Du côté de Miya et Nelly

Nelly se félicitait d'avoir choisi un hôtel à proximité du centre du Gant de Bronze. En ce jour de match, opposant la France à l'Australie, il y avait une foule particulièrement dense qui se pressait jusqu'à l'hébergement de la sélection française afin de les apercevoir avant leur départ pour le stade.

De fait, la route était particulièrement embouteillée, et les deux jeunes filles avaient préférées s'y rendre à pied. Le temps était relativement agréable, et leur longue heure de marche fut loin d'être désagréable.

En pénétrant dans le quartier, où la sélection italienne était logée, elles respirèrent plus tranquillement, la foule s'étant dissipée en même temps qu'elles dépassaient le quartier français.

- Où cherchons-nous en premier ? Interrogea Miya

- A cette heure de la matinée, ils doivent être à l'entraînement !

La rousse entraîna la jeune femme à sa suite, scrutant attentivement l'écran de son téléphone, où s'affichaient l'itinéraire à suivre, afin d'arriver au terrain de football le plus proche.

Nelly lui précisa qu'elles n'étaient qu'à une dizaine de minutes à pieds, en souriant. Miya soupira de soulagement : elle n'aimait pas marcher.

Un sourire fleurit sur leurs lèvres, quand elles s'aperçurent que Nelly avait vu juste, et que le terrain était bel et bien occupé par une vingtaine de jeune hommes concentrés.

Elles prirent le temps de les observer afin de remettre leurs idées en ordres. La brune les admirait, émerveillée par le talent des italiens. Ils semblaient enchaîner les dribbles, les tacles et les tirs avec une facilité déconcertante, sans montrer de signes de fatigues.

Pour autant, il était clair pour la jeune femme que la présence de Paolo manquait particulièrement à cette équipe : les milieux de terrains étaient brillants, les défenseurs incroyables, mais l'attaque paraissait avoir du mal à se coordonner.

Miya sourit grandement en observant les immenses sourires qui trônaient sur le visage de ces joueurs, révélant à quel point ils aimaient ce qu'ils faisaient. Elle commençait à avoir du mal à imaginer qu'une telle sélection puisse être aux mains d'un réseau mafieux.

D'un coup de coude, Nelly attira son attention vers un des attaquants, un jeune homme de grande taille aux longs cheveux blonds qui étaient retenus par un bandeau.

La brune comprit : il s'agissait de Giuliano Vespussi.

Les deux jeunes femmes vinrent le trouver alors que l'entraînement prenait fin.

Il s'était éloigné de l'équipe, une serviette sur l'épaule, une gourde à la main et son téléphone dans l'autre. Miya nota sa grimace énervée alors qu'il fixait l'écran, avant de le lancer dans son sac un peu plus loin, visiblement peu préoccupé par l'idée de le casser.

Lorsqu'il les remarqua, en train d'avancer vers lui, il retrouva instantanément le sourire et un petit air charmeur, qui firent lever les sourcils de Nelly.

- On se connaît ? Demanda-t-il déconcerté lorsque Nelly lui demanda s'il était bien Giuliano Vespussi.

- Il y a peu de chances que vous nous connaissiez, nous travaillons pour le staff d'Inazuma Japon.

Ce fut infiniment discret, à peine visible, mais Miya le vit cependant : un froncement de sourcil qui indiquait parfaitement qu'il avait fait un lien.

La brune prit une grande respiration. Elles ignoraient ce qu'il connaissait, et connaître quelque chose n'en faisait pas pour autant un coupable. Juste un suspect. Et la brune se promit d'effacer de sa tête la première impression qu'elle avait eu de l'équipe italienne.

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Giuliano Vespussi était un bon joueur, un très bon même.

Il manquait cependant de reconnaissance, éclipsé par les grands talents de football italiens qu'étaient Paolo Bianchi ou Raffaele Generani, et peu pris au sérieux par l'opinion publique, qui attribuait ses sélections dans l'équipe national, à la position influente de son beau-père à la fédération.

