EDIT 4-6-20 :
J'ai corrigé la mise en page, j'espère que cette fois les paragraphes seront bien lisibles.
Les ellipses sont marquées par « -mwppmwpp- » les analepses sont séparées de l'action présente avec « - mwpp- ».
Bonjour :)
Comme annoncé, OS sur nos Maraudeurs et Lily, qui discutent, après leur adhésion à l'Ordre du Phénix, de ce qui les attend. Mais personne ne peut raisonnablement espérer qu'ils en traitent avec un sérieux parfait, ni qu'ils ne continuent pas, jusqu'à la fin, de faire quelques gaffes.
[JPLE], et un fond de [SBRL] (mais c'est limite de le définir comme ça, je l'ai écrit comme un… couple secret, pas out, même pour le lecteur).
Disclaimer : Les bouquins, l'univers, les personnages issus de la saga Harry Potter appartiennent à JKR, vous-même vous savez. Aussi, je ne cautionne pas toutes les activités des Maraudeurs – le harcèlement, par exemple, ce n'est pas justifiable, y compris envers Severus Rogue.
D'ailleurs, je tiens à vous demander pardon si j'ai laissé des erreurs, que ça soit des fautes de frappe, d'inadvertance ou de concordance des temps.
Bonne lecture :)
-M-W-P-P-M-W-P-P-M-W-P-P-
« Dehors, j'irai me battre. »
Remus Lupin ne pouvait s'empêcher de se dire que le coucher du Soleil derrière les montagnes lui manquerait.
Le loup-garou était debout, en haut de la colline qui surplombait le parc. Il apercevait d'ici la maison de Hagrid, les serres sur la gauche, une partie du Lac Noir et l'immensité de la Forêt Interdite, qui s'étendait à perte de vue. Le vent était agréablement tiède, bien que le début de l'été était particulièrement frais, cette année.
Les épreuves d'ASPICs s'étaient déroulées quelques semaines auparavant – les examens de 7ème année se déroulant systématiquement avant ceux de 5ème année, qui se déroulaient eux-mêmes avant ceux des autres niveaux. Des premières années, qui étaient joyeusement sortis l'avant-veille de leur dernier examen, avaient rappelé à Remus le soulagement qu'il avait d'habitude ressenti lors de la fin de ses propres évaluations – sauf cette année, évidemment.
Cette année, c'était particulier. La fin d'une époque – qui allait probablement rester la meilleure de sa vie, Remus en était amèrement persuadé – et le début d'une autre, bien, bien plus sombre.
-mwppmwpp-
Sirius Black baillait bruyamment.
- C'est fou que tu sois sans cesse fatigué, Patmol. Tu n'es pas préfet, tu ne travailles pas, tu n'as pas de copine, alors comment c'est possible ?
Quatre Gryffondor s'étaient installés dans leur salle commune étrangement calme.
James Potter, confortablement affalé dans un petit canapé, caressait distraitement les cheveux de Lily Evans. Celle-ci avait calé sa tête sur les genoux de son petit-ami, le corps allongé sur le reste du canapé et les jambes dans le vide. Sa main gauche était étroitement liée à celle de James.
Peter Petitgrow avait pris un fauteuil à part. Sans un mot, il contemplait sa baguette, qu'il retournait entre ses doigts, comme si scruter chaque accroc dans le bois pouvait le détourner de ses propres pensées
Enfin, Sirius Black s'était un peu éloigné : à quelques mètres, il était assis sur le rebord d'une fenêtre. Le front sur la vitre et silencieux depuis quelques minutes – ce qui était assez rare pour être souligné –, le jeune homme contemplait le parc, en détaillant les sentiers qu'ils avaient si souvent parcourus.
L'Animagus ne rétorqua rien à James, préférant lui adresser un regard narquois. Son meilleur ami le dévisageait à présent avec une moue soupçonneuse, constatant qu'il n'obtiendrait aucune réponse.
Toutefois, la remarque légère de James sur la fatigue de Sirius n'eut pas l'effet escompté. Dans la salle commune presque vide régnait encore une tension grave. Chacun avait à l'esprit ce que le Directeur de l'École de Sorcellerie Poudlard leur avait proposé, une demi-heure plus tôt, ce soir-là.
- mwpp-
Albus Dumbledore, debout derrière son bureau, les mains dans le dos et le regard aussi perçant qu'à l'accoutumée, avait reçu les cinq Gryffondors dans ses quartiers. Le Directeur avait sondé les mines des Maraudeurs et de Lily Evans, qui attendaient, interdits et inquiets, face au plus grand sorcier du siècle.
- Bonjour, jeunes gens, avait-il enfin commencé. Je vous conseille de vous asseoir, j'aimerais que nous parlions.
Après un geste de la main, il avait fait venir des sièges de la pièce voisine, qui s'étaient arrêtés devant les cinq adolescents devant la loi, ils étaient adultes, mais était-ce vraiment ainsi que pouvait les voir Albus Dumbledore ?
Il avait grimacé. Il fallait bien.
Peter, Lily et James étaient restés perplexes. Ils s'étaient assis sans quitter le Directeur des yeux. Remus, en revanche, avait été plus lent à s'installer. Il savait pourquoi ils étaient là, il avait fini par le deviner. Sirius, qui l'observait, avait compris à son tour. Il avait noté la pâleur du loup-garou, qui accentuait le violet foncé de ses cernes. L'estomac de l'Animagus de s'était noué. Lily, qui leur avait jeté un regard, avait à son tour percuté, et ses joues avaient perdu leur roseur habituelle.
