Nelly avait conscience d'être parfois un petit peu autoritaire et directive.
Elle comprenait pourquoi la plupart des gens, la surnommait, affectueusement ou non, la « petite chef ».
Pour autant, elle n'avait jamais essayé de changer ce trait de caractère : elle était ainsi, chacun était libre de l'accepter ou non.
C'est la raison pour laquelle elle ne releva pas, le regard offusqué de Paolo lorsqu'elle prit des mains de Miya, la clé USB que Giuliano lui avait confié, et encore moins le soupire ennuyé d'Axel quand elle décida, au détriment de l'entraînement, que c'était le bon moment pour voir ce qu'elle contenait.
Ainsi, les quatre jeunes gens tenaient conciliabule dans la petite salle de réunion, les yeux fixés sur l'écran d'ordinateur qui avait été mis à leur disposition.
A l'inverse d'une Miya tremblotante d'appréhension, les gestes de la rousse étaient fermes, directes et francs.
Sans hésiter un instant, elle ouvrit le fichier où toute une série de capture d'écran avait été déposé.
En silence, elle s'appliqua à ouvrir chaque document, un par un, à en inspecter le contenu, et l'analyser au regard des informations qu'elle et ses amis avaient pu collecter.
Après presque une demi-heure, pendant laquelle un silence monastique s'était imposé naturellement, Nelly pris la parole :
- Il n'y a plus aucun doute sur l'implication d'Antonio Spelleni !
Paolo et Miya soufflèrent de soulagement. C'était des preuves suffisantes pour faire incriminer l'oncle de Giuliano, l'envoyer en prison pendant un long moment, et purger le monde du football de son ombre criminel.
D'autant plus que l'enquête pour l'accident de voiture n'avait rien donné, malgré la vidéo d'Emi. En effet, les plaques d'immatriculations étaient toutes fausses.
- Que contient la clé ? Demanda Axel désireux de s'assurer lui-même de la validité des preuves.
- Beaucoup de relevés de comptes qui témoignent de transferts d'argents vers les comptes d'un certain nombre d'arbitres de la fédération international de football, commença Nelly, ainsi que des rentrées d'argent provenant de sociétés non-homologuées.
- De fait, elles sont forcément illégales, n'est-ce pas ?
- Exactement, confirma la rousse, il est fort probable qu'il s'agisse de réseaux mafieux, entretenus par Spelleni mais également par Adriano Taglioni, le président de la fédération italienne.
- Comment ? S'exclama Paolo, alors lui aussi est dans le coup ?
Nelly confirma gravement d'un signe de tête.
- Et il ne doit pas être le seul si on se réfère à l'un des mails que Giuliano a pris en photo. Spelleni a tenté d'acheter le président de la fédération japonaise, et il échange régulièrement avec le président de la fédération coréenne.
- Ce n'est pas étonnant, intervint Miya, cette équipe ne doit sa qualification qu'à un arbitrage plus qu'avantageux.
- Toujours est-il que ça ne doit pas être le seul président à tremper dans de telles magouilles...
Un long silence se fit, chacun réfléchissant à ce qu'il venait d'apprendre.
Malgré la satisfaction que Miya éprouvait à l'idée d'avoir suffisamment de preuve, ce sentiment était pourtant éclipsé par l'idée que tout ce mystère n'avait pas été résolu.
D'un regard, ses doutes se confirmèrent, alors que Paolo grimaçait, visiblement lui aussi dérangé par un point.
- Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi la presque totalité de la sélection italienne a été remplacée… Ce n'était pas utile à la réalisation de ses dessins…
Nelly s'apprêtait à lui répondre, mais Miya lui coupa subtilement la parole :
- Giuliano a appris que la plupart des joueurs étaient payés, peut-être que le président à une idée derrière la tête.
- Que faisons-nous alors ? Interrogea Axel, on dénonce Spelleni maintenant ou on attend dans savoir un peu plus ?
Un silence songeur accueillit sa question.
Miya craignait qu'en contraignant Spelleni à avouer, on laisse le champ libre aux agissements du président de la fédération italienne.
Paolo quant à lui jugeait plus pertinent de se concentrer sur Adriano Taglioni en expulsant le dossier Antonio à la justice.
Finalement, la rousse trancha : elle remettrait la clé USB à la police, le plus rapidement possible.