En plus d'être un bon joueur, le jeune homme n'était pas stupide. Et malgré toute la peine du monde qu'il avait à l'admettre, il savait parfaitement qu'il n'aurait pas dût être ici.

C'était parce que son beau-père avait fait pression qu'il avait finalement été sélectionné, sans même avoir participé à un match de qualification. Ça n'avait pas été une chose facile a accepté, au contraire de ce qu'aurait pu penser les gens.

Qui pouvait être heureux d'être choisi pour son nom plutôt que pour son talent ? Certainement pas lui.

Pour autant, il n'avait pas refusé. D'abord, parce qu'il était convaincu d'être suffisamment talentueux pour avoir sa place dans cette équipe, ensuite parce qu'il l'avait promis à son oncle. Son oncle qui l'avait formé et qui attendait impatiemment qu'il fasse ses débuts au FFI.

C'est à son oncle que pensait le jeune homme lorsque les deux jeunes filles en face de lui se présentèrent comme des membres du staff d'Inazuma Japon. Cette équipe que son oncle détestait tant.

- Que puis-je faire pour vous ? Demanda le jeune homme en souriant grandement.

Il n'aimait pas vraiment la rouquine qui le toisait avec un petit air supérieur alors il adressa sa question à l'autre fille : un peu plus petite, un peu moins typé, beaucoup moins sûre d'elle. Un peu plus son style quoi.

Comme il s'y attendait, c'est celle qu'il n'aimait pas qui lui répondit : « Sûrement la petite cheffe »pensa-t-il.

- Nous aimerions discuter avec toi un moment à propos d'un certain Antonio Spelleni.

- C'est mon oncle, que lui voulez-vous ?

- C'est… Vraiment ton oncle, alors ?

Giuliano sourit. La petite brune avait prononcé ces mots avec tant de naïveté que s'en était attendrissant. C'était vraiment son genre de fille. Il s'attarda un petit peu sur elle, et fut surpris de voir apparaître une forme de mépris dans son regard alors qu'il confirmait d'un hochement tête.

Un mauvais pressentiment s'empara de lui : ces deux filles connaissaient son oncle et visiblement, elles ne l'appréciaient pas. C'était pourtant le plus sympa de tous les cousins abrutis de sa mère.

- Sais-tu où est ton oncle en ce moment ? Demanda la rousse, nous sommes à sa recherche afin de régler une affaire urgente.

- Je pourrais savoir quel genre d'affaire ?

- Ça ne te regarde pas !

- Dans ce cas-là, débrouillez-vous, j'ai un entraînement qui m'attend !

Giuliano n'aimait vraiment pas cette fille et ses manières et n'avait aucunement l'envie de se montrer coopératif avec elle.

Il allait partir, car après tous les agissements de son oncle ne le regardait pas, qu'importe que sa curiosité ait été éveillé et qu'il veuille en savoir plus. Mais on le retint par le bras, le regard de la petite brune avait encore changé : de la détermination.

- Si tu nous donnes des infos sur ton oncle, on te donne des infos sur tes prochains adversaires !

Rien que parce que le jeune homme avait envie de la revoir, il était déjà prêt à accepter. Mais il décida de faire lever les enchères un peu plus haut.

- Des informations sur les autres équipes, j'en ai si je veux ! Je préfèrerai savoir ce que vous lui voulez à mon oncle !

- C'est beaucoup trop ! Sourit-elle, je te propose les informations sur tes adversaires et la moitié des explications sur Spelleni.

Le sourire du blond s'élargit, il refusait qu'elle gagne.

- Tu ajoutes un dîner en tête à tête rien que nous et je signe ! Alors ?

Son sourire s'estompa immédiatement, elle hésitait. Peut-être allait-elle refuser, et le jeune homme s'en voulait déjà d'avoir poussé sa chance un peu trop loin.

