Résumé : Sasuke était clairement décidé à faire de Naruto la cible de toute l'université. Qui était-il pour le défier ainsi ? On ne se moquait pas du roi sans en subir les conséquences. Enfin ça, c'est ce qu'il pensait... NaruSasu / Lemon Yaoi / UA.
Disclaimer : Les personnages de cette fanfic appartiennent à Masashi Kishimoto.
Note : Cette histoire comprendra certains passages explicites mettant en scène deux hommes.
LE FOU DU ROI
Chapitre 2 : Moyen de pression
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Le service touchait à sa fin. Naruto avait grand hâte de pouvoir enfin remballer ses affaires, rentrer chez lui et dormir au moins jusqu'à midi le lendemain. Après une telle semaine, il l'avait bien mérité. Entre les journées de cours, le boulot et surtout son altercation avec Neji Hyuga, il se sentait lessivé. Alors qu'il déposait précautionneusement le dernier verre sur l'une des étagères du bar, la porte de l'Hermite Pub s'ouvrit dans un fracas assourdissant. Le verre lui échappa et se brisa au sol. Et merde, encore quelques yens qui s'envolaient sur son salaire... Il tourna un regard rageur vers la porte d'entrée.
- On est ferm... Oh, mamie Tsunade ! S'exclama-t-il en souriant finalement.
- Toujours aussi délicate... Cette pauvre porte ne t'a rien fait tu sais, ajouta Jiraya d'un air désabusé.
La belle blonde s'avança d'un pas fulminant vers le comptoir où se trouvait Naruto. Ce dernier recula d'instinct. Quand Tsunade était de sale humeur, il en prenait pour son grade.
- Imbécile de Naruto ! S'égosilla-t-elle en lui assénant un violent coup sur la tête.
Le blond laissa échapper une plainte sonore en s'accroupissant. Qu'avait-il encore bien pu faire pour la mettre dans un tel état ?
- Non mais qu'est-ce qui t'a pris d'aller violenter Neji Hyuga ?!
Ah. C'était donc ça le problème. Sa petite friction avec ce connard de Neji.
- Violenter tu dis ?! S'écrira-t-il à son tour. Non mais tu te fous de ma gueule ! C'est lui qui est venu me faire chier ! Et je l'ai à peine bousculé !
Et c'était vrai. Franchement, bien que la tentation eu été grande, il ne lui avait pas mis son poing dans la figure. C'était une petite mise en garde, pas de quoi le traumatiser en somme... Et puis merde, il avait ouvertement insulté Kiba devant lui !
- C'était apparemment suffisant pour qu'il se pointe auprès du Conseil d'administration pour demander ton exclusion immédiate ! Vociféra Tsunade. T'as eu chaud aux fesses morveux, j'ai dû faire des pieds et des mains pour que sa requête n'aboutisse pas !
- Encore heureux que tu ne plies pas face aux simagrées de ces petits bobos ! S'exclama Jiraya, prenant la défense de Naruto.
- Ces "petits bobos" comme tu dis, ont des familles qui financent grandement le fonctionnement de Konoha, répliqua la blonde d'un ton ferme. Naruto n'est qu'une épine dans leur pied. Ils ont largement les moyens de lui pourrir la vie s'ils le souhaitent.
- Désolé Madame, intervint Kiba d'une voix fluette. C'est en partie à cause de moi, Naruto n'a fait que prendre ma défense. Même si je suis d'accord, c'était idiot de s'en prendre à un si gros poisson.
Tsunade sembla s'apaiser. Elle savait que Naruto était un bon garçon. Il avait un sens aiguisé de la justice, et quiconque s'attaquait à ses amis en payait généralement les frais. Heureusement, en tant que directrice de Konoha, elle avait suffisamment de pouvoir pour contrer les demandes souvent injustes des vieillards qui siégeaient au Conseil, totalement assujettis aux bons vouloirs des élèves les plus riches de l'université. Après tout, sans les généreuses donations de leurs familles, c'était la clé sous la porte assuré. Elle avait pris l'habitude de plier, mais Naruto était un cas particulier. Elle s'était juré de toujours veiller sur lui, il était donc totalement inenvisageable qu'il soit expulsé.
- Sert-moi un verre au lieu de tergiverser, soupira-t-elle finalement en s'asseyant sur l'un des tabourets du bar. Non mais franchement, Neji Hyuga... Tu n'aurais pas pu t'énerver contre un autre que lui ? Son oncle est l'un de nos plus gros donateur !
