Début de la seconde mi-temps, 20h09.

Jude Sharp était un bon joueur de football, un très bon joueur même.

Il dribblait parfaitement ses adversaires, était rapide et précis, se savait parfaitement à l'aise dans le un contre un, et se connaissait très bon tireur.

Mais, s'il y avait une chose dans laquelle il excellait, c'était la lecture de jeu et la mise en place de tactiques nécessaires à la victoire.

Non seulement il excellait dans ce domaine, mais en plus de cela il adorait ça : chercher la faille, trouver la solution, mettre en place la riposte. Autant de chose qui était, à son sens, absolument grisant et excitant.

Et le meilleur moment, c'était quand l'adversaire comprenait enfin qu'il avait trouvé.

En rentrant sur le terrain ce jour-là, face à une sélection argentine sûre de sa défense, Jude ressentit pour la première fois depuis le début du mondial, ce sentiment enivrant qu'il aimait tant.

- Xavier, Heath, Ishihoshi, c'est nous qui seront responsable du marquage des défenseurs argentins. Le plus important, c'est de les éloigner de Sergio afin qu'ils soient incapables de se replier au moment où Byron et Elliot monteront au but, expliqua Jude aux joueurs titularisés.

- Et comment allez-vous les sortir de leur surface ? Demanda Elliot visiblement perplexe

Jude sourit grandement. C'était là l'un des moments qu'il préférait : dévoiler ses plans et sentir les regards admiratifs de ses camarades se posaient sur lui.

- Marc sera notre appât !

A la mine perdue de ses amis, le milieu de terrain jugea bon de s'expliquer davantage.

- Ils n'ont pas attaqué une seule fois pendant la première mi-temps, étonnant de la part d'une équipe qui a marqué tant de buts lors des phases de qualifications. C'est parce qu'ils s'empêchaient de monter en attaque afin de ne pas fragiliser la défense sinon quoi, nous étions sûre de marquer. Nous devons leur donner l'occasion de le faire afin que les défenseurs quittent leur surface : Marc tu vas quitter ton but et monter en attaque.

- Qu-Quoi ? Mais enfin, Jude c'est de la folie ! Fustigea Nathan.

- Nous prendrons assurément un but si le ballon est intercepté, réfléchit Heath, Marc ne pourra jamais revenir à temps.

Jude arbora un fière sourire en coin.

- C'est la raison pour laquelle nous ne devons pas perdre le ballon.

.

Commentateur : Les deux équipes sont de retour sur le terrain. La première mi-temps a mis en lumière l'incroyable technique défensive de l'argentin Sergio Tores qui a repoussé les tentatives incessantes des attaquants japonais.

Parviendra-t-elle à résister pendant encore quarante-cinq minutes ?

Elliot Ember et Byron Love donnent le coup d'envoi de cette deuxième période. Ils renvoient le ballon dans le milieu de terrain. Jude Sharp et Heath Moore semblent donner des indications à leurs coéquipiers.

La défense japonaise remonte largement alors même que les attaquants partent vers l'avant. Quelle formation étonnante ! Les milieux de terrains semblent reculer alors que la défense avance toujours, les dépassants largement.

Mais… Que fait Marc Evans ?

Il est en train de sortir de ses cages et courent vers la partie de terrain adversaire. Jude Sharp lui passe le ballon. Les joueurs argentins, après un instant de réflexion, s'avancent à leur tour. La défense argentine se dirige vers Marc Evans qui vient de dribbler Leone Balone.

Marc Evans passe son ballon à Nathan Swift, cette étrange formation japonaise continue d'avancer. Nathan Swift pour Acker Reese, Reese qui passe la balle à Shawn Froste. La sélection argentine met de plus en plus de pression sur les joueurs d'Inazuma Japon.

Oh non ! Armando Palacios intercepte le ballon et se dirige vers le but, désormais complétement vide, de Marc Evans. C'est impossible pour le gardien japonais d'arriver à temps. Palacios passe directement son ballon à Balone, Balone qui ne s'embête pas d'une super technique et qui s'apprête à tirer.

