Disclaimer : se référer au premier chapitre


Comment la vie d'Izuru Kira a basculé, part 4 / 4

Un petit quart d'heure après son entrevue avec son supérieur, ce dernier osa enfin pointer le bout de son nez à la réunion, s'excusant encore pour son retard en avançant, une fois n'est pas coutume, une panne de réveil. Ses homologues le fixaient avec désintérêt, lassés du comportement irrationnel du Commandant. Pourtant, certains se souvenaient parfaitement que, lorsqu'il était à la tête de la Huitième, il n'était jamais en retard aux réunions de capitaines. Yamamoto ne l'aurait jamais toléré. Visiblement, il y avait du laisser-aller.

- Bien, avant toute chose, je dois m'excuser. Je vous ai tous menti hier soir. Je n'ai pas raccompagné Sosuke jusqu'à sa cellule. Il a passé la nuit avec moi.

- Pardon ? laissa entendre un Shinji atterré.

- Mais vous êtes inconscient ! explosa Soifon avec hargne.

- Tu l'as baisé ?

- KENSEI !

- Quoi Rose ? J'posais juste la question. Moi aussi je l'ai déjà baisé.

La soudaine déclaration de l'argenté jeta un froid dans l'assemblée. Pourtant, Shinji, tout comme le Commandant, pouvait attester de la véracité de ses propos. Ça s'était déroulait plus d'une centaine d'années en arrière, mais ça avait bien eu lieu. Le plus surpris fut sans doute le neveu du traître, abasourdi par la nouvelle, alors qu'il fixait tour à tour Muguruma et Kyoraku. Jamais il ne se serait douté d'une telle chose. Rares étaient les personnes se vantant d'avoir couché avec une autre personne, un traître qui plus est.

- Attendez, je ne comprends pas, intervint Rukia, encore perdue par ces révélations pour le moins surprenantes, pourquoi l'avoir ramené chez vous plutôt que dans sa cellule ?

- Bah, parce qu'il essayait de se le faire, ricana Kenpachi pour répondre à la place du borgne. Kuchiki, suis un peu.

- Est-ce vrai, Commandant ? voulut vérifier Byakuya.

- Oui et non. Je vous dois la vérité, inspira-t-il, passant une main incertaine sur sa nuque tout en réfléchissant aux bons termes à employer. Ça fait plus d'un siècle que j'éprouve des sentiments pour Sosuke qui dépassent le cadre d'une banale amitié. Personne n'en a jamais rien su, pas même Jushirô. J'ai vécu toutes ses années avec une image bien précise de sa personne. J'ai ressenti des choses qui n'auraient pas dû m'affecter autant. Mais c'est un fait, et je ne peux rien y faire. Vous pouvez me juger si ça vous permet de m'estimer différemment, les invita-t-il d'un signe de tête. Mais vos opinions n'y changeront rien. Alors oui, Byakuya, j'aurais aimé partager plus qu'une nuit de sommeil avec lui, mais non Kensei, je ne l'ai pas baisé. J'ai tout gâché, comme je le fais toujours.

Un long silence s'abattit dans la pièce, alors que chacun prenait enfin conscience des propos du Commandant. Shunsui Kyoraku était amoureux de Sosuke Aizen, et ça ne datait pas de la veille. Byakuya en était surpris, mais ne comprenait pas le comportement de leur supérieur. Personne n'avait jamais rien remarqué sur ses sentiments, mais pourquoi alors le borgne n'avait-il rien fait durant tout ce temps ? Pourquoi avait-il étouffé son attirance, ou tout du moins l'avait-il tenue secrète ? Ça n'avait pas de sens.

- Maintenant, il faut décider de ce qu'il va devenir.

- Il doit encore passer 19 984 ans dans le Muken, dicta platement le capitaine de la Deuxième division.

- Tu te portes garant ? intercéda le génie de la Dixième à l'attention de Kyoraku. Car je ne veux pas regretter ma décision. Je hais Sosuke autant qu'il est possible d'haïr quelqu'un.

- Vous n'envisagez pas-

- Une liberté conditionnelle n'est-ce pas ? coupa le scientifique dans un étrange sourire. Et de quelle manière comptez-vous vous y prendre pour le garder à l'œil ?

- Le sceau du Roi, invoqua alors le noble Kuchiki, créant un murmure dans l'assemblée.

- Arracher une partie de son âme pour la confier à un autre, c'est assez trivial non ?

- Nous n'avons pas de solutions plus efficaces Shinji, décréta son voisin de droite. Aizen est trop dangereux.

