EL CAZADOR
Dans cette fanfic, cela fait suite à la S1 et à la S2 mais, dans cette version Alejandro ignore encore que son fils est Zorro.
Relation : Enrique Monastario/Diego de la Vega
Warning : Rating M. Il se peut que cette fanfic contienne des éléments matures et elle mettra en scène potentiellement une relation homosexuelle DONC si vous n'aimez pas, ne lisez pas. Je ne vous oblige à rien.
Pour les autres, bonne lecture.
Chapitre 1 : Le retour de Monastario
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Après avoir passé 1 an et 7 mois en Espagne, le commandant Enrique Monastario avait été obligé de retourner en Californie, à Los Angeles. C'était la pire chose qui pourrait lui arriver. Il avait espéré rester dans une prison mais finalement, au vue des éléments en charge contre lui et du peu de preuves, on l'avait aimablement demandé de reprendre son poste à Los Angeles.
Revenir dans une ville où il avait connu la pire humiliation de sa vie ne l'enchantait pas du tout. Il savait déjà que les villageois n'allaient pas l'accepter facilement. Mais celui lui était égal, car malgré tout, il allait pouvoir terminer ce qu'il avait commencé : trouver Zorro, l'arrêter et le tuer.
Installé dans la diligence qui l'emmenait à Los Angeles, il bouillonnait de revoir ce renard masqué et imaginait déjà sa victoire face à celui qui avait été la cause de tous ses problèmes. Puis ses pensées se tournèrent vers le jeune de La Vega. L'homme qu'il avait accusé d'être Zorro. Malheureusement, il a vu de ses yeux que Diego de la Vega n'était pas Zorro. D'ailleurs, il ne pourra plus jamais l'accuser car pratiquement tout le village était témoin ce jour-là. Pourtant, son instinct lui disait que De la Vega n'était pas aussi « innocent » qu'il le paraissait…
Et pour compléter sa situation, le gouverneur l'avait prévenu que même s'il retournait à Los Angeles, il n'avait en aucun cas le droit de s'en prendre aux notables notamment aux De la Vega. Un magistrat avait d'ailleurs été envoyé un mois avant son arrivée pour veiller à cela.
Enrique avait maudit sa chance, il ne pouvait donc pas, comme il espérait, imposer sa loi dans ce maudit village. Il se demandait même si le Vice-roi n'avait pas fait exprès de l'envoyer dans ce village, pour continuer à réparer ses erreurs. Il serra le poing, insultant au passage la terre entière pour sa malchance. Tant pis, il passera ses nerfs sur le Sergent Garcia.
Marchant les cent pas, Alejandro grommelait dans sa barbe, alors que son jeune fils Diego buvait tranquillement un verre de vin sur patio.
« -Comment peux-tu être aussi calme, fils ? Le commandant Monastario va revenir…Le commandant qui nous a causé que des problèmes ! S'exaspéra le vieil homme.
Ils avaient eu la nouvelle depuis une bonne semaine et depuis, le vieil hidalgo peinait à montrer sa frustration et sa colère face à l'inévitable. Il avait du mal à comprendre pourquoi le vice-roi avait demandé à ce que ce maudit commandant revienne.
« -Allons, allons, du calme, père, dit doucement le plus jeune, nous avons le magistrat Perez, vous savez très bien que jamais il ne laissera une injustice.
-Il est vrai, fils. Mais le magistrat Perez est naïf, j'ai peur qu'il se fasse manipuler par Monastario. »
Diego faillit répondre quelque chose, mais se retint, cachant un sourire narquois. Il pensait à Zorro. Il était prêt à dire à son père que Zorro ne laisserait jamais faire une chose pareille, mais cela contredirait son désintérêt total à ce héros masqué.
« -Mais sa présence freinera les intentions mauvaises du commandant, rappela Diego.
-Comment peux-tu avoir réponse à tout ?
-Je lis beaucoup, père. »
Alejandro cligna devant cette réponse, puis éclata de rire.
