Chapitre 5 : Une bête pas si méchante qu'elle le prétend avec un grand cœur en guimauve

Point de vue de la bête

Après le départ de son protégé la bête hurla toute sa frustration dans un grand rugissement. Il balança ses bras contre les objets posés face à lui et il entreprit de briser tout ce qui se trouvait sur la grande table en chêne de la salle à manger. Ses serviteurs assistant impuissants au massacre de la vaisselle, des aliments et de toutes les autres choses à portée de mains (ou de pattes au choix). Une fois fini ils le virent partir pour aller chasser dans la forêt aux abords du palais.

Il revint quelques heures plus tard une biche entre ses crocs qu'il alla dévorer dans une des plus hautes tours du palais.

Shikamaru son intendant de chien et Chouji son gros chat de cuisinier attendaient patiemment dans les escaliers qu'il ai finit de manger. Il ne fallait surtout pas qu'ils dérangent leur maître, car il détestait être vu en train de manger, il avait horreur de ça.

Dans ce genre de moments la honte et le dégoût qu'il éprouvait pour lui même s'accentuait. Cela faisait des années qu'il vivait seul ici avec pour seule compagnie ses fidèles serviteurs, transformés eux aussi par sa faute en animaux. Il s'en voulait terriblement, il se dégouttait, encore aujourd'hui il se demandait pourquoi il n'avait pas fait preuve de bonté envers cette vielle femme. Pourquoi ne lui avait-il pas offert le gîte et le couvert, il en avait les moyens pourtant.

La bête rugit de désespoir et de frustration. Il ne l'aimerait jamais, il en était sûr, personne ne l'avait jamais aimé autant que son grand frère et personne ne l'avait jamais aimé après lui. Il était méprisable et il en avait une total conscience.

Naruto ce blond excentrique ne l'aimerait jamais, il le détestait, il savait qu'il n'aurait jamais dût le laisser entrer dans sa vie. Mais voilà, il avait espéré que tout cela change, il avait cru qu'il pourrait convaincre le beau jeune homme de l'aimer.

Et évidement il n'y arrivait pas, il ne savait pas comment s'y prendre pour se faire aimer de quelqu'un. Devait-il lui faire la cour comme à une demoiselle ? Ou plutôt lui montrer qui était le plus fort et le dominant. Il ne savait plus quoi faire et cela lui coupait l'appétit.

Pour penser à autre chose la bête décida de sortir prendre l'air. Il ignora ses deux serviteurs et partit à grande enjambée vers l'extérieur. Il alla se poster sur le toit d'une des tours de son palais. Il leva la tête vers le ciel, la lune et les étoiles, ferma les yeux et tenta d'apaiser son cœur meurtri en prenant de grandes inspirations. La douleur de son cœur persistait, elle l'étouffait et comprimait son large torse.

Soudain il ouvrit brusquement les yeux, minute pourquoi son cœur se tordait et le faisait tant souffrir, pourquoi son torse se comprimait-il de cette manière ? Il est vrai qu'il se dégouttait, qu'il ne supportait plus cette vie mais il sentait que cette douleur venait d'autre chose. Cela n'avait aucun rapport avec de la culpabilité due à la transformation en animaux de ses sujets. Non, c'était autre chose ! C'était plus profond, plus intense, c'était comme si une énorme pierre reposait sur son cœur, mais qu'est-ce que c'était ?

La bête posa son énorme patte sur son cœur et pressa doucement comme pour apaiser la douleur. Il repensa à sa dispute avec son invité et son cœur se sera un peu plus. Puis la lumière se fit dans son esprit. Cela ne pouvait pas être sa pensa-t-il, pas ce type pas maintenant, pas lui.

Non, il ne pouvait pas éprouver ce genre de sentiments envers Naruto, son prisonnier, le jeune homme qu'il gardait captif pour avoir tenté de lui voler une de ses précieuses roses. Non, c'était impossible il ne pouvait pas être AMOUREUX de lui. Notre gros chat pris sa tête entre ses mains et faillit céder à la panique suite à cette prise de conscience.

Bon calmons-nous pensa la bête, récapitulons tout depuis le début. Cet imbécile de blond à débarqué chez moi, complètement paumé, je lui ai donc offert un abri et à manger avant qu'il reparte chez lui. Ensuite ce crétin à voulu me voler une de mes précieuses roses de mon sublime rosier et j'ai été obligé de le punir pour ça d'où sa nouvelle vie en captivité.

