Hello,
Je n'ai pas grand-chose à dire, merci à ma Noour pour son aide et sa correction, comme toujours.
Merci à vous d'avoir ajouté mon histoire dans vos favoris et de la suivre. Merci pour le peu de reviews que j'ai, et voici l'avant dernier chapitre !
Bonne lecture H.
Envers et contre tout
Eyden
-Eyden…
Mon cœur bat à cent à l'heure, je suis comme en transe. Il y a tant de détresse dans la voix d'Harry… tant de douleur que je ne sais pas pourquoi il m'a appelé mais je sais qu'il faut que j'y aille maintenant. Peu importe ma douleur ou quoi que ce soit d'autre. Ma conscience me hurle de le rejoindre.
Je m'habille en quatrième vitesse, ne faisant même pas attention à ce que je mets et je descends les escaliers si vite que je manque plusieurs fois de tomber. Dans la rue je cours autant que je le peux, bousculant quelques personnes en m'excusant vaguement… J'arrive plus vite que je ne le pense devant la boutique et j'essaie d'ouvrir la porte, quitte à la briser. Mais elle est ouverte et je fronce les sourcils en faisant ce constat…
La boutique est fermée, comment ça se fait que la porte soit ouverte ?
J'entends beaucoup de bruit à l'étage et je me demande ce qui se passe.
Je ne suis jamais montée dans l'appartement en haut… je sais que Harry vit ici, au-dessus de sa boutique mais je ne sais pas comment y accéder, ni comment y entrer, pourtant je laisse mon instinct me guider vers la cuisine et je trouve une porte avec un escalier derrière. Je grimpe les marches quatre par quatre et ouvre la porte en grand.
Ce que je vois face à moi provoque une vague de panique. Plus encore que de voir Harry prostré dans une position étrange ; à genoux, les fesses sur les talons, le front posé sur le sol et son visage grimaçant douloureusement… essayant tant bien que mal de respirer convenablement…
La mini tornade qui envoie tous les meubles voler dans la pièce est ce qui me fait la plus peur.
Je halète fortement en voyant quelque chose dans le tumulte de meubles ou bibelots, un scintillement, quelque chose de brillant…
Je cligne des yeux lentement, pensant rêver… Pourtant Harry relève la tête vers moi en même temps que tout tombe dans l'appartement, et ses yeux brillent bien plus que d'ordinaire… Je sais que j'ai l'air d'un lapin pris dans les phares d'une voiture… Mais je ne sais pas vraiment comment prendre les choses, comment réagir.
Harry soupir doucement, ses yeux s'embuant de larmes contenues et il baisse alors que je fronce les sourcils.
-Je savais que ce n'était pas une bonne idée… Je n'aurais jamais dû laisser Maho faire. Je n'aurais jamais dû l'écouter. Aimer est vraiment trop douloureux. J'aurais dû mourir comme le monstre que j'ai toujours été. Je suis parti parce que je pensais que ma vie était merdique, mais il faut croire que ma vie est merdique quoi que je fasse…
Harry soupire une nouvelle fois, je ne comprends pas grand-chose à ce qu'il se passe, je ne comprends rien du tout à vrai dire. Ni ses babillages ni ce qui se passe…
-J'aurais dû laisser ma magie me tuer, peut-être que tout aurait été plus simple. Et je fais ce que je sais faire de mieux… Blesser mon entourage… pourtant, tu m'as fait tant de bien… Tu es comme un ange entré dans ma vie pour apaiser mes démons, mes craintes, mes peines, mes peurs… Tu es entré dans ma vie comme ça, et je chéris ce jour parce que tu es la meilleure chose qui me soit arriver.
Des larmes coulent le long de ses joues et mon cœur bat la chamade, mon esprit a beaucoup de mal à comprendre ses mots que j'ai tant attendus mais qui sonnent comme un adieu inéluctable dans la bouche d'Harry…
Je n'arrive pas à parler pour l'empêcher de dire quoi que ce soit d'autre.
-Pourtant, poursuivit Harry, tu es parti… Tu as utilisé le même procédé que tu as utilisé pour entrer dans ma vie. Une simple feuille de papier… C'est tellement ironique, comme le reste de ma vie. J'ai combattu et tuer un mage noir. J'ai survécu deux fois au sortilège de mort. Je me suis battu pour ma vie chaque jour qui passait… J'ai vaincu des créatures légendaires… J'ai enfermé mes sentiments dans mon cœur pour ne pas avoir mal et j'ai rejeté ma magie… Et tout ça pour quoi ? Pour laisser quelqu'un m'aider et pour ne pas mourir. Et j'ai tout laissé tomber pour avoir une vie normale. Mais si c'est aussi douloureux, je ne veux plus jamais vivre une vie normale. Je ne veux pas aimer. Je ne veux pas…
La fin est étranglée, Harry pleure pour de bon. Et moi je reste là où je suis, ne comprenant pas un traitre mot de ce qu'il raconte. Et mon cœur est si serré dans ma poitrine que ça fait mal, physiquement.