Shunsui les écoutait sans intervenir. Qu'ils aient d'eux-mêmes évoqué la possibilité d'une conditionnelle pour le traître, il ne l'aurait jamais espéré. Il ne devait pas compromettre les minces chances qu'il détenait encore d'être auprès de celui qu'il aimait. Il se plierait à leurs quatre volontés s'il le fallait pour obtenir cette liberté conditionnelle. Il subirait ce sceau du roi si c'était son dernier recours.

- J'en prends l'entière responsabilité, affirma le Commandant d'une voix brut où nulle trace de doute ne résidait.

- Es-tu sûr de vouloir prendre ce risque ? insista l'argenté en s'avançant vers lui d'un pas inquiet. Shunsui, comprends-nous, au moindre faux pas, c'est toi qui seras exécuté.

- J'en suis certain. J'ai confiance en lui.

- Bien, cette décision doit être prise à l'unanimité. Qui vote pour ?

La question posée par le Capitaine Kotetsu déciderait de l'avenir potentiel de la relation entre le borgne et sa Némésis. Plusieurs mains se levèrent, dont celles des quatre vizards, ainsi que celles d'Isane, de Kenpachi, de Mayuri et de Toshirô. Rukia prit quelques secondes supplémentaires pour donner sa décision, tout comme son frère. Iba préféra se ranger à la majorité, car si ses collègues ayant le plus d'expérience pariaient ainsi sur l'avenir, il ne pouvait que suivre la mise.

La plus réticente fut évidemment Soifon. Jamais elle n'avait accordé de crédit à Sosuke Aizen. Jamais elle n'avait toléré l'insubordination ou la traîtrise. Lui demander d'approuver cette décision revenait à lui exiger d'aller contre son éthique. Elle serra le poing, alors que les regards des douze autres capitaines étaient rivés sur elle, dans l'attente de son verdict. Les clés d'un avenir parsemé d'embûches reposaient entre ses mains. À elle de les utiliser de la meilleure manière possible.

- Très bien, consentit la jeune femme en caressant distraitement son ventre arrondi. Mais au moindre faux pas, je me chargerais personnellement de ton exécution Commandant Kyoraku.

- Vendu ! répondit la brute à la place du concerné. On peut s'barrer maintenant ?

Le borgne demanda à sa collègue médecin de passer le voir ensuite, sans doute pour échanger sur les modalités et l'état de santé des deux parties au moment de l'application du sceau. Puis, un faible sourire naquit sur ses lèvres, alors qu'il regardait ses camarades quitter la pièce. Même dans ses rêves les plus élaborés, il n'avait jamais espéré voir sa vie enchaînée à celle du traître. En quelques sortes, il s'agirait d'une alliance dont l'unique finalité serait de s'assurer que l'ancien capitaine saurait être utile au Gotei malgré ses actes passés. Mais les conséquences n'étaient pas négligeables, il jouait sa vie contre la confiance de l'être aimé. Il était définitivement devenu fou.

Il devait l'annoncer au renégat mais il doutait encore de sa réaction suite aux évènements de la veille. Il regagna donc ses appartements le cœur un peu plus léger. Car, à n'en pas douter, malgré les réminiscences d'une 'dispute' allant contre lui, le borgne avait passé une excellente nuit, heureux de se réveiller au petit matin avec le brun dans ses bras, blottis contre son torse. L'étreinte n'avait pas été volontaire, mais elle avait réchauffé le Commandant. Alors, comment pourrait-il être accueilli ?

Lorsqu'il pénétra dans sa chambre, la pénombre y régnait encore. La porte fut le seul point de lumière qui éclaira la pièce, laissant apercevoir le traître allongé et enroulé dans les draps, visiblement encore endormi. Comment pourrait-il lui reprocher de vouloir profiter de son sommeil ? Cela faisait plus de seize ans qu'il n'avait pas passé une nuit dans le confort d'un lit.

Le borgne s'approcha lentement, émerveillé par la vision que lui offrait l'homme. Il vint s'asseoir sur le bord du matelas, le visage tourné vers le sien, résistant à l'envie de lui flatter les cheveux désordonnés. Il remarqua bien que ses yeux venaient de s'ouvrir, puis de se refermer, mais il ne dit rien, attendant que l'autre émette un son pour lui parler. Il n'en fut rien pendant cinq petites minutes, et le Commandant crut donc qu'il s'était rendormi. Mais lorsqu'il se retourna soudainement dans les draps, lui présentant son dos, l'officier en eût un pincement au cœur.

