20 février – 20 mars.

Poissons. Il parait que je suis un poisson.

C'est ce qu'Hermione m'a dit un jour, juste avant de me claquer la porte de la salle commune au nez. Etrange, comme cet éclat de souvenir s'est fiché dans ma mémoire… Comment l'avait-elle dit, déjà ? Je m'en souviens comme si c'était hier.

« Tu as la cervelle d'un poisson rouge, Ron. Tu enregistres ton environnement immédiat et n'a aucune considération pour tout le reste. Tu es incapable de voir ce qu'il y a devant toi. Tu te laisses porter par le courant, sans jamais rien remettre en question une seconde, tu zigzagues, et tu t'enfuies lorsque l'on s'aventure trop près de toi… J'en ai assez. »

J'en ai assez…

Ces mots, qu'est-ce qu'ils ont pu tourner dans ma tête… Ils datent de quelques semaines après mon premier baiser avec Lavande, en pleine effervescence d'après-match. En soi, l'analogie avec le poisson ne m'a pas vraiment perturbé. Ce n'était qu'une critique parmi toutes celles qu'Hermione et moi nous lançons… nous lancions… quotidiennement. Une critique imagée, en plus. Pourtant, Hermione sait que je ne suis pas doué pour les métaphores…

Mais non, là, ce qui a retenu mon attention, c'est cette phrase de conclusion. « J'en ai assez ». Parce qu'elle était pleine de lassitude. Parce qu'elle ne lui ressemblait pas. Hermione ne renonçait jamais, jamais. Hermione ne renoncerait jamais à moi. Et pourtant…

Les doigts de Lavande se referment sur mon cou, et je sens avant de le voir le nouveau collier ridicule dont elle vient de m'affubler.

- Mon Ronron ! ronronne-t-elle d'un air ravi tandis que je grogne en guise d'approbation.

Elle ne s'en formalise pas. Lavande dispose d'une capacité infinie à ignorer ce qu'elle ne veut pas voir. Et en un sens… elle m'a ouvert les yeux. Ironique, n'est-ce-pas ?

Je parcours la Grande Salle du regard, insensible aux lèvres qui me picorent la nuque, remontant la table des Gryffondors, ne cherchant plus qu'elle, toujours elle.

Elle est là. A quelques places de moi, plongée entre les pages d'un journal qu'elle ne lit pas. Ses sourcils froncés la trahissent. Je n'avais jamais réalisé à quel point je pouvais lire en elle. Pour peu que je l'observe…

Repoussant Lavande – à peine conscient, en fait, que je la repousse – je me lève et fonce dans le tas. Ron We asley, tentative irréfléchie et désespérée numéro 322, action.

Je m'approche de l'endroit où elle est assise et prend place à côté d'elle.

- Salut, j'assène en faisant mine d'enfourner mes œufs brouillés.

Elle ne me répond pas. Tout juste semble-t-elle avoir remarqué ma présence. Je pourrais croire que c'est de la comédie, qu'elle fait ça pour me contrarier, mais… je n'y crois plus. Cela dure depuis trop longtemps. Hermione n'est pas une actrice : je lis sur son visage, et son visage à cet instant n'a pas une pensée pour moi.

Elle incline son journal sur la table, trempant l'un des coins dans son jus de citrouille, le regard dans le vague. Elle parait soucieuse, et en même temps si… forte. Déterminée. Epanouie. Il y a quelque chose que je ne reconnais pas chez elle, une évolution qui s'est accomplie sans moi, loin de moi, et qui me la rend inaccessible. Pourquoi ai-je le sentiment de l'avoir perdue ?

Ses grands yeux bruns dirigés vers un objectif que je ne peux atteindre, les paroles de Luna refont surface dans ma tête : « Elle doit sûrement être amoureuse ».

Amoureuse…

L'es-tu, Hermione ?

