conventionnel, et alors, qui viendrait y redire ?
Il jette un regard désabusé autour de lui. Son père avait fait réunir dans la plus grande salle de l'entreprise : clients, associés, partenaires.. et c'était son rôle à lui de se placer en tant que successeur. De venir serrer des mains en prétendant connaître le nom qui les accompagnaient, dissimuler sa fatigue et surtout, être aimable et attentionné avec tous pour montrer quel bon directeur il ferait.
Il sort de sa rêverie quand il entend sa mère l'appeler. Vidant sa coupe d'un trait, il lance un regard d'agonie à ses amis avant de la rejoindre près du buffet.
« Ah te voilà. Viens, je voulais te présenter le fils de Jeon Industrie, tu sais la compagnie partenaire de ton père ».
Kris retient son soupir avant de se courber en un salut poli. Combien de fois devra t-il subir ce marchandage ? N'avait-il pas été assez ridiculisé de la sortes ? Sa mère était connue comme le loup blanc pour son rôle d'entremetteuse. Elle essayait depuis longtemps déjà de lui présenter tout les fils et petit-fils des hommes touchant de près ou de loin à leur entreprise. Rien ne pourrait lui faire plus plaisir que de coupler son union par une alliance commerciale. Il savait bien qu'il n'y couperait pas, dans son milieu le mariage arrangé restait la norme.
Jetant un demi regard à l'homme en face de lui, Kris s'efforce de rester poli, aimable et presque guilleret, il ne veut pas blesser sa mère. Elle souhaite véritablement l'unir à quelqu'un pour qui il pourrait ressentir un début d'affection. Pourtant elle s'évertue aussi à ne pas vouloir entendre que ce n'est pas dans ce genre de réception, - et surtout pas présenté de la sorte - qu'il peut se laisser aller à agir normalement et donc à se lier véritablement avec quelqu'un. Ses parents avaient eu de la chance, leurs parents avaient souhaité leur union dès leur plus jeune âge. La mère de Kris s'était un peu rebellé à cette idée mais comme son prétendant c'était sincéremment entiché d'elle, elle avait fini par cédé. Une vrai affection s'était nouée entre eux, se transformant en amour à la naissance de leur premier enfant, la soeur de Kris. Tous deux espéraient que la même chose se produise pour lui. Ils n'avaient pas eu leur mot à dire dans le mariage de leur fille aîné. Elle avait enroulé un riche entrepreneur japonnais autour de son petit doigt lors d'un voyage d'été et avait ramené à ses parents un gendre aussi bien qu'un partenaire commercial. Qu'auraient-ils pu avoir à y redire ? Maintenant ils ne leur restaient plus que leur fils à marier et ils avaient hâte de le voir convoler en noce.
Sa mère avait toujours ce petit sourire mutin et ce haussement de soucil quand elle lui présentait un nouveau prétendant. Une fois elle avait même été jusqu'à souligner à quel point son choix du moment était bel homme et ferait un bon père quand ils adopteraient - rien n'avait jamais été plus embarrassant que ce moment là. L'homme avait eu un sourire timide avant de piquer un far et Kris s'était vu prétendre un coup de fil pour se sortir de ce traquenard. Autant dire qu'il ne l'avait pas revu après ça. Et tant mieux, Kim Taehyun n'était pas du tout son style et ils n'allaient absolument pas ensemble.
Revenant dans un souffle à la conversation qui se déroule devant lui, il semble comprendre que sa mère fait encore des siennes en proposant un dîner entre les deux hommes. Il préfère l'interrompre vivement en prétextant un voyage d'affaire au Japon pour le week-end suivant et du travail à revendre pour les semaines à venir. Bien sûr rien de tout cela n'est vrai - enfin pas tout à fait, il a véritablement du travail par dessus la tête - mais il a aussi grandement besoin de "kris's time". Du temps, juste pour lui, où il n'est plus l'héritier Wu mais simplement Kris.