- Je t'en prie Sosuke, ne m'ignores pas. Je- J'ai besoin de toi.

- Tu as très bien survécu sans moi jusqu'à aujourd'hui, grinça amèrement la voix éraillée du traître.

- Pourquoi tu ne veux pas comprendre ce que je ressens ? Ça fait plus d'un siècle que ça me ronge de l'intérieur, ne m'empêche pas-

- Pourquoi ne m'avoir rien dit alors ? protesta l'autre en se redressant contre la tête de lit. Je n'ai peut-être pas de cœur mais j'aurais pu saisir.

- J'avais peur, soupira-t-il en baissant les yeux vers ses mains. Sosuke, tu étais libre de vivre ta vie comme bon te semblait, alors que moi, je devais régir la mienne selon les codes de mon clan. L'homosexualité était mal vue au sein de la noblesse. Si cela venait à être su, je ne voulais pas prendre le risque de t'exposer. Tu ne méritais pas de souffrir par ma faute.

- Aujourd'hui non plus. Mais tu l'as fait. Tu m'as humilié, tu m'as blessé, tu as détruit ma fierté. À quel moment un homme ferait subir ce genre de chose à celui qu'il aime ? Réponds-moi Shunsui, à quel moment un homme fait souffrir celui qu'il aime ?

Le noble ne savait que répondre. Il avait été en tort, il lui avait fait énormément de mal sans même le vouloir, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. Mais il voulait se faire pardonner, il voulait passer du temps avec l'homme dont il était amoureux, peu importe le temps que ça prendrait. Il avait besoin de lui, pour remonter la pente, pour retrouver goût à la vie. Depuis la disparition de son meilleur ami, il n'avait plus personne à qui se confier, avec qui il pouvait être lui-même sans être jugé. Il voulait que Sosuke devienne cette personne, mais le brun ne voudrait certainement pas l'être.

- J'ai besoin d'être seul pour digérer tout ça. Ramène-moi dans ma cellule maintenant.

- Tu n'y retourneras pas, lui annonça-t-il d'une voix redevenue sérieuse. L'assemblée des capitaines a décidé de t'offrir une conditionnelle.

- Une conditionnelle ? Soifon et Hitsugaya ont vraiment accepté cela ? ironisa le renégat dans un sourire amusé. Et comment comptent-ils me tenir en laisse ?

- Le sceau du Roi. Ils vont lier ton âme à la mienne. Au moindre incident, je serais exécuté, et toi aussi par la même occasion.

L'ancien capitaine encaissa l'information en silence. Enchaîner sa vie à celle du Commandant ? Les capitaines du Gotei avaient-ils perdu l'esprit ? Ils prendraient réellement le risque de perdre leur meilleur élément pour lui permettre de vivre à la lumière du jour ? Non, il y avait quelque chose d'autre, il ne pouvait en être autrement. Les plus hauts officiers ne pouvaient pas avoir accepté cette simple demande ayant autant de conséquences pour le seul bonheur de leur supérieur.

Aizen se leva finalement, disparaissant dans la pièce voisine.

Il l'ignora pendant un long moment, plusieurs semaines durant. Le traître ne semblait pas accepter cette situation. Pourtant, dès le lendemain de l'annonce, le Corps des Nécromanciens avait procédé à l'application du sceau sans même en avertir les deux parties. Désormais, ils étaient tous deux liés, pour le plus grand malheur de l'un, et la détresse de l'autre. Car Kyoraku faisait peine à voir, le visage cerné et fatigué, à des années du Commandant souriant que tous connaissaient.

Le renégat ne lui accordait pas l'ombre d'un regard autre que ceux de coutume. Il ne lui adressait pas la parole, changeait de direction à son approche, allant même jusqu'à quitter une pièce lorsque le borgne entrait dans celle-ci. Ce petit jeu durait depuis plus d'un mois maintenant, et commençait à en agacer plusieurs. Pourquoi Sosuke Aizen se comportait-il ainsi en présence de Shunsui Kyoraku ? Beaucoup savait que ce dernier n'était pas un grand homme de réflexion, encore moins lorsqu'il était question de son cœur, mais qu'avait-il pu faire pour subir telles représailles ?

L'ancien capitaine de la Cinquième avait été confié à la Dixième, ce que Toshirô Hitsugaya avait moyennement apprécié. Ses jumeaux passaient la moitié de leur temps à la division, et savoir que le traître se trouvait à quelques pas d'eux ne le rassurait pas. Il y avait aussi Matsumoto. Elle était encore fragilisée de la perte d'Ichimaru, et son bourreau travaillait désormais dans sa division. Son compagnon était peut-être une solide épaule sur laquelle elle pouvait se reposer, elle n'était pas certaine de rester droite et insensible devant l'individu. Et puis il y avait son fils, Kotarô, qui devait vivre avec la présence quotidienne de son père sur son lieu de travail.