C'était là, la raison principale, pour laquelle personne ne remettait en question le caractère de Nelly Raimon : quand il fallait prendre des décisions difficiles, elle les prenait, assumant les retombés négatifs hypothétiques qu'elles pourraient engendrer.
Jour du match contre la Corée du Sud : Huitième de finale
Emi soupira de frustration en prenant place dans les tribunes présidentielles.
La veille du match, son père lui avait téléphoné, afin de violemment la reprendre à l'ordre.
Elle était sa fille, et ne pouvait donc pas, s'afficher ouvertement comme supportrice d'une équipe autre que celle d'Allemagne.
C'était un coup dur pour elle, qui aurait vraiment aimé pouvoir assister au retour d'Axel sur le terrain, depuis le banc de la sélection japonaise.
Pourtant, elle n'était pas vraiment une manageuse, et n'avait strictement rien à faire là-bas.
Elle se ressaisit donc en se rappelant à quel point elle détestait préparer des tranches de citron, et remplir des gourdes de jus de ginseng.
Alors elle se leva en direction du buffet mis à la disposition des spectateurs de marque, attrapa une coupe de champagne - en dépit de son âge - et toisa avec dédain tous ceux qui la regardèrent étonnés.
- Que fais-tu avec une coupe à la main ? Tu ne bois pas d'alcool.
La blonde se retourna brusquement, manquant de renverser son verre.
Souriant, Andreas la regardait, visiblement fière de son petit effet de surprise.
A côté de lui, Aïden grignotait un misérable sandwich au jambon, faisant fi de toute convenance.
Ignorant sa réflexion à propos de l'alcool, la jeune fille lui demanda :
- Qu'est-ce que vous faites ici ?
Pour toute réponse, Andreas indiqua les deux billets qui reposaient entre ses doigts.
- Ton père souhaite que nous assistions au maximum de rencontres possibles pour juger par nous-même du niveau de notre adversaire.
- Et comme par hasard, vous avez été envoyé à celui-ci !
- Tu aurais préféré ne pas nous voir ? La questionna Aïden la bouche pleine.
Emi préféra éluder la question et après avoir reposé cette satanée coupe, que de toute façon elle n'avait jamais compté boire, se dirigea vers sa place.
Son estomac se tordit de frustration en découvrant que les deux garçons étaient à côté d'elle. Evidemment, son père avait sûrement obtenu plusieurs places les unes à côté des autres.
- Ce n'est pas que je ne suis pas contente de vous voir, leur avoua la blonde, c'est simplement qu'en ce moment, tout va pour le mieux entre Axel et moi, et je n'ai pas envie de gâcher ça.
- Il n'en saura rien, Emi ! La rassura Aïden, il sera concentré dans son match et on ne voit strictement rien des tribunes depuis le terrain.
La jeune fille le gratifia d'un sourire amicale, consciente que ses arguments étaient justes.
Elle appréciait beaucoup le jeune homme qu'elle connaissait également depuis l'enfance. Ils n'étaient pas aussi proche que pouvaient l'être Andreas et elle, mais suffisamment tout de même pour partager un certain nombre de souvenirs en commun.
La jeune fille se souvenait particulièrement de la tristesse qui l'avait gagné lorsque son frère jumeau avait intégré la formation de ce célèbre club espagnol.
Il avait alors l'impression d'être un mauvais footballeur.
Andreas et elle avaient passé des jours à le consoler en l'emmenant manger des glaces et jouer à des jeux vidéo.
Andreas, de son côté, encaissé difficilement, ce qu'il considérait être un rejet. Il n'avait jamais eu de yeux pour personne d'autre qu'Emi, alors pourquoi ce n'était pas le cas pour elle ?
Il se retint à grande peine de se lever et de quitter le stade, sachant pertinemment que la jeune fille ne le retiendrait pas, et qu'elle préférait le laisser partir lui, plutôt que de perdre le japonais.
Cet état de fait pris en considération, il lâcha un soupir à fendre l'âme, interrompant les rires de ses deux amis.
C'était méconnaître la blonde, qui le connaissait mieux que personne, et qui compris immédiatement ce qui tracassait l'attaquant.
- Andreas, pitié ! Tu ne vas pas te mettre, toi aussi, aux crises de jalouses inutiles.
Il se força à lui sourire, désireux de lui montrer qu'entre Axel et lui, c'était lui le moins idiot.
- Une crise de jalousie, moi ? Comme si j'allais me rabaisser à ça…
- Pourquoi ce soupire pathétique dans ce-cas ?
