Merci à « Coucou » pour sa review !

Ce chapitre 9 est l'avant-dernier de l'histoire. Le chapitre 10 est déjà écrit et arrivera dans les prochains jours.

Bonne lecture !


30 août 2019


Les mains fourrées dans ses poches, Theodore remontait le Chemin de Traverse jusqu'à son hôtel en se demandant ce qu'il allait bien pouvoir déblatérer le lendemain, lorsqu'il devrait faire amende honorable pour les pêchés de son père devant cette société à laquelle il n'avait jamais vraiment appartenu. Même s'il l'avait fait pour obtenir les autorisations de commerce de Gaïa et en avait profité pour marchander la suppression de cette tradition ridicule, il regrettait d'avoir accepté la proposition de Granger. Il n'avait rien à foutre la Journée de la Réconciliation et, depuis son détour par le service des archives du Ministère, il n'avait aussi plus rien à foutre en Angleterre.

Douce ironie, alors qu'il franchissait les portes de l'hôtel de luxe où il séjournait depuis le début de l'été, celle qui l'avait, avec Gaïa et ses fichus problèmes capitalistes, retenu au pays se trouvait dans le hall, à récurer distraitement les boutons de l'ascenseur à l'aide de sa baguette.

Lorsqu'il la salua en appuyant sur l'un d'eux, laissant une empreinte digitale bien dessinée sur le métal doré qu'elle venait de nettoyer, Daphné le regarda à peine et son indifférence l'énerva. La Daphné qu'il avait connue n'était plus, il l'avait intégré dès l'enterrement d'Astoria, mais il n'arrivait pas à se débarrasser de l'espoir que, à force de fouiller, il finirait par la retrouver, comme un trésor enfoui sous des kilos de terre, et ses échecs répétitifs le frustraient.

C'est sans doute pour ça que, malgré ce mauvais départ, il persista à lui faire la conversation le temps que l'ascenseur arrive.

— Tu travailles ici, maintenant ?

— Je remplace une de mes collègues de la bibliothèque. Elle travaille à mi-temps ici et son fils est malade.

Daphné était passée aux fenêtres qui donnaient sur la rue, toujours sans relever la tête. L'ascenseur, lui, se faisait désirer.

— Je ne t'imaginais pas aussi solidaire.

Theodore faillit crier victoire lorsque le regard de Daphné se fondit dans le sien pour le toiser. Il était inexpressif, mais au moins il ne l'ignorait plus.

— Tu ne me connais pas, rétorqua-t-elle.

Il voulut protester mais se retint à temps. C'était vrai. L'époque à laquelle il pouvait l'affirmer était révolue.

— Effectivement. Solidaire, conquérante... Tu en as des facettes.

— Conquérante ?

Cette fois, il avait son entière attention. La main avec laquelle elle tenait sa baguette était retombée contre sa cuisse et elle ne prêtait plus aucune attention à la baie vitrée.

— Tu as un tableau de chasse plutôt impressionnant pour celle qu'on a appelé la Sainte-Nitouche pendant des années. Zabini, Crabbe... Et c'est pas la concomitance qui t'arrête. Si tout ce que tu voulais, c'était m'épingler avec les autres, fallait pas prendre autant de pincettes, t'aurais pu gagner du temps.

Il vit l'indignation se peindre sur le visage de l'ancienne Serpentard, sentit ses poings se mettre à trembler.

— Si c'était mon job et pas celui de Katherine, tu peux être sûr que je te giflerais ! cracha-t-elle.

— Épargne tes forces, l'ascenseur est là.

Le tintement retentit dans le hall désert et il allait s'engouffrer dans la cabine lorsque Daphné le retint.

— Si tout ce que j'avais voulu c'était en épingler un de plus avec les autres, sois certain que je me serais jamais intéressé à toi, ni pris autant de précautions pour être sûre que personne ne sache ce qu'on faisait vraiment de nos nuits. Et puis...

Une toux l'interrompit et elle s'appuya contre le mur en se tenant la gorge, ses sourcils froncés donnant presque à Theodore l'envie de s'excuser. Mais il était trop loin pour ça et, dès qu'il vit qu'elle reprenait son souffle, il enfonça le clou.

