Début de la deuxième période, 19h09

Commentateur : Les deux équipes sont en place, l'arbitre s'apprête à siffler le coup d'envoi de cette deuxième mi-temps. Gabriel Jax et Dylan Keith engagent le jeu. Les deux attaquants américains se précipitent vers la surface de réparation japonaise.

Il s'agira pour les Licornes de conserver le score ou de creuser l'écart.

Jude Sharp intercepte le ballon après une passe maladroite de Jax sur Kruger. Le milieu de terrain japonais passe le ballon à David Samford, qui le passe aussitôt à Axel Blaze.

L'attaquant se dirige rapidement vers le but américain, quelle brillante contre-attaque. Les japonais semblent enfin avoir réussi à produire un jeu plus que correct.

Malheureusement, Bobby Shearer surgit devant Blaze et intercepte le ballon grâce à sa super-technique Le Tacle de la Mort. Le ballon est de nouveau entre les pieds des américains.

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Impeccable dans son tailleur, les bras croisés, Percival Travis regardait d'un œil sévère les joueurs d'Inazuma Japon.

Il n'avait strictement aucunes critiques à émettre vis-à-vis du choix de joueurs de son collège et ami, Monsieur Yi. Il avait laissé au meneur de jeu japonais, à qui il faisait totalement confiance, le choix des joueurs à titulariser.

Il avait parfaitement compris, quelles étaient les inquiétudes de Jude, et savait parfaitement que ces dernières seraient avérées. Alors il avait patiemment attendu que la première mi-temps se passe, leur laissant l'opportunité de s'améliorer.

Maintenant, il se devait d'agir et de faire à sa manière.

- Caleb. Billy. Vous allez entrer sur le terrain. Oubliez le 4-4-2 ! On passe en 3-4-3. Caleb tu rejoindras le milieu de terrain, Samford montera en attaque. Shawn et Jack vont céder leur place, Billy tu joueras en défense.

Alors que les deux joueurs hochaient la tête, le regard de Travis se bloqua sur Nathan Swift, qui plus loin, se débattait.

Il allait lui donner une chance d'aller au bout de ses expériences.

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Assise sur le bord du terrain, un peu à l'écart du banc de touche, Miya regardait le match, plus sereine qu'elle ne l'aurait cru possible.

Elle était le genre de personne optimiste qui stressait moins lorsque l'équipe qu'elle supportait avait des points à rattraper, que lorsqu'elle devait empêcher qu'on la rattrape.

De plus, elle avait foi en la sélection japonaise pour rattraper ce retard. Depuis le début de la seconde mi-temps, les joueurs semblaient complétement remotivés.

- Que s'est-il passé pour qu'ils soient si méconnaissables ? Demanda-t-elle à Paolo qui regardait attentivement le match près d'elle

- Jude a prouvé à tous qu'il était le meneur de jeu d'Inazuma Japon, souffla ce dernier, je ne l'avais jamais vu s'énerver comme il l'a fait. Marc et Heath l'ont soutenu et finalement, tout le monde semble s'être rangé de son côté.

- J-Jude s'est énervé ? S'étonna la brune, Je n'arrive pas à l'imaginer en colère…

Paolo ne répondit rien, laissant la jeune fille à ses pensées et se reconcentra sur le terrain.

Caleb venait d'intercepter le ballon après un pressing défensif excellent sur Kruger et s'éloignait vers le but adversaire. Derrière lui, David et Jude le suivaient, rapides.

L'italien reconnu, en souriant, la formation du Manchot Empereur N3. Il était persuadé que le gardien américain ne l'arrêterait pas. Pour le moment, il avait été peu sollicités car sa défense faisait un travail remarquable. Une telle défense cachait forcément des failles, et Paolo savait parfaitement que cette faille était le gardien.

Sans surprise, le ballon termina sa course dans les filets, permettant à Inazuma Japon d'inscrire son premier but.

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Jude balaya le terrain du regard, heureux et fière, qu'enfin, ses coéquipiers aient fini par l'écouter. Il n'avait aucun doute quant aux capacités techniques de la sélection américaine, bien au contraire.

Il avait parfaitement conscience de la technicité de leur jeu, et de ses qualités de vitesses et de réflexions. Il savait également qu'ils avaient fait beaucoup de progrès depuis le dernier FFI.