- Elle accepte ! Voyons-nous demain soir après ton entraînement au café de la Belladone.

Giuliano dévisagea la rousse avec mépris. D'où s'insinuait-elle dans leur conversation ?

- Voyons-nous à dix-neuf heures dans ce cas ! Quant à toi, ajouta-t-il à l'attention de Miya, oublie pour le dîner, les informations et quelques explications suffiront.

En s'en allant, le jeune homme se dit que c'était vraiment dommage qu'une aussi jolie fille ait déjà quelqu'un dans son cœur. Après tout, il ne pouvait en être autrement : aucune femme n'aurait pu refuser un rendez-vous avec lui.

Jour du match contre l'Argentine

Jude relisait pour la énième fois le message que Miya lui avait envoyé la veille : « Nous sommes partis chercher des infos à propos de la fédération italienne et des raisons qui les ont poussés à exclure Paolo. Nous reviendrons vite. Fais-en sorte de gagner demain, je serai de tout cœur avec toi ».

Il était partagé : d'un côté, il était heureux qu'elle lui ait répondu honnêtement ; de l'autre, il ne comprenait pas pourquoi elle devait toujours être en train d'aider Paolo.

L'italien ne pouvait-il pas se débrouiller tout seul plutôt que de déléguer ? Qu'il pouvait être agaçant.

Il se crispa davantage lorsqu'il porta son regard sur ce dernier en train de discuter avec Célia.

- Tu devrais apprendre à contrôler tes émotions, lui chuchota Nathan à l'oreille, on dirait que tu es prêt à le tuer ce pauvre Paolo.

- Laisse-tomber on ne peut plus rien pour lui, intervint à son tour Elliot, Axel et lui, c'est le même combat !

La réplique sembla vexer Jude qui adressa à son coéquipier un regard plein de sévérité. Puis dans un soupir, tenta de se reconcentrer sur le match qui arrivait.

Déjà, Célia s'avançait, prête à leur livrer tous les secrets de l'équipe adverse.

- L'équipe d'Argentine a beaucoup évolué depuis le dernier mondial, déclara Célia un peu peinée, Thiago Torres, leur incroyable défenseur, a abandonné le football à la suite d'un accident de voiture. Leur nouveau capitaine est Leone Balone dont la plupart d'entre vous doivent se souvenir. C'est un grand attaquant, surnommé « Le Condor ». C'est grâce à lui que les Empereurs se sont qualifiés car il est toujours parvenu à marquer plus de buts qu'ils n'en encaissaient. Leur défense n'est plus ce qu'elle était et il s'agit de l'équipe qui s'est qualifié pour le FFI en encaissant le plus de ballon. La véritable difficulté, ce soir, sera de calmer les ardeurs de leurs attaquants.

- Qu-Quoi ? S'étonna Marc, Comment Thiago a-t-il pu abandonner ? C'était un joueur de génie…

- Tu n'en avais pas entendu parler ? S'étonna Axel

- C'était l'année dernière, expliqua Heath, Thiago Torres se rendait à un match avec le club de benjamin de sa ville natale qu'il entraînait pour rendre service. Le car a dérapé, allant frappé la rambarde de sécurité. Le chauffeur est mort, expulsé du véhicule par la violence du choc. Tous les enfants s'en sont sorti indemnes, Thiago ayant fait barrage de son corps pour en protéger la plupart. Il ne peut plus marcher et fait de la rééducation.

- C'est horrible, murmura Emi faisant écho aux pensées d'un bon nombre de joueurs.

- Bien, se releva le capitaine d'Inazuma Japon, dans ce cas-là nous jouerons ce match en son honneur aujourd'hui. Battons-nous de toutes nos forces !