— Brillante défaite, à propos.

— De quoi tu parles ?

— Faire en sorte que personne ne sache. Parkinson nous a grillés en quelques semaines.

Les yeux de Daphné s'écarquillèrent.

— Pansy est au courant ?

— Elle nous a vus un soir où on quittait la salle commune. Curieux qu'elle ne t'en ai jamais parlé quand on sait que, depuis mon retour, elle met autant d'application à me faire comprendre que je t'ai abandonnée en me cassant comme ça, en pleine bataille. Pauvre petite Pansy qui est persuadée de tout savoir... Parce que qui a abandonné qui, dans le fond, on se le demande !

Son sourire était carnassier, il le savait. Mais il ne resta pas pour voir son effet – pas plus que celui de ses paroles – sur Daphné et entra dans l'ascenseur.


Un cri manqua de s'échapper de la bouche de Narcissa quand, alors qu'elle ouvrait un énième ouvrage, des feuilles de papier tombèrent au sol dans un chuintement discret. Elle les avait enfin trouvés. Dix jours qu'elle fouillait livre après livre de la bibliothèque à la recherche des renseignements que, trente-huit ans plus tôt, Lucius avait accumulés sur Iverny, afin de s'assurer qu'il était à la hauteur de sa réputation et empêcherait la gouvernante de Drago de révéler quoi que ce soit des agissements de ses employeurs après la fin de la guerre. Fixer ces lignes qu'ils avaient payées si cher en prévision d'un service qui, au final, n'avait pas évité à Lucius de rendre son dernier souffle à Azkaban lui donna envie de pleurer.

Ces parchemins cachés depuis trop longtemps entre deux pages d'un livre étaient les vestiges d'une époque où elle était persuadée que le tas d'or sur lequel son mariage l'avait assise la protègerait de tout. Une époque où même le temps et ses menaces inexorables ne la préoccupaient plus. Elle était jeune, belle, mariée, riche, avait enfanté le plus beau de tous les héritiers et, naïvement, pensait que cela la rendait intouchable.

Maintenant, elle n'était plus qu'une mégère aigrie à qui les rides avaient ravi tout ce que l'ambition déplacée de son mari ne lui avait pas déjà pris. Même son fils, celui pour qui elle avait trahi, celui qui l'avait sauvée, elle, d'une peine de prison à laquelle elle n'aurait jamais échappé autrement, le visage débordant de gentillesse d'Astoria le lui avait volé.

Narcissa se sentit sourire alors qu'elle fixait l'adresse qui, un jour avait était celle d'Iverny. Entre ses doigts, elle tenait sa revanche. La fin d'un mythe auquel, depuis sa visite imprévue chez les Parkinson, elle se sentait stupide d'avoir cru. Enfin, elle allait pouvoir faire ravaler sa perfection insupportable à sa belle-fille, enfin elle allait pouvoir montrer à tous son vrai visage, celui d'une fille qui ne valait pas mieux qu'eux tous réunis.

Pliant soigneusement la feuille pour la glisser dans la poche de sa cape, elle se drapa dans celle-ci et, sans prendre la peine de prévenir Drago ou Scorpius, transplana.


Finir le ménage du hall lui prit quinze minutes de plus que ce qu'elle avait prévu. Quand elle regagna la moiteur du Chemin de Traverse, Daphné regrettait d'avoir accepté de remplacer Katherine même si, elle le savait, elle n'aurait pas pu dire non même si elle l'avait voulu, parce que Katherine avait 19 ans et un gosse sur les bras et qu'elle ne pouvait pas lutter contre les souvenirs que cela réveillait en elle.

Elle avait ressenti les dangers, pourtant. Grâce à Pansy, elle avait appris que l'établissement où séjournaient les Nott était le même que celui qui permettait à la jeune fille avec qui elle classait, deux fois par semaine, les ouvrages de la bibliothèque, d'arrondir ses fins de mois. Mais face aux cris du petit Jack dont la fièvre était grimpée pendant la nuit, elle n'avait pas pu refuser ce service à Katherine et, s'efforçant de ne pas penser au cauchemar que ça serait de croiser Gaïa Nott, toute apprêtée avec ses lunettes hors de prix et une robe dessinée par Astoria, elle avait accepté.