Rien qu'à cette pensée, tout mon corps prend feu. Parce que je sais, aujourd'hui. Je l'ai fait, je me suis conduit comme le dernier des crétins : j'ai écouté ma queue à la place de mon cœur, et je sais aujourd'hui plus que jamais quelles pulsions gouvernent les hommes. Quelles sont les tentations auxquelles ils cèdent, pourquoi ils sacrifient ce qu'ils ont de plus cher, sans réfléchir, sur un coup de tête, pour quelques instants de plaisir…

Je sais aujourd'hui, en la contemplant, qu'un jour Hermione se retrouvera à faire ces choses, elle aussi, dans un endroit inconnu, avec un homme inconnu, et qui ne sera pas moi…

Non !

Je t'en prie, Hermione, je t'en supplie, regarde-moi ! Tu as raison, je n'ai pas plus de cervelle qu'un poisson ! Mais je suis ton poisson ! Tu ne me vois pas, là, je suis collé à ta vitre, implorant ton attention ! Je t'en prie, Hermione…

- Ça va ? je lui demande, parce que je ne trouve rien de plus crétin à dire.

- Pas maintenant, répond-elle comme si elle chassait une mouche.

De nouveau la colère gronde en moi, écrasant toute raison :

- Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez toi ?!

Elle m'accorde un bref regard, désintéressé. C'est comme si elle n'avait même pas le temps pour s'énerver. Comme si je n'en valais pas la peine.

- J'ai un ami qui a des ennuis, dit-elle en fixant de nouveau son journal. J'essaye de l'aider.

- Quel ami ?

Je le sens malgré moi, ce ton méprisant qui est mon arme de défense, ce réflexe haïssable qui s'exprime avant de me laisser penser.

Hermione replie son journal. Elle ne relève pas, elle se contente de finir son verre et quitte la Grande Salle, comme si notre conversation n'avait jamais existé.

XXX

La nuit est tombée sur le château. Lavande vient de se glisser dans le dortoir, je le sais à son parfum fleuri, que je reconnaitrais entre mille. Elle écarte les rideaux, et je la laisse faire, car j'ai besoin de me défouler. L'échange du matin m'a blessé, plus profondément que je ne voudrais bien l'admettre. Depuis quand est-ce que je me laisse autant atteindre ? Depuis quand est-ce que… quoi que ce soit… est capable de m'atteindre ?

Lavande coupe court à mes réflexions : tant mieux, c'est exactement ce que je demande.

Je l'interromps juste le temps de mettre en place l'Assurdiato. Il y a quelques semaines, j'ai entendu ma sœur en pleine action, et l'expérience a été suffisamment traumatisante pour ne pas la réitérer…

Le silence se referme sur le secret des rideaux, et je laisse Lavande se presser contre moi, capturer mes lèvres entre les siennes, son impatience grandissant au son de nos vêtements qui se frôlent. Elle zappe les préliminaires, moi aussi. C'est sans doute ce qui reflète le mieux notre relation, à l'heure actuelle.

Lavande est une nymphomane. Ce mot m'était totalement inconnu, jusqu'à ce que je l'expérimente en chair et en os. Sans doute Lavande l'ignorait-elle elle aussi, avant notre première nuit.

Je me rappelle de notre première fois, après le match, dans une salle de classe vide dont nous avions verrouillé l'entrée. A cet instant, aucun de nous ne réfléchissait. Nos vêtements formaient notre lit sur le sol à mesure que nous les ôtions. Je ne pensais plus à rien, j'étais tout à l'euphorie de l'instant : encore à moitié dans le match, ivre de victoire, de gloire, et cette fille qui tombait dans mes bras comme une récompense…

Je ne pensais pas à Hermione. Pas une seconde. Et pourtant…

Et pourtant, quel avait été cet arrière-goût amer, dans les baisers de Lavande ? Pourquoi, lorsqu'elle m'avait sauté dessus devant tout le monde, devant Hermione, avais-je ressenti ce brusque accès de satisfaction, là, horriblement près de mon cœur ? Pourquoi avais-je eu la sensation de me venger ? D'avoir voulu faire du mal à Hermione, et d'avoir réussi ? Tout cela faisait tellement… Serpentard. Tellement Malefoy.

