Disclaimer : Toujours ce bon vieux Tite Kubo, créateur de Bleach.

Hey hey hey !

J'espère que je ne vous ai pas manqué. Je reviens avec la suite directe des (mé)aventures de Byakuya.

Allez, je n'en dis pas plus. À vous de découvrir de quoi il en retourne.

Résumé : Après avoir essuyé un tel désespoir, Kira est pleinement heureux de s'assumer au bras de son compagnon. Ce qui n'est pas le cas pour tout le monde.

Bonne lecture.


Comment la vie d'Izuru Kira a basculé, part 1 / 4

Izuru Kira souriait depuis plusieurs minutes maintenant, les yeux dans le vague, prisonnier de ses pensées, alors qu'il se trouvait assis derrière son bureau, un dossier entre les mains prêt à être traiter. Bien sûr, cette nouvelle facette de la personnalité du blond en avait surpris beaucoup. Rares étaient les fois où le vice-capitaine de la Troisième division se permettait un aussi large sourire en public. Mais il avait une très bonne raison d'esquisser un tel rictus aux yeux de tous.

Après l'incident avec le brun de la Neuvième –qui plus est second de son compagnon–, Izuru avait paniqué. L'argenté avait voulu rendre leur relation officielle, ne serait-ce que pour protéger le blond de ce genre d'attaque', mais aussi pour déclarer au monde qu'il n'avait pas la moindre envie de laisser filer l'homme qu'il aimait. Car il était bien question de sentiments amoureux pour sa part. Kira avait eu peur de ses sentiments naissants pour le capitaine, craignant de l'effrayer ou de le faire fuir, alors qu'il n'en était et n'en serait rien. L'argenté avait succombé bien avant l'autre, alors qu'ils commençaient tout juste à se voir.

Kensei Muguruma n'était pas le genre d'homme à sombrer si facilement dans une relation, quelle qu'elle soit. Pourtant, lorsqu'il avait croisé ce regard perdu, couleur océan, au milieu de la foule de shinigami rassemblés pour une expédition dans le Monde des Humains, il avait été captivé. Il n'avait jamais pris le temps de s'intéresser à son état depuis la Grande Guerre, alors qu'il était resté dans les limbes pendant plusieurs dizaines de minutes. Il était scarifié, entaillé si profondément qu'un nouveau coup lui serait sûrement fatal. Malgré cela, il gardait sa neutralité, ne laissant rien filtrer de ses faiblesses. Et c'est ce qui l'avait le plus intrigué. Voir que le blond, malgré un corps amoindri, ne laissait rien paraître et remplissait toujours ses fonctions de vice-capitaine à la perfection. Comment parvenait-il à passer au-dessus de la douleur constamment présente ?

Au retour de la mission, deux semaines après, l'argenté avait voulu en savoir plus, posant quelques questions anodines autour de lui, à son second et meilleur ami du concerné, à son meilleur ami et capitaine du concerné. Mais il n'obtenait pas la réponse attendue, il n'obtenait qu'une réponse du point de vue de son interlocuteur. Alors il avait décidé d'en parler directement avec le blond. Il avait mis plus d'une semaine pour trouver une raison valable de l'aborder sans paraître suspect. Finalement, et heureusement, celle-ci s'était présentée à lui durant la visite médicale annuelle du Seireitei, lorsqu'il le croisa au détour d'un couloir de la Quatrième.

- Kira, comment vas-tu ?

- Bien Capitaine, encore quelques crampes mais ce n'est que passager.

- Ce n'est pas… mentalement douloureux… de savoir qu'on est amputé de la moitié de son torse ? osa enfin questionner l'argenté après plusieurs secondes de réflexion.

- Vous savez, j'ai une prothèse maintenant. Même si elle n'est là que pour me rappeler qu'il me manque la moitié de mes organes internes, grinça-t-il imperceptiblement, comme s'il était en colère contre lui-même.

