Disclaimer : se référer au chapitre précédent
Comment la vie d'Izuru Kira a basculé, part 2 / 4
Byakuya Kuchiki laissa échapper un soupir. Ce dossier sur lequel il travaillait depuis plus de dix minutes n'était qu'un ramassis d'idioties manuscrites. Depuis quand la Sixième division devait traiter les affaires internes caractéristiques à remaniement ? Il était plutôt du ressort de la Première division de s'occuper de ce genre de choses, surtout avec l'importance qu'elles incombaient. Il repoussa le dossier sur un coin de son bureau, décidant qu'il irait le remettre aux mains du Commandant un peu plus tard. Ce n'était pas à lui de faire le messager, mais il était devenu clair que le messager en question s'était trompé dans son office.
Renji entra dans son bureau quelques instants après, se massant la nuque d'une main. Le brun l'observa à la dérobé, amusé. Il savait de quoi il en résultait. Rukia attentait un deuxième enfant. Et Rukia, lorsqu'elle était enceinte, devenait littéralement un démon, exigeant l'impossible à tout moment de la journée. En un sens, il savait pourquoi elle se comportait ainsi, et elle n'était pas du tout dicté par ses hormones. Elle lui reprochait son attente. Renji refusait de la prendre pour épouse. Les raisons n'étaient pas toutes évidentes pour le noble, mais visiblement, cela ne satisfaisait point sa compagne.
Un soupir lui échappa. Il en était de même pour lui, à ceci près qu'il ne refuserait pas de se marier à Rangiku Matsumoto. Il préférait que Ryō soit plus âgé, qu'il puisse comprendre l'amour qui liait ses parents pour participer à l'union sans imposer les complications d'un enfant. Il comptait bien lui faire sa demande un jour, mais il n'avait pas prévu de le faire maintenant, pas avant deux ou trois années. Heureusement, la rousse avait saisi cela et ne mettait pas le sujet sur le tapis comme pouvait le faire sa sœur avec le rouge.
Il attrapa un nouveau dossier pour faire bonne figure et ignora les actions de son second qui ressortit de la pièce sans explications. Il avait assez à faire avec ses propres affaires pour se préoccuper de celles de son beau-frère. La famille allait s'agrandir, et alors ? C'était semble-t-il la période au Gotei.
Isane Kotetsu venait d'accoucher d'une petite fille qu'elle avait décidé, d'un commun accord avec le père et brute en chef du Seireitei, d'appeler Yachiru. Le Capitaine Soifon attendait son deuxième enfant, un garçon, comme le premier. Seikū en était d'ailleurs très ravi, criant sur tous les toits de la Soul Society qu'il allait être grand frère. Et Momo Hinamori, qui avait finalement mis la main sur Kotarô Ryuji, attendait elle aussi un heureux évènement. Ironie du sort, elle allait donner naissance à la petite-fille de son ancien capitaine et traître.
- Comment ça va Byakuya, depuis le temps ? l'apostropha une voix qu'il reconnut sans même lever les yeux de son dossier.
- Ichigo Kurosaki, que fais-tu ici ?
- Sors un peu de ton bureau, le mariage de Kensei et Kira a lieu dans moins de deux heures au cas où tu l'ais oublié.
- Je ne l'ai pas oublié, mais cela n'explique pas ta présence ici, devant ma personne, insista le brun en paraphant un document.
- Oh, trois fois rien. J'-
- Tu peux donc repartir d'où tu viens.
- Bonhomme, souffla-t-il au précieux fardeau qu'il tenait dans ses bras, je crois que Papa ne veut pas te voir.
Byakuya eut tôt fait de relever les yeux vers l'énergumène. Il dévisagea le roux d'un air peu amène. Que faisait le shinigami suppléant avec son fils dans les bras ? Plus important, pourquoi son fils n'était pas en compagnie de Kohana au domaine Kuchiki ?
- T'énerve pas, je l'ai juste kidnappé à sa nourrice.
- Kidnappé ? répéta le brun. Veux-tu mourir ?
- Tu n'y parviendrais pas même si tu essayais, plaisanta l'autre.
Le noble considéra un instant les propos de son cadet. Certes il était puissant, certes il avait sauvé la Soul Society par deux fois, mais cela ne faisait pas de lui un homme invincible. Au moins devait-il reconnaître que son fils ne risquait rien avec lui, à part peut-être attraper son idiotie. Ryō était encore trop petit pour saisir les relations qu'avaient les adultes entre eux. Et le brun préfèrerait s'arracher la langue que d'admettre qu'il considérait le roux comme un ami. Mais s'il n'avait pas le choix, il confierait son fils à l'hybride sans hésiter.
