Un mois avant le début du FFI.
Deux jours après le match qui les avaient opposés à la sélection allemande, l'équipe d'Inazuma Japon était occupée à s'entraîner. La semaine suivante, ils devaient rencontrer la sélection mexicaine, une équipe qui avait été sélectionnée d'office en sa qualité d'hôte de la compétition. En effet, cette année la fédération de football international avait vu les choses en grands et avait décidé d'organiser le FFI dans trois pays : le Mexique, les Etats-Unis et le Canada.
Le groupe était surmotivé, pleins de bonnes ambitions et la bonne humeur se ressentait. Grace à Marc, le reste de l'équipe s'était rapidement remis de la défaite contre l'Allemagne, et était déterminé à se remettre au travail pour qui sait, peut-être rencontrer une nouvelle fois cette équipe lors du mondial, et les battre.
Sur les bancs, Célia et Miya s'appliquaient à remplier des gourdes de boissons énergisantes tout en discutant. A leur côté, Emi était comme à son habitude, concentrée sur son téléphone.
- Sais-tu où s'en est allé Nelly ? Demanda Célia à Miya alors que celle-ci remplissait une dernière gourde de jus de ginseng.
- Elle est à l'aéroport, l'un de nos amis doit arriver cet après-midi comme conseiller sportif pour l'équipe.
Mais Célia ne l'écoutait plus observant Emi qui riait toute seule. En même temps, Axel et Elliot arrivaient vers le banc afin de s'hydrater.
- Qu'est-ce qui te fais rire ? Demanda Célia se rapprochant d'Emi.
- Andreas vient de m'envoyer une vidéo d'Aïden Mandel et lui à l'entraînement. Regarde cette chute !
Célia observa la vidéo avant de joindre son rire à celui d'Emi. Exaspérée, Miya leva les yeux au ciel en tendant une gourde et une serviette à Elliot. Elle se tourna vers Axel afin de répéter son geste, et s'étonna de ses traits durcis.
- Axel ? Tout va bien ? Tu ne te sens pas bien ? Tu souhaites te reposer ? L'interrogea-t-elle pressement.
Ce dernier se détendit brusquement, se saisit de la gourde, de la serviette et épongea son front.
- Tout va bien, ne t'inquiète pas ! Il fait chaud, j'ai la tête qui tourne un peu, je vais aller faire un tour à l'ombre !
Miya hocha la tête alors qu'Emi, interpellée, suivait Axel. Ce dernier ne sembla pas la remarquer et l'ignora, se dirigeant avec hâte vers les vestiaires. Etonnée, la jeune fille fit demi-tour.
Le reste de l'équipe arriva à son tour, assoiffé. Les trois jeunes filles se précipitèrent vers eux afin de leur servir à boire. La brune, voyant Jude se mettre à l'écart, se précipita vers lui afin de lui tendre une gourde.
- Tout va bien ? La chaleur ne te donne pas mal à la tête ? Lui demanda-t-elle en se saisissant d'une serviette à son intention.
Il ne lui répondit pas, préférant s'éloigner, le jus de ginseng dans la main. Déterminée, Miya s'élança à sa suite.
- Jude ! Nous ne sommes pas obligés de nous ignorer ! Soyons amis, s'il te plaît !
- Je n'ai pas envie d'être ton ami, dit-il sans se retourner, je préfère que nous nous ignorions. Ce ne sera pas si difficile, tu n'es là qu'aux entraînements.
Miya resta muette. Etait-il en train de lui reprocher de ne pas avoir assisté à la rencontre contre l'Allemagne ? La brune aurait aimé que ce soit le cas, qu'il est remarqué son absence et qu'il s'en soit inquiété.
Selon Emi et Célia, il avait fait un très bon match et la jeune fille avait regretté de ne pas l'avoir vu jouer.
C'était le joueur qu'il était qui l'avait fait tomber amoureuse de Jude. Il était toujours calme et réfléchi mais néanmoins passionné. Elle avait d'abord aimé le joueur, raison pour laquelle elle assistait aux rencontres de l'école Polaris alors qu'elle n'y était même pas inscrite. Et puis, elle avait fini par aimer le garçon qui se cachait derrière le joueur : tout aussi calme et réfléchi, mais beaucoup plus souriant qu'il n'y paraissait. Elle ne supportait pas de le voir si froid à son égard, de le voir l'ignorer. Elle soupira en regardant Jude s'éloigner en riant en compagnie de Marc et Heath, un ballon dans la main, indiquant du doigt un point dont seulement eux étaient capable d'en comprendre l'intérêt.
