Musiques :
Kill the king - Megadeth
Je voudrais déjà être roi – Le roi lion OST
Chapitre 18
"Considérez vos soldats comme vos enfants bien-aimés et ils seront prêts à donner leur vie pour vous. Mais si vous êtes trop bon avec eux, vous ne pourrez pas les envoyés sur le champ de bataille, vous ne pourrez ni les commander ni maintenir l'ordre."
Sun Tzu
Prison de Black Cove
Angleterre - 13h32
La seule différence entre la cour d'une prison et une poudrière, c'est que la cour peut produire sa propre étincelle à tout moment. Il n'y a aucun moyen de savoir quand et pourquoi une bagarre peut éclater. Même les surveillants les plus attentifs ne peuvent surveillez toute les meutes de taulards. Raison pour laquelle des gardes attentifs surveillent constamment la zone à l'aide de caméras, à l'affut du moindre début de bagarre pouvant embraser toute la zone et, parfois, avoir des conséquences sur toute le pénitencier.
Du moins, c'est ainsi que sont les choses d'ordinaires dans les prisons anglaises. Mais à Black Cove, la tension dans la salle de surveillance était ce qu'on pouvait qualifier de moyenne. Un jeune surveillant observait la myriade d'écrans avec l'attachante attention du nouveau venu voulant faire ses preuves. Juste à ses côtés était assis son parfait opposé. Bien calé dans son siège, les pieds sur la table, son collègue trouvait sa profession moins essentielle au bon fonctionnement de l'univers que son carnet de mots croisés. Ses sourcils froncés et le crayon dans la bouche, il tentait tant bien que mal de trouver la réponse à la troisième ligne verticale en écoutant d'une oreille distraite sa radio. La voix grésillant d'une journaliste listait mécaniquement les infos du jour.
"... et ce matin le PDG de Wulf Industries, Mr. Richard Wulf, a confirmé le rachat de la société japonaise HibaCom. Mr. Wulf a déclaré que le savoir-faire de la compagnie en matière d'électronique de pointe serait un atout majeur pour le développement de leurs nouveaux projets d'armement. Ceux-ci n'ont pas été rendus publiques mais les investisseurs se sont visiblement réjouis de cette annonce, Wulf Industries faisant un bon de cinq points à la bourse.
Actualité locale à présent. Cela va faire deux ans que le jeune Steven Ryan a été porté disparus. Malgré les recherches et appels à témoins, la police n'aurait trouvé aucun indice indiquant ce qui serait arrivé au jeune homme, qui aurait fêté ses dix-huit ans aujourd'hui. Rappelons qu'une de ses camarades de classes, Rhiannon Ashford, a également disparu six mois après celui-ci. Les enquêteurs n'écartent pas la possibilité que ces deux disparitions soient liées mais, encore une fois, rien ne permet d'étayer cette…"
L'intellectuel du duo changea distraitement de station. La musique d'un chanteur enthousiaste résonna dans la pièce, tellement en décalage avec la noirceur ambiante qu'elle semblait tenter de la masquer.
Sous le regard des caméras, un groupe de prisonniers récemment arrivé commençait à en provoquer un autre. La violence était verbale mais des signes montrait une escalade comme le bruit du tonnerre annonçant l'arrivé de l'orage. Les deux gardiens dans la cour semblaient plus occupés à papoter amicalement qu'à surveiller cette jungle. Les nouveaux venus n'en étaient pas à leur première peine pour la plupart. Cinq des nouveaux arrivants s'étaient rassemblés autour d'un sixième dont l'attitude et le charisme rappelait un loup défiant ses pairs. Il savait qu'il devrait très vite imposer son autorité pour ne pas subir celle de quelqu'un d'autre. C'est ce qu'il avait appris dans son précédent pénitencier. Le leader continuait ses provocations, assisté par sa meute récemment formée, au cœur d'un cercle de curieux en manque de frissons, aussi tendus que des arcs prêts à tirer. Les premières bousculades se produisirent. Les premiers éclairs d'une tempête sur le point d'éclater. Un des prisonniers sortit du cercle pour courir vers l'autre côté de la cour. Le nouveau venu ne savait pas que ce royaume avait déjà un roi.
Les écrans de la salle de surveillance diffusaient les prémices de cette bataille. Lorsque le jeune surveillant comprit que la tempête se profilait dangereusement, il interpella son collègue qui gronda, agacé qu'on coupe sa concentration. Cette troisième ligne verticale lui faisait l'effet d'une porte en acier refusant de s'ouvrir. Son collègue l'avertit à propos de la bagarre mais leva les yeux vers l'écran à peine une seconde avant de se focaliser à nouveau sur cette énigme qui le narguait.
"Calme toi le nouveau, conseilla-t-il nonchalamment. Il va s'en charger."
Le jeune gardien, déconcerté, ne savait pas à qui il faisait référence. Son voisin avait parler comme si ce qu'il se passait dans la cour n'avait aucune importance ; comme s'il n'y avait et n'y aurait jamais de problèmes. Tout ce que pût faire le surveillant déconcerté était d'observer ce qui allait se passer sur les écrans tandis que la radio passait maintenant 'Kill the King' de Megadeth.
Le prisonnier qui avait quitter précipitamment le champ de bataille en devenir avait couru jusqu'à un recoin de la cour où se trouvait des bancs immaculés. Un homme vouté à la carrure de colosse trônait sur l'un d'eux, tenant de sa main gauche un journal ouvert à la page des sports. Sa main droite, reposant sur sa cuisse musclée, était dépourvus de pouce et les traits de son torse baraqué était souligné par son débardeur blanc. Autour de cet Hercule imberbe semblait exister un no man's land dans lequel personne n'osait pénétrer. Le coureur s'y risqua pourtant, afin de lui signaler les troubles de l'autre côté de la cour.