Pour autant, le stratège japonais ne méconnaissait pas le niveau de jeu de son équipe. Il n'était pas prétentieux d'avouer qu'en jouant comme ils savaient le faire, ils ne pouvaient pas perdre.

Il leva le poing en direction de Marc, lui signifiant par ce geste qu'il pouvait être tranquille : eux marqueraient des buts, pendant que lui garderait les cages.

Son ami lui apporta la meilleure des réponses quelques minutes plus tard, en arrêtant grâce à sa Cage Dimensionnel, le Tir de la Licorne de Kruger et Keith.

- Heureusement que Marc semble avoir récupéré de cette première mi-temps catastrophique, vint lui apprendre David alors que la balle sortait en touche, Nathan ne semble pas être au mieux de sa forme.

- C'est vrai, confirma Caleb d'une tête, je ne comprends pas pourquoi le coach Travis a préféré se passer de Jack et Shawn plutôt que de lui

Le stratège japonais lança un regard au banc de touche, où debout sur le bord du terrain, Percival Travis observait impassiblement la partie qui se déroulait devant lui. Visiblement, il avait compris quelque chose, que lui-même n'avait pas relevé.

Il frappa doucement l'épaule de son ancien collège de la Royal :

- Ne nous en préoccupons pas pour le moment, et continuons de marquer des buts.

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Commentateur : Axel Blaze se dirige vers la surface de réparation américaine après avoir récupéré le ballon arrêté par Marc Evans.

C'était une brillante parade du gardien japonais, et sa remise en jeu est excellente.

L'attaquant nippon passe le ballon à Elliot Ember qui passe Bobby Shearer. Il est maintenant seul devant le but.

Éric Eagle surgit devant lui, après avoir parcouru le terrain pour revenir en défense. Malheureusement, il arrive trop tard, Shark in the Deep a déjà quitté les pieds de l'attaquant du collège Polaris. La sélection japonaise marque son second but de la partie.

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Éric souffla pour la énième fois depuis le début de la seconde mi-temps.

Au début, il n'avait pas été mécontent de voir la sélection japonaise se réveiller. Après tout, c'était contre cette équipe, pleine de talent, qu'il voulait jouer.

Mais en même temps que ses anciens coéquipiers reprenaient du poil de la bête, sa propre équipe semblait s'enliser dans les difficultées.

Ce n'était pourtant pas les tentatives qui manquaient, et presque à chaque fois, ils parvenaient à aller au but de Marc, mais ce dernier les arrêtait tous.

Rapidement, alors que Caleb s'emparait d'un nouveau ballon – décidément, c'était toujours lui qui les mettait en difficultés -, l'américain s'appliqua à retraverser le terrain pour venir soutenir la défense. Tony Strider était en retard et Axel était complètement démarquer.

- Tu ne passeras pas Axel, hors de question !

Ce dernier lui sourit ironiquement.

- Je préfère quand tu joues comme tu es en train de le faire maintenant…

Tous les deux se débattaient maintenant, au corps à corps. Axel était aussi rapidement que lui, et ce dernier semblait parvenir à éviter chacune de ses attaques.

C'était à celui qui tiendrait le plus longtemps.

Alors qu'enfin, il prenait le dessus sur lui, lui bloquant le passage, son ami s'arrêta. Éric se précipita sur le ballon, mais le blond fit secrètement la passa à Caleb, qui arrivait juste derrière lui.

Alors que l'attaquant lui passait dans le dos, le joueur américain l'entendit clairement se moquer gentiment :

- … J'en tire plus de satisfaction lorsque je te bas !

Impuissant, Éric regarda avec déception, Axel récupérer le ballon dans la surface de réparation.

Le jeune homme ne fut pas étonné que sa surpuissante frappe – Last Resort– anéantisse la super-technique d'Alex Hawke.

Inazuma Japon venait d'égaliser, et le pire dans cette situation, c'est qu'Éric n'était pas étonné qu'ils aient réussis à le faire.

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Le panneau d'affichage indiquait sournoisement le temps qui défilait. Nathan soupira en constatant qu'Ils étaient à égalité, et qu'il ne restait plus que quelques minutes de jeu avant que l'arbitre ne siffle la fin du match.

La balle était en possession des Licornes, il était primordial que ces derniers ne marquent pas, sinon quoi, la sélection japonaise ne pourrait pas gagner ce match.

