Jour du match contre la France
En entrant dans le stade ce jour-là, le capitaine japonais savait qu'il disputerait aujourd'hui, l'un des matchs les plus compliqués de sa carrière.
Grâce aux différents briefing de Célia, il avait suivi avec attention le parcours des autres sélections nationales, et celui de la France était l'un de ceux qui l'avaient le plus impressionné.
Ce genre de match était ses préférés, parce que Marc Evans n'était pas de ceux qui craignaient de perdre. Il avait l'habitude de penser que c'était par la défaite que l'on progressait et que l'on devenait plus fort.
C'était une façon de se remettre en question, et de garder les pieds sur terre, de ne pas se prendre pour les meilleurs. Et Marc savait parfaitement, qu'aujourd'hui, ils n'étaient pas les meilleurs.
Pour autant, il n'était pas inquiet du tout. Son équipe et lui avait quelque chose que peu d'autres sélections possédés : un moral d'acier. Et il était certain, que rien dans ce monde, ne pouvait en venir en bout.
Chaque instant qui précédèrent le match firent petit à petit monté l'excitation dans le cœur du japonais. Il n'avait qu'une seule hâte : entrer sur le terrain et être confronté à cette formidable équipe de France.
Axel, qui avait parfaitement compris à quoi penser son ami, lui tapa gentiment sur la tête, afin de le calmer.
- Garde donc toute cette belle énergie pour plus tard Marc, et écoute ce que Célia a à nous dire.
Le garçon au bandeau orange se mit à rire en gagnant sa place, laissant à la jeune journaliste la possibilité de s'avancer au centre du vestiaire.
- L'équipe de France est, avec la sélection italienne, la favorite du tournois. C'est une brillante équipe qui a remporté beaucoup de ses rencontres avec de larges écarts. Leur attaquant vedette est une étoile montante du football européen, et joue notamment dans un grand club espagnol. Il s'appelle Antonin Grisette, et sa principale qualité est sa vitesse hors norme. Pour autant, ne sous-estimait pas leur défense, et encore moins leur gardien de but, Hugues Terris. Il peut parfois se montrer maladroit, mais il est redoutable sur sa ligne. Pour résumé, il ne vous sera pas facile de marquer, et il sera compliqué de défendre.
A peine la jeune fille acheva-t-elle son speech, que Marc bondit dans les airs.
Elliot soupira de concert avec Caleb : plus l'enjeu était compliqué, plus cet étrange personnage qu'était Marc Evans semblait heureux. Elliot Ember ne le comprendrait décidément jamais, et il ne voulait même pas essayer.
Mollement, il suivit avec peu d'entrain, le reste de l'équipe qui s'éloignait vers le terrain sous les cris de ralliements du gardien de but. Autant d'euphorie lui donnait envie de frapper quelqu'un.
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Debout près du terrain, supervisant l'échauffement de la sélection japonaise, Paolo observait avec Miya les joueurs français. Il connaissait très bien Antonin Grisette, contre qui il avait déjà eu la chance de jouer lors du Football Frontier Européen, et savait qu'il était un adversaire redoutable. Il paraissait d'ailleurs particulièrement en forme.
- Tu es allé le saluer ? Le questionna Miya en suivant son regard
- De loin seulement. Hier soir, il m'a envoyé un message pour me demander s'il devait craindre que le match ait été acheté par la sélection japonaise.
La brune sursauta, surprise. Elle n'avait jamais imaginé que l'on puisse suspecter Inazuma Japon de telles bassesses.
- Il ne connaît pas le football de Marc, c'est légitime d'avoir des doutes quand on voit ce qui se passe. Je l'ai rassuré en lui promettant qu'il pourrait jouer son meilleur football.
- Tu as bien fait, sourit la japonaise, Marc et les autres n'aimeraient pas qu'ils ne se donnent qu'à moitié. Regarde comme il semble excité à l'idée de jouer contre une telle équipe.
L'italien détourna le regard pour le fixer sur le capitaine et ne put s'empêcher de rire. Il était intenable, incapable de rester en place.
Jude semblait même exaspéré tant ce dernier le tannait de tirer au but, l'empêchant d'aller s'échauffer correctement. Paolo fut infiniment soulagé de le voir comme ça : si le pire devait advenir, Marc ne serait pas malheureux de perdre contre une telle équipe.