Finalement, elle ne savait pas ce qui était pire. Lire la condescendance dans les yeux de l'Américaine comme elle l'avait redouté, ou découvrir tout le mépris qu'elle inspirait à Theodore ? tout le mépris qu'elle devait inspirer à Pansy ?

Elle n'arrivait pas à croire que son amie ne lui ait jamais demandé de comptes en vingt-et-un ans. Ce n'était un secret pour personne que, même si elle le cachait bien, rien n'émoustillait plus Pansy Parkinson que les ragots, surtout lorsqu'ils étaient aussi croustillants et incongrus que celui-ci. Elle comprenait mieux l'hostilité qu'elle avait affichée lorsqu'elle avait vu Theodore débarquer à l'enterrement d'Astoria, puis au défilé organisé par la marque quelques jours plus tard.

Daphné ricana en déverrouillant la porte de son immeuble. Pansy était pathétique. Elle avait beau faire semblant, elle ne savait pas faire attention aux autres. Ça avait quelque chose de touchant, de l'imaginer s'esquinter ainsi à être une bonne amie, mais il n'y avait rien à faire elle était condamnée à rester à jamais aveugle aux vérités qui, pourtant, dansaient sous son nez.

Quant à Theodore... La main qui avait voulu le gifler la démangeait toujours. Ce ne serait pas la première fois qu'elle s'y laisserait aller, après tout. Par fierté, son ancien amant était prêt à tout, et à blesser tout particulièrement. Elle avait pris ça pour de la nonchalance, fut un temps. Une nonchalance qui l'avait attirée, qu'elle avait voulu imiter, qu'elle avait réussi à assimiler. Et bien, en plus. Tellement bien que, confrontée à la prétention de Nott, elle l'avait isolée et annihilé tous les possibles qu'elle avait pourtant réussi à se faire offrir.

Elle détestait l'admettre mais, ouvrière de sa propre destruction, elle l'avait été : Astoria n'avait fait que s'immiscer dans une brèche qu'elle avait laissée ouverte.


Assis dans son lit, prêt pour la nuit, Scorpius fixait sa table de chevet avec une insistance qui n'était rien d'autre que de l'appréhension. Dans le tiroir du meuble, il y avait un cadre qu'il avait rangé là au début de l'été et qui, depuis, le hantait. Une photographie de sa mère qui datait d'avant son entrée à Poudlard et que Drago avait posée à côté de son oreiller lorsqu'Astoria avait dû être hospitalisée. Après l'enterrement, il n'arrivait plus à la regarder sans pleurer et, non sans culpabilité, avait suivi les conseils de William qui lui suggérait de ne s'en infliger à nouveau la vue que lorsqu'il se sentirait prêt.

Il ne savait pas vraiment s'il était prêt. Mais il retournait à Poudlard dans deux jours et il ne s'imaginait pas garder sa mère enfermée là jusqu'à son retour. Alors, précautionneusement, il tira sur la poignée de laiton et en sortit le cadre. Immortalisée à jamais, sa mère lui sourit depuis la balancelle du jardin. Refoulant ses larmes, Scorpius ajusta le socle et, délicatement, reposa la photo à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

Il allait éteindre la lumière lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit sur Drago. La cravate desserrée, il vint s'asseoir sur son matelas pour rajuster les couvertures sur son corps frêle et eut un sourire en voyant le cadre.

— Tu l'as remis, alors ?

Scorpius hocha timidement la tête, n'osant pas affronter la nostalgie qu'il devinait dans les yeux de son père. Depuis qu'il avait pris conscience qu'il n'était pas seul dans son deuil, que d'autres autour de lui avaient perdu une femme, une sœur, une tante, un repère, voir la peine des autres lui était devenu insupportable. Alors, presque désespérément, il demanda :

— Tu n'as toujours pas de nouvelles de Grand-Mère ?

Drago hocha négativement la tête. Narcissa s'était volatilisée en début d'après-midi sans rien dire à personne, comme elle le faisait souvent, à la différence que, cette fois, elle n'était pas revenue pour le dîner.