Sentant son téléphone vibrer dans sa poche, il en profite pour prendre rapidement congé. Il rejoint vivement le balcon où heureusement le vent frais à chassé tout les amateurs de fumées et les faiseurs de monde accoudés aux balustrades. Ce n'est qu'un texto, mais il préfère être seul pour le lire. Il n'a pas besoin de lire le nom de l'expéditeur pour savoir de qui il provient. Seul Tao lui envoie des messages où il y a plus d'émoticônes que de mots véritables. Il sourit bêtement en lisant son texte.
Ce n'est pas grand chose, il lui demande simplement ce qu'il fait, comment il va, mais cela suffit à lui redonner le sourire. Ca ne fait que quelques jours qu'ils se sont croisés à son travail, mais ils avaient clôt leur rencontre en échangeant leur numéro et depuis ils s'écrivaient régulièrement.
C'était tellement facile d'être avec lui. Tao n'avait rien à cacher. Il lui avait simplement dit qu'il lui plaisait - sans préavis ou rougeur. Comme la chose la plus naturelle du monde, c'était lui qui lui l'avait invité en rendez-vous. Il était très honnête sur qui il était et ce qu'il voulait, c'était tellement raffraîchissant. Au fil des années, Kris s'était assomé à voir les gens tourner autour de lui comme un pot de miel, en battant faussement des cils. Ils en avaient après son argent, sa position ou son physique ; mais n'en donnaient jamais le nom. Tao sous ses airs de grand enfant rêveur était l'homme le plus honnête qu'il ait jamais rencontré. Il ne lui avait pas demandé ce qu'il faisait dans la vie - un coup d'oeil sur son costume de luxe suffisait pour comprendre que sa situation n'était pas à plaindre - il avait seulement voulu savoir s'il était marié, s'il avait quelqu'un, et quand la réponse avait filtré, négative, il s'était contenté de sourire en lui tendant un bout de papier contenant son numéro.
Après ça, il s'était revu une fois, à l'expéditive. Ils avaient prévu de dîner ensemble mais le travail de Kris l'avait retenu plus longtemps que prévu. Il était arrivé en retard et Tao devait aller à un cours du soir ; ils avaient eu tout juste le temps d'acheter de la nourriture dans un food truck et de la manger en marchant vers l'université. Arrivant devant les portes, Tao avait regardé l'heure sur son téléphone avant d'avoir une moue triste.
"Il faut vraiment que je parte. C'est un cours obligatoire et ma prof et très à cheval sur la ponctualité".
Kris eu un simple hochement de tête. Il avait beau entendre ses mots, il n'y avait qu'une seule chose à laquelle il pouvait penser sur l'instant, il se mourrait d'embrasser Tao. Mais il n'était pas sûr que le jeune homme s'affiche en public, il hésitait. Réduisant la distance entre eux sans y prendre garde, il se redressa dans un sursaut quand il se rendit compte qu'il était déjà penché vers son visage. Le doute devait se lire sur son visage car Tao eu un petit rire avant d'enserrer sa chemise dans son poing pour le tirer vers lui et d'écraser ses lèvres sur les siennes. Le baiser fut bref mais il avait un goût sucré et Kris sentait qu'il en serait vite addict.
Le relâchant aussi prestement qu'il l'avait attrapé, Tao s'était éloigné à reculons avant de lui crier qu'il l'appelerait le soir en s'engouffrant dans son bâtiment universitaire.
Depuis, ils n'avaient pas pu se revoir mais ils s'écrivaient tout au long de la journée. Prenant son temps de peser ses mots, Kris lui renvoya un message pour lui dire qu'il était à une soirée d'entreprise et qu'il s'y ennuyait ferme. Il n'eut pas le temps de remettre son téléphone dans la poche que Tao lui répondait déjà. Il lui disait de fuir, que son colloc n'était pas là pour la soirée et qu'il pouvait passer. L'invitation était trop tentante et jettant un coup d'oeil à l'intérieur où sa mère était encore en pleine discussion avec son prétendu "date", il se dit qu'il aimerait vraiment bien pouvoir s'échapper. Mais il avait des responsabilités. Il savait que mêmes invisibles, il avait de nombreux yeux braqués sur lui. On surveillait s'il se comportait de la bonne façon, s'il n'y avait pas de fausses notes et clairement, s'enfuir de l'anniversaire de son père/intronisation de son successeur pour rejoindre son amant, plus jeune et encore étudiant, n'était pas en adquation.