- Bon, on va te laisser.
- Kurosaki, pas de bêtises.
- Je suis pas Renji moi !
Le noble préféra ne rien ajouter, alors que c'était justement ceci qui l'inquiétait le plus. Il n'était pas le rouge, et il aimait se mêler des affaires d'absolument tout le monde.
Le petit garçon gazouilla d'amusement au regard que porta son père sur eux, ce qui ne manqua pas de lui tirer un faible rictus. Ichigo le trouvait adorable. Il était très curieux. Combien de fois s'était-il contorsionné dans ses bras sur le chemin de l'aller pour observer un shinigami, ou un papillon de l'enfer voleter tout près ? Plusieurs fois il avait manqué de s'échapper de sa poigne par ses mouvement incontrôlés et imprévisibles, alors qu'il n'avait même pas soufflé sa première bougie. Il était si fougueux que le roux imagina bien le père apprendre le shunpo à son fils d'ici quelques années et en finir marteau de le voir courir partout.
Agitant la main devant lui, espérant voir l'enfant reproduire le mouvement, il s'éloigna pour laisser le noble à son travail. Quittant la division pour retrouver le grand air, il fut rapidement rejoint par Kazui et Ichika qui regardaient le nourrisson avec fascination. Le plus jeune se mit à poser un grand nombre de questions à son père sur son enfance auquel le roux répondait dans un grand rire moqueur, rappelant qu'il avait été intenable et inventif quand il était l'heure de faire des bêtises. Il en rougit de gêne, gonflant les joues. Son père n'hésitait jamais à lui mettre la honte, surtout devant la rouge.
Les deux jeunes shinigamis s'évanouirent dans la nature, le laissant de nouveau seul avec Ryō. Le roux prit donc la direction de la division voisine pour en saluer les officiers. Comme de coutume, le capitaine de la Cinquième division l'ignora volontairement. Hinamori, dont le ventre commençait à prendre de l'ampleur, lui proposa un thé qu'il déclina poliment, ne voulant pas lui prendre du temps. Taquin, il lança une moquerie au blond qui ne la releva pas.
- T'es mal embouché Shinji, soupira-t-il de déception
- Je crois que le Capitaine fait une dépression, lui glissa la brune en caressant la main libre du petit garçon.
- Une dépression ?
- Des familles se forment autour de lui, s'unissent, s'agrandissent, alors que lui reste désespérément seul. Le Capitaine n'arrive pas à trouver l'amour alors il jalouse les couples qu'il croise dans le Seireitei.
- Je t'entends Momo, grommela le principal concerné.
Le blond n'aimait pas que l'on parle de lui ainsi, alors qu'il se trouvait à quelques mètres d'eux. Mais ce qu'il détestait par-dessus tout, c'était qu'on se mêle du désert sentimental qu'était sa vie. Alors il le fit bien savoir en libérant une quantité assez conséquente de reiatsu pour faire fuir l'opportun et clouer le bec à sa seconde. Cette dernière compris aussitôt le message, mais l'information mit un peu plus de temps à être déchiffrée par le cerveau du roux. Plus surprenant, le petit garçon ne semblait pas être dérangé ni même affecté par la pression spirituelle du vizard.
Soupirant, le roux décida de s'en aller pour laisser le blond tranquille, s'excusant auprès de la jeune femme enceinte pour le dérangement. Passant en coup de vent pour féliciter les jeunes parents à l'hôpital, il fut sidéré de voir de la tendresse dans le regard si flippant du sanguinaire capitaine de la Onzième. Il avait pourtant souvenir qu'Isane l'avait détesté un long moment pour avoir tué son mentor. Comme quoi, la vie apportait son lot de surprises. Dans un dernier sourire, il finit son petit tour par la Troisième division. Il voulait voir le futur marié avant l'union.
- Izuru, tu as de la visite, l'avertit le brun tatoué en le voyant entrer dans la pièce. Toi aussi Rangiku.
La rousse se retourna, intriguée, avant de se jeter sur le shinigami remplaçant, l'enlaçant prestement avant de lui arracher le petit garçon des bras.
- Alors, prêt pour le grand saut ?
- Je suis mort de peur oui ! couina-t-il en se massant la nuque.
Le roux ricana, mêlant compassion et encouragement au ton de sa voix. Il savait que le blond n'avait rien à craindre. Kensei allait assumer, et s'il hésitait, Ichigo irait personnellement lui remettre les idées en place. Ils étaient faits l'un pour l'autre, l'hybride en était désormais persuadé. Jamais l'argenté n'irait abandonner son fiancé au pied de l'autel, pas après tout le mal qu'il s'était donné pour se faire aimer de l'autre.