D'un mouvement de tête, le jeune homme lui indiqua le terrain où les deux équipes étaient en train de s'échauffer.
- Regarde l'arbitre. Tu te souviens de lui ?
La jeune fille fronça les sourcils, essayant de se souvenir où elle avait pu rencontrer l'homme qui s'échauffait sur le bord du terrain.
Incapable de le faire, elle interrogea son ami du regard, lui signifiant qu'elle ne le connaissait pas.
- C'est normal, tu ne le connais pas. Pourtant, tu aurais dû puisque c'est Hermann Fisher, notre ancien entraîneur quand ont été enfant, qui aurait dût arbitrer le match.
Après un regard en direction d'Aïden, celui-ci lui confirma qu'Andreas disait vrai.
Emi se souvenait parfaitement de cet homme. Elle avait passé bien trop de temps, à ses côtés, sur le banc de touche, pour oublier le personnage.
D'ailleurs, elle l'appréciait particulièrement car il lui offrait toujours du chocolat.
- Qu'est-ce que tu essais de me dire Andreas, au juste ?
- Ton père nous a demandé de venir voir le match car il a trouvé ça particulièrement suspect que l'arbitre change à peine deux heures avant le match.
- D-Deux heures avant le match ? Ils ont le droit de faire ça ?
- Justement non, intervint Aïden, ton père se demande si la sélection coréenne, qui a contesté l'arbitrage de la partie par M. Fisher, n'est pas en train d'essayer d'acheter le match.
- Qu'est-ce qui lui fait penser ça ?
- Intéresse-toi au parcours de la sélection coréenne, tu comprendras.
Emi hocha la tête avant de se saisir de son téléphone portable.
Méticuleusement, elle analysa les scores et les réactions de l'opinion des derniers matchs de l'équipe coréenne.
- D'accord, conclut-elle après plusieurs minutes, cette équipe coréenne est plus que suspecte. Et après ? Pourquoi papa est-il en train d'en faire une machination ?
- Parce que s'en est une Emi, et la sélection coréenne n'est pas la seule à s'adonner à ce genre de pratique.
- Comment vous savez ça, Aïden ?
A sa plus grande surprise, ce n'est pas le blond qui lui répondit.
Au contraire, il lui offrit un large sourire avant de s'enfoncer dans son fauteuil, laissant à Andreas le plaisir de lui répondre gravement :
- Parce que nous avons joué contre une de ses équipes qui croient pouvoir acheter la victoire, et qu'on ne veut pas les laisser corrompre le football.
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- Depuis le début du mondial, la sélection coréenne a fait un parcours sans faute, elle a déjoué tous les pronostics, supplantant même la sélection américaine, pourtant favorite de sa poule. A défaut d'avoir un style de jeu flamboyant donc, on peut dire qu'il est efficace, se mit à rire nerveusement Célia, ne vous laissez donc pas avoir par l'apparente facilité du match. Leur atout principal, c'est leur milieu de terrain Anh Gu-Suk, un joueur très offensif qui possède plusieurs techniques individuelles assez impresionnante. Ensuite, ils ont juste beaucoup beaucoup de chance.
En écoutant le débriefing de la journaliste, Paolo se fit la réflexion que cette sélection coréenne n'avait vraiment rien à faire là.
La jeune fille avait parlé de chance, mais il savait très bien que cette chance avait un prix faramineux.
Depuis qu'il savait exactement comment cette équipe était parvenu jusqu'ici, le jeune homme ne cessait de se demander combien pouvait bien coûter l'intégrité d'un arbitre.
De savoir que des êtres humains pouvaient être si faible face à l'argent le rendait profondément triste.
D'un regard, il balaya le vestiaire. S'il savait déjà, que Nelly, Miya et Axel étaient au courant il se dit qu'il y avait de forte chance pour que Jude et Heath l'ait également deviné.
Les deux meneurs de jeu de la sélection japonaise semblaient perdu dans leur pensé, réfléchissant sûrement à la manière dont ils allaient devoir gérer le jeu.
Finalement, le seul qui ne semblait pas se soucier de quoi que ce soit était Marc. Déjà debout sur ses deux jambes, prêt à partir, il souriait grandement :
- Bien, faisons-en sorte que leur chance s'arrête aujourd'hui !