Juuuuuude Sharp n'avait pas bougé de sa ligne de défense et dégage le tir argentin d'une tête. L'arbitre siffle un corner pour les Empereurs.

.

- J'espère que cet imbécile de Jude sait ce qu'il fait, murmura Emi entre ses dents, il ne sera pas toujours là pour protéger le but.

- Toujours est-il, qu'en ce qui concerne les défenseurs argentins, il avait raison. Ils sont sortis de leur surface, lui répondit sèchement Axel.

La blonde leva les yeux au ciel devant tant de mauvaise foi. Certes, Jude Sharp était l'un de ses meilleurs amis, n'empêche que sur ce coup-là, sa stratégie était franchement limite.

Sans réelle surprise, Marc qui avait pu revenir dans ses cages à l'issus du coup de sifflet de l'arbitre, arrêta le tir argentin frappé directement depuis le point de corner.

Mais à peine le ballon entre les pieds de Jude, que l'étrange formation reprenait. C'était à chaque fois la même chose, Marc suivait les défenseurs dans la surface adversaire, laissant les milieux de terrains très haut et Jude particulièrement, qui assurait une forme de repli.

A chaque fois, Xavier, Heath et Ishihoshi se précipitaient sur les trois défenseurs – Ros, Tévez et Palacios – qu'ils s'assuraient de marquer pour éviter que ces derniers ne retournent dans leur surface, une fois le ballon passé aux attaquants.

Le problème majeur était que les joueurs d'Inazuma Japon n'arrivait pas à envoyer un seul ballon entre les pieds de leurs attaquants.

Emi soupira alors qu'une énième tentative se soldait par un échec et que Jude détournait une nouvelle fois un tir argentin.

- Ils n'y arriveront jamais, les argentins mettent beaucoup trop de pressions sur nos joueurs.

- Ne sois pas si pessimiste Emi, lui sourit Célia, j'ai confiance en eux, ils y arriveront.

- Tu crois que les argentins ont compris ?

- Ils ont compris c'est certain, mais ils sont obligés de profiter de l'absence de Marc dans les buts, ce serait trop bête sinon.

- Moi, ce qui m'intrigue, intervient Paolo, c'est pourquoi ils n'utilisent pas de super technique contre Jude. Ce serait tellement facile !

Emi fronça les sourcils en se reconcentrant sur le match. En y repensant, c'était vrai que depuis presque trente minute, les attaquants argentins n'avaient jamais utilisé une seule super technique.

- Peut-être qu'ils ont peur que Jude utilise une super technique sur la leur… Proposa Scotty.

- Ils sont prudents ! Murmura Axel, ils n'ont pas entièrement compris ce à quoi pense Jude, alors ils font très attentions.

.

Un regard à ses amis suffit à faire comprendre à Jude qu'ils n'arriveraient jamais à emmener le ballon jusqu'à Elliot et Byron.

Le pressing argentin était trop fort, ils étaient parfois deux ou trois sur un seul de ses amis. Le tacticien japonais jeta un coup d'œil au temps qui s'écoulait sur le tableau d'affichage. Il fallait changer de tactique.

Alors que le ballon sortait en touche, le jeune homme demanda à ses coéquipiers de se regrouper.

Marc fut le premier à arriver vers lui.

- Il faut continuer Jude ! Il nous reste encore dix minutes, c'est largement suffisant.

- Tu plaisantes, j'espère ? Le sermonna Nathan, agrandissant le sourire du gardien de but, c'est un véritable miracle que nous n'ayons pris aucun but.

- Nous allons tirer du milieu de terrain, intervint Jude sans tenir compte de l'échange entre ses deux amis, Xavier et Shawn restaient près de moi.

Le sourire du capitaine s'agrandit, amusant Jude, alors qu'il s'avancer sur le terrain, s'éloignant de ses cages, montrant à tous à quel point il faisait confiance à son ami.

Ishihoshi effectua la touche, cherchant Jude des yeux mais ne put faire la passe qu'à Nathan. Ce dernier était clairement méfiant, le stratège le savait et le percevait à ses gestes hésitants, mais pris le partit, à son tour de lui faire confiance en lui passant le ballon.

