Début de la seconde mi-temps, 15h59.
Commentateur : La seconde période du match opposant Inazuma Japon aux Aztèques du Mexique est sur le point de commencer.
Le score à la mi-temps était d'un partout. Laquelle de ces deux formations décrochera son ticket pour les huitièmes finales ?
C'est la sélection japonaise qui engage la partie.
Elliot Ember passe le ballon à Jude Sharp avant de monter en attaque. Les japonais font circuler le ballon afin de trouver la faille dans cette défense mexicaine extrêmement solide.
Il faut dire que les Aztèques sont très agressifs et n'hésitent pas à aller au contact.
Xavier Foster perd le ballon dans son duel face à Felipe Suarez. Le défenseur monte à l'attaque, il passe la balle à Francisco Senillosa qui organise le jeu mexicain.
Senillosa pour Diego Gomez. Gomez part vers l'avant, suivit de Cortes et Zapatas : c'est la formation du Séisme de Tlaloc !
Marc Evans réplique de sa super-technique : Diamond Punch. Malheureusement pour les japonais, les Aztèques reprennent la tête du match en inscrivant un second but.
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Il ne fallut que quelques minutes à Inazuma Japon pour égaliser de nouveau grâce à un tir combiné de Jude et Elliot.
Après encore une dizaine de minute, la sélection japonaise prenait la tête du match grâce à une nouvelle réalisation de l'attaquant du collège Zeus.
Ce n'était que de courtes durées, à peine trois minutes après, les Aztèques égalisaient à leur tour grâce à la super-technique de Solaris de Diego Gomez.
Il ne restait plus que quelques minutes avant la fin du match et aucunes des deux équipes ne parvenaient à faire la différence.
Nathan jeta un coup d'œil à Acker près de lui qui repoussait une nouvelle tentative mexicaine à l'aide de sa super-technique la Sphère de Confinement.
Le défenseur était heureux de constater que jusqu'à présent, leurs techniques personnelles continuait d'être efficace face aux attaques répétitives de leurs adversaires.
Mais à observer le capitaine de Polaris, il était persuadé que ça n'allait pas durer longtemps. Acker semblait particulièrement fatigué, et en étant tout à fait honnête avec lui-même, Nathan était aussi épuisé.
Le jeune homme s'approcha de lui.
- Est-ce que tout va bien ? Tu sembles fatigué…
Acker lui sourit, provoquant une drôle de sensation à Nathan, comme des centaines de papillons dans son ventre.
Il déglutit péniblement pour la chasser afin de se reconcentrer sur le match.
- Ces mexicains sont coriaces, mais nous finirons bien par en venir à bout !
Le jeune homme aux cheveux bleus hocha la tête avant de balayer le terrain du regard. Qu'il était frustré de ne pas encore réussir à maîtriser cette super technique, ça leur aurait été d'une si grande aide.
La pression d'une main sur son épaule le rappela à la réalité.
- Ne sois pas si dur avec toi-même, Nathan. Plus que d'une super-technique de défense, c'est d'une super-technique d'attaque dont nous avons besoin dans l'immédiat.
Acker avait raison. Il ne restait plus qu'une dizaine de minutes à jouer dans cette partie et le tableau d'affichage affichait toujours 3-3.
D'un signe du menton, Nathan lui confirma qu'il avait compris et qu'il allait se reconcentrer sur l'essentiel, essayant de mettre dans un coin de sa tête ses occupations.
Son coéquipier s'éloigna alors, retirant sa main de son épaule. Ce fut comme une brûlure pour l'ancien coureur, et il eut soudain envie de rappeler son ami pour ressentir encore ce contact réconfortant.
Il secoua sa tête, tentant de reprendre le fil du match. Il aurait tout son temps pour réfléchir à ce que signifiait de telles sensations plus tard, pour le moment, il devait gagner un match.
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Commentateur : Il ne reste plus que trois minutes avant la fin du match et les deux équipes ne sont toujours pas parvenues à se départager.
La possession est aux Aztèques qui continuent d'attaquer de toutes leurs forces.
Léon de la Rosa cherche Diego Gomez mais ce dernier est fermement marqué par la défense japonaise, tout comme Enrique Zapatas.