Le colosse en déposa calmement son journal avant de se lever en passant sa main amputée dans ses cheveux coupés court. Il fit craquer son épaule avant de s'avancer tranquillement vers le lieu indiqué. Sa posture révélait une puissance incommensurable mais parfaitement maitrisée par son porteur. Chacun des prisonniers sur son chemin s'écartait hâtivement à son approche. La plupart baissait le regard en s'éloignant, d'autres l'observaient avec une curiosité craintive et les plus téméraire le suivait de loin. Lorsqu'il arriva là où était l'action, le cercle qui s'était former se dispersa promptement. Le champ de bataille bétonné se vida de toute présence autre que les nouveaux venus. La totalité des autres prisonniers avait formé un nouveau cercle pour assister à la suite des évènements. Il n'y avait pas d'excitation ou d'encouragements de la foule, chacun semblait savoir ce qui allait se passer et tenait juste à l'observer de ses propres yeux.
Les six taulards récemment admis furent impressionnés par l'athlète imposant qui leur faisait face. Ce dernier les toisait sereinement. Le leader du groupe refusait qu'on le regarde de haut et provoqua le colosse en faisant un pas vers lui ; Mais il resta dignement impassible. La grande gueule continua sur sa lancée et finit par arrivé au point où ses insultes pouvaient donner au géant un aperçu de son haleine fétide. Face à cet ultime offense, le colosse sera son poing sans pouce et balança un point fulgurant dans l'estomac de son opposant. Un clin d'œil après, ce fût son poing gauche qui fracassa le visage du prisonnier ; le projetant violemment au sol sans qu'il ne se relève. Ses cinq compagnons eurent tous un mouvement de recul, hésitant face à cette victoire aisée, avant de se jeter sauvagement sur le colosse.
Mais même cela ne réussit pas à l'ébranler. Un coup de pied bien placé lui suffit à renverser un des attaquant qui en entraina trois autres dans sa chute. Le dernier tenta de cogner le géant mais ce dernier l'esquiva d'un geste détendu, suivi d'un coup de poing qui explosa le visage de l'assaillant. Il en restait quatre. Deux d'entre eux se relevèrent et se dispersèrent pour attaquer le colosse sur deux flancs. Mais avant qu'il ne puisse lancer leur assaut, leur ennemi attrapa l'un d'eux de sa main gauche et cogna le second avec sa proie ; elle semblait peser moins lourd qu'un bâton pour lui. Il restait trois adversaires. Le colosse souleva le taulard saisit de ses deux mains, affichant que l'absence de son pouce droit n'était plus une gêne depuis longtemps, et le balança sur un autre de ses opposants. La cible s'écrasa contre le mur de la cour souffrant comme si on lui avait jeter dessus la plus grosse pierre du monde. Il n'en restait plus qu'un, effrayé, qui tenta de s'enfuir mais les spectateurs formèrent une palissade humaine que le fugitif, malgré son affolement énergique, ne réussit pas à passer. Il sentit la poigne broyeuse du monstre contre son crâne et ne pût opposer la moindre résistance lorsque celui-ci le traîna pour écraser à plusieurs reprise sa face contre un mur désormais tâché de sang. Plus personne ne faisait face au géant.
Néanmoins, le leader déchu des rebelles commença à reprendre ses esprits. Le vainqueur de la mêlée entendit ses lamentations et s'approcha de lui. Il saisit le perdant par le col et fit froidement face à son visage couvert d'écorchure et au nez transformé en fontaine à hémoglobine.
"Souviens-toi bien de ceci, déclara froidement le colosse, tant que je suis là, les choses se déroule comme je l'ai décidé."
La bataille terminée, un surveillant se fraya un chemin entre les prisonniers et interpella le titan sans avoir l'air surpris, ou même intéressé, par le carnage devant ses yeux.
"Braithwaite ! Tu as de la visite."
Le prisonnier musculeux patientait dans une salle qui ne lui semblait pas si différente de sa cellule. Malgré l'aspect oppressant du carrée de béton dans lequel il se trouvait, son allure décontractée allégeait l'atmosphère. Assis derrière une table, il continuait assidûment la lecture de son journal, tenu par sa main gauche. Il était passé aux articles sur le Premiership Rugby. L'absence d'un garde était intriguant mais pas surprenant en sachant qui venait lui rendre visite. Il ne leva pas les yeux lorsque la porte claqua et la chaise face à lui grinça. Une voix décontractée lui demanda.
"Comment ça se présente pour Saracens ?"
"Plutôt bien, répondit l'athlète, mais si leurs piliers ne s'améliorent pas ils vont avoir du mal contre Exeter."
"Espérons que leur entraîneur soit aussi observateur que vous dans ce cas."
Le colosse leva finalement le regard pour découvrir un homme musculeux, mais pas autant que lui, affublé d'un costar noir ouvert et tenant un dossier dans une main. Ses bras et jambes croisés, associés à son visage intimidant, faisait de lui un mélange de force et de détente imposant de suite le respect ; Mis à part chez le Hercule amputé. Il n'était pas le genre d'homme que l'on impressionne par son allure. Il se contenta d'affirmer calmement à son visiteur.
"Je ne pense pas que le PDG de Wulf Industries viendrait voir un prisonnier juste pour parler rugby."
L'homme d'affaire ne parût pas surpris par cette observation. Il s'était douté que ses petites astuces pour charmer les autres ne marcherait pas avec cet homme. C'est bien pour cela qu'il s'était intéressé à lui. Mr. Wulf ouvrit alors le dossier qu'il avait apporté et lista les informations qui l'intéressait ; le taulard devinait qu'il y en avait bien encore.
"Victor Braithwaite… Né dans le North Yorkshire, capitaine de l'équipe de rugby de son lycée, s'est engagé dans la British Army à dix-huit ans, s'est de nombreuse fois distinguée par des actes de bravoure et des opérations menés à bien de manière exemplaire ; À atteint le grade de Capitaine avant de devoir quitter l'armée, après treize ans de service, à cause d'une blessure à la main ayant entrainé la perte du pouce droit. Après cela : un premier passage de trois ans en prison pour avoir envoyé à l'hôpital une dizaine de personnes, une série de petits boulots et, finalement, une nouvelle condamnation de trois ans pour avoir gravement blesser cinq adolescents entre treize et dix-sept ans."
