Bonjour à tous !

Je vous retrouve aujourd'hui pour la suite et fin d'"Un long voyage". J'espère qu'elle vous plaira !

Cette fic était destinée à être publiée pendant le confinement, et fort heureusement, il n'a pas été prolongé (je ne suis pas certaine que mon scénario aurait pu rester crédible s'il avait subit un prolongement lui aussi). C'est donc le dernier chapitre publié.

Les hasards du calendrier ont fait qu'aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'un lecteur, Destrange, qui est aussi auteur sur ce site et dont je lis les écrits avec beaucoup de plaisir. Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à aller faire un tour sur son profil (après avoir lu ce chapitre, bien sûr u.u). Merci Destrange pour toutes tes reviews et ton soutien depuis un peu plus d'un an et demi :)

Et maintenant... Bonne lecture !


Londres

Chère Hermione,

La nouvelle de votre retour en Angleterre m'a surprise et bien que j'aurais aimé vous revoir, les raisons qui vous ont poussée à partir devaient être urgentes. Si vous revenez un jour en Australie, cela me ferait plaisir de vous revoir.

Avant toutes choses, je tenais à vous tenir informée des derniers évènements. Mrs Rosie Hudson va bien, des employés du Ministère sont allés la voir et elle ne conservera aucun souvenir de votre rencontre, ainsi que des évènements qui ont eu lieu. Sa maison a été remise en état et l'incident est considéré comme clos. Votre passé de combattante ainsi que vos traumatismes récents ont été pris en considération par le Ministère et les poursuites que vous encourriez ont été annulées.

J'ignore ce qu'il s'est passé durant votre rencontre, ni les causes de votre perte de contrôle mais je dois dire que je m'inquiète pour vous. Vous êtes une personne sympathique et j'aimerais que vous me dévoiliez le fin mot de l'histoire. Naturellement, je ne peux vous obliger à rien, mais une réponse de votre part me ferait plaisir (ainsi qu'à Ashley qui me demande aussi régulièrement de vos nouvelles).

Prenez soin de vous et mes amitiés à Arthur,

Florence

Hermione termina à peine de lire la lettre qu'elle la jeta d'un geste négligeant sur la table. Elle avait trainé là pendant plusieurs jours sans avoir été lue après qu'un majestueux hibou l'ai livrée dans la petite chambre londonienne qu'elle occupait à présent. Elle n'avait pas eu le courage, ni la force, de la lire, encore honteuse de ce qu'il s'était passé quelques semaines plus tôt.

Hormis les manifestations de magie accidentelle dans son enfance, jamais elle n'avait perdu ainsi le contrôle de ses pouvoirs, et si elle n'avait pas réussi à retrouver un infime contrôle sur elle, Rosie aurait pu être grièvement blessée. Voir pire.

Elle ne savait pas précisément ce qu'il s'était passé, ses souvenirs étaient flous, mais elle s'était retrouvée dehors, suffocante et face à une épaisse fumée sortant des fenêtres et du toit. Elle s'était alors précipitée dans la maison, mue par une force invisible, et avait aidé Rosie à sortir. Et sans le moindre égard pour la préservation du secret magique, elle avait transplané jusqu'à Londres, dans une petite rue qu'elle savait peu fréquentée, d'un quartier moldu où elle allait parfois avec ses parents. Sous une identité d'emprunt, elle avait passé quelques temps dans un hôtel moldu, le temps de retrouver ses esprits et décider de ce qu'il fallait faire. La confrontation qu'elle redoutait tant s'était déroulée la veille, au Terrier.

« Oh ! Hermione, ma chérie, tu es enfin revenue ? Je suis tellement heureuse de te voir. S'écria Molly en se précipitant vers la jeune femme qui venait de transplaner à quelques mètres d'elle. Ronald ! Harry ! Venez voir qui vient d'arriver.

- Molly ! Je suis contente aussi, cet endroit m'avait manqué. Répondit Hermione, tandis que la matriarche la serrait contre elle.

- Tu as fait un bon voyage ? Quand es-tu arrivée ? Tout s'est bien passé ?

- Herm' ! Je ne m'attendais pas à te revoir si tôt. Tu aurais dû me prévenir, qu'on te prépare un accueil digne de ce nom. » L'interpella Ron, tout sourire.

