Réponse à « Guest »

Merci beaucoup, je suis contente que ça te plaise ! Et surtout que les personnages te semblent crédibles, c'est un parti pris de ne mettre en avant que leurs défauts mais personnellement ça m'aide à m'y attacher davantage.

Réponse à Amlou

Merci beaucoup pour ta review ! J'espère que ce chapitre 8 te plaira.


18 août 2019


Theodore s'était attendu à savourer son entretien avec Granger.

Avoir le pouvoir sur celle qui en était l'incarnation dans le pays, c'était bien trop beau pour qu'il n'en profite pas. Mais face au regard cerné et aux ongles rongés de son ancienne camarade de classe, il se sentait plus comme un enfant capricieux qu'on essayait d'appâter avec des gâteaux que comme la pièce maîtresse de l'échiquier. Il n'arrivait même pas à se foutre de l'agacement qui rougissait les joues de la Ministre, ce qui, franchement, relevait d'un exploit ! Et puis cette fichue patacitrouille qu'il s'efforçait de mâchonner pour oublier le manque de tabac...

Il voulait se barrer. Et vite. Alors il négocia ce qu'il devait négocier, obtint les autorisations de commerce de Gaïa, s'assura que cette édition de la Journée de la Réconciliation serait la dernière et signa le parchemin que Granger lui tendait. Puis il prit congé et laissa la porte du bureau ministériel claquer dans le silence feutré du couloir.

Comme monté sur des ressorts, le jeune assistant de Granger bondit aussitôt sur ses pieds et lui emboîta le pas pour l'escorter jusqu'à la sortie.

Theodore leva les yeux au ciel. Que croyait-il ? Qu'il n'était jamais venu au Ministère ? Il en avait arpenté le parquet avant même les dalles de Poudlard, à cette époque où, tous les jeudis après-midis, sa mère et lui rejoignaient son père dans son bureau pour prendre le thé dans un silence qui rendait le rituel risible.

À cette heure de la journée, l'ascenseur était désert et seule une employée à lunettes aux bras chargés de classeurs leur tint compagnie alors qu'il s'élançait en direction de l'Atrium. Ils étaient à mi-chemin lorsqu'une note s'infiltra dans la cabine, surprenant la jeune femme et lui faisant lâcher tous ses dossiers. Nott soupira mais n'esquissa pas le moindre geste pour l'aider. L'assistant de Granger non plus, se contentant de déplier la note qui lui était adressée et d'annoncer qu'il était appelé ailleurs en urgence.

Il arrêta donc l'ascenseur et en sortit, le laissant seul avec les dossiers par terre et la mine confuse de leur propriétaire. Fort heureusement, elle finit par se rappeler qu'elle était une sorcière et eut le temps de tous les ramasser avant de descendre à l'étage suivant. Rassurée sur son quotient intellectuel, Theodore eut même la politesse de lui tenir les grilles tandis qu'elle s'extirpait de la nacelle. Plus par ennui que par réel intérêt, il jeta un œil à la plaque fixée sur la porte derrière laquelle elle disparut.

Son cœur s'accéléra. Elle travaillait au service des archives. Au service des archives d'état civil.

Avant que l'ascenseur ne reparte de plus belle, il s'en échappa et, vérifiant que la voie était libre à droite et à gauche, poussa à son tour la porte du service.

Aussi curieux qu'il avait pu être petit, Theodore n'avait jamais mis les pieds aux archives quand, par miracle, il parvenait à se soustraire à la surveillance de ses parents pour aller fureter le plus discrètement possible dans les bureaux voisins. C'était une drôle de pièce, très basse de plafond mais très profonde. Près de la porte, deux petits bureaux se faisaient face, précédant une forêt d'étagères renfermant en leur sein les traces des meilleurs sorciers et des pires, des illustres et des inconnus, des vivants et des morts.