Rien que d'y repenser, cela me dégoûte. C'est de la perfidie. Et j'ai beau me draper dans le déni, si je me concentre assez fort, je peux entrevoir la raison. Celle que me dissimule mon esprit, et que je suis trop lâche pour aller rechercher… Hermione a embrassé Krum.

« Puéril ! » me crie le double mental d'Hermione qui semble s'être établi en moi. « J'ai embrassé Krum, et alors ? Qu'est-ce que tu es en train de faire à Lavande ? »

Je n'y pensais pas, lorsque j'ai couché avec Lavande pour la première fois. Et pourtant, c'était bien là, en moi. Ça a toujours été là. Ma jalousie.

Je m'étonne d'une telle clairvoyance envers moi-même, mais tout va bien : un baiser de Lavande me la reprend aussitôt. Surtout, ne pas s'y arrêter trop longtemps…

Sa langue court sur ma peau, ramenant à la surface les souvenirs de cette première nuit. C'était notre première fois, à tous les deux. Combien d'autres fois y a-t-il eu ensuite…

Lavande est une nymphomane. Elle n'en a jamais assez, et je dois dire qu'au début, j'ai adoré ça. Nous nous jetions l'un sur l'autre jusqu'à l'épuisement, et cela avait quelque chose de terriblement sauvage, explosif et bestial. Je me suis découvert comme je n'aurais jamais pensé me découvrir. Attirant, fort… viril.

« Viril ? »

La voix d'Hermione se moque de moi, et mon ardeur retombe d'un seul coup. C'est sans compter sur les efforts de Lavande, qui me reprend aussitôt en elle, et c'est reparti pour un tour.

Oui, j'ai aimé ces premières semaines avec Lavande. Et pourtant, très vite…

Mes lèvres se sont gercées. C'est stupide, mais je ne sais pas comment le dire autrement. Hermione trouverait probablement les mots. Elle ferait une comparaison poétique avec le temps, elle dirait… Qu'un même plaisir revécu encore et encore se vide de sa substance. Que derrière les plaisirs de la chair, il n'y a rien. Rien qu'un grand vide…

Je ne suis pas poète, et je ne suis pas aussi brillant qu'elle. Mais pour elle, j'aimerais le devenir. Je deviendrais tout ce qu'elle me demanderait d'être…

Cette promesse résonne en boucle dans ma tête tandis que je prends Lavande sans penser à elle, sans la voir, sans même ressentir les sensations qu'elle m'apporte. Je me sens… coupé de moi-même. Et c'est une étrange impression. C'est trop adulte, trop grave, trop profond. Cela me fait peur, et pourtant, je n'arrive pas à m'en détourner. Cela m'aspire. Comme ces lumières dans les profondeurs, qui attirent les poissons pour ensuite révéler le prédateur…

Voilà ce que tu m'inspires, Hermione. Faire partie de ton monde, c'est entrer dans la maturité. Dans un univers plus vaste, plus froid, et où étonnamment, tout est bridé, car nos sentiments nous enchaînent à ceux que l'on ose aimer… Un monde où chaque action résonne de conséquences plus grandes que nous. Un chaos ordonné, une lente entropie que nous tentons de contrôler, mais qui au final, nous contrôle nous. Le monde des responsabilités, le monde des décisions. Le monde des choix qui se ferment, des horizons qui se définissent. Je ne veux pas penser à tout ça. Je veux rester dans les bras de Lavande, et vivre une sixième année éternelle, encore et encore, la répétition d'une même insouciance, que rien ni personne ne pourra jamais troubler.

Je tremble, et je m'aperçois que je suis au bord des larmes. Lavande croit que cela répond à la fin de nos ébats. La réalité est bien plus crue. Par pitié, je ne veux pas qu'on m'arrache à l'enfance.

Lavande m'embrasse distraitement, tandis que je ne la vois toujours pas. Mon plaisir ondule en vagues brûlantes jusqu'au creux de mon ventre. Il retombe, et se mut en cendres. Plus rien n'a de goût. Plus rien n'a de sens. Pourquoi, Hermione ?

