Les rayons du soleil frappaient avec intensité le terrain où les joueurs d'Inazuma Japon étaient occupés à s'entraîner.

Malgré les fortes chaleurs, Marc Evans et ses coéquipiers parvenaient à garder un rythme soutenu. Il faut dire que malgré les derniers événements, ils étaient décidés à remporter cette finale.

Emi, assise sur le banc près du terrain, était persuadée que la qualification tout aussi discutable de l'Allemagne, avait plus ou moins atténué leur culpabilité de cette victoire peu méritée face à la France. Seul Marc ne paraissait pas s'en remettre.

Jusqu'à présent, la blonde avait considéré que ce n'était pas son problème. Le gardien de but avait une petite-amie, c'était dans ces moment-là qu'elle devait montrer à quel point elle était importante. Mais à part quelques remontrances, Nelly n'avait rien fait, laissant à Jude et Axel la lourde responsabilité de remotiver le capitaine.

D'après le blond, ce n'était pas la première fois qu'une telle baisse de morale arrivait au jeune homme, mais Axel n'avait pu en dire plus à Emi, car il lui avait dit ne pas avoir été présent.

La jeune femme avait du mal à imaginer que le gardien de but japonais avait pu, rien qu'une fois dans sa vie, avoir été triste. De tous les joueurs qu'elle avait rencontrés jusque-là, Marc Evans était bien le seul qui avait constamment le sourire.

Alors qu'Axel arrivait vers elle, la jeune fille se leva, attrapa une serviette et une gourde, et les lui tendit lorsqu'il arriva à sa hauteur.

- Comment va-t-il ? S'enquit Emi en jetant un coup à Marc.

Pour toute réponse, le jeune homme haussa les épaules, avant de boire plusieurs gorgées de sa boisson énergisante.

Désaltéré, il s'empara de son sac afin d'y trouver son téléphone portable pour y consulter l'heure. Décidant que l'entraînement s'était suffisamment prolongé pour aujourd'hui, il rangea ses affaires.

- Je vais prendre ma douche, prévint-il la blonde, on se rejoint à l'intérieur !

- Attends Axel, tu ne crois pas que l'on devrait l'aider davantage ?

Le blond suivit son regard, en direction du capitaine japonais. Puis, il le posa de nouveau sur la jeune fille qui le retenait par le bras. Emi s'énerva de le voir si étonné : peut-être qu'elle n'était pas la personne la plus gentille et la plus serviable, mais elle n'était tout de même pas sans cœur. L'attaquant lui sourit.

- Le problème c'est que la seule personne capable de régler ce problème est Marc lui-même. La seule chose que nous avons à faire c'est de lui donner envie de jouer avec nous. Lorsque le football lui manquera suffisamment, il reviendra tout seul.

- Et tu estimes que tu lui as suffisamment donné envie de jouer aujourd'hui ?

Axel lui fit des gros yeux. Il avait passé plus de la moitié de la journée sur le terrain, s'il était obligé d'y retourner, ne serait-ce qu'une minute, il était certain de mourir de fatigue.

- Vraiment Emi, je suis épuisé.

- Mais regarde-le, il semble vraiment vraiment vraiment déprimé.

Le jeune homme coula de nouveau un regard vers Marc, assis piteusement par terra, adossé contre le poteau de but. Il fixait lamentablement ses crampons, ignorant malgré lui les ballons qui venaient s'entasser au fond des filets.

Pour la énième fois de la journée, Jude atterrit au sol après un nouveau tir, qui n'avait toujours pas réveiller l'intérêt du garçon au bandeau orange.

Axel soupira fortement, afin de clairement marquer sa désapprobation, mais il s'exécuta tout de même, sous le sourire d'Emi. Il laissa retomber au sol son sac et sa serviette, et se dirigea vers Marc et Jude. Tranquillement, la blonde s'assit de nouveau sur le banc pour les regarder.

.

- Marc, pourquoi est-ce que tu as écouté Antonin Grisette ce jour-là ?

Le capitaine japonais releva ses yeux vitreux vers Jude qui venait de lui poser la question. Il essaya de répondre, mais se rendit compte soudainement que sa bouche était complètement asséchée.