L'argenté fit quelques pas dans le couloir pour s'asseoir sur une chaise. Le blond l'observa faire sans bouger, sa main gauche restant en appui contre le mur pour éviter de tirailler son côté droit. La prothèse commençait à le déranger, le restreignant dans ses mouvements, l'empêchant de manier Wabisuke comme il le voudrait.

- Au moins ça ne t'empêche pas d'être un bon vice-capitaine.

- Le Capitaine Ôtoribashi ainsi que le Commandant ont plaidé en ma faveur, sinon je ne serais plus qu'un civil dont la vie inutile serait ennuyeuse.

- Le Gotei ne peut pas se priver d'un bon élément. Tu n'es pas inutile Kira, en tout cas moins que moi, souffla-t-il la fin de sa phrase. J'ai perdu l'habitude d'être capitaine, de commander des hommes, de les protéger. J'ai tellement encaissé pendant la Guerre, j'aurais très bien pu y passer que ça n'aurait affecté personne, si ce n'est Rose ou Shinji. Toi, malgré la traîtrise d'Ichimaru, tu as repris la Troisième en main pour la diriger du mieux que tu pouvais. Je t'envie Kira, lui dit-il alors, surprenant le blond qui ne put qu'en rougir, gêné. Malgré tout ce que tu as subis, tu suscites encore l'admiration de tes pairs.

- Je- Capitaine Muguruma, vous êtes beaucoup plus utile au Gotei que je ne le serais jamais. Je suis faible maintenant, mon corps ne peut plus subir les entraînements quotidiens et manier Wabisuke devient dangereux pour ma propre vie. Je suis-

- Non, ne dis pas que tu es un boulet ou je ne sais quoi, tu as su prouver ta valeur.

Le blond médita pendant plusieurs minutes les paroles de son supérieur. À quel moment devait-il se considérer comme un être de valeur, alors qu'à la moindre menace environnante, qu'elle provienne d'un hollow ou d'un simple courant d'air, il était écarté pour sa propre sécurité ?

- Pourquoi vous me dîtes toutes ses choses ? demanda-t-il alors d'un ton méfiant. C'est Shūhei qui vous a demandé de venir ? Ou Rangiku ?

- Non, je m'inquiète Kira, admit-il en relevant ses yeux noisette vers l'autre, comme beaucoup mais peu ose te demander ce qu'il en est.

- Je vais bien Capitaine, je vous assure. Je vis avec maintenant.

- Est-ce que tu en as déjà parlé avec quelqu'un ?

- Pour être pris en pitié ? cracha-t-il brusquement, le ton de sa voix se faisant plus agacée. Mes deux meilleurs amis me font déjà bien comprendre que je suis fragile, j'ai pas besoin qu'une troisième personne le fasse aussi. Maintenant, si vous le voulez bien, le Capitaine Ôtoribashi m'attend.

- Ok. Je te laisse. Mais si tu as besoin d'en parler, l'appela-t-il alors qu'il s'éloignait sans un regard en arrière, je t'écouterais.

Une fois le blond parti, l'argenté resta assis encore un peu, ruminant sur ses propres paroles. Il se proposait en oreille attentive alors qu'il avait visiblement blessé le blond avec ses compliments.

Et bien sûr, il s'en était à son tour voulu de ne pas être en mesure de réconforter une personne dans le besoin. Il se savait déjà réfractaire à ce genre de situation, préférant les fuir que de s'y voir assimiler sans retour. Pourtant, avec le blond, il s'était sentit ridicule de ne pas comprendre son ressenti, de ne pas s'être mis à sa place. Évidemment qu'il le prendrait mal si on lui proposer de consulter un spécialiste, surtout lorsque l'évènement fautif avait eu lieu plus de dix ans dans le passé. Il était un peu tard pour se confier à un professionnel.

