Bonsoir ou bonjour tout le monde ;)

Me revoilà avec un nouveau chapitre.

Je vous remercie pour toutes vos reviews si encourageantes. Merci encore de suivre cette histoire :) Merci aux anonymes. Comme toujours, je n'ai pas pu répondre à leur commentaire sur mon profil.

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Et personnages OOC.

Univers : UA

Rating : M Pairing : mention HP/DM et HP/TR

Bêta-lecteur : Byakkance ( Mon Byak' d'amour. Coeur sur toi ) Bonne lecture.


Harry's problems !

Chapitre 24 : Remise en question

En ce samedi après-midi, Tom se retrouva devant le lieu de son rendez-vous, au cœur même du centre-ville.

Étonnement, le temps était très doux malgré la saison. L'homme apprécia ce fait, prenant une profonde inspiration. Un rapide coup d'œil circulaire lui apprit qu' il n'était pas le seul à qui ce temps plaisait, s'il en jugeait par tout ce monde qui grouillait dans les rues de la ville.

Il fallait dire que de telles températures étaient vraiment exceptionnelles pour la saison dans laquelle ils étaient entrés depuis un peu plus d'un mois. Ils avaient bien raison de profiter de ce jour de chance car ceux d'après risqueraient d'être plus mordants et insupportables. Cela, Tom en était sûr.

Ce fut pourtant sans grande conviction qu'il poussa la large porte du café. Lorsqu'il y pénétra son regard chercha aussitôt Severus. Il trouva d'ailleurs ce dernier qui l'attendait patiemment dans un coin assez isolé.

Un serveur vint rapidement à sa rencontre mais il le congédia gentiment lorsque son regard se fit happer par celui devenu impatient de Severus. Il retint une grimace, préférant afficher un sourire poli envers l'autre homme lorsqu'il s'approcha de sa table.

Comme convenu, il l'avait rappelé. Et bien malgré lui, d'ailleurs... Évidemment, il s'était retenu de le lui dire, ne voulant surtout pas avoir de nouveau à faire à un Severus en furie.

L'attitude que ce dernier avait adopté, il y avait quelques jours de cela, l'avait énormément énervé. Heureusement pour Severus, il réussissait encore tant bien que mal à avoir de la retenue, parce qu'il aurait pu se montrer bien plus cassant. Plus méchant.

- Bonjour Tom, salua Severus en ne le quittant pas du regard.

- Bonjour Severus. Cela fait longtemps que tu m'attends ?, demanda-t-il.

Il se doutait bien que l'autre homme était arrivé pile à l'heure, si ce n'était carrément pas en avance. Mais de ce son côté, il n'allait certainement pas s'excuser d'être arrivé en retard de quelques minutes.

- Moins d'une quinzaine de minutes. Mais nous ne sommes pas à l'heure près, répondit son vis-à-vis. C'est déjà bien que tu sois là. J'avais peur que tu viennes pas, avoua son comparse. Que tu changes d'avis à la dernière minute.

-Je t'ai dit que je venais, alors pas d'inquiétude à avoir. Ce n'est vraiment pas mon genre de décommander un rendez-vous. Sauf en cas d'urgence.

- C'est vrai, acquiesça l'autre homme. Que veux-tu boire ? demanda-t-il

- Un simple café, répondit Tom en dardant de son regard la pièce quelque peu bruyante.

Il y avait énormément de monde en ce samedi après-midi. Et cela était compréhensible vu le temps qu'il faisait.

Des jeunes profitaient de se retrouver après une semaine de cours éreintante sûrement.

Des trentenaires en quête de tranquillité ou d'un moment de détende.

Et des cinquantenaires venus profiter de leur temps libre pour venir boire leur petit café, le journal du jour à la main.

- Excusez-nous ! appela Severus

- Oui, s'approcha une serveuse.

- Un café pour mon ami, s'il vous plaît, commanda–t-il poliment, sous les yeux scrutateurs de Tom.

- Bien sûr, je vous l'apporte tout de suite, dit-elle avant de faire demi tour vers le bar.

- Bien ! J'ai accepté de te voir alors parle ! Je t'écoute, tonna Tom sans préambule.

Pris au dépourvu, dans un premier temps, Severus ne broncha pas. Bien sûr qu'il avait ardemment souhaité voir Tom. Il avait été très insistant là-dessus durant sa visite au bureau de l'autre homme.