Il n'avait aucun siège au sein de la Dixième, ne touchait à aucun dossier et ne pouvait pas assurer d'entraînements. Il était en somme un poids mort pour la division. Mais le capitaine lui avait finalement trouvé une utilité. Ainsi donc, il était devenu la passerelle, ou plus communément, le shinigami transmettant les informations aux autres divisions. Il était le messager de la Dixième division. Ce qui, de par sa nouvelle fonction, lui octroyait davantage de liberté dans le Seireitei. Son périmètre de déplacement s'était vu élargi pour la bonne réalisation de ses missions.

En rentrant de l'un de ses déplacements à la Quatrième, il essuya un nouvel échec face à son fils. Celui-ci refusait un échange avec sa personne pour cet unique prétexte : il était son père par le sang, mais l'autre ne voudrait jamais le reconnaître comme tel.

- Tu comptes m'ignorer encore longtemps ? s'enquit le brun en voyant son fils partir dans l'autre direction.

- Et toi ? grinça alors le jeune homme en se retournant, approchant lentement. Tu comptes l'ignorer encore longtemps ? Ouvre les yeux putains ! Le Commandant t'a fait quelque chose, tout le monde s'en doute, mais tu crois qu'il a le droit d'être traité comme un moins que rien parce qu'il a fait une erreur ?

- Tu ne sais pas ce qu'il a fait.

- Tu as fait des choses bien pires et il ne t'en tient pas rigueur.

- Il a failli me violer Kotarô ! gronda finalement le renégat. Tu comprends ce que ça veut dire ? Tu crois que j'ai mérité ça ? Je suis peut-être un monstre aux yeux de la Soul Society, mais personne ne souhaiterait ça à personne, pas même à son pire ennemi.

L'information choqua son fils. Le Commandant avait réellement fait cela ? C'était invraisemblable. S'il était amoureux du traître, pourquoi faire cela ? Ça n'avait aucun sens.

- Je… je ne savais pas, souffla le plus jeune, démuni devant une telle révélation. Tu lui en as parlé ?

- Pour qui me prends-tu ? Évidemment que je lui en ai parlé, mais sa seule réaction a été de me faire sa déclaration et de justifier son acte par un désir incontrôlable pour ma personne. Comment voudrais-tu que je réagisse après cela ?

- Comme un homme civilisé peut-être, suggéra Kotarô. Okay, il a fait une erreur, et pas des moindres, mais tu dois en discuter avec lui. Il sait qu'il est en tort, il ne se pardonne sans doute pas cette erreur, et toi tu ne fais rien pour l'aider. As-tu vu de quoi il avait l'air ce matin ? Toshirô m'a dit qu'il n'assurait même plus les réunions de capitaines pour ne pas se montrer ainsi devant eux. Tu lui fais du mal à te comporter de la sorte.

- Je verrais, souffla-t-il en s'éloignant

- Réfléchis pas trop longtemps non plus, s'il se laisse dépérir, tu vas aussi en pâtir.

L'ancien capitaine entra dans le bâtiment avec la conversation en tête. Son fils avait raison, l'ignorer ainsi ne lui rapporterait rien, sinon le mépris de ses pairs. Il devait avoir une discussion avec Shunsui Kyoraku, auquel cas il finirait par subir les conséquences des ressentiments de l'autre. Le Commandant était peut-être un puissant shinigami, mais personne ne pourrait supporter d'être ignoré et délaissé par l'être aimé.

Il s'installa derrière son bureau provisoire, fixant la feuille devant lui, tapant frénétiquement le crayon qu'il tenait contre le bois du meuble. L'échange avec son fils se jouait en boucle dans sa tête. Était-il si mal en point pour qu'il n'en refuse une apparition aux réunions des officiers ? Et cela par sa faute ? Sa pression spirituelle déborda un peu autour de lui, lourde et épaisse. Lui qui se targuait habituellement d'être maître de ses émotions, il n'était plus capable de retenir son reiatsu dans ce genre de circonstances.