Inazuma Japon
Mark Evans
Nathan Swift – Jack Wallside - Acker Reese – Shawn Froste
David Samford – Jude Sharp – Heath Moore – Ichihoshi Hikaru
Axel Blaze – Aiden Froste
Les Dragons Coréens
Kim Song-I
Nam Ge-Sung – Lee Se-Ju – Kim Sig-Uk – Kwon Dae-Shi
Anh Gu-Suk – Lee Nam-Su – Gu Pil-Su – Kim Tae-Su
Kang Si-Hyeon – Kim Jun-Hyung
Début de la première mi-temps, 17h00
Pour la première fois, depuis le début du mondial, Aiden Froste allait donner le coup d'envoi.
Il était très heureux d'avoir été titularisé, et se savait parfaitement capable d'être à la hauteur.
Pour autant, il devait bien avouer qu'il ne comprenait pas pourquoi le coach avait fait un tel choix, alors que depuis le début de la compétition, il n'avait opéré aucun changement.
- Ne te poses pas trop de question, et joue comme tu sais le faire !
Pour toute réponse, le rouquin envoya à son frère un sourire cynique.
Il n'aimait pas que ce dernier le prenne en pitié, et lui dise ce qu'il devait faire. Il était un footballeur talentueux, et il n'avait pas besoin que Shawn le lui rappelle.
Sans un mot, il s'éloigna vers le centre du terrain, où l'attendait Axel.
L'arbitre siffla, Aiden s'empara du ballon que lui passait son coéquipier. Il allait montrer à tous qu'elle erreur avait été faite en le laissant sur le banc.
Avec précision et agilité, le jeune homme passa un à un chaque joueur coréen, jusqu'à arriver au mur défensif.
D'un regard, il s'assura qu'Axel le suivait bien, avant de lui passer le ballon dans le dos du défenseur.
Le jeune homme était grisé, il avait l'impression d'être invincible.
Les gestes, la lecture du jeu, la manière : tout lui était revenu naturellement comme s'il avait joué un match de cette ampleur la semaine dernière.
Habilement, il se démarqua avec facilité. Un rictus moqueur naquit sur son visage à mesure qu'il comprenait que vraiment, cette sélection coréenne ne valait pas un clou.
Axel lui fit la passe juste à l'entrée de la surface de réparation adversaire. En souriant, le défenseur coréen s'écarta volontairement. C'était trop facile.
L'arbitre siffla. Interrogateur, le jeune attaquant darda un regard surpris sur le corps arbitral, puis sur ses coéquipiers.
Eux n'ont plus ne semblait pas comprendre pourquoi un tel arrête de jeu. Il fut frappé de stupeur quand l'arbitre annonça une faute offensive.
- Mais qu'est-ce qu'il raconte ? C'est impossible ! S'étonna Axel dans son dos.
Aiden fronça les sourcils en observant Jude aller discuter avec l'arbitre. Il se repassait la scène dans la tête mais ne comprenait pas où il pouvait avoir provoqué une faute.
Visiblement contrariés, Jude et Heath arrivèrent vers le petit groupe qui entourait alors Aiden et Axel.
- Il maintient que tu as bousculé Lee Se-Ju volontairement, raison pour laquelle il s'est écarté. La possession va aux Dragons, lui apprit Jude.
Aiden bouscula légèrement son frère à côté de lui, prêt à aller dire à l'arbitre ce qu'il pensait de cette décision plus que litigieuse.
Pourtant, Shawn posa une main ferme sur son épaule, et d'un regard lui indiqua de se taire.
- Ne t'en préoccupes pas, nous savons parfaitement que tu n'as rien fait, le rassura Axel, jouons simplement.
- Axel a raison, rajouta Shawn, tu risques l'exclusion si tu vas contester.
Sans rien ajouter, le jeune homme s'éloigna.
Son regard s'attarda alors, pour la première fois depuis le début de la partie, sur l'arbitre.
Il le regretta presque immédiatement.
Impossible.
Comment cet homme pouvait-il être là ?
Il s'assura, d'un geste en direction de son frère, si celui-ci l'avait aussi reconnu.
Peut-être qu'il se trompait après tout.
Comment leur ancien entraîneur pouvait être ici ? En train d'arbitrer cette rencontre ? Les avaient-ils reconnus ?
Le roux se pinça fortement le bras. Il était en train de délirer.
Le coach Richardson ne pouvait pas être là.