Les adolescents s'étaient finalement installés. C'était un jour de juin, il faisait frais pour la saison. Ils étaient la veille des résultats de la Coupe des Quatre Maisons, ils avaient passé leurs ASPICs, ils étaient sur le point de quitter Poudlard pour – enfin – entrer dans la vie active.
- J'aimerais que vous entriez dans l'Ordre du Phénix, leur avait alors annoncé, abruptement et extrêmement calmement, Albus Dumbledore [1].
Mais cette fin d'année était tout sauf normale. Lord Voldemort, dehors, était prêt.
Cette requête, faite pour le moins à brûle-pourpoint, avait rendu muets les Gryffondors. Le directeur leur expliqua alors ses motivations : il connaissait l'aversion de Sirius et James pour la magie noire, il connaissait l'engagement et la colère de Lily et Remus face aux injustices, il connaissait la loyauté de Peter, il connaissait leur détermination à tous. Il savait aussi que James et Sirius prévoyaient de devenir Aurors que Remus aurait, en dépit de sa condition de loup-garou, aimé les suivre que Peter et lui voulaient fonder leur émission de radio politisée et que Lily souhaitait devenir alchimiste, spécialisée dans les remèdes aux potions issues de la magie noire. Le directeur était aussi conscient de leurs qualités exceptionnelles en magie de leur courage et de leur volonté sans faille de mener un combat face à un nouveau mage noir, qui se faisait plus fort chaque jour.
C'est pourquoi Albus Dumbledore leur demandait, maintenant que leurs étdes à Poudlard étaient finies, de se joindre à lui d'intégrer cette organisation, plus ou moins connue sous le nom d'Ordre du Phénix.
Le Directeur leur avait expliqué ensuite les rôles que l'organisation jouait ses objectifs, ses moyens, sa nécessité dans des temps troubles comme ceux qui, présentement, s'installaient.
Et quand, enfin, les adolescents eurent digéré ce qu'Albus Dumbledore venait de leur révéler, Sirius, James et Lily avaient posé une montagne de questions. Cette association, dont le nom circulait timidement depuis quelques années, existait donc réellement ? Les rumeurs sur son fondateur étaient avérées ? Et son influence, sa puissance face à Voldemort, était-elle comme on la décrivait ?
Le Directeur avait répondu à chacune des questions avec les informations qu'il était en mesure de leur transmettre. Il n'avait pas fait de commentaire sur la seule question que posa Peter, qui portait sur leur obligation à se battre ni sur le fait que Remus n'en avait pas posé du tout.
Les minutes passèrent, et lorsqu'ils n'eurent plus d'interrogations, Albus Dumbledore avait à nouveau exposé sa requête.
Lorsque les cinq adolescents étaient sortis, ce soir-là, du bureau du sorcier le plus puissant de Grande-Bretagne – et sans aucun doute du monde –, ils avaient adhéré à une organisation militante secrète et sélective, défenseuse des libertés et de la justice face à l'influence grandissante de Lord Voldemort, connue sous le nom d'Ordre du Phénix.
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Depuis, ils étaient rentrés dans la salle commune, vidés. Si Sirius et James en avaient parlé avec énergie tout le long du trajet, leurs paroles s'étaient à présent taries. Depuis quelques minutes, le silence s'était fait.
Tout à coup, Sirius releva la tête du carreau.
- Il est où Remus ?
Ses sourcils se froncèrent tout à coup, et il se mordit la lèvre, en sentant la panique le gagner. Perdu dans ses propres pensées, il n'avait pas remarqué que le loup-garou avait disparu. Et à en voir les expressions horrifiées de ses amis, il n'était pas le seul.
- Il m'a dit qu'il allait prendre l'air, ou qu'il passait par les toilettes, je ne sais plus trop, balbutia Peter, en relevant pour la première fois les yeux de sa baguette. Vous croyez qu'il…
- C'est pas bon, ça, articula James, en se redressant doucement, tandis que Lily s'asseyait à son tour.
Lorsqu'ils bougeaient, des nuages de poussière s'échappaient des coussins. La salle commune, vide de ses élèves – ils s'étaient tous rassemblés dans la Grande Salle pour l'un des grands diners de fin d'année et y étaient encore malgré l'heure tardive – semblait hors du temps, comme si elle n'appartenait plus qu'aux Maraudeurs et à celle qui les accompagnait.
- Quel est le problème ? demanda finalement Lily, timidement, en observant tour à tour la culpabilité de James, la confusion de Peter, et la course de Sirius, qui s'était précipité vers son dortoir.
- Quand Lunard s'isole comme ça, c'est… C'est rarement bon, expliqua le Gryffondor à sa petite amie. Plusieurs fois, il voulait aller réfléchir et on l'a retrouvé tout seul et dans des états déplorables, après des situations de stress, et…
James ne finit pas sa phrase, en observant Sirius. Son meilleur ami était revenu comme un Cognard lancé en finale dans la salle commune, un vieux bout de parchemin miteux à la main, qu'il étala sur une table vide, tachée d'encre et de gribouillages en tout genre.
