Bon, inutile que je rajoute que ce n