Heath Moore monte au pressing et cherche à dérober la balle à son adversaire. De la Rosa écarte le danger en passant le ballon à Julio Delavega.
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Alors que Julio Delavega se dirigeait vers les cages de Marc, Jude comprit immédiatement qu'ils venaient de faire une erreur stratégique.
C'était la deuxième fois qu'ils jouaient contre les mexicains et jamais l'attaquant n'avait été sollicité. Il n'avait jusqu'à présent que servis de relais entre Zapatas et les milieux de terrain.
Le stratège japonais venait juste de comprendre que ce n'était pas parce qu'il était moins talentueux : c'était parce qu'il se préservait.
Il se préservait exactement pour ce genre de moment où après s'être montré inexistant, les défenseurs adversaires se concentraient sur ceux qui avaient montré plus de capacités, de talents et qui semblaient donc bien plus dangereux.
C'était une erreur, parce que Jude venait de comprendre que Julio Delavega était justement tout aussi dangereux.
Qu'importe qu'il s'en soit rendu compte, qu'il est en vitesse changé de trajectoire pour se précipitait sur Julio, que ses coéquipiers l'aient suivi immédiatement.
C'était trop tard.
L'attaquant mexicain s'envolait déjà vers le ciel, le ballon au pied.
Il se tenait maintenant au sommet d'une immense pyramide aztèque et le soleil venait subitement le baigner de lumière.
Il frappa plusieurs fois le ballon, qui se parait petit à petit de ce que Jude identifia comme des silex dont les pointes s'orientaient vers Marc.
Après une dernière frappe, le soleil engloba la balle qui s'élança à tout allure vers le but, alors que Julio Delavega révélait le nom de sa super-technique : Le Sacrifice.
Marc fut incapable d'arrêter le ballon. L'arbitre siffla la fin du match. Les joueurs mexicains exultèrent.
Jude chercha Axel du regard : Inazuma Japon avait perdu.
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Ce n'était pas le genre d'Emi d'être aussi anxieuse, à la limite de la panique.
Depuis presque une heure et quart, elle fixait bêtement l'écran télévisé mis à disposition des joueurs et du staff d'Inazuma Japon dans la salle de réunion de l'hôtel.
Elle était tout simplement incontrôlable, une petite boule chargée d'électricité qui tremblait d'appréhension chaque fois que la sélection russe montait à l'attaque, ou qui sautillait de contentement quand la défense argentine arrêté un nouveau tir.
Axel et Elliot avaient plusieurs fois menacer de la mettre à la porte si elle ne se contrôlait pas un minimum car force était de constater que son stress était contagieux.
Si Jude, Nelly et Paolo savaient faire preuve d'un peu de maîtrise à l'image d'un Heath presque blasé, les autres membres de l'équipe étaient tous dans un état plus ou moins similaire.
Le pire était peut-être Marc qui rougissait furieusement à chaque tentative de tir des russes tant il retenait sa respiration, ou Jack qui ne cessait de pleurer depuis l'égalisation des Perfect Shark.
Quoi qu'il en soit, Emi était paniquée, et elle détestait cela. Surtout quand il ne s'agissait, comme aujourd'hui, que d'un stupide match de foot.
A l'autre bout de la pièce, Miya la détaillait en silence, un sourire satisfait sur les lèvres.
Sa cousine pouvait bien faire comme si de rien était, et crier à tout va qu'elle s'en ficher, la brune savait parfaitement qu'elle souhaité plus que tout au monde que la Russie perde le match afin qu'Inazuma Japon se qualifie.
Emi avait beaucoup de défauts, et pouvait souvent paraître froide et sans cœur, mais la jeune fille savait parfaitement que ce n'était qu'une facette.
La blonde avait à cœur que les gens qu'elle aimait soient heureux et satisfait, et de ce fait, elle ne supporterait pas que la sélection japonaise quitte le mondial sans qu'Axel n'ait pu en fouler les terrains.
Elle fut brutalement interrompue dans ses réflexions par des cris de joie : l'Argentine venait de marquer un nouveau but, prenant la tête du match à quinze minutes de la fin.
Miya se permit un sourire, alors qu'Emi, sitôt la joie passée, se cachait de nouveau les yeux.
- Je ne veux plus regarder jusqu'à la fin, je ne supporterai pas que les russes égalisent.