Lily l'observa sortir sa baguette d'une main tremblante et marmonner une phrase qu'elle n'arriva pas à distinguer, avant de coller le nez sur le papier. James se leva et le rejoint, suivi par Peter.
Lily hésita : cela faisait partie des objets propres aux Maraudeurs, dont James ne lui avait pas parlé – elle s'estimait déjà heureuse d'avoir connaissance de la Cape d'Invisibilité. Finalement, la jeune fille resta assise sur le canapé, en observant la mine ennuyée de son petit ami, ses sourcils épais qui s'étaient froncés, sa mâchoire saillante, ses lunettes qui glissaient le long que l'arête de son nez, ses mains qui parcouraient les lignes qui s'étaient dessinées sur le parchemin – était-ce une carte magique ?
Avant que Lily ne réfléchisse davantage, Sirius se redressa brusquement. Il plia avec empressement la carte.
- Il est dans le parc. Je vais le rejoindre.
Et le descendant de la noble et très ancienne famille Black se rua vers le portrait de la Grosse Dame, en glissant maladroitement dans sa poche le grand bout de parchemin.
- Patmol, la Cape ! lui cria James, mais son meilleur ami avait déjà disparu. Mais le couvre-feu est passé, on ne peut pas sortir comme ça…
- Tout le monde est dans la Grande Salle, avec un peu de chance, il ne se fera pas arrêter, espéra Lily.
La jeune femme s'était finalement levée, et rapprochée de son petit-ami. Celui-ci lui ouvrit les bras, et ils s'enlacèrent quelques secondes. Puis James se détacha.
- Je vais le rejoindre, lui dit-il doucement. Je crois que Remus va avoir besoin du soutien des fameux Maraudeurs.
Lily acquiesça, les yeux plongés dans les siens. Elle avait mis ses mains sur celles de James, qui tenait délicatement son visage. Ils s'embrassèrent amoureusement, avec une douceur que le Poursuiveur ne témoignait qu'en présence de la jeune femme, puis le couple s'écarta. Alors que Lily prenait la place de Sirius sur le rebord de la fenêtre, James se précipita dans le dortoir. Peter resta avec elle, en se tordant les doigts – l'Animagus semblait confus, et ostensiblement ennuyé.
- Je n'ai pas compris, lorsqu'il s'est éloigné, murmura-t-il, les yeux dans le vide. J'aurais dû comprendre.
- T'en fais pas, Peter, lui répondit doucement Lily.
Elle le regarda avec compassion. Avec deux amis comme James et Sirius, toujours dans la réaction, à foncer tête baissé et à bien trop souvent s'en sortir sans ma moindre anicroche, être plus réservé comme l'était Peter ne devait pas toujours être facile. Heureusement que Remus rétablissait l'équilibre entre les Maraudeurs.
Peter, vêtu d'un pull léger à rayures jaunes et rouges – car il faisait vraiment frais, au crépuscule – continuait de témoigner sa nervosité. Il se rapprocha d'une autre fenêtre, dans l'espoir d'apercevoir, de là où il était, la silhouette de Remus.
- Tu as au moins remarqué qu'il s'était absenté, continua Lily. Après ce que Dumbledore nous as dit, c'est bien normal d'avoir la tête ailleurs.
D'un air absent, Peter hocha la tête, avant de la remercier d'un petit sourire incertain.
James déboula dans la salle commune, une étoffe d'argent et irréellement fluide dans les mains. Avant de disparaître sous la Cape, qu'il était allé récupérer, il adressa à Lily un dernier sourire charmeur, moins pour la rassurer que pour se redonner contenance.
- Ne t'inquiète pas, Evans, je serai bientôt de retour.
- Malheureusement, je n'en doute pas. Va donc réconforter Remus.
- Viens Queudver, allons secourir notre bon vieux Lunard.
Peter se glissa à son tour sous la Cape d'Invisibilité, et le bruit de leurs pas s'évanouit une fois le trou du portrait passé.
Lily contempla à nouveau le parc par la fenêtre – aller manger ne servait à rien, son estomac était bien trop noué pour cela. Pensivement, elle observa la brûlure qu'elle s'était fait en cours de Potions, plusieurs semaines auparavant.
Elle adorait l'alchimie et la magie en général, mais elle ne se faisait pas d'illusions. Jamais elle ne supporterait de faire des études loin de Londres, tandis que l'Ordre s'organiserait.
Lily savait très bien qu'une fois dehors, elle allait s'engager. Et seulement une fois Voldemort vaincu, elle pourrait songer à se poser à construire sa propre vie. Et Lily sourit, en se voyant chez elle avec James, le reste des Maraudeurs et quelques amies – Mary McDonald, ou Alice Prewett [2], probablement accompagnée de Frank Longdubat –, tous autour d'une Bièreaubeurre, pour célébrer la paix pour laquelle ils se seraient battus.
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Dans le parc, Sirius courrait à en perdre haleine. Si sa condition physique ne s'était pas remarquablement améliorée après ses transformations en chien et ses escapades sportives avec le reste des Maraudeurs, il se serait sûrement écroulé avant même d'avoir descendu tous les escaliers.
