NdA : Merci, merci et encore merci pour votre suivi et vos commentaires qui m'aident à tenir le rythme de postage et par la même le rythme d'écriture ! Je sais, Diego blessé dans le chapitre précédent, ça aurait été pas mal. J'ai d'autres projets pour lui, vous le constaterez bientôt. Mais je n'en dis pas plus, évitons les spoilers. Bonne lecture !
13 – Ils rejoignirent Los Angeles
Ils rejoignirent Los Angeles sans incident mais en vitesse. Là, ils se rendirent à la caserne faire état des événements au capitaine Toledano, cela au désespoir de Diego qui se serait bien passé de cette publicité auprès du militaire. Il allait maintenant se poser des questions à son sujet.
Une fois raconté les faits, le capitaine demanda au caporal Reyes et quelques lanciers de raccompagner Sylvia chez elle puis de se tenir prêts à escorter les Pulido à leur hacienda. Après avoir confirmé une troisième fois qu'il n'avait rien de plus à déclarer et qu'il ne savait toujours pas qui pouvait lui en vouloir, Diego obtint l'autorisation de rentrer chez lui tandis que Roman et Ricardo restaient discuter avec le militaire.
Arturo croyait Diego sincère quand il disait ne pas savoir qui lui voulait du mal. Il vivait dans son monde. Le militaire espérait donc beaucoup de la part des deux autres. Sans doute pourraient-ils lui donner une piste.
Les cousines Pulido attendaient à l'extérieur du bureau qu'ils terminent. Quand Roman expliqua qu'ils restaient avec Ricardo, elles suivirent Diego et Bernardo hors de la caserne. Alors qu'elles se séparaient de lui, Diego n'eut pas un regard pour elles. Il se contenta d'un « au revoir » rapide sans lever le visage dans leur direction.
Estrella fronça les sourcils sans comprendre. Lolita grimpa dans la voiture furieuse. Quant au caporal Reyes, il se gratta le crâne en cherchant à comprendre ce qui avait pu se produire et se dit que les affaires de femmes étaient bien trop compliquées pour lui.
Diego ne faisait déjà plus attention au groupe et manqua tout cela. Il était tombé sur son père devant la caserne. Don Alejandro s'apprêtait à entrer.
– Père, vous n'auriez pas dû faire le déplacement, assura Diego, je vais bien. N'écoutez pas ce qu'on a pu vous raconter, Roman en fait toute une montagne, mais je vous assure...
– C'est bien pour vous, señor, coupa Alejandro d'un ton détaché que son fils aurait infiniment préféré glacial. J'ignore ce qui a pu vous arriver et cela ne me regarde en rien. Je viens rendre compte au capitaine Toledano des patrouilles réalisées sur mes terres. Aussi, si vous pouviez vous écarter…
Habitué à ce traitement depuis plusieurs jours, Diego fit un pas de côté sans broncher.
– Gracias, remercia Alejandro en pénétrant dans la caserne sans un regard pour lui.
Diego prit la direction de la voiture, laquelle était escortée par trois lanciers, sous le regard effaré de Bernardo.
– Que pensais-je donc ? dit-il à son ami. Je ne suis qu'un fardeau et un danger pour eux. Il aurait peut-être été bon de mourir aujourd'hui, cela aurait résolu tous les problèmes.
Complètement horrifié cette fois, Bernardo se demanda si le sourd qu'il prétendait être n'avait pas raté un mot de Diego. Il n'avait pas pu dire ça ?
Il arrêta son compagnon.
– Êtes-vous fou ? signa-t-il. Malade ? Un choc à la tête ?
– Je vais parfaitement bien. Je suis plus lucide que je ne l'ai jamais été.
Toujours sous le choc, Bernardo ne sembla pas comprendre ce qu'il disait, comme s'il était véritablement sourd. Une bonne chose pour eux puisque une voix féminine les surprit.
– Diego de la Vega !
– Señora Toledano, salua l'intéressé en la découvrant aux portes de la caserne. Vous portez-vous bien ?
– Parfaitement.
Diego regarda distraitement son ventre rond sans parvenir à se souvenir quand était prévu le bébé. Dans deux ou trois mois ? À mille lieues de vouloir entretenir une conversation avec elle, il dut se concentrer quand elle le rejoignit.
– Je ne comprends pas tous les signes de votre serviteur, mais je pense en avoir compris assez pour me poser la même question que lui s'il avait entendu ce que vous venez de dire.