Il s'interrogea sur l'heure à laquelle il avait bu son dernier verre d'eau, et fut horrifié de constaté que c'était au petit-déjeuner. Il était tellement occupé à ressassé le match contre la France qu'il ne s'était même pas aperçu qu'il n'avait ni bu, ni mangé.

Un instant même, il se demanda comment est-ce qu'il avait pu se retrouver sur le terrain d'entraînement. D'un regard, il constata que ce dernier était désormais vide et que le soleil déclinait dangereusement.

Axel, remarquant son trouble, lui tendit une gourde, et le jeune homme s'empressa d'avaler goulument le jus de ginseng. Apte à répondre, Marc Evans entreprit de réfléchir à la question que son ami lui avait posée.

- Il ne voulait pas que je le fasse.

- C'est tout ? L'interrogea davantage Axel en s'asseyant à côté de lui.

- Je n'en ai aucune idée, finit par avouer le jeune homme, j'étais dans le feu de l'action et j'ai simplement voulu lui offrir cela, à défaut d'un match juste et équitable.

- Je vois, soupira Jude, et maintenant que tu peux y réfléchir, est-ce que tu comprends pourquoi il ne voulait pas que tu déclares forfait ?

Marc Evans soupira longuement. En ce moment même, le jeune homme rêvait d'échapper à la poigne de ses deux meilleurs amis, et s'éloigner en trottinant vers sa chambre où un lit moelleux et confortable l'attendait.

Avec un peu de chance même, Nelly lui aurait mis de côté quelque uns de ces succulents bonbons aux caramels qu'elle ramenait régulièrement de France.

Pour autant, notant le rapprochement physique qu'avaient opéraient Jude et Axel, il était persuadé de ne pas réussir à s'échapper, tant qu'il n'aurait pas répondu à cette question. Il essaya alors d'y penser sincèrement.

- Imagine que tu ais été à sa place et qu'il avait annoncé vouloir déclarer forfait, insista Axel, comment aurais-tu réagis ?

A cette pensée, le cœur de Marc se contracta violemment. Il était certain qu'il aurait détestait ça.

- Je n'aurais pas supporté de gagner le match de cette façon…

Le jeune homme sourit doucement alors qu'il comprenait où ses amis voulaient en venir.

- Nous ne pouvions rien faire d'autre Marc, que de jouer notre football. Nous ne pouvons pas contrôler tout ce qui se passe sur le terrain, lui expliqua Jude avec bienveillance.

- Antonin Grisette avait parfaitement conscience de cela, et il ne nous en voulait pas à nous. Tu te dois de jouer cette finale à fond Marc, parce que tu n'y es pour rien !

Sur ses mots d'Axel, les deux amis se relevèrent, et tendirent chacun un bras à Marc. Complétement épuisé, de par son manque d'alimentation, le gardien leur sourit avant d'attraper leur main et de se relever. Jude attrapa le ballon qui gisait à côté d'eux, et tous trois entreprirent de regagner l'hôtel.

Du coin de l'œil, Axel aperçu Emi quitter elle aussi le banc où elle était restée assise pour les observer. Elle lui sourit largement, avant de baisser les yeux vers son téléphone portable qui venait de vibrer.

Elle ne savait pas exactement comment le blond s'y était pris, mais il était tout de même parvenu à lui envoyer un message sans qu'elle ne s'en aperçoive : « Mission accomplie. Si tu pouvais ramasser les ballons qui traînent encore, afin que je puisse ENFIN aller me reposer… ».

La blonde secoua la tête de gauche à droite, comprenant très bien qu'Axel ne lui laissait pas vraiment le choix. Mais elle s'y mit malgré tout en souriant, heureuse d'entendre le rire de Marc résonner dans le lointain.

Le jour de la finale

Giuliano souffla bruyamment en s'avouant enfin l'évidence : il était perdu.

Il était pourtant un habitué des stades de foot, alors il ne parvenait pas à comprendre comment il avait pu se perdre dans l'immense stadium de Denver, où devait se dérouler la finale du FFI.