L'employé manifestement chargé de réguler l'accès de la section était en pleine discussion avec la fille aux dossiers et, d'ailleurs, avait même disparu derrière la pile que ceux-ci formaient sur la table. Profitant de l'inattention générale, Theodore franchit les mètres qui le séparaient de la première étagère et se cacha derrière avant d'aviser les initiales gravées dans le bois. Nonchalant, comme pour se convaincre qu'il avait tout à fait sa place ici, il s'enfonça dans la pièce jusqu'à atteindre la treizième rangée, celle réservée à la lettre G.

Ses mains devinrent moites à mesure qu'il progressait en examinant les noms de famille étiquetant les tiroirs devant lesquels il passait.

Il détesta cela. Qu'appréhendait-il, par Merlin ? Il n'allait rien découvrir, rien du tout. N'est-ce pas ?

Il faillit trébucher quand, enfin, il repéra le tiroir de la famille Greengrass. Il le tira, vérifia à nouveau qu'il était seul, puis s'empara du dernier fichier qui avait été ajouté et se noya dans l'indiscrétion. Il n'y avait que quatre documents entre les deux morceaux de carton. Il posa de côté le permis de transplanage, haussa les sourcils en constatant que, aux BUSES comme aux ASPICS, William Greengrass avait obtenu des Optimaux dans toutes les matières qu'il avait choisies. Il s'assura qu'il regardait bien le bon dossier. Il avait sous-estimé le gringalet. Secouant la tête, il mouilla son index, tourna les pages et tomba enfin sur ce qu'il cherchait.

L'acte de naissance.

Il ne sut pas tout à fait comment caractériser son état d'esprit quand il reposa le dossier sur l'étagère qu'il n'aurait jamais dû quitter. Son cerveau refusait d'y croire. Son cœur aussi. Sa conscience, elle, ricanait. Allons bon, à quoi tu t'attendais ? se moqua-t-elle. À une information qui bouleverserait ta vie ? Non. Alors fiche le camp.

Pour une fois, Theodore l'écouta et avala en de grandes enjambées la distance qui le séparait de la sortie du service, tête baissée, visage fermé. L'averse qui mouilla son visage au-dehors, il l'accueillit avec plaisir, tout en se fascinant pour les moldus qui, indifférents à ses tourments comme à son monde, allaient et venaient dans la rue.

Il sortit de sa poche la montre que Gaïa lui avait offerte pour son précédent anniversaire et soupira. Il était huit heures et demie. L'heure à laquelle il avait au plus tard prévu de quitter le Ministère. Tout était normal. Tout l'avait toujours été. Et Vincent Crabbe était le père de William Greengrass, comme l'avait confirmé Astoria à l'état civil, déléguée par Daphné, trop affaiblie par son accouchement pour s'en occuper.

Il alluma une clope, remonta son col et traversa la rue.

Tandis qu'il s'éloignait dans la fraîcheur de la matinée, il sema dans le vent des éclats des éclats de rire que personne ne saisit. Tant mieux, se dit-il. Il n'était pas certain de savoir à qui ils étaient adressés de toute manière.


— Maman ?

Daphné écrasa sa cigarette à même le bois de la table basse et secoua la main pour chasser la fumée qui avait envahi le salon. Cette semaine, c'était William qui dormait sur le canapé et il supportait mal l'odeur du tabac. Quand il fit irruption devant elle, le dos à moitié à courbé à cause de la proximité du plafond, elle se sentit coupable. Son fils était le seul qui ne méritait pas son égoïsme.

S'il fut agacé des relents âcres qui troublaient l'air de leur minuscule salon, William ne jugea pas utile de lui en faire part et déposa devant elle deux factures, une lettre cachetée du sceau du Ministère et, surtout, une enveloppe aux couleurs de son université.

— Tu as eu tes résultats ? comprit-elle.

Il hocha frénétiquement la tête et Daphné sourit. Il attendait toujours d'être en sa compagnie pour les ouvrir. Au départ, elle avait cru que c'était parce qu'il avait peur d'un éventuel échec, mais elle avait fini par comprendre qu'il aimait juste voir la fierté qu'elle n'était pas capable de retenir quand, d'année en année, elle constatait à quel point il était brillant.