Quelques dizaines de minutes plus tard, alors que l'entrainement touchait à sa fin, Nelly se joignit enfin à eux. D'un geste discret de la tête, elle indiqua à Miya que leur ami était arrivé bien arrivé et qu'il les rejoindrait aussitôt l'annonce faite aux joueurs d'Inazuma Japon.
Alors que Marc repoussait pour la dernière fois de la journée un tir combiné de Heath et Elliot, Nelly les invita à se regrouper autour d'elle.
- Que se passe-t-il Nelly ? Demanda Marc en s'installant près d'elle, Quelque chose ne vas pas ?
- Non, bien au contraire, j'ai une excellente nouvelle, répondit-elle en souriant à l'intention du groupe. Le coach Yi et moi-même sommes très heureux d'avoir embauché pour vous un conseiller technique et sportif qui vous guidera dans le perfectionnement de vos supers techniques et de vos fondamentaux. Je suis allée l'acceuillir en début d'après-midi à l'aéroport d'Haneda.
Alors que des murmures impatients s'élevaient dans l'air, une silhouette masculine s'avança vers eux. Bien vite, on devina sans erreur possible des cheveux bruns et un grand sourire qui parut familier à un grand nombre de joueur. Marc fut le premier à deviner.
- Mais… Ce n'est pas possible ! Ne me dîtes pas que c'est Paolo !
- Ne sois pas stupide Marc, se moqua Nathan, Paolo est en ce moment même en train de s'entraîner avec la sélection italienne.
- Non, Marc a raison ! Rajouta Jude, c'est bien Paolo !
Des regards surpris se posèrent sur le fameux Paolo Bianchi qui arrivait tout sourire en faisant de grands signes de mains. Marc se précipita vers lui, fou de joie de le revoir.
- Paolo, c'est incroyable ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? S'époumonait Marc en riant, les yeux brillant.
L'italien se joignit à son rire et se dirigea vers le reste de l'équipe d'Inazuma Japon.
- Calme-toi Marc ! Je vais tout vous expliquer !
Paolo prit le temps de saluer tout le monde avant de se placer au centre du cercle que les joueurs d'Inazuma Japon avaient formé. Les salutations et les retrouvailles avaient été joyeuses, mais Marc pressentait que les explications le seraient beaucoup moins. Paolo, pourtant constamment souriant, avait baissé la tête et une ombre s'était faîte une place de choix dans son regard bleu océan. Il commença :
- Je n'ai pas été sélectionné dans l'équipe d'Orphée pour le FFI.
Cette révélation provoqua une violente onde de choc dans les rangs d'Inazuma Japon. Alors que Jude fronçait les yeux, clairement surpris, Axel et Elliot dévisagèrent longuement le météore blanc à la recherche d'un rictus moqueur annonçant une plaisanterie. Marc, choqué, cria un « Quoi ? » sonore et révélateur de l'incompréhension qui était la sienne. Paolo se mit à rire nerveusement.
- Ce n'est pas une blague ! Beaucoup de joueurs originels de la sélection italienne n'ont pas été rappelés. Leur nouvel attaquant vedette s'appelle Giuliano Vespussi, c'est un très grand joueur. Il bénéficie du soutien de sa mère et de son beau-père qui est président de la fédération de football italienne.
- Ce n'est pas une raison pour évincer la presque totalité des cadres d'une équipe, intervint Jude alors qu'un silence pesant s'installer.
- Jude a raison, intervint soudainement Nelly qui jusque-là était restée silencieuse, il est fort probable qu'une machination se trame derrière la sélection d'Orphée. Nous avons fait venir Paolo afin qu'il puisse continuer de mener l'enquête lors du mondial. Intégrer l'équipe du staff d'Inazuma Japon était la seule solution pour qu'il puisse accéder à l'intérieur de la compétition.
Un silence pesant se fit alors que chacun prenait le temps d'assimiler les nouvelles. Marc, un peu naïvement, avait eut l'espoir que pour une fois, il disputerait une compétition sans autre enjeu que le plaisir de jouer au football. Il s'était trompé.
Jude et Axel s'étaient échangés des regards inquiets. Il se jouait maintenant quelque chose qui les dépassait largement mais auquel ils étaient maintenant irrévocablement lié.
- Bien évidemment, je pourrais également vous donner quelques conseils techniques et vous épauler sportivement, sourit Paolo en coupant court aux interrogations de chacun, après tout vous êtes mes amis.