Axel leva les yeux au ciel devant tant de bêtise.
Mais peu importe à quel point la blonde adoptait un comportement enfantin, il n'arrivait pas à lui en vouloir.
Doucement, presque timidement, il attrapa l'une de ses mains qui reposait platement sur sa cuisse.
Surprise, la jeune fille ouvrit des grands yeux et fixa bêtement la main du blond qui serrait la sienne.
La jeune fille sentit son cœur battre tout doucement, accélérant davantage son rythme cardiaque déjà bien échauffée par le stress du match.
Axel quant à lui ne s'attardait aucunement sur la jeune fille, impassible et concentré sur le match.
Marc trépignait sur sa chaise. Comme tous les autres, il avait vraiment envie que l'Argentine remporte ce match afin d'accéder aux huitièmes de finale.
Mais ce n'était pas tout. Le gardien de but était absolument extatique parce qu'il assistait à un match qu'il jugeait incroyable !
Les russes avaient adopté une tactique de jeu légèrement différentes de d'habitudes en raison de la blessure de Froy, et de ce fait, Yuri avait passé la presque totalité du match en attaque.
Bien évidemment, cela laissait place à de plus grandes opportunités de but pour les argentins. Une opportunité qu'ils avaient parfaitement saisie.
Le capitaine japonais était heureux de voir une formation sud-américaine se vouer corps et âme à l'aspect offensif et découvrait avec étonnement d'incroyables super-technique auxquelles il n'avait malheureusement pas pu se confronter.
S'il avait hâte de voir le match toucher à sa fin pour les raisons que l'on connaissait, il était également un peu triste à l'idée que le moment de football si agréable qu'il passait se termine ainsi.
Dans un sourire triste, le jeune homme assista au dernier coup de sifflet de la partie.
Sur le terrain, aucune manifestation de joie. Les russes ne se qualifiaient pas, et malgré leur victoire, les argentins finissaient dernier du groupe. Les joueurs des deux équipes rejoignaient les vestiaires la tête baisse.
Du côté de la sélection japonaise, c'était tout l'inverse. Les joueurs et le staff exultaient : Inazuma Japon était encore dans la course.
Résultat de la troisième journée des phases de groupes
Groupe A
Etats-Unis -Suède : 2-0
Corée du Sud – Espagne : 3-1
Groupe B
Japon – Mexique : 3-4
Russie – Argentine : 2-3
Groupe C
Canada – Portugal : 4-1
Algérie – Islande : 3-5
Groupe D
Australie – France : 1-6
Pays de Galle – Nigéria : 0-3
Groupe E
Croatie – Pérou : 2-5
Allemagne – Tunisie : 1-0
Groupe F
Angleterre - Maroc : 5-1
Pays-Bas – Brésil : 2-4
Groupe G
Nouvelle-Zélande – Chili : 2-0
Uruguay – Pologne : 3-6
Groupe H
Italie – Arabie Saoudite : 7-2
Sénégal – Costa Rica : 4-5
Qualification pour les huitièmes de finale
Etats-Unis
Vs.
Mexique
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Corée du Sud
Vs.
Japon
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Canada
Vs.
Nigéria
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Portugal
Vs.
France
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Allemagne
Vs.
Brésil
.
Pérou
Vs.
Angleterre
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Pologne
Vs.
Italie
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Nouvelle -Zélande
Vs.
Costa Rica
Deux jours plus tard
Giuliano observa la foule avec circonspection.
Au début d'après-midi, lorsqu'il avait sauté dans le premier avion qui le mènerait jusqu'au camp du Ballon d'Or, l'idée ne lui avait pas paru si stupide.
Maintenant qu'il y était, il se demandait si se rendre à cette fête, organisée par la Fédération International de Football en l'honneur des équipes qualifiés du dit centre, avait été judicieux.
Devant lui, les membres des quatre équipes qui logeaient au centre, ainsi que leur staff respectif, discutaient joyeusement des verres à la main.
L'italien tenta de se grandir afin de discerner dans la foule une silhouette familière. Si possible, il espérait ne pas tomber sur Nelly, la pensé même de devoir lui parler l'agaçant plus que de raison.