Pourtant même s'il avait été ravi d'avoir été contacté, il restait tout de même un peu déçu. Il aurait préféré que son comparse l'invite à passer la soirée avec lui. Pourquoi pas autour d'un dîner au restaurant avant de finir la nuit dans un hôtel, comme ils en avaient l'habitude. Quoi qu'il en soit, il ne s'était vraiment pas attendu ce que l'homme souhaite le voir dans un tel endroit, et encore moins à une telle heure de la journée. Ce n'était pas que cela ne l'enchantait guère, bien au contraire. Après tout c'était toujours un plaisir d'être en compagnie de Tom Riddle. Cependant il avait l'impression que ce rendez-vous n'avait rien de personnel. En réalité, il trouvait que ce n'était ni l'heure, ni l'endroit idéal pour se dévoiler à l'homme qui lui faisait face. Et quand il parlait de se dévoiler, c'était de complètement s'ouvrir et de se livrer à lui.

Après avoir mûrement réfléchi, il s'était enfin décidé. Il était temps de lui faire comprendre qu'il ne voulait plus que leur relation s'en tienne à un simple amusement. Il désirait plus que cela désormais. Cependant, il n'avait aucune idée de la façon de lui en faire part sans qu'il ne le prenne mal. Mais connaissant l'homme, il était très probable qu'il l'envoie promener, piétinant ainsi les sentiments qu'il nourrissait pour lui.

- Que dire ? souffla Severus, en se passant une main nerveuse dans ses cheveux coiffés en arrière.

- Commence par me dire pourquoi tu t'es comporté comme un enfant à qui on a volé son jouet préféré, argua simplement Tom.

- Écoute Tom, commença Severus. Cela fait quand même pas mal de temps qu'on se fréquente... Et on s'entend plutôt bien.

Tom leva un sourcil face aux paroles de son ami. Il le voyait déjà venir mais il espérait qu'il se trompait. De ce fait, il le laissa continuer, attendant la suite pour réagir à son tour.

- Ces derniers temps… on ne s'est pas beaucoup vu et je crois que cela m'a quelque peu chamboulé.

- Chamboulé ? le coupa ironiquement Tom, en repensant à sa crise.

- D'accord, fit-il gêné. Cela m'a légèrement énervé.

- Et ne je ne comprends pas pourquoi ? Mais au cas où tu l'aurais oublié, je ne suis pas à ta disposition. Je te signale que j'ai d'autres obligations !

- Je le sais bien, s'énerva l'autre homme. Je le sais bien, répéta-t-il plus calmement, sous le regard menaçant de Tom. Écoute, Tom… Je ne sais pas comment te dire ça..., souffla Severus en se passant de nouveau une main dans les cheveux. Je... je pensais que l'on pourrait peut-être se voir plus souvent...tu sais comme un...

- Couple?, le coupa Tom.

- C'est cela, avoua Severus en plantant son regard dans celui consterné de Tom.

- Hors de question, refusa catégoriquement Tom. Je ne veux pas qu'on soit un couple. Loin de là. Toi et moi nous ne faisions que passer du bon temps. Seulement du bon temps. Rien de plus ! Je n'ai jamais envisager d'aller plus loin avec toi, ni même avec personne d'autre, d'ailleurs !.

Sous les yeux devenus subitement tristes et malheureux de l'autre homme, Tom se sentit mal. Après tout, ce n'était jamais bon d'entendre ce genre de choses. Se faire rejeter était toujours douloureux. Cependant il se devait d'être honnête avec lui en tant qu'ami. Il n'avait pas le choix. Severus était simplement un ami. Un ami avec lequel il se distrayait, passait du bon temps lorsque l'envie se présentait. Rien de plus, au grand dam de l'autre brun.

S'il s'était rabattu vers les hommes, après la mort de sa femme, c'était justement parce qu'il pensait que cela serait plus simple. Que les hommes qu'il fréquenterait ne lui poseraient aucun problème comme le faisait souvent les femmes.

Apparemment, il s'était lourdement trompé ! Même les hommes posaient problèmes.

Il n'avait jamais pensé que le temps passé avec Severus, lui aurait laisser entendre qu'ils pourraient passer un cap dans leur relation. Mais encore fallait-il qu'il y en ait une. Entre eux, cela n'avait que de la distraction. Apparemment pas pour Severus.

- Écoute, Severus. Ne le prends pas mal mais… Je suis désolé si je t'ai laissé entendre qu'il pourrait avoir plus entre nous, reprit Tom. Tu n'est qu'un ami. Un ami avec lequel je passe du bon temps et je pensais qu'il en était de même pour toi.

- Plus maintenant, répondit l'autre le cœur serré. Au début, évidemment que je le voyais comme ça… Comme un passe temps… un amusement ou ce que tu veux. Mais avec le temps j'en suis venu à ressentir des sentiments pour toi. Et tu vois… ce genre de choses, ça ne se contrôle pas.

-Je suis vraiment navré Severus, dit sincèrement Tom. Mais je ne se ressens aucunement de sentiments… amoureux... pour toi. Je t'apprécie, c'est un fait. Mais en tout cas, rien de plus.