Pourquoi ai-je si peur de vivre ? Pourquoi ne puis-je plus me contenter du refuge que m'offrent les bras de Lavande ? Pourquoi l'idée de te savoir dans les bras d'un autre homme m'est-elle intolérable ?

A ces questions, je n'ai aucune réponse, si ce n'est du dégoût pour moi-même. Un dégoût grandissant, à mesure que je prends conscience de ma lâcheté. Cela aussi c'est ironique, quand j'y pense. Je n'ai jamais eu une aussi claire image de moi-même depuis qu'Hermione a déserté ma vie. Comme si son absence me plongeait dans l'introspection…

Qu'est-ce que je fais à Gryffondor ?

Je me redresse sur un coude, et par monosyllabes, je fais signe à Lavande de partir. Elle s'en offusque, mais je ne l'écoute déjà plus. Il est plus tôt que je ne le pensais. Il n'y a personne d'autre dans le dortoir. Je me lève, passe dans la salle de bain pour laver l'odeur de Lavande, qui plus que jamais me révulse.

Ce n'est pas contre elle. A vrai dire, je ne crois pas éprouver le moindre sentiment pour elle, en bien ou en mal. Je suppose que ça fait de moi un terrible salaud. Mais je n'en ai rien à foutre. Tout ce qui compte, c'est elle.

Hermione. Lavande m'a fourni les parfaites œillères pour échapper à la réalité. Pour ne pas grandir, ne pas m'engager, ne pas risquer… Pourtant, quelle force mystérieuse doit résider en toi, Hermione, pour que tu aies réussi à changer ce refuge en prison, par ta simple pensée…

Je veux m'échapper de ma tour d'ivoire, à cause de toi. Je veux courir vers toi, devenir ce que ce monde veut me forcer à être, ce que je rejette de toutes mes forces… Pourquoi ?

Pourquoi je t'aime, Hermione ? Je suis le garçon le plus immature de ce château. Pourquoi me suis-je éveillé à un tel amour, si je n'ai pas le courage de le vivre ?

Je coupe la douche, et laisse le froid me saisir là, dans la vérité de l'instant. Assez de réflexions pour une nuit. Je retourne dans le dortoir, me rhabille sans m'essuyer, en quête d'une distraction. N'importe quoi pour me faire oublier toute cette merde. Tiens, il y a des chocolats sur le lit d'Harry. Une admiratrice de plus…

Je soulève distraitement le couvercle, écarte le mot signé « Romilda Vane », et me drogue aux endorphines chocolatées.

XXX

La conscience me revient par bribes. Ma mémoire est un trou béant. Au début je ne distingue plus rien, je ne suis plus rien, à part mes sensations immédiates. Le sentiment d'être allongé. Le contact des draps sur ma peau. La chaleur moite de la pièce.

Puis, j'entends des voix. Nombreuses. Familières. Il y a Dumbledore, et Rogue… Madame Pomfresh… Que m'est-il arrivé ?

Ça y est, je me souviens. Les images d'Harry et de Slughorn se mélangent dans ma tête. Le goût des chocolats, le goût du vin, le goût du poison, le goût d'une chose dure et amère que l'on enfonce dans ma gorge…

Le poison. Je suis à l'infirmerie. Je ne comprends pas ce qui s'est passé, mais Harry m'a sauvé.

Harry… Je me souviens de ton visage penché au-dessus de moi. Il y avait encore de la vie en lui. Harry, tu pars à la dérive…

Tout comme moi. Mes pensées m'échappent avant même que je ne puisse les saisir, comme un poisson frétillant dans les mains d'un pêcheur. Plus que jamais, je comprends ce qu'Hermione voulait dire.

Hermione… Je sens ton odeur. J'ai l'impression que tu es là. Est-ce que tu es là ? Parle, je t'en prie.

Quelque chose presse les doigts de ma main gauche. C'est elle. Je le sais. Je le sens. Mon corps semble être programmé pour réagir à ta présence.