Il ne semblait plus trop lui en vouloir pour son départ soudain. Harry sortit à son tour de la maison, quelques secondes seulement après Ron et en un clignement d'œil, Hermione était au centre d'une masse de cheveux roux, qui l'entourait presque jusqu'à l'en étouffer. Les questions fusaient de partout, sans qu'elle n'ait le temps de répondre à une seule. La chaleur de cet accueil la fit sourire. Elle avait appréhendé ce moment mais leur bienveillance collective la rassura, elle n'avait rien à craindre ici. Les Weasley la comprendraient, l'aideraient à surmonter le choc et elle en sortirait grandie. Soudain, Molly fronça les sourcils :

« Hermione, tu ne restes pas ? Tu n'as pas pris tes affaires ?

- Euh… non. Je ne savais pas comment… J'ai préféré laisser mes affaires à Londres, je ne voulais pas vous déranger ou vouloir m'imposer.

- Tu n'aurais pas dû. Tu es ici chez toi, voyons. Tu es de la famille maintenant, tu seras toujours la bienvenue. Allons, viens dans la cuisine, je viens de faire cuire des scones.

- Avec ça, c'est sûr que tu regretteras de ne pas avoir pris tes affaires. » Renchérit Ron.

Tandis qu'une immense théière en cuivre animée faisait le tour de la table pour servir une boisson chaude à tout le monde et qu'une assiette de scones fumants passait de main en main, Hermione entreprit de raconter son périple. Elle avait l'impression de l'avoir déjà raconté tant de fois que les mots avaient presque perdu leur sens. Malgré tout, les réactions de sa famille d'adoption lui firent chaud au cœur. Ils éprouvaient cette forme étrange de compassion, qui n'était ni de la pitié, ni de la condescendance. Ils n'étaient pas tristes pour elle, mais avec elle. Hermione poursuivit son récit :

« C'est ainsi que je me suis retrouvée dans une petite maison, perdue au milieu du désert australien. Le témoin était une vieille dame, mais elle ne pouvait pas me certifier avoir vu ce qu'il s'était passé. Pour elle, il y a quand même un doute, il n'y a jamais eu d'accident depuis qu'elle vit là et la voiture n'aurait pas dû finir sur le toit.

- C'est ce qu'elle t'a dit ? demanda Molly, d'un air surpris.

- Oui. Au début, elle était certaine de ce qu'elle disait, mais quand j'ai commencé à poser des questions, elle a admis que c'était possible.

- Et tu es certaine que… Je veux dire… Ne le prends pas mal, mais… Commença à interroger Arthur avant de s'interrompre.

- Que voulez-vous dire ? Dit Hermione. Il jeta un coup d'œil à Molly et finit par achever sa pensée.

- Non, elle l'a certainement dit. Mais tu as peut être entendu seulement ce que tu voulais. Ne le prends pas mal, mais j'ai mené un certain nombre d'interrogatoires comme tu peux l'imaginer. Et il arrive parfois que notre opinion nous empêche d'être objectifs. On passe à côté d'éléments qui ne collent pas avec notre idée, pour ne conserver que ceux qui nous intéressent.

- Mais je suis certaine que… Elle l'a dit. Elle l'a admis. Je ne suis pas une menteuse !

- C'est vrai. Elle a été honnête avec toi. Il n'était peut-être pas impossible que cela arrive car elle ne l'avait pas vu, mais c'était peut-être très improbable. Et il t'est arrivé tant de choses très improbables que tu te raccroches à cette idée. Mais ce n'est qu'un espoir. Une idée presque impossible.

- Je… La coïncidence est trop… incroyable. » Termina Hermione dans un souffle.

Le silence pesant qui s'installa lui fit comprendre que tout le monde pensait la même chose, mais que seul Arthur avait eu le courage de lui dire en face. Elle sentait leur regard peser sur elle, tandis que son esprit semblait tourner à vide. Si même eux, qui avaient cru à l'impossible victoire de la Lumière sur les Ténèbres ne la croyaient pas, alors peut-être que…

« Vous… Vous avez peut-être raison. »

A ces mots, elle leva les yeux vers Arthur qui, loin de sembler heureux de l'avoir convaincue, semblait plonger avec elle dans un abime de tristesse. Il la comprenait. Avec sa discrétion et sa lucidité habituelle, il avait réussi là où tout le monde avait échoué.

