Bonjour à tous !

Avec un peu de retard, je vous présente la suite d'"Un long voyage". J'espère qu'elle vous plaira.

Après les tristes découvertes d'Hermione la semaine dernière, la suite de ce voyage la fait revenir à Sydney.

Merci beaucoup à ceux et celles qui prennent le temps de lire cette fic et de la commenter. C'est très gentil de votre part, et me motive à continuer.

Bonne lecture !


Retour à Sydney

La douce chaleur qui l'entourait la fit sourire. Elle était bien là, sous cette couverture dans ce lit moelleux. Les yeux encore embrumés de sommeil, Hermione savourait ce rare instant de délice, lorsqu'on vient de se réveiller naturellement et que l'esprit est parfaitement serein.

Un vague poids se mit à peser sur ses épaules, et les yeux grands ouverts, il lui fallut quelques secondes pour se souvenir d'où elle se trouvait. Le chintz qui l'entourait et la simplicité presque spartiate de la chambre la mirent sur la piste. Brutalement, les souvenirs revinrent à elle, par vagues, la mort de ses parents, la voisine bavarde, le sortilège mal exécuté et ses multiples tentatives de transplanage. Des coups discrets à la porte la tirèrent des sombres pensées qui menaçaient de la submerger :

"Ah ! Hermione, vous êtes réveillée. Je suis contente de voir que vous avez pu vous reposer un peu. Vous étiez bouleversée hier soir, j'espère que vous allez un peu mieux.

- Je... Je ne sais pas. Le choc a été rude et il va me falloir un peu de temps pour..."

Sa voix se brisa en un sanglot irrésistible. Ashley s'avança, elle portait un plateau dans les mains et le posa précautionneusement sur la table de chevet avant de s'approcher d'Hermione pour lui tapoter l'épaule.

"Vous n'étiez pas en état de me dire précisément ce qu'il s'est passé, mais j'en ai compris assez, ne vous inquiétez pas. Je suis désolée, ma chère, j'aurais tellement aimé recevoir de meilleures nouvelles de votre part.

- Je ne m'y attendais vraiment pas. Tout cela est tellement... brutal. Je regrette d'avoir fait ce voyage.

- Allons, vous dites cela maintenant, mais une fois le choc de la nouvelle passé, vous vous rendrez compte qu'il le fallait...

- Vous ne pouvez pas comprendre. Les implications sont tellement... multiples."

Devant l'air peu convaincu d'Ashley, Hermione regretta la brutalité de ses paroles. Elle tentait de la consoler, rien de plus. Ashley reprit alors quelques secondes plus tard :

" J'ai pris la liberté de prévenir Florence. Peut-être qu'elle pourra plus vous aider que moi. Elle viendra pendant sa pause de midi et déjeunera avec nous. Si cela vous convient, bien sûr.

- Ashley, je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais dire. Florence et vous m'avez beaucoup aidée et vous rencontrer a été très important pour moi. Mais...

- Allons, ma chère, ne vous inquiétez pas. Buvez un peu de thé, cela vous fera du bien. Et si vous étiez ma fille, je vous conseillerais d'écrire une lettre à vos amis restés en Angleterre. Mettre vos idées sur papier vous aidera peut-être un peu.

- Oui, vous avez raison. Je vais faire ça, merci."

Avec un petit sourire de soutien, Ashley referma doucement la porte derrière elle en quittant la chambre. Hermione but le thé qui, pour la première fois depuis son arrivée en Australie, était délicieux, puis se leva et entra dans la petite salle de bain. En s'approchant du miroir, elle eut un mouvement de recul. On aurait cru voir un monstre, ses yeux étaient rougis et gonflés par les pleurs, ses cheveux formaient une masse indéfinissable sur le sommet de son crâne et elle semblait ne pas avoir dormi depuis des jours. Une bonne douche lui ferait sans doute le plus grand bien, avant de mettre le conseil d'Ashley en application.

