Titre : Fire meet gasoline
Genres : Fluff, angst et autres trucs, mais ça va être tellement hétéroclite que je sais pas pourquoi je mets cette catégorie là xD
Rating : T
Personnages/Pairings : Dabi/Hawks
Disclaimer : Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi.

Note de l'auteur : Heeello hello ici Momo à l'appareil, de retour mais pas après six mois d'attente pour une fois. xD Pour la faire courte, j'ai enfin décidé de poster un peu les tonnes de trucs que j'écris sans me prendre la tête quand j'ai un peu de temps, et comme il se trouve que depuis que j'ai terminé La façon dont ça brûle, j'ai pas mal d'inspiration sur ce ship... Tadaa, voici un recueil de DabiHawks ! :D (Oui le titre vient de la chanson de Sia. Oui c'est un peu cliché pour ce couple, maiiis je trouve que ça leur va bien. xD)

Au programme, a priori : des OS de taille super variable, certains en UA, d'autres non, inspirés de thèmes/prompts/etc. que j'ai piochés par-ci par-là, récupérés dans le cadre d'events ou autre... Ça va pas être super cohérent, désolée d'avance. xD Pour ce premier OS, c'est une tentative autour de la question de "et s'ils avaient un enfant ensemble", maiiis pas nécessairement mpreg - je vous laisse imaginer ce que vous voulez quant aux origines exactes de l'enfant (et bien sûr c'est pas parce que j'avais pas envie de le développer en 1000 mots /bam/)

Dernière chose, un gros merci à Zofra pour sa validation de ce mini-OS, et bonne lecture ! x3 (AH ET normalement ça ne spoile rien, sauf le vrai nom de Hawks, donc à bon entendeur !)


01 : Enfant

En plus de trente ans de vie, Dabi n'avait jamais été capable de considérer la relation d'un père et de son fils autrement qu'avec amertume.
Il supposait que c'était logique, quelque part. C'était sûrement ce que lui diraient les psys, même, s'il les laissait s'approcher à moins d'un mètre sans avoir envie de simplement les brûler vifs – que le seul exemple qu'il avait connu ayant été indiscutablement dysfonctionnel, toxique, il était normal que son esprit ait associé ce type de relations à des sentiments négatifs… ou ce genre de conneries. Qu'il n'éprouve à l'égard de son propre père qu'un mélange compliqué de rancœur, de dégoût, d'injustice et de douleur ; et que l'idée même de devenir père à son tour fasse remonter jusque dans sa gorge toutes ces souffrances et ces craintes.

Mais c'était du foutage de gueule.

Sa décision, il l'avait prise très tôt, en fait. Avant même la nuit fatidique, la dernière, celle qu'il avait revécue des dizaines et des dizaines de fois dans les rêveries et les délires fiévreux et les crises de douleur depuis, où il avait passé la porte dont il ne reviendrait plus ; bien, bien avant les corps à ses pieds et les cicatrices le long de ses bras et les cris auxquels ses oreilles étaient devenues sourdes.
Du temps des premières brûlures.
Du temps des larmes sur son visage et du cœur comme un bloc de plomb dans sa poitrine.

À treize ans, il avait juré qu'il n'aurait jamais d'enfants, lui. Que les pleurs s'oublieraient dans les cendres sur son passage. Que dans l'histoire familiale, sa branche de l'arbre s'arrêtait ici – et pourtant… Ha.

Et pourtant.

Il était tellement… petit. Ce gamin – non, ce bébé – entre ses bras. Tellement léger, et… fragile. Ça se voyait à l'épaisseur des bras – faibles, chétifs, comme les siens –, à la silhouette de son corps – mince, trop mince pour son âge, et puis pas assez grand, comme lui –, autant qu'à l'éclat dans ses yeux – bleus, si bleus, exactement comme les siens-
Mais ça ne les empêchait pas d'être grands ouverts. Et rivés sur lui. Et Dabi… Dabi ne savait plus quoi faire.

Ça faisait des années que Keigo lui en parlait. Des années qu'il additionnait les sous-entendus, qu'il tâtait le terrain sans oser le dire ouvertement, comme si Dabi ne voyait pas clair dans son petit jeu à la con – mais il le savait, qu'il le voulait, ce mioche. Il l'avait toujours voulu. Et jusqu'à la dernière seconde Dabi, même après avoir promis d'essayer, même après s'être juré de se tenir éloigné et de disparaître dès qu'il le pourrait, même après avoir douté et cessé de dormir et songé cent fois à faire demi-tour aujourd'hui encore, était resté persuadé que son avis ne changerait jamais- mais la vérité, c'était…

C'était qu'il tirait une de ces bouilles, le môme. Comme si tous les petits muscles de son visage avaient voulu s'actionner en même temps, mais que personne n'avait été foutu d'essayer de les coordonner un minimum ; et puis, comme si ses grands yeux n'étaient pas encore assez grands pour voir et comprendre toutes les choses du monde autour de lui, mais qu'ils avaient déjà décidé de leur propre chef qu'ils ne regarderaient que les plus belles et se foutraient pas mal du reste. Avec ses petites mains qui se tendaient dans sa direction, ses petits doigts qui se resserraient autour du sien, comme s'il ne sentait pas l'horreur et la destruction dormantes sous les cicatrices, comme si…

Peu importe à quel point il aurait souhaité le contraire, à une autre époque, dans une autre vie, la chaleur qui lui dévorait les entrailles n'avait rien à voir avec son alter – il le savait car jamais ses flammes n'avaient été aussi lourdes. Aussi étouffantes. Aussi douces.

L'air qui s'était pris dans sa trachée en ressortit soudain, étranglé.

Keigo disait souvent que son rêve, c'était un monde où les héros avaient tellement de temps libre qu'ils ne savaient plus qu'en faire. Dabi, lui, avait toujours trouvé ça profondément con, incroyablement irréaliste aussi – et il se foutait pas mal des héros, honnêtement, ils auraient pu tous crever demain, pour ce qu'il en avait à faire, mais…
Mais l'espace d'un instant, il vit passer devant ses yeux un monde où ce gamin-là baignait dans tellement de paix et de bonheur que ça l'emmerdait ; et plutôt que de le dégoûter de niaiserie, l'idée lui donna envie de sourire.

Est-ce que c'était-

Il reconnut la main de Keigo, posée contre sa joue, avant de faire attention à l'humidité que son pouce balayait d'un geste aussi anodin que tendre.

« Hey. »

Lentement, Dabi redressa la tête.
Chercha du regard celui de- de l'homme qui partageait sa vie, peu importe à quel point il s'efforçait de garder ça secret ; le trouva aussi bouleversé que la connerie de machin qui n'était plus censée battre dans sa poitrine, et se dit que c'était débile.

Si son propre père n'avait pas été foutu de ressentir ça… Si lui-même, malgré tout et plus encore, il avait trouvé le moyen d'en être capable…

« Il serait temps qu'on lui trouve un nom, murmura Keigo, tu crois pas ? »

Ouais, c'est ça – il esquissa un sourire, moins moqueur que sincère. Bien sûr.
Comme s'il allait laisser un crétin pareil choisir le prénom de son fils, hein.


Merci de votre lecture, je vous dis à bientôt pour d'autres DabiHawks (et sûrement d'autres petits textes du même style sur la thématique de leur petite famille) ! :D