Des exclamations joyeuses ponctuèrent cette intervention. Mais Heath, avisé, calma les ardeurs de tous, ne pouvant s'empêcher de penser à de quelconques répercussions sur la sélection japonaise.
- Nelly, doit-on craindre nous aussi une menace ?
- C'est une possibilité que nous ne devons ni exclure, ni prendre à la légère. Soyez vigilant, mais n'en oubliez pas pour autant le football. Continuez de vous entraîner dure et pensez foot avant tout. Le FFI est dans un mois, nous y seront rapidement.
Jude ne manqua pas le regard sombre qu'adressa la jeune femme à Miya. Il eut aussitôt la désagréable sensation qu'elles n'étaient pas si sereine qu'elles voulaient le faire croire. Il eut aussitôt envie d'en parler à Marc et Axel, mais les joueurs se dispersaient déjà.
Certains se dirigeaient vers les vestiaires afin de prendre une douche bien mérité, tandis qu'un petit groupe composé de Marc, Axel, Heath et Elliot notamment s'éloignaient avec Paolo, un ballon à la main. Le stratège balaya alors dans un coin de sa tête toutes ses inquiétudes. Avant toute chose, il fallait fêter l'arrivée de l'italien parmi eux avec une bonne partie de football.
Observatrice, Miya se mit à sourire. Comment Marc aurait-il pu se rendre aux vestiaires sans s'être accordé une séance de tir au but avec son ami fraîchement retrouvé ?
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Emi attendait qu'Axel sorte des vestiaires afin de discuter avec lui. Elle avait été surprise de son attitude plus tôt dans l'après-midi, et s'inquiétait de son insolation. Elle ne pensait pas avoir à l'attendre trop longtemps, s'étant tous deux mis d'accord dans la matinée, pour une petite balade dans la capitale japonaise qu'Axel s'était engagé à lui faire découvrir. Mais alors que les aiguilles du cadran de sa montre tournée, Axel n'était toujours pas là. Pour la énième fois, Emi sorti son téléphone de sa poche et fit défiler son fil d'actualité Instagram. Andreas venait tout juste de poster une nouvelle vidéo d'un passage de leur entraînement. Emi leva les yeux au ciel en souriant, il n'avait que ça à faire !
- Qu'est-ce que tu regardes ? Lui demanda Axel en souriant, surgissant derrière elle.
Emi fut soulagée de le voir sourire et se tourna vers lui, scrutant attentivement ses pupilles.
- Comment vas-tu ? Tu te sens mieux ? Lui demanda-t-elle en posant une main sur son front pour vérifier sa température.
- Beaucoup mieux, ne t'en fais pas ! Lui répondit-il en prenant sa main dans la sienne et en commençant à marcher. Je n'ai pas été trop long ? Que faisais-tu en m'attendant ?
- Axel sérieusement ! Tu as mi près d'une demi-heure, j'en avais vraiment marre de t'attendre.
- Il fallait partir dans ce cas-là, lui répondit-il en riant, je ne t'ai pas forcé à m'attendre !
La jeune fille haussa les épaules. Continuant de marcher près de lui comme si de rien était.
- Où allons-nous ce soir ?
- Je suis lessivé Emi, on peut remettre ça à demain ?
Mais la jeune fille ne l'écoutait plus, concentré sur son téléphone qui indiquait un nouveau message. Axel ne s'en offusqua pas, ça avait toujours été comme ça avec Emi. Alors que d'autres débarquaient dans la vie des gens avec un chat ou un chien, il fallait acceptait Emi avec son téléphone portable. Patient, Axel attendit qu'elle réponde.
- Qui est-ce ? Ne put-il s'empêcher de demander pour autant.
- C'est Andreas ! Il me demande ce que je fais. Je lui réponds quoi du coup : on va se balader ou on rentre ?
La jeune fille s'étonna de voir Axel perdre son sourire et se détourner d'elle.
- Fait ce que tu veux, moi, je rentre !
Elle se précipita vers lui.
- Axel, je peux savoir ce qui t'arrive au juste ? Tout allait bien et voilà que tu fais de nouveau la tête.
- Je n'aime pas Andreas, répondit-il sincèrement, il est orgueilleux.
- Enfin, Axel ! Fais un effort ! Andreas est mon meilleur ami, nous nous connaissons depuis toujours. Et puis comment peux-tu dire ça ? Tu ne lui as jamais parlé !