Il s'était tenu à l'écart durant un moment, l'observant de loin sans rien dire. Cela avait duré plusieurs semaines, cinq pour être exact. Et le hasard avait alors décidé de les confronter à nouveau, un soir, alors que les officiers se réunissaient –de façon hebdomadaire– dans un bar de nuit pour prendre un verre ensemble. Quelques capitaines avaient accompagné leur second cette fois-ci, plus pour les surveiller qu'autre chose, sauf pour le Commandant. Kensei s'était glissé dans la mêlée, curieux de connaître l'ambiance de ces fameuses rencontres.

Le blond, de par son nouvel organisme diminué, n'était plus en mesure de digérer convenablement l'alcool. Après un verre, il était donc totalement saoul. Après un deuxième, il n'était plus conscient de ses paroles ni de ses gestes. Mais l'argenté avait attendu, intrigué par le comportement des autres lieutenants. Personne ne semblait remarquer l'état second du blond, ni la blonde dont il voyait les verres se succéder entre ses mains, ni le brun qui ricanait entre deux blagues de son voisin de droite, à savoir Kyoraku.

Le vizard avait vidé son verre avant de se décider à agir. Il avait prévenu l'assemblée qui avait acquiescé sans même s'en rendre compte, et avait embarqué avec lui le jeune homme assoupi, le raccompagnant jusqu'à ses quartiers. Une fois arrivé, il dût fouiner un peu dans les poches du blond pour trouver de quoi ouvrir la porte. Puis il avait déposé son fardeau dans la chambre à coucher, le dévêtant légèrement pour le mettre à l'aise. Et c'est ainsi qu'il avait découvert la prothèse du blond, recouvrant tout le côté droit de son poitrail, laissant une nette démarcation de couleur entre la peau naturellement hâlé du shinigami et celle blafarde reformée par l'intervention du scientifique.

Il avait laissé sa main partir à la découverte de cette partie régénérée, en épousant la douceur et la fraîcheur. Il était remonté sur les côtes, sur les pectoraux, était descendu sur le ventre et sur les hanches, fasciné par le travail plus que réussi de son homologue de la Douzième. Il avait, sans même le vouloir, arraché un frisson au blond lorsque ses doigts avaient effleuré son téton droit. Cette partie endommagée puis restaurée lui permettait toujours de ressentir les sensations grisantes du toucher. L'argenté en fut subjugué.

Il aurait aimé faire plus, descendre plus bas, toucher plus haut, mais il n'était pas certain que le blond apprécierait. Il n'était même pas sûr que le blond soit du même bord que lui. Alors il n'avait pas pris de risque et s'était éloigné lentement, les mains gardées à distance du corps si tentant de son camarade. Ses résolutions avaient alors éclaté lorsque le blond avait murmuré un simple mot du bout des lèvres, les yeux encore clos. « Reste. » Il n'avait même pas songé au contraire et s'était rapidement déshabillé avant de le rejoindre sous les draps.

Le lendemain avait été une autre affaire, surtout lorsque le blond l'avait réveillé d'une manière tout à fait effrayante, l'étranglant assez fortement pour exiger une raison à sa présence dans ses appartements. L'argenté n'avait pas protesté, avait levé les mains en signe de soumission, et lui avait rapporté la soirée de la veille. L'autre l'avait relâché et s'était prestement excusé pour son odieux comportement. Kensei n'avait rien dit, le fixant étrangement, alors qu'une nouvelle lueur avait illuminé son regard.

L'instant d'après, il embrassait le blond, le figeant dans une position presque grivoise, les yeux écarquillés. Au moment où le capitaine s'était écarté de lui, craignant un coup bien senti, il n'avait pu lire que confusion dans les pupilles bleu ciel du lieutenant. À nouveau, il s'en était voulu à lui-même. Qu'avait-il fait ?

- Pourquoi ? demanda le blond, reprenant contact avec la réalité. Pourquoi vous m'avez embrassé ? Pourquoi vous êtes là ? Comment vous-

- Doucement Kira, tempéra l'argenté en se laissant retomber sur le matelas. Il ne s'est rien passé cette nuit. T'étais déchiré. Tu m'as juste demandé de rester.

