NdA : Zorro blessé, c'est horrible à dire, mais on adore tous ça. XD Trève de blabla, voici la suite avec du Lolita/Zorro (peut-être un poil guimauve par endroits, mais j'assume).


27 – La boucle était bouclée

La boucle était bouclée, Greco était mort comme il avait tué lâchement l'Aigle, de dos. De la part de Zorro, ce n'était pas un acte odieux mais la seule solution pour sauver Lolita. Personne n'irait lui reprocher.

Avec difficulté, le Renard se maintint debout. Son regard tomba sur sa blessure. La balle n'était pas ressortie, il espérait qu'elle ne ferait pas plus de dégâts en restant dans son corps le temps de trouver un médecin. Il devait faire un bandage pour stopper le sang et rejoindre au plus vite Los Angeles.

– Zorro !

C'était Lolita qui revenait accompagnée des trois chevaux. Tornado avait retrouvé celui de Greco et l'avait ramené. Après avoir contourné le cadavre, elle se précipita vers lui.

– Vous êtes blessé !

– Il me faut de quoi bander la plaie.

Lolita attrapa sa cape qu'il avait laissé sur la selle de Tornado avec son chapeau. Elle déchira plusieurs bandes de tissu et banda le plus serré possible sa blessure.

– Vous tiendrez jusqu'à Los Angeles ? s'inquiéta-t-elle.

– Oui.

– Vous ne dites pas ça pour me rassurer, n'est-ce-pas ?

– Je tiendrai, ne vous en faites pas, señorita.

Tornado se tenait déjà prêt à ce qu'il monte en selle.

– Nous devons prendre Greco, dit Zorro.

– Mais…

– Aidez-moi à mettre son corps sur son cheval.

Le ton de sa voix n'admettait pas d'objection. Lolita obéit. Zorro réussit à faire coucher le cheval. Lolita tira le corps et l'animal se releva avec Greco sur son dos. Ils l'attachèrent ensuite à Saphir. Il ne leur restait plus qu'à monter en selle.

Lolita arrêta Zorro alors qu'il rejoignait Tornado.

– Je vais vous aider.

– Tout va bien, señorita. Je m'en sortirai seul.

– Je ne vous laisse pas le choix, señor.

Ils se toisèrent du regard. Zorro rompit le contact le premier. Ils n'avaient pas de temps à perdre.

– Bien.

Lolita se mit en position pour lui faire la courte échelle. Le Renard ne put s'empêcher de sourire.

– Grimpez, ordonna-t-elle.

Il obéit et se mit en selle. Lolita l'imita sur Saphir.

– Une femme telle que vous, c'est rare, commenta Zorro.

La phrase la troubla, mais elle ne répondit pas.

Ils lancèrent leurs chevaux au pas. Zorro les mena vers le sud-ouest. Ils quittèrent ainsi rapidement le bois. Revenus sur un terrain dégagé, il donna le rythme. Il mit Tornado au trot, puis au galop dix minutes plus tard quand les collines disparurent et que le sol se fit plat.

Ils ne gardèrent pas ce rythme longtemps. La douleur était intolérable pour Zorro, qui avait déjà du mal avant cela à se mouvoir avec ses muscles déchirés. Sa main droite tenait les rênes mais c'était Tornado qui dirigeait pour les ramener vers le pueblo.

Il sentait son cavalier perdre son maintien sur son dos. Il y avait l'odeur du sang aussi. C'était comme deux ans plus tôt quand il avait été blessé. Tornado décida comme par le passé d'arrêter sa course.

– Que se passe-t-il ? demanda Lolita plus inquiète qu'elle ne l'était déjà.

– Vamos, Tornado, ordonna Zorro mais le ton n'y était pas.

Le cheval ne ferait pas un pas de plus. Il savait que s'il continuait, son cavalier chuterait.

Lolita s'approcha avec Saphir. Elle tendit la main vers le bandage. Elle découvrit au toucher qu'il était imbibé de sang.

– Je dois refaire votre bandage.

– Nous n'avons pas le temps.

– Nous devons le prendre. Je grimperai ensuite avec vous.

– Vous quoi ?

– Tornado a senti que vous alliez tomber. Je pensais honnêtement que cela arriverait au bout de quelques minutes. Descendez maintenant.

Aidé par Lolita il quitta la selle. Il ne cacha pas la grimace qui le saisit au passage.