- Alors quoi..., s'énerva de nouveau Severus, se foutant de ses excuses. Pourquoi te refuses-tu à aimer à nouveau. Comptes-tu rester célibataire tout le restant de ta vie ? Je ne pense pas que ta femme aurait voulu ça pour toi. Je pense qu'elle aurait voulu que tu trouves quelqu'un qui te rende à nouveau heureux, comme elle l'a fait. Comme je pourrais le faire. Je pense...

-Tais-toi, siffla Tom, en l'interrompant.

Il serra sa tasse si fort qu'elle pouvait, à tout moment, se briser entre ses mains.

-Tu vas trop loin, gronda-t-il. Je t'interdis de parler de ma femme. N'ose même pas parler de ce que tu ne sais pas. Que tu sois triste ou en colère parce que je ne partage pas tes sentiments, je peux le comprendre. Mais ne dépasse pas les bornes, tonna-t-il d'une voix sèche. Je crois qu'on s'est tout dit, finit-il par dire en se levant.

- Attends, Tom, s'exclama précipitamment Severus. Je ne voulais pas dire ça. C'est sorti tout seul sous le coup de la colère... de la déception ou de ce que tu veux. Je suis désolé, le rattrapa-t-il.

- Pas autant que moi. Et j'en ai assez entendu, se dégagea Tom en lui lançant un regard à faire froid dans le dos, le clouant sur place.

Démuni, Severus le regarda s'en aller, le cœur lourd et brisé. Il savait fort bien que parler de ses enfants, mais surtout de sa défunte femme était un sujet excessivement sensible. Il aurait dû se taire à la seconde même où le premier mot était sorti de sa bouche. Mais déçu et le cœur meurtri, il n'avait pu s'empêcher de dire ce qu'il pensait vraiment. De plus, même s'il s'en voulait de lui avoir dit ça, intérieurement il le pensait. Il le pensait même fortement.

Il ne comprenait pas pourquoi Tom s'interdisait d'aimer à nouveau. S'interdisait le bonheur de vivre, de dormir, de se lever, de rire, et il en passait, auprès d'une personne. Et il avait bêtement cru qu'il pouvait être cette personne.

o00oo00o

Enervé.

Il était même bien plus que cela

Tom en voulait franchement à Severus d'avoir osé mentionner sa femme comme argument à son rejet. Pourtant, il savait très bien que c'était un sujet sensible. Un sujet qu'on ne devait même pas essayer de lui imposer. Parler de sa femme, même après toutes ces années, lui était toujours aussi difficile. Il n'en parlait jamais, parce que malgré tout, la douleur était toujours là. Alors qu'une personne le fasse… cela le mettait forcément hors de lui. À ses yeux, c'était de l'irrespect. Irrespect vis-à-vis de lui, mais aussi envers sa femme, même si elle n'était plus là.

Les mains fourrées dans les poches chaudes de son manteau, il marchait vivement dans les rues de la ville, bien décidé à s'aérer l'esprit.

Les propos de Severus ne cessaient de tourner en boucle dans sa tête. Et malgré sa faute, il n'avait pas totalement tord. En réalité, il avait même plutôt raison sur certains points.

Iris n'aurait pas voulu qu'il reste triste et seul toute sa vie. Bien au contraire. Peu de temps avant sa mort, sa femme lui avait fait part de son envie qu'il retrouve le bonheur et l'amour. Elle lui avait même fait promettre. Bien malgré lui d'ailleurs.

Évidemment, il avait failli à sa promesse tous simplement parce qu'il ne se sentait pas capable de refaire sa vie avec quelqu'un d'autre. Encore moins avec une femme qui n'aurait assurément pas la même saveur de sa tendre Iris. Voilà pourquoi d'ailleurs il s'était tourner vers les hommes. Mais seulement pour passer ses frustrations ou assouvir ses besoins d'homme. Rien de plus.

Retrouver le bonheur auprès d'une autre personne était pour lui comme un affront à sa femme. Pourtant, cela avait été l'une des dernières volontés d'Iris. Malheureusement, il se sentait incapable de lui faire une telle chose. Être heureux avec une personne après avoir déjà vécu ce qu'était vraiment le bonheur et l'amour à ses côtés… Cela était juste impensable à son sens.

Cependant, en y repensant plus franchement, voulait-il vraiment finir sa vie seul ? Vieillir seul ? Il n'en savait fichtrement rien.

Et puis non ! Qu'est-ce qu'il racontait ? Il n'était pas seul, il avait ses enfants. Mais bien à son grand dam, ceux-ci grandissaient trop vite. À un moment donné, ils finiraient par le quitter. Partir pour découvrir le monde. Faire des rencontres. Tout simplement prendre leur envol. Rien que de penser à cela, lui mina le moral. D'ailleurs, son beau visage se déforma en une grimace éloquente.