- Vous n'aviez aucune raison de rester, encore moins si j'étais bourré.

- Pourquoi aurais-je besoin d'une raison si c'est toi qui me l'as demandé ? J'ai rien fait à ton corps, et c'est pas l'envie qui m'en démangeait, grommela-t-il ensuite d'une voix basse et profonde.

Le blond fit un bond en arrière à l'entente de ses derniers mots, paralysé par leur sens. Kensei Muguruma l'avait désiré l'espace de quelques heures ? C'était irréaliste, et pourtant, cela le fit fortement rougir. Il se détourna alors de l'autre pour s'enfermer dans la salle de bain voisine. Se laissant glisser contre la porte, il tenta de retrouver son calme, alors que la seule idée que le capitaine de la Neuvième ait pu ressentir de l'attirance pour lui ne faisait que raccourcir son souffle déjà saccadé.

Comment était-ce seulement possible ? Il n'était même pas beau, encore moins depuis que l'entièreté du Seireitei savait pour son accident. Il n'était pas désirable, pas du tout. C'était bien pour cela qu'il avait fait taire son intérêt pour la gente masculine, car il savait que personne ne voudrait d'un être atrophié et brisé. Il était faible et fragile, le contraire de ce que la plupart des gens recherchait dans un partenaire. Pourtant, la présence de l'argenté, et le fait qu'il ait pu ressentir pour lui ce qu'il s'évertuait à ne pas ressentir pour un autre lui réchauffait le cœur.

- J'ai envie de te connaître Izuru, lança l'officier supérieur de l'autre côté de la porte d'un ton captivant, et pas seulement en tant que collègue. Je veux être un ami, ou plus si tu le permets. Je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit que tu n'aies pas envie. Je veux juste apprendre à te connaître et découvrir le Izuru Kira dépeint par Shūhei mais de ton point de vue.

L'argenté se tut, alors que la respiration du blond devenait haletante. Malgré son physique presque repoussant à cause de la chirurgie, Kensei Muguruma éprouvait réellement du désir et de l'intérêt pour sa personne. Et ce n'était pas l'unique fruit de son imagination. Cela le remit aussitôt en question. Depuis combien de temps avait-il enterré sa nature profonde ? Depuis combien de temps était-il seul, de son propre chef, alors que des individus n'attendaient qu'à le connaître, l'aimer ? Pourquoi s'infligeait-il cela ? L'excuse de son corps ne lui fut plus si évidente.

Il ouvrit brusquement la porte de la salle de bain, attirant l'attention –surtout le regard– de l'autre sur sa personne. Il ne voulait plus se fermer aux autres. Il voulait vivre la vie que ses meilleurs amis lui vantaient, entouré d'un compagnon aimant à qui il offrirait le monde s'il le pouvait.

- Je- D'accord, dit-il, avant de baisser les yeux de gêne.

- Nous irons à ton rythme si tu préfères. Je ne veux rien brusquer, nous ne sommes pas pressés.

Il hocha la tête sans même la relever vers son interlocuteur. Pourtant, il fut forcé de croiser le regard envoûtant de l'argenté lorsque celui-ci posa une main sous son menton pour l'incliner dans sa direction. Il était à peine plus grand que lui, mais le blond se trouva si petit face à la prestance que dégageait son supérieur. Il était indéniablement beau et bien proportionné, musclé à souhait, avec tout de même ces petites marques intrigantes, dont son tatouage en premier lieu. Le vice-capitaine ne put s'empêcher de rougir devant la signification si licencieuse du nombre imprimé sur la peau du torse. Et cela fit sourire l'autre.

- Apprenons à nous connaître. Rien à y perdre, tout à y gagner.

Il acquiesça d'un nouveau hochement de tête.