Alors qu'elle ne l'avait initialement accepté que par politesse, elle avait finalement trouvé l'idée très bonne. En revanche, ce n'était pas aux Weasley qu'elle avait décidé d'écrire, mais à Luna. Elle avait la sensation d'avoir entrepris ce voyage pour s'éloigner du Terrier et de l'ambiance pesante qui y régnait, et elle ne voulait pas, même en pensée, s'y replonger. Seule Luna pourrait peut-être comprendre sa démarche sans la juger, et accepter sa précipitation et les mauvaises raisons qui l'avaient poussée à partir.

Elle fouilla quelques secondes dans son sac de perle et en sorti une plume et du parchemin. Elle s'assit devant le petit bureau situé dans l'angle de la chambre et commença à suçoter sa plume comme elle le faisait lorsqu'elle était encore Poudlard. Mais à peine eut elle écrit quelques mots qu'elle saisit sa baguette pour les effacer. Non, elle ne pouvait pas commencer en lui disant que ses parents étaient morts, il fallait qu'elle ajoute quelques explications sur ce qu'elle faisait. La deuxième tentative ne fut pas plus couronnée de succès, il fallait qu'elle dise quelques mots sur ce qu'il s'était passé avec Ron au Terrier avant son départ. Et puis, Luna ne pourrait pas comprendre tout ce charabia si elle ne lui disait pas ce qu'elle avait fait à ses parents lors de son départ pour la chasse aux Horcruxes.

Au final, le parchemin était toujours vide lorsque la sonnette de la porte d'entrée résonna. C'était l'heure du déjeuner, et Florence venait d'arriver.

Elle serra Hermione dans ses bras tout en la regardant d'un air inquiet. Ashley lui avait sûrement expliqué ce qu'il s'était passé et elle tentait visiblement d'en savoir plus, mais en suivant l'invitation de leur hôtesse, elles s'installèrent à table. Florence se retint d'aborder le sujet qui l'avait fait venir durant tout le repas et elle fit même semblant de ne pas remarquer les larmes qui montèrent aux yeux d'Hermione à plusieurs reprises. Ashley se chargeait d'animer la conversation malgré le peu d'entrain de la jeune femme. Enfin, le repas avalé, Florence entraina Hermione dans le salon tandis qu'Ashley s'éclipsait.

"Allons Hermione, pouvez-vous m'en dire plus ? Ashley n'a pas osé trop vous interroger.

- J'ai retrouvé l'adresse que vous m'avez donnée, mais mes parents sont morts il y a déjà quelques mois. Il n'y a rien de plus à ajouter.

- Oh, ma chère, je suis désolée d'apprendre cela. Mes informations n'étaient pas à jour et je vous ai envoyé au-devant d'une terrible déception. Vous ne savez pas combien je m'en veux.

- Ce n'est pas de votre faute, vous ne pouviez pas savoir. Au moins, maintenant, je n'aurais plus la possibilité de me bercer de faux espoirs.

- Et comment... Comment est-ce arrivé ?

- Un accident de voiture. Un stupide accident de voiture. Ils visitaient le Bush et...

- Encore une fois, je suis désolée. Et pardonnez la brutalité de ma question mais... Savez-vous ce que vous allez faire maintenant ? Vous voulez retourner en Angleterre ?

- Je ne sais pas encore. Je n'en ai pas très envie et j'ai l'impression que... En fait, j'aimerais aller sur les lieux de... l'accident.

- Vous êtes sérieuse ? Demanda Florence en fronçant les sourcils. Pensez-vous vraiment que cela va vous aider ?

- Je ne sais pas, peut-être. J'ai l'impression que ce n'est pas réel, peut-être qu'en voyant les lieux...

- Et comment comptez-vous vous y rendre ?

- Je dois d'abord trouver où cela s'est passé. Les informations de la voisine de... de l'ex-voisine, plutôt, étaient assez floues.

- Je suppose que je pourrais vous aider, si vous le souhaitez. Maintenant que je sais quoi chercher, je trouverai peut-être des informations. Dans les journaux moldus, par exemple.