Il prit une grande respiration : c'était maintenant.

Rapidement, il se mit à courir en direction du milieu de terrain, suivit de Xavier et Shawn dans son dos. Puissamment, Jude fit la passe à Xavier, qui aussitôt passa le ballon à Shawn qui s'envolait déjà avant de frapper la balle.

Marc, les yeux pétillants, assistaient avec joie à la super technique de ses amis : Big Bang. Au moment où les trois joueurs frappèrent simultanément dans la balle, l'impact déclencha une puissante énergie tandis que le ballon allait s'écraser dans les filets argentins.

Inazuma Japon prenait la tête du match à presque cinq minutes de la fin. Quelques minutes plus tard, l'arbitre sifflait.

Le lendemain du match

Heath Moore connaissait Miya depuis le début du jardin d'enfant. La vie avait bien fait les choses, et à force de se retrouver dans la même classe, année après année, elle avait fait d'eux de grands amis.

Depuis leur première année de primaire, il avait pris l'habitude de voir la petite brune au bord du terrain de foot lors des entraînements pour les encourager, puis dans le stade afin de les supporter.

Elle avait pris l'habitude de les accompagner même dans des déplacements lointains à l'autre bout du Japon. Et puis un jour, elle avait cessé de venir.

Ce n'est que quelques semaines plus tard qu'Heath avait découvert qu'elle se rendait, en tant que spectatrice, au collège Polaris.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi, ni pour percer à jour les sentiments de son amie envers le stratège de l'équipe adversaire.

Il avait été très heureux pour elle lorsqu'enfin, les deux jeunes s'étaient mis à sortir ensemble, et plus encore quand il était devenu ami avec Jude Sharp. Le jeune homme n'en avait jamais douté : Jude et Miya, ça avait toujours était une évidence.

Il n'était pas du genre à se mêler des affaires des autres, encore plus lorsque ça concernait autre chose que le football. Depuis que ses deux amis s'étaient séparés, il n'avait rien dit au contraire de beaucoup d'autres, n'avaient émis aucuns jugements, aucunes critiques car après tout, c'était leur décision.

Pourtant, le milieu de terrain avait observé avec beaucoup d'attention, et il n'avait raté aucun des regards inquiets de la jeune fille à l'égard de son coéquipier, ni aucune des réactions virulentes de Jude envers Paolo.

Cet après-midi, alors qu'Heath observait les joueurs se précipiter vers Nelly et Miya qui venaient de revenir de leur destination secrète, il se fit enfin la réflexion qu'il devait intervenir.

D'un pas tranquille, confiant, il se dirigea vers Jude qui dribblait dans son coin en faisant semblant d'ignorer la petite brune qui se dirigeait vers Paolo.

- Et si vous alliez vous promenez tous les deux cet après-midi ? Tu n'es pas encore allé te balader dans le quartier il me semble.

Jude Sharp jeta un regard pleins d'interrogations à son ami, étonné qu'une telle proposition vienne de ce dernier, pourtant si discret et peu prompte à se préoccuper des histoires des autres.

- Pourquoi ?

Le jeune homme aux cheveux rose avait parfaitement saisi le sens de sa question. Pourquoi une telle proposition de sa part ? Pourquoi, lui, se préoccupait-il de Miya et Jude ?

Heath sourit, conscient de l'absurdité de la situation : ça ne lui ressemblait tellement pas.

- J'étais de ceux qui considéraient que c'était à vous de réglez vos affaires, mais j'ai changé d'avis. Je n'aime pas vous voir vous autodétruire aussi stupidement.

Le stratège japonais fronça les sourcils, l'invitant à s'expliquer davantage.

- Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que vous vous aimez. Et personnellement, j'en ai marre de vous voir agir comme des enfants alors même qu'on joue la compétition la plus importante de notre vie.

Jude soupira, conscient de l'impact d'une telle relation sur son jeu et son équipe. Après un sourire rempli de gratitude envers son ami, le jeune homme s'en alla en direction de la brune.