D'un coup d'œil rapide à sa montre, il vérifia qu'il avait encore assez de temps pour rencontrer Miya, avant le début du match. Le geste était plus machinal que véritablement utile. En effet, les deux équipes étaient arrivées tôt, en ce début d'après-midi, afin d'avoir suffisamment de temps pour se préparer, et Giuliano en avait fait de même. Le match ne commencerait pas avant plusieurs heures.

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

L'italien sursauta violemment en se retournant. Le ton n'était clairement pas amical, et il se demanda un instant s'il avait l'autorisation de se trouver là.

Il se reconstitua en vitesse un visage détaché et adopta une posture désinvolte, avant de se retourner, un rictus moqueur sur le visage.

Il fut à deux doigts de le ravaler lorsqu'il fit face à Jude Sharp, mais parvint, non sans peine à le conserver. C'était bien sa veine tient, de tomber sur le seul individu du stade, qui ne se donnerait sûrement pas la peine de l'aider à trouver Miya.

- Oh, Jude Sharp ! Enchantée, je suis…

- Je sais qui tu es.

Le blond déglutit péniblement.

Il pensait que la confrontation allait être difficile, il la savait maintenant impossible. Il prit donc la décision qu'il jugeait la plus sécurisante à ce moment-là, et décida de fuir.

Il se retourna, et se précipita vers la première porte de sortie, à savoir l'entrée du stade. Mais le milieu de terrain japonais, plus rapide qu'il ne l'imaginait, le rattrapa et le força à se retourner. D'un geste de tête, il lui indiqua un couloir à l'opposé.

- Suis-moi, je sais où est Miya !

Giuliano, bien qu'étonné, décida finalement d'emboiter le pas au stratège japonais. Il pensa bien à faire ce trajet en silence, mais le naturel revint bien vite au galop, et le jeune italien ne put s'empêcher de parler.

- Je suis désolé pour tout ce que vous a fait mon oncle à Miya et toi.

Jude le dévisagea un moment sondant sa sincérité. Il était également un peu étonné qu'il soit au courant des agissements de son oncle contre lui-même, pensant que son rôle n'avait été décisif que dans cette affaire d'arbitrage. Il se demanda alors à quel point la jeune fille avait-elle pu partager avec lui.

- Donc tu sais pour ça aussi ?

La question était plus une réflexion personnelle du japonais, et n'était pas particulièrement adressé à Giuliano. Mais à la grande surprise de Jude, le blond bomba directement le torse et releva les épaules, parant son visage d'un sourire pas peu fière.

- C'est moi qui ait apporté les informations manquantes à Miya sur ce point.

Il n'eut pas l'occasion de se vanter davantage car Jude ne lui porta aucun intérêt. Alors qu'ils tournaient au bout du couloir, l'italien se fit la réflexion qu'il n'aurait jamais pu trouver son chemin tout seul. Pourquoi avez-t-on l'idée de construire des stades si grands ?

- C'est dommage qu'une aussi bonne équipe que la vôtre ait été complètement manipulée par ton oncle et ton beau-père, vous auriez mérité votre place en finale.

Le blond dévisagea Jude avec intérêt, pas mécontent que ce dernier ne l'associe pas directement aux deux malfaiteurs.

- J'ai mis tout mon cœur dans cette équipe pour la porter vers la victoire malgré ma sélection controversée, regretta-t-il.

- Cela s'est vu, le rassura le stratège, tu nous as tous impressionné lors de la demi-finale, et je pense sincèrement que tu avais ta place dans cette équipe.

Les mots du japonais touchèrent profondément le cœur de Giuliano. Jusqu'à présent, jamais personne ne lui avait dit qu'il méritait de porter le maillot d'Orphée, pas même son oncle.

Finalement, c'était terriblement ironique que ce soit Jude Sharp même, qui le lui dise. Le jeune homme allait répliquer, afin de le remercier chaleureusement, mais déjà, Jude s'arrêtait devant une porte.

- Miya est derrière, tu n'as qu'à frapper !

Le milieu de terrain entreprit de s'éclipser, mais déjà, le blond l'interrogeait.

- Ça ne te dérange pas de me laisser seule avec elle ?

Jude lui sourit avec insolence avant de se retourner et de quitter le couloir sur cette dernière réplique :

- J'ai complètement confiance en ma petite-amie.