Soudain, elle sentit la main de Ron se glisser dans la sienne. Lui aussi serait là pour l'aider à surmonter sa peine. Il saurait la faire rire lorsqu'elle en aurait besoin, mettre les pieds dans le plat à chaque moment important. A l'aimer, inconditionnellement.

La fin de l'après-midi se déroula plus tranquillement. Son départ avait semblé tous les réveiller et de nombreux changements s'étaient opérés. Harry commençait à envisager de quitter le Terrier. Percy était retourné au Ministère pour la première fois la vieille. L'identité du mystérieux correspondant de George avait été dévoilée, il s'agissait tout simplement d'Angelina Johnson, l'ancienne petite amie de Fred, qui semblait être d'un grand soutien pour lui. La vie reprenait au Terrier, et lorsqu'elle partit le soir, le sourire aux lèvres, elle se sentait à nouveau chez elle.

Hermione avait rencontré tant de personnes à l'autre bout du monde qui s'étaient toutes montrées bienveillantes et qui avaient toutes tenté, chacune à son niveau, de l'aider qu'elle se sentait mal à l'aise d'être partie comme une voleuse. Elle ne les reverrait sans doute jamais, et pourtant, ils avaient passé du temps à l'aider, lui avaient offert un toit ou des informations alors qu'elle n'était qu'une inconnue étrangère.

Et que leur avait-elle offert en retour ? Des larmes et une maison incendiée. Rosie aussi avait tenté de l'aider, mais si maladroitement, à un moment si sensible qu'elle ne l'avait pas supporté. Non ! Elle ne devait pas reporter la faute sur la vieille dame. C'était elle qui avait mal réagit, qui avait mal interprété ses paroles. Pas Rosie.

Allongée sur le matelas dur de cet hôtel bon marché, Hermione observait le plafond, comme si toutes les réponses du monde y était inscrites. Malheureusement, la surface d'un blanc pas si homogène que ça ne lui était d'aucune utilité.

Pourquoi ces personnes l'avaient-elles aidée ? Qu'avaient-ils à y gagner ? Aurait-elle fait la même chose s'ils étaient venus toquer à sa porte pour une demande aussi absurde ? Si elle voulait être parfaitement honnête avec elle-même, elle n'en n'était pas certaine. L'Hermione d'avant la guerre l'aurait fait, sans hésiter, mais sa cavale lui avait montré la plus mauvaise part de l'humanité. Tout n'était qu'hostilité et méfiance, elle ne pouvait se fier à rien ni personne. Pourquoi ouvrir sa porte à une potentielle menace ?

Pourquoi avaient-ils fait cela ? C'étaient des moldus, qui ne connaissaient rien de ses antécédents de guerre. Ce n'était pas grâce à sa bonne mine qu'ils l'avaient aidée. Mais pourquoi alors ? Les visages de ceux qui avaient rendu ce voyage si particulier défilaient devant ses yeux : Florence, Ashley, Mr Quigley, Rosie ou même Amanda, la voisine bavarde de ses parents. Chacun avait pris le temps de l'écouter, de lui donner des conseils ou du temps. Qu'avaient-ils en commun ?

C'est en repensant à Florence que l'idée commença à germer dans son esprit. Elle l'avait aidée comme elle l'avait fait lors des exactions contre les nés-moldus. Elle les avait aidés à se cacher car elle pensait que c'était une cause juste. Oui, la justice guidait ses actes et sa conduite. Ashley aussi, par son silence et sa discrétion agissait dans l'ombre pour aider Florence. Par compassion, Amanda lui avait raconté tout ce qu'elle savait et Rosie lui avait donné des conseils issus de sa longue expérience. En saisissant la lettre de Florence, Hermione comprit que l'intervention de Mr Quigley avait peut-être été nécessaire pour étouffer cette affaire et qu'elle ne s'en serait sûrement pas sortie aussi facilement s'il avait appliqué la loi au sens le plus strict. Il avait désobéi au Code International du Secret Magique car il aurait trouvé injuste de la faire condamner.