Heath hocha la tête, approuvant la démarche de son partenaire. Peut-être qu'enfin, ce soir, la situation entre ces deux imbéciles qui lui servaient d'amis seraient réglé.

Du côté d'Axel

- Tout est parfait jeune homme ! Votre cheville est parfaitement remise, inutile de remettre l'attelle. Vous pouvez commencer à vous entraîner doucement.

Souriant, Axel hocha la tête alors que le médecin le laissait se rechausser. Sa blessure n'était plus qu'un lointain souvenir, et il allait maintenant pouvoir reprendre l'entraînement.

Il espérait être prêt pour les phases éliminatoires de la compétition si jamais son équipe parvenait à se qualifier.

Après avoir remercié le podologue qui s'était occupé de lui, le jeune homme s'éclipsa en direction de la salle d'attente où devait l'attendre Nathan et Acker.

Plus tôt dans l'après-midi, alors qu'il cherchait quelqu'un pour l'accompagner, les deux défenseurs s'étaient proposés.

Marc était en effet parti assisté à la rencontre entre la Russie et le Mexique avec Ishihoshi. Et Jude avait enfin eu le courage de proposer à Miya de faire quelque chose avec lui, et Axel ne souhaitait pas que son ami n'annule par sa faute.

Il avait donc accepté avec plaisir, malgré un peu d'étonnement. Il faut dire que si Nathan était un bon ami qu'il connaissait depuis longtemps déjà, ce n'était pas le cas d'Acker.

Ils avaient beau être dans la même équipe, le jeune homme n'avait pas souvenir de lui avoir déjà parlé pour autre chose que le football.

Le blond ne disait pas grand chose mais il observait, et il avait constaté avec plaisir que Nathan et le capitaine de Polaris s'étaient rapproché.

Avant de connaître Emi, sûrement n'aurait-il pas fait preuve d'autant de perspicacité, mais il était persuadé qu'il y avait quelque chose en plus dans la relation que partageait ses deux coéquipiers.

En arrivant dans la salle d'attente, il les découvrit penchés sur le téléphone d'Acker, leur corps particulièrement proche l'un de l'autre.

Il sourit, amusé, alors que ses pensées se confirmaient petit à petit.

En le découvrant, le jeune homme aux cheveux bleus se leva :

- Si tu peux marcher c'est que tout s'est bien passé !

Axel le lui confirma d'un hochement de tête alors qu'Acker se levait à la suite de son coéquipier.

- Quand comptes-tu reprendre l'entraînement ? Demanda ce dernier.

- Dès demain !

- Oh ! Tu es bien pressé, vas-y mollo tout de même.

- Enfin, Acker ! C'est d'Axel dont nous parlons, il sait se montrer professionnel, ne nous inquiétons plus pour lui.

Le blond ne répondit pas, mais son sourire parlait pour lui. D'un geste de la tête, il les invita à se diriger vers la sortie, heureux d'enfin quitter l'hôpital, un endroit qu'il détestait et qui lui rappelait de mauvais souvenirs.

Alors qu'ils prenaient tranquillement la route de leur hébergement, Nathan les arrêta :

- Jack, Scotty et Hurley nous propose de les rejoindre pour manger une glace ! Qu'en pensez-vous ?

- C'est une bonne idée ! Ce sera une façon de fêter le retour d'Axel à l'entraînement !

L'ancien défenseur de Raimon et de la Royal Academy n'attendit pas de confirmation orale de la part d'Axel, sachant très bien interpréter une réponse positive dans le silence de son ami, et tous les trois se mirent en route pour la place principale du centre du Ballon d'Or où était regroupé les commerces.

Les garçons avaient choisi un salon de thé dans une rue un peu à l'écart, juste en face d'un petit parc où trônait une fontaine.

De part et d'autres du bâtiment, d'autres échoppes similaires joignaient leurs effluves sucrés à celle du Carillon où le groupe de footballeur s'était installé.

Alors que les conversations allaient bon train, Axel qui écoutait attentivement sans forcément participer, surprit un rire qui lui était familier. Curieux, il en chercha la source.