- C'est vrai ? Ce serait très gentil de votre part. Mais je ne veux pas abuser de votre temps.

- Allons, ce n'est rien et si c'est important pour vous, je le fais avec plaisir.

- Si c'est possible, j'aimerais me joindre à vous.

- Ce sont des recherches longues et fastidieuses. Eplucher des cartons d'archives n'a rien de passionnant.

- Au contraire, j'ai toujours aimé ces travaux de recherche, même lorsque j'étais étudiante. Et puis... Cela me donnera l'occasion de faire quelque chose, d'avoir un but. Vous comprenez ?

- Oui, tout à fait. Ecoutez, cet après-midi, je ne pourrais pas être disponible, mais demain matin, je vous ferai entrer dans le département des Archives et vous pourrez faire toutes les investigations que vous voulez.

- Oh ! Merci Florence. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans vous.

- Aider une amie d'Arthur me fait plaisir.

- Excusez mon indiscrétion mais… Comment connaissez-vous Arthur ? Il n'a pas eu le temps de me l'expliquer.

- Il n'y a pas d'indiscrétion, je vous assure. J'ai commencé ma carrière au Ministère anglais au Service de Détournement de l'Artisanat Moldu. Lorsque je suis arrivée en Australie pour rejoindre mon fiancé, j'ai immédiatement trouvé un poste au Service des Relations avec les Moldus grâce à mon expérience à Londres.

- Je comprends mieux. Et c'est comme ça que vous avez rencontré Ashley ?

- Exactement. J'ai ensuite sympathisé avec elle et sa discrétion a été précieuse pour moi.

- Elle vous aidait à cacher des sorciers, c'est cela ? Mais pourquoi ? " A cette question, le visage de Florence s'assombrit.

"Les agissements du Seigneur des Ténèbres ont fait des émules un peu partout dans le monde, et l'Australie ne fait pas exception. Les moyens de communication de plus en plus rapides rendent la propagation de ces idées plus faciles, malheureusement. Des sorciers nés-moldus ont été victimes d'agression de plus en plus violentes et répétées, c'est pour cette raison qu'il a fallu les protéger. Ils avaient une connaissance suffisante du monde moldu pour se fondre parmi eux, le temps que les choses se calment. Mes connexions avec les autorités moldue et avec des personnes comme Ashley m'ont beaucoup aidée.

- Donc elle ne sait pas qu'elle a hébergé des sorciers et qu'ils étaient en danger ?

- Elle est intelligente mais elle n'a pas posé trop de questions. Je pense qu'elle se doute de quelque chose mais elle me fait suffisamment confiance pour continuer sans faire de difficultés.

- Je comprends. Je ne savais pas que l'Australie avait aussi dû faire face à ces théories racistes.

- Vous étiez occupée avec ce qu'il se passait en Grande-Bretagne mais oui, il y a eu des problèmes. Ce n'est pas la première fois que cela arrive ici, mais jamais à une si grande échelle. Même avec lors de la disparition des sorciers aborigènes, il n'y a pas eu autant de victimes.

- Je l'ignorais. " Quelques coups discrets à la porte leur fit comprendre que l'heure tournait et que Florence devait repartir travailler. "Merci du fond du cœur pour votre aide. Elle m'est tellement précieuse !

- Attendez, je ne sais pas si vous trouverez ce que vous cherchez. "

Avec un sourire attendrit, Florence quitta la pièce, bientôt suivie par Hermione. Sa dernière remarque avait quelque peu refroidit l'enthousiasme de la jeune femme car elle avait visé particulièrement juste. Après tout, la dernière fois qu'elle avait cru toucher au but, les choses avaient dramatiquement mal tourné.

Quelques minutes plus tard, Florence salua Ashley et repartit au Ministère. Hermione quant à elle, était remontée dans sa chambre et tenta une fois de plus de composer sa lettre à Luna, avec cette fois-ci un peu plus succès. Elle était longue, détaillée, et probablement un peu confuse, mais si une personne sur cette planète était capable de la comprendre, c'était bien Luna !