Elle aurait dû savoir, à force, que William ne serait jamais rien d'autre que le major de sa promotion, mais elle s'en étonna encore et il n'y avait aucune lassitude dans ses bras quand elle l'étreignit pour le féliciter.

— Tu veux que je m'occupe des factures ? lui proposa-t-il alors qu'elle entrouvrait la fenêtre pour recycler l'oxygène de la pièce – une récompense qu'elle n'était que trop heureuse de lui offrir.

— Je vais le faire. Toi, tu dois fêter ça.

— Je peux aller voir Scorpius ?

Daphné retint un soupir. Elle estimait beaucoup son neveu, c'était un garçon intelligent qui avait su prendre le meilleur de ses deux parents, mais elle désespérait de voir que, aussi pathétique qu'elle, son fils n'avait pas d'autres personnes avec qui partager sa joie qu'un gamin de treize ans.

— Bien sûr, répondit-elle néanmoins. Tu es majeur, Will, tu fais ce que tu veux.

— Tu commences le travail à quelle heure ?

— Quatorze heures.

— On déjeune ensemble ?

Les yeux de William pétillaient et le cœur de Daphné fondit.

Elle hocha la tête et son fils rejoignit le coin cuisine où il entreprit de préparer des sandwichs, aliment de base de leur alimentation depuis aussi longtemps qu'elle s'en souvenait. De son côté, elle retira les mégots de la table basse et s'apprêtait à réserver le même sort au courrier quand elle remarqua l'enveloppe du Ministère qu'elle n'avait toujours pas ouverte.

Elle la décacheta et déplia négligemment le parchemin qui les conviait, elle et William, à la Journée de la Réconciliation. Elle ricana un petit peu, forcément, mais ce ne fut rien en comparaison du moment où elle lut le nom de la famille de l'année.

— Oh, Merlin ! s'écria-t-elle.

— Qu'est-ce qu'il y a ? s'affola William.

— Nott ! C'est Nott qu'ils ont choisi pour la Journée de la Réconciliation cette année !

Évidemment, il ne comprit pas le problème et attrapa l'invitation pour la lire lui-même.

— Pourquoi est-ce que tu te mets dans des états pareils ? s'étonna-t-il en fronçant les sourcils.

— Je ne comprends pas comment il peut s'abaisser à un truc pareil !

— Mais... Toi aussi tu y as participé, à cette journée...

Elle le perça d'un regard assassin qui fit se tasser son mètre quatre-vingt-dix.

— Parce que tu crois vraiment que j'en avais envie ? Que je l'ai choisi ? Que je me suis frotté les mains à l'approche de ce putain de 31 août et que rien ne m'a jamais fait plus plaisir que de devoir te tenir dans mes bras devant une foule de connards qui ne demandaient qu'à me juger ? Merde ! Je voulais juste être tranquille, moi, c'est ta génialissime tante qui a accepté et qui m'a forcée à y aller, exactement comme elle a...

Une quinte de toux la secoua, l'empêchant de finir. Une larme de frustration coula sur sa joue et elle tourna la tête pour ne plus voir les membres trop maigres remplis d'incompréhension de son fils.

— Je n'ai pas faim, finit-elle par déclarer d'une voix cassée. Mange sans moi, je vais prendre l'air.


Quand William enfonça la sonnette du manoir Malefoy, sa dispute avec sa mère le hantait toujours. Il détestait quand elle lui en voulait. Qu'elle se moque de lui, qu'elle fume, qu'elle baise avec Zabini, qu'elle se drogue même, il était capable de l'accepter, mais qu'elle lui reproche quoi-que-ce-soit...

Le visage enjoué de Scorpius lorsqu'il ouvrit la porte le fit sortir de ses pensées.

— Alors ? s'exclama son cousin. T'as eu combien ?

William mit de longues secondes à comprendre de quoi il parlait. Puis ses résultats scolaires lui revinrent en mémoire et il se souvint de la raison première de sa venue.