« -Eh bien, mon fils, voilà une qualité que je ne peux t'enlever. »
Diego sourit et leva son verre de reconnaissance, cachant sa véritable inquiétude. Le jeune renard avait aussi été très surpris d'apprendre que son ancien ennemi allait revenir. Il craignait que ces prochains jours, semaines et mois ne seraient pas être de tout repos. Il allait devoir faire preuve de plus de prudences, car de tous les commandants qu'il avait pu rencontrer, même s'il avait du mal à l'admettre, Enrique Monastario était celui qui connaissait le mieux Zorro et qui était le plus dangereux. Jamais il n'avait été aussi proche de la vérité que tous ses successeurs, car après tout, c'est à cause de lui que Zorro avait été créé.
….
Lorsque le commandant Monastario arriva à Los Angeles, seul le Magistrat Perez, un homme d'une cinquantaine d'année, barbu et d'une carrure assez imposante l'accueillit à la caserne en compagnie des soldats. Enrique reconnut certains de ces anciens subordonnés et il vit que Garcia n'avait pas du tout changé. D'ailleurs le gros sergent le salua avec un sourire niais mais sa maladresse irritait Enrique qui se retenait de lui hurler le fameux « Baboso » devant tout le monde.
Le magistrat Vicente Perez l'incita ensuite à le suivre dans son ancien et futur bureau afin de lui expliquer les modalités de sa prise de poste. Perez avait l'air assez réservé quand Enrique tentait de sympathiser avec lui et avait même refusé de boire un verre avec lui dans le bureau.
« -Sachez, commandant, que vos faits et vos gestes seront rapportés au gouverneur, dit Perez avant de le quitter sèchement.
A peine, fut-il retrouvé seul que Enrique tapa sa table du poing, relâchant sa rage. Il ne pouvait rien faire ici, si ce n'est obéir à ce magistrat qui refusait toute sa sympathie. Il grogna de mécontentement et se réfugia dans la chambre où il avait déposé sa valise, unique affaire personnel qu'il avait pu emporter depuis l'Espagne.
Il commençait à regretter la prison.
…
Au bout d'une heure, il se décida à sortir. Il devait affronter tôt ou tard ce peuple de Los Angeles qui le détestait.
« -Ah Commandante ! S'exclama le gros Sergent en le voyant ouvrir la porte.
-Sergent Garcia, marmonna Monastario en serrant les dents.
-J'espère que vous êtes content de revenir au pueblo, dit Garcia avec un sourire forcé.
-Vous m'ôtez les mots de ma bouche, Garcia, grinça Enrique de plus en plus énervé.
Visiblement, le pauvre Sergent le remarqua et il se tordit nerveusement les mains. Mais Enrique ne put exprimer plus explicitement sa colère, car son regard se figea alors sur une silhouette familière qu'il avait reconnu entre les portes de la caserne.
C'était le jeune De la Vega qui descendait de sa voiture accompagnée de son père. Les deux hommes allèrent à la rencontre du magistrat Perez qui contrairement à son comportement face à Monastario, adressa un sourire chaleureux aux deux hommes.
Ignorant totalement que Garcia était à ses côtés, il jura et maudit Perez de cette différence de traitement. Mais son attention se reporta sur Diego qui avait l'air d'écouter attentivement les paroles du magistrat. Il ne jeta pas un seul regard en direction de la taverne.
Enrique nota qu'il n'avait pas changé. Il portait toujours de très beaux vêtements brodés, faisait très attention à son apparence, sa fine moustache semblait être entretenu aux millimètres près et ses yeux de couleur noisette avait toujours un coté aussi qu'agaçant que mystérieux. Ce qui avait profondément troublé et irrité Enrique à l'époque où son nom n'avait pas encore été humilié. Raison pour laquelle il avait très vite soupçonné Diego d'être Zorro.
Mais en le revoyant là, se tenant, au milieu de la plaza, Enrique vit la cape et le masque sur le jeune homme et il dut se faire à l'idée, que même s'il l'accusait, Diego de la Vega était protégé par le Vice-Roi et le gouverneur, il était intouchable. Et c'était aussi le meilleur candidat pour Zorro, malgré les preuves qui prouvaient le contraire.
« -Il faut que je trouve un moyen de tuer ce Zorro, maugréa-t-il.
-Tuer Zorro ? Répéta Garcia à ses côtés.
Monastario sursauta subitement. Il avait complètement oublié son idiot de sergent.
« -C'est un bandit, il est normal de le tuer !
-Mais…tout le monde l'aime bien à Los Angeles, on va provoquer une émeute, si on tue Zorro.