A mi-chemin, il comprit pourquoi James lui avait beuglé de prendre la Cape – il s'était précipité avec tellement de force dans un recoin pour échapper au regard inquisiteur d'Argus Rusard qu'il aurait définitivement un bleu sur l'épaule le lendemain. Après cela, Sirius avait avancé plus prudemment, consultant la Carte que les Maraudeurs avaient achevé en début d'année, et qu'ils avaient depuis utilisé sans vergogne – en s'autorisant malgré tout une bousculade avec Rogue, qui était malencontreusement sur son chemin [3].
Dehors, un frisson le parcourut. Le vent se glissa sous son t-shirt et souleva ses cheveux longs. Lorsque qu'un peu plus tôt dans la journée, Sirius avait croisé Regulus, la tête qu'avait tiré son frère l'avait bien fait marrer. Manifestement, le plus jeune des Black avait fait une attaque en voyant son grand frère se pavaner en vêtements moldus – jean, t-shirt et veste en jean. Maintenant, Sirius regrettait de ne pas avoir, comme James, mis quelque-chose de plus chaud. Son meilleur-ami adorait son pull à l'effigie de son club de Quidditch préféré, offert par Sirius pour son anniversaire l'année précédente.
Le jeune homme continua de courir vers le haut de la colline, pas si loin du Saule Cogneur, où Remus Lupin était allé. Il devina au loin sa silhouette, debout face au coucher de Soleil, qui donnait au ciel une intense couleur cramoisie.
Lorsqu'il arriva à sa hauteur, Sirius Black observa Remus, et malgré tout, un certain soulagement l'envahit. Le loup-garou était calme, son visage profondément balafré était fermé, mais il ne semblait pas être sur le point de céder à l'angoisse. Au contraire, en le regardant plus attentivement, Sirius remarqua son air sérieux, résigné, bien trop grave pour un membre des Maraudeurs.
Remus, lui, ne lui adressa pas un regard, et continua de fixer l'horizon mais il le devinait du coin de l'œil, rouge d'avoir couru, essoufflé, la mine un peu paniquée.
- C'est beau, hein, fit finalement le loup-garou, dans un murmure presque inaudible, les yeux toujours rivés sur le décor qui lui faisait face.
Un instant interdit, Sirius réfléchit de quoi pouvait bien parler Remus, avant de détacher ses yeux de son visage pour observer à son tour le paysage. Il était à couper le souffle.
- Ouais, répondit simplement l'Animagus, après quelques secondes de réflexion. … Presque autant que moi.
Pour la première fois depuis quelques heures, un sourire dérida le visage marqué du loup-garou. Il ferma les yeux, puis les rouvrit en se tournant vers Sirius.
- C'est impossible, tu ne peux pas être sérieux deux minutes, lui reprocha Remus avec un ton faussement accusateur, adouci par la malice qui faisait briller ses yeux.
Sirius lui offrit un sourire carnassier.
- Tu ne peux pas me reprocher de ne pas être sérieux [4].
Remus soupira de plus belle en levant les yeux au ciel – ils avaient fait ce jeu de mot bien trop souvent ces sept dernières années – puis il reprit son expression sérieuse, mélancolique. Cette expression, il l'avait toujours eue ponctuellement – au décès de son père, lors d'une attaque meurtrière de Mangemorts dans son village d'enfance – mais Remus l'avait, des dernières semaines, beaucoup trop arborée.
Un court silence s'installa, tandis que les deux garçons contemplaient à nouveau le coucher de Soleil.
- Désolé de ne pas avoir vu que tu étais parti, Rem', finit pas dire doucement Sirius.
- Je ne t'en veux pas, répondit l'intéressé sur le même ton. On est tous préoccupés.
- Non, Rem', je suis vraiment désolé.
Remus hocha simplement la tête, avec une boule dans la gorge qui l'empêchait de parler. Il avait croisé ses bras contre son torse, sa baguette magique dans la main gauche – des années avec ses amis lui avaient appris à ne jamais s'en séparer, mais dehors, il n'allait plus la quitter pour des raisons bien différentes.
Sirius, silencieusement, glissa son bras derrière les épaules du loup-garou, et le serra contre lui. Remus ferma les yeux et posa sa tête sur l'épaule que l'Animagus lui offrait. Était-ce l'imminence de la pleine lune qui le rendait aussi anxieux et à bout de nerfs ? Le loup-garou ne s'y trompait pas. Certes, ces nuits étaient toujours une épreuve, mais il était bien conscient que sa préoccupation avait une origine toute autre.
Les deux adolescents – car quoiqu'en pensait Dumbledore, il était impossible de les appeler autrement – restèrent plusieurs minutes dans cette position. Ils ne parlèrent ni de ce qui avait poussé Sirius à venir aussi vite, ni de leur complicité dans une période qui était si hostile, ni de la véritable raison de la présence de Remus dans le parc. Ils restèrent simplement silencieux. Après tout, ils n'avaient rien à dire – ils savaient déjà.
Après plusieurs minutes, au cours desquelles ils n'avaient pas desserré leur étreinte, les deux Gryffondor entendirent derrière eux les pas étouffés et les voix de James et de Peter. Sirius et Remus s'écartèrent, pour se tourner vers le château. Ils ne voyaient pas leurs amis, qui étaient encore cachés sous la Cape – ce qui relevait du miracle, étant donné leur taille.
- James, je crois qu'on peut l'enlever, maintenant, tenta Peter. C'est assez loin pour que personne ne nous voie.