Braithwaite avait l'impression que l'on lisait une étiquette attachée à son oreille. Cela l'agaçait mais il n'eut pas le temps de grogner que Mr. Wulf l'interrogea avec une sincère curiosité.
"Ces bagarres qui vous ont envoyés en prison, quel était leur motif ?"
" Vous le savez déjà, j'en suis sûr."
"Je sais ce qui est écrit officiellement. Mais vous et moi savons qu'il s'agit rarement de la vérité."
L'attitude désinvolte de l'homme d'affaire ne le rendait pas plus sympathique aux yeux du prisonnier. Mais il n'avait pas vraiment de motifs pour ne pas répondre et personne ne s'intéressait vraiment à ce qui avait motivé ses actes. Aussi finit-il par tout raconter.
"La première fois, deux abrutis m'ont provoqué par pure envie de se la raconter. Je les aie calmés et leurs copains ont tentés de venir à la rescousse, sans succès. Ils l'ont cherché mais ils se sont ligués en pleurnichant pour me faire porter le chapeau. Ils m'ont fait passer pour une brute ayant provoqué la bagarre et le juge a tout gobé. Quant à ces cinq ados, ils vendaient de la drogue dans mon quartier. J'ai voulu leurs donner une leçon mais le juge a trouvé ma réaction… disproportionné."
L'homme d'affaire semblait satisfait de ce qu'il entendait, ce qui donnait un côté malsain à cet interrogatoire.
"Je veux savoir ce que vous me voulez maintenant, exigea Braithwaite."
Richard Wulf referma le dossier et posa les coudes sur la table. Il fixa le taulard pendant un instant comme s'il le jaugeait. Lorsqu'il eut choisi ses mots avec soin, il expliqua d'une voix plus sérieuse qu'elle ne l'avait été jusqu'ici.
"Il y a deux ans, j'ai entamé un… partenariat avec certaines personnes. Je me suis joint à un projet colossal mais potentiellement profitable."
"Quel genre de projet ?"
"Sans entré dans les détails : Former une force armée jamais vu auparavant et s'en servir pour conquérir une région instable ; le tout sous les ordres d'un indigène cherchant à y apporter la paix."
Braithwaite montra pour la première fois une ébauche d'expression en haussant un sourcil perplexe.
"Ce n'est pas très original, constata le Hercule."
"Croyez-moi, ce n'est en rien comparable avec ce qui a été fait auparavant."
"C'est ce qu'ils disent tous. Et où ce serait cette fois ? Afrique ? Moyen-Orient ? Amérique centrale ?"
Wulf sembla réfléchir un instant ; On aurait dit qu'il s'agissait d'une question auquel il ne savait pas comment répondre.
"C'est un peu compliqué, hésita-t-il, mais disons que ce serait plutôt du côté de l'Asie."
Le prisonnier n'apprécia pas cette réponse évasive. Il interrogea l'homme d'affaire comme s'il le soupçonnait de vouloir le piéger.
"Quel rapport avec moi ?"
"Avant de vous répondre, j'aurai une toute dernière question. Au cours de votre huitième année de service, on vous a proposé une promotion au grade de Major ; On raconte que vous en aviez largement les capacités et pouviez même seconder vos supérieurs dans certaines tâches. Pourtant vous l'avez refusé. Pour quelle raison ?"
Braithwaite releva légèrement la tête pour atteindre une posture révélant une dignité princière qui ne souffrirait aucun affront à ce qu'il allait déclarer.
"Les Major passent généralement plus de temps dans une base d'opération que sur le terrain. Je pense qu'un dirigeant se doit d'être auprès de ses hommes et de se salir les mains pour gagner leur respect. Comme vous l'avez dit, mes supérieurs me confiait déjà à l'occasion certaines tâches qui leur incombait. Je ne voyais aucun intérêt à changer cette situation."
Il regarda sa main estropiée sans révélé sa nostalgie.
"C'est pour cela que j'ai préféré partir quand j'ai perdu ce pouce. J'aurais dû trouver un travail de bureau pour rester dans l'armée, mais je m'y refusais. Si je ne pouvais pas me battre, alors autant s'en aller et trouver autre chose."
"Qui aurait cru qu'un seul doigt en moins pouvait réduire toute une vie d'effort à néant." Déclara le businessman.
Le colosse leva sa gigantesque main gauche pour présenter clairement son pouce restant.
"Ce doigt est ce qui nous a permis de nous distinguer des simples bêtes. Sans lui, on ne peut rien saisir correctement. Ni les outils, ni les armes, ni même une flûte. Alors s'il y'a bien un membre que l'on ne doit pas perdre, c'est ce doigt là."
Braithwaite serra alors ses poings d'une manière angoissante.
"En revanche, on peut toujours frapper. C'est tout ce qu'il faut pour se faire obéir : la puissance. Sans elle, aucun roi, ni aucun chef, n'a jamais réussi à diriger ses sujets. Il est du devoir d'un roi d'apporter l'ordre et accomplir ses ambitions ; et seule la puissance le permet."
Ce petit discours fit sourire l'homme d'affaire, ravis encore une fois de ce qu'il entendait.
"Monsieur Braithwaite, reprit Wulf, le projet que mes partenaires et moi avons à pris plus de temps que prévu à cause de… certaines circonstances. Mais aujourd'hui nous sommes sur le point de passer au niveau supérieur."
"Qu'est-ce que cela implique ?"
"Disons que… nous allons avoir besoin de plus de personnel. Du genre qui a besoin d'être organisé et dirigé par une main de fer, sans mauvais jeux de mots."
"En gros, vous cherchez un meneur d'hommes."
"Plus que cela ; Nous cherchons un général compétent capable de transformer des groupes hétéroclites de combattants en une véritable armée entrainée et disciplinée. Quelqu'un qui aiderait à diriger les troupes, commander des opérations en tout genre et développer au mieux notre organisation."
Le colosse haussa un sourcil perplexe.
"Et vous allez voir un prisonnier infirme pour cela ?"
"Je ne suis pas du genre regardant quant au passé de mes futurs partenaires. Surtout lorsqu'ils ont un niveau de compétence aussi exceptionnel que le vôtre. Et pour cette histoire de pouce, le problème peut être facilement réglé en fait."