- Putain, mais si je te dis que c'est lui qui a commencé à nous insulter ! S'obstina Naruto en servant un verre de sake à la blonde.
- Je me fiche de savoir qui a commencé, répliqua-t-elle en tapant du poing sur le bar. Fais profil bas devant ce genre d'élève ! Je ne pourrais pas toujours te couvrir Naruto, je suis tributaire de l'argent qu'il nous donne !
- Si tu passais pas tout ton fric dans les jeux on n'en serait pas là... Marmonna Jiraya en soupirant.
Tsunade se racla la gorge en rougissant légèrement. C'est vrai qu'à l'origine, du temps où son grand-père Hashirama avait créé l'établissement, les finances se portaient à merveille... Malheureusement, l'amour de Tsunade pour le jeu avait fait pencher la balance. Elle était pourtant sûre que ce pari lui rapporterait gros ! Elle n'avait donc pas hésité à mettre en gage une partie des actions de l'université... Avant de tout perdre, bien entendu. Résultat des comptes, Konoha avait dû recourir à la générosité des familles d'élèves afin de survivre. Et en contre-partie, il fallait bien leur céder deux ou trois caprices... Mais bon, c'était juste le temps que les finances se rétablissent ! Ça ne prendrait que quelques années, tout au plus... Enfin, si Tsunade parvenait à ne pas craquer de nouveau. Gênée par la remarque plus que véridique de Jiraya, elle vida son verre d'une traite.
Le réveil indiquait quinze heures passées. Naruto émergea difficilement de son sommeil, dans un bâillement à s'en arracher la mâchoire. Il avait fini son service à trois heures du matin, l'Hermite Pub faisant salle comble les samedis soirs. Et Tsunade aimant autant l'alcool que le jeu, elle s'était éternisée après l'heure de fermeture. Bien qu'il ai pu profiter d'une généreuse grâce mâtinée pour récupérer, il se sentais lessivée. Il aurait bien traîné encore quelques minutes au lit, mais son estomac lui indiqua dans un gargouillis sonore qu'il était temps de manger. Il se traina donc paresseusement hors de sa couche, contemplant avec désarrois le capharnaüm qui l'entourait. Une dizaine de pots à ramens trônaient sur le comptoir de la cuisine, des vêtements dont il ne savait même plus s'ils étaient propres ou sales parsemaient le sol... Franchement ça n'était plus possible.
Naruto activa sa bouilloire, prépara son habituel repas instantané et l'engloutit rapidement. La motivation lui manquait, mais il fallait vraiment qu'il fasse un minimum de ménage... S'armant de courage, il passa plusieurs heures à remettre en ordre le dépotoir ambiant. Les emballages plastiques trouvèrent leur juste place dans la poubelle, les vêtements éparpillés çà et là finirent leur course dans la machine à laver, et Naruto passa un bon coup de chiffon sur les quelques meubles qui agençaient sa modeste demeure. Un léger coup d'aspirateur paracheva son action, la serpillère pourrait bien attendre un peu.
Vidé, Naruto se dirigea d'un pas traînant jusqu'à la salle de bain. Il ôta le simple boxer qui lui servait jusqu'à présent de tenue et s'engouffra sous le jet d'eau chaude. Ses muscles se détendirent d'emblée. Bon sang, ça faisait un bien fou... Une juste récompense après ses exploits ménagers.
Il était déjà dix-neuf heures du soir lorsqu'il sortit de la douche. Il alluma la télé et se laissa happer par le journal d'informations diffusé sur la chaîne nationale. Une fois de plus, son dimanche n'avait pas été très productif. Et il était déjà las à l'idée de reprendre les cours demain matin.
"...Kakashi Hatake, porte-parole officiel du groupe Uchiha."
Naruto fronça les sourcils à l'entente du nom prononcé par la présentatrice, et porta une attention plus soutenue vers l'écran. Un homme aux cheveux blancs et au visage couvert d'un masque médical salua son interlocutrice d'un air désabusé.
"Les perspectives sont nombreuses. Le groupe travaille d'arrache-pied pour que ce nouveau dispositif soit prochainement commercialisé auprès des hôpitaux. L'objectif est une meilleure prise en charge des patients, via l'éviction de potentielles erreurs humaines. Cette technologie permettra d'assister au mieux les chirurgiens et son algorithme les préviendra de suite en cas d'erreur apparente..."