Composition des équipes

Inazuma Japon

Marc Evans

Nathan Swift – Jack Wallside – Acker Reese- Shawn Frost

Xavier Foster – Jude Sharp – Heath Moore – Ishihoshi Hikaru

Elliot Ember – Byron Love

Les Empereurs d'Argentine

Jorge Ortega

Enrique Ros – Sergio Torres – Mario Tévez – Armando Palacios

Miquel Saviola – Roberto Torrini – Pablo Castiglone

Leone Balone – Ricardo Agüero – Felipe Martinez

Début de la première mi-temps, 19h00.

Commentateur : Le match entre Inazuma Japon et les Empereurs s'apprêtent à commencer. C'est les Empereurs qui donneront le coup d'envoi de cette partie qui promet d'être palpitante.

Le match commence, avec dès le début, un pressing très fort de la part des japonais. Ricardo Agüero passe le ballon à Saviola, Saviola qui redonne à Torrini. Leone Balone part vers l'avant, les argentins se déplacent rapidement vers le but adversaire.

Torrini cherche son capitaine mais Jude Sharp intercepte le ballon avec un superbe tacle. L'ancien capitaine de la Royal Academy semble plus en forme que jamais alors qu'il passe le ballon à Foster.

Foster cherche à trouver Ember mais ce dernier est fortement marqué. Jude Sharp tente d'organiser le jeu, il reprend le ballon et le passe à Moore qui va trouver Byron Love dans la surface de réparation.

Les japonais sont tout aussi rapide, ça promet d'être une partie exceptionnel d'un point de vu technique. Ce dernier va tirer : Instant Céleste.

Mais… Quel est cet incroyable super technique ?

Sergio Torres vient d'arrêter le ballon avec Le Colosse. Vous aussi avez-vu cette incroyable chaîne de montagne émerger au milieu du terrain ? La balle est remise en jeu, les Empereurs montent à l'attaque.

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- Célia, je croyais que la défense argentine n'était plus ce qu'elle était ? demanda Axel en jetant à la jeune femme un regard accusateur.

- Sergio Torres n'a joué aucun match de qualification, il était blessé, attendez un instant, je cherche, se défendit-elle

Alors que la jeune femme tapait à toute vitesse sur son ordinateur, les autres se reconcentrèrent sur le match.

Emi n'aimait pas vraiment la tournure que prenait les choses, elle s'était attendue à un match beaucoup plus simple que celui contre la Russie lorsqu'elle avait entendu le discours de Célia.

Elle y croyait maintenant de moins en moins.

Inazuma Japon avait de nouveau intercepter le ballon et décidés, les joueurs se remettaient à courir vers l'avant afin de marquer leur premier but. Mais à chaque fois, il se heurtait à la même super technique.

- J'ai trouvé !

Tous les regards convergèrent vers la petite sœur de Jude, qui les lunettes sur le nez, s'appliquait à lire le fruit de ses recherches.

- Sergio Torres est un des jeunes frères de Thiago. C'est un défenseur expérimenté et très puissant qui a encaissé très peu de but au cours de sa courte carrière. Son absence lors des phases de qualifications explique la faiblesse de la défense argentine. Sa super technique, Le Colosse, tient son nom du plus haut sommet des Andes argentine…

- Je vois, murmura Axel, voilà qui complique considérablement la partie…

Du côté de Miya et Nelly.

Giuliano Vespussi était en retard. Une chose qui énervait considérablement la jeune femme. Elle ne l'était jamais, et de fait, n'appréciait pas que les gens le soient. C'était un trait de caractère, que Nelly avait tendance à juger d'excessif, qu'elle partageait avec Jude.

Elle soupira. Le café de la Belladone était équipé d'une immense télévision qui diffusait les rencontres du mondial, et ce soir, c'était celle qui opposait Inazuma Japon à la sélection argentine.

Cela faisait presque trente minutes que le match avait commencé – et trente minutes qu'elles attendaient l'italien – et les japonais n'étaient toujours pas parvenu à marquer le moindre but.

La faute à cette incroyable technique du défenseur argentin, Sergio Torres.