-Oh bordel ! ça fait si mal… je voulais seulement une vie normale, être aimé pour moi et pas pour des surnoms débiles. Pas pour l'image que je renvoyais et que tout le monde croyait. Je voulais qu'on m'aime moi, pour moi. Pas pour ma fortune. Pas pour mon image. Je ne demande pas grand-chose…
Le silence est pesant quand il arrête de parler. Si pesant que j'ai beaucoup de mal à respirer. Harry marmonne des trucs que je ne comprends pas et au bout de ce qu'il me parait une éternité, il se relève difficilement.
-Satanée vie. Satanée famille. Putain de voldy. Putain de monde magique de merde. Putain de magie. Je suis fatigué tu comprends. Je suis fatigué de me cacher derrière des sourires quand je ne veux ou ne peux pas sourire. Je suis fatigué de me cacher, de jouer à quelqu'un que je ne suis pas, mais la magie c'est trop dangereux. Je pourrais te blesser n'importe quand, même dans mon sommeil. Mais tu es parti. Et tous mes vieux démons sont revenus. Tu es parti et tu m'as tant manqué que je n'arrivais pas à vivre.
Harry est debout, à quelques mètres de moi, la tête basse les mains accrochées à ses cheveux longs. Et enfin, il relève les yeux, et je vois ses émeraudes si particulières d'où une tonne de sentiments transperce. Tant de chose dans de si beaux yeux… Il soupire et un sourire triste s'installe sur ses lèvres un sourire si triste que j'ai mal au cœur… j'ai lu un jour que le regard était le reflet de l'âme, et bien à l'heure actuelle, j'espère sincèrement que ce n'est pas vrai. Parce que le regard d'Harry est si hanté que je ne veux pas savoir l'état de son âme…
C'est comme si vous preniez le blanc et le noir et que vous leur demandez de combattre sans que ça ne finisse gris. Tous les sentiments, amour, haine, joie, tristesse, colère et lassitude et bien d'autre encore… Comme s'ils rentraient tous en compétition, se battant pour qui régnera… Et j'ai peur. J'ai peur pour cet homme merveilleux, parce que quand je le regarde, je le vois simplement se déchirer devant mes yeux et putain ça fait mal…
Soudainement, il approche de moi, ses yeux dans les miens, et ses orbes transpercent les miennes d'un sentiment que je n'aurais pas cru trouver, de l'amour. Mon cœur bat la chamade dans mon corps, comme s'il voulait sortir et hurler à l'homme en face de moi que je l'aime plus que tout…
Son visage s'approche et il me regarde, comme s'il essayait de graver mon image dans son esprit pour ne jamais l'oublier. Sa main approche de mon visage et il touche ma peau avec une douceur qui contraste des mots de tout à l'heure… Il trace les contours de mon visage, sa main s'aventure dans mes cheveux.
-J'ai toujours rêvé de le faire… Me chuchote-t-il.
Son sourire est tendre et moi je ne sais plus si je dois arrêter ou continuer de respirer. Je le vois pour la première fois. Je pensais le connaitre, mais je le vois vraiment pour la première fois. J'étais amoureux, mais je le suis plus encore. Peu importe ma peur… J'aime cet homme de toute mon âme.
Finalement, ses doigts s'écartent de mon visage et il fait apparaître une rose rouge, mes yeux s'écarquillent et une foule de questions m'assaillent.
-Mon Eyden, murmure-t-il. Si tu savais combien je t'aime…
Les larmes roulent à nouveau sur ses joues, elles doivent rouler sur les miennes également… parce que non seulement je l'aime mais il m'aime aussi… et je pense à tout ce temps qu'on a perdu.
Il me tend la rose et je la prends, mes gestes sont automatiques. Soudainement il pose ses doigts sur mes tempes et je sens quelque chose me chatouiller de l'intérieur.
-Qu'est-ce que tu fais ? je souffle rapidement.
Il ferme les yeux un instant, d'autres larmes s'échappent de ses longs cils pour tomber sur ses joues.
-Je te fais oublier… Murmure-t-il.
Ma respiration se coupe.