En redescendant dans le salon, Ashley invita Hermione à boire une tasse de thé et elles commencèrent à bavarder. Hermione se laissait bercer par les confidences d'Ashley, qui lui dévoilait avec une simplicité adorable des pans entiers de son histoire. Comment son mari avait décidé de partir avec une femme plus jeune, comment Florence avait été là pour l'épauler dans des moments difficiles, comment elles s'étaient rencontrées... Ashley était une femme gentille, mais avec qui la vie n'avait pas toujours été tendre. Elle ne s'était pas endurcie ou aigrie, mais avait toujours cherché à tirer des choses positives de ces expériences. Sans être naïve, elle ne voulait pas se morfondre dans son malheur mais s'en servir de force pour continuer à avancer malgré tout.

Elle lui faisait un peu pensée à Molly Weasley, avant le décès de Fred, mais la façon dont elles avaient réagis aux évènements dramatiques de la vie les différencierait notablement. La fin de l'après-midi se déroula paisiblement, et Hermione parvint presque à faire abstraction de la terrible nouvelle. Elle alla se coucher tôt en espérant trouver des forces pour le travail gigantesque qui l'attendait au Ministère.

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, il ne lui fallut que quelques minutes pour se préparer. Elle avait hâte de commencer ses recherches et l'attente lui était de plus en plus insupportable. Elle transplana dans le petit parc situé derrière l'opéra et ne mit que quelques minutes à retrouver l'arbre qui lui permettait d'entrer au Ministère. Une fois encore, elle sentit son cœur battre un peu plus fort lorsqu'elle apposa sa main sur le tronc. Quelques secondes plus tard, l'étrange sensation la reprit et elle pénétra sans encombre sous l'immense verrière de l'entrée. Florence était là et l'attendait.

L'amie d'Arthur la salua en serrant Hermione dans ses bras. Même si elles ne se connaissaient pas depuis longtemps, Hermione appréciait ces marques spontanées d'affection.

"Je suis heureuse de vous revoir, Hermione. La salle des archives est par ici, une partie est réservée aux Moldus. Si vous trouver quelque chose, ce sera là."

Elle la guida à travers un dédale de couloirs, tous plus uniformes les uns que les autres et elles s'enfoncèrent si loin dans le bâtiment qu'Hermione aurait été incapable d'en ressortir seule. Soudain, elles s'arrêtèrent devant une porte en bois, parfaitement identique aux autres, et sur laquelle une sobre étiquette indiquait "Archives". Hermione se retourna vers Florence, sous le choc :

"Est-ce que... Mais comment est-ce possible ? Toutes les archives ne peuvent pas tenir dans une si petite pièce... C'est impossible !

- Impossible n'est pas sorcier, ma chère, vous semblez l'oublier."

Lorsqu'Hermione poussa la porte, elle retint une exclamation de surprise. La pièce dans laquelle elle venait de pénétrer était immense, plus encore que le hall d'entrée.

"Des sortilèges d'extension assez puissants, je pense..." Indiqua Florence, contemplant elle aussi la haute voûte en verre et les rangées de livres qui s'élançaient sous elles. La porte donnait sur une petite plateforme qui surplombait les rayonnages et même en plissant les yeux, il était impossible d'apercevoir le mur du fond. Elles contemplaient une mer de livres et un océan de connaissances.

"L'espace réservé aux moldus se trouve là-bas, je vais vous y conduire." Dit Florence en faisant un geste vague de la main gauche.

Il leur fallut quelques minutes pour atteindre cet endroit, délimité par un simple cordon.

"Dans cette partie des archives, la magie est autorisée, vous avez de la chance. Si vous avez besoin de quelque chose, un simple sortilège d'attraction sera suffisant. Ailleurs, les autres documents sont protégés car la magie pourrait les détériorer. Les technologies moldue sont parfois aussi puissantes que les nôtres.