Le groupe Uchiha était spécialisé dans les technologies de pointes à destination de diverses industries, comme l'aviation, la pétrochimie ou encore la pharmaceutique. Naruto ne comprenait pas grand chose à leur commerce, si ce n'est que chacune de leur invention valait des millions. Et cet enfoiré de Sasuke allait pouvoir profiter de ce bel héritage, joliment servi sur un plateau d'argent... Naruto l'imaginait sans nul mal en bureaucrate, vêtu d'un costard cravate et conduisant une grosse berline hors de prix. Oui, ça collait en tout point avec son air méprisant.
Agacé rien qu'à la pensée de l'Uchiha, il sortit s'aérer sur son balcon et s'alluma une cigarette. Et dire qu'il allait devoir encore supporter la gueule de ce type pour au moins les trois années à venir... Il aurait volontiers changé de filière s'il avait su que Sasuke la choisirait également.
Sasuke était d'une humeur maussade. Voilà déjà trois semaines qu'il attendait impatiemment le retour de son frère, qui avait finalement été contraint de prolonger son déplacement à Kiri. La bonne nouvelle toutefois, c'est que son père, qui était également du voyage, resterait un peu plus longtemps loin de lui. Il n'aurait pas à supporter son regard empli de médisance et de déception à peine dissimulée. Lorsqu'il était là, il planait sur tout le domaine familial comme un sentiment de malaise. A l'inverse, quand il était absent, l'ambiance générale était plus chaleureuse, les membres de la famille plus sereins et les domestiques moins anxieux.
- La voiture est prête jeune maître, l'interpela poliment la gouvernante principale en lui tendant un parapluie et son attaché case. Il fait particulièrement mauvais aujourd'hui, prenez soin de vous couvrir suffisamment.
- Hn.
Sasuke empoigna avec reconnaissance ses effets personnels et sortit de l'imposante demeure. Une automobile luxueuse, conduite par son chauffeur attitré l'attendait sous le porche extérieur. Il s'y engouffra rapidement, et l'engin démarra dans un vrombissement à peine voilé par le bruit de la pluie battante. Il leur fallut une bonne heure pour arriver à destination, les avenues de la ville étant particulièrement bondées en heure de pointe.
- Bien le bonjour Sasuke, le salua un jeune garçon dont la voiture précédait tout juste la sienne.
- Salut Sai, répondit-il courtoisement.
Leur entrée dans l'établissement fut auréolée des habituels "Sasuke-kun" émis par la gente féminine, arrachant un soupir las au principal intéressé. Fort heureusement, bien qu'il eut donné cher pour que ses oreilles aient un peu de répit, aucune fille ne se permettait de l'approcher vraiment. Il y avait comme une barrière invisible qu'aucune d'entre elle n'osait franchir, et qui lui permettait donc au moins de conserver un tant soit peu d'espace vital.
- Yo.
Neji s'avança vers eux, une nouvelle fille pendue à son bras. Ce devait bien être sa dixième "copine" depuis la rentrée, quoi que Sasuke ne pensait pas réellement qu'il fut possible de les qualifier de petites amies... "passes temps" aurait sûrement été un meilleur adjectif. Sasuke s'en moquait bien, Neji était libre de changer de partenaire quand cela lui chantait. Ce qu'il avait du mal à supporter par contre, c'était la présence de ces potiches, qui se permettaient parfois d'être familières avec lui.
- Ton fessier se porte bien ? Demanda Sai, un sourire factice sur les lèvres.
Sasuke avait plus de mal à cerner ce dernier. Il était plutôt calme et... bizarre ? Oui, plutôt bizarre comme type. Il était difficile de savoir vraiment ce à quoi il pensait. Son expression était neutre. D'ailleurs Sasuke n'avait pas souvenir de l'avoir déjà vu se mettre en colère, ni même rire. Il posait souvent des questions saugrenues, voir même déplacées. Mais cela mis à part, il avait le mérite de ne pas être trop excentrique, ce qui rendait sa présence supportable. Et de toute façon, sa famille avait d'étroites relations commerciales avec la sienne, ils devraient donc travailler ensemble dans un proche avenir. Son père lui avait fait comprendre que Sai devait faire partie de son cercle "d'amis", un point c'est tout.
- J'ai réglé ce problème, répondit Neji d'une voix doucereuse.
- Si tu continues comme ça il n'y aura plus aucun prolétaire dans cette université d'ici la fin de l'année, poursuivit Sai alors qu'ils se dirigeaient vers leur salle de cours.
- Mais c'est bien mon intention. Ces pouilleux n'ont rien à faire ici.