Il poussa un long soupir avant de renvoyer un message disant qu'il ne pourrait pas partir avant encore deux heures. Il voulait savoir si Tao serait toujours debout à cette heure là. Il prit le smiley clin d'oeil comme une réponse positive et se rengouffra dans le bâtiment avec une détermination nouvelle. Il tiendrait ces deux heures, sourire aux lèvres, pour pouvoir vivre les heures suivantes sans contraintes.
La perspective d'une fin de soirée plus plaisante, permit à Kris de tenir facilement le coup. Il serra de nombreuses poignée de mains, s'entretient avec différents investisseurs et fit même plaisir à sa mère en prenant cinq minutes pour écouter ce que l'homme qu'elle lui avait présenté plus tôt avait à lui dire.
Prétextant un mal de tête il pu finalement se faire excuser plus tôt que prévu. Et même si ses amis lui lancèrent un haussement de sourcil connaisseur en le voyant récupérer son manteau, Kris se promit de tenir sa langue un peu plus longtemps. Il n'avait aucune idée d'où il allait avec Tao et il n'avait pas envie de tout gâcher en l'intronisant dans son monde. Le jeune homme avait cette fabuleuse capacité de créer une bulle hermétique autour de lui et Kris était plus que ravi de pouvoir s'y engouffrer. Avec Tao il oubliait ses contraintes professionnelles et la pression familiale, il avait juste envie que cela dure un petit peu plus longtemps.
Il reçut un message de Tao contenant son adresse tandis qu'il dégringolait les escaliers menants au parking souterrain. Rentrant les indications dans son GPS il fut soulagé de constater que le jeune homme n'habitait pas dans un quartier éloigné et surtout dans un environnement tout à fait recommandable. Il n'eut presque aucune inquiétude à garer sa voiture de luxe le long du trottoir, sans aucune protection.
S'approchant de la porte, il se contente de toquer deux coups sec et est soulagé de voir une ombre bouger rapidement par la vitre de la porte. Quand la porte s'ouvre, il est acceuillit par un Tao souriant.
"Tu es venu plus vite que prévu. Tu avais hâte de me retrouver ?"
Il y a quelque chose de moqueur dans le sourire de son amant et Kris à juste envie de l'effacer, avec ses lèvres. Ce soir, plus que d'habitude, il a le désir d'être impulsif. Alors il a l'audace de ses pulsions et au lieu de répondre avec des mots, il se contente de faire rentrer Tao dans son appartement et de plaquer ses lèvres contre les siennes en guise de bonjour. La dernière fois il n'avait pas eu le courage de faire le premier pas et cette fois-ci il a bien l'intention de se laisser aller à suivre ses désirs. Il souhaite y aller doucement, goûter Tao comme s'il avait tout le temps du monde devant lui. Et ce dernier ne semble pas être contre cette idée car il s'empresse de passer ses bras autour de son cou et de se coller contre lui. La porte est refermée d'un coup de talon et ils se laissent guider les yeux fermés dans l'appartement.
Leurs mains prennent vie d'elles-mêmes et prennent leur temps pour se retrouver, s'enlacer, s'embraser. Leur baiser devient plus pressant. Les mots semblent superflu quand Tao commence à les guider vers sa chambre. Il fait tomber la veste de Kris au sol. Une seule pensée semble les habiter comme une certitude, ce soir enfin, pour la première fois, ils ne se diront pas au revoir.
Baekhyun est ramené brutalement à sa réalité en sentant une main dans son dos. Il se surprend à cligner plusieurs fois les yeux pour revenir au présent et se tourne vers une jeune femme qui était déjà venue lui parler plus tôt. Elle avait semblée très réceptive à son petit discours sur les conditions difficiles des auteurs et avait paraphé son nom sur un chèque généreux à la fin de leur conversation. Il ne s'en était pas rendu compte sur le moment, mais c'est en la voyant lui tendre une coupe de champagne accompagné d'un sourire enjoleur, qu'il comprend que son intérêt n'était pas innocent. Machinalement il met la main dans sa poche à la recherche de son téléphone, la technique imparable pour se débarrasser des affections non-souhaités. Ce n'est qu'en rencontrant le vide de sa poche qu'il se souvint de l'avoir laissé dans le bureau de Jongdae. Ses pensées le ramène instantanément à Jongin.