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- Alors comme ça, entre Sharp et toi, tout roule comme sur des roulettes ?

La brune ne fit pas attention au sourire goguenard que lui lançait Giuliano, et s'esquiva afin de le laisser entrer dans le vestiaire où Célia et Nelly étaient occupées à remplir des gourdes, et à plier des serviettes.

Sans que la jeune fille n'ait besoin de dire quoi que ce soit, ses deux amies s'en allèrent, décrétant avoir besoin d'une pause.

- Qu'est-ce qui t'amènes ici ?

Le blond ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel devant l'air aussi sérieux de la jeune fille, décidemment, elle ne rigolait jamais.

- Je voulais te présenter des excuses pour toutes les difficultés que mon oncle t'a causées, avoua-t-il sincèrement, je pense que c'est une bonne chose de finir là-dessus avant la fin de ce mondial.

Miya lui sourit avec douceur. Elle était vraiment émue qu'il prenne le parti de lui présenter des excuses, alors même qu'il n'y était pour rien, et qu'au contraire, il les avait merveilleusement bien aidés. La brune prit dès lors le parti d'en rire :

- Ce n'est pas plutôt une excuse pour venir me voir, Giuliano ?

Le jeune homme avait compris qu'elle entendait ses excuses et qu'elle en était très touchée, ainsi il ne s'étonna pas d'une telle remarque, et choisis à son tour de rentrer dans le jeu.

- J'avoue tout, dit-il tragiquement, après avoir donné tant de ma personne j'espérais obtenir une récompense.

- Oh, vraiment ? Et quoi donc ?

- Je ne peux plus rien demander, Jude Sharp a brisé tous mes plans il y a quelques minutes, se lamenta le jeune homme en mimant un baiser fictif.

Alors que le remarque fit rire la jeune fille, loin d'imaginer que le jeune homme ait put réellement demander une telle récompense, Giuliano la regarda avec un petit peu de mélancolie, loin d'être aussi indifférent qu'il ne voulait le laisser voir.

- Plus sérieusement, j'espère que nous pourrons rester de bons amis Miya, lui avoua-t-il finalement.

En guise de réponse, la jeune fille le prit dans ses bras, scellant cette promesse.

Du côté d'Emi et Célia

- Axel ne te paraît pas étrange depuis ce matin ?

Célia dévisagea Emi avec circonspection, essayant de réfléchir à sa question. D'après elle, le jeune homme n'avait pas eu un comportement particulièrement suspect. Il s'était levé un petit peu plus tôt, avait pris son petit-déjeuner habituelle, et était aller s'entraîner légèrement avec Jude afin de se mettre en jambe pour la finale.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? L'invita-t-elle donc à continuer.

- Il m'a complétement ignoré !

La fille aux cheveux bleus retint à grande peine un petit sourire. Emi avait tendance à extrapoler les choses, mais le blond devait juste être un petit peu anxieux. Après tout, on ne jouait pas une finale de FFI tous les jours.

Elle s'apprêtait d'ailleurs à en informer son amie, mais elle fut coupée dans son élan par l'arrivée d'Andreas et d'Aïden.

- Que faites-vous là tous les deux ? Ce n'est pas votre partie du stade !

Les deux amis ne semblèrent pas s'offenser le moins du monde du ton placide de la blonde, et se contentèrent de lui sourire bêtement. Emi soupira, lassée de leur comportement enfantin, alors que Célia esquissait un sourire amusé.

- Détend-toi Emi, ce n'est pas toi que nous cherchions mais Célia, lui sourit Aïden en se détournant.

Alors que le jeune homme s'éloignait avec la jeune fille, discutant vivement, Andreas se retourna vers sa meilleure amie.

- Je crois qu'il est complétement dingue d'elle, soupira le jeune homme avec amusement.

- Ce n'est pas drôle Andreas, le ramena à l'ordre Emi, à partir de demain, ils ne pourront plus se voir.

- Pourtant, Axel et toi allez également vivre une relation à distance quand vous vous remettrez ensemble. Pourquoi pas eux ?

La blonde se retourna vers son ami, anxieuse. Elle savait déjà que ce qu'elle s'apprêtait à lui annoncer aller lui faire beaucoup de peine. D'ailleurs, elle aurait vraiment aimé pouvoir lui en parler à un autre moment, mais il abordait le sujet, et elle ne voulait pas lui mentir.