Acker se dirigea vers lui, gardant de l'œil Mark Kruger qui arrivait au milieu du terrain.

- Tiens-toi prêt, nous allons l'empêcher d'avancer à l'aide de notre super-technique.

- Q-Quoi ? S'étonna Nathan, mais elle n'est pas au points, c'est beaucoup trop risqué.

Le jeune homme aux cheveux violets l'attrapa brusquement par les épaules alors que Nathan écarquillait les yeux devant un tel geste.

- Ecoute, ça fait plusieurs semaines que l'on bosse activement dessus, toi et moi. Aujourd'hui, je te dis que c'est le bon moment. Est-ce que tu me fais confiance ?

Le défenseur déglutit, fixant avec surprise Acker. Il ne savait pas qu'il était capable de tel discours. Il commençait à comprendre pourquoi ce dernier avait été le capitaine de Polaris.

Avec automatisme, il hocha la tête, signifiant qu'il lui faisait confiance. Il s'étonna lui-même, quelques secondes plus tard, d'une telle réponse. Il n'avait absolument pas réfléchi, répondant instinctivement.

Il sourit en se disant que c'était sûrement un signe.

Il se retourna alors, faisant face à Dylan et Éric qui arrivaient maintenant face à eux. C'était le moment.

Nathan se précipita vers eux, courant à toute vitesse, Acker sur ses talons. Alors que ce dernier bondissait dans les airs, déclenchant une cage ressemblant en tout point à sa sphère de confinement, le jeune homme aux cheveux bleus s'éleva encore plus haut, déclenchant un puissant coup de vent.

Alors que Dylan et Éric tiraient au but, la sphère d'Acker dévia le ballon vers le tourbillon d'air de Nathan. Le ballon fut violemment balloté dans le cyclone, alors que le défenseur retrouvait le sol.

Dans un éclair, le ballon atterrit dans ses pieds. C'était le Piège d'Eole.

En possession du ballon, Nathan ne s'attarda pas sur leur succès, et se dépêcha de passer le ballon à Jude, après avoir constaté qu'il ne restait plus que deux minutes.

Quelques minutes plus tard, Inazuma Japon se qualifiait, après un dernier but d'Axel Blaze.

Résultats à l'issus des Quarts de Finales

Etats-Unis

3 – 4

Japon

.

Nigéria

1 – 3

France

.

Allemagne

1-0

Pérou

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Italie

5-0

Costa Rica

Tableau pour les demis Finales

Japon

Vs.

France

.

Allemagne

Vs.

Italie

Quatre jours plus tard

Alors qu'elle attendait Giuliano, à la terrasse du café où il s'était donné rendez-vous, depuis presque vingt minutes, Miya se fit la réflexion qu'elle détestait véritablement ce trait de caractère du jeune homme.

Deux jours auparavant, alors que la jeune fille était en train de donner un coup de main aux joueurs dans leur entraînement, Giuliano l'avait contacté pour qu'ils se rencontrent.

Il avait dit avoir de multiples choses à lui confier, arguant que ça ne pouvait attendre plus longtemps.

La brune avait pris la chose suffisamment au sérieux, quand le jeune homme lui avait signifié faire une seconde fois l'aller/retour entre le centre du Ballon d'Or et le Canada.

Ce n'est qu'une dizaine de minutes plus tard, qu'elle eut enfin la chance de voir apparaître devant elle le grand blond. Souriant, comme à son habitude, la jeune fille entraperçue néanmoins comme son regard était éteint.

Avec nonchalance, il s'installa en face de la brune.

- Oh Miya, je t'ai demandé de me commander un cappuccino avec un nuage de crème. Où est la crème ?

Pour toute réponse, la jeune fille lui offrit le regard le plus sombre qu'elle pouvait faire. S'il tenait tant à son nuage de crème, il n'avait qu'à être à l'heure.

- Estime toi heureux, au moins j'ai passé commande pour toi, alors que ça fait trente minutes que je poireaute.

La remontrance sembla l'amuser plus qu'autre chose, car son sourire s'agrandit. La jeune fille soupira devant son attitude enfantine.

- En fait, vous avez fait un très bon match contre le Costa Rica, j'ai été impressionnée.