Ils s'étaient revus le lendemain soir, buvant ensemble un verre dans un bar que le blond ne connaissait pas, sans doute pour ne pas être surpris par quiconque. Ils avaient parlé de beaucoup de choses, bien que le plus jeune soit encore gêné par l'intérêt de son aîné. Il était hésitant, bégayant parfois, mais l'argenté avait trouvé cela charmant. Cela faisait partie du personnage qu'était Izuru Kira.

Après plusieurs rendez-vous, il avait néanmoins pris de l'assurance, laissant échapper parfois des phrases dont le sens ambigu réveillait certaines choses chez l'argenté. Mais ce dernier n'avait jamais rien tenté d'autres sur le vice-capitaine, voulant que le premier contact physique vienne de l'intention du blond. Il n'avait aucune volonté à réduire à néant leurs efforts. Alors il donnait le temps nécessaire au lieutenant.

En tout, il avait fallu douze rendez-vous révolus pour faire craquer psychologiquement le cadet. À l'aube du treizième 'rencart', et cela avant même qu'ils ne prennent la direction de ce bar devenu habituel, Kira avait brusquement tiré sur le shihakusho de l'autre en ouvrant la porte de son appartement, l'attirant à lui pour poser sa bouche contre la sienne. L'argenté en avait alors profité, goûtant à nouveau ces lèvres interdites. Ce soir-là, il n'était pas allé au bar, préférant rester chez le blond. Non, ce soir-là, les deux shinigamis avaient pris le temps de découvrir le corps de l'autre, repoussant un tas de limites, savourant pleinement la présence de l'autre.

Ce jour-là avait réellement marqué l'esprit du blond. Pour la première fois, il laissait libre court à ses sentiments, ne les bâillonnant pas avec ses craintes. Cela s'était passé trois semaines avant que l'incident avec le hollow d'Hisagi ne se réalise sept mois avant l'accouchement de sa meilleure amie.

Depuis, il coulait des jours heureux avec son compagnon. Leur relation n'était plus un secret pour personne, ni même leur union prochaine. Car oui, après un an et demi de vie commune pleine de rebondissements, l'argenté avait posé genou à terre pour lui demander de l'épouser. La cérémonie devait donc avoir lieu dans moins d'une semaine, d'où le large sourire qu'arborait le blond en permanence désormais. Dans six jours, il serait marié à l'homme qu'il aimait. Dans six jours, il allait prendre le nom de son mari.

Mais pour l'heure, les préparatifs du mariage ayant pris fin sous la houlette des quatre témoins du couple, il leur restait une dernière chose à faire, et non des moindres. Et l'excitation était déjà à son comble pour le plus jeune, incapable de dissimuler son impatience aux yeux de son fiancé ou à ceux des autres shinigamis.

- Izuru, oh Izuru, t'es avec moi ?

- Oui oui Rangiku.

- Monsieur pensait déjà au mariage, roucoula-t-elle en lui donnant une tape sur l'épaule. J'en connais un qui ne va pas dormir pendant sa nuit de noces.

- Arrête ça un peu, la rabroua Hisagi.

- Excuse-nous Monsieur j'ai-pas-dormi-pendant-ma-nuit-de-noces-parce-que-mon-fils-de-deux-ans-ne-voulait-pas-nous-laisser-tranquille.

- Très drôle.

- Et toi ? l'interrogea soudainement le blond, retournant la situation à son avantage.

La rousse se tut un long moment. Que pouvait-elle dire à ce sujet ? Le brun ne lui avait toujours pas fait de demande, il n'avait même pas énoncé l'idée d'un potentiel mariage. Et de son point de vue, ce n'était certainement pas à elle de lancer le sujet. Ryō n'avait que neuf mois, peut-être attendait-il qu'il soit plus âgé pour s'unir à elle.

- Ce n'est pas à l'ordre du jour pour l'instant, déclara-t-elle, espérant clore la discussion.

- Bientôt 4 ans que vous êtes ensemble et toujours aucun mariage ?

- Bref, il me semble que nous avons un kuromontsuki* à choisir pour le futur Monsieur Muguruma.