- En fait, commença-t-elle avec appréhension, je vais aller terminer mes études au Japon.

Andreas tourna si rapidement la tête vers elle, qu'elle crut réellement qu'il allait se blesser. Il la dévisagea avec surprise, incapable de se décider entre la tristesse ou la colère. Pouvait-elle vraiment s'en aller comme ça, le laissant seul avec Aïden, alors qu'ils avaient toujours été tous les trois ? Emi sembla deviner à quoi il pensait et ses traits se durcirent alors.

- Pas de ça avec moi, Andreas Carter ! Je te signale que tu es parti le premier, alors ne t'avise surtout pas de me déblatérer un discours moralisateur.

Vexé d'avoir été percé à jour aussi rapidement, l'attaquant allemand détourna la tête dans une moue dédaigneuse, croisant ses bras en signe de mécontentement. Le geste eut pour effet de faire rire la blonde, qui attrapa son ami par les épaules, afin qu'il la regarde.

- Aïden, toi et moi c'est pour la vie, Andreas ! L'endroit où nous sommes sur cette terre n'y changera rien.

Alors que le jeune homme se détendait petit à petit, la jeune fille ajouta :

- Et puis, tu as un match important à jouer dans quelques heures, alors ne te concentre pas là-dessus.

Pour toute réponse, Andreas attira la jeune fille dans ses bras. Ils restèrent ainsi un petit moment, avant qu'Emi n'y mette fin. Le jeune homme ne s'en offusqua pas, sachant parfaitement que sa meilleure amie n'appréciait pas particulièrement ce genre de séquences émotionnelles.

- Où est-ce qu'on bien pu s'en aller Aïden et Célia ? Nous devrions aller les retrouver.

- Oh, ils doivent être sortis du stade, nous les reverrons dans quelques temps. Cet imbécile à un nouveau rituel alimentaire.

- Vraiment ? S'étonna la blonde, de quoi s'agit-il ?

- Des frites bien grasses, se mit à rire Andreas alors qu'Emi grimaçait de dégoût.

Du côté d'Axel, Jude et Marc

- Je suis heureux que tout se soit arrangé entre Miya et toi, sourit grandement Marc en tendant à Jude une serviette propre.

Le stratège remercia son ami d'un signe de tête avant de se saisir de l'objet que le gardien avait entre ses mains. Soigneusement, il rangea la serviette dans le casier mis à sa disposition pour la finale, ainsi qu'une gourde pleine de jus.

Quelques temps plus tôt, leurs manageuses avaient déposé boissons et linges propres dans le vestiaire, et les garçons s'occupaient de les disposer dans les différents casiers des joueurs.

Nelly avait bien sommé Célia de le faire, mais cette dernière s'était rapidement éclipsée. De la même façon, Jude savait Miya occupée à discuter avec Giuliano.

- Quant à toi Axel, je suppose qu'à la fin du match, qu'avec Emi tout sera réglé !

Le blond se tourna vers son ami, le dévisageant avec interrogation. Le gardien de but semblait être au courant de bien plus de chose qu'il ne le pensait.

Il interrogea Jude du regard qui nia toute implication en haussant les épaules, véritablement tout aussi surpris.

Il faut dire qu'Axel se confiait bien plus facilement au stratège, et il savait qu'il en était de même pour ce dernier. Non pas qu'ils déconsidéraient Marc, mais ce dernier semblait toujours complétement déconnecté.

Il n'y avait qu'à voir la relation particulière qu'il entretenait avec Nelly. Le blond n'avait aucun doute quant aux sentiments sincères des deux jeunes gens l'un pour l'autre, mais il fallait bien avouer qu'ils avaient une conception du couple assez différentes des autres : ils pouvaient ne pas se voir pendant des jours, sans n'avoir aucune nouvelle de l'un ou de l'autre, et ne s'inquiétaient pas outre mesure.

Paolo trouvait que ce n'était pas une mauvaise chose, mais Axel trouvait tout de même que c'était étrange. Et il savait que Jude partageait son point de vu.