Hitsugaya déboula dans la pièce, zanpakuto en main. Il lui maugréa deux phrases de menace, lui rappelant que la vie d'une autre personne était menacée par sa faute. C'était encore de sa faute. Le brun comprit. Il devait remédier à cela avant de détruire une âme innocente. Il se leva alors, contournant le génie sans un seul regard à son attention, puis disparut dans un shunpo. Il arriva à destination en une poignée de secondes, entrant dans le bureau du Commandant sans même y être introduit.

- Il faut qu'on parle.

- Je suis désolé Sosuke, sincèrement, réitéra le borgne pour la énième fois. Je ne mérite pas ton attention, pas après ce que je t'ai fait.

- Tu ne penses pas un mot de ce que tu dis Shunsui, soupira le traître. Comment pourrais-tu dire ne pas mériter mon attention alors que c'est la seule chose que tu veuilles ?

- Je t'aime Sosuke, mais si tu ne veux pas me voir, je m'y conformerai.

Le brun éclata d'un rire narquois. Il ne pourrait jamais croire cela en sachant que l'autre n'aspirait qu'à une seule chose et qu'il n'était pas question de 'se conformer' à cette situation. Kyoraku avait une étrange définition du mot 'pardonner'. Amusé, il contourna le bureau pour se poser à sa droite, en appui contre le meuble, alors que l'officier faisait son possible pour rester immobile à ses côtés.

- Tu meurs d'envie de m'embrasser, souffla-t-il en se penchant vers l'oreille du borgne, et tu voudrais accepter une telle situation ? Tu n'as définitivement plus toute ta tête.

- Tu-

Il leva une main vers le visage du renégat, hésitant, mais l'autre ne fit rien. Il fut électrisé par le toucher, soupirant au contact de la peau du plus jeune. Pour la première fois depuis ce fameux soir, l'ancien capitaine lui accorder son attention. Il l'approcher de son propre chef. Sa main, douée de volonté, glissa lentement sur l'épiderme jusqu'à atterrir dans le cou du brun. La tentation étant trop grande, il succomba, attirant son cadet dans un nouveau baiser volé. Avant de brusquement le repousser.

- Je suis désolé Sosu-

- Arrête de t'excuser, grogna le brun en reprenant sa bouche avec force.

Le baiser devint un peu plus sauvage à mesure que les muscles se rencontraient. Aizen sentait l'excitation monter sournoisement en lui, mais qui était-il pour la réfréner ? Il n'avait pas connu la proximité d'un partenaire depuis plus d'une décennie. L'abstinence avait pris une part imposante dans sa vie de traître, et jamais il ne se serait permis d'y remédier avec l'un de ses arrancars. Quant à ses deux compagnons, ils n'étaient pas à son goût. Mais voulait-il céder avec Commandant ?

Il savait que Kyoraku l'aimait, mais profiter ainsi de la situation, même s'il en avait eu si souvent l'habitude, ne lui suscitait aucun intérêt désormais. Il avait plus l'impression de se servir de l'autre. Mais pourtant, ce qu'il lisait dans le regard brillant et ancré au sien signifiait beaucoup plus. Le brun semblait l'encourager, comme s'il était question de sa rédemption complète dans cet acte. Le renégat repoussa légèrement le borgne sur son fauteuil pour venir s'installer sur ses cuisses. Il était trop tard pour faire marche arrière.

[…]

- Izuru, souffla l'argenté en repoussant son compagnon qui venait de se jeter sur lui. Tu es sûr que tout va bien ?

- Je viens de voir Aizen avec le Commandant, lui répond rauquement le blond, lui-même surpris par l'intonation de sa voix, et ils m'ont donné super chaud. Regarde, le simple fait de les voir s'embrasser m'a fait bander.

- Petit voyeur.

Le cadet fit la moue, moue qui disparut bien vite au contact des lèvres de son mari. Les langues se caressèrent lentement, avant que le capitaine ne s'écarte de lui dans un sourire, laissant sa main descendre le long de la prothèse pour venir caresser l'indubitable érection du blond.

- Quand je lui disais qu'il était un film porno à lui tout seul, je ne mentais pas.

Le blond ne comprit pas la référence, bien que sachant le passif de son compagnon avec le renégat. Mais visiblement, il devait s'en être passé des choses pour qu'il lui exprime une telle chose. En attendant, il n'avait qu'une seule chose en tête, et ce n'était certainement pas le visage de Sosuke Aizen tordu par la jouissance. Non, il n'avait qu'un seul objectif à l'esprit : sa propre délivrance, et au passage celle de l'argenté, qui avait rapidement réagit à l'excitation de son mari.

FIN


Merci pour votre passage et à la prochaine.

Avec tout mon amour,

MariieFBLM