Il s'en veut de ne pouvoir le contacter. Il se demande ce qu'aurait été leur soirée s'ils s'étaient retrouvés. Jongin est sans doute soucieux de ne pas avoir de nouvelles de lui ? Et lui ? Il se demande s'il l'est de ne pas pouvoir le joindre pour le rassurer. Il est déconcertant de voir avec quelle rapidité Jongin a réussit à s'imposer dans son quotidien.
Avec un dernier regard sans regret, il observe la femme en face de lui. Il y a encore quelques jours il aurait pu se laisser séduire, il aurait pu lui répondre par un sourire encourageant. Mais ce soir, il n'y pense même pas. Il n'arrive pas à s'empêcher de comparer, de trouver de la vivacité et de la malice dans le regard de Jongin, contre de l'indécence et de l'apathie dans celui de la jeune femme. Il se surprend à décliner rapidement ses avances et à esperer silencieusement que la soirée se termine rapidement. Il faut qu'il soit honnête avec lui-même, il aurait préféré être avec Jongin ce soir.
Pour Jongin, la soirée semble, elle, comme figé dans le temps. Il a envoyé à Baekhyun trois messages et tentés deux fois de l'appeler, sans réponse. Ne laissant pas de trace vocale à la fin de son deuxième appel, il s'était résigné. Il aurait pu tenter de le recontacter encore plus tard dans la soirée mais il n'avait pas envie de paraître plus désespéré qu'il l'était déjà. Pour se rassurer il se disait qu'il était peut-être survenu un imprevu et préférait laisser le choix à Baekhyun de le recontacter lui-même, s'il en avait vraiment l'envie.
Il avait fini sa journée de travail, l'air morose. Yixing lui avait proposé de sortir boire un verre après la fermeture de la clinique, mais il avait décliné. Il n'avait pas envie d'embêter son ami avec son air maussade et avait juste le souhait de rentrer chez lui, regarder un film roulé en boule sur son canapé et bouder.
Il en était à la deuxième phase de son plan quand un coup de sonnette vint l'interrompre dans son choix de film. Il n'attendait pourtant personne ?
Il se surprend à songer à Chanyeol avant de se rappeler que son ami ne se donnait jamais la peine de sonner avant de faire irruption chez lui. Il ne sait pas à qui s'attendre en ouvrant la porte, et reste interdit en reconnaissant la carrure de Yixing derrière une pile de boîtes de pizza et un sac plastique semblant contenir de la bière.
"Yixing ?"
Le jeune homme semble embarrassé en s'engoufrant dans l'appartement et se débarrasse de son chargement dans les bras de son hôte.
"Oui, hum .. je sais que tu m'as dit vouloir rester seul ce soir, mais tu avais l'air déprimé et tu as plus de chaînes cablés que moi alors...". Voyant le visage de Jongin conserver son air étonné, il ajoute en haussant les épaules "Je sais, je t'ai dit la dernière fois que je n'étais pas très doué pour les conversations.. disons plus personnelles. Mais je tournais en rond chez moi et ... je sais pas, je me suis dit qu'en tant que la personne qui supporte ta mauvaise humeur tous les jours, il était de ma propre tranquillité d'essayer de te remonter le moral".
Jongin n'insiste pas et remercie son ami d'un sourire. Pendant qu'il récupère des snacks dans la cuisine, il lui dit de s'installer dans le salon et de mettre ce qu'il veut à la télévision.