Soufflant, il continua son chemin jusqu'au parking dans lequel il s'était garé. Il s'était dit qu'au lieu de déranger Sebastian pour qu'il l'emmène à un rendez-vous sans trop d'importance, autant y aller par ses propres moyens. Et puis, de temps à autres, il aimait conduire l'une de ses petites merveilles. Il aimait être derrière le volant, sentir la sensation du cuir sous ses doigts et surtout conduire. Dans un certain sens, cela le détendait. Et la détente, en ce moment, il en avait sacrément besoin.

Arrivé au parking, il se dirigea vers sa voiture. Il s'y engouffra sans plus de cérémonie. Calé derrière son volant, il resta silencieux et immobile, les yeux rivés devant lui. Malgré l'imprudence de Severus, il n'arrivait pas à lui en vouloir férocement. Malheureusement il y avait bien une part de vérité dans ce qu'il lui avait jeté au visage. Mais bien évidemment, il avait été hors de question de lui donner raison.

Tom n'avait jamais aimé qu'on le mette face à ses problèmes. Face à la vérité. Il détestait cela. Bien sûr, par moment lui-même se morigénait en se disant qu'il avait tord sur certains points. Mais qu'on le lui dise ou qu'on lui fasse la moral… Pas question. Enfin… après... tout dépendait de la personne.

Après tout, s'il se souvenait bien, Harry n'avait pas prit de gant avec lui lorsqu'il lui avait fait remarquer son attitude et son absence vis-à-vis de ses enfants. Évidement, recevoir les reproches de Harry l'avais irrité. Mais après une deuxième conversation plus posée, il avait fini par les accepter et à changer pour améliorer la situation. Pire que cela…Il s'était même excusé. Une première. Comme quoi... avec Harry tout était vraiment différent.

Incroyable !

Soufflant, il mit la clé dans le contact et décida enfin de quitter le parking pour rentrer chez lui.

o00oo00o

Harry était complètement immobile devant le miroir plein pied de sa chambre. Pour la première fois depuis des mois, aucune grimace de dégoût ne vint tirer ses traits. À vrai dire, il se retenait de toutes ses forces pour ne pas grimacer d'écœurement face à son reflet.

Pourquoi faisait-il cela déjà ?

Ah oui, c'était un exercice ! Un simple exercice qui consistait à se regarder et à se complimenter sans éprouver le moindre dégoût. Cela devait lui permettre, au fil des exercices, de s'accepter tel qu'il était.

Évidemment, savoir le but réel de l'exercice l'avait dérangé plus qu'autre chose. Voilà bien un moment qu'il ne s'était pas regardé dans un miroir. Surtout si cela avait pour but de se complimenter soi-même.

Pourtant ses recherches sur internet avaient fini par le faire abdiquer. À se dire pourquoi pas. À se dire qu'il était temps qu'il se réveille et qu'il arrête d'être si injuste envers lui-même.

Alors hier soir, au lieu de passer sa soirée à lire un bouquin comme il en avait prit l'habitude de faire, il avait préféré faire des petites recherches sur internet. Il s'était enfin décidé à explorer en long et en large le fameux réseau informatique mondial afin de trouver des réponses à ses questions. Des recherches liées directement avec son problème de poids et d'acceptation de soi.

Des articles, il en avait lu. Des méthodes et des solutions, il en avait lu aussi. Et certaines l'avaient nettement plus intéressé que d'autres. Dont ce fameux exercice. Bien qu'au départ, il l'avait trouvé quelque peu ridicule.

Et pourtant !

Aujourd'hui, le voilà devant son miroir à essayer de s'auto-complimenter. D'après l'article qu'il avait lu là-dessus, cela devait l'aider à alimenter sa propre satisfaction personnelle. Mais encore fallait-il qu'il trouve les bons mots. Et que cela marche surtout.

Là, devant son miroir plein pied, aucun mot ne souhaitait franchir la barrière de ses lèvres. Il ne savait pas par où commencer. Comme il ne savait pas si cela allait vraiment l'aider.

Et puis honnêtement, il avait encore du mal à se regarder minutieusement. Plusieurs fois, il avait dû fermer les yeux parce qu'il n'arrivait pas à faire face à sa nouvelle corpulence. Mais après mûre réflexion et beaucoup de courage, il avait fini par se dire que se regarder était moins terrible que de se lancer des fleurs lorsqu'on avait un corps pareil. Honnêtement, il n'arrivait pas à s'embellir avec des mots, pourtant simples.

Alors la seule chose qu'il fit, c'était de se regarder pendant plusieurs minutes. C'était mieux que rien. C'était même un bel effort de sa part. Lui qui avant aujourd'hui n'avait jamais supporté son reflet plus d'une minute. Et encore !