Il était reparti aux Etats-Unis à la suite de l'accident de voiture de ses parents, incapable de se pardonner de les avoir laissé partir malgré ses nombreux avertissements.
Il était parti, n'avait plus jamais donné de nouvelles malgré les courriers répétitifs des deux frères, il ne pouvait pas être là.
Aiden déglutit, essayant tant bien que mal de se remettre dans le match.
Mais son regard était sans cesse attiré par l'homme en tenue noir qui courrait près d'eux.
La même silhouette, la même barbe de trois jours bien qu'un peu plus blanche, des yeux perçants d'un bleu outremer identique. Il ne pouvait pas se tromper.
Alors qu'Aiden reprenait sa respiration, après avoir envoyé un ballon en touche, il laissa son regard s'attarder sur le banc.
Le coach Yi était debout et le fixait en souriant. Aiden fronça les sourcils, suivant le regard du chinois qui quittait sa personne pour aller se poser sur l'arbitre.
La lumière se fit.
Aiden venait de comprendre.
C'était bien le coach Richardson. Monsieur Yi le savait, et c'est la raison exacte pour laquelle il l'avait fait jouer aujourd'hui.
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Commentateur : Vingt-cinq minutes se sont écoulées depuis le début de la partie.
Aucunes des deux équipes n'est parvenu à prendre de l'avance, malgré les tentatives régulières de la sélection japonaise.
Les attaquants, Axel Blaze tout juste de retour de blessure, et Aiden Froste que nous n'avions pas encore eu la chance de voir évoluer depuis le début du mondial, sont de véritables piles électriques.
Ils lancent des offensives incessantes sur le but coréen, malheureusement, ils sont a priori trop agressifs, puisque l'arbitre ne cesse de siffler en leur défaveur.
La possession est aux Dragons.
Lee Nam-Su se dirige vers la partie de terrain coréenne avec rapidité. Il passe Jude Sharp et Heath Moore avec habileté.
L'attaquant Kim Si-Hyeon réceptionne le ballon. Nathan Swift tente d'intercepter le ballon en utilisant sa super-technique la Danse d'Eole.
Il en faudra plus cependant pour arrêter Kim Si-Hyeon qui s'envole dans les airs.
Il nous dévoile sa super-technique : le Serpent d'eau. C'est trop facile pour Marc Evans qui l'arrête sans aucune difficulté à l'aide du son Diamond arm.
Quoi ? L'arbitre signale une faute de la part de Swift au moment où Si-Hyeon aurait tiré.
Marc Evans, Nathan Swift et Jude Sharp se dirigent vers l'arbitre, visiblement pour demander plus d'explications.
Ce dernier ne semble pas vouloir les écouter et siffle un penalty en faveur de la sélection coréenne.
Kim Si-Hyeon s'apprête à frapper le ballon.
C'est sans difficultée pour l'attaquant coréen. Marc Evans n'arrête pas cette frappe surpuissante. Les Dragons mène 1-0.
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Aiden savait que le coach attendait quelque chose de lui.
Pourtant, il ne savait absolument pas de quoi il s'agissait.
La seule chose qu'il avait compris, c'était qu'il fallait arrêter Richardson coûte que coûte.
Comment était-ce possible d'être un aussi mauvais arbitre lorsque l'on avait été un aussi bon entraîneur ? A croire qu'il faisait exprès.
Le jeune homme s'arrêta alors sur cette pensée.
Et s'il faisait vraiment exprès ?
L'attaquant du collège Alpin réfléchit alors à l'attitude des joueurs coréens depuis le début du match : les sourires, la façon de tomber, leur manque d'agressivité, cette manière de jouer si tranquille.
C'était comme s'ils connaissaient déjà l'issus du match, comme si cette dernière serait en leur faveur.
La main ferme d'Axel s'abattit sur son épaule alors qu'il fixait avec froideur M. Richardson.
- L'arbitre a été acheté, tu as raison.
- Il faut prévenir Marc et Jude.
- Regarde-les, ils le savent déjà.
Aiden dévisagea le capitaine d'abord.
Les sourcils fronçaient, le regard préoccupé, la petite veine qui apparaissait en haut de son front : nul doute que Marc Evans avait compris.
Jude Sharp quant à lui arpentait le terrain, analysant les mouvements coréens.