Pour autant, apercevoir Miya, si petite, relevait du casse-tête.
Après quelques minutes d'observation, le jeune homme soupira et se résigna à avancer dans la foule.
Les regards que les gens posèrent sur lui, à mesure qu'il avançait, le firent lever les yeux au ciel. Qu'ils soient surpris de le voir ici après l'avoir reconnu, il pouvait le comprendre, mais qu'ils ne prennent même pas la peine de le cacher était vraiment déstabilisant.
Au loin, Giuliano aperçu flotter dans l'air une cape rouge. Il analysa un peu plus la silhouette, ainsi que les survêtements de ceux qui l'accompagnaient, pour la plupart floquer de l'emblème de la sélection japonaise.
Il eut d'abord le sentiment de toucher au but, ces joueurs devaient connaître Miya et serait sûrement capable de le renseigner sur l'endroit où il pourrait la trouver.
En s'approchant, il se rendit pourtant rapidement compte qu'il s'agissait de Jude Sharp. Il s'interrompit.
Il avait rapidement perçu la tension entre Jude et Miya lorsqu'il l'avait appelé lors de leur entretien au Canada. Etait-ce vraiment pertinent d'aller lui demander où était la jeune fille ?
Finalement, Giuliano décida que ce n'était pas ses affaires et se dirigea rapidement vers le petit groupe.
- Bonsoir, commença-t-il en s'incrustant dans la conversation, je suis un ami de Miya, savez-vous où je peux la trouver ?
Quatre pairs de yeux se braquèrent sur lui et le détaillèrent de la tête au pied. L'italien en aurait presque rougi tant c'était gênant.
Et puis, il croisa le regard du stratège japonais, et se retint finalement à grande peine de rire. Peut-être que dans une autre vie, ses yeux auraient pu le tuer.
- Qui êtes-tu ? L'interrogea un brun que Giuliano identifia comme étant le capitaine de la sélection.
- Je suis l'attaquant de la sélection italienne, Giuliano Vespussi, j'ai fait un long voyage pour la voir, sais-tu où elle est ?
Comme prévu, un nouveau silence gênant accueillit sa déclaration.
Le jeune homme soupira avant de tourner les talons. Ces quatre idiots ne lui seraient d'aucunes aides.
En jouant des coudes, le blond fendit la foule d'un pas rapide. Plus vite il trouverait Miya, plus vite ces regards inquisiteurs disparaîtraient.
Enfin, il l'aperçu.
Elle discutait avec un joueur d'Inazuma Japon aux cheveux rose. Il se mit presque à courir, tant il était heureux de l'avoir trouvé.
Il attrapa son bras pour signaler sa présence, alors que la jeune fille se retournait et ouvrait de grands yeux, clairement surprise de le voir.
- Mais enfin, qu'est-ce que tu fais ici ?
- Quelle question bête ! Je suis venue te voir.
Il lui offrit un sourire en coin qu'il jugea absolument irrésistible, cependant, il ne sembla faire ni chaud ni froid à la petite brune qui le regardait, incrédule.
Notant son manque de réaction, il ajouta à son oreille afin de ne pas se faire entendre :
- J'ai mené ma petite enquête, je viens te faire un compte rendu.
Miya ne répondit rien. Elle se retourna vers le jeune homme qui l'accompagnait qu'elle nomma Heath pour lui signaler qu'elle devait discuter avec le nouvel arrivant, avant d'attraper le bras de ce dernier et de s'éloigner ensemble.
Après être sorti de la foule, elle sortit son téléphone.
- Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-il
- J'appelle Nelly pour qu'elle nous rejoigne.
Giuliano referma sa main avec force sur celle de la jeune fille, l'empêchant de procéder à une action supplémentaire.
- Vraiment, ce n'est pas nécessaire, soupira-t-il, c'est à toi que je suis venu parler.
Miya hésita quelques secondes avant de finalement ranger son cellulaire. D'un signe de tête, elle lui indiqua qu'elle était prête à l'écouter.
- Comme tu me l'as demandé, je me suis renseigné sur les matchs auxquels mon oncle a assisté. Etonnamment, il était présent à toutes les rencontres de la Corée du Sud et du Canada, ainsi qu'a quelque rencontre du Pérou et de la Nouvelle-Zélande.