Toujours figé devant le miroir, il put enfin vraiment faire face à ce qu'il était devenu depuis quelques mois. Et c'était dur de voir à quel point il avait changé. De voir à quel point il s'était totalement délaissé et perdu dans la nourriture. Cette drogue qui l'avait menée à sa perte. Ou presque.

Se jauger et se juger devant ce miroir lui était difficile. Et pourtant il ne bougeait pas. Il restait camper devant la glace parce qu'il voulait trouver des solutions. Des solutions qui pourraient l'aider à se retrouver mais surtout à s'assumer. Du moins, à assumer ce corps jusqu'à qu'il réussisse au moins à retrouver un corps qui ne le rebuterait plus. Et pour cela, la deuxième solution la plus juste était simplement de faire de l'exercice.

Il laissa ses yeux voyager sur son corps simplement recouvert de son boxer. Il se lorgna sous toutes les coutures. À chaque fois que ses yeux se posaient sur une forme disgracieuse, il se mordillait les lèvres, mais il les gardait bien ouverts, s'empêchant de les fermer.

Plus les minutes passaient, plus son regard continuait son ascension. Il dériva vers ses jambes qui n'avaient pas vraiment changée. Puis sur ses cuisses qui avaient sûrement dû prendre un tour et demi en plus. Il leva ensuite son regard vers les petits bourrelets qui ressortaient à cause de l'élastique de son boxeur. Il remonta immédiatement ses yeux vers le ventre qui avait bel et bien perdu de sa fermeté, pour laisser place à un tout léger renflement.

Franchement, une personne extérieure dirait qu'il n'y avait rien d'alarmant ou de dérangeant. Mais aux yeux d'Harry cela l'était, et même plus.

Il osa poser une main sur son ventre et la sensation qu'il ressentit sous ses doigts fins l'attrista, autant que cela lui donna encore plus envie de se motiver à perdre ses kilos en trop.

Il continua.

Il continua jusqu'à la dernière étape. Son visage. Ce dernier n'avait pas vraiment changé. Levant une main, il la posa sur son cou tout en se félicitant d'au moins une chose. Il avait réussis à éviter le double menton. Quand à ses joues, elles n'étaient ni rondes, ni creuses. Juste normales. Ses yeux étaient toujours aussi verts et de nouveau un peu plus vivants, plus brillants malgré ce par quoi il était passé ces dernières semaines.

Regardant le réveil posé sur sa table de chevet, il constata qu'il était resté plus d'une vingtaine de minutes devant le miroir. Un léger sourire, limite désabusé, se dessina sur ses lèvres, avant de se détourner du miroir. Il se dirigea vers son lit où y était déposé ses vêtements. Toujours avec le même sourire, il se félicita malgré tout pour cet exercice qui pour certains serait tout à fait inutile ou même ridicule. Mais pour Harry, c'était énorme. C'était un pas en avant. Et il avait besoin de ça. D'avancer, encore et toujours. Voilà pourquoi il comptait bien le faire tout les soirs jusqu'à ce qu'il se sente mieux. Jusqu'à ce qu'il ne ressente plus aucun dégoût envers lui-même. Juste la volonté de retrouver le Harry d'autrefois.

Plus tard, peut-être envisagerait-il de faire du sport. Mais cela c'était une toute autre histoire.

o00oo00o

La semaine était passée à une vitesse folle. Le lendemain, il rentrait chez lui. Et Harry n'avait aucune envie de quitter la demeure des Riddle.

Malheureusement, s'il restait le week-end auprès de la petite famille, cela ne plairait sûrement pas à ses parrains et ses amis qui ne pouvaient le voir et profiter de lui que les deux derniers jours de la semaine.

Mais il fallait dire aussi que désormais, il se sentait tellement bien au sein de la famille Riddle que cela devenait de plus en plus difficile de la quitter chaque vendredi soir ou samedi matin.

Revenant à lui et après avoir fini de plier les derniers vêtements dont il aurait besoin pour ce week-end dans son sac, il le ferma et le posa sur la chaise de son bureau. Une fois cela fait, il prit son portable et descendit dans le salon pour aller se chercher un nouveau livre à commencer.

En arrivant dans le salon, il s'étonna de voir Riddle père. Ce dernier était penché en avant le visage caché par ses longues mains sans imperfections.

Harry avait remarqué que ces jours-ci son employeur était ailleurs. Et cela était surprenant connaissant l'homme qu'il était. Lors des repas du soir, il répondait vaguement ou pas du tout aux questions des enfants, par exemple. En fait, Harry avait eu l'impression qu'il était complètement dans la lune.

Même lors de leur rendez-vous nocturne il restait étonnement silencieux. Et ce fut cela qui lui avait mis la puce à l'oreille. La plupart du temps c'était lui qui amorçait la conversation entre eux. Il attaquait souvent par « comment s'est passée votre journée » et ensuite la discussion débutait. Mais là rien. Et si cela avait surpris Harry, cela l'avait d'autant plus inquiété. L'air qu'avait affiché son employeur l'avait grandement dérangé.