- C'est ton meilleur ami, pas le mien ! Je n'ai aucune raison de l'apprécier.
La blonde s'étonna de la réponse sèche de son petit-ami. Jamais elle ne l'avait vu aussi froid et sur la défensive. En temps normal, elle se serait énervée davantage, n'acceptant pas que les gens s'énervent pour rien. Mais il s'agissait d'Axel : rien à voir avec les autres crétins qui lui avaient servi de copain dans les années passées.
- Tu as raison ! Tu as le droit de ne pas apprécier mes amis, reprit-elle doucement, mais ça ne sert à rien d'être sur la défensive lorsque je discute avec lui, tu ne crois pas ?
- Fais-ce que tu veux Emi ! Mais ça ne sert à rien de venir me voir lorsque tu parles avec lui ! Sur ce, bonne soirée, je rentre moi ! Dit-il calmement.
Emi rougit de colère d'être laissé là, toute seule. Pour qui se prenait Axel ? Il ne le connaissait même pas. S'il pensait qu'elle allait suivre à la lettre tout ce qu'il lui dictait, il se mettait le doigt dans l'œil.
Au même moment, du côté de Miya.
Miya était en train de ramasser les ballons éparpillés sur le terrain à l'issus de la séance d'entraînement. Tout obnubilés qu'ils l'étaient par Paolo, les joueurs avaient oublié la traditionnelle séance de rangement qui accompagnait chaque fin d'entraînement. La brune ne leur en tenait pas rigueur pour autant, comprenant parfaitement l'excitation qui émanait de chaque joueur de football qui retrouvait un ancien adversaire tant apprécié. Alors qu'elle se baissait pour ramasser une nouvelle balle, deux mains la saisirent avant elle.
- Ça faisait longtemps, Miya !
Paolo lui faisait face, tout sourire, le ballon dans les mains. Elle lui sourit en retour, heureuse de le revoir. Ils s'étaient rencontré en Allemagne, alors que Nelly l'avait rejointe pour discuter du poste de manageuse de l'équipe d'Inazuma Japon. Elle avait été étonnée de la trouver accompagner du jeune italien, qui était alors en stage au pays. Nelly repartie, ils avaient passé beaucoup de temps ensemble, avant que le jeune homme ne reparte deux mois avant elle. Miya aimait qu'il soit un joueur de football si passionné et un ami si loyal.
- Je suis heureuse de te revoir, Paolo !
Se sentant soudain mal à l'aise de se montrer si joyeuse, elle tempéra son excitation, et ajouta :
- Bien que ce ne soit pas dans les meilleures conditions, c'est vrai. Tu t'es battu tellement dur pour sélectionner l'équipe d'Orphée au FFI, tu aurais mérité d'aller défendre ton équipe au mondial.
Ce dernier haussa les épaules, résigné, et lui offrit un éblouissant sourire, lui signalant par ce geste qu'il partageait sa joie de se retrouver. Miya était étonnée qu'il ne semble pas si déçu que ça, et qu'il prenne les choses aussi bien. Elle n'aurait sûrement pas réagit aussi calmement à sa place.
- Les affaires qui m'emmènent ici sont plus importantes, Miya ! Nelly m'a confié que vous aviez trouvé une piste il y a peu dans son bureau ?
- Rien qui ne concerne des transactions illégales et des liens avec la fédération italienne. Si Giuliano Vespussi est bel et bien son neveu, il cache ses liens avec lui magnifiquement, lui apprit Miya en soupirant, je suis désolée de ne pas pouvoir t'aider plus.
- Ne t'inquiète pas pour ça, répondit-il en se dirigeant vers un autre ballon, Miya sur ses talons, si déjà vous avez trouvé un moyen de l'empêcher de nuire à Inazuma Japon, c'est une bonne chose. Il s'agit d'un réseau où tout est lié, en détruisant un verrou à la fois, nous viendrons à bout de lui et de ses agissements.
Miya lui sourit grandement, heureuse qu'il soit parmi eux. La motivation de Paolo ne serait pas de trop dans la bataille qui les opposait à ce mafieux, prêt à tout pour contrôler le monde en se servant du football. Profondément soulagée de pouvoir compté sur un appui tel que l'italien la brune se laissa aller dans ses bras, remettant à plus tard le rangement du matériel sportif.
De l'autre côté du terrain, Jude observait la scène, les bras croisés. Il ignorait que Miya et Paolo se connaissaient et mourait d'envie d'aller vers eux leur demander comment ils s'étaient rencontré. Heath arrivait derrière lui, Duske sur ses talons.