- Arthur serait ravi de vous entendre dire cela. Répondit Hermione avec un sourire.

- Vous pouvez vous installer ici, il y a des tables, des chaises et tout le matériel nécessaire. Vous pouvez rester aussi longtemps que vous voulez, mais faites attention, je ne veux pas qu'Ashley s'inquiète, donc ne rentrez pas trop tard ce soir, d'accord ?

- Oui, ne vous inquiétez pas." Répondit Hermione distraitement en commençant déjà mentalement à analyser l'organisation du lieu. Florence ne la connaissait pas depuis longtemps mais elle devinait déjà que la jeune femme était capable de rester pendant des heures dans une bibliothèque sans voir le temps passer. S'il le fallait, elle passera la voir dans la soirée pour vérifier qu'elle ne veillerait pas trop tard. "Bon courage Hermione, et... bonne chance."

Elle tourna les talons et retourna dans son bureau. Hermione quant à elle, saisit un morceau de parchemin et commença à griffonner quelques notes. Si elle voulait être efficace, il fallait qu'elle soit organisée et méthodique. Elle répertoria les différents types de documents et leur sujet. Elle effectua un tri drastique pour qu'il devienne humainement possible de les analyser en détails mais elle soupira en voyant le nombre de références que cela représentait malgré tout. Il lui faudrait certainement des jours pour tout lire et encore, peut-être que l'information qu'elle cherchait ne s'y trouvait-elle même pas. Ouvrant un premier journal, elle commença sa lecture.

Dans le silence de ces archives, seul le bruit des pages qu'elle tournait troublait parfois la quiétude des lieux. Petit à petit, un tas de feuillets se forma à côté d'elle, pendant que des notes s'accumulaient sur des parchemins volants. Ce qui lui avait dit Florence la veille, concernant des disciples de Voldemort tentant de mettre en application ses préceptes l'avait troublée, et lorsqu'il était question d'évènements potentiellement liés, elle les notait méthodiquement. C'était peut-être inutile, certainement même, mais elle tenait à le faire autant pour récolter d'éventuels indices que pour maintenir sa concentration au maximum. A mesure qu'elle lisait, elle se mettait à penser à autre chose, son esprit se mettait à vagabonder et elle risquait de passer à côté d'une information. En s'efforçant de repérer les mangemorts, elle faisait d'une pierre deux coups.

Soudain, à la lecture d'une rubrique de faits divers, son cœur fit un bond. Il était question d'un accident de voiture, de deux morts, de touristes anglais récemment arrivés dans le pays... Leurs noms n'étaient pas cités, mais tous les éléments correspondaient, et même s'ils n'étaient pas réellement des touristes, le journaliste s'était peut-être trompé. Hermione en aurait pleuré de joie. Ce journal local d'une petite ville du Queensland contenait une information capitale, et il ne lui avait fallu que trois petites heures pour la trouver. Elle allait se lever pour se précipiter dans le bureau de Florence lorsqu'elle aperçut la date de parution du journal et toute son excitation retomba comme un soufflé. Ce journal datait d'un peu plus d'un an auparavant, soit bien avant l'accident de ses parents.

Elle résista difficilement à l'envie de jeter le journal au sol et de l'incendier tant la déception était vive. Elle s'était réjouie trop vite et une fois de plus était déçue. C'était de sa faute, elle aurait dû faire attention à ce paramètre aussi mais s'était précipitée. Sentant une vague de découragement la submerger, Hermione tenta de se calmer mais des bruits de pas dans son dos la firent sursauter :

"N'ayez pas peur, ce n'est que moi. Je suis ravi de vous revoir."

Le vieil homme qui lui avait montré l'entrée du Ministère se tenait à présent à côté d'elle en lui souriant d'un air aimable. Il portait cette fois-ci un curieux assortiment de vêtements, dans un camaïeu allant du bleu électrique au violet foncé. Son visage lui semblait très vaguement familier, mais elle n'avait pas la moindre idée d'où elle avait bien pu le voir.