Jongin avait rencontré Yixing à l'école de médecine. Pendant deux ans ils s'étaient ignorés, l'un comme l'autre étant persuadé que le second ne l'aimait pas. C'était au cours d'une soirée arrosé qu'ils s'étaient finalement rendu compte de leur erreur et s'étaient décidé à être amis. Ils avaient fini leurs études en partageant même un appartement la dernière année. Se retrouvant enfin diplômé, ils comprirent que le marché du travail ne les attendait pas et comme la famille de Yixing se trouvait être fortuné et avoir des contacts, au lieu d'attendre que quelqu'un veuille bien les embaucher ils étaient devenus les employeurs. Yixing ne se voyait pas monter sa clinique vetérinaire tout seul et il savait que Jongin pouvait être le partenaire sur qui compter. Exploitant au maximum le réseau de la famille Zhang, ils avaient réussi sans trop de mal à entretenir une clientèle fidèle. Ça avait été l'idée de Jongin d'élargir les possibilités en proposant des visites à domicile, il n'en pouvait plus des femmes à chats et des enfants et leurs lapins.
Cela faisait maintenant deux ans qu'ils s'étaient installés dans la clinique. Leur vie commune longtemps dépassé, ils vivaient désormais séparemment mais continuaient à se voir fréquemment en dehors du cadre du travail – et bien couvent autour d'un ballon de basket ou d'une bierre. Mais il est vrai qu'en y réfléchissant, leur amitié n'était pas "intime" - comme elle l'était en tout cas entre Chanyeol et Jongin. Ils avaient vécu un an ensemble mais durant leur pire année d'université, ils n'avaient fait que se croiser tout au long de ces mois. Ne se retrouvant que pour décompresser, sommnolant sur un canapé ou ennivrés dans des soirées sans aube. Chanyeol partageait avec Jongin ses multiples facettes et confidences alors qu'avec Yixing, il n'y avait que les bons côtés. Bien sûr Yixing lui était cher, c'était un bon ami sur qui on pouvait compter et qui était toujours présent mais à y réfléchir, il est vrai que Jongin ne se rappelle pas avoir jamais eu une discution à coeur ouvert. Comme s'il restait encore un peu de pudeur entre eux.
C'est pour cela que le jeune homme était surprit de le voir, déboussolé, dans son salon. Depuis plus d'un an que Yixing était en couple, il était rare qu'ils se retrouvent seuls hors du cadre du travail. Généralement quand ils se retrouvaient, dans un bar ou sur un terrain de sport, c'était l'occasion d'un plus grand rassemblement ralliant tous leurs amis communs.
"Tu étais tout seul ce soir ? Amy n'est pas là ?
Non, elle a un séminaire à Pyeongchang. Elle ne rentre que la semaine prochaine".
Interprétant facilement la mine rembrunie de son collègue, Jongin n'eu aucun mal à comprendre qu'il n'était pas le seul à porter le poid de la solitude ce soir. Amy travaillait pour un grand groupe pharmaceutique et afin d'obtenir la promotion qu'elle lorgnait depuis longtemps, elle avait mis les bouchées doubles ces derniers mois. Cela avait pour conséquence de vivre dans les valises et de ne montrer sa frimousse à Yixing qu'en de rare occasions éparses. Comme son ami n'avait jamais eu l'air de vouloir s'en plaindre, ou du moins d'en parler, Jongin avait toujours pensé que la situation ne posait pas de problème. Mais à le voir ce soir, assis sur le tapis, une part de pizza dans la main et la télécommande de la télévision dans l'autre, le jeune homme se dit que pour lui aussi il aurait pu être plus à l'écoute.
Prenant une bierre sur la table et tendant un paquet de chips à son ami, Jongin vient s'asseoir à ses côtés, à même le sol et porte son attention sur la chaîne choisie, une compétition sportive.
Comme ils n'est pas dans leurs habitudes de se confier les parts les plus intimes de leur quotidien, il faut aux deux hommes quelques verres de plus avant d'entammer une conversation plus sérieuse. Laissant les commentaires sportifs en fond, ils en viennent enfin à se parler des choses importantes.
"Je sais que je ne suis pas ton pote "girls-talk" non plus mais tu sais si … si c'est compliqué des fois tu peux vider ton sac".
Yixing prend le temps de boire lentement une gorgé et de se passer une main sur la nuque, gêné, avant de finalement se tourner vers Jongin.