- Je te laisse aux mains de tes témoins l'esprit tranquille.
Le blond lui offrit un fin sourire avant que le roux ne ressorte, délesté de son compagnon de route. Il prit le temps de rentrer à la Treizième division où Rukia leur avait poliment offert l'hospitalité. Il devait se préparer, et apprêter le garnement qui lui faisait office de fils. Ce n'était pas tous les jours que l'on assistait à de telles festivités à la Soul Society.
Et la cérémonie s'était déroulée comme les deux mariés l'avaient tant espéré. L'amour avait était présent durant toute l'officie, tout comme l'effervescence et les cris de joies des invités. Une première partie solennelle s'était tenue dans le bureau du Commandant, qui avait présidé l'engagement de ses deux officiers. Ensuite, ils s'étaient tous retrouvés dans la grande salle de réunion de la Première division, transformée en salle de bal pour l'occasion.
La musique battait son plein, alors que les deux époux se faisaient assaillir de toutes parts pour recevoir les congratulations de l'ensemble du Seireitei. Ils ne soufflèrent pas une seule minute, s'abreuvant de petits fours et de champagne qu'ils étaient parvenus à faire venir du Monde des humains. Ils avaient dansé, et bu. Et cela se voyait sur certains visages, dont celui de Rangiku Matsumoto qui, malgré la promesse faite à son compagnon, n'avait pas résisté à la tentation des bulles, vidant sa flûte d'une traite durant le discours des deux époux. Certes elle était l'un de leurs témoins, mais elle se devait de conserver un peu de tenu pour ne pas entacher leurs réputations. Peine perdue.
Byakuya l'amena à s'asseoir pour éviter la catastrophe, jetant un coup d'œil dans la foule pour repérer Ryō dans les bras de sa marraine avant de se diriger vers la pièce attenante ou se trouvait un point d'eau. La rousse avait grand besoin d'un verre d'un liquide ne comportant aucun alcool que ce soit. Slalomant avec grâce, il ouvrit finalement la porte se trouvant au fond de la pièce, pour s'immobiliser sur le seuil. La porte se referma derrière lui contre sa volonté. Une scène étrange avait lieu devant lui.
Un Shinji Hirako se faisait maintenir contre le mur de gauche par une Lisa Yadomaru n'ayant visiblement aucune retenue, alors qu'ils s'embrassaient à en perdre haleine, ignorant la présence du noble. Un brin de lucidité passa dans les yeux du blond lorsqu'ils croisèrent ceux anthracite de son homologue. Il repoussa violemment la brune.
- Byakuya, c'est pas ce que tu crois !
- C'est pas ce qu'il croit ? s'étonna amèrement la vizard en le dévisageant, désignant l'autre d'un vague geste de la main. Mais c'est exactement ce qu'il croit Shinji. Tu m'as fait du rentre dedans pendant toute la cérémonie putain ! Ton genou frôlant le mien je l'ai pas inventé, ni ton pied contre le mien.
- Tu… tu te méprends Lisa, souffla le blond en baissant les yeux, comprenant son erreur.
Elle le gifla, avant de sortir de la pièce précipitamment, le noble s'écartant sur son passage. Le vizard resta figé contre le mur, le visage incliné vers la droite, alors que l'une de ses mains venait tâter sa joue du bout des doigts.
- Elle était là depuis le début, mais tu t'es obstiné à regarder ailleurs, lui dicta le brun dans le silence, se remémorant leur discussion dans le couloir de l'hôpital. Tu as tout détruit Shinji Hirako, et c'est entièrement ta faute. Rattrape-là si tu as un peu de jugeote.
Sur ces sages paroles, le noble s'avança pour se servir un verre d'eau, avant de ressortir sans un regard vers son collègue. Cela ne le regardait pas tant, mais si le blond s'était permis de s'immiscer dans sa relation alors qu'il était au plus bas, pourquoi ne pourrait-il pas en faire autant ?
L'ambiance dans la grande salle s'était tant apaisée qu'il crut un instant que la soirée arrivait à son terme et que les invités s'en retournaient chez eux. Mais il n'en était rien. Ce n'était pas ça. Les invités étaient encore tous présents mais ils étaient comme figés dans une seule direction, celle de la sortie. Bousculant un peu pour comprendre le pourquoi de ce silence presque malaisant, il s'arrêta lui aussi, les doigts crispés sur le verre. Il porta aussitôt une main à Senbonzakura, rassuré d'avoir emmené son zanpakuto avec lui, malgré les protestations de sa compagne.