Inazuma Japon
Mark Evans
Nathan Swift – Jack Wallside - Acker Reese – Shawn Froste
David Samford – Jude Sharp – Heath Moore – Ichihoshi Hikaru
Axel Blaze – Elliot Ember
Rose Griffon de France
Hugues Terris
Nathan Rousseau – André Dubois – Lucas Velasquez – Pierre Duclos
David Blaise – Julien Bonaparte – Alain Lazare – Claude Eiffel
Antonin Grisette – Killian Petitpas
Début de la première mi-temps, 19h00
Commentateur : Les deux équipes sont en place, et c'est la sélection de Rose Griffon qui donnera le coup d'envoi de cette partie. Je vous rappelle, chères téléspectateurs, que c'est le premier match de ces demi-finales.
Demain, la sélection italienne sera opposée aux Aigles allemands, vous pourrez suivre la rencontre sur notre antenne à partir de 18h.
L'arbitre siffle le coup d'envoi.
Antonin Grisette, la star de cette équipe de France, passe son ballon à Killian Petitpas. Ce dernier est gêné par Jude Sharp, et redonne son ballon au meneur de jeu, Julien Bonaparte.
Quel dribble magnifique du capitaine français qui passe Heath Moore, et donne son ballon à Alain Lazare.
Lazare s'avance vers l'avant, évitant Ichihoshi Hikaru.
Killian Petitpas récupère la balle et part vers l'avant, pour essayer de trouver Antonin Grisette. Il dribble, sans difficulté, Shawn Froste, il est tout seul dans son couloir.
Grisette passe à son tour Acker Reese, il est seul dans la surface de réparation, et réceptionne le ballon. Il est maintenant seul face à Marc Evans.
L'attaquant français envoi son ballon dans les airs, alors même qu'il reste au sol.
M-Mais il ne s'est rien passé, le ballon retombe tout à fait normalement, sans changement majeur, et file droit sur Marc Evans, qui utilise simplement sa super-technique La Main Magique.
C'était un leurre !
Un autre ballon vient d'apparaître, chargé de lumière bleu. Le gardien japonais ne peut rien faire, pris par surprise, Antonin Grisette marque le premier but de cette partie.
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- Qu'est-ce qui vient de se passer ? S'étonna Miya
Sur le banc, comme sur le terrain, tous les joueurs japonais regardaient avec surprise, l'attaquant français regagner sa partie de terrain, sous les acclamations de son public.
Personne n'avait jamais vu une technique pareille. Seul Paolo se mit à sourire mystérieusement, plus impressionné qu'il n'était surpris.
- Alors il a réussi à la perfectionner…
Son murmure, destiné à personne d'autre que lui, n'échappa pas aux oreilles de la petite brune qui se trouvait à côté de lui. Elle lui lança un regard pleins d'interrogations, le pressant de lui expliquer.
- Cette technique s'appelle le Tir Imaginaire. En terme de puissance, elle n'est pas très impresionnante, mais elle est extrêmement efficace. Le principe est assez bête : le premier ballon est un leurre, il n'est pas réel, Marc à dût s'en apercevoir lorsqu'il l'a arrêté. Le problème, c'est qu'il n'est pas capable de savoir quand est-ce que le véritable ballon apparaîtra.
- Ce n'est pas très fair-play, commenta Nelly avec dédain
- En réalité, ça l'est plus que n'importe quel autre technique. Finalement, il est tout à fait autorisé de feinter le joueur adversaire. De plus, elle ne met en danger ni l'utilisateur, ni le joueur adversaire. A côté de cela, même un banal Tir puissance 2, pourrait être jugé comme plus dangereux.
Tous les regards se braquèrent sur Paolo, qui semblait véritablement emballé par la super-technique du joueur français. Il l'était tellement qu'il continua son développement :
- Le tir est inspiré de la pièce du Malade Imaginaire du dramaturge français Molière. C'est l'histoire d'un homme qui est persuadé qu'il est malade. Ici, Marc était persuadé que le tir avait eu lieu. Mais dans les deux cas, ce n'était que leur imagination.
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Commentateur : La sélection japonaise est en possession du ballon. Les attaquants japonais, Axel Blaze et Elliot Ember, se dirigent vers la surface de réparation française.