- J'ai parié avec Lily que je n'aurais plus de retenue avant la fin de l'année, c'est pas pour perdre maintenant…
- Mais James, tu penses vraiment que McGo va te coller à deux jours de la fin de l'année ? Avec la performance que tu as fait pour l'épreuve de métamorphose ?...
Remus souriait à nouveau – ou plutôt, un rictus amusé tordait l'une de ses joues. Lorsqu'il échangea un regard avec Sirius, celui-ci levait les yeux au ciel – tic qu'il avait pris du loup-garou. Leurs amis étaient irrécupérables, des champions toutes catégories.
Le duo se tourna à nouveau vers le coucher de Soleil. Il avait presque disparu derrière la montagne, à présent. Avec une mélancolie retrouvée, Remus réalisa que c'était le dernier coucher de Soleil qu'il pourrait contempler avec le titre d'élève de Poudlard, dans ce château. Sirius perçut ce changement d'humeur. Toujours muet, il posa simplement la main sur l'épaule de Remus, qui avait glissé la sienne dans sa propre poche.
James et Peter finirent par s'approcher. Ils avaient enlevé la Cape, et James la laissa simplement tomber à ses pieds. Leur calme revenu, ils se mirent au côté de Sirius, et regardèrent le paysage à leur tour. Respectueux – ce qui était, ça aussi, assez rare pour être remarqué – face à l'émotion de Remus, le reste des Maraudeurs restèrent ainsi quelques minutes. James rangea machinalement dans sa poche de pull la Carte que lui tendait Sirius, sans détacher les yeux du spectacle éblouissant que leur offrait, une dernière fois, le domaine de l'École Poudlard. Ils profitèrent du vent, des effluves de la Forêt Interdite, du craquement des branches, de l'odeur de renfermé qui leur parvenait du château, et de très loin, des voix des élèves qui résonnaient dans les couloirs.
- Dehors, ça ne sera plus pareil, articula alors Remus, la voix étouffée.
- C'est-à-dire ? dit Sirius.
- Plus de retenues, plus de Rusard… proposa James.
- J'admets. Mais surtout…
Remus cherchait ses mots. Beaucoup de choses rares arrivaient, ce jour-là.
- Dehors, on va devoir se battre. On ne va pas pouvoir être comme ici, à juste flâner, avoir comme seule menace McGo, comme seul but les ASPICs, ou seul ennemi Rogue…
- Qui est déjà pas mal, niveau magie noire, nuança encore James.
- Cornedrue.
- Oui, Patmol ?
- Ferme-la un peu deux minutes.
Mais tout n'avait manifestement pas changé non plus, ce soir-là.
Après l'invitation polie de Sirius, les Maraudeurs rirent nerveusement, puis avec de plus en plus d'hystérie. Remus se pinçait les lèvres pour rire le plus silencieusement possible, ce que Sirius essaya de faire également, jusqu'au moment où des larmes de rire perlèrent au coin de ses yeux.
Lorsqu'ils furent calmés, et quelques minutes avant que le Soleil ne disparaisse totalement derrière les montagnes, James pris la parole. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été aussi sérieux, et aucun des trois autres ne pensaient avoir déjà entendu une telle intensité dans voix.
- Dehors, j'irai me battre.
Un court silence accueillit sa déclaration, alors il poursuivit.
- Je ne veux pas laisser un gars exterminer les Moldus, ou s'en prendre à des Nés-Moldus – que je sois ou non avec Lily. Je ne veux pas vivre dans un monde qui aura été détruit par Voldemort, ou dans un monde dans lequel je ne me serai pas battu pour ma liberté, ou les deux à la fois. Je vais me battre.
Sirius acquiesça.
- Je… moi aussi, articula-t-il.
Le descendant des Black se tut un instant. Chacun avait en tête l'idée que leur ami, lui, avait de toute façon déjà commencé à se battre depuis bien longtemps – après sa Répartition à Gryffondor, et après son départ de la maison du Square Grimmaurd, l'été de sa sixième année.
- Je ne supporterais pas de laisser ma propre famille continuer ce qu'elle a fait, avec moi ou avec Andromeda. Je ne peux pas les laisser étendre leurs principes, et… laisser ma cousine ou son mari tranquillement en liberté.
Sirius se racla la gorge, puis repris la parole.
- Bon, je ne saurais pas le dire comme toi, James, mais moi aussi, je vais me battre.
Un sourire narquois naquit ensuite sur ses lèvres.
- Et puis, une vie sans action, ce n'est pas une vie, continua-t-il. Je préfère choisir de mourir que de me terrer quelque part en attendant qu'un autre terrasse Voldy ou Bellatrix pour moi.
James sourit à son tour.
- Irrécupérable.
- Définitivement, acquiesça Remus.
- Plus personne n'en doutait, ajouta Peter.
L'Animagus semblait aussi nerveux que dans la salle commune. Personne n'était dupe, ils avaient perçu la peur de leur ami, qui craignait pour sa vie.
- J'irai aussi, ajouta finalement Remus.
Son murmure était très bas.
- Personne ne me laissera être Auror, Médicomage, ou journaliste. Me battre pour mes idées… pour ma condition…. et pour ce à quoi, ceux auxquels je tiens… c'est tout ce qu'il me reste. Rien d'autre, aucune stabilité que j'ai ici ne subsistera, dehors.