"Oh ! Bonjour Monsieur. Je ne m'attendais pas à vous voir ici.

- J'ai appris qu'il y avait une visiteuse aux archives, je suis donc venu voir ce qu'il se passait.

- Vous êtes le bibliothécaire ?

- En quelque sorte. Je m'appelle Matthew Quigley. En vous quittant la dernière fois, je me suis rendu compte que j'avais manqué à toutes les règles de politesse en ne me présentant pas. Veuillez m'excuser.

- Ce n'est pas grave, Mr Quigley.

- Que recherchez-vous ? Si ce n'est pas indiscret, bien sûr. Florence n'a pas pu vous aider ? Vous recherchiez des moldus, si ma mémoire est bonne.

- Si, elle a été très efficace. Mais ils n'étaient malheureusement plus là. Ils sont décédés récemment et je voudrais en savoir plus sur ce qu'il s'est passé. Je recherche des informations dans les journaux moldus.

- C'est une immense tâche, cela va vous prendre beaucoup de temps. Vous recherchez quelque chose en particulier ?

- Je ne sais pas... Ils étaient moldus et..." Hermione poussa un soupir et décida de tout lui expliquer. "Je suis Hermione Granger, et j'ai combattu aux côtés d'Harry Potter lors de la Deuxième Guerre des Sorciers. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de moi, mais mes parents étaient moldus et j'ai fait en sorte de les faire venir ici pour les protéger et les éloigner d'éventuelles représailles. A peine quelques mois après, j'apprends qu'ils sont morts brutalement tous les deux, alors...

- Vous craignez que ce ne soit pas un accident et que des disciples de Voldemort les aient attaqués ?

- Exactement. Je pensais avoir trouvé quelque chose dans cette feuille de chou, mais ce n'est pas le bon accident.

- Un accident de voitures, dites-vous ?" Demanda-t-il d'un ton pensif "Si vous voulez mon avis, c'est peu probable que ce soit un assassinat. J'ai un peu combattu ces gens et ils préféraient les choses plus... spectaculaires. Les raids violents, ce genre de choses, vous voyez. Ils cherchaient à laisser leur signature, ils ne prenaient pas le temps de dissimuler leurs agissements, au contraire même.

- Admettez quand même que la coïncidence est troublante, non ? Mon père était très prudent au volant, il n'avait jamais eu d'accident jusqu'à présent. Ils semblaient être au milieu de nul part, ça n'a pas de sens.

- Les dangers sont multiples dans le désert, il ne faut pas le sous-estimer. J'ai peur que ça ne soit que ça : une coïncidence.

- Je veux savoir. Je veux trouver des indices et connaitre les circonstances exactes, c'est tout. Depuis la guerre, j'ai appris à me fier à mon intuition et là, elle me dit de continuer à chercher."

A ces mots, Mr Quigley se tut, elle avait gagné et il la laisserait continuer. Même s'il semblait convaincu qu'elle cherchait pour rien, il ne tenta plus de la dissuader.

"Eh bien, miss Granger, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à me demander.

- Mais... Je ne sais pas où vous trouver. Interrogea-t-elle en souriant.

- Vous avez raison. Mais demandez à Florence, ou à autre employé du Ministère, ils sauront me trouver, ne vous inquiétez pas.

- Je vois. Eh bien, merci Mr Quigley."

Après qu'il l'eut laissée seule, elle reprit ses recherches avec plus de passion encore. Elle voulait se prouver qu'elle ne poursuivait pas des chimères, et que son instinct lui disait la vérité. Elle le trouvait, elle en faisait le serment.

D'un coup de baguette, elle fit le tri et écarta toutes les publications trop anciennes et constata avec soulagement que cela représentait une proportion non négligeable. Elle ne connaissait pas la date exacte de l'accident mais une fourchette suffisamment large lui permettait d'écarter bon nombre de publications.