— Je suis sûr qu'elle va bien. Tu la connais, elle déteste avoir à rendre des comptes. Elle sera de retour pour la cérémonie de demain. Il serait mal vu qu'elle n'y vienne pas.

— Daphné n'y va jamais et personne ne le lui reproche jamais, objecta Scorpius.

— Mais ils n'en pensent pas moins, malheureusement. Aussi cruelle que soit la Réconciliation, le Ministère a l'air de penser qu'elle ferme des plaies. Et nous, à défaut, qu'elle évite de fermer plus de cellules.

Scorpius frissonna. Il n'aimait pas quand les adultes se mettaient à parler de la guerre. Il savait que le rôle que sa famille y avait joué n'était pas le bon et cela lui suffisait amplement. Le reste, il aurait les paroles soporifiques du professeur Binns pour l'en instruire, plus tard dans ses études.

— Scorpius... Qu'est-ce que c'est que ça ?

Il sursauta. Les yeux plissés, son père fixait le tiroir que, par négligence, après avoir sorti le cadre, il avait laissé ouvert. Respectant les préconisations que Daphné lui avait faites lors de l'anniversaire du fils de Pansy, c'était là que, depuis, il rangeait la montre qu'il avait découverte dans la malle de sa mère.

Il se raidit, redoutant la tempête.

— Où est-ce que tu as trouvé ça ? demanda durement Drago après s'être saisi du bijou.

— Tu ne me gronderas pas ?

Les épaules de l'aîné se détendirent et il promit que non.

— Dans l'ancienne valise de Maman, au grenier.


Après avoir souhaité une bonne nuit à son fils, Drago sortit de sa chambre en feignant la normalité, bien que conscient qu'il était loin d'y arriver. Encore abasourdi, il fixa la montre qui paraissait le narguer depuis la paume de sa main.

Il ne comprenait pas.

Cette montre, il la connaissait. Elle avait été l'une de ses rares distractions lors de l'année noire qui avait suivi la mort de Dumbledore et précédé la chute du Seigneur des Ténèbres. Nott Senior avait chargé son père de sa conception, conscient que l'année qu'il avait passée à Azkaban ne le rendait pas particulièrement populaire auprès du reste de la société. Pour éviter de penser au tournant qu'avait pris sa vie, Drago avait suivi avec attention les allées et venues du gobelin que Lucius avait contacté, vu le métal devenir un ouvrage d'horlogerie sans pareille. Su à qui elle se destinait lorsque les initiales avaient été gravées en guise de finition sur le couvercle du cadran.

C'était la montre de Theodore Nott, que ce dernier avait reçu, à en croire Nott Senior, avec une indifférence proprement vexante.

Elle aurait d'ailleurs dû n'être que ça. Un cadeau, tardif et raté, de majorité d'un père à son fils. Mais il en avait réentendu parler dans une des lettres que Zabini lui envoyait parfois, soi-disant pour le tenir au courant, mais, il n'était pas dupe, surtout pour tromper la réalité qui à Poudlard comme au manoir Malefoy était loin d'être rutilante.

Événement futile dont Blaise s'était emparé pour nourrir son message, la montre de Nott avait disparu quelques mois avant la fin de l'année scolaire. Aux dires du métis, le principal concerné n'en avait pas fait grand cas, mais, pour Blaise, Crabbe et Goyle, ce vol innocent avait signé le retour d'une normalité futile qu'ils regrettaient.

Et, pendant toutes ces années, cette montre avait été en possession de sa femme, jusqu'à ce que Scorpius ne mette la main dessus et décide de la garder, encouragé par Daphné qui lui avait cependant fait promettre de ne pas la lui montrer.

Il ne comprenait pas.

Theodore, Astoria, sa belle-sœur... Tous semblaient être les membres de la même conspiration et il brûlait de leur poser toutes les questions qui l'étouffaient.

Quand il transplana, ce ne fut cependant pas chez Daphné où sur le Chemin de Traverse où il savait se trouver l'hôtel de Nott qu'il se rematérialisa, mais devant le portail de la demeure Von Hoff.