Ils font preuves d'une belle maîtrise de balle, à l'image des français quelques minutes plus tôt. Nathan Rousseau monte en défense sur Ember, qui s'emmêle complètement les pinceaux et perd le ballon.
Le défenseur français passe son ballon à Bonaparte qui monte immédiatement en attaque. Le joueur français passe Jude Sharp, ainsi que Heath Moore et Shawn Froste, il se retrouve seul devant le gardien japonais.
Il se prépare à tirer.
Mais…
Pourquoi l'arbitre siffle-t-il ?
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Marc resta interloqué à l'entente du coup de sifflet strident de l'arbitre. D'un regard, il chercha Jude, puis Axel, et ne fut pas surpris de voir qu'eux aussi ne comprenait pas.
Il essayait de rembobiner la scène dans sa tête, mais il ne voyait pas où le milieu de terrain français avait commis une faute. Ce dernier était, avec toute son équipe, en train de contester la décision arbitrale.
Quelque chose n'allait pas.
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Emi regarda, avec dédain, le président de la fédération française, s'offusquer une nouvelle fois de la décision arbitrale. Qu'importe à quel point, l'arbitre pouvait être mauvais, elle n'aimait pas que les gens se donnent en spectacle.
A sa droite, Aïden poussa un soupire à fendre l'âme.
- Décidément, cette pauvre équipe de France ne peut rien faire.
- Inazuma Japon n'a pas acheté les arbitres, s'énerva la blonde, pourquoi est-ce qu'il agit comme il le fait ?
A côté d'elle, Andreas fixait attentivement Antonin Grisette, que l'arbitre menaçait d'expulsion, s'il ne se taisait pas.
- Ce n'est pas la fédération japonaise qui décide des arbitres, mais la fédération internationale. Regarde !
Il mit son téléphone portable sous le nez de son amie. Sur l'écran, s'affichait les hypothèses des pronostiqueurs quant au résultat du match.
- Si Inazuma Japon venait à gagner le match, ce serait une véritable aubaine pour les sites de paris en ligne. Ils ne sont que 19% à avoir misé sur une victoire des japonais. Une défaite de la France leur rapporterait des milliers de dollars.
Aïden se mit à rire cyniquement alors qu'il portait à sa bouche une énième bouchée de son sandwich au jambon.
- Il faut voir le bon côté des choses : Inazuma Japon est sûr de se qualifier à ce rythme.
Emi lui lança un regard noir, loin d'apprécier cette blague de mauvais goût.
- Ce n'est pas de leur faute. Qu'est-ce qu'ils peuvent faire contre ça ? Faire exprès de perdre ? Arrêter de joueur ?
- Ils ne peuvent rien faire, lui sourit tristement Andreas, c'est malheureux mais c'est comme ça. Antonio Spelleni et ses complices souhaitent voir la sélection japonaise en finale.
- Mais ça ne colle pas, s'exclama la blonde, il essaie de mettre des bâtons dans leurs roues depuis le début du mondial.
- Penses-y d'une autre façon, lui expliqua Aïden, tu te souviens de cette bécasse d'Olivia Jacobs à l'école primaire ?
La blonde hocha la tête, dubitative. Elle ne comprenait pas où Aïden voulait en venir.
- Tu l'as détesté parce qu'elle passé tout son temps avec Andy, dont tu étais amoureuse. Elle en revanche, elle t'adorait, et chaque année, elle faisait tout son possible pour être invitée à ton anniversaire.
- Ce n'est pas exactement ce dont je me souviens, le coupa la blonde, pleine de mauvaise foi.
D'un rire, les deux jeunes hommes à côté d'elle, la firent taire, afin qu'Aïden puisse continuer.
- Chaque année, alors que la date fatidique arrivée, elle multipliait les intentions à ton égard en t'offrant des cadeaux et des cupcakes, en te proposant de l'accompagner à des concerts. Mais tu l'as détestée tellement que rien n'y faisait, et tu ne supportais plus de la voir s'aggriper à toi chaque heure du jour. Ah ! L'amour te rendrait bien bête, ma petite Emi.
- Ce n'est toujours pas ce dont je me souviens, intervient une seconde fois la jeune fille, piquée au vif.