- Que fais-tu ici Aizen ?
- Kyoraku, voyons, trois clés m'ont suffi la dernière fois, laissa entendre le traître en faisant un pas dans la pièce. En dix ans, j'ai eu le temps d'en comprendre les mécanismes et de me débarrasser intégralement du sceau. Pourquoi n'ai-je pas été invité à la petite fête ?
- Va te faire foutre Aizen, cracha Kensei en serrant la main de son mari.
- Mes félicitations à vous deux.
Le sourire qu'il arbora alors en fit frémir plus d'un. Pour exemple, Shūhei Hisagi se mit à trembler, mais tous surent qu'il était simplement question de sa proximité avec le Hogyoku. Toshirô Hitsugaya, au même titre que tous les parents présents dans la pièce, avait discrètement glissé son fils derrière lui pour le protéger du moindre mouvement incriminant du traître. Rangiku Matsumoto quant à elle, serrait fortement Ryō contre elle, incapable de faire un geste tant elle était proche du brun, d'autant plus lorsqu'il se tourna vers elle, faisant un pas en sa direction.
- N'essaye même pas de les toucher, le prévint Soifon, alors qu'il ignorait ses mises en garde.
- Il me semble que l'on t'a conseillé de ne plus faire un pas, résonna alors la voix du noble qui fendit la foule en dégainant.
- Et que vas-tu faire, Byakuya Kuchiki ? Je ne compte pas tuer une mère et son fils devant assemblée.
- Touche à mon fils et j'égorge le tien.
Il savait qu'il avait retenu son attention. Hinamori en sursauta, s'accrochant au bras de son compagnon avec force et panique. La menace en était belle et bien une. Le brun n'hésiterait pas un instant à tuer le quatrième siège de la Dixième division si son fils était en danger. Le traître finit par lever les mains en signe de reddition, s'éloignant de la rousse et du joug du zanpakuto du capitaine de la Sixième.
- Je vois que la paix réussit à tout le monde, souffla l'ancien capitaine en passant une main dans ses cheveux. Byakuya Kuchiki et Rangiku Matsumoto, quelle étrange association.
- Ton opinion importe peu Aizen, grinça le blanc, sa main toujours accrochée à la tsuka de Hyorinmaru.
- Ça suffit maintenant ! gronda Izuru en montant sur une chaise pour surplomber l'assemblée, lassé de ces joutes verbales. Aizen tu la fermes et tu restes dans ton coin ! Ta présence ne va pas gâcher mon mariage. Remettez la musique et oubliez-le.
- Shunsui, occupe t'en, c'est ton erreur, suggéra l'argenté en appuyant les propos de son mari.
Le Commandant acquiesça, s'approchant du traître pour se fondre dans son ombre, compromettant le moindre de ses mouvements, alors que la musique reprenait peu à peu ses droits. Malheureusement, bien malgré les demandes des deux époux, la méfiance resta au-dessus de chaque shinigami. La menace restait trop grande pour être complètement écartée des esprits.
Les visages se détendirent doucement au gré de la soirée, sans doute grâce à la boisson. Byakuya ne quittait pas sa famille d'une semelle, quand bien même son fils voguait de bras en bras dans la foule. Jamais il ne laisserait le traître s'approcher de nouveau de Rangiku ou Ryō. Et il n'en fut rien. Pourtant, avec tous ces individus présents, il aurait dû se douter qu'à un moment où un autre, quelqu'un l'aurait abordé pour une raison quelconque et inutile. Et cela ne manqua pas.
- Je peux t'aider mon garçon ? demanda le traître en s'inclinant vers lui.
- Maman vous a décrit différemment. Plus grand et plus effrayant. Vous faîtes pas si vieux que ça. Maman a dû vous confondre avec un autre. Parrain, l'appela le jeune garçon en levant les yeux vers Kyoraku, c'est vraiment lui le Sosuke Aizen que tu veux-
- Oui, répondit le Commandant dans un soupir pour ne pas le laisser finir sa phrase, tandis que le brun l'observait, curieux des propos tenus par leur cadet.
- Que tu veux quoi ?
Il n'obtint jamais de réponse, l'adolescent se faisant tirer en arrière par sa sœur. Et s'il aurait pu espérer une réponse de la part du plus jeune, il n'en serait jamais rien pour le plus âgé. Shunsui Kyoraku n'était pas dupe, il ne tomberait pas dans un piège si bas. Il préféra serrer le poing, ennuyé, et tirer à son tour sur le bras du traître pour le conduire au bar installé au fond de la pièce pour y prendre un verre. Il commanda deux sakés, avant de se tourner vers l'assemblée dansante.