Braithwaite afficha un étonnement qui transmettait aussi la menace d'une douloureuse représailles si l'homme d'affaire se moquait de lui. Cela ne sembla pas troubler Mr. Wulf. Mais il comprit qu'il avait intrigué son interlocuteur et que ce sujet méritait d'être développé.
"Avez-vous entendu parler de Thomas Mitchell ? Non ? C'est un de mes partenaires, une vieille connaissance et un véritable génie. Il est responsable de tout ce qui a trait à la recherche et au développement technologique au sein de notre projet. Lorsque nous avons étudiés les candidats potentiel au poste dont nous discutons, j'ai voulu vous écartez à contre-cœur à cause de votre infirmité. Mais Mitchell m'a interrompu en expliquant que ce n'était en rien un problème pour lui. Il savait exactement comment s'occuper de ça, dans l'hypothèse que vous accepteriez bien-sûr."
Le prisonnier sembla sur ses gardes pendant un long moment. Il tentait de percer l'armure de décontraction de ce business man pour savoir s'il se moquait de lui. Il ne perçut rien pouvant trahir une escroquerie. Comme attiré par une lumière mystérieusement inquiétante mais de plus en plus intrigante, le colosse se risqua à demander.
"Qu'est-ce que j'y gagnerais exactement ?"
"En plus d'une solution pour votre main, je dirais… un moyen de vous libérer de ce monde. Vous auriez un poste de haut rang correspondant à vos capacités, très largement récompensé, ainsi que, j'ose le dire, une place importante dans certains livres d'histoire."
"Et quel est la contrepartie ?"
L'homme d'affaire vérifia autour de lui pour s'assurer que personne n'avait moyen de les entendre. Puis il expliqua sans la moindre anxiété.
"Mis à part le risque de mourir face à des ennemis d'un genre auquel vous n'avez jamais fait face, ce projet n'est en rien officiel. C'est un secret qui doit le rester et qui impliquera beaucoup d'activités illégales et, au final, une guerre d'une ampleur inimaginable."
Braithwaite rassembla les pièces du puzzle qu'avait révélé le business man et lui présenta sa conclusion.
"Vous vous êtes associé à quelqu'un de puissant et voulez lui offrir une armée, à la tête de laquelle vous me proposez d'être."
"En résumé, c'est cela. Et tous ceux qui en feront partit seront on ne peut mieux récompenser."
"Et vous pensez que les nations unis vont acceptez ce nouvel état ? Sous quel drapeau comptez-vous vous battre d'ailleurs ?"
Le capitaine d'industrie ne pût retenir un léger rire en répondant à cette inquiétude.
"Le nôtre, tout simplement."
Le géant eut besoin d'un instant pour bien saisir ce que cachait cette allusion. Ce qu'il comprit était des plus original et inattendu. Une histoire de fou qu'il eut du mal à croire et à faire part.
"Vous comptez bâtir une nouvelle nation rien que pour vous."
"N'exagérons rien. S'il est clair que nous aurons les plus hautes places dans ce nouveau pays, ce que nous faisons aidera également la population locale sur le long terme."
Braithwaite se mit à réfléchir. Il y avait beaucoup de secrets autour de ce soi-disant projet. Il comprenait qu'il n'y avait absolument rien de légal derrière celui-ci. Seulement, le prisonnier considéra ses autres options. Il n'en avait en réalité que deux : refuser et purger sa peine de prison avant de certainement revenir à son quotidien, ou faire un pacte avec l'étranger en face de lui. Il comprit petit à petit que, si ce que disait cet homme était vrai, il avait été remarqué par des gens ambitieux ayant reconnu ses compétences. Des intrigants prêts à s'occuper de son handicap pour lui rendre la place qui est la sienne : celle d'un chef et d'un soldat.
"Répondez à cette question, demanda le colosse : Sur quel critère avez-vous choisis vos 'candidats' à ce poste… Non, plutôt pour ce projet entier ?"
Wulf croisa les bras et les jambes en expliquant.
"C'est très simple. Nous avions besoin de gens qui serait prêt à mettre leur vie en jeu pour prendre un nouveau départ. Là où se déroule notre projet, il y a une infinité d'opportunités. Nous nous sommes donc intéressés à ceux que ce monde a rejeté malgré leurs qualités. Nous sélectionnons ceux à qui nous faisons cette offre selon ces dernières et leurs laissons le choix d'accepter ou refuser. Comme vous en ce moment."
La vision qu'eut Braithwaite de son avenir devint plus claire en entendant ces mots. Les risques et l'illégalité de ce projet étaient claires. Mais là où le refus lui montrait une suite de pièces misérables dans lesquelles il sentirait le temps passer, l'engagement lui faisait voir des rangés infinis et disciplinés de troupes qu'il guiderait pour accomplir quelque chose. Un idéal encore flou mais bien plus concret que tout ce qu'on lui avait proposé jusqu'à aujourd'hui : Un nouveau départ.
Le prisonnier tendit sa main gauche vers l'homme d'affaire en déclarant.
"Si vous tenez parole et me laissez faire comme je le sens, je vous promets que votre armée n'aura rien à envier à la British Army."
Le négociant irradiait de satisfaction. Il serra fermement la main du prisonnier et prononça.
"Ravi de vous compter parmi nous Général Braithwaite."
Village de Konoha
13h50
Les regards se tournent. Chaque fois que Sasuke passe quelque part, au moins une personne tourne le regard vers lui. En général, on y décelait du mépris ou de la colère. La plupart ne lui adressait pas la parole, ni aux autres Uchiha d'ailleurs. Même en classe la majorité des élèves évitait de se frotter à lui comme à un pestiféré. Les parents disaient à leurs enfants de ne pas se lier à un membre de la famille des traîtres. Après deux années d'exclusions, et ceux malgré ses succès à l'académie ninja, Sasuke avait fini par développer une rancœur qui le rendait agressif. Ses yeux semblaient en permanence froncés à cause d'une haine inhérente à sa personne. Cela n'avait fait qu'accroitre la crainte des autres et plongé l'enfant dans une spirale de solitude et de colère.