- Pourquoi est-ce étonnant ?
- Parce que chacun des matchs ont été vivement critiqué par l'opinion publique qui jugeait les arbitres incompétents.
La brune le regarda gravement avant de demander plus de précisions.
- Le premier match de la Corée du Sud l'opposait aux Etats-Unis, largement favoris. Les Licornes ont perdu deux buts à cinq. Apparemment, l'arbitre a exclu le capitaine Mark Kruger à la suite d'un tacle dangereux. J'ai regardé la vidéo et je suis absolument convaincu que Kruger a dérapé et n'a pas voulu tacler le joueur coréen.
Miya réfléchit longuement. Elle avait été surprise de la défaite des américains face aux sud-coréens mais ne s'y était pas attardée. Il faudrait qu'elle en discute avec Nelly, Paolo et désormais Axel.
- Autre chose ? Parce que tu sembles désormais convaincu de la culpabilité de ton oncle…
La jeune fille eut presque de la peine lorsqu'elle vit Giuliano baissé la tête, visiblement blessé.
Dès leur première rencontre, elle avait rapidement compris que le jeune homme tenait énormément à cet homme. Elle n'imaginait pas le mal que ça faisait de découvrir que quelqu'un en qui on avait confiance pouvait être capable d'actes aussi malintentionnés.
- J'ai fouillé sa boîte mail où il reçoit notamment ses relevés bancaires, et j'ai trouvé ça…
Miya tremblait alors qu'elle baissait les yeux sur la clé USB que lui tendait le blond.
- Qu'y a-t-il dedans ?
- Tu verras par toi-même. Je n'ai pas spécialement envie de m'attarder dessus. J'ai également découvert qu'une part non négligeable de la sélection italienne recevait de jolies sommes d'argents de la Fédération italienne et je ne comprends pas encore pourquoi.
Le cœur de la jeune fille se brisa lorsqu'elle vit à quel point la situation rendait triste l'italien.
Elle avait toujours été particulièrement sensible aux émotions des autres, et chaque fois qu'elle voyait quelqu'un triste, elle avait la sensation désagréable de ressentir elle-aussi sa peine.
Elle rangea dans un coin de sa tête toutes les informations qu'elle avait appris ce soir pour se concentrer sur le jeune homme.
Compatissante, elle s'avança vers lui et le prit délicatement dans ses bras. Loin d'être décontenancé, il lui rendit son étreinte avec force, la prenant au piège.
Piquée au vif, elle protesta, sous le rire retrouvé du blond qui la lâcha.
- Et moi qui croyais que tu étais insensible à mon charme, la provoqua-t-il, finalement ta tasse de thé, ça doit être les âmes en peine.
La brune leva les yeux au ciel alors que le jeune homme s'éloignait en riant. D'un signe de la main, il lui dit au revoir.
En quittant le camp du Ballon d'Or, le jeune homme se demanda s'il ne regretterait pas d'avoir vendu son oncle pour une fille comme Miya, qui ne verrait sans doute jamais en lui, plus qu'un ami.
Il haussa les épaules en montant dans l'avion qui devait le ramener au Canada : après tout, ce n'était pas les filles qui manquaient sur cette terre.
Du côté d'Axel et Emi
Emi observait avec curiosité Miya s'éloigner dans la foule en compagnie d'un très beau garçon qu'elle n'avait jamais vu.
Désireuse d'en savoir un petit peu plus, elle s'appliqua à les suivre discrètement.
Le bruit de la fête masquant chacune des paroles qui s'échappaient des lèvres des deux jeunes gens l'empêcha de comprendre de quoi il parlait.
En revanche, elle ne manqua pas leur rapprochement, si bien qu'au moment où Miya prenait le jeune homme dans ses bras, Emi filmait avec satisfaction à l'aide de son téléphone tout juste retrouvé.
Après quoi, elle posta la vidéo dans sa story Instagram. Ainsi filmé, l'embrassade amicale ne semblait pas être le centre de la vidéo, et la jeune fille se dit que sa cousine ne pourrait pas lui en tenir rigueur.
Emi avait conscience de dégager l'image d'une fille froide et absolument indifférente aux problèmes des autres. Pour autant, ce n'était pas le cas.