"Je sais. C'est que j'ai pas l'habitude. J'ai toujours gardé un peu pour moi ce qui allait pas et j'ai .. j'ai personne. Enfin je veux dire, c'est pas comme toi. J'ai pas un Chanyeol."
La formulation est étrange mais Jongin voit parfaitement où il veut en venir. Trouver quelqu'un avec qui on peut tout dire ce n'est pas évident. Etre impudique est bien plus compliqué que d'être pudique.
Jongin se rapproche assez de Yixing pour poser sa main pour son épaule.
"C'est Amy ?"
Yixing hoche doucement la tête avant de répondre.
"Oui. Je sais qu'en ce moment elle ne vit que pour le boulot, et je comprend. C'est éphémère, juste le temps de la promotion donc je devrais pas m'en faire mais .. j'ai comme l'impression qu'on avance plus dans la même direction. On s'est rencontré tout juste après l'ouverture de la clinique, je me demande même si elle a pas été une des premières a venir nous démarcher. Ça va faire deux ans, je te cache pas qu'on a commencé à parler mariage, enfant … et maintenant? Je sais plus. On arrive même plus à se voir une semaine complète."
La situation avait escaladé bien trop vite pour Jongin. On était passé de la situation de simple solitude à un homme qui se remet en question. Il n'aimait pas la direction que prenait les pensées de Yixing.
"Mais ce n'est que temporaire ? Tu l'as dis toi même, juste le temps de la promotion non ?
Oui. Mais le problème c'est que si elle a cette promotion, elle aura plus de responsabilités et donc plus de boulot. Je ne sais pas si les aller-retour vont s'arrêter avec son nouveau poste ? Et puis..." Yixing se coupe lui même en secouant la tête.
"Et puis quoi ?
Eh bien.. C'est difficile à expliquer mais .. je sais pas, je trouve qu'avec tout ce stress elle a changé. Elle est plus aggressive qu'avant, trop compétitive aussi. Parfois je ne la reconnais plus. Elle semble prête à tout pour ce maudit poste et .. je ne vois pas bien pourquoi."
Jongin voyait très bien ce que Yixing voulait dire par là, lui aussi il avait déjà vécu avec quelqu'un qui avait la gagne dans le sang.
Il n'y avait pas de bonnes ou de mauvaises réponses à apporter, Yixing avait surtout besoin de pouvoir s'épancher, de s'entendre dire tout ça à voix haute. Les verres suivants leur permirent de rire de leurs situations personnelles. Jongin se livra lui aussi, parlant de sa morosité de la journée. Il se sentait ridicule d'avoir déjà placé tellement d'espoir en Baekhyun, d'en attendre tellement. C'est juste que ce coup de coeur lui avait coupé le souffle. Comme tout le monde, il espérait rencontrer la personne avait qui il ferait sa vie. Et là, la différence résidait – inaliénable – il ne cherchait plus sa personne mais simplement quelqu'un avec qui il se verrait vieillir, harmonieusement. Ce n'était pas romantique mais confortable. Du moins il s'était persuadé ces dernières années que c'était ce qu'il voulait. Il s'était interdit les passions, il savait trop bien qu'on s'y brûlait invarriablement. Alors il ne comprenait pas pourquoi il s'enflammait pour Baekhyun.
D'en parler à Yixing lui fait réaliser l'ironie de la situation. Il essaye de tourner un hétéro en amant pour qu'ils puissent se confummer à deux mais pas trop intensémment afin d'être sûr de ne pas refaire les mêmes erreurs. Pensait-il vraiment être cohérent ? Il ne savait pas à quel jeu il jouait avec Baekhyun. Il était sûr de ne pas simplement vouloir lui voler quelques nuits et pourtant pour des relations plus sérieuses, les hommes comme Baekhyun il les fuyait comme la peste. Les idéalistes, les romantiques.. il ne voulait pas les voir se briser en confrontant la réalité. Il ne voulait pas voir leur visage, déçu, quand ils se rendaient compte qu'il n'était pas celui qu'ils attendaient, qu'il était déjà brisé.