Ce n'est qu'en fin d'après-midi qu'elle trouva enfin le Graal. Un mince entrefilet dans un autre journal, le McKinley Daily, attira son attention :

Un accident de voiture a fait deux morts hier après-midi, sur la route menant à Cannington. Aucune explication n'a pour l'instant été donnée sur les causes de cet accident. La police mène son enquête pour déterminer les causes de ce drame. Les victimes, mariées, étaient arrivées d'Angleterre et s'étaient installées à Melbourne quelques mois avant cet accident.

Hémione fouilla fébrilement dans le journal suivant et vit un autre entrefilet, précisant un peu les circonstances.

L'accident de voiture ayant causé deux morts avant-hier soir sur la route de Cannington a été causé par l'endormissement du conducteur, selon la police. Aucune trace de substance interdite ou de circonstances dangereuses n'ont pu être identifiées. Les victimes, le docteur Granger et sa femme, étaient en visites dans la région pour le week-end. Un témoin oculaire a certifié qu'aucun danger ne se trouvait sur la route à ce moment.

Hermione trépignait de joie et lança un sort un peu trop enthousiaste pour ranger tous les documents qu'elle avait sortis au cours de la journée. En revenant à leur place, ils se percutèrent joyeusement, mais rien ne pouvait ternir sa joie. Elle avait trouvé, et il y avait même un témoin à interroger. Elle n'avait plus qu'à prévenir Florence qu'elle quittait le Ministère et pourrait revenir chez Ashley. Elle avait mal aux yeux à force de lire et aux doigts à force de tourner les pages, mais ce n'était pas grave. Elle avait une nouvelle piste, et seulement ça l'intéressait.

En remontant les escaliers vers la plateforme, elle vit Florence qui venait à sa rencontre.

"J'ai trouvé ! Je viens de trouver un article, non deux, qui parlent de l'accident. Je sais où il a eu lieu et il y a même un témoin.

- C'est vrai ? C'est formidable, Hermione. Et vous comptez vous y rendre ?

- Bien sûr ! Dès demain matin.

- Etes-vous sûre de ce que vous faites ? Je veux dire... Etes-vous sûre que ce soit une bonne idée ? Cela ne les fera pas revenir et...

- Je veux être certaine que c'était bien un accident. Même s'il m'a dit que s'en était un, je veux vérifier.

- Il ? De qui parlez-vous ?

- De Mr Quigley. Je pensais que c'était vous qui lui aviez dit où j'étais.

- Mr... Quigley ? Vous connaissez monsieur le Ministre ?" Demanda Florence d'un air abasourdi.

"Quoi ? Cet homme est le ministre ? Je pensais que c'était le bibliothécaire. C'est lui qui m'a fait entrer la première fois au ministère et... Je ne savais pas qui il était. Il avait l'air sympathique, c'est tout.

- C'est un ancien auror qui a combattu les forces du mal toute sa vie. Il est très connu et respecté ici."

Hermione rougit en se souvenant de ce qu'elle avait pensé de lui lors de leur rencontre. Sa façon d'excentrique de s'habiller était à des années-lumière de ce qu'elle avait connu avec Fudge, Scrimgeour ou même Shacklebolt. Devant son air interdit, Florence se mit à rire :

"Ne vous inquiétez pas, il a beaucoup d'humour. Il ne vous en voudra pas."

Encore sous le choc de cette révélation, Hermione suivit Florence dans le couloir interminable du ministère jusqu'à l'entrée dans le parc. La nuit était tombée depuis longtemps et un froid piquant s'était abattu. Après l'avoir saluée une dernière fois, Florence transplana pour rentrer chez elle. Hermione resta seule à humer la brise marine qui venait du large.


Ce chapitre est maintenant terminé, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Il était en retard, mais un peu plus long, j'espère que ça compense ^^

Comme vous pouvez vous en douter, la suite aura lieu à McKinley, dans le Queensland et arrivera la semaine prochaine, le 6 mai. Ce sera l'avant dernier chapitre de cette fic.

A bientôt !