Elle avait suivi avec attention le rapprochement de Jude et Miya, brusquement interrompu par l'accident de voiture. Et elle était déterminé à faire en sorte que ces deux idiots se retrouvent. Et la première étape de son plan était que Jude se sente suffisamment menacé pour qu'il n'abandonne pas.
- Pourquoi est-ce que tu souris toute seule ?
La blonde sursauta en reconnaissant la voix d'Axel. Décidée à ne pas se faire prendre par le jeune homme qui la sermonnerait sans aucun doute à raison, elle rangea son téléphone et lui offrit un sourire lumineux.
- Oh, un tweet injurieux sur cette stupide mascotte de la sélection péruvienne qui est tombé dans le filet des buts pendant la mi-temps.
Emi s'était attendu à voir sourire le jeune homme. Il n'en fit rien.
- Tu n'es pas avec Andreas ?
La jeune fille leva les yeux au ciel devant si peu de tact. Le moins que l'on puisse dire c'est que le jeune homme ne passait pas par quatre chemin.
- Il discute avec Éric Eagle et Dylan Keith, haussa-t-elle les épaules, et puis tu sais, ma vie ne se résume pas à Andreas.
Axel ne sembla même pas l'avoir écouté. Au contraire, il attrapa sa main et l'entraîna sur la piste de danse.
Emi leva les yeux au ciel devant ce comportement qu'elle jugeait immature, mais ne lui en fit pas la remarque.
Après tout, elle interpréta ce geste comme le résultat d'un travail de mis à l'écart de la jalouse d'Axel par rapport à son ami, et profita du moment.
Délicatement, elle enroula ses bras derrière la nuque du jeune homme alors qu'il refermait les siens sur sa taille.
Doucement, ils se mirent à valser. La blonde fut très surprise devant tant de maîtrise de la part de l'attaquant. Elle ignorait qu'il possédait un tel talent de danseur, et en était agréablement surprise.
- Un problème ? L'interrogea-t-il en détournant le regard
- Je me faisais la réflexion que tu étais un excellent danseur.
- J-J'ai appris à cause de Julia…
La jeune fille ne manqua pas le rougissement des joues d'Axel. Désireuse d'en savoir plus, elle lui demanda de plus amples explications :
- C'était une de ses lubies, elle voulait apprendre à valser mais mon père refusait qu'elle prenne des cours. Alors j'ai trouvé des tutoriels sur internet et je lui ai servi de partenaire.
- Décidément, il n'y aucune discipline dans laquelle tu sois mauvais.
Axel lui sourit doucement, de ces sourires qu'il ne réservait qu'à elle. Emi sentit son cœur s'emballer.
Comment pouvait-il se sentir menaçait par son amitié avec Andreas alors même que lui seul provoquait chez elle tant d'émotion ?
- Tu n'es pas mauvaise non plus, la complimenta-t-il en la faisant tourner sur elle-même.
- J'ai pris des cours de danse pendant deux ans...
- Deux ans seulement ?
- Cet imbécile de professeur ne comprenait rien au talent !
La remarque fit rire le joueur d'Inazuma Japon. La mauvaise foi d'Emi pouvait être considéré comme un défaut non négligeable, pour autant, le jeune homme trouvait que ça ajoutait à son charme.
Alors que la musique changeait, laissant place à un slow, Axel raffermit sa prise sur la taille d'Emi, la rapprochant davantage de lui.
Cette dernière laissa reposer sa tête sur son épaule et ferma les yeux, profitant de l'instant.
De l'autre côté de la piste, Andreas Carter assistait à la scène, peiné. Peut-être avait-il légèrement sous-estimé les sentiments que portait son amie à l'attaquant japonais.
Le lendemain
David Samford et Joe King s'entraînaient depuis presque une heure en compagnie de Jude, Heath et Elliot.
Le petit groupe avait réquisitionné presque la moitié du terrain afin de travailler davantage leur technique de tir et particulièrement celles du Triangle de la Mortet du Manchot Empereur.
Les évolutions de ces techniques pouvaient, en effet, s'avouer tout à fait utile, et Jude insistait pour que les joueurs les travaillent.
Après que Joe ait repoussé une énième frappe combinée d'Elliot, Jude et David, ils décidèrent de faire une pause.