La jeune fille à son bras laissa échapper un rire mielleux et beaucoup trop criard pour être vraiment naturel. Neji s'était effectivement mis en tête de faire exclure tous les élèves boursiers de l'établissement. C'était "des cloportes qui parasitaient leur environnement et qui ne méritaient pas leur place ici", pour reprendre ses mots. Sasuke se fichait pas mal du petit challenge qu'il s'était donné, mais il était d'accord sur une chose : il n'y avait aucune raison que quiconque profite gratuitement des cours généreusement financés par les donations de leurs familles. Et la manière dont les boursiers se pavanaient, s'auto-flattant d'être plus intelligents qu'eux, était tout bonnement insupportable.
- Café avant de rejoindre l'amphi ? Proposa Neji. On a encore vingt bonnes minutes à tuer.
Sasuke et Sai acquiescèrent et lui emboitèrent le pas en direction du point chaud le plus proche. Ils commandèrent trois expresso, que Neji eut la politesse de leur offrir. Sasuke porta le gobelet à ses lèvres et cacha au mieux le mécontentement que le breuvage amer lui procura. Il n'aimait pas vraiment le café. Pour tout dire, il préférait les boissons sucrées. Mais depuis que son père, qui était toujours disposé à contrôler sa vie jusqu'au moindre détail, lui avait dit qu'un homme devait boire du café, il avait mis de côté les thés et autres jus de fruits qu'il affectionnait tant.
- Bordel mon pote, tu vas attraper la crèves ! S'exclama un énergumène, tellement fort que cela suffit à couvrir les piaillements féminins qui les entouraient toujours.
Les trois garçons tournèrent la tête dans sa direction, et découvrir quelques mètres plus loin Kiba Inuzuka en pleine leçon de moral sur... Naruto Uzumaki ? Ce dernier était trempé de la tête au pied. Il n'avait pas de voiture et venait donc en marchant jusqu'à l'université. Il était apparemment également trop pauvre pour s'acheter un parapluie... Ébouriffant ses cheveux gorgés d'eau, il afficha un sourire idiot en direction de son ami.
- Ouais, ouais... J'ai un système immunitaire à toute épreuve mec ! Rétorqua-t-il fièrement.
- Je m'en tape de ton système immunitaire ! S'énerva encore Kiba, en lui passant le bras autour du coup, faisant mine de l'étrangler. T'as pas intérêt à me faire faux bond au boulot ! C'est déjà crevant à deux, alors tout seul, je vais me tirer une balle sérieux !
Sasuke ne put s'empêcher d'être un peu envieux à la vue de ce tableau. Les deux garçons étaient proches. Ce n'était pas une amitié fictive et sur la retenue comme sa relation avec Neji et Sai. Il aurait bien aimé avoir lui aussi quelqu'un de ce genre, avec qui faire tomber le masque et sur qui pouvoir compter en toutes circonstances. Quoi qu'il n'était pas non plus du genre hyper démonstratif comme ces deux idiots. Et puis, il avait son frère Itachi.
A ses côté, une fois la surprise passée, Neji fronça les sourcils, fulminant. Il n'avait pourtant pas fait d'erreur sur le nom qu'il avait donné au Conseil d'administration... Pourquoi diable Naruto Uzumaki était-il encore là ? Il n'avait pas encore reçu la nouvelle de son expulsion ou quoi ? D'un pas rageur, il se dirigea vers les deux garçons, délaissant sa copine d'un jour qui ne manqua pas de lui signifier son mécontentement via une mimique plaintive. Il se planta devant Naruto et Kiba, les bras croisés sur la poitrine et un sourire hautain aux lèvres.
- Je vois que tu n'as pas encore reçu la notification de ton renvoi, Uzumaki. Je suis ravi d'être celui qui t'apporte cette formidable nouvelle.
Naruto haussa un sourcil alors que Kiba relâchait son étreinte autour de son cou.
- Mon renvoi tu dis ? Demanda-t-il, faisant mine de réfléchir. Ah oui ! Il me semble bien avoir échangé avec la directrice à ce propos... Mais apparemment, quelqu'un a enfin décidé de ne pas céder à tes petits caprices.
Le sourire prétentieux de Neji se fana. Il toisa Naruto, cherchant une trace de plaisanterie dans son regard, mais il n'y trouva rien d'autre qu'une infinie satisfaction. C'était quoi ce bordel ? Le Conseil d'administration avait rejeté sa demande ? Ils voulaient vraiment prendre le risque de perdre des fonds financiers simplement pour éviter le renvoi de ce pouilleux ? Non, c'était insensé...
