Finalement, voilà le prochain chapitre. Il ne « sonne » pas comme je l'espérais mais ces dernières semaines ont été difficiles, à la fois professionnellement et personnellement, bien plus que les mois précédents, d'où ma difficulté à écrire. Parfois les tournures de phrases seront maladroites, parfois vous trouverez quelques fautes mais ne m'en tenez pas rigueur, s'il vous plaît.

Je vous souhaite une bonne lecture.

P.S : merci pour vos reviews, je suis contente que l'histoire vous plaise. Si vous souhaitez un personnage en particulier, un événement ou autre, proposez-le moi : on ne sait jamais ^^.


Chapitre 8 : La famille, c'est sacré

Durant un long moment, elle resta plantée là, les yeux perdus dans le vague se demandant comment réussir à convaincre les « rois » vampires de l'aider. Quand bien même l'un deux fut-il un ancêtre de la famille Halliwell. Cela ne pouvait pas être une solution. D'un autre côté, soit elle faisait appel aux Volturi, soit elle appelait les Fondateurs à la rescousse et... elle ne voulait pas penser à ce que cela donnerait. Elle sortit son téléphone afin de trouver le numéro des vampires. Finalement, ce fut plus simple que prévu. Isabella avait bien retenu l'histoire contée par Edward et avait rapidement mis la main sur un site internet très intéressant. Pressée par le temps, elle n'hésita pas un instant et décrocha le combiné du téléphone de la cuisine. Charlie allait faire une crise en voyant la facture de l'opérateur... songea-t-elle alors qu'à l'autre bout du fil, la sonnerie se faisait entendre.

-Il castello di Volterra ? Fit une voix féminine extrêmement guindée.

-Buonasera...

Mon italien est vraiment mauvais, il va falloir que je le révise, se dit-elle en réfléchissant à la suite de sa phrase.

-Hum... Vorrei parlare con Marcus Volturi, per favore. Hum... Sono... Isabella Halliwell... sua... nipote. (*Je souhaiterais parler à Marcus Volturi, s'il vous plaît. Je suis Isabella Halliwell sa nièce.)

-Un momento, per favore, répliqua-t-elle toujours aussi froidement.

Elle n'eut pas le temps de se demander s'il allait accepter de répondre que déjà la femme reprenait la communication.

-Mio signore Marcus arriva.

-Grazie mille signorina.

Une minute plus tard, un homme reprit la discussion.

-Isabella Halliwell. Êtes-vous la fille de Penny ?

La grave et rauque, quoique légèrement éraillée, la fit sursauter.

-Non. Non. Je suis... je suis son arrière-petite-fille.

Un drôle de hoquet retentit de l'autre côté du combiné.

-La... vous êtes la fille de Prue ? De Piper ? De Phoebe ?

-De Piper. Je n'ai pas connue Prue, elle est morte il y a longtemps.

Oh, fut la seule syllabe qu'elle reconnut.

-Le temps passe si vite. Donc, que vouliez-vous ? Ce n'est pas comme si une sorcière de la célèbre lignée de Mélinda Warren avait besoin d'aide.

-Eh bien... en fait, si.

Un rire grave et glaçant retentit à l'autre bout du fil.

-Vraiment ?

Il y eut un bruissement léger puis une nouvelle voix s'exprima :

-Isabella, je tenais à vous remercier d'avoir fait rire notre frère. Il y a déjà bien trop longtemps que cela n'était pas arrivé.

Isie cligna des paupières, incertaine.

-Hum... merci ?

Marcus reprit le téléphone.

-N'écoute pas mon frère, jeune Isabella. Dis-moi.

Elle se lança alors dans le récit des dernières heures, retenant sa peur et ses larmes. Elle ne pouvait pas savoir qu'une ombre familière se tenait dans la forêt, écoutant ses paroles. Lorsqu'elle eut fini de parler, Marcus prit la parole.

-Tu penses qu'un traqueur pourrait retrouver ta famille en Enfer.