Il resta debout, une main cramponnée au pommeau. S'il s'asseyait, il doutait être capable de se relever. Lolita refit le pansement de fortune en vitesse. Elle ajouta plus de bandes, bien qu'elle fut consciente que rien ne s'arrangerait tant que Zorro chevaucherait.

Elle vérifia une dernière fois son travail, puis se redressa. Elle se retrouva alors nez à nez avec lui.

– Vous devriez respirer, conseilla-t-il en la voyant bloquer sa respiration.

Lolita relâcha son souffle et fit un écart, troublée. Zorro ne comprit pas.

– Tout va bien ?

– Oui, je… je vais bien.

Il tendit son bras gauche avec difficulté. Sitôt qu'elle sentit sa main gantée sur son bras, Lolita frissonna.

– Avant que vous ne demandiez, je n'ai pas froid, devança-t-elle.

Mais il y avait un problème, Zorro le voyait bien. Il fallait qu'ils crèvent l'abcès maintenant.

– Je ne suis pas en état de faire durer cette conversation. Expliquez-moi ce qui ne va pas ou remontons en selle.

Elle leur faisait perdre du temps. Un temps précieux pour Zorro qui ne resterait pas indéfiniment capable de se tenir debout ou de chevaucher. La balle avait fait peu de dégâts, sans quoi il serait déjà mort. Toutefois retarder les soins amènerait une conclusion identique. Lolita le réalisa. Elle voulait une vraie conversation avec Zorro mais elle n'avait pas le temps de l'avoir. Il lui fallait aller à l'essentiel.

– Ce que vous m'avez dit tout à l'heure m'a troublée. Quand vous m'avez dit qu'une femme telle que moi, c'est rare. Tout chez vous me trouble. Je suis perdue dans mes sentiments depuis notre baiser.

– Une Pulido n'aime qu'une fois, récita-t-il. Cela me semble assez clair sur vos sentiments à mon égard.

– Vous vous jouez de moi ! reprocha-t-elle en se méprenant sur son sourire.

– Je suis sincère.

Elle ne savait plus que croire. Zorro prit sa main et l'attira à lui.

– Je vous aime, Lolita.

– Je…

– Vous ? l'encouragea-t-il avec douceur.

– Je vous aime aussi, tout comme j'aime Diego et je ne me l'explique pas. Je ne peux pas choisir !

– Tu n'as pas à le faire.

Sur quoi il retira son masque.

Lolita retint un cri de surprise en découvrant le visage de Diego. Elle resta figée pendant de longues secondes.

– Lolita ? s'inquiéta-t-il.

Elle comprenait enfin pourquoi elle ne parvenait pas à faire le tri dans ses sentiments, pourquoi le baiser de Zorro l'avait tant troublée, pourquoi elle ne parvenait pas à oublier Diego malgré sa volonté de l'éloigner. Il n'y avait jamais eu qu'un seul homme dans son cœur. Cette nouvelle la soulagea.

– Ton regard sous le masque est bien différent de celui auquel je suis habitué, ton odeur n'est pas cachée par tous les parfums et les artifices que tu uses en tant que Diego. Deux hommes différents et pourtant le même. Mon cœur a compris ce que ma raison n'admettait pas.

Elle caressa sa joue tendrement, puis déposa un baiser sur ses lèvres.

– Je t'aime.

Le Renard sourit. Lolita s'empara ensuite du masque et le remit sur le visage de son propriétaire, dissimulant ses traits et ses cheveux.

– Maintenant, señor Zorro, décréta-t-elle en lui faisant la courte échelle, montez sur ce cheval !

Zorro s'exécuta, puis Lolita se hissa derrière lui. Satisfait, Tornado reprit son chemin, suivi par les deux autres chevaux.

– Nos pères vont être contents, s'amusa Lolita. Ils vont enfin avoir le mariage qu'ils espèrent tant !

Elle s'attendait à ce qu'il lui réponde qu'il n'avait pas encore fait sa demande. Seul le silence répondit. Ça, et un léger affaissement du Renard.

– Zorro !

Il ne réagit pas. Ses dernières forces avaient fini par disparaître. Son corps n'en pouvait plus. Pour commencer, il n'aurait jamais dû descendre de cheval. Lolita en prit conscience mais l'heure n'était pas aux lamentations. Elle exhorta Tornado au galop en serrant Zorro contre elle d'une main et en tenant les rênes de l'autre. Le cheval noir fila dans la campagne californienne.