Chaque jour qui passe, Sasuke crachait mentalement à la face de tout le monde, y compris les membres de son propre clan. Il faisait généralement preuve d'un mutisme totale et se tenait à l'écart des autres. Personne ou presque n'osait lui adresser la parole ; Ceux ayant essayé n'avait eu pour réponse que des paroles blessantes suivies de son départ. Tous subissaient ce traitement, mis à part deux personnes.
La première était son frère ainé : Itachi. C'était l'un des seuls survivants du massacre perpétré par les Sokora. Il avait été choisi comme nouveau patriarche des Uchiha après cet évènement tragique, malgré son jeune âge. L'Hokage ayant révélé le rôle d'espion que jouait Itachi, sa loyauté envers Konoha était bien moins remise en question que celle des autres survivants. Il était le seul que Sasuke ne rejetait pas en bloc. Mais cela ne voulait pas dire qu'il lui parlait plus qu'à un autre. L'idée que son cher frère avait lui aussi, à sa manière, commis une trahison en espionnant sa famille lui avait brisé le cœur. Mais personne ne savait exactement pourquoi il agissait différemment avec Itachi malgré cela. Le grand frère venait parfois lui parler, tenter d'établir une conversation. Les réponses de Sasuke se limitait, dans les meilleurs moments, à une ou deux phrases blasées.
La seconde personne, c'était Naruto. Avant la déchéance du clan, Naruto avait aidé Sasuke à tenir le coup pendant sa période de désespoir. Il était également le seul qu'il connaissait à ne pas l'avoir traité différemment après que l'opprobre ait été jeté sur sa famille. À lui non plus il ne parlait pas beaucoup. Ils ne trainaient pas ensemble non plus. Mais il leur arrivait de s'entraîner tous les deux. Sasuke le battait à chaque fois mais cela ne décourageait en rien la petite tornade jaune. Durant ces moments, Sasuke ne semblait plus coléreux, simplement mélancolique. Leurs rencontres furent plus régulières avec le temps mais ce limitait à ces confrontations.
Mais aujourd'hui était une journée différente. Tout simplement parce qu'il avait pris conscience de la répétitivité de sa vie. Durant son entrainement avec Naruto, le petit surexcité avait déclaré qu'il finirait par le battre même s'ils devaient recommencer leur affrontement mille fois. Cela fit tilter Sasuke car il se doutait que Naruto serait capable de faire cela. Ils se reverraient dans quelques jours après tout, puis encore après, et encore après… Et ils se croiseraient à l'académie où il continuerait d'écouter en cours, réussir les exercices en battant les autres élèves et s'isolerait derrière un arbre pour être au calme. Et ceux chaque jour jusqu'à sa sortie de l'académie. Mais une partie de lui se demandait si c'était réellement ce qu'il voulait. Il avait l'impression de tourner en rond.
Les rues de Konoha avaient l'avantage d'être excellente pour errer pensivement. C'était un labyrinthe de grandes rues où il y avait toujours assez d'espace pour déambuler, même quand il y avait foule. En ce jour de repos, Sasuke n'avait rien trouver de mieux à faire, après l'entrainement, que de prendre l'air. Si son corps n'était pas aussi épuisé, il aurait bien continué, faute de mieux. C'est durant ce moment de réflexion qu'il comprit qu'il n'avait aucun véritable passe-temps ni personne. Cela lui était égale jusqu'ici. Mais il se sentait étrangement vide maintenant qu'il comprenait à quel point il ne faisait que répéter les mêmes journées depuis près de deux ans. Cela lui avait également fait remarquer que Naruto lui posait de plus en plus de difficulté à l'entrainement. Il ne s'en était même pas rendu compte. Est-ce que son esprit était devenu si routinier qu'il avait arrêté de progresser ?
Il sortit de ses pensées lorsqu'il entendit les jérémiades d'une jeune fille avec deux chignons sur la tête. Il observa la source de ce boucan et reconnu l'une des élèves de son académie. Il ne se rappela pas de suite de son nom mais, lorsqu'il se rendit compte qu'il se trouvait devant la forge des Hasaki, il s'en rappela. Tenten essayait de se défaire de l'étreinte de sa mère qui la retenais par le bras.
"Allez Maman ! pinaillait-elle. Sois sympa !"
"Non Tenten ! Tu dois m'aider à tenir la boutique pendant l'absence de ton père."
"Mais je me suis entraîné toute la matinée ! J'ai quand même le droit d'aller chez Rai-san et Naruto non ?"
"Pas quand ta famille a besoin de toi."
Tenten s'avoua vaincu en se laissant traîner jusque dans la boutique ; Mais elle ne retint pas une larme de profonde déception. Aucune des deux n'avaient remarquer la présence de Sasuke. Il faut dire qu'il était devenu particulièrement discret avec le temps. Il n'y eut donc personne pour remarquer son air surpris. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas entendu parler de Steven Ryan. Il savait qu'il s'occupait de Naruto mais ils étaient en général trop concentrés sur l'entrainement pour discuter. Et lorsque le blondinet tentait de discuter, Sasuke restait aussi laconique que d'habitude. Parfois il voyait l'étranger de loin lorsque celui-ci faisait une course, cherchait Naruto à l'académie ou se faisait pourchasser dans la rue par quelqu'un. Mais il ne lui avait pas adresser la parole une seule fois depuis le massacre des Uchiha.
C'était lui qui l'avait aidé à découvrir la vérité sur sa famille. Sasuke était venu en personne lui demander de sauver son frère d'une sentence injuste. Pourtant, il n'avait jamais eu envie de revoir cet étrange personnage. Lui et le massacre ne semblait faire qu'un dans sa tête. Mais aujourd'hui, il se disait que s'il y avait bien quelque chose qu'il n'avait jamais fait, c'était songer à revoir ce curieux bonhomme. Peut-être qu'essayer quelque chose d'imprévu l'aiderait à y voir plus claire. Il n'avait que deux choix : continuer son train-train quotidien ou faire quelque chose de complètement nouveau.