- Jusqu'au jour, continua Andreas en l'ignorant, où tu as compris que peu importe tes efforts, Olivia ne s'arrêterait jamais parce qu'elle voulait vraiment être invitée à ton anniversaire. Alors tu lui as donné exactement ce qu'elle voulait…
Emi fronça les sourcils, essayant de se rappeler de ce qu'elle avait bien pu faire.
- Tu l'as invitée, pour son plus grand bonheur, mais tu as ordonné à tous le monde de l'ignorer pendant toute la fête. Cette pauvre Olivia en a été si triste qu'elle n'a plus jamais demandé à être invitée.
La blonde n'avait strictement rien compris. Quel était le rapport avec Antonio Spelleni et Inazuma Japon ?
- Tu es en train de me faire comprendre que j'étais une vraie garce quand j'avais dix ans ?
Andreas soupira de dépit alors que son meilleur ami se mettait à rire.
- Antonio Spelleni a essayé de nuire à Inazuma Japon, comme toi tu as essayé d'empêcher Olivia de venir à ta fête, commença Andreas
- Et puis tu t'es rendu compte que ça ne marchait pas, comme Spelleni s'est aperçu que combattre Inazuma Japon ne servait à rien, continua Aïden, ce criminel a décidé d'envoyer Inazuma Japon en finale comme eux le voulaient, mais pas de la manière qu'ils désiraient.
- Exactement de la même façon que tu as invité Olivia comme elle le voulait, mais que rien ne s'est finalement passé comme elle le voulait.
La lumière se fit dans l'esprit de la blonde.
C'était extrêmement ingénieux : jamais Axel, Marc et les autres ne supporteraient de gagner ce match grâce à l'arbitre. D'autant plus contre une équipe qui était clairement supérieur.
Mais ils n'allaient pas avoir le choix, comme Olivia n'avait pas eut le coeur à rentrer chez elle lors de sa fête d'anniversaire.
Alors qu'elle s'apprêtait à leur répondre, la sonnerie de son téléphone, qui reposait dans sa main, l'interrompit. Elle fronça les yeux en voyant le nom de son père s'affichait à l'écran.
- Il y a un problème papa ? Demanda-t-elle en décrochant le téléphone ?
- La fédération américaine est rentrée en contact avec Spelleni, il faut que tes amis apportent rapidement la clé USB.
Elle lança un regard à Aïden et Andreas, pour s'assurer qu'ils avaient bien écouté. Mais leurs yeux étaient rivés sur le terrain, où Axel venait d'égaliser, après que l'arbitre ait ordonné un penalty.
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Dépitée, Miya observait tristement les joueurs regagnaient leur vestiaire. Ils avaient tous compris, qu'à l'image du match contre la Corée du Sud, l'arbitre avait été acheté. La jeune fille avait le sentiment que, lorsque c'était après eux qu'on en avait, ça passait mieux. A côté d'elle, Nelly s'agitait.
- Marc est vraiment touché, déplora-t-elle, il a l'air profondément abattu…
La brune ne put que confirmer. De tous les joueurs, le capitaine japonais était celui qui était le plus livide. On avait véritablement l'impression qu'il venait de se prendre une brique sur la tête.
La jeune fille ne pouvait que le comprendre, pour lui et ses amis, qui aimait tant jouer au football, qu'importe le résultat, ils avaient le sentiment de se faire voler leur moment.
- Peut-être que s'ils déclaraient forfait, souffla Miya, ils supporteraient mieux la situation.
- Ne sois pas stupide, la réprimanda Nelly, ce n'est pas en perdant le match que Marc irait mieux. Ce qu'il ne supporte pas, c'est de ne pas pouvoir mener ce combat à la loyale.
La jeune fille n'insista pas, de toute façon, ce n'était pas vraiment ce qu'elle voulait non plus.
Alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir la porte du vestiaire, afin de remotiver les garçons, son téléphone sonna, affichant le nom de sa cousine à l'écran.
- Miya ! Ils ont retrouvé Spelleni, il faut que Paolo et toi vous dépêchiez d'aller remettre à la police la clé USB.
Miya sursauta, véritablement surprise qu'un plan aussi approximatif ai été efficace. Sans perdre une seconde, la jeune fille se précipita vers l'entrée du stade, où Paolo était encore afin de le presser de l'accompagner.