Giuliano hésita un instant sur la réponse à donner. Naturellement, il aurait répondu que le match n'avait pas été bien compliqué – ce qui était vrai – et que ce large résultat était prévisible compte tenu de son talent.

Mais il avait le sentiment qu'une telle réponse n'aurait pas plus à la si sérieuse Miya. Alors il se contenta de la remercier bêtement en avalant une gorgée de sa boisson chaude – qui ne l'était plus.

- Et si tu m'expliquais la raison de ta venue aux Etats-Unis, maintenant.

Le blond grimaça, peu désireux de passer aussi rapidement aux choses sérieuses. Il aurait apprécié passer un moment plus léger, à papoter de tout et de rien, en compagnie de la brune.

Il secoua la tête, essayant de chasser ces idées mielleuses de son cerveau. Et se reconcentra sur Miya qui attendait, les bras croisés, que le jeune homme daigne enfin s'exprimer.

- Lorsque je suis venue te voir la dernière fois, j'ai croisé Jude Sharp.

Le jeune homme s'attarda un instant sur le visage de la brune qui s'était assombrie à la mention du stratège japonais. Il était certain qu'il n'aimait pas cette mine triste sur ce si jolie visage et hésita à poursuivre. Pour autant, la jeune fille le poussa d'un regard à continuer, et à contrecœur il poursuivit.

- Mon oncle le déteste, et je n'ai jamais compris pourquoi, alors j'ai décidé de me renseigner. J'ai contacté ma mère qui a accès à certains documents privés et lui ai demandé les codes sous prétexte qu'il y avait une affaire urgente à régler.

Il s'arrêta quelques secondes pour s'assurer que la jeune fille suivait. Puis, il sortit de son sac un porte-document qu'il ouvrit et déposa sur la table. D'un geste du bras, il invita Miya à y jeter un coup d'œil.

- Il y a quelques années, mon oncle a traité certaines affaires suspectes avec un certain M. Dark. Je me suis renseigné sur le personnage qui est aujourd'hui en prison, et j'ai découvert qu'il avait fomenté un complot dans le monde du football japonais. Il a notamment commandé la R…

- La Royal Academy, je le sais.

L'italien releva des yeux surpris vers la brune, qui fixait hébétée une série de document. Elle respira un grand coup et leva un regard embué de larmes vers lui.

- Antonio Spelleni est le directeur de cette même Royal Academy, c'est lui qui a recruté Jude lorsqu'il a eu l'âge d'entrer au collège.

Miya observa avec intérêt le visage de Giuliano se décomposer. Comme elle l'avait espéré, il ne jouait pas la comédie, et semblait véritablement ignoré les liens qui unissaient Jude à son oncle.

Elle allait de surprise en surprise : ce rat était véritablement doué pour mener une double vie. Même sa famille la plus proche n'était pas au courant de l'existence des affaires qu'il traitait au Japon.

- Si j'en crois ces documents, poursuivit-elle en riant nerveusement, c'était Antonio Spelleni qui était derrière cette affaire, et pas Dark véritablement. Je comprends mieux pourquoi il déteste tant que ça Jude et les autres. Il n'a jamais pu leur pardonner d'avoir fait échouer ses plans. Et ça doit également être pour cela qu'il déteste Inazuma Japon qui lui rappelle à quel point ce projet a été un échec.

Giuliano ne l'écoutait plus, trop absorbé par la révélation de la brune, qui ne semblait d'ailleurs pas se soucier de son malaise tant elle était intéressée par les documents.

Lui qui pensait connaître son oncle comme personne, allait de surprise en surprise, et tombé de plus en plus bas. L'homme semblait être un véritable monstre.

Quand il pensait au fait que Jude Sharp était un joueur qu'il avait recruté et encouragé, alors même qu'il passait son temps à remettre en doute ses capacités techniques et ses talents de footballeurs, il était vraiment attristé.

Et puis soudain, la jeune fille posa une main sur la sienne, en témoignage de son soutien. Alors qu'il relevait la tête, il vit Miya lui adressé un sourire compatissant. Ce geste lui réchauffa instantanément le cœur.

Finalement, des filles comme elle, ça ne courrait peut-être pas les rues.

Du côté d'Emi et Célia

Emi regarda avec incrédulité la main de Célia qui tenait fermement serré son poignet.