-Vous défendez un hors la loi ?
-Non…commandante…
-Alors taisez-vous et arrêtez de dire des bêtises. »
Garcia déglutit et bredouilla des mots inaudibles avant de laisser en paix Enrique qui soupira de soulagement. Et lorsqu'il reporta son attention sur le jeune de la Vega, il constata alors que ce dernier avait quitté son père et le magistrat pour se diriger dans sa direction. Ses pas étaient assurés, il n'avait pas l'air méfiant, n'exprimait aucune animosité envers lui quand il le fixa.
« -Buenas Tardes, Commandante, salua Diego poliment, je suis ravi de vous revoir parmi nous, comment s'est passé votre séjour en Espagne ? »
L'ironie était bien présente dans sa phrase et pourtant, des étrangers ne pouvaient douter que Diego envoyait une pique à Enrique, seuls ceux qui étaient au courant de la véritable raison de ce maudit séjour en Espagne, pouvaient percevoir cela.
« -Cela m'a permis de réfléchir à certaines choses, maugréa Monastario.
-Ah oui ? Quoi donc ?
-Je suis persuadé que vous nous cachez des choses, de la Vega…et je compte bien le découvrir.
-Vous êtes encore obsédé par ce renard ? Devina Diego en soupirant d'exaspération.
-Sachez que lorsqu'il se représentera, je n'hésiterai pas à le tuer. »
Enrique pensait que ces mots allaient faire réagir le jeune fils à papa, mais il n'en fit rien. Il haussa les épaules et donna une tape amicale au soldat avant de dire :
« -Je vous souhaite bon courage, commandante. »
Il lui lança un sourire puis se retourna pour revenir auprès de son père, laissant Enrique médusé devant ce comportement qui semblait si naturel à ses yeux. Il bougonna en marmonnant des insultes à ce Diego de la Vega, se promettant qu'un jour il le fera tombé.
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Les jours qui suivent se ressemblaient beaucoup trop au gout d'Enrique, qui devait se comportement comme le gentil toutou de Perez. Ce dernier n'hésitait pas à le rappeler à l'ordre lorsqu'il jugeait certaines décisions d'Enrique comme étant trop stricts. Au final, le commandant avait été obligé de faire des patrouilles quotidiennes, de signer des documents permettant l'accès au village à certains marchands venus de Monterrey et à gérer des conflits banals.
Et ça frustrait énormément Enrique qui s'en prenait aux lanciers en leur criant dessus pour le moindre écart. A la caserne, la peur régnait parmi les soldats car il devait supporter les sautes d'humeur de Monastario. Tous savaient qu'il n'avait plus le même pouvoir qu'i an et malgré cela, il avait un charisme tellement effrayant que personne n'osait le contredire.
Un soir, après avoir relu pour la énième tous les rapports des anciens commandants de Los Angeles ainsi que ceux du Sergent Garcia, son obsession pour Diego de la Vega s'agrandissait dans son esprit. Bien sûr, qu'il avait vu un Zorro lorsqu'il avait Diego sous sa lame, mais il était persuadé que ce n'était pas le vrai Zorro. Diego était Zorro. Diego avait quelque chose qu'il n'avait jamais perçu chez les autres, du moins à l'époque où il était encore le Maître à Los Angeles : une absence d'émotion négative face à lui. Tout le monde l'avait craint autrefois, il avait instauré la terreur pour obtenir le pouvoir mais Diego n'avait jamais montré de peur envers lui et il n'était jamais enragé comme son père contre lui. Cela l'insupportait, car il avait l'impression que Diego lui tenait tête, qu'il le combattait indirectement et Zorro était comme lui. Ces deux hommes avaient tous les deux des caractères qui l'irritaient, c'est pourquoi il était persuadé que Zorro était Diego de la Vega.
Il aurait aimé revoir le jeune fils du plus riche notable de la Californie, mais son travail actuel l'empêchait de le voir et il ne pouvait poser des questions sans rendre les soupçonneux de ses attentions. Il fallait qu'il trouve un moyen pour espionner Diego.
C'est alors qu'il eut une idée lumineuse qu'il le fit éclater de rire, si bien que dans la caserne, on se demanda quelle mouche l'avait bien piqué.