Marc Evans était intègre, Aiden savait parfaitement que s'il allait le voir afin de trouver une solution, ce dernier lui sortirait une bêtise du genre : « jouons comme nous savons le faire » ou « montrons-leur comment c'est génial de jouer au véritable football ».
En soi, rien d'efficace pour contrer cet arbitrage clairement en faveur des coréens.
En revanche, Jude Sharp était un ancien joueur de la Royal Academy, il avait été fidèle à Ray Dark, avant de se rebeller.
Aiden était persuadé que cela avait eu de l'influence sur lui, et qu'il aurait beaucoup moins de scrupules à employer des techniques plus délicates.
Un regard à l'intention d'Axel suffit à le lui confirmer.
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Emi regarda impassiblement le tableau d'affichage. La première période venait de se terminer sur le score de 1-0 en faveur de la Corée du Sud, et la jeune fille devait avouer que cette dernière avait été catastrophique.
A ses côtés, Aïden Mandel et Andreas Carter échangeaient silencieusement à propos de l'arbitrage.
La blonde était bien contrainte d'admettre qu'ils avaient eu raison dès le début.
Il ne fallait pas être un expert pour comprendre que l'arbitre était complétement à côté de la plaque.
La pauvre sélection japonaise ne pouvait se permettre aucun contact sous peine d'être immédiatement sanctionnée : aucun frôlement, aucun accrochage, aucun regard un peu trop poussé.
- On ne peut pas signaler l'arbitre ? Demanda la blonde à ses amis alors qu'ils se levaient pour aller boire un verre.
- Ton père a déjà essayé lors du match que nous avons joué contre le Pérou, expliqua Aïden, la Fédération International lui a gentiment fait comprendre que de telles accusations étaient passible d'une forte amende.
Pour toute réponse, la jeune fille hocha gravement la tête.
- Heureusement, à l'inverse de la sélection péruvienne, les coréens n'ont que l'appui arbitral pour eux.
Aïden se mit à rire, saisissant parfaitement l'allusion plus que mesquine d'Andreas à propos du talent des Dragons.
- Qu'est-ce que tu veux dire au juste ? Demanda quant à elle Emi.
- Les péruviens avaient un très bon niveau de jeu en plus du soutien de l'arbitre. En revanche, le niveau de jeu d'Inazuma est clairement supérieur à celui des coréens. Même avec un arbitre de cet acabit, je suis certain qu'ils peuvent gagner.
La blonde le dévisagea un instant, jugeant sa sincérité. Le jeune homme sembla deviner le fond de sa pensé, et ajoute dans un sourire triste :
- Je n'aime pas beaucoup Axel, je te l'accorde Emi. Mais je suis quand même un footballeur, et on ne peut pas nier que cette équipe se débrouille très bien.
La jeune fille ignora complètement la pointe de culpabilité qui naissait au creux de son ventre avant d'offrir un magnifique sourire à Andreas.
- Regagnons nos places, la seconde mi-temps va commencer.
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- Il faut qu'on se débarrasse de cet arbitre !
Jude darda un regard plein de curiosité sur Aiden Froste, l'invitant d'un hochement de tête à continuer.
Il faut dire que l'ancien capitaine de la Royal Academy avait déjà analysé tous les recours légaux qui s'offraient à eux : dénoncer l'arbitrage n'était possible qu'à l'issus de la partie et ils n'étaient pas sûre que la sentence soit prononcée en leur faveur.
- Le seul moyen qui s'offre à nous c'est qu'il se blesse et ne puisse pas continuer.
- J'y ai pensé, mais c'est prendre le risque que l'un de nous soit exclu.
Le roux sourit tristement en regardant le coach Yi qui envoyait Elliot s'échauffait.
Le stratège se fit la réflexion qu'il n'avait jamais vu une telle expression sur ce visage d'habitude si cynique.
- Je crois que c'est exactement la raison pour laquelle le coach m'a titularisé aujourd'hui.
Le garçon à la cape eut l'irrépressible envie de lui demander pourquoi une telle déduction, mais il ne le fit pas.
Au regard que le roux lançait à l'arbitre un peu plus loin, Jude devinait qu'encore une fois, Monsieur Yi avait fait jouer dans la balance l'aspect relationnel.
- Comment comptes-tu faire ? Et où vas-tu frapper ?
Aiden avait retrouvé son rictus moqueur.
- Un accident est très vite arrivé sur un terrain de football. Les gens avec des genoux trop fragiles ne devraient pas s'y aventurer.