Elle ne savait pas exactement comment elle s'était laissé convaincre, mais les faits étaient là. La journaliste l'avait traîné jusqu'au terrain d'entraînement de la sélection allemande pour soi-disant, féliciter Aïden et Andreas de leur victoire contre le Pérou.

Elle n'avait pas voulu entendre qu'un message été suffisant, arguant qu'elles pouvaient bien les inviter à boire un verre pour fêter ça dignement.

La blonde avait levé les yeux au ciel devant l'attitude de la jeune femme : quelle équipe supportait-elle déjà ? Elle n'en avait pas fait autant lors de la victoire d'Inazuma Japon contre les Etats-Unis.

La jeune femme était donc bêtement assise sur les marches du terrain d'entraînement numéro deux, attendant que la séance de ses amis se terminent. Après quelques minutes, les deux jeunes hommes se dirigèrent vers elles.

Ils ne cachèrent pas leur surprise de les voir ici.

- Qu'est-ce que vous faites là ? Leur demanda Aïden en jetant un regard insistant à la journaliste qui ne manqua pas de rougir.

- Célia m'a traînée ici, je n'ai pas eu le choix.

- Emi, tu n'étais pas sensée le dire ! Pesta la jeune fille aux cheveux bleus.

La blonde balaya sa remarque d'un geste, sous les rires d'Aïden qui, se fichant totalement d'être trempé de sueur, attrapa la journaliste par les épaules en la taquinant.

Emi se concentra alors sur Andreas, le seul qui n'avait pas rigolé. En y repensant, elle trouvait qu'il était bizarre ces derniers temps. Soucieuse, elle se pencha vers lui.

- Tout va bien ? Tu sembles être dans la lune.

- Non, je vais bien, la séance a été fatigante… On va se changer et on revient.

Il entraîna Aïden par le bras, qui eut simplement le temps de se retourner et d'hausser les épaules à la question muette d'Emi sur le comportement de leur ami.

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Installés à la terrasse d'une crêperie, les quatre jeunes gens discutaient joyeusement. Andreas semblait avoir retrouvé son sourire ce qui rassura grandement Emi.

- Je ne comprends pas, les interrogea la blonde, je pensais que le Pérou était une équipe qui avait acheté les arbitres…

- C'est le cas, affirma Andreas, l'arbitre n'était pas honnête. Mais je pense qu'il a eu quelques remords vers la fin du match et a été moins sévère…

Aïden s'étira en mettant ses bras derrière sa tête, son assiette désormais vide :

- Il recevra sûrement un chèque avec moins de zéro, ce saligot !

La réplique fit rire Célia, ce qui attira directement le regard du blond qui s'évertua alors à déballer son stock de blague.

Cette attitude fit lever les yeux au ciel d'Emi qui se détourna vers son meilleur ami, cherchant un peu de sérieux.

- Vous avez eu beaucoup de chances, ce but a la dernière minute était inespéré. Le match contre l'Italie ne sera pas facile…

Andreas soupira à la mention de la sélection italienne. Le jeune homme avait entendu parlé de cette équipe, et avait suivi leur parcours avec beaucoup d'intérêt. La grande majorité de leur victoire était très large, et l'attaquant allemand s'inquiétait de leur jeu offensif.

- Ce sera notre match le plus compliqué du tournoi, une sorte de finale en demi-finale.

Emi fronça les sourcils, assez mécontente de son raisonnement.

- L'équipe de France et Inazuma Japon sont de sérieux candidats, tout de même !

Le brun se mit à rire, c'était trop facile de la piquer.

- Je t'interdis de soutenir une autre équipe que la nôtre, alors je ne vois pas où est le problème.

Il avait pris un ton volontairement amusé, afin qu'elle comprenne bien qu'il blaguait. Mais en réalité, il était un peu sérieux.

L'équipe de France avait beau être une belle équipe, il ne s'inquiétait pas trop de devoir potentiellement les affronter en finale, et Inazuma Japon encore moins. C'était l'Italie, plus qu'une autre équipe, qu'il redoutait.

- Je soutiens les gagnants, répliqua insolemment la blonde, si vous perdez contre l'Italie, sache que je les aurais soutenus depuis le début.

- Mais Emi, tu ne connais personne en Italie !

Pour toute réponse, la jeune fille lui tira la langue, avant de se reconcentrer sur sa crêpe au fromage. Le rire du jeune homme redoubla.