Délaissant son envie de prendre un livre, il s'approcha de son employeur pour s'asseoir à ses côtés. Si cela avait été un de ses proches il aurait très certainement posé une main réconfortante sur l'épaule ou le bras. Toutefois avec le père de famille, impossible de faire la même chose. Pourtant, il en avait envie, mais il se retint tout de même de le faire.

Certes, ils s'étaient réconciliés et avaient même eu un rapprochement assez intime. Une fois. Rien qu'une seule fois. Mais cela ne voulait pas forcément dire qu'il pouvait se permettre d'être désormais autant proche que cela avec son employeur.

N'est-ce pas ?

Alors il se contenta juste de s'asseoir à ses côtés, tout en respectant une distance raisonnable. Il le regarda un moment, avant de signaler sa présence.

-Tout va bien ? demanda-t-il.

- Cela pourrait aller mieux, répondit Tom pas du tout surpris par la présence de ce dernier.

- Des problèmes au travail ?

- Si seulement c'était cela, souffla Tom en se redressant pour laisser sa tête heurter l'appui-tête du canapé.

Harry mira un instant l'autre homme, admirant ses traits parfaitement dessinés. Bien vite, son regard se posa sur ses lèvres ni trop fines ni trop pulpeuses. Juste comme il le fallait. Elles étaient faites pour être embrassées avec douceur et amour.

Bon sang ! A quoi pensait-il ?

Ses joues prirent feu en se rendant compte qu'il fixait un peu trop intensément les lèvres de ce dernier. Pire encore…qu'il avait envie d'y goûter.

À n'en pas douter, il était irrémédiablement attiré par cet homme. Et honnêtement, comment ne pas l'être !

Se reprenant, il détourna le regard pour le poser vers la cheminée où un feu crépitait tranquillement. Il ne se souvint pas avoir allumé la cheminée, ni Sebastian d'ailleurs. C'était sûrement le père de famille qui l'avait allumée en venant se réfugier ici. Et quelle bonne idée ! La pièce était chauffée comme il le fallait.

Se redressant, Tom fixa un point devant lui. Satané Severus ! Il avait réussi à lui mettre le cerveau sans dessus-dessous.

Depuis leur rencontre, il n'avait pas cessé de penser à ses mots, mais aussi aux derniers moments passés auprès de sa femme avant son dernier souffle. Les mots de Severus - comme beaucoup avaient eu avant lui – s'étaient superposés sur ceux de sa tendre Iris. Et cela l'avait complètement rendu dingue ses derniers jours. Pas une seule fois, il n'avait réussi à se sortir cette histoire ou ses souvenirs de la tête. Voilà pourquoi il avait d'ailleurs été assez absent ces jours-ci. Il n'avait que très peu échangé avec ses enfants et avec Harry aussi. Pourtant, parler lui ferait le plus grand bien. Il avait besoin de s'exprimer. Et s'il ne l'avait pas fait ces derniers jours, peut-être qu'il pouvait se rattraper ce soir. La présence d'Harry le lui permettait. Et puis, il était vraiment le seul à qui il pouvait se confier sans détour.

- Puis-je vous poser une question ? s'exclama soudainement Tom.

- Bien sûr, acquiesça Harry, intrigué.

- Pensez-vous...commença-t-il. Pensez-vous qu'il serait juste que je puisse de nouveau refaire ma vie avec quelqu'un. Que je puisse... aimer de nouveau, dit-il d'un ton bas. Ne serait-ce pas un affront ou mal vis à vis de ma défunte femme?

Ne s'attendant pas du tout à ce qu'il lui pose de telles questions, Harry resta un moment surpris.

Que lui était-il arrivé pour qu'il en vienne à se poser ce genre de questionnements ?

- Eh bien..., se reprit Harry.

- Soyez honnête, demanda Tom en tournant son regard dans celui de son opposé.

- Très bien.., se racla-t-il la gorge. Alors je pense... Je pense que votre femme aurait voulu que vous avanciez dans votre vie. Que vous continuiez à faire des rencontres et peut-être même que vous retrouviez l'amour afin que vous ne restiez pas seul. Je pense qu'elle aurait voulu cela. Votre bonheur auprès de vos enfants, mais aussi auprès d'une personne aimante, répondit-il. Et honnêtement, finir seul, reprit-il après un moment. Je ne le souhaiterez à personne. Pas même à mon pire ennemi.

Les yeux baissés sur le tapis épais qui recouvrait une bonne partie le sol du salon, Tom fronça un petit instant les sourcils avant qu'un sourire ne se dessine sur ses lèvres. Il reporta son regard vers Harry, assimilant peu à peu ses mots.