Sa phrase résonnait étonnement comme une question et comme une affirmation. De toute évidence, il ne semblait guère convaincu. Isie n'était pas stupide au point de penser qu'il aurait dit « oui » sur le champs mais elle avait tout de même espéré. Un étrange bourdonnement s'éleva du combiné alors que Chris descendait les escaliers en se frottant les yeux. Assise dans le canapé, Isabella le regarda s'approcher d'elle puis se couler sur ses jambes avant de se rendormir sans avoir prononcer le moindre mot. Le visage tendu par la fatigue et l'inquiétude, elle l'enferma dans une étreinte ferme et lui caressa doucement les cheveux.

-Je pars immédiatement de Volterra, Démétri et Jane m'accompagnent. Nous serons chez toi dans moins de vingt-quatre heures.

Elle ne put le remercier ou lui demander des détails que déjà, il raccrochait. Comment connaissait-il son adresse ? Elle reposa son téléphone sur la table basse en secouant la tête, ne cherchant pas plus loin. Elle resserra les bras autour de son petit frère et le berça tendrement. Elle ne s'était jamais penchée sur la question des enfants et en rencontrant Edward, elle pensait avoir fait une croix définitive sur cette idée. Mais maintenant qu'elle fréquentait ses frères et sœurs, tout avait changé. Peu à peu, son envie d'enfanter et de devenir mère prenait vie en elle.

-Isie ? Appela une petite voix à sa gauche.

D'un geste de la tête, elle invita Wyatt à les rejoindre. Le garçon n'hésita pas un instant et courut s'allonger contre sa sœur, traînant une couverture derrière lui. Difficilement, il les recouvrit tous les trois et s'endormit rapidement, la tête sur l'épaule d'Isie. La jeune femme observa avec amusement ses pieds nus posés sur la petite table, sourit doucement et se laissa sombrer à son tour dans les bras de Morphée.

**CH8**

-Isie. Isie, réveilles-toi.

Isabella ouvrit péniblement les yeux, tombant sur le visage inquiet de son père. L'absence de lumière lui indiqua qu'il faisait encore nuit.

-Tu faisais un cauchemar, expliqua Charlie en l'aidant à se relever sans réveiller les garçons.

Se remémorant son rêve, elle frissonna. Elle pensait s'être définitivement débarrassée d'Edward mais de toute évidence, ce n'était pas le cas. Ses paroles avaient eu bien plus de portée qu'elle ne l'avait supposé, sa colère obstruant tout autre sentiment. Comme la tristesse, la douleur du rejet, la peur de l'abandon. Ce dernier étant probablement ce qui la motivait le plus à s'accrocher à la moindre personne faisant partie de sa famille. Un court moment de sa vie, elle avait cru que les Cullen était sa famille mais elle s'était trompée. Une distraction, une passade, un défi. Voilà ce qu'elle avait été pour eux. Eux qui s'étaient joués d'elle.

La mâchoire de Charlie se crispa en notant la peine de sa fille. Il n'était pas plus intelligent qu'un autre mais il avait compris qui était responsable de cet état de faits. Et ils allaient payer pour avoir fait autant de mal à sa princesse.

Notant l'heure du coin de l'œil, il monta prendre une douche rapide, rechignant à laisser Isie seule. Il avait bien noté les cristaux mais ils ne la protégeraient pas de sa souffrance et de ses souvenirs. Habillé de son uniforme, il prit un café rapide, embrassa Isabella, s'assura qu'elle allait bien puis se rendit à son travail, relevant son collègue de garde. Hormis un groupe de campeurs – extrêmement idiots au vu de la saison – ayant vu un loup, il n'y avait rien à signaler. Charlie, connaissant depuis peu l'origine de ces loups ne dit rien et remonta dans sa voiture pour une première patrouille.

**CH8**

De son côté, Isabella commençait la préparation du petit-déjeuner. Pâte à pancakes, fruits, œufs brouillés, tout y passait. Elle était nerveuse alors forcément, elle cuisinait. Sa mère – Piper, pas Renée – avait finalement déteint sur elle. De légers bruits de pas lui indiquèrent que ses frères étaient levés. Elle se retourna alors qu'ils passaient le seuil de la cuisine en se frottant les yeux. D'un même élan, ils se jetèrent sur elle en pleurant.