- Profite bien de ta soirée, tu retournes en cellule dès ce soir, l'avertit le borgne en avalant une gorgée du verre tout juste servi.
- Tu ne retiens pas les leçons, Commandant. Tu ne peux plus me sceller.
- Qui a parlé de te sceller ? J'apprends de mes erreurs, contrairement à toi.
- Et que vas-tu faire alors ? s'enquit l'ancien capitaine dans un sourire de connivence. Car je doute que tu puisses me garder sous surveillance plus de deux minutes.
- Tu penses sans doute me connaître Sosuke, tu risques d'être surpris. Tu n'as pas de zanpakuto, tes illusions ne berneront plus personne. Je sais exactement ce à quoi tu aspires, et il n'est nullement question de domination des mondes.
Le traître esquissa un nouveau sourire en portant son verre à ses lèvres. Il manqua de s'étrangler au contact de la surface froide. Le noble venait littéralement de plaquer sa main sur son entrejambe, tâtonnant lentement sans même un regard vers l'autre. Il ne reçut qu'un grondement en réponse, alors que la main se faisait déloger brusquement. Le borgne étira ses lèvres en un large sourire, satisfait de son effet et des doutes qu'il venait d'insinuer dans l'esprit de son cadet. Il se pencha alors vers son oreille.
- Tu n'es qu'un homme Sosuke.
- Et tu penses que je me soumettrais à toi ? maugréa l'ancien capitaine d'une voix plus profonde.
- Tu l'as déjà fait avec Kensei, pourquoi pas avec moi ?
Le traître ricana d'amusement. Le noble le pensait-il encore influençable ? S'il avait bien retenu une leçon en un siècle d'existence, c'était bien celle-ci. Il n'était pas un homme facilement guidé par ses désirs, il était l'homme qui influençait son petit peuple pour ses propres désirs. Il était un homme de contrôle, et non un homme d'allégeance. Si Shunsui Kyoraku tentait de faire de lui un docile personnage, il se mettait le doigt dans l'œil. Il était question de fierté ici. Jamais il ne s'abaisserait à obéir en de telles circonstances au noble.
De nouveau, et contre sa volonté, la large main retrouva sa place sur son aine, constatant avec complaisance qu'un renflement déformait désormais le vêtement du traître. Le sourire du noble s'élargit davantage. Il n'avait pourtant exercé qu'une faible pression au toucher précédent, comme une menace potentielle, mais obtenir une réaction avec si peu signifier son plein triomphe. Un grognement lui fit bien comprendre le mécontentement de son compère.
Le noble se redressa soudainement, retirant sa main, avant de saisir le poignet du traître pour le tirer à sa suite. L'autre fut bien contraint de le suivre, gêné dans ses mouvements par ce début d'érection, mais aussi parce que le Commandant employait une force insoupçonnée pour ne pas le perdre dans la foule. Ils parvinrent rapidement à la sortie, quittant la grande salle sans en avertir les deux hôtes. Le cadet fut conduit quelque part, assez inquiet de la tournure des évènements. S'il s'était échappé de sa cellule, ce n'était pas pour finir enfermé dans une autre pièce, avec Shunsui Kyoraku pour gardien. Il opposa donc un peu de résistance.
- Où m'emmènes-tu ? demanda-t-il, espérant que la réponse à la question n'était pas celle qu'il avait en tête.
- Tu ne l'as pas deviné ? se retourna alors le noble, sans lâcher sa prise sur son poignet. Tu me déçois un peu, toi qui avais constamment un coup d'avance sur nous.
- Tu comptes me… baiser ?
- Ouais, c'est à peu près l'idée.
- Es-tu devenu fou ?
- Je l'ai toujours été Sosuke. Je te l'ai dit, tu pensais me connaître. Mais tu ignores tout de moi, de ce dont je suis capable.
Un long soupir s'échappa des lèvres du traître, alors qu'il passait une main dans sa chevelure parfaitement coiffée. Comment aurait-il pu concevoir le fait que le Commandant avait ce genre de pensées à son égard ? Pour le marié du jour, il lui en avait déjà fait part il y avait un siècle de cela, alors qu'ils avaient passé quelques semaines fougueuses ensemble, mais pour Shunsui Kyoraku, comment aurait-il pu le deviner ? De tous les capitaines de l'époque, il avait été le plus difficile à cerner. Il avait aisément deviné que son masque souriant n'était qu'une façade, mais l'utiliser pour cacher un tel démon, il en était abasourdi.
Ça vous plait ? Hope so.
MariieFBLM