- Oh, lâcha Sai, son éternel faux sourire au visage. Et qu'as-tu donc fait pour être dans les bonnes grâces du Conseil, au point que même Neji ne puisse exiger ton renvoi ?
- La ferme Sai, l'interrompit ce dernier. Il ment, c'est évident. L'administration de Konoha ne mettrait pas en danger ses finances pour un cloporte dans son genre. Il n'est personne.
Sasuke suivait l'échange, légèrement en retrait. Neji avait raison, c'était délirant. Il n'y avait absolument aucune raison pour que le Conseil refuse le renvoi de Naruto Uzumaki. C'était un prolétaire, sans relations ni argent. Une fourmi à côté de la fortune colossale des Hyuga. Soit Naruto cachait bien son jeu et ses finances étaient en réalité bien plus fournies que ce qu'il prétendait, soit il était comme Sai l'avait dit "dans les bonnes grâces" de quelqu'un qui siégeait au Conseil. La seconde alternative était de loin la plus plausible.
- Dommage pour toi, mais c'est comme ça, répondit Naruto, l'air désinvolte. Sur ce, c'est pas que j'aime pas discutailler avec vos têtes de cons, mais notre cours commence dans cinq minutes.
Sans plus de cérémonie, il passa devant la foule qui s'était attroupée alentours, suivit de Kiba. Sasuke tiqua. Le blond affichait un air supérieur et pleinement satisfait. C'était parfaitement ce genre d'attitude que Sasuke méprisait chez les boursiers. Ils se prenaient bien trop vite pour les rois du monde, alors qu'ils n'étaient rien d'autre qu'un caillou sous leur chaussure. Et puis, si Neji perdait la face, Sai et lui seraient forcément associés à cet échec. Il n'en était pas question.
Sasuke barra la route à Naruto, qui fut presque surpris de le voir s'interposer. Il le toisa de haut en bas, d'un regard noir. Voilà que sa majesté Uchiha décidait de s'en mêler... Tsunade lui avait demandé de ne pas faire de vagues, la situation étant déjà plus problématique qu'il ne le laissait paraître. Elle avait pu contrer Neji, mais si Sasuke ordonnait lui aussi son expulsion, la vieille ne pourrait plus grand chose pour lui...
- Tu sais Uzumaki, commença-t-il d'une voix monocorde. Il existe bien d'autres façons de pousser un élève vers la sortie.
- C'est une menace, Uchiha ? Grogna Naruto.
- Un avertissement. Je te laisse généreusement profiter de ta dernière journée ici... Mais si tu te pointes demain matin, je peux t'assurer que je me chargerais personnellement de faire de ton quotidien un enfer, si bien que tu finiras par partir de ton plein gré.
Naruto sentit un frisson lui parcourir l'échine. La voix doucereuse de Sasuke était pleine de noirceur. Nul doute qu'il devait prendre cette menace très au sérieux... Sa conversation du samedi soir avec Tsunade lui revint en mémoire. "Ils ont largement les moyens de lui pourrir la vie", avait-elle déclaré quand Jiraya l'avait défendu. Et bien soit. Après tout, Naruto n'était pas du genre à se laisser intimider pour si peu. Il en avait vu d'autres dans sa vie, il avait les épaules suffisamment solides pour encaisser les petits coups bas de ces ploutocrates.
Un sourire irascible aux lèvres, les yeux brillants d'agressivité, il fit quelques pas pour réduire à néant l'espace qui le séparait du brun et se pencha à son oreille, le surplombant facilement de plusieurs centimètres. Sasuke demeura immobile, bien que cette soudaine promiscuité lui donna un haut le cœur. Il avait en horreur que les gens l'approchent de si près.
- Tu veux parier, Uchiha ?
Voyant que la réponse ne venait pas, Naruto le bouscula légèrement afin de dégager le passage. L'attroupement d'élèves autour d'eux regardait la scène d'un air médusé.
- Co... Comment il parle à Sasuke-kun ! S'offusqua une jeune fille aux cheveux roses qui se tenaient là.
Un brouhaha assourdissant remplaça bientôt le silence. Les élèves lancèrent des injures stridentes à l'encontre du blond, déjà bien trop loin pour les entendre. Sasuke serra les poings. C'était décidé. Si ce type se repointait demain à l'université, il se ferait une joie de le mettre plus bas que terre.
Petit mot de la fin : Voici donc pour ce deuxième chapitre. En espérant que vous avez apprécier la lecture. A très vite ! :)