Mais il y avait quelque chose qui, malgré les signaux d'avertissements, l'attirait irrémédiablement vers lui. Physiquement, oui il était son type. Il était plus que ça, il était parfait. Tout en jambe et en sourires, Jongin en perdait la tête. Mais au delà de ça c'était son étincelle qui le fascinait, son côté mutin, sa douceur. Il avait une personnalité vive et exaltante et Jongin souhaitait en connaître davantage, même s'il se doutait qu'il allait s'en brûler les doigts à la fin.
Le seul conseil qu'un Yixing éméché fut capable de lui donner, fut de foncer. Il ne pourrait pas avoir plus mal qu'il l'avait déjà eu dans le passé. Il n'y avait rien de plus triste que d'avoir des regrets pour une histoire à peine ébauchée. Nier son attirance serait absurde, surtout sachant que pour l'instant Baekhyun avait été plutôt réceptif. Enfin il l'espérait, son silence n'était pas de bon augure.
C'est finalement le sommeil qui mit fin à leur accablement. Laissant leurs paupières lourdes prendre la décision à leur place, ils finirent par s'endormir sur le canapé, la télévision toujours allumée.
Le réveil, la bouche pâteuse, ne fut guère agréable. Peletonnés sur le canapé, ils avaient prit le plaid et leurs sweats comme couvertures. Jongin est le premier à s'étirer sur le sofa, il savait d'avance que les mauvaises positions qu'il avait prises dans la nuit allaient se rappeler à lui tout au long de la journée. Massant ses muscles endoloris, il jette un regard à Yixing, roulé en boule, emitouflé dans un plaid. Quelle drôle de soirée ils avaient passés ! Mais il en était heureux, cela les avait sûrement rapproché. Se dirigeant silencieusement vers la salle de bain, il prend le temps de se doucher et se changer avant de revenir vers la cuisine, Yixing ronflant toujours. C'est finalement le bruit de la machine à café qui l'éveille de sa torpeur. Jongin a un petit sourire en le voyant, penaud, se balancer d'un pied sur l'autre en murmurant des excuses.
"Mais de quoi tu t'excuses Yixing? Ce qu'on s'est dit hier reste entre nous, ça ne change rien. Aller je te fais un café et on essaie de se reprendre avant d'aller à la clinique ?".
Jetant un regard horrifié à la pendule, Yixing se rend compte qu'il est déjà tard, ils n'arriveront probablement pas à ouvrir à l'heure ce matin. D'un signe de la tête, Jongin lui désigne la salle de bain et Yixing le remercie rapidement en se dépêchant d'aller se laver à son tour. Étrangement le silence n'est pas pesant entre eux. Ils prennent rapidement leur petit déjeuner et Jongin prête des vêtements à son ami pour qu'il se change. Ils rient du bazard qu'ils ont créé la veille en jetant un regard à la table basse couverte de boîtes de pizza et de cannettes vides.
Comme Yixing était venu en métro la veille, ils montent tous deux dans la voiture de Jongin et laissent la radio les accompagner sur le chemin. Jongin surprend Yixing à fredonner certaines chansons, cette journée sera mieux qu'hier, il le sent.
Convaincu qu'un esprit positif apporte bonne fortune, Jongin reste souriant tout au long de la matinée, même si certains patients plus que d'autres ont le don d'user sa patience. Il se demande s'il a le temps de se faire un thé avant que son prochain patient entrent quand il entend deux coups à la porte. Il hausse les sourcils en voyant la tête de son collègue passer dans l'entrebaîllement.
"Hey! Hum .. je sais que d'habitude tu essaie de prendre une micro pause entre les rendez-vous à cette heure là, mais j'ai quelqu'un pour toi … assez insistant.
Quoi ?"
Yixing a un petit sourire complice avant d'ajouté en riant :
" Je te l'envoie et je prend ton patient suivant t'inquiète." Laissant Jongin dans la confusion, il se retire avec un clin d'oeil et de la main fait entrer quelqu'un dans son bureau.
"Sexy?"
Baekhyun a un petit sourire gêné en entrant dans la pièce. Il lui murmure un "salut" en lui faisant un petit geste de la main.