Elle observait Jude, à l'écran, à tenter de percer les lignes adversaires. Elle voyait bien aux traits contractés de son visage qu'il bouillonnait à l'intérieur, à la recherche d'une faille dans la super technique de l'argentin.

- Jude Sharp est le seul qui puisse parvenir à trouver la solution à ce casse-tête !

Miya et Nelly sursautèrent, surprise de l'intervention de Vespussi qui s'asseyait, un sourire flamboyant sur le visage. La brune se renfrogna encore plus : non seulement il était en retard, mais il ne semblait même pas désolé.

- Tu connais Jude ? S'étonna la rousse.

Il ne prit pas la peine de lui répondre, hélant une serveuse afin de passer commande. Puis, non sans avoir jeté un coup d'œil au match qui passait à la télé, se tourna vers les deux filles qui lui faisaient face.

- J'ai la mauvaise habitude de faire confiance à peu près à n'importe qui, commença-t-il nonchalamment, j'espère donc que vous ne vous moquerez pas de moi. Je vous dis ce que vous voulez savoir à condition que vous m'expliquiez pourquoi et on s'arrangera par message en ce qui concerne les informations sur mes adversaires, capiche ?

Nelly accepta d'un signe de tête avant de lui poser la question qu'elle lui avait déjà posé la veille.

- Où est ton oncle ?

- Je ne sais pas !

Miya vit la rousse rougir furieusement alors que Giuliano se penchait pour siroter son jus de fruit.

La brune lui lança un regard noir afin de lui faire comprendre qu'il n'était absolument pas amusant. Celui haussa les épaules, absolument pas apeuré, avant de se justifier.

- Je ne sais vraiment pas où est mon oncle. Il est sans cesse en voyage. La semaine dernière il était en Italie, celle d'avant au Japon, et avant-hier, il partait des Etats-Unis. Pour aller où ? Je n'en ai aucune idée, je ne le suis pas à la trace.

- Que faisait-il aux Etats-Unis ?

- Il a assisté à différentes rencontres, soupira-t-il, que pensez-vous qu'il ferrait ? C'est un amateur de football…

- Sais-tu à quelles rencontres est-ce qu'il a assisté ? Intervint de nouveau Nelly.

- Non ! Et franchement, je m'en fiche, répondit le blond en s'enfonçant dans le dossier de sa chaise et en mettant ses mains derrière sa tête.

La brune soupira en commençant à se demander si Giuliano serait vraiment d'une bonne aide.

Son regard fut attiré par la télé, où Inazuma Japon tentait toujours de percer cette défense argentine.

Jude venait de dribbler l'un des défenseurs alors qu'Elliot et Byron se dirigeait vers l'avant en demandant la balle. Malheureusement, Sergio Torres était toujours dans leur patte.

L'arbitre siffla la fin de la première mi-temps, déclenchant une véritable marée humaine vers le comptoir.

Sur l'écran, apparaissait en gros plan Jude et Heath qui regagné leur vestiaire en discutant, toujours aussi préoccupés.

Miya se reconcentra sur l'italien qui s'en allait, lui aussi passer une nouvelle commande. Il était essentiel qu'elle réussisse sa mission afin d'aider Jude.

- Attends Giuliano, tu pourrais te renseigner pour nous ?

Ce dernier se rassit, déconcerté.

- Et pourquoi je ferais ça ma jolie ?

- Nous pensons que ton oncle est impliqué dans un réseaux mafieux qui cherchent à utiliser le football pour se faire de l'argent.

Les sourcils du jeune homme se froncèrent méchamment alors que Nelly recrachées sa boisson, visiblement mécontente de la brune. Qu'importe, son amie pouvait attendre ! Ce qui préoccupé Miya était la réaction de Giuliano : la croirait-il ?

Du côté d'Inazuma Japon

Ne pas comprendre était quelque chose qui énervait Jude par-dessus tout.

Il avait beau retourner le problème dans sa tête, analysait chaque situation, et refaire chaque action, il ne comprenait pas comment Sergio Torres pouvait utiliser sa super technique autant de fois sans se fatiguer.