— Ça ne va pas ? comprit Scorpius en l'entraînant à l'intérieur.

— Je me suis disputé avec Maman.

— Oh...

Le blond paraissait vraiment partager sa peine et William se sentit touché.

— J'ai exactement ce qu'il te faut ! sourit l'adolescent en lui attrapant la main.

Il le tira jusqu'à sa chambre et farfouilla sous son matelas pour en sortir des photos, des lettres et un journal intime.

— Qu'est-ce que c'est que tout ça ?

— C'était à ma mère. Je les ai trouvés au grenier.

— C'est pour ça que tu es d'aussi bonne humeur ?

Scorpius rougit et hocha la tête.

— Elle parlait jamais de comment était sa vie quand elle était ado. Alors, je sais pas, avoir ça c'est comme...

Il ne finit pas sa phrase mais William comprit très bien où il voulait en venir. Lui aussi aurait aimé pouvoir en savoir plus sur la jeunesse de sa mère, du moins sur celle qu'elle avait eue avant qu'il ne la lui vole. Mais, à part lui répéter qu'elle n'était alors qu'une petite conne, celle-ci refusait catégoriquement d'évoquer cette période.

— Elle faisait de la photo et je l'ai jamais su, poursuivit Scorpius. C'est marrant, non ? J'étais persuadé que c'était seulement créer des vêtements qui l'intéressait, mais en fait elle a pris des tas et des tas de photos quand elle était à Poudlard.

Il lui en tendit une pile et William les fit défiler distraitement. C'étaient principalement des paysages, caressés par une brise qui lui donnait envie de plonger dans l'image ; des clichés très réussis. Il y avait quelques portraits, aussi, des sourires de jeunes filles ravagés par le temps, le minois peu à l'aise de sa mère. Et une photo de groupe qui le fit rigoler quand il y reconnut Drago, Pansy, Blaise, Gregory et son père dans des versions étincelantes d'insouciance.

— Il y a mon père, sur celle-là, sourit-il.

Scorpius se tordit le cou pour regarder par-dessus son épaule.

— Là ? demanda-t-il en posant son index sur un garçon qui passait dans le fond de l'image.

— Non, là, s'esclaffa-t-il.

— Ah bon ? Tu ressembles plus au garçon du fond.

— Quoi, parce qu'il est maigre et brun et que moi aussi ?

Scorpius haussa les épaules.

— Tu lui ressembles toujours plus qu'à lui, insista-t-il.

William reposa le cliché sur le matelas et s'empara du carnet.

— C'est un journal intime ? demanda-t-il.

Scorpius hocha la tête.

— Je ne l'ai pas lu, précisa-t-il aussitôt. Juste les lettres. J'ose pas... Je ne crois pas que j'ai le droit, c'est écrit à l'encre invisible. Au début je voulais utiliser ma gomme révélatrice, enfin, je veux toujours, mais... C'est juste que je me pose tellement de questions ! Par exemple...

Il s'interrompit, se remit sur ses pieds et plongea sa main entre sa chemise et son torse pour en tirer une montre.

William siffla.

— Où est-ce que t'as trouvé un truc pareil ?

— Avec le reste. J'en ai parlé avec ta mère, à la fête d'Alexander. Elle l'a vue et elle m'a demandé où je l'avais trouvée. J'ai cru que c'était à elle, du coup, mais tout ce qu'elle m'a dit c'est qu'elle avait fait en sorte qu'elle le devienne et qu'il fallait pas que je la montre à mon père... C'est bizarre, non ? Tu crois que ça veut dire qu'elle l'a volée ? Et si c'est le cas, pourquoi est-ce que je l'ai trouvée dans la malle de ma mère et pas la sienne ?

William prit la montre dans sa main et caressa le cadran gravé du pouce. C'était un bel objet, sans aucun doute forgé par des Gobelins, il en avait suffisamment vu passer pendant son stage à Gringotts l'été précédent pour ne pas en douter. Pendant toute son adolescence, il avait rêvé d'une montre comme cela. Celle qu'Astoria lui avait offerte à sa majorité était très jolie, mais désormais, celle qu'il préférait, elle ne donnait même pas l'heure.