Il fit son choix en marchant en direction de l'appartement de Naruto.
Une fois devant la porte du logis de son partenaire d'entraînement, Sasuke resta figé un long moment. Il essayait de comprendre plus clairement ce qui l'avait poussé amené jusqu'ici, sans succès. Naruto était encore dehors à s'entrainer ou plaisanter. Il n'y avait que Steven aujourd'hui ; À moins qu'il ne soit absent. Peut-être qu'il avait marché jusqu'ici pour rien. Il se risqua malgré tout à lever la main et frappa deux coups rapides sur la porte…
Il y eut un cri épouvantable qui fit trembler tout l'immeuble.
"WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !"
Sasuke fût tant surpris par ce hurlement qu'il tomba au sol en écarquillant les yeux. Il entendit ensuite le grondement d'une course rapide et la porte s'ouvrit d'une traite sur un ado à mèche folle et tee-shirt blanc regardant au-dessus de l'enfant.
"NON MAIS VOUS ÊTES DINGUE ?! beugla-t-il. J'étais au beau milieu d'Outlast !"
Lorsque le geek remarqua qu'il n'y avait personne devant ses yeux, il se calma et baissa le regard. Il ne fit pas de suite le lien entre sa crise de panique et l'enfant de neuf ans à ses pieds. Il ne le reconnut pas de suite. Son vêtement bleu et sa coiffure en canard lui rappelèrent quelqu'un. Lorsqu'il fouilla plus loin dans sa mémoire, il se rappela de qui il s'agissait.
"Sasuke ? Ben… Qu'est-ce que tu fais là ? Si c'est Naruto que tu cherches il n'est pas encore rentré."
Le petit garçon baissa alors le regard et retrouva son allure mélancolique. Ce que remarqua très vite l'otaku aux chainettes. Sasuke tenta de trouver quelque chose à dire. Ses lèvres restèrent scellées. Il n'arrivait toujours pas à répondre à cette question clairement. Il se contenta alors de murmurer.
"J'ai eu envie de te rendre visite."
C'était ce qu'il y avait de plus proche de la vérité.
Steven sembla surpris. Il n'avait pas vu l'enfant depuis si longtemps qu'il ne voyait pas bien pourquoi il serait venu. Mais il n'avait rien contre lui, loin de là. Il n'avait aucune raison de le rejeter.
"Heu… Ok. Dans ce cas vas-y ; entre."
L'Uchiha se releva et pénétra dans l'étroite salle obscure. Steven referma la porte avant de tirer les rideaux. La lumière révélant les lieux sous un jour différent. La dernière fois qu'il était venu, l'appartement était tellement vide qu'il pouvait constater tous les changements d'un simple regard. Un placard avait été ajouté dans un coin. On devinait dans l'entrebâillement de ses portes la plupart des fameuses affaires de Steven. La table avait été rapproché de la fenêtre pour pouvoir placer l'ordinateur et le générateur solaire portable près de la fenêtre. Un petit canapé et une table basse orange aux pieds noirs avait été placées devant l'entrée.
Sasuke resta un instant sans réagir. Maintenant qu'il était à destination, il se rendait compte qu'il ne savait pas quoi faire du tout. Steven attendit une réaction de sa part mais, au bout d'un moment bizarrement silencieux, il lui proposa de boire quelque chose. Plus par réflexe qu'envie, Sasuke accepta d'un hochement de tête et s'assis sur le canapé. L'otaku ouvrit le frigo, que l'enfant découvrit remplit de produits frais et d'une quantité astronomique de canettes de thé glacé. Le geek lui en tendit une qu'il saisit sans l'ouvrir. Puis l'adolescent s'installa à son tour sur le canapé.
Le duo resta assis un long moment sans dire un mot. L'adolescent se mit à un moment à siffler un air qu'il interrompit de suite en se rendant compte qu'il s'agissait de 'Je voudrais déjà être roi'. Ria déteignait sur lui apparement. Agacé par le silence, Steven demanda nonchalamment à Sasuke.
"Alors, quoi de neuf ?"
Le Uchiha ne répondit rien. Steven soupira avant de chercher sa 3DS pour commencer une chasse au Yian garuga. Sasuke restait tristement courbé sur le canapé, laissant sa canette devenir tiède. Le temps passa très lentement pour tous les deux. Ce n'est qu'après avoir terminé sa chasse que Steven retenta quelque chose.
"Écoute, ça me fait plaisir de te voir mais tu n'es pas venu ici sans raison non ?"
L'Uchiha resta silencieux. Steven réessaya.
"Tu n'es pas content de me voir ?"
"… Je n'en sais rien."
Le geek fût plus surpris par la réponse que soulager de l'entendre prononcer un mot. Sasuke leva ses yeux chagrins vers le geek. Son regard révélait un tourment qui avait longtemps tourné dans sa tête.
"Qu'est-ce que tu penses quand tu me vois ?" Demanda-t-il.
"Qu'est-ce que tu veux dire ?"
Sasuke se sentit remplit d'une envie d'un genre inconnu. Elle lui fit prononcé sans réfléchir.
"Est-ce que tu repenses à ce qui est… arrivé à ma famille quand tu me vois ?"
Steven passa en un instant de la surprise à la morosité. Il sembla plongé en pleine réflexion.
"J'y repense parfois, raconta-t-il. Je me demande souvent si j'aurais pu faire les choses autrement. Si j'avais pu les sauver, je l'aurais fait, crois-moi."
"Sauf que je ne sais même pas si c'est ce que je voudrais…"
Steven fût déboussolé. Sasuke ne saisissait pas trop pourquoi il disait tout cela. Ce n'était pas faux, mais il ne comprenait pas très bien pourquoi il arrivait à parler aussi librement. Il avait le sentiment d'avoir passé une frontière en passant la porte de cet endroit, qu'il était coupé de son monde et du temps. Steven ne lui semblait presque pas être une personne ; Il était tellement différent. En un sens, il se sentait comme dans un autre univers hors de portée du sien et des gens qui l'habite ; Ignorant que s'il avait parlé de cela à Steven, le geek aurait parfaitement compris ce sentiment.