-Isie, appela Chris en tendant les bras.

Elle se laissa tomber au sol, le dos appuyé contre les placards, et les prit tous les deux dans les bras.

-Je vais les retrouver, promit-elle en caressant doucement leurs cheveux. J'ai trouvé quelqu'un capable de m'aider.

-Qui ? Demanda Wyatt en s'éloignant légèrement pour la regarder dans les yeux.

-Un très vieil oncle de notre famille et deux de ses amis. Ce sont des vampires.

-Des vrais de vrais ? S'écria Chris, toute peine envolée.

-Oui, rigola t-elle, des vrais de vrais. Ils arrivent ce soir. D'ici-là, je dois trouver un moyen d'aller en Enfer avec eux.

-Je viens avec toi, firent-ils en même temps.

Mais elle se releva en secouant la tête.

-Non, hors de question. Je sais que vous êtes puissants mais maman m'en voudra si je vous y emmène. Il n'y a pas de discussion, ajouta-t-elle en les voyant près à répliquer.

Ils croisèrent les bras puis s'installèrent autour de la petite table avant de commencer à manger du bout des lèvres tout en jetant des regards noirs à leur sœur.

La journée passa rapidement sans apporter aucune autre nouvelle, toutefois, Charlie appelait régulièrement afin de prendre de leurs nouvelles. Refusant d'utiliser les pouvoirs de ses frères pour les téléporter jusqu'en Enfer, Isie finit par se dire que la meilleure solution restait l'association d'une potion et d'une formule. Après des heures de recherches, elle finit par trouver une potion adaptée à la situation. Seulement il lui manquait beaucoup d'ingrédients et cela la frustra.

-Calme-toi, s'ordonna-t-elle au haute voix. Réfléchis. Piper t'a déjà expliqué comment faire tout cela.

Elle ferma les yeux tout en réfléchissant. Qui pouvait lui fournir autant d'ingrédients aussi insolites ? Un fleuriste ? Un épicier ? Une épicerie chinoise ? Se jetant sur son téléphone, elle chercha des renseignements. Consciencieusement, elle nota les adresses puis, en avisant l'heure, retourna dans la cuisine pour préparer le dîner. La journée était passée trop rapidement et compte tenu du peu de temps dont elle disposait, elle commanda des pizzas. Charlie et les garçons en seraient ravis. Puis, pour la première fois depuis son réveil, elle eut du temps pour penser à la scène de la nuit dernière qui était pour le moins inattendue. En effet, les Volturi ne correspondaient pas à la description qu'Edward avait fait. La sonnette de la porte d'entrée la fit sursauter et apercevant ses frères plongés dans les « Tortues Ninjas », elle alla ouvrir, persuadée de tomber sur le livreur de pizzas.

Manque de pot, ce n'était pas le cas.

-Jacob, salua-t-elle platement.

Le Quileute se tenait devant elle, les bras ballants et ne semblait pas savoir ce qu'il faisait là.

-Mon père m'a dit que tu étais venue hier ?

Isie jeta un autre coup d'œil aux garçons avant d'enfiler une veste et de sortir sur le perron, sachant très bien que les protections des cristaux empêcherait Jacob d'entrer.

-Écoute, je sais bien que je n'ai pas été très présent pour toi ces dernières semaines. Je sais également qu'il s'est passé quelque chose dans ta vie, Bel... Isabella. Tu as changé. Tu ne parais plus être maladroite, ta posture est plus droite, tu es plus sûre de toi et... et tu es tatouée ? S'exclama-t-il soudain alors qu'elle levait son bras pour passer la main dans ses cheveux, découvrant ainsi son poignet sur lequel avait pris place un petit tatouage deux semaines plus tôt.

Jacob cligna plusieurs fois des yeux avant de poursuivre avec un léger trémolo dans la voix.

-Et... enfin voilà. Je... j'espérais que l'on pourrait retrouver le lien que nous avions quand nous étions petits.

Elle mordilla sa lèvre inférieure, réfléchissant. Après la séance de cinéma, le jour où elle avait eu sa première vision, elle avait senti l'étrange besoin de rester près de lui. Puis entre l'apprentissage auprès de Léo et l'entraînement de Phoebe et Henry elle avait occulté tout le reste.