Il y a un an et demi, lorsque Marc leur avait annoncé que Nelly et lui formaient un couple, le blond se souvenait avoir été très heureux. Peut-être qu'enfin, Marc aurait un rapport plus normal vis-à-vis du football.

Mais ça n'avait pas été le cas, Marc n'était capable de se concentrer que lorsqu'on lui parlé de football, et de fait, Jude et lui avaient tendances à peu le consulter lorsqu'il s'agissait d'affaires de cœur.

Constatant qu'Axel ne lui répondait toujours pas, Marc se tourna vers son ami, afin de l'interroger du regard.

- Tu devrais peut-être lui dire ce que tu m'as confié hier soir, lui conseilla Jude.

Le regard d'Axel alla de Jude à Marc. Ce dernier avait froncé les sourcils, intrigué. Finalement, l'attaquant soupira et se rapprocha de ses amis.

- En réalité Marc, ce n'est pas sûr qu'Emi et moi nous remettions ensemble à l'issue de ce match, soupira le jeune homme, tout dépendra du résultat,

Composition des équipes

Inazuma Japon

Marc Evans

Nathan Swift – Jack Wallside – Acker Reese – Shawn Froste

Xavier Foster – Jude Sharp – Heath Moore – Ishihoshi Hikaru

Axel Blaze – Elliot Ember

Les Aigles Allemands

Alois Günter

Xavier Carlston – Joseph Fishman – Andrew Muller – David Bram

Aïden Mandel – Steeve Phillips – Andy Götzen

Silvère Dittman – Andreas Carter – Alexis Dinkleman

Début de la finale du FFI, 20h00

Commentateur : C'est le grand jour. Après un mois de compétition, nous nous préparons à entamer la finale du Football Frontier International.

Une finale surprise, chère téléspectateurs, puisque les deux équipes qualifiées ont respectivement battues la France et l'Italie, les deux sélections favorites.

Hier soir, à l'issus de la petite finale, c'est l'équipe des Rose Griffons qui a accédé à la troisième place du podium.

Aujourd'hui, c'est la sélection japonaise, qui donnera le coup d'envoi de cette première mi-temps.

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Après un regard en direction de la tribune présidentielle où Emi était installée, Andreas se concentra sur l'arbitre qui s'apprêtait à donner le signal de départ.

C'était peut-être idiot, mais la jeune fille lui avait promis, qu'elle l'encouragerait également, et il espérait qu'elle tienne sa promesse.

A peine Axel Blaze s'était-il élancé, que le jeune homme se précipita sur lui, afin de lui mettre la pression le plus rapidement possible.

Il était déterminé à remporter cette finale, et il avait parfaitement conscience qu'en neutralisant rapidement l'attaquant japonais, il s'ôtait une épine de pied.

- Je ne te laisserai pas une minute de répits, Blaze, sois en sûr !

- Ce serait bête que tu passes tout le match à essayer, Carter.

L'attaquant allemand ne put empêcher un sourire de fleurir à la commissure de ses lèvres, avant de se reconcentrer sur le ballon.

Avec agilité, Axel passa le ballon en arrière, en direction de Jude Sharp. Du coin de l'œil, Andreas vérifia qu'Aïden était à son poste, prêt à lui prendre le ballon, avant de suivre le japonais. Il avait totalement confiance en ses coéquipiers pour contrôler les autres joueurs.

Avec agilité, il observa Jude Sharp passer Aïden, et chercher Axel. Constatant que ce dernier était incapable de se démarquer, le meneur de jeu passa le ballon à Elliot Ember. Le jeune homme ne semblait pas craindre d'aller au but, et ne s'embêta même pas à savoir où se trouvait Axel.

Rapidement, Elliot passa avec facilité Joseph Fishman et Andrew Muller. Il s'approchait dangereusement du but, et l'attaquant allemand constatait avec dépit à quel point ses coéquipiers étaient en retard.

A contre cœur, il décida de décrocher son marquage sur Axel et se dirigea en vitesse vers Ember. Ce dernier, ayant compris ce qu'était en train de faire l'attaquant allemand, se débarrassa en vitesse de son ballon, qui atterrit entre les pieds d'Axel.