Sasuke se leva du fauteuil, envahit par une frustration suintant de tout son corps.
"Ils ont trahi le village. Même si c'est ma famille, je ne peux pas leur pardonner."
"Ton frère n'a pas essayé de t'expliquer ?"
"Si, plusieurs fois même. Mais rien dans l'histoire de notre famille ou de mes parents ne me semblent justifier ce qu'ils ont fait."
"Ce n'est pas pour justifier mais comprendre qu'il t'a dit tout cela."
"Il n'y a rien à comprendre !" hurla l'enfant. "Ce sont des traîtres. Je les hais autant que n'importe qui dans le village !"
Steven commençait à ne pas apprécier ce qu'il voyait. Cela l'attristait de sentir autant de rage chez un si jeune garçon. Mais c'était surtout parce qu'il comprenait ce qu'il ressentait, d'une certaine manière. Il voulait sincèrement faire quelque chose pour le calmer, sachant que le laisser ainsi n'aboutirait à rien de bon.
"La haine ne te mènera à rien d'autre qu'à te faire du mal."
"Et alors ?! C'est normal de les haïr non ?! c'est ce qu'il faut faire avec les traîtres !"
L'enfant sembla sur le point de s'arracher les cheveux de colère. Mais plutôt que cela, il saisit la table basse et la renversa avec une violence bestiale à laquelle Steven réagit sans attendre.
"Non mais tu vas pas bien ?!"
Steven avait prononcé cela en saisissant le bras de l'enfant.
"Si tu veux tout casser, fais-le dans God of War ou Prototype !"
"Lâche moi !"
"Pas avant que tu ne te sois calmé."
"Qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est normal que je sois comme ça non ? Tout le village est pareil quand il s'agit de ma famille !"
"Le village j'en ai rien à foutre. T'as le droit d'être en colère mais là tu agis comme un sale gosse !"
"Qu'est-ce que je devrais faire d'autre hein ?! Mes parents sont des traîtres alors je fais comme tout le monde."
Steven sembla interrompre ses pensées en entendant cela. Il lâcha l'enfant, qui en fût lui-même surpris, et resta un instant à le regarder tristement comme s'il était une fleur à moitié écrasée.
L'otaku se rassit sans quitter Sasuke des yeux et déclara.
"Je comprends mieux."
"Qu'est-ce que tu comprends ?"
La colère s'était atténuée mais résonnait toujours dans sa voix. Steven regardait Sasuke droit dans les yeux lorsqu'il déclara.
"Le village méprise toute ta famille n'est-ce pas ?"
L'enfant se tendit en écarquillant les yeux. Steven poursuivit.
"Après un tel scandale, ce n'est pas surprenant. Sauf que du coup, ils te méprisent aussi. Si tu ne les haïssais pas, tu aurais l'impression de ne pas être comme les autres. Ce serait un peu comme si tu étais du côté de tes parents et donc un traître. C'est pour cela que tu es comme tu es aujourd'hui. Alors, comme les gens ne t'aimes pas malgré ta haine, tu ne sais pas quoi faire et tu ne veux pas être un 'méchant', comme ton père."
Sasuke était devenu une statue personnifiant l'effarement. Il ne savait pas quoi répondre à Steven. Il avait entendu Naruto parler de ces paroles inattendues que cet étranger pouvait avoir ; du genre qui pouvaient faire profondément réfléchir. Il n'avait jamais réussi à imaginer cet être bizarroïde capable de faire ce genre de chose. Mais maintenant, il voyait de quoi son partenaire d'entrainement parlait. Il n'arrivait pas à croire qu'un adolescent aussi bizarre pouvait avoir une telle forme de clairvoyance.
Il ne pouvait rien faire à part déclarer faiblement.
"Je ne suis pas un traître…"
"Je le sais. Toi aussi tu le sais. Et ton frère le sait."
"Mon frère à trahit notre clan…"
"C'est plus compliqué que cela. Du point de vue du village, il a été loyal. Un jour, tu pourras comprendre. D'ici là, tu n'as pas à t'occuper de ce que pense les autres. Ils ont peur pour leur vie et celle de leurs proches. Cela en empêche beaucoup de voir la vérité. Ce qui compte, c'est de savoir qui tu es et agir de la manière qui te semble juste."
"… Qu'est-ce que ça veut dire ?"
"Que tu n'es pas un traître. Ce n'est pas héréditaire, c'est un choix relatif à beaucoup de choses. Ceux qui pense que tu en es un ont tort et tu ne dois pas faire attention à eux. Ainsi tu trouveras d'autres personnes qui savent cela aussi et t'accepteront sincèrement… Comme Naruto."
Sasuke se rappela de ses entraînements avec la tornade blonde et comprit de quoi Steven voulait parler. Naruto n'avait jamais parler de ce qui était arriver à sa famille ; Il n'avait jamais agi avec suspicion ou mépris avec lui d'ailleurs. Mais il n'arrivait pas à savoir ce qu'il devait faire maintenant. Ne plus être en colère ? Est-ce que cela ne ferait pas de lui un partisan de son père ? Steven semblait dire que non.
"Qu'est-ce que je dois faire alors ?" Demanda l'enfant.
"Il faut que tu arrêtes d'essayer de penser comme il faudrait pour te faire accepter par les autres. En pensant par toi-même, tu deviendras plus serein et libre."
"Tu veux dire que j'ai le droit de penser… que mon père n'était pas un monstre ?"
Steven eut un instant de réflexion avant de répondre.
"Oui, tu as le droit."
Sasuke se mit à parler comme s'il n'était pas vraiment présent. Il semblait plutôt se parler à lui-même.
"Mon père était gentil avec moi et mon frère… Pourtant il a aussi essayé de trahir le village…"
"Les gens sont compliqués ; Le monde aussi. Un jour, tu comprendras cela. Mais tu n'as pas besoin de te forcer aujourd'hui."