C'était le morceau de parchemin sur lequel sa mère en avait dessiné une et qu'il gardait précieusement dans son portefeuille en toutes circonstances.


En remontant l'allée pavée du jardin des Von Hoff, Narcissa ruminait. Elle détestait passer à l'imprévu mais, tout de même, un châle en soie tout neuf ! Elle ne pouvait pas prendre le risque d'oublier son existence en le laissait moisir chez les amis de son fils, il fallait qu'elle le récupère.

— Mrs Malefoy ? s'étonna Pansy en la trouvant sur le perron. Mais que faites-vous là ?

Quelques mots furent suffisants pour expliquer la situation et ce fut au tour de Pansy de ruminer en disparaissant à l'étage pour tenter de mettre la main sur l'étoffe.

— Vous êtes certaine que je ne peux pas utiliser un Accio ? l'entendit-elle grommeler quelque part dans l'escalier.

Narcissa ouvrit des yeux indignés. Un Accio ? La pauvre enfant délirait-elle ? Elle avait payé ce bout de tissu bien trop cher pour prendre le risque de le déchirer !

Prenant ses aises, elle s'installa dans un fauteuil du petit salon pour attendre. Elle s'apprêtait à saisir le journal abandonné sur la table d'appoint quand un parchemin plié posé à côté attira son attention. Dévorée par la curiosité, elle ne résista pas au désir de l'ouvrir et faillit s'étrangler en découvrant son contenu.

— Voilà votre... Hé ! Ne vous gênez pas, surtout ! s'indigna la voix de Pansy.

Avec toute la vivacité que lui permettait son ventre lourd de sept mois de grossesse, elle s'approcha pour lui jeter son châle et lui arracher la lettre des mains. Narcissa s'en indigna à peine.

— Où avez-vous trouvé ça, Pansy ?

— Figurez-vous que votre petit-fils l'a laissée tomber dans mon jardin, excusez-moi de l'avoir ramassée.

— Et lui, où l'a-t-il trouvé ?

— Comment voulez-vous que je le sache ? Et puis même, qu'est-ce que cela peut vous faire ? Cette lettre est adressée à Astoria et, à moins de nous avoir tous dupés, vous ne vous appelez définitivement pas Monsieur Giverny.

— Iverny, corrigea immédiatement Narcissa.

Pansy, qui s'était déjà éloignée en vue de ranger la lettre dans un tiroir, se figea.

— Vous savez qui c'est ?

L'avidité se lisait dans son regard, mais Narcissa était trop perplexe pour en profiter.

— Oui... Mais je n'aurais jamais pu penser qu'Astoria aussi...

Pansy tira une chaise et s'assit en face d'elle, reposant la lettre sur la table d'appoint.

— Qui est-ce, Narcissa ? Un Mangemort ?

— Non.

— Un sympathisant, alors ?

— C'était un Langue-de-Plomb. Corrompu. Il nous a rendu des services à tous. Il était commun de faire appel à lui dès qu'on avait quelque chose à cacher. Il maîtrisait tous les sorts de mutisme, les anciens comme les nouveaux.

Elle hésita, avisa ses mains qui tremblaient, les enfonça dans les accoudoirs du fauteuil pour ne plus y penser.

— Lucius et moi l'avons payé, une fois, pour qu'il s'assure que la gouvernante de Drago ne divulguerait pas ce qu'elle avait pu voir chez nous, après la première disparition du Seigneur des ténèbres.

— Comment ça, s'en assurer ? Il ne l'a pas tuée, quand même ! s'horrifia Pansy.

— Non. Il lui a... Il l'a soumise au Serment du Silence.

Elle n'eut pas besoin d'expliciter. Pansy, comme tout sorcier ayant suivi des cours d'histoire de la magie, savait ce que c'était.

— Par Merlin, Astoria... murmura-t-elle.

Narcissa n'aurait pas mieux dit.