Sans s'en rendre compte, Jongin s'était levé de son fauteuil. Il a un air incrédule sur le visage et tente de demander "Pourquoi.. ? Comment ..?" mais n'arrive qu'à bafouiller, sans terminer ses phrases.
"Hum.. pour hier, je voulais t'expliquer. En fait, mon rendez-vous à été plus long que prévu et j'ai été voir mon éditeur dans la soirée. Il a voulu me traîner à une réception d'affaire, je voulais te prévenir mais j'avais plus de batterie. Et comme j'ai oublié mon téléphone en partant, je n'ai vu tes messages que ce matin. Je suis vraiment désolé. J'ai pas ..". Baekhyun reprend sa respiration avant de finalement regarder Jongin dans les yeux. "Je suis sûr que tu penses que je voulais te planter, mais .. non. J'ai pas essayé de m'enfuir."
Il y avait quelque chose de surréel à ce que Baekhyun soit dans son bureau et au lieu de poser les véritables questions, Jongin se surprit à être pragmatique tout d'un coup.
"Mais comment tu m'as trouvé ? Enfin, je veux dire, la clinique comment ..?
Tu m'avais envoyé l'adresse par texto.
C'est vrai. Mais.. ok je résume, hier tu étais coincé ? Et tu n'as pas pu me joindre ?
C'est ça.
Mais pourquoi tu es là ?" A peine les mots avait-il franchi ses lèvres que Jongin se morrigéna mentalement. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait savoir et c'était si mal formulé. Pourtant Baekhyun ne sembla pas en prendre ombrage, il avait l'air de comprendre ce que son compagnon sous entendait par là.
"En voyant tes messages ce matin j'ai voulu te répondre mais comme j'ai vu que ta clinique était vraiment pas loin, je me suis dit que c'était plus simple de passer.
Tu aurais pu m'envoyer un texto ?" Il n'avait pas du tout envie de faire sonner son ton si durement mais Jongin voulait surtout comprendre. Il avait cru la veille qu'il s'était fait mener en bateau et désormais il cherchait une certitude. Baekhyun aurait pu dire n'importe quoi, lui envoyer un message d'excuse sans justification. Au lieu de ça il s'était déplacé pour venir lui parler en face en face, pourquoi ?
"J'aurais pu … j'y ai pensé mais j'arrivais pas à trouver mes mots, je me suis dit que ..
que quoi ?"
Baekhyun vient doucement s'approcher du bureau, jouant avec ses doigts.
"Que tu penserais que c'est une excuse. Et une mauvaise en plus". Jongin hoche la tête lui donnant raison. "Je ne travaille pas aujourd'hui et je me suis dit que ce serait sûrement plus compréhensif que je passe t'expliquer tout ça plutôt que je m'emêle dans un texto incompréhensible".
Il ne saurait pas dire comment mais Jongin a l'impression qu'il y a quelque chose de plus. Baekhyun semble vulnérable ce matin et il ne sait pas ce qui le pousse à insister mais il réitère encore une fois, d'un ton plus doux cette fois.
"Sexy, pourquoi tu es là, vraiment ?". Il peut presque voir la bataille intérieur auquelle le jeune homme semble se livrer. L'observant se mordiller la lèvre inférieur, il contourne son bureau pour venir se poster près de lui, adossé à sa table. Finalement, Baekhyun se décide à relever les yeux vers lui.
"Je ne voulais vraiment pas que tu crois que j'essayais de m'esquiver et …", il y a un long moment d'hésitation avant que finalement il continu dans un souffle "je voulais te voir".
S'en était fini de la période de probation. Jongin ne savait pas qui ou quoi il devait remercier mais Baekhyun semblait s'être finalement décidé à lui donner sa chance, à leur donner une chance.
"Ok. Alors si ce soir je t'invite à nouveau, pas de mauvaises surprises cette fois ?". Baekhyun répond par la négative d'un signe de la tête, retrouvant un petit sourire discret.
"Et si je dis qu'on fait la totale ? Le grand classique, restau, ciné, river Han.. un vrai date ?"
Cette fois ci Bakhyun se laisse aller à un vrai sourire et ose même s'approcher encore de Jongin pour lui répondre.
"Un date !"