Un ange passa, avant que Sirius ne reprenne la parole. Sa main serrait fortement l'épaule de Remus.
- C'est ce qu'on fera tous. Se battre. Maintenant que Dumbledore nous a fait entrer dans l'Ordre du Phénix.
James hocha la tête.
- Ça sera une expérience non négligeable, quand je reprendrais mes études d'Auror.
Sirius et James échangèrent un rictus. Ils n'en n'avaient pas encore parlé, mais l'un et l'autre souhaitaient, comme Lily, mettre de côté leurs avancements personnels pour s'engager pleinement au service de l'Ordre.
- Il faudra faire attention les uns aux autres, ajouta doucement Peter.
- T'inquiète. On sera là, on sera unis.
James avait répondu sans quitter l'horizon des yeux. Cela ne l'empêcha pas de tapoter, dans l'espoir de lui apporter un peu de réconfort, le haut du dos de Peter Petitgrow.
- On se protégera mutuellement, ajouta Sirius.
- On est bien obligés. De toute façon, si Peter et moi ne sommes pas là pour vous surveiller, James et toi allez foncer comme deux abrutis dans les problèmes et on devra vous sauver, comme d'habitude.
Le noble descendant de la très pompeuse famille Black mit une claque à l'arrière de la tête de Remus Lupin.
- T'as raison, Rem', répondit toutefois Sirius. On est bien mieux ensemble. L'Ordre du Phénix et les Mangemorts n'ont plus qu'à trembler face aux talentueux, irrévérencieux, et particulièrement redoutables… Maraudeurs.
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- Non mais on est débiles. Des fonds de chaudrons. La saleté sur les chaussettes de Merlin. PIRE, la saleté sur les chaussettes de Servilus.
- Woh, woh, attention James, ne va pas trop loin quand-même.
- Je suis d'accord avec Siri', Cornedrue. C'est toi qui est la saleté sur les chaussettes de Rogue, pas nous.
L'expression scandalisée de James Potter, qu'il adressa à Remus, fit, malgré le tragique de la situation, rire les trois autres Maraudeurs.
James parcourait leur chambre en long, en large et en travers. En continuant de maugréer, une main sur la hanche, l'autre qui faisait des mouvements bien trop vifs, il répétait sans cesse ce qu'il venait de se passer et ne cessait de se demander comment, comment, avaient-ils réussi à se faire confisquer la Carte des Maraudeurs [5].
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Lorsqu'ils étaient revenus du parc, la nuit avait commencé à tomber. Après leurs échanges intenses en émotions, leur prudence s'était plus vite faite la malle que les Croups du professeur Brûlopôt face aux gigantesques Scroutts à Pétard. Comme des fleurs, ils étaient alors revenus au château, emplis d'une détermination nouvelle, teintée d'une gravité qui leur était, jusque-là, assez étrangère.
Ce fut ce moment précis qu'avait donc choisi Rusard pour apparaître devant eux, dans l'encadrement de la porte d'entrée, un grand sourire aux lèvres.
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- Je suis sûr que c'est à cause de Servilus [6] ! répétait James, dans leur dortoir. Je n'aurais pas aimé le connaître en temps de guerre, lui.
- Tu es obsédé par Rogue, Cornedrue. Et je comprends vraiment pourquoi il ne nous aime pas, vu ce qu'on lui fait subir.
James soupira théâtralement, en pinçant l'arête de son nez.
- Lunard, mon bon Lunard, te voile pas la face, je suis réaliste. Tu as entendu quel point même Patmol est d'accord avec moi.
- Il est toujours d'accord avec toi.
- Mais je crois vraiment qu'il a raison, Rem', intervint Sirius.
Il était allongé dans son lit, une baguette réglisse de chez Honeydukes entre les dents. Son expression était à la fois éberluée, désabusée et amusée.
- Je l'ai bousculé, Servilus, quand j'ai couru dans les couloirs. Par absolue inadvertance, bien entendu. A tous les coups, ce Mangemort m'a a suivi, nous a vu de loin, et a prévenu Rusard.
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Rusard, face aux quatre Maraudeurs horrifiés, avait été de son côté très satisfait. James, de son côté, réalisait qu'ils avaient la Cape et la Carte sur eux. Comment avaient-ils pu être assez inconséquents, assez naïfs et assez ahuris pour être ainsi pris sur le fait ? Eux, les maîtres incontestés des mauvais coups ?
L'Animagus s'était mis à penser à toute vitesse en écarquillant les yeux – il devait protéger la Cape d'Invisibilité, qu'il avait présentement dans les mains, dans son dos. Lorsque Rusard s'était retourné, le temps d'une seconde, pour sourire à Miss Teigne, qui s'était faufilée entre ses jambes, James avait échangé un regard entendu avec son meilleur ami.
Sirius avait compris tout de suite. C'est pourquoi le Gryffondor avait héroïquement couru vers le concierge et s'était jeté sur lui avec suffisamment de force pour le plaquer au sol.
- Attention, monsieur, des Corbeaux de Cornouailles ! lui avait-il ensuite crié. Ils se sont échappés des cages du professeur Brûlopôt !