Attablée à la terrasse d'à côté, le jeune homme reconnu directement Emi, bien qu'elle lui tourne le dos. Il se frustra aussitôt en reconnaissant à ses côtés Célia, Andreas et un garçon de leur âge qu'il identifia comme l'un des milieux de terrains de la sélection allemande.

Le blond ne comprenait pas pourquoi ce petit groupe passait autant de temps ensemble. La veille déjà, avant leur match, Célia et Emi s'était rendu au stade où se déroulait la rencontre opposant l'Allemagne au Pérou qui par chance se déroulait dans la ville voisine.

Ça l'agaçait d'autant plus que les Aigles s'étaient imposés et que la jeune fille n'avait cessait de faire part des talents d'Andreas. Il l'a soupçonné d'ailleurs d'en rajouter volontairement pour l'énerver. C'était totalement le style d'Emi.

Dès lors, Axel ne fut plus en mesure de se reconcentrer sur la discussion que menait ses amis, cherchant malgré lui à écouter ce que pouvait bien se dire le groupe d'amis installés dans le salon de thé d'à côté.

A l'exception de leurs rires qu'il jugeait un peu trop répétitifs, il n'entendit rien !

Après plusieurs dizaines de minutes, l'attaquant japonais entendit le bruit caractéristique des chaises qui frottent le sol. Il jeta un œil et constata avec joie, qu'enfin, les filles partaient, laissant les deux joueurs allemands tout seul.

Axel ne comprit pas très bien ce qui lui prit, quelques minutes plus tard alors qu'il voyait disparaître les deux footballeurs à l'angle de la rue, et qu'il se leva sous le regard surpris de ses amis.

- Ne m'attendez pas ! Leur signifia-t-il avant de rattraper les deux européens qui s'en allaient à leur tour.

Il ne les suivit pas, tourna dans une petite ruelle encombrée de cartons de marchandises, fit le tour du pâté de maison, et réapparu à l'angle de la rue où arrivaient Andreas et Aïden.

Lorsqu'il le vit, le capitaine de la sélection allemande lui sourit narquoisement :

- Blaze ! Si je m'attendais à te voir.

Le blond ne répondit pas se contentant de le fixer durement. Il ne savait vraiment pas ce qu'il faisait là, pourquoi est-ce qu'il avait réagi aussi précipitamment.

L'espace d'un instant, il voulut faire comme si de rien était et continuer sa route, et ainsi prétendre que cette rencontre était involontaire.

Alors qu'il s'apprêtait à le dépasser, Andreas ajouta :

- Je t'ai vu Axel Blaze à la terrasse du café en train de nous écouter. Et si tu me demandais plutôt ce que tu veux savoir ?

Aïden Mandel s'aperçut rapidement qu'il était de trop et s'éclipsa, laissant seul les deux attaquants.

Les deux adolescents se toisèrent, l'un grave, l'autre clairement amusé.

- J'ai appris que tu avais mis fin à votre relation à Emi et toi, c'est dommage pour toi !

Le capitaine des Aigles avait l'impression de parler à un mur.

Il savait, grâce à Emi notamment, que le blond n'était pas un grand bavard, mais de là à ne répondre à aucune de ses provocations.

Il était étonné du self-control dont il faisait preuve, un self-control qu'il ne devinait que d'apparence, car sa tempe vibrante le trahissant.

Alors que le blond se retournait, le jeune homme tenta une dernière attaque, qu'il savait cette fois bien plus cruel et qui, il l'espérait, ferrait réagir son adversaire.

- C'était une erreur stratégique de ta part, Blaze. Il n'y a plus personne en défense ! Emi et moi ce n'est plus qu'une question de temps.

Axel se retourna violemment et le dévisagea froidement.

Andreas jubilait, il allait enfin avoir une réaction de ce prétendu attaquant de génie, une réaction qu'il espérait profondément virulente. Il voulait le voir sortir de ses gonds, voir son masque de garçon désintéressé craquer brutalement.

C'était mal connaître le japonais.

Il ne s'énerva pas, et eut même l'audace de lui sourire.