Sa bouchée avalée, la blonde se retourna et plongea ses yeux dans ceux du jeune homme, suspicieuse. Andreas déglutit nerveusement.

- Je te connais par cœur Andreas, je sais très bien que quelque chose ne va pas.

Le jeune homme soupira en jetant un coup d'œil à Aïden et Célia pour vérifier qu'ils n'écoutaient pas. Son ami était en train de piocher dans l'assiette de la journaliste japonaise, ce qui le rassura. Alors il se tourna vers Emi, essayant de sourire.

- J'ai décidé qu'Axel n'était pas si mal pour toi, du coup, je ne veux plus lui laisser croire que tu puisses m'intéresser.

La blonde lui sourit, heureuse d'entendre qu'il avait enfin accepté Axel. En levant les yeux au ciel, elle lui adressa un sourire complice.

- Je ne sais vraiment pas ce qu'il s'imaginait, comme si toi tu pouvais être intéressé par une fille comme moi.

Sur ces paroles, elle se mit à rire. Andreas se força à sourire à son tour, se faisant la réflexion qu'Emi était vraiment naïve.

Alors qu'il détournait la tête, il croisa le regard compatissant d'Aïden, qui avait sûrement écouté la conversation, contrairement à ce qu'il avait voulu faire croire.

D'un clin d'œil, ce dernier rassura son ami. Une façon de lui promettre que c'était sûrement mieux comme ça.

Du côté de Miya et Giuliano

Côte à côte, Miya et Giuliano marchaient tranquillement dans les rues du centre du Ballon d'Or. La jeune fille avait bien remarqué que ses révélations à propos de Jude avaient chamboulées le jeune homme, et elle lui avait donc proposé d'aller prendre en l'air.

Après quelques minutes, ils arrivèrent lau bord d'un petit ruisseau. Dans les alentours, elle entendait des ballons de football rebondir, et se fit la réflexion que le terrain numéro quatre était sûrement tout près.

Sans un mot, elle s'assit à même le sol, et trempa ses mains dans le court d'eau, désireuse de rafraîchir la température de son corps. Il faut dire qu'il faisait particulièrement chaud en cette période de l'année, aux Etats-Unis.

A ses côtés, Giuliano l'imita.

- Tu as découvert la raison pour laquelle certain joueurs de ton équipe avaient été payés ?

Le jeune homme soupira de frustration.

Il avait eu beau chercher des explications, interroger ceux qu'ils jugeaient susceptibles de lui répondre sans le suspecter, fouiller les dossiers qu'il avait réussi à obtenir, rien ne concernait la sélection italienne, à l'exception de ses virements bancaires.

Il n'osait pas l'avouer à la jeune fille, mais ce problème l'inquiétait particulièrement. Il avait le sentiment d'avoir découvert le piège, mais il ignorait quand est-ce qu'il tomberait dedans.

Plus inquiétant encore, il craignait également que son oncle et son beau-père prévoient d'acheter les arbitres de leur prochain match, chose qu'il ne supporterait pas.

Voyant qu'elle n'avait pas de réponse, Miya le questionna de nouveau.

- Tu as eu des nouvelles de ton oncle ? O-On pense qu'il s'est enfuit après avoir eu vent que nous possédions des preuves.

- Je n'ai eu aucunes nouvelles, mais je suis certain qu'il ignore que vous êtes en possessions de ses relevés bancaires. Si tu veux mon avis, c'est plutôt ce qui s'est passé durant le match contre la Corée du Sud qui l'a inquiété et il veut se faire discret.

Le jeune homme lui sourit doucement et retirant ses mains de l'eau, il alla s'affaler contre un arbre, un petit plus haut.

- Quand est-ce que tu rentres ? L'interrogea Miya en le rejoignant.

- Mon avion décolle dans quatre heures, je ne vais pas tarder à me rendre à l'aéroport.

La brune lui sourit avant de se pencher vers le jeune homme.

- Merci beaucoup pour toute l'aide que tu nous as apportés Giuliano, je suis heureuse de m'être trompée sur ton compte.

Sa dernière remarque fit sursauter le grand blond qui s'offusqua instantanément. Il se retourna brusquement vers la japonaise.

- C-Comment ça ? Quelle idée est-ce que tu t'étais faite de moi ?

- Je pensais que tu étais le mouton de ton oncle, que tu savais tout et que tu complotais toi aussi contre nous.