J'entends Harry parler, et j'essaye d'ouvrir les yeux. Rien. Mes membres sont un cercueil qui emprisonne mes pensées. Qui m'empêche de rejoindre le monde extérieur. Harry, je sais que tu aimes Ginny… Pourquoi ne vas-tu pas vers elle ? Dean n'est pas fait pour elle. J'ignore pourquoi, je le sais, c'est tout. Tu as mon accord, mon pote. Comme si tu en avais besoin… Je ne comprends pas pourquoi c'est la guerre froide entre vous, mais… tu dois parler à Ginny, Harry. Embrasse-là, avant qu'il ne soit trop tard.

Pourquoi est-ce que je raisonne comme ça ? Hermione… Pour la première fois, je crois que je comprends vraiment ce que tu as voulu dire. Sans toi, je ne vois rien. Je ne ressens rien. Je suis aveugle à mes sentiments, et à ceux des autres. Je ne creuse pas suffisamment en moi, je m'enfuie, je refuse de voir les tourments qui me rattrapent… Je ne veux pas souffrir. Mais t'imaginer avec un autre, c'est pire. Je t'en prie, reste près de moi…

Ça y est, je peux bouger, je le sens. Si je décide d'ouvrir les yeux, ils s'ouvriront. Si je décide de parler, je parlerai. Je ne souffre pas. Mes forces se reconstituent, goutte après goutte. Que se passera-t-il ensuite ? Si j'ouvre les yeux, me lâcheras-tu ? Nos deux mains seront-elles toujours unies, dans le réel ?

J'entends Lavande débarquer. A grand fracas, sans la moindre retenue. Comment ai-je pu la supporter aussi longtemps ?

Soudain, j'entrevois ma chance. Peut-être que ce sont les drogues, mais pour la première fois de ma vie, je n'ai plus peur. Je laisse parler mon cœur. Je garde mes yeux fermés, et j'avoue ce que je désire vraiment :

- Hermione… Hermione…

Je peux entendre Lavande pleurer, avant qu'elle ne s'enfuie. Je n'en ai rien à faire. Pendant quelques secondes, j'ai senti la douce main d'Hermione se refermer sur la mienne. Je t'aime, Hermione, je t'aime…

Tous les autres partent. Tu restes près de moi. Rien qu'à moi. Je t'ai récupérée, et cette angoisse qui grandissait en moi s'évanouit enfin. Je suis satisfait. Je suis… apaisé.

XXX

Plusieurs jours se sont écoulés. Ce matin, je sors de l'infirmerie. Je rate les premiers cours de la journée, mais je retrouve Harry et Hermione dans la Grande Salle pour le déjeuner. Le trio gagnant. Enfin réuni.

Je jette un bref coup d'œil à Lavande, et évite le regard d'Hermione.

- Comment te sens-tu ? demande-t-elle avec un beau sourire, encore sur la défensive.

Elle est assise à côté de moi. Elle attend. Toute son attention s'est à nouveau concentrée sur moi, pendant ces quelques secondes. Dans ses yeux, je discerne l'espoir. Un espoir intense. Il est beaucoup trop grand pour moi. Jamais je ne pourrai être à la hauteur d'un tel espoir…

- Ça va, je réponds. Dites, vous pouvez me raconter… comment j'ai rompu avec Lavande ?

L'espoir se fane dans les yeux d'Hermione. Harry, lui, esquisse ce qu'il lui reste de sourire moqueur :

- Tu ne te souviens plus ?

Je prétends que non. Je peux voir les attentes mourir dans le cœur d'Hermione. Et je suis désolé de lui faire du mal. Tellement…

Je suis désolé, Hermione. Je t'ai récupérée, tu es à moi. Tu pourrais l'être encore plus, si je le désirais. Mais je n'ai pas le courage d'être avec toi. Tu m'as ouvert les yeux sur mes sentiments : je suis un lâche qui ne supporte pas de te voir avec un autre, mais qui recule lorsque tu t'offres à moi… Je suis un poisson qui s'enfuie lorsqu'on le sert de trop près. Je le sais. Je le sens.

Mais ça n'y change strictement rien.