-Me raconteras-tu la raison de la présence des loups ? Non, ne me mens pas, Jacob. Je sais que tu en es un. Je le sais.

-Isie ? Cria soudainement Chris depuis le salon.

Elle rentra précipitamment mais Chris se tenait déjà derrière la porte, lui tendant son téléphone.

-C'est Marcus, annonça-t-il avant de courir rejoindre son frère.

Elle sourit tendrement et porta l'appareil à son oreille.

-Marcus ?

-Nous venons d'atterrir à Seattle. Nous serons là dans trois heures, voire moins si Démétri s'ennuie sur la route.

Cette phrase lui tira un nouveau sourire.

-Merci, Marcus.

-Ne me remercie pas. La famille, c'est sacré, même chez les monstres, répliqua-t-il juste avant de raccrocher.

Derrière elle, Jacob ne bougeait pas, tentant de calmer ses tremblements. Il avait entendu toute la conversation et il avait reconnu le timbre de la voix. Un vampire.

-Qui est ce Marcus ? Demanda-t-il, retenant sa rage avec peine.

Isabella se retourna pour lui faire face. Elle fronça les sourcils devant son attitude.

-En quoi cela te re... ah oui, réalisa-t-elle en se frappant le front. Je n'avais pas pensé à ça... Dis, Jacob, si vous êtes des loups, vous êtes donc une... meute ? Avez-vous un alpha ?

Surpris par la tournure des événements, il se calma instantanément.

-Tu... euh... oui, oui bien sûr.

-Je dois lui parler. Vite.

Il hocha la tête et fit demi-tour, s'enfonçant dans la forêt. Elle se donnerait bien des baffes de ne pas avoir pensé plus tôt à contacter les loups avant d'accueillir des vampires. Ne serait-ce que par simple politesse.

-Isabella ?

L'interpellée leva la tête et sourit doucement en s'apercevant que son père se tenait à deux pas d'elle.

-Comment vont les garçons ?

-Plutôt bien, ils regardent les « Tortues Ninjas ».

-Oh oh, je vais les rejoindre alors, fit-il en se frottant les mains.

Elle fixa le dos de Charlie alors qu'il entrait dans la maison, se demandant ce qu'il venait de se passer. Venait-elle vraiment de voir son père de trente-huit ans courir pour aller regarder un dessin animé ?

-Isabella ?

Cette fois-ci, elle tressaillit en entendant la voix grave et menaçante. Tournant la tête, elle vit trois silhouettes sombres et immenses s'approcher d'elle. Elle reconnut Jacob et deux des hommes qu'elle avait vu la veille en arrivant à la réserve. Le plus grand d'entre eux s'avança dans la lumière du porche.

-Jacob a dit que tu souhaitais me parler. Je suis Sam, fit-il en tendant la main, et voici Jared.

Elle salua ce dernier tout en prenant la main de Sam. Sa paume semblait incandescente comparée à sa petite main glacée.

-Que sais-tu sur les loups ? Attaqua-t-il immédiatement.

-Rien si ce n'est que vous avez une température plus élevée que la normale et que vous êtes aussi rapides que les vampires.

Il haussa un sourcil, surprit qu'elle en sache autant malgré son passé avec les Cullen, mais ne dit rien, la laissant continuer sur sa lancée.

-Je présume que votre... tâche consiste à les tuer, non ? Dans ce cas, je me dois de vous signaler que trois d'entre eux sont sur le point de venir à Forks.

-Quoi ? S'exclamèrent les trois Quileutes d'une même voix.

-Ils ne viennent pas chasser, fit-elle en levant les mains. Ils viennent m'aider.

-T'aider à quoi ? Cela a-t-il un rapport avec ce qu'il s'est passé hier ?

Il faisait allusion au coup de téléphone de Wyatt qu'elle avait reçu à la réserve. Isie observa longuement le visage sombre de Sam, pesant le pour et le contre : devait-elle leur parler de sa famille ? Finalement, elle se décida pour une vérité en mi-teinte :

-Marcus est mon... arrière-arrière-beaucoup trop de fois-grand-oncle, je l'ai appelé cette nuit pour qu'il m'aide à retrouver ma famille.