Une violente bouffée d'adrénaline s'était emparée d'elle. Enfin, elle allait avoir l'occasion de punir ce fourbe d'Antonio Spelleni. Il allait payer pour ce qu'il avait fait.
La jeune fille ne pouvait pas supporter ce visage si triste de Marc Evans, à qui il avait volé un moment précieux.
La jeune fille était si pressée, qu'elle ne remarqua pas Jude, qui sortait du vestiaire, et qui l'a vit s'éloigner en vitesse avec Paolo, mécontent.
Début de la deuxième mi-temps, 20h10
Commentateur : Les deux équipes sont de retour sur le terrain, et c'est Inazuma Japon qui donnera le coup d'envoi de cette seconde mi-temps.
Le score est d'un partout, laquelle des deux formations parviendra-t-elle à décrocher son ticket pour la finale du mondiale ?
Axel Blaze passe le ballon à Elliot Ember qui chercher à remettre la balle au meneur de jeu japonais. La formation nippone se précipite vers la surface française.
Jude Sharp passe le ballon à Heath Moore qui cherche Ishihoshi Hikaru.
Quel dommage, le ballon est intercepté par le défenseur français Lucas Velasquez.
Ce dernier remet immédiatement le ballon à Eiffel qui cherche Killian Petitpas.
Quelle erreur de la défense japonaise ! Antonin Grisette est passé dans le dos de Wallside et est maintenant seul devant Marc Evans.
Il s'apprête à tirer. Allons-nous de nouveau assister à sa super technique du Tir Imaginaire ?
L'arbitre siffle une faute offensive !
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Marc ne put s'empêcher de bondir de sa cage alors que l'arbitre menaçait d'un carton jaune l'attaquant français.
Il en était certain : l'arbitre sifflait des fautes imaginaires depuis le début du match et il ne pouvait plus le tolérer.
Alors que la plupart des joueurs français étaient regroupés autour de l'homme en noir, afin d'encore une fois, essayer de le faire revenir sur sa décision, le gardien japonais se fraya un chemin jusqu'à l'arbitre.
Il ignora les regards interrogateurs de joueurs adversaires, dont la plupart voyait son arrivé d'un mauvais œil.
- Je conteste cette décision Monsieur. De mon but, je n'ai vu aucune faute. Je demande à ce que le ballon soit remis en jeu.
L'homme au sifflet le dévisagea avec ahurissement. De la même façon, qu'Antonin Grisette se retourner vers lui, clairement surpris d'une telle demande.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Le capitaine japonais se tourna vers l'attaquant français qui l'interrogeait, et le dévisagea avec un sérieux qui n'était pas propre au personnage.
- Je ne tolérerais pas une minute de plus cet arbitrage en carton, ce n'est pas comme ça que je veux jouer au football.
- Alors ce n'est pas la fédération japonaise qui a acheté l'arbitre ?
- De quoi est-ce que tu parles ? Demanda Jude à Antonin en arrivant à son tour.
Axel qui l'avait suivi, posa une main sur son épaule, pour lui signifier que ce n'était pas le moment. D'un hochement de tête, il lui assura d'en discuter plus tard avec lui.
Jude dévisagea son ami avec interrogation, surpris qu'il en ait finalement appris plus et qu'il ne l'ait pas mis au courant.
La voix de l'arbitre les interpella de nouveau :
- M. Evans, retournez dans vos cages, vous n'êtes pas arbitre. Je ne reviendrai pas sur ma décision.
- M-Mais enfin, c'est injuste ! Ce n'est pas du football, je refuse de continuer à jouer dans ces conditions…
- Êtes-vous en train de me dire que vous déclarez forfait ?
- Marc ! Qu'est-ce que tu fais ? S'énerva Jude
Le capitaine japonais n'entendait plus rien.
Autour de lui, tout le monde s'agiter. Jude et Axel étaient en train de s'énerver après lui, l'arbitre discutait avec ses supérieurs des modalités d'une telle décision et une grande partie des joueurs français discutaient bruyamment entre eux.
Au milieu de ce capharnaüm, seul Antonin Grisette resta silencieux, fixant Marc avec intérêt.
- Je n'avais pas cru Paolo quand il m'avait dit à quel point tu étais un idiot du football…
La plupart des gens qui lui disait ça adopté toujours un ton blagueur, et il s'agissait toujours plus d'une taquinerie que d'un reproche.