Andreas jura copieusement, avant de se retourner pour faire face à l'attaquant japonais.

- A ce rythme-là, il va être difficile pour toi de me suivre pendant encore quatre-vingt minutes.

Le jeune homme ne répondit pas à la petite provocation du blond, et se concentra simplement sur les dribbles de son adversaire. Après tout, il n'était pas qu'un bon attaquant.

Il ne lui suffit que de quelques minutes pour sortir le ballon en touche, après un tacle minutieux.

- Tu ne t'approcheras pas de mon but, je te le promets !

Axel lui sourit avec insolence, en s'écartant de la ligne de touche où Nathan s'apprêtait à remettre le ballon en jeu.

- Le match est encore long, ne fait pas de promesses que tu ne pourras pas tenir.

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Paolo connaissait la plupart des joueurs de la sélection allemande.

Il avait eu l'occasion, à mainte reprise, de les affronter, aussi bien lors du Football Frontier Européen, que pendant la coupe des clubs.

Il ne doutait pas de leur talent et de leur technicité, mais si on lui demandait de parier, il aurait tout misé sur Inazuma Japon. Ce n'était pas parce qu'il les estimait plus fort ou plus qualifiés, simplement plus chanceux.

Le jeune homme laissa son regard s'attarder sur Marc Evans, qui regardait le match de ses cages. Son ami semblait aller beaucoup mieux, et cela le ravissait. Pour Paolo, il était certain que Marc Evans était l'élément qui faisait penchait le match en direction d'Inazuma Japon, à croire qu'une bonne étoile était constamment au-dessus de sa tête.

- Ce n'est pas lui qui nous portera vers la victoire aujourd'hui.

Le brun se retourna, surpris, vers Miya, qui suivait son regard. Son sourire était énigmatique.

Paolo allait l'interroger, mais un coup de sifflet l'obligea à reporter momentanément son intention sur le match.

Après un tacle, que l'arbitre jugea dangereux sur Axel, Andreas écopait d'un carton jaune.

Heath récupérait le ballon et se dépêchait de mettre en place une tactique de jeu, épaulé par Jude. L'action alla très vite.

Discrètement, Axel échappa à l'attention que lui portait l'attaquant allemand, et entama une course rapide dans son dos. Jude qui avait récupéré le ballon, lui fit aussitôt la passe, après avoir dribblé sans réelles difficultés les défenseurs allemands.

Bientôt, Axel se retrouvait seul dans la surface de réparation allemande, le ballon entre les pieds. Alors qu'Andreas revenait à sa hauteur, le jeune homme était déjà en train d'effectuer sa super-technique, Last Resort. Le gardien résista quelques instants, mais ne put rien faire pour arrêter le tir du japonais.

Alors que les joueurs d'Inazuma Japon se réunissaient autour d'Axel afin de célébrer avec lui l'ouverture du score en leur faveur, Paolo se tourna de nouveau vers Miya qui s'était levée et qui applaudissait frénétiquement.

- C'est d'Axel dont tu parles ?

La brune lui sourit et se rassit en applaudissant toujours. Elle fixa, les yeux pétillants, Axel qui était en train de regagner le milieu de terrain.

- Jude m'a confié qu'Axel s'était promis de redemander à Emi de sortir avec lui, à condition qu'il gagne ce match.

- Tu crois qu'il ne le ferait pas s'il perdait ? S'étonna Paolo qui ne parvenait pas à s'imaginer Axel abandonner la jeune fille.

- Tu ne connais pas Axel, il est doué pour tenir des promesses ridicules qu'il se fait à lui-même.

- Oh… J'ai vaguement entendu parler d'une histoire avec sa sœur…

Miya hocha la tête pour lui confirmer qu'elle faisait bien référence à la promesse qu'Axel avait faite à Julia au moment de son accident.

- C'est lui qui nous fera gagner ce match aujourd'hui Paolo, crois-moi ! Axel est prêt à tout pour les gens qu'il aime.

Alors que Paolo réfléchissait aux paroles de son amie, il fixa l'attaquant japonais avec insistance.

Peut-être qu'après tout, Marc Evans n'était pas le seul joueur d'Inazuma Japon à avoir une bonne étoile au-dessus de sa tête.