Et elle ? Elle aussi s'était battue au nom de cette justice, contre Voldemort et ses Mangemorts. Elle aussi avait pris des risques. Elle aurait pu tout perdre, y compris la vie, en son nom. Et pourquoi ? Quel bénéfice en avait-elle tiré ? La vie, ou le destin, s'étaient montrés cruels. Ceux-là même qui lui avaient inculqué ces notions, dès son plus jeune âge, en avaient été les victimes.

Mais la voix de Rosie résonna soudain à ses oreilles…Ils voulaient vous voir vous élancer dans la vie et voler de vos propres ailes… Faites quelque chose d'utile, quelque chose dont vos parents seraient fiers… Ne faites pas la même erreur que moi… Est-ce qu'elle avait réellement fait cela ? Elle avait combattu et n'avait jamais renié ses valeurs, de cela elle en était certaine, mais c'était pendant la guerre. Comment pouvait-elle continuer dans cette voix maintenant que la paix était rétablie et qu'aucun Mage Noir ne menaçait plus le monde sorcier ?

La réponse à cette question sembla couler de source. La justice était à elle seule une cause suffisante pour la faire sortir de cette léthargie qui avait menacée de la faire couler après la fin de la guerre. Cette soif de justice qui avait guidé chacun de ses pas ces dernières années et qui serait un moteur suffisant, elle en était certaine, pour les années à suivre.

C'était, dans son esprit, comme si toutes les pièces du puzzle se mettaient en place, comme si chaque action, chaque pensée, trouvait enfin sa place dans un dessein plus grand qui lui avait échappé jusqu'ici. La SALE, l'AD, la lutte contre Voldemort, tout lui semblait enfin parfaitement limpide. Lutter contre les injustices, les grandes comme les petites, l'aiderait à trouver sa place et son avenir.

Soudain, Hermione sursauta et se réveilla brutalement. Elle n'avait pas conscience de s'être endormie toute habillée sur son lit. Toutes ses réflexions lui semblaient parfaitement claires et un plan se dessinait déjà dans sa tête. Elle voulait œuvrer pour la justice : quelle meilleure moyenne pour cela que d'entrer au Ministère de la Magie et de trouver un poste au sein du département dédié ? Il lui faudrait des diplômes, car malgré ses états de guerre, elle ne pourrait pas bénéficier de passe-droits aussi flagrants. Qu'importe, elle les passerait en candidate libre et avec un peu de remise à niveau, ne devrait pas rencontrer de difficultés majeures. Elle devrait certainement passer un concours ou un examen quelconque pour prouver ses capacités, mais cela ne lui faisait pas peur. Une fois en poste, elle pourrait alors commencer sa tâche. Elle menaçait d'être écrasante, mais elle n'avait pas de doute, avec de la rigueur et de la méthode, elle parviendrait à s'en sortir. Fort heureusement, les procès liés à la guerre serait sûrement terminés le temps qu'elle passe ses examens et elle n'aurait pas ce poids a émotionnel à gérer.

Oui, le plan s'annonçait parfait. Jusqu'au moment où une petite voix perfide, dans son esprit, commença à murmurer. Elle s'efforça de ne pas écouter cette vile conseillère, mais les mots s'imprimaient malgré tout dans son esprit. Avoir accès à toutes les informations, tous les procès, toutes les enquêtes, pourrait être un excellent moyen de retrouver les assassins de ses parents.

FIN


Cette fic est à présent terminée, j'espère qu'elle vous aura plus, qu'elle aura répondu à toutes les questions que vous vous êtes posés au cours de la lecture (les questions sans réponses sont certainement volontaires ^^). N'hésitez pas à me laisser un commentaire si vous avez apprécié !

Merci beaucoup aux Revieweurs et aux lecteurs. Vous m'avez suivis avec beaucoup de constance pendant cette publication, et ça fait vraiment chaud au coeur de voir ça.

Je vais maintenant reprendre les publications habituelles : "Un parfum de Xérès", le vendredi 22 mai et "To the Darkness", le vendredi 29 mai !

A bientôt