C'était physiquement impossible. L'équipe japonaise avait passé la première mi-temps à attaquer sans relâche, espérant qu'un moment ou un autre, Le Colosse, finirait par se briser sous leurs assauts répétés. En vain.

- Ce Sergio est incroyable ! Souffla Marc, il éclipse totalement les autres défenseurs…

Jude fronça les sourcils. Quand il y repensait, il ne se souvenait même pas avoir vu d'autres défenseurs sur le terrain, du moins, pas pendant que Sergio exécutait se technique.

- Ne vous démoralisez pas les garçons ! A un moment ou un autre, ça va finir par passer.

Le milieu de terrain dévisagea longuement Emi et fut étonné de voir soudainement tant de ressemblance entre elle et sa cousine.

Nul doute que Miya aurait su trouver les mots exacts pour le remotiver. Le jeune homme se demandait ce qu'elle faisait. Regardait-elle le match à la télé ?

Sans doute, elle n'était pas du genre à se contenter du score quand l'enjeu était si important. La connaissant, peut-être avait-elle déjà trouvé la solution.

Jude eut un éclair de génie. C'était ça la solution.

D'un geste tremblant, excité à l'idée d'avoir peut-être trouvé une piste, il s'empara de son téléphone portable, enfoncé au fond de son sac.

Sous les regards incrédules de ses coéquipiers, il sélectionna le numéro de la brune et porta l'appareil à son oreille.

- Jude ? Il y a un problème ?

- Miya ! Est-ce que vous regardez le match en ce moment ?

- Euh… Oui, on le regarde, pourquoi ?

- Dis-moi où sont les autres défenseurs lorsque Sergio Torres effectue sa super technique !

- Attends… Vous savez où sont les autres défenseurs vous ?

Jude comprit parfaitement que la dernière question ne lui était pas adressée, et l'espace d'un instant, il oublia le match, s'interrogeant sur l'identité des personnes qui pouvaient être avec elle.

Il entendit une voix masculine grommelait quelque chose qu'il ne comprit pas, alors que Miya le pressait de réfléchir. Il souffla, essayant de garder son calme.

- Je ne comprends pas pourquoi je devrais vous aider, se renfrogna la voix masculine, vous êtes mes adversaires.

- S'il te plaît, l'implora Miya.

- Tu as intérêt à me revaudre ça toi ! Il me semble que les autres défenseurs sont derrières Torres. Il ne le voit pas sur le terrain ce prétendu génie ?

Jude serra les dents. Il ne connaissait pas ce type, mais il n'aimait ni sa façon de parler à Miya, ni la manière dont il parlait de lui.

La brune s'appliqua à répéter ce qu'on lui avait dit, ajoutant s'ils avaient pu l'aider. Le milieu de terrain raccrocha en la remerciant et se reconcentra sur les multiples pairs de yeux qui le fixait, dans l'attendre d'une explication.

- Depuis nos positions sur le terrain et même du banc, nous ne pouvions pas voir derrière Le Colosse, commença-t-il, et nous étions tellement obnubilé par Sergio que nous en oublions les autres défenseurs. En réalité, cette super technique n'est pas uniquement celle du défenseur, c'est une technique combinée. Ce qui explique pourquoi il peut l'utiliser autant de fois sans se fatiguer.

Alors qu'Heath laissé échapper un « Mais bien sûr » satisfait, Axel et Marc se sourirent mutuellement, fière de compter l'ancien capitaine de la Royal Academy parmi leur ami.

- Nous allons devoir nous concentrer sur ces joueurs-là, afin de les empêcher de se joindre à Sergio Torres pour effectuer la technique. Il n'y aura plus rien pour nous empêcher de marquer.

Retour du côté de Miya et Nelly

Giuliano contempla avec stupéfaction la jeune femme en face de lui qui venait, sans l'ombre d'un doute, d'accuser son oncle de travailler avec la mafia italienne.