- La défense c'est pas mon truc Carter, moi je suis un attaquant !

Et il s'éloigna les mains dans les poches, laissant le capitaine allemand complétement désorienté face à la cette situation.

Du côté de Miya et Jude

Même si elle ne comprenait pas les raisons qui avaient poussé Jude à lui demander de l'accompagner faire une course, Miya était heureuse qu'il l'ait fait.

Elle détestait devoir s'éloigner et faire semblant de ne plus rien ressentir pour lui alors même que c'était tout le contraire, simplement pour le protéger d'un homme d'affaire véreux qui connaissait le jeune homme d'un peu trop près.

Le stratège s'était changé afin de passer inaperçu dans le foule de civile qui se pressait dans l'artère principale du centre du Ballon d'Or, afin d'apercevoir l'équipe des Etats-Unis qui s'en allait jouer leur second match de poule.

Afin de ne pas perdre la brune dans la foule, Jude s'était emparé de sa main et marchait d'un pas rapide.

Après quelques minutes de marche, tous deux respirèrent grandement en s'asseyant à la terrasse d'un café, décidant d'un commun accord d'aller terminer leurs achats lorsque l'équipe américaine se serait envolée pour Portland, où elle disputerait leur match contre l'Espagne ; il était nécessaire pour eux de gagner après leur défaite face à la Corée du Sud.

Un smoothie dans les mains, ils discutaient.

- J'ai regardé le match à la télévision Jude, et tu as vraiment joué à merveilles !

Le jeune homme sourit. Il était heureux de savoir que, même en mission, elle avait pris le temps d'assister à la rencontre.

Il n'était pas spécialement romantique ou sentimental, mais il aimait savoir que la jeune femme le regardait jouer, et peu importe où elle était. Il profita du fait qu'elle lui parle du match, pour aborder l'un des sujets qui le démangeait depuis qu'il avait raccroché le téléphone la veille.

- Merci beaucoup d'ailleurs, c'est grâce à toi que j'ai enfin pu comprendre comment les joueurs argentins parvenaient à assurer une telle défense… Ou au garçon qui était avec vous, plutôt.

Miya déglutit, surprise que le stratège mette aussi vite les pieds dans les plats.

- Oh ! C'était Giuliano Vespussi, l'attaquant italien. Nous soupçonnons son oncle d'être à l'origine de transferts d'argents illégaux vers le réseau mafieux italien et d'ainsi acheter les arbitres. Il est prêt à nous aider.

Jude fronça les sourcils. Il avait arrêté d'écouter Miya lorsqu'elle avait évoqué le nom de Giuliano Vespussi, son cerveau ayant automatiquement fait le lien entre le joueur et sa capacité d'analyse qui leur avait permis de gagner le match la veille.

Il était étonnant qu'une pièce rapportée soit capable d'une telle lecture de jeu, tant bien même, il est regardé le match à la télé.

Jude se souvenait parfaitement de sa voix traînante et quelque peu blasé qui laissé supposer qu'il récitait un fait clairement évidement. Il se promit intérieurement de demander à Célia de faire des recherches à son sujet.

La brune quant à elle, s'étonna de le voir simplement hocher la tête, presque insensible à une telle nouvelle. Il ne lui posa pas plus de question, et se contenta de siroter sa boisson à la pêche, sans un mot.

Alors que le soleil commençait à décliner, et après une courte promenade, les deux jeunes gens se décidèrent à regagner leur hébergement.

Miya était heureuse de ces deux petites heures passées en la compagnie du stratège. Ils avaient pu discuter de beaucoup de choses, rigolé ensemble, s'amuser d'un rien.

Un sourire naquit à la commissure de ses lèvres. C'était ce qu'elle aimait tellement lorsqu'elle était avec Jude : la simplicité de leur relation, la facilité qu'ils avaient à parler de n'importe quoi, la joie que lui procurait le simple fait de rire de la même chose.

A ce moment-là, elle aurait donné n'importe quoi pour prendre sa main et poser sa tête sur son épaule, et ne plus être dans cet étrange relation mi-cordiale/mi-amicale.