Pansy terminait la manucure de ses ongles lorsque Björn partit ouvrir à celui qui osait les importuner si tardivement. Elle manqua de s'étouffer en voyant son mari, passablement énervé de se faire déranger à une heure pareille, revenir, un blond qu'elle ne reconnaissait que trop bien sur les talons.

— Drago ? s'exclama-t-elle. Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tout va bien ?

Son ancien meilleur ami paraissait désorienté et elle fit signe à Björn de les laisser tranquille d'un geste impérieux de la main avant d'intimer à Drago de s'asseoir à côté d'elle.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? insista-t-elle à nouveau.

Les Malefoy avaient, ces derniers temps, la fâcheuse habitude de prendre sa maison pour un moulin. Si, prisonnière du respect qu'elle avait toujours voué à Narcissa, elle s'était retenue de lui faire remarquer son impolitesse lorsqu'elle était venue chercher son châle, elle n'était pas encline à faire preuve de la même délicatesse avec Drago et lui fut donc reconnaissante de ne pas la faire attendre plus longtemps.

— Je crois qu'Astoria me cachait quelque chose, avoua-t-il en lui tendant ce qu'elle identifia comme étant un bijou.

— Une montre ? s'étonna-t-elle en s'en emparant.

Elle la fit tourner, admirant les arabesques qui en décoraient la tranche et les lettres finement taillées dans l'or.

— « T. N. » ?

— Theodore Nott.

Elle eut un mouvement de recul.

— Qu'est-ce que tu fabriques avec ça ?

— C'est la question que je me pose. Scorpius l'avait dans sa chambre et il m'a dit l'avoir trouvée dans la malle d'écolière d'Astoria. Et aussi que Daphné lui avait conseillé de ne pas la laisser traîner sous mes yeux.

— Mais comment elle se serait retrouvée dans les affaires d'Astoria ?

— Elle a disparu de celles de Nott quelques mois avant la Bataille de Poudlard. Blaise m'en avait parlé dans une lettre de l'époque.

— Et tu penses que c'est Astoria qui l'a volée ? Mais pourquoi elle aurait fait une chose pareille ? Surtout pour la cacher ensuite pendant des années !

— Je n'en ai pas la moindre idée. J'espérais que tu pourrais m'éclairer sur ce point. Je veux dire... Astoria et Nott, ils... Ils se parlaient à Poudlard ?

Pansy se sentit stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt.

— Non. Mais Daphné et Nott, si. Je... Je pense qu'ils ont eu une sorte d'aventure. Enfin... Je les ai vus plusieurs fois sortir tous les deux de la salle commune en pleine nuit pour faire je ne sais quoi. Et Daphné réagit toujours étrangement quand on parle de Nott.

— Daphné et Nott ?

— Voler une montre, c'est plus du genre de Daphné que d'Astoria, non ?

— Mais pourquoi dans la malle d'Astoria ?

Pansy se mordit la lèvre.

— Je crois qu'il faut que je te parle de quelque chose, Drago.

Tirant sur son dos que l'intrus dans son ventre rendait douloureux, elle s'approcha de la commode dans laquelle elle avait rangé la lettre que Scorpius avait laissée tomber lors de l'anniversaire d'Alexander et la tendit à Drago. Elle vit les sourcils de son ami se froncer alors qu'il la lisait.

— Je pense que ton fils a dû la trouver en même temps que la montre, dans la malle d'Astoria, chuchota-t-elle lorsqu'il la lui rendit.

— Pourquoi Astoria aurait-elle eu besoin de soudoyer un sorcier quelconque ?

— Pas un sorcier quelconque. Iverny était un Langue-de-Plomb corrompu qui pratiquait des Serments du Silence contre de l'argent.

— Et Astoria aurait fait appel à lui ?

— Ou Daphné...

Drago avait l'air d'avoir envie de croire à cette version, mais elle vit à l'inclinaison de sa tête qu'il n'y arrivait pas.

— Je ne pense pas. Elle n'aurait pas été en état de comploter avec qui que ce soit.

— Comment ça ?

— Tu as vu la date à laquelle a été écrite la lettre ?

Pansy déplia le parchemin et fixa longuement l'en-tête.

— Le 19 octobre 1998 ? Et ?

— Pansy... C'est le jour où est né William.