- J'ignorais que Miya connaissait Paolo Bianchi ! S'étonna à son tour le jeune homme aux cheveux roses en suivant le regard de Jude.
- Ça ne m'étonne pas de notre Miya, s'amusa Duske, au collège déjà elle se liait d'amitié avec tout un tas de monde. Peut-être se sont-ils rencontrés en Europe ? Il me semble que Paolo a fait un stage en tant qu'entraîneur pour une équipe de benjamin en Allemagne.
- Vraiment ? S'étonna Jude pensif.
Il détourna ses yeux du terrain où Paolo et Miya s'étaient séparés pour ramasser le reste des ballons et se mit en route vers la sortie, Heath et Duske sur ses talons. Si le gardien de but disait vrai, il comprenait mieux pourquoi Paolo était le seul de ses amis étrangers dont il n'avait pas eu de nouvel. Comment lui aurait-il expliquer qu'il passait toutes ses journées avec Miya ?
- Ça va aller Jude ? Demanda Heath, ils ont l'air très proche !
- Ce ne sont pas mes affaires ! Nous ne sommes plus ensemble et je tiens à me concentrer sur le FFI. N'en parlons plus.
Heath envoya un regard confus à Duske qui haussa les épaules, lui signifiant par ce geste qu'ils ne pouvaient rien y faire. C'était un mensonge, c'était certain ! Pour autant, le blond comprit immédiatement que c'était également un moyen de se protéger : voir quelqu'un on aimait passer à autre chose, ça faisait mal.
- On va manger quelque part ? Proposa le gardien de but en attrapant Jude et Heath par les épaules.
- Pourquoi pas ! Où allons-nous ? Interrogea Jude alors qu'Heath confirmé de la tête.
- C'est une surprise ! Suivez-moi !
Et ils se mirent en route en discutant joyeusement de la compétition qui arriverait à grand pas. Ils ne regardèrent pas en arrière, à l'exception de Jude qui s'assura d'une dernière oeillade que Paolo et Miya s'étaient remis à ranger.
Tout obnibulé qu'il était par les deux jeunes gens, il n'apperçu ni la berline noire qui les suivait, ni l'homme à l'intérieur qui souriait férocement. Ce n'était qu'une question de temps avant que le monde du football ne soit entre ses mains.
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Nelly détestait devoir gérer des tâches administratives, elle n'était pas de celle qui se passionnait pour la gestion. Son truc à elle c'était l'espionnage, les secrets, les complots et l'action sur le terrain. Envoyer des mails, programmés des rendez-vous, s'assurer d'avoir reçu des confirmations, trop peu pour elle.
Malheureusement pour elle, c'était la tâche qui lui était officiellement attribuée au sein du staff d'Inazuma Japon. Heureusement pour eux, Nelly avait beau détesté cela, elle excellait dans ce domaine.
Raison pour laquelle, dix minutes avant l'heure du rendez-vous, l'équipe au complet était déjà dans le bus qui devrait les emmener à l'hôpital du quartier afin de réaliser les tests de dopage obligatoire. Cette efficacité, on ne la devait qu'à Nelly Raimon et sa capacité à organiser à la perfection chaque petit évenement quel qu'il soit.
Pour autant, la jeune fille n'était pas rassurait pour autant. En envoyant les joueurs d'Inazuma Japon se soumettre au test de dépistage de produits dopants, la rousse avait le sentiment de les envoyer directement dans la gueule du loup. Les papiers que Miya et elle avait trouvé n'était pas une preuve suffisante, mais pourtant suffisament éloquente pour s'en inquiéter. Ne pas avoir de plans de secours l'inquiétait particulièrement.
- Comment allons-nous faire Nelly ? Lui murmura Miya à l'oreille alors que le bus démarrait.
La rousse souffla. Son amie partageait elle aussi ses convictions et donc son inquiétude.
- Je n'en ai aucune idée, nous y réfléchirons le moment venu ! Pour le moment, espérons que tout se passera sans dommage.
Miya soupira longuement à ses côtés, préoccupée. Derrière elles, une grande partie des joueurs riaient d'une blague de Scotty, alors qu'Hurley s'énervait contre lui. Déjà, Célia se levait, joignant sa voix à celle du surfeur. La brune se força à partager leur bonne humeur, mais elle n'y parvint pas.
Coûte que coûte, il fallait qu'elle trouve une solution.
Et le plus rapidement possible serait le mieux.