La bête sourit jusque là, le récapitulatif de la situation lui convenait et n'était pas affolant puis son sourire se fana et laissa place à une grimace. Il venait de se souvenir de sa soudaine faiblesse face aux yeux bleu anthracite du blondinet. Et bien oui il avait été incapable d'enfermer ce jeune homme dans ses cachots pour l'y laisser pourrir. Non au lieu de ça il avait fallu qu'il le traite en invité qu'il lui offre une suite, des habits, qu'il le loge et qu'il le nourrisse. Mais bon sang qu'est-ce qui lui été passé par la tête. Lui un prince fier et fort se faisait avoir par un blondinet stupide.

Ce garçon n'est pas si extraordinaire pensa-t-il, il a juste de magnifiques yeux … un beau petit cul bien ferme (oui la bête à maté son fessier) … des cheveux blonds comme les blés et aussi lumineux que le soleil … un foutu caractère bien trempé, chose que la bête apprécie grandement. Et son sourire, ah son sourire, il est à tomber par terre, il ferait fondre n'importe qui comme neige au soleil. La bête soupira en se rappelant ce visage souriant qui l'avait réchauffé de l'intérieur. Parce que oui quand Naruto s'amusait dans les jardins de son palais comme un petit fou, il l'espionnait. Il avait donc pu apercevoir son sourire qui l'avait tout retourné.

Attends quoi ? Qu'est-ce que je viens de penser, moi je l'espionne, non non non, je m'assure qu'il ne s'enfuit pas. Attend pourquoi est-ce que je fais attention à ça, si il s'en va tant mieux j'aurai beaucoup moins de soucis.

Mais tout en pensant à cette possibilité, la bête sentit son cœur s'alourdir. Effectivement il ne pouvait se mentir à lui-même, en deux jours à ses côtés, il s'était déjà habitué à la présence de cette catastrophe ambulante, il apportait de la lumière à son palais. Une touche de couleur, de joie qui lui manquait depuis des années maintenant. Et cela bien avant que la sorcière ne le transforme en bête. Il en était sûr à présent le départ de Naruto le ferait énormément souffrir.

Il tourna son visage vers la lune et se promit une chose, de ne surtout pas laisser ce gamin têtu, écervelé, et foutrement badass lui filer entre les doigts, il allait se donner au maximum pour qu'il soit à lui.


PDV Naruto

De son côté le blond rêvait toujours d'un beau jeune homme brun qui le faisait danser. Il lui souriait tendrement, comme s'il était la plus belle chose qu'il lui été était donné de voir. Il le détailla minutieusement, il avait un corps ferme et musclé, il pouvait le sentir à travers la légère pression qu'il exerçait sur sa taille sans lui faire mal.

Il possédait une peau blanche comme la neige, des cheveux courts, noirs comme de l'encre avec quelques reflets bleutés tout à fait charmants, il avait deux longues mèches de chaque côté de la tête et le reste de ses cheveux se relevaient en pics à l'arrière de son crâne comme un cul de canard. C'était une coiffure pleine de goût, de style et d'élégance.

Et pour compléter le tout il avait deux yeux noirs tels deux puits sans fond, dans lesquels ont aurait pu se plonger et s'y perdre pendant des heures.

Il le faisait virevolter à travers la piste de danse dans un somptueux décor. Une fois la danse finie, ils se saluèrent et il vit son beau prince partir discuter avec plusieurs personnes. Il le vit rire et même se laisser enlacer par un autre jeune homme lui ressemblant beaucoup. En effet, il possédait lui aussi des yeux sombres et une longue chevelure noire lui arrivant au niveau des fesses. Sous ses yeux, il pouvait voir de légères cernes n'ôtant rien à son charme naturel.

Il s'approcha d'eux par curiosité et finit par entendre son prince appeler l'autre homme « Itachi-nee », ce qui voulait dire qu'il était son grand frère. Ce dernier lui répondit en l'appelant « Sasuke », et Naruto comprit que c'était le nom de son beau danseur.

Son prince avait l'air si heureux entouré de toutes ces personnes, un sourire fin illuminant son visage et faisant briller ses yeux noir.

Pourtant à le voir, il lui rappelait quelqu'un, mais qui ? Soudain cela fit tilt dans l'esprit de Naruto, ses yeux noirs si profonds, il les avait déjà vu quelque part, mais ou, à qui appartenaient-ils, sa mémoire lui faisait défaut.

Alors qu'il plissait les yeux sous la concentration, pour découvrir où il avait déjà rencontré ce regard. Le monde autour de lui commença soudain à devenir flou, il se sentit flotter, aspiré vers une lumière et soudain il ouvrit les yeux dans un sursaut, se réveillant dans sa chambre. Il regarda par la fenêtre à côté de son lit et constata que le soleil était haut dans le ciel. L'esprit tourmenté de questions notre héros s'extirpa de son lit pour affronter une nouvelle journée en compagnie de la bête.