De son côté, Jude n'en pensait pas moins. Il avait proposé à Miya de l'accompagner cet après-midi car il avait en tête de lui proposer de mettre fin à ce manège absurde et de reformer le couple qu'ils étaient.

Pourtant, il n'avait toujours pas osé aborder le sujet.

Alors qu'ils approchaient dangereusement de leur hôtel, il se dit que c'était maintenant ou jamais. Il s'arrêta, retenant un peu gauchement la jeune femme par le bras. Il prit une grande bouffée d'air et déglutit pour se donner du courage.

- Si je t'ai demandé de m'accompagner aujourd'hui c'est parce que j'ai quelque chose à te demander.

La brune se tendit aussitôt.

Il fallait être stupide pour ne pas comprendre la situation dans laquelle elle se trouvait. Le jeune homme avait rougi, il évitait son regard, la main qui tenait son bras tremblait légèrement.

Jude voulait qu'ils se remettent ensemble, et elle n'aurait clairement pas le cœur à lui dire non.

- Je t'écoute ! L'invita-t-elle à continuer malgré son irrésistible envie de prendre la fuite.

- Tu m'as quitté car tu partais en Allemagne, pas parce que tu ne m'aimais plus. Et je ne crois toujours pas que ce soit le cas aujourd'hui. Pourquoi ne nous remettrions-nous pas ensemble, Miya ?

Bien malgré elle, la jeune fille sourit doucement.

Elle ne voulait pas refuser. Jude et elle, ça avait toujours été une évidence.

Qu'importe qu'Antonio Spelleni le lui interdise en la menaçant de détruire la carrière de Jude, ils trouveraient une solution ensemble.

Elle lui en parlerait, elle lui expliquerait la situation, et Jude saurait exactement quoi faire, comme toujours.

Il fallait qu'elle dise oui, parce qu'elle en mourrait d'envie et parce que lui le voulait aussi.

C'était une autre façon de le rendre plus fort, c'était ôter de son esprit un poids qu'elle avait rajouté, une façon de l'aider à se concentrer sur la compétition, et uniquement sur la compétition. Et de pouvoir le soutenir à cent pour cent.

Elle allait dire oui. Elle lui souriait, avait pris sa main, avait déjà commencer à parler.

Elle n'a pas fini sa phrase.

Le soleil était déjà couché, ne laissant dans le ciel qu'une traînée ocre et rosée. Ce n'était donc pas lui qui l'avait ébloui.

C'était des phares. Des phares qui leur fonçaient dessus.

Jude a crié, il l'a attrapé par le bras et s'est jeté sur le sol, hors de la trajectoire de la voiture, la projetant elle aussi par terre.

Miya ne sait pas comment elle a trouvé la force d'ouvrir les yeux, mais elle l'a fait.

Au même moment, le conducteur de la voiture, qui s'était écrasée contre la barrière de sécurité qui séparait le trottoir du petit parc voisin, s'échappa en courant de l'habitacle avant de monter dans une berline qui l'attendait juste à côté.

Elle vit clairement un homme, assis sur le siège passager, occupé à la fixer en souriant alors qu'il fermait la fenêtre.

Elle n'eut aucun doute quant à son identité : Antonio Spelleni.

Résultat de la deuxième journée des phases de groupes

Groupe A

Etats-Unis - Espagne : 3-2

Corée du Sud – Suède : 4-1

Groupe B

Japon – Argentine : 1-0

Russie – Mexique : 2-2

Groupe C

Canada – Algérie : 2-1

Portugal – Islande : 4-2

Groupe D

Australie - Pays de Galle : 2-0

France – Nigéria : 5-1

Groupe E

Allemagne – Pérou : 4-3

Croatie – Tunisie : 3-1

Groupe F

Angleterre - Brésil : 3-3

Pays-Bas – Maroc : 2-1

Groupe G

Uruguay – Chili : 0-0

Nouvelle-Zélande – Pologne : 1-0

Groupe H

Italie – Sénégal : 3-2

Arabie Saoudite – Costa Rica : 0-1