- C'est drôle..., lui dit-il. J'ai l'impression que vous la connaissez aussi bien que moi.

- Pas aussi bien que vous le pensiez, rit Harry. Mais la façon dont vous me parlez d'elle ne me laissait aucun doute sur le fait qu'elle était une femme formidable, juste et sincère. Avec son petit caractère aussi, sourit-il. Mais toujours fidèle à ce qu'elle était et surtout présente pour aider son prochain. Et tout cela me laisse penser qu'elle n'aurait certainement pas voulu que vous finissiez seul et isolé.

-J'aime la façon dont vous la dépeignez, sourit agréablement Tom. Et pour tout vous avouer elle m'a demandé ou plutôt ordonner, rit-il à se souvenir. De ne pas me laisser aller. De ne pas me renfermer au monde, reprit-il. Au contraire... elle voulait que je continue d'être l'homme qu'elle avait vu évoluer. Qu'elle avait connu et aimé. Elle voulait que je retrouve l'amour. Que justement, je ne reste pas seul. En bref... elle pensait comme vous, souffla Tom.

Harry lui envoya un sourire ne sachant quoi répondre. La discussion était quelque peu surprenante. Surréaliste même. Mais pour Harry elle était importante. Encore plus pour le père de famille.

- Est-il vraiment possible d'aimer à nouveau ? s'interrogea Tom.

Harry leva le regard vers lui. Il posait cette question autant à lui qu'à lui-même. Et bien évidemment, là aussi Harry était certain qu'il attendait une réponse sincère de sa part.

- Oui, répondit honnêtement Harry après des minutes de silence. Je pense qu'on le peut. Différemment du premier. Mais tout aussi vrai, intense et appréciable.

-Je vois, murmura Tom. Merci de vote franchise. Vous... dites-moi... Avez-vous de nouveau envie d'aimer à nouveau? le questionna-t-il, curieux.

- J'aimerais oui. Mais pas pour le moment. Je veux dire... Je suis encore en train de digérer lentement et difficilement mon divorce, sourit-il d'un air penaud. Après… l'amour peut nous tomber dessus à tout moment. Il ne prévient pas. Il apparaît et s'impose. Et cela devient difficile de ne pas y prêter attention. Pourtant on essaye. Fortement. Par peur, par doute, rajouta-t-il. Enfin...vous voyez ce que je veux dire.

- Oui. Je comprends, souffla Tom en tournant son regard vers de la cheminée qui crépitait agréablement.

- Et vous ? osa demander Harry.

Voyant que ce dernier ne daignait pas répondre à sa question, préférant continuer à contempler le feu de cheminée, Harry insista. Il voulait savoir pourquoi son employeur en était venu à avoir ce genre de pensées.

Avait-il rencontré quelqu'un ? S'en voulait-il – peut-être - de ressentir des choses pour cette ladite personne ? Des choses qu'il avait préféré enfouir au plus profond de lui parce qu'il jugeait cela comme mal vis-à-vis de sa défunte femme.

L'idée de penser que cela pourrait être le cas lui comprima abruptement le cœur. Mais il avait besoin de savoir.

-Sans indiscrétion..., se reprit-il. Pourquoi m'avoir poser toutes ces questions ?

Harry se dit que cela n'était sûrement pas anodin.

- Avez-vous rencontré quelqu'un, l'interrogea Harry alors que son cœur battait furieusement en attente de la réponse qui tardait à venir.

- Eh bien... Non, répondit enfin Tom. Personne pour envisager une réelle relation de couple. Par contre, je fréquentait quelqu'un jusqu'à il y a peu. Et cette personne m'a fait part de ses sentiments. Malheureusement, et bien que j'appréciais nos moments… Je ne ressentais aucun amour pour lui.

Harry buvait totalement ses paroles, prêtant tout de même attention à un mot en particulier. Il le savait, de part Sebastian. Mais avoir confirmation de la bouche même de l'homme, c'était autre chose.

- Lui? Alors vous aussi vous êtes vraiment...

- Oui, acquiesça Tom. Mais vous le saviez déjà ? sourit-il d'un air moqueur.

- Ne lui en voulait pas mais oui, sourit Harry. Sebastian me l'a dit lors d'une de nos innombrables discussions. C'est là que j'ai compris pourquoi vous n'étiez pas si surpris que cela lorsque je vous avais révélé que je divorçais d'un homme et non d'une femme.

-Je ne lui en tiendrais pas rigueur. Et puis je ne m'en cache pas, sourit Tom. Mais oui. À dire vrai, depuis la mort de femme je n'ai fréquenté que des hommes. Iris a été la seule femme de ma vie. La seule femme que j'ai aimée et aimerais encore, avoua-t-il. Mais je suis un homme et comme tout homme j'ai des envies, des besoins...Que j'ai assouvis auprès d'autres hommes car les femmes n'avait rien d'attirant. Aucune saveur. Elles n'avaient rien d'Iris.