– Excusez-moi ?
– Il aurait peut-être été bon de mourir aujourd'hui, répéta-t-elle ses propres mots.
Si les lanciers plus loin près de sa voiture n'avaient pu les entendre, ce n'était pas son cas.
– C'est bien vous qui avez prononcé cette phrase, il me semble.
– Je…
– Vous ?
– Que me voulez-vous, señora ?
– C'est tout l'effet que cela vous fait ? Je vous ai entendu dire ceci et malgré tout…
– Je suis fatigué, j'aimerais rentrer chez moi. Vous devriez en faire de même. Il n'est pas bon dans votre état…
Clac !
Diego n'avait pas vu la claque venir. Il porta une main à sa joue droite avec surprise.
– Pourquoi donc… Si je vous ai offensé...
– Celle-ci était pour vous réveiller, don Diego, et je m'en excuse. Celle-là en revanche…
– Celle-là ?
Clac !
Après l'avoir giflé de sa main gauche sans trop de violence, Raquel avait usé de toutes ses forces en le giflant de la main droite. La joue de Diego se colorait rapidement pour afficher nettement la marque des doigts de la señora sur sa peau.
– Écoutez-moi bien, Diego de la Vega, dit-elle d'une voix qui n'acceptait pas de contradiction, l'index pointé vers lui, je ne veux plus jamais vous entendre dire une chose pareille. Suis-je suffisamment claire ?
Le don qui ne comprenait pas ce qui était en train de lui arriver hocha la tête.
– Sí.
Elle poursuivit un ton plus bas pour que lui seul l'entende.
– Je sais que les relations avec votre père sont compliquées, de même qu'avec vos amis. Je comprends que vous puissiez être bouleversé par ce qui vous est arrivé aujourd'hui. Cependant je n'accepte pas que vous vous laissiez aller de la sorte ! Vous êtes Diego de la Vega ! Vous êtes mon ami et je ne permettrai pas que vous vous flagelliez de la sorte. Me suis-je bien fait comprendre ?
Cette fois, il avait parfaitement saisi la situation.
– Sí, señora.
Elle fronça les sourcils. Il reprit.
– Sí, Raquel.
Elle eut un sourire.
– Bien. Je suis sûr que Bernardo veillera sur vous. Il semble particulièrement inquiet de votre état.
Elle mima à l'intéressé de donner une nouvelle gifle à son maître s'il se comportait d'étrange manière. Bernardo hocha rapidement la tête de haut en bas pour dire qu'il comprenait.
– J'espère vous voir me rendre visite en pleine forme dans quelques jours, Diego.
– Je vous le promets.
Satisfaite de la réponse et de ce qu'elle lisait dans ses yeux, elle le laissa regagner sa voiture.
– Mon brave, Bernardo, dit-il tandis qu'ils rentraient, je crois que la señora vient de me faire la leçon.
Le serviteur fit quelques signes rapides.
– Oui, mon ami, tu as raison, elle a bien fait.
Grâce à elle, il venait de comprendre qu'il n'avait plus les idées claires.
.
De retour chez lui, Diego s'excusa auprès de tous et se retira dans sa chambre. Il souhaitait qu'on ne le dérange sous aucun prétexte. Avec bonheur, Bernardo le vit se coucher dans son lit décidé à vraiment se reposer. Il réajusta le drap qui le couvrait. La pièce était fraîche malgré la chaleur extérieure.
Le sommeil emporta Diego à peine sa tête avait-elle touché l'oreiller. Bernardo sourit avec tendresse. Il n'espérait plus le voir un jour si calme.
Il s'assit dans un fauteuil auprès de lui. Il fouillait dans ses souvenirs sans trouver trace récente d'un Diego détendu. En fait, la pression qui pesait sur les épaules du jeune hidalgo n'avait jamais disparu depuis leur retour en Californie. Il y avait bien eu des périodes tranquilles mais, à cause de Zorro, son maître était toujours resté sur ses gardes. Depuis l'affaire de l'Aigle, ça ne s'était pas arrangé.
Oui, quand il comptait, Bernardo estimait que Diego n'avait pas été serein depuis des années. Ces derniers mois, cela s'était aggravé. Il s'était inquiété sans réussir à faire prendre conscience à Diego du problème. Raquel venait apparemment d'y arriver en deux gifles et quelques phrases. Cette femme était incroyable. Il se promit de trouver une façon de la remercier.