Giuliano fut pris d'un violent frisson de mécontentement, mais en voyant la jeune fille rire, il se retint de dire quoi que ce soit qui pourrait être déplaisant.

- Quand est-ce que tu as compris que tu t'étais trompé ?

- Presque instantanément, mais je tentais de ne pas trop me fier à mon instinct, je ne te connaissais pas encore.

- Parce que tu me connais maintenant ?

Miya lui adressa, pour toute réponse, un sourire énigmatique. Le jeune homme soupira, parfaitement conscient qu'il n'aurait aucune réponse.

Quelle barbe que Jude Sharp ait déjà pris son cœur.

Du côté d'Emi et Axel

Emi regardait Axel qui ramassait les derniers ballons de la séance d'entraînement à l'autre bout du terrain. Sûrement, pensa-t-elle, avait-il décidé de s'entraîner un petit peu plus longtemps que les autres.

Le soleil déclinait doucement, et la température se rafraîchissait franchement. La jeune fille réajusta son petit gilet en frictionnant vigoureusement ses épaules, afin de se réchauffer.

Alors que le jeune homme s'emparait du dernier ballon, la blonde s'avança vers lui, en souriant. Elle ne s'offusqua pas que l'attaquant ne lui rende pas son sourire.

- La séance s'est bien passée ?

Pour toute réponse, il hocha la tête en buvant une gorgée de jus de ginseng.

- Et toi ? Tu sembles particulièrement joyeuse, ta journée s'est bien passée ?

- Célia a un très gros faible pour Aïden, elle m'a trainée à son entraînement, sourit-elle en venant s'asseoir près de lui.

- Tu as vu Andreas, je suppose ?

- Oui, je l'ai interrogé sur son comportement étrange de ces derniers jours…

- Qu'a-t-il dit ?

Emi releva la tête vers Axel, clairement surprise qu'il s'intéresse à ce qu'Andreas avait pu lui dire. Cela voulait dire que le blond avait lui aussi remarqué un changement dans son attitude, à sa plus grande joie.

Peut-être Andreas avait-il raison et que son changement de comportement à son égard aurait des répercussions positives sur l'attaquant japonais.

- Il faut croire que finalement, il t'aime bien. Il ne veut plus t'envoyer des signaux contradictoires quant à ses sentiments réels pour moi.

Un léger sourire naquit à la commissure des lèvres d'Axel, qui instinctivement s'empara de la main de la blonde.

Lorsqu'il avait vu Andreas, le jour du match contre le Brésil, il avait parfaitement compris qu'un changement s'était opéré chez lui en ce qui concernait Emi. Il était heureux que ce dernier ait compris où était sa place, quoi que cela puisse paraître mesquin.

Il n'avait jamais eu l'intention de laisser sa précieuse Emi entre les mains de l'allemand.

- Je veux vraiment que vous gagniez ce mondial Axel, et que vous soyez sur le toit du monde.

Le jeune homme lui lança un regard surpris. Il savait qu'Emi le soutiendrait quoi qu'il arrive, mais il imaginait qu'elle serait plus neutre que ça, en sachant que son père était tout de même le président de la fédération allemande.

Il allait lui répondre, mais elle tourna de nouveau la tête vers lui, plongeant son regard dans le sien. Ses yeux brillaient étrangement, Axel aurait presque pu croire qu'elle pleurait.

- Ce jour-là, tu as bien fait de décider de te concentrer sur le mondial. Je veux que tu continues à le faire. Alors s'il te plaît, jusqu'à ce que vous soyez en finale, restons amis.

Le blond écarquilla les yeux, réellement surpris. Il voyait bien que lui dire une telle chose l'attristé, mais il était vraiment heureux qu'elle pense à ça. Il savait bien que c'était une manière de lui prouver qu'elle l'aimait suffisamment pour l'attendre.

Avec douceur, il fit pression sur ses épaules avant de la ramener vers lui. Doucement, elle se laissa aller dans ses bras, et posa sa tête sur son épaule. En temps normal, elle se serait plainte qu'il n'avait pas encore pris sa douche, mais là, elle ne dit rien. Elle profita simplement de l'étreinte que lui offrait le jeune homme.

- Je te promets qu'on soulèvera la coupe, Emi. Et il me tarde que ce moment arrive.