Le jeune homme aux cheveux argentés leva les yeux au ciel en voyant son ancien capitaine s'éloigner du banc où se trouvait Miya afin de se reposer.
Décidé à avoir une conversation avec lui, il le suivit, Joe sur ses talons. Les deux jeunes hommes s'assirent tous deux de chaque côté du stratège, alors que ce dernier les regardait incrédule.
- Que s'est-il encore passé avec Miya ? Finit par demander Joe.
Pour toute réponse, Jude lui tendit son téléphone où s'affichait sur l'écran la story qu'Emi avait posté la veille.
Le gardien de but grimaça, alors que David regardait à son tour.
- Qui est-ce ? Questionna l'argenté.
- Giuliano Vespussi, répondit Jude sans la moindre émotion, quant à savoir comment ils se connaissent !
Le silence les enveloppa doucement alors que le gardien de but et l'attaquant se consultait du regard.
Ils savaient tout deux que ça ne voulait strictement rien dire. Il fallait être aveugle pour ne pas voir à quel point la jeune fille aimait le jeune homme.
Pour autant, à force d'essayer de le faire comprendre à Jude, ils finissaient par en avoir assez.
Ils décidèrent donc de ne pas s'attarder et tous les trois s'allongèrent dans l'herbe fraîche, laissant les rayons du soleil chauffaient doucement leur peau.
- Vous vous souvenez ? C'est exactement ce qu'on faisait à l'époque de la Royal après chaque entraînement.
David et Jude fixèrent Joe en souriant.
Le stratège pensait souvent à cette époque : quoi que Ray Dark ait pu faire, le jeune homme avait profondément aimé cette équipe et chaque membre qui la constituait.
Malgré qu'il ait été heureux de rejoindre Raimon et de pouvoir jouer au côté de Marc, il s'était souvent demandé comment est-ce qu'il aurait évolué en restant à la Royal Academy et avait parfois mûri le projet d'y retourner.
Après presque un quart d'heure, Elliot vint les chercher pour continuer l'entraînement. Il fut surpris de la trouver tous les trois endormis. Alors qu'il allait les réveiller, Heath le lui déconseilla d'un mouvement de tête.
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C'est le bruit d'un ballon qui frappe le sol qui réveilla Jude.
En ouvrant les yeux, il fut surpris de voir le soleil décliné, colorant le ciel d'une magnifique couleur ocre.
Le bruit des respirations de David et Joe lui indiquèrent que ses deux amis étaient toujours près de lui, eux aussi endormi.
D'un léger coup de coude, à sa gauche, puis à sa droite, il leur indiqua qu'il était temps de se réveiller.
Plus loin, sur le terrain, un nouveau rebond sonore l'intrigua. Le stratège s'étonna que quelqu'un soit encore en train de s'entraîner et se releva donc afin de voir de qui il s'agissait.
- David ! Joe ! Réveillez-vous, regardez qui est là.
A leur tour, les deux jeunes hommes levèrent la tête, les yeux encore endormie.
D'un regard, Jude leur confirma qu'ils ne rêvaient pas. Tous trois se levèrent, époussetant leur maillot et descendirent rapidement la petite motte sur laquelle ils avaient trouvé repos.
Le joueur sur le terrain leur sourit insolemment alors qu'il les voyait approcher.
Avant qu'ils n'arrivent à sa hauteur et qu'ils ne puissent dire quoi que ce soit, il envoya puissamment le ballon sur Jude qui le réceptionna non sans difficulté.
- Tu es donc de retour ? S'exclama le stratège, un sourire au coin des lèvres
- Que veux-tu ! Lui répondit le jeune homme en haussant les épaules, vu votre niveau d'amateur, il était plus que temps que je revienne.
Caleb Stonewall les gratifia de son sourire si particulier qui le caractérisé à lui tout seul avant d'encourager ses trois coéquipiers à se mettre en position afin de s'entraîner.
Jude ne l'avouerait pour rien au monde, mais il était heureux de savoir le brun de retour.
Alors qu'il frappait dans le ballon avec Caleb et David en adoptant la position du Triangle de la Mort, Jude se fit la réflexion qu'à eux quatre, ils étaient finalement un petit bout de la Royal Academy sur le toit du monde.