Pensait-elle vraiment ce qu'elle disait ?

Au regard noir que lança l'agaçante rouquine à son amie, l'italien fut bien obligé d'admettre qu'elles croyaient vraiment à cette théorie absurde.

Profondément choqué, il se prit la tête dans les mains :

- C'est impossible que mon oncle fasse une chose pareille ! Et puis tu l'accuses sans preuve.

- C'est justement ce que nous cherchons Giuliano : des preuves, dit-elle avec douceur.

- Vous ? Mais pourquoi des adolescentes de dix-sept ans s'occupent d'une affaire comme celle-ci ?

Son ton c'était fait méprisant, et le jeune homme eut la désagréable sensation qu'il défendait un criminel.

Il n'avait pas à être sur la défensive car il n'était pas dans l'erreur, c'était elles qui l'étaient. Miya toisa le blond avec dédain, toute douceur envolée.

- Qu'importe notre âge. Nous avons besoins que tu te renseignes sur les matchs auxquels ton oncle a assisté afin que nous puissions les analyser et établir un lien entre lui et les résultats.

- Et pourquoi est-ce que je vous aiderai ? Se mit à rire l'italien.

- Parce que tu veux prouver l'innocence de ton oncle, n'est-ce pas ?

Le jeune homme fixa la petite brune en face de lui avec attention. Il n'y avait pas à dire, elle savait comment faire faire aux gens ce qu'elle voulait.

Comment pouvait-il refuser, alors même qu'elle le défiait officieusement de lui prouver qu'elle avait tort ? Parce que ça, Giuliano en était sûr : les deux jeunes femmes étaient dans l'erreur.

- On peut compter sur toi, alors ?

Son regard dévia sur Nelly à qui il lança un regard noir.

Elle n'était pas d'une très grande aide, à peine convaincante, était incapable de négocier, pourtant, c'était tout le temps elle qui concluait, semblant s'attribuer tous les mérites à la place de la petite brune qui souriait, fière d'elle.

Giuliano préféra l'ignorer et se tourna vers Miya :

- Donne-moi ton numéro de téléphone, je t'appelle dès que j'ai des informations susceptibles de t'intéresser. En revanche, je te fais confiance pour me tenir au courant… Quel que soit l'issus de ton expertise.

Il avait insisté sur sa dernière phrase, souhaitant vivement qu'il y ait entre eux un véritable travail de collaboration.

Elle lui sourit vivement, et plongea son regard dans celui du jeune homme, scellant une promesse muette. Le jeune homme se détendit et respira de nouveau.

Il était déterminé à prouver aux deux jeunes filles l'innocence de son oncle. Son oncle si cher à son cœur qui lui avait tout appris du football et l'avait tant soutenu dans sa carrière sportive.

Il ne pouvait pas croire, que cet homme, si bon et généreux, puisse être de mèche avec un réseau mafieux. C'était impossible.

Sa réflexion fut coupée par la sonnerie du téléphone de Miya, qui sembla aussitôt paniquée lorsqu'elle vérifia l'émetteur de l'appel.

- Pourquoi est-ce que Jude m'appelle ? Murmura-t-elle en décrochant.

L'italien savait qui était Jude Sharp. Son oncle lui avait longuement parlé de lui.

Il tenta de se concentrer sur la voix du jeune homme qui résonnait dans le combiné. La brune revint rapidement vers eux, leur demandant s'ils savaient où étaient les autres défenseurs lorsque Sergio Tores effectuait sa super technique.

Bien malgré lui, il ne put refuser son aide à Miya, se promettant de profiter pleinement de la faveur qu'elle lui accordait.

Lorsqu'elle raccrocha, Giuliano s'en voulu immédiatement.

Ce n'était pas Miya qu'il avait aidé, c'était Inazuma Japon, et parmi tous, c'était Jude Sharp : ce joueur que son oncle détestait tant.