Marc fut profondément choqué d'entendre tant de reproches dans la voix de l'attaquant français.
- Je ne crois pas que tu saches où tu trouves, Marc Evans. Tu es, en ce moment même, en train de disputer une demi-finale au FFI, et tu es en train de nous dire que tu veux abandonner ?
- O-Oui, je…
- Un match de football ne peut pas toujours se dérouler de la manière dont tu en as envie. Mais, il ne s'agit pas d'abandonner chaque fois que ça ne se passe pas comme tu le souhaites…
- Mais l'arbitre vous empêches de jouer votre propre football, c'est…
- Ce n'est pas ton problème ! S'énerva l'attaquant, Toi et ton équipe, contentez-vous de jouer comme vous l'auriez fait, c'est à nous de nous occuper de l'arbitre.
Marc dévisagea le jeune homme, sondant sa sincérité dans son regard. Après quelques minutes à se défier du regard, il battu en retraite.
En soupirant, il regagna ses cages. Il devait gagner ce match, même si ce n'était pas de la manière dont il avait envie.
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Commentateur : Il ne reste que dix minutes de jeu dans ce match opposant les Rose Griffon à Inazuma Japon. Pour le moment, le score est toujours nul.
Après le coup d'éclat de Marc Evans, qui a menacé l'arbitre de déclarer forfait, l'homme en noir semble être moins sévère envers la sélection française.
Nathan Swift effectue la remise en jeu en faveur des japonais, il trouve David Samford qui part directement vers l'avant.
Samford passe à Jude Sharp qui donne des indications à ses coéquipiers quant à leur placement.
Le meneur de jeu japonais dribble sans difficulté le défenseur Pierre Duclos, et parvient à donner le ballon à Elliot Ember sur son côté droit.
Lucas Velasquez empêche l'attaquant japonais de trouver une solution, ce dernier est maintenant replié sur la ligne de but. Que dommage, Ember, incapable de trouver un de ses coéquipiers, sort le ballon.
Attendez !
D'après l'arbitre, il semblerait que ce soit Velasquez qui est touché le ballon. Inazuma Japon décroche donc un corner très précieux, malgré le mécontentement des joueurs français.
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Jude lança un regard à Marc, qui de son but, n'avait absolument pas pu voir l'action. Il lui signifia de rester à sa place, et de se calmer. Il ne pouvait pas se permettre d'intervenir à tout bout de champs.
Le meneur de jeu était aussi révolté que lui, mais il comprenait le besoin des français de gérer eux-mêmes ce problème. Il était malvenu de leur part de se plaindre, alors qu'ils bénéficiaient des décisions de l'arbitre.
- Qu'est-ce que je fais Jude ?
Le meneur de jeu se retourna vers Elliot, qui pour la première fois depuis qu'il le connaissait, semblait vraiment indécis. Devait-il marquer s'il en avait la possibilité ?
- Comment ça qu'est-ce que tu fais ? Tu marques ce but, et tu nous qualifies pour la finale !
Jude et Elliot se retournèrent vers Axel qui les ignorer, trop concentré sur l'arbitre, qu'il s'amusait à inonder de regard noir.
Le stratège japonais ne put s'empêcher de sourire, avant de taper l'épaule de son coéquipier de Polaris, afin de lui donner du courage.
- Tu devrais écouter Axel, il a raison. Si nous voulons comprendre pourquoi l'arbitre souhaite tant que ça nous voir en finale, nous devons y aller.
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Commentaire : Inazuma Japon se qualifie pour la finale du Football Frontière International ! Quelle surprise ! Qui aurait pu croire qu'une telle équipe viendrait à bout de cette fantastique équipe de France ?
Le match s'achève donc sur le score de 1-2 en faveur des japonais, qui ont pris la tête du match à quelques minutes de la fin grâce à une frappe direct d'Elliot Ember depuis le point de corner.
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Marc Evans ne prit même pas le temps d'aller serrer la main des joueurs adversaires.
Il était profondément attristé, malgré cette victoire et surtout, cette qualification en finale. Parce qu'il ne parvenait pas à s'enlever de la tête, qu'ils avaient gagné ce match, mais qu'ils n'auraient pas dut.