-Ton... ?

-Ta famille ? S'étonna Jacob.

Elle fit quelques pas et s'agrippa au garde-corps instable.

-J'ai été adoptée. Le soir où Edward m'a laissée, j'ai rencontré ma mère biologique et ses deux sœurs. J'ai une grande famille, Jacob. Et elle est... magnifique et pleine de vie.

Sa voix se mit à trembler et ses yeux se remplirent de larmes. Sa peur ressurgit en quelques secondes et s'incrusta dans chaque pore de sa peau.

-Ils ont été enlevés hier. Tous. Sauf mes deux frères qui ont réussi à s'échapper juste à temps. Nous n'avons aucun indice et la seule manière de les retrouver c'est avec l'aide de Marcus et ses amis.

Aucun des trois loups ne pipa mot, comprenant son besoin. Sam avait perdu ses parents trois ans plus tôt, et Jared et Jacob avaient perdu leurs mères bien des années auparavant. Alors oui, ils comprenaient et acceptaient – bien que difficilement.

-Très bien, fit Sam. Je te demande simplement de leur dire de ne pas se nourrir dans la région.

Elle acquiesça à sa demande légitime mais n'ajouta rien d'autre.

-As-tu besoin de nous ? Fit-il doucement.

Isie ferma les yeux, chassant les larmes derrière ses paupières puis se retourna vers lui.

-Quand... quand je serais partie, pourrez-vous veiller sur Wyatt et Chris ?

-Bien sûr.

L'alpha tendit une main vers elle, comme pour la réconforter mais la rabaissa presque aussitôt avant de la saluer et de partir, entraînant Jared dans son sillage. Jacob s'attarda un instant puis s'en alla, ne sachant que dire.

**CH8**

Deux heures plus tard, alors que Chris et Wyatt luttaient farouchement contre l'envie de dormir, les Volturi arrivèrent devant la maison. Sachant très bien qu'en compagnie de trois vampires, ses frères ne risquaient rien, Isabella coupa l'alarme, leur permettant d'entrer dans la maison. A peine la porte fut-elle fermée que ses frères sautillaient jusqu'aux vampires.

-Isie a dit que vous étiez de vrais vampires, s'emballa Wyatt tandis que Chris fronçait les sourcils.

Démétri eut un grand sourire devant l'enthousiasme du petit homme blond. Impassible, Jane ne bougea pas et Marcus cherchait Isie du regard.

-Bonsoir, merci encore d'être venus, fit-elle en arrivant de la cuisine.

-C'était parfaitement normal, murmura-t-il.

Habituée au timbre de voix vampirique, elle s'avança pour les accueillir.

-Mais, fit Chris en se reculant et en croisant les bras. Si vous êtes de vrais vampires, où sont vos dents pointues ?

Il semblait... suspicieux. Cette fois-ci, Démétri ne retint pas son rire et Jane eut un rictus amusé.

-Les vampires n'ont pas de canines aiguisées, Chris. Pas plus qu'ils ne dorment dans des cercueils ou qu'ils ne brûlent au soleil, expliqua Isabella doucement.

Son frère fit la moue, déçu. Fermement, elle leur ordonna d'aller se coucher. Bon gré malgré, ils grimpèrent les escaliers en ronchonnant. Isie et les trois vampires s'assirent dans le salon pour discuter de la situation. Vers une heure du matin, Jane prit la liste des ingrédients pour la potion et disparut dans la nuit. Démétri lui expliqua calmement qu'il ne pouvait se servir de son pouvoir qu'à la condition d'avoir déjà rencontré la personne. Cependant, en associant son pouvoir avec celui de Marcus, il pensait pouvoir localiser sa famille grâce à son propre lien avec eux.

-Tu ne sembles pas sûr de toi, objecta-t-elle en l'observant.

Le traqueur haussa les épaules avec désinvolture.