Satisfaite de son effet, elle attrapa joyeusement le bras de son meilleur ami pour le tirer à sa suite dans le quartier commerçant du Seireitei. Abordant une première boutique, un seul tour parmi les rayons suffit à la jeune femme pour déclarer que les vêtements ne correspondraient pas au teint du blond. Ils ressortirent donc. Dans la seconde boutique, la jeune femme sélectionna trois kimonos foncés qu'elle posa entre les mains du fiancé avant de le pousser en cabine. Hélas, le résultat ne fut pas à la hauteur des attentes des trois individus.

En parcourant la grande allée marchande, le regard du blond fut alors attiré par un vêtement de cérémonie blanc exposé en vitrine, à l'opposé de ceux traditionnellement noirs. Ignorant ses deux témoins, il entra dans le petit magasin pour observer le kimono de plus près. Il fut rejoint en quelques secondes par les deux autres officiers.

- C'est celui-là que je veux, s'exclama-t-il en désignant le vêtement d'un signe de tête.

- Il est pas mal, quoiqu'un peu clair.

- Rangiku, c'est ton mariage ou le sien ?

- Quel rabat joie tu fais Shūhei ! soupira la jeune femme en se retournant pour héler le vendeur. Mon ami aimerait essayer ce kuromontsuki.

- Bien sûr, je vous le fais préparer de suite.

Le vendeur se glissa derrière la vitrine pour y saisir le vêtement et l'amener en cabine d'essayage. Il pénétra dans le petit espace contrit avec un fin sourire, certain d'avoir trouvé la tenue qu'il voulait porter pour son mariage. Ôtant son shihakusho et son hakama, il enfila le vêtement avec délicatesse, aidé du vendeur qui vint aussitôt faire quelques ajustements pour faciliter ses manœuvres. Les deux échangèrent plusieurs phrases, tandis que le vendeur le félicitait pour sa future union.

Lorsque le rideau de tissu laissa apparaître le blond, la rousse en fut subjuguée, le brun en resta bouche bée. Et ils comprirent pourquoi le choix de leur ami s'était posé sur ce vêtement plutôt qu'un autre. Le noir avait tendance à faire ressortir la pâleur de sa peau, alors que le blanc sublimait la teinte hâlée que prenait son épiderme au contact du soleil. Il ne bronzait pas comme le ferait ses meilleurs amis ou son compagnon, mais sa peau fonçait légèrement. Ainsi, au lieu de dépareiller sur le blond, le kuromontsuki blanc le magnifiait.

- T'es sexy là-dedans ! ne put retenir la jeune mère d'un ton railleur. Kensei ne va faire qu'une bouchée de ton corps.

- Il te va bien.

- Shūhei, l'avare de compliment.

- Rangiku, grinça-t-il entre les dents, tu voudrais que je dise quoi ? Qu'il est beau, resplendissant, éblouissant ?

- Ouais, c'est un bon début, ricana-t-elle.

Tout autant qu'ils étaient à l'examiner et l'aduler, ils n'avaient même pas remarqué les larmes qui pointaient aux coins des yeux du blond alors qu'il s'admirait dans le miroir. Il n'avait plus aucun doute, c'était celui-ci et pas un autre. Il sourit, heureux.

Décidé, il retourna en cabine pour se revêtir. Revenant auprès de ses amis, chassant les larmes récalcitrantes, la rousse vint le prendre dans ses bras, fière de lui et de ce qu'il était devenu. Le brun les rejoignit dans l'étreinte. Au passage en caisse, le blond n'eut pas le temps de sortir son porte-monnaie que la somme demandée était déjà réglée. « C'est notre cadeau de mariage. » avait dit le vizard dans un doux rictus, approuvé par la rousse. Il les avait longuement remerciés sur le chemin du retour.


*kuromontsuki : tenu de cérémonie, principalement de mariage, utilisé par le marié au Japon (époque féodal comme aujourd'hui).


Rendez-vous au chapitre suivant.

MariieFBLM