Jamais Sirius n'avait dit une phrase qui avait aussi peu de sens, ni improvisé d'une manière qui fut aussi peu crédible. Mais lorsqu'il s'était relevé et qu'il avait aidé Rusard à faire de même, James avait eu le temps de cacher la Cape sous son pull.
- On a failli y passer, avait soupiré Sirius, en fixant au loin des créatures inexistantes s'éloigner.
- Oui, heureusement que notre camarade était là, avait ajouté James, en regardant à son tour au loin, avec un soulagement non-feint. Il faut être sorcier pour les voir, monsieur, mais comprenez…
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- Le coup des… Corbeaux de Cornouailles ? Je ne sais pas si c'est du génie ou le pire truc qu'on ait jamais inventé, soit-dit en passant, ajouta Remus, le nez dans un bouquin. Si Rusard t'avait cru, Siri', ça aurait traduit une certaine sénilité.
- On fait avec ce qu'on a, écoute. T'aurais fait quoi, à ma place ?
- Rien de mieux, je te l'accorde.
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- Black, je ne peux plus vous mettre de retenue, mais sachez que je saurai me venger. Videz vos poches, tous les quatre.
Les Maraudeurs avaient échangé un regard, alors que le concierge déblatérait tout un tas de qualificatifs plus ou moins injurieux et de menaces qu'il rêvait de mettre à exécution.
- Alors que nous vous sommes venus en aide, mons…
Le regard de Rusard avait dissuadé James de finir sa phrase. De mauvaise grâce, les quatre Gryffondors avaient donc vidé leurs poches : ils avaient sorti des mots sur des bouts de parchemins, quelques friandises de chez Honeydukes, un caillou – pourquoi Peter gardait-il dans sa poche un caillou ? –, un dictionnaire de runes miniaturisé – pourquoi Remus… non, en fait, les autres ne se posaient pas la question –, leurs baguettes, et enfin, la Carte du Maraudeur.
Remus se souvint toute sa vie du regard triomphant d'Argus Rusard. Loin d'être sénile en se révélant même remarquablement perspicace, il avait semblé avoir saisi la nature du vieux bout de parchemin de ce qu'il avait réussi à leur confisquer. Les Maraudeurs n'avaient pu s'empêcher, à l'unisson, de soupirer en voyant le concierge glisser dans sa propre poche leur plus grande réalisation.
- mwpp-
- Vider nos poches… continuait de marmonner James. Je suis dégouté. Sincèrement. Quel trésor d'ingéniosité, cette Carte.
- Le temps qu'on a passé, avec ce sortilège d'Homonculus, geint à son tour Remus – qui s'était introduit plus d'une fois dans la Réserve, en pleine nuit, pour consulter des ouvrages afin de perfectionner la Carte.
- Vois le bon côté des choses, James, tu sais maintenant qu'on ne peut pas te coller de retenue avant la fin de l'année. Tu vas le gagner, ton pari avec Evans, dit Sirius.
James secoua la tête de plus belle, une expression horrifiée sur le visage, le regard hagard.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? s'inquiéta Peter.
- Elle sait tout, Lily, expliqua le Gryffondor, les yeux fixés sur le plancher. Elle sait quand je lui cache quelque-chose. Avant demain soir, elle m'aura fait avouer que j'ai échappé à la retenue par pure chance. Elle sait.
- Bon courage, Cornedrue, souhaita Remus.
- Oui, bon courage.
Pendant quelques secondes, James ne dit rien de plus, mais ce fut de courte durée.
- Et après tout ça, la Carte…
- Ouais, la Carte… soupira le loup-garou, tandis que Sirius acquiesçait de la tête avec énergie à leurs lamentations.
- On n'en aurait plus eu l'utilité, les raisonna Peter. Et qui l'aurait récupérée, après Poudlard ?
Un silence accueillit sa déclaration sensée. Remus, Sirius et James regardaient Peter avec une certaine perplexité. Personne ne savait quoi répondre. Les quatre Maraudeurs s'étaient alors tus. C'est vrai qu'après tout, ils ne l'auraient surement plus utilisée – ou seulement par nostalgie, quelques fois, pour observer de chez eux les activités des élèves.
Dans un sens, cette perte marquait vraiment la fin de Poudlard, songeait Remus, son bouquin à la main, les yeux dans le vide, assis au bout du lit de Sirius.
Ce dernier avait posé sa main sur le bras du loup-garou et continuait de manger sa baguette réglisse. Il observait tour à tout Remus, ses amis et son sachet de friandises déjà pratiquement vide. Peter, de son côté, rangeait distraitement quelques livres dans sa valise, en fronçant les sourcils, semblant évaluer s'ils lui avaient réellement servi au cours de l'année. James, enfin, finit par s'immobiliser. Il se laissa tomber à même le sol, et pensif, il observa leur dortoir – qui, d'ici deux jours, ne seraient plus vraiment le leur.
Avec un sourire narquois, James rit en pensant aux premières années qui, en septembre, investiraient la grande chambre, à leur tour pour sept ans [7]. Les Maraudeurs avaient laissé des gribouillis, des gravures, des tâches, des Bombabouses sous les lattes du plancher et des bouts de parchemin partout. Tout ne pourrait pas disparaître, peu importe la puissance magique des elfes, surtout que la moitié des dégâts causés étaient dus à des sortilèges et potions en tout genre. Ces prochains élèves auraient assurément quelques surprises. Cette pensée finit par lui remonter le moral.