-Nous avons déjà essayé et réussi une fois mais nous cherchions des vampires. Je ne sais pas si cela peut fonctionner avec ta famille. D'un autre côté, tu as un lien de sang avec Marcus.

-En effet, Démétri. Isabella, pour moi – et pour mes frères – cela devrait jouer en notre faveur. D'ailleurs, en parlant de faveur, Aro et Caïus t'invitent à Volterra.

-Vraiment ? S'étonna-t-elle. Pourquoi ?

Démétri sourit et répondit à la place de Marcus.

-Ils sont curieux. Aro surtout, Caïus ne montre pas ce genre de... sentiment.

Épuisée, Isie retint difficilement un bâillement mais cela n'échappa pas aux deux vampires qui l'enjoignirent de monter se coucher. Faiblement, elle leur fit un signe de la main et gagna sa chambre où dormaient ses frères.

**CH8**

En se réveillant quelques heures plus tard, alors que Charlie était déjà partit travailler – non sans croiser les vampires – Isie trouva Marcus en pleine consultation du Livre des Ombres.

-C'est fascinant, murmura-t-il en observant les pages. As-tu déjà rencontré un démon ?

A ses côtés, Jane et Démétri tendirent l'oreille, curieux à leur tour. Elle esquissa un sourire et leur conta sa rencontre avec « Dudley ». A la référence, seule Jane eut un petit rire, les deux autres ne comprenant pas. Puis, remarquant les ingrédients posés sur la table basse, elle se précipita dans la cuisine où elle avala un café tiède et l'une des Pop-Tarts hyper-sucrée de son père puis monta s'habiller d'un pantalon cargo et d'un sweat kangourou. Laissant ses frères dormir encore un peu, elle redescendit tout aussi vite et s'attela immédiatement à la préparation de la potion. Elle remercia mentalement sa mère de l'avoir ennuyée comme jamais avec les brassages. Ainsi, elle n'eut aucun mal à lier l'armoise et la fleur de cactus – mélange extrêmement instable si associé avec de la ciguë, comme ici. Dans le pilon, elle écrasa l'aubépine et la racine de gentiane avant de saupoudrer la potion bouillonnante. Après avoir finement ciselé la feuille de nénuphar de seize centimètres de diamètre, elle ajouta les feuilles d'ortie et une fleur de pétunia. Pour renforcer leur protection durant le voyage, elle y versa également du laurier, de la lavande et du romarin. Quand la potion eut atteint la couleur verte pâle espérée, elle mit les deux derniers ingrédients : une feuille d'hellébore noire et une goutte de son sang. La potion prit aussitôt la couleur du rubis. D'une main légèrement tremblante, elle transvasa le liquide encore brûlant dans six fioles.

-Voilà, fit-elle en relâchant son souffle. Je vais préparer les garçons et nous pourrons partir.

Une demi-heure plus tard, elle regarda Wyatt et Chris s'enfoncer dans la forêt en compagnie de Sam et Jacob. La gorge soudain serrée, elle se retint de pleurer. Une main fine se posa délicatement sur son épaule.

-Je ne les aime pas, ils puent mais je sais que tes frères seront en sécurité auprès d'eux.

C'était la première fois que Jane lui adressait la parole depuis son arrivée et Isie en fut touchée. Elle déglutit péniblement et laissa une larme rouler sur sa joue. Derrière elle, Démétri s'impatientait.

-On y va ? J'ai envie de casser du démon, je n'en ai jamais rencontré. Ça devrait être plus drôle que les vampires.

Jane et Marcus secouèrent la tête devant son attitude presque immature. Ils se mirent en cercle, tenant chacun une fiole dans la main – les deux dernières étant en sécurité dans le coffre de Charlie – et Isabella récita la formule.

Potentia creaturae

genere ponit viam

perveniendi inferos

et protegit domus*

Ils lancèrent chacun leur fiole à leurs pieds et disparurent dans un épais nuage noir.

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*Pour les latinistes : je vous présente mes excuses. Il s'agit d'une traduction littérale (sûrement très mauvaise) mais c'est de la magie alors... (pour les autres : Pouvoir de la famille montre le chemin de l'enfer et protège les créatures de la famille).

A bientôt.