Sasuke finit par se laisser tomber sur le sofa. Il était plongé dans un tourbillon d'émotion que son corps n'arrivait pas à retranscrire. Steven se contenta de rester silencieux et garder un œil sur le petit Uchiha. Puis ce dernier déclara.
"Je veux… montrer aux gens que je ne suis pas un traître. Ni moi, ni mon frère, ni les autres survivants de mon clan."
"C'est bien. Comment tu comptes le faire ?"
"Les Sokora ont aidés ma famille à préparer leur révolte. Ce sont les pires ennemis du village…"
Steven n'aimait pas penser aux Sokora, cela lui faisait automatiquement penser au professeur Mitchell. Il ne savait pas exactement ce qu'ils faisaient, mais Anko lui racontait parfois combien cette famille et leurs hommes posaient problème aux nations ninja. Sasuke poursuivit.
"Si je pouvais les éliminer, le nom de mon clan serait peut-être lavé."
"La vengeance n'est pas une option très saine. Cela t'emprisonne aussi bien que la peur."
"Alors quoi ?"
"Agit pour aider le village peut-être. En étant simplement toi et un ninja très puissant, tu leur montreras qui tu es vraiment : Un bon petit gars loyal envers les autres. Et en plus, cela te fera sans doute affronter les Sokora, ce qui revient à ton idée de base mais de la bonne manière : Les vaincre parce que c'est juste plutôt que par haine."
Sasuke se mit à réfléchir. Steven avait ce timbre de voix étrange qui donnait envie de croire à ce qu'il disait. Il resta ainsi plongé dans ses pensées, tandis que le geek s'ouvrait une nouvelle canette de thé glacé.
Au bout d'un long moment, Steven se tourna vers l'enfant, toujours pensif, et lui proposa.
"Tu veux faire un truc pour te changer les idées ?"
Sasuke leva les yeux vers lui et, épuisé par tout ce qui venait d'arriver, hocha lentement la tête.
Le geek voyait que le petit Uchiha avait toujours la tête ailleurs. Mais il voulait vraiment l'aider. Il lui demanda de but en blanc.
"Tu veux faire quoi ? Un combat qui finis en Fatality super sanglante ? Faire courir une chèvre dans tous les sens ? Voir des vieux bourrins des années quatre-vingt détruire tout sur leurs passage… ?"
Sasuke ne comprenait rien à cette liste et se disait qu'il préférait ne pas savoir ; Cela lui donnait plus envie de s'enfuir en courant qu'autre chose. Le geek finit par avoir une idée un peu folle mais qui lui plaisait beaucoup. Il se disait que cela pouvait faire passer un bon moment à tous les deux, améliorer la culture du petit et lui montrer qu'on pouvait être d'un naturel sombre sans être immoral. Le geek déposa son ordinateur sur la table basse remise debout et chercha dans son disque dur, sous le regard intrigué de l'enfant.
"Installe-toi confortablement. On va regarder un dessin animé légendaire alors sois attentif… Le temps de placer les sous-titres."
Sasuke était au courant pour les étranges appareils de Steven racontant des histoires. Naruto n'avait pas cessé de parler de techniques qu'ils voulaient reproduire malgré les échecs comme le Kaméhaméha ou les météores de pégases. Mais il n'avait jamais vu ces objets de près. Il se laissa entraîner dans cette nouvelle expérience, trop épuisé pour émettre une objection. Il se contenta de demander.
"Heu… Qu'est-ce qu'on va… regarder ?"
Le geek ne répondit pas car il avait déjà appuyé sur un bouton qui lança l'histoire en images qui bouge. Il fût d'abord complètement perdu en voyant une cité dans l'obscurité, une explosion et un engin étrange allant à toute vitesse. Sa curiosité fût captée lorsqu'un personnage intimidant combattit deux personnes avec style avant de disparaître dans l'ombre et se tenir face à un orage.
Un texte apparut alors en lettres qu'il ne pouvait pas lire. Les sous-titres en katakana lui permettaient de comprendre le mot : Batman.
Journal de Thomas Mitchell
Rapport N°815
Wulf nous a confirmé l'enrôlement de Victor Braithwaite. Nous le récupérerons dans deux semaines à l'aide de la Pandora. Je vais devoir faire vite pour faire sa prothèse. Cela dit, si j'en crois son dossier, il devrait être très intéressé par ma dernière idée d'invention. Je ne pensais pas trouver qui que ce soit capable de la manier, à cause de son poids potentiel, mais il devrait apprécier. S'il confirme son intérêt, je pourrais m'y mettre. J'espère que les techniciens d'HibaCom que m'a promis Wulf arriveront bientôt. J'aimerais pouvoir me concentrer sur le projet Hadès à l'heure actuelle. Il doit être mis en service le plus tôt possible pour développer son plein potentiel. Les plans du projets Arès sont quasiment terminés mais Poséidon pose quelques soucis.
Takeshi a cependant garanti que nos moyens devraient augmenter maintenant que nous pouvons accueillir des hommes. Le village est complètement reconstruit et la construction des premières usines est sur le point de démarrer. Les villageois ont été heureux de se mettre au travail et Genkishi nous a trouvés des volontaires au pays du thé.
J'ai continué d'étudier le métal étrange que m'a révélé Takeshi et qui a servi à améliorer la Pandora. Après un long débat, nous avons choisis de l'appeler Stellarium, car il provient de ce qui semble être un météore si l'on en croit l'histoire des Sokora. Ce métal est capable d'agir sur l'espace lorsqu'il est soumis à de l'énergie. On peut se rendre à n'importe quel endroit de tous les univers grâce à lui. J'ai été tenté d'explorer d'autres monde, et je le ferais sans doute, mais pour l'instant, Olympus est notre priorité.
P.S : J'espère pouvoir procéder à plus d'expérience avec le Stellarium. Mais Takeshi refuse. Je peux comprendre que la faible quantité que nous avons oblige à la retenu mais tout de même. Qui sait ce que je pourrais faire d'autre avec.
Références :
Outlast, Le roi lion, Monster Hunter, God of War, Prototype, Mortal Kombat, Goat Simulator, Expendables, Dragon Ball, Saint Seiya, Batman