-Je comprends ce que vous voulez dire, assimila Harry, les sourcils froncés. Mais alors cette personne qui vous a avoué ses sentiments...

-Je ne l'aimais pas, termina Tom. Je l'appréciais juste. On passait simplement du bon temps ensemble. Et d'ailleurs, j'avais été clair sur cela dès le départ.

Bien que désolé pour l'homme en question, Harry se sentit quand même très soulagé. Pourtant, cela ne voulait pas dire qu'il allait tenter quoi que soit. Si l'homme en question - qui était sûrement bel homme - n'avait su se faire aimer par le père de famille, alors lui... Il valait mieux ne pas tenter le diable. Autant garder pour lui ses sentiments naissants et ne pas les dévoiler comme l'avait fait le pauvre homme.

- Ce n'était sûrement pas la bonne personne, dit alors Harry, en revenant à lui.

- Peut-être !, répondit Tom, bien pensif.

- Vous avez envie de la trouver? Vous avez envie d'aimer à nouveau?

- Honnêtement, commença Tom le regard ancré dans celui impatient d'Harry. Je... Je crois... que oui. Et vous ? sourit Tom.

-J'aimerais beaucoup oui, dit-il avant de baisser son regard, bien trop intimidé par le regard scrutateur de son employeur qui garda son sourire.

- Bien !, acquiesça-t-il, comme satisfait de la réponse. Vous méritez d'être aimer à nouveau. Vous n'êtes pas seulement attachant, vous êtes plus que cela. Je vais me répéter, mais vous êtes réellement une belle personne, avoua Tom.

Harry détourna la tête afin de cacher les rougeurs sur ses joues. Son cœur avait fait une embardée à ces paroles dites avec tant de conviction.

Tom le regard rivé sur la cheminé ne fit pas attention. Il profita du silence agréable qui s'était installé avant qu'il ne soit dérangé par Harry. Ce dernier s'était subitement levé, lui faisant ainsi hausser les sourcils par son subit mouvement.

-Je vais me faire du thé. Vous en voulez un ? proposa Harry même s'il savait que l'autre homme allait forcément accepter.

-Volontiers, accepta Tom.

Harry lui envoya un petit sourire, avant de prendre le chemin de la cuisine où il entreprit de préparer le thé.

En arrivant dans la cuisine il se permit de souffler un bon coup. Son attirance pour son employeur devenait beaucoup trop forte. Beaucoup trop importante. Il fallait vraiment qu'il trouve quelque chose pour s'empêcher de faire une bêtise. Car si le père de famille continuait de dire ce genre de choses ou de se comporter plus intimement avec lui, il risquerait fortement de dépasser la limite. Et pas n'importe laquelle. Et honnêtement Harry ne le souhaitait pas.

Se reprenant, il se dirigea vers l'un des placards pour sortir deux tasses, deux sachets de thé puis une théière.

Tout en préparant le thé, il se remit à penser à leur discussion et à la sensation qu'il avait ressentit en apprenant que le père de famille avait fréquenté un homme et que ce même homme s'était déclaré. Harry aurait bien voulu en savoir un peu plus.

Savoir comment ils s'étaient rencontrés et depuis quand se fréquentaient-ils ?

Il était vraiment curieux de savoir à quoi ressemblait cet homme.

Était-il beau ? Grand ? Mince ? Musclé ? Blond ? Brun ? Pourquoi pas roux ? Charismatique ? Mystérieux ?Jeune ou de la même tranche d'âge que le père de famille. Harry avait envie de savoir. Peut-être pour savoir quel genre homme plaisait à son employeur.

Glissant les sachets de thé vert dans les tasses, il sentit son portable vibrer dans sa poche. Il le sortit et constata que c'était un message. Il l'ouvrit sans penser que celui-ci proviendrait d'une personne qu'il pensait désormais ne plus en entendre parler.

Son cœur rata un battement douloureux lorsqu'il vit le nom de l'émetteur. Ses yeux s'ouvrirent démesurément et son souffle se coupa lorsqu'il lut ce que contenait le message.

" Peut-on se voir ? J'ai les réponses à tes questions. Je te laisse le choix d'une heure et d'une date"

Le message provenait de Draco.

o00oo00o


Voilà, voilà pour ce chapitre qui j'espère vous aura grandement plu.

On avance bien dans la relation entre Harry et Tom.

La suite elle est en phase de correction et je suis en plein dans l'écriture du chapitre 28. Donc ne vous inquiétez pas...vous aurez bien la suite et la fin de cette histoire ;).

Je vous dis à très vite.

Que la folie Byak & Sha soit avec vous !

Review !