- Tout ce que j'espère, annonça soudain Sirius avec un sourire rêveur, c'est que d'autres prendront le relais. Avec ou sans la Carte. Même si elle ne le dit pas, on va manquer à McGo. Et à Dumbledore. C'était nous, qui mettions l'animation dans ce château. Ça va être vraiment déprimant ici, avec Voldemort dehors et sans nous pour mettre de l'ambiance.
- Je ne suis pas sûr que quelqu'un puisse récupérer la Carte, intervint Remus, qui riait quand même en imaginant les résident du château les supplier de revenir.
- On n'en a pas eu besoin pendant six ans, la prochaine génération s'en sortira aussi sans, le rassura Sirius, qui continuait de pianoter distraitement sur son avant-bras.
James, de son côté, fit silencieusement venir quatre bouteilles de Bièreaubeurre depuis sa valise. Il était définitivement devenu professionnel en sortilèges informulés, ce qui était bien pratique lorsqu'il se baladait la nuit en toute illégalité. Il les donna ensuite à ses quatre meilleurs amis.
Malgré leurs rires et leurs piques incessantes, l'ambiance était devenue solennelle. Remus avait refermé et lancé sur le lit d'en face son exemplaire de Museau velu, cœur humain [8] Sirius s'était redressé et avait rangé ce qu'il restait de sa baguette réglisse Peter, quant à lui, attendait les paroles du quatrième des Maraudeurs, sa Bièreaubeurre à la main.
- A nous, annonça James en levant sa bouteille. A Lunard, à Queudever, à Patmol et à moi-même, Cornedrue. Les experts en mauvais coups, les meilleurs maniganceurs que Poudlard ait vu. Aux Maraudeurs.
- Et à ceux d'après, ajouta un Sirius narquois sans pouvoir s'en empêcher, tant et si bien que Remus faillit s'étrangler avec sa boisson en pouffant.
Et tous les quatre souriaient en buvant leur dernière Bièreaubeurre, en tant qu'élèves, en tant que Maraudeurs, dans la prestigieuse École de Sorcellerie Poudlard.
-mwppmwpp-
A plusieurs centaines de kilomètres de là, Molly Weasley, dans le lit conjugal, ronchonnait.
- Mollynette, moi non plus, je n'y comprends rien, tenta de la rassurer son époux, Arthur Weasley.
- Maman, ils pleurent encore, vint se plaindre une voix enfantine derrière leur porte.
- J'y vais, Bill chéri, retourne dans ton lit.
Molly se tourna vers Arthur. Tous deux étaient perplexes face à l'attitude de leurs jeunes fils.
- Pourquoi, quand je viens, ils ne pleurent plus, et quand je repars, ils pleurent à nouveau ? répéta la mère. Ils me font tourner en bourrique, j'ai l'impression qu'ils le font exprès.
Le père ne dit rien. Il avait le même sentiment que sa femme, bien que leurs deux plus jeunes ne pouvaient avoir déjà cette conscience à leur âge – ils avaient à peine trois mois [9].
Il n'y avait pas à dire, Fred et George Weasley étaient vraiment, définitivement, et d'ores et déjà bien lancés sur le chemin de la manigance des mauvais coups.
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[1] : sur le Wiki, il est dit qu'ils entrent dans l'Ordre après leur 7ème année, mais j'aime bien l'idée qu'ils soient déjà recrutés à la sortie de leurs études, on a vraiment la transition, vous voyez l'idée ?
[2] : on ne connait pas le nom de jeune fille de la mère de Neville (ou en tous cas, je ne l'ai pas trouvé) on sait juste qu'elle est une Sang-Pur. Dans une fanfic (L'Indicible), l'auteure utilise ce nom, et j'ai décidé de le reprendre aussi, totalement arbitrairement.
[3] : typiquement, pas ouf le harcèlement.
[4] : « sérieux », serious, Sirius… la blague marche mieux en anglais, je vous l'accorde.
[5] : on sait que les Maraudeurs se sont fait confisquer la Carte pendant leur 7ème année donc techniquement, c'est pas totalement canon, qu'elle leur soit subtilisée en toute fin d'année…
[6] : la responsabilité de Severus Rogue dans la confiscation de la Carte est bien canon, en revanche.
[7] : comme une grande partie du fonctionnement de Poudlard, je ne crois pas que le système des dortoirs ait déjà été bien mis au clair (ou si vous avez des infos, je suis preneuse). Les élèves ne semblent cependant pas changer de chambre au fil des années, donc c'est pour ça que je considère que la même classe reste au même endroit 7 ans (il y aurait donc 14 chambres avec environ 5 lits par Maison, du coup). D'ailleurs, le système d'examens n'est pas clair non plus, donc les dates d'ASPICs et de BUSEs ne sont pas canons.
[8] : ce bouquin existe vraiment dans le lore d'HP, il est mentionné dans des notes de bas de page dans le manuel Les Animaux Fantastiques, concernant la partie sur les loups-garous. Paru anonymement en 1975, il est probable que Remus ait voulu le lire.
[9] : Ils sont nés le 1er avril 1978, et les Maraudeurs et Lily finissent leurs études en juin 1978 (j'espère que mes calculs sont bons).
J'admets, j'aime bien faire des notes.
J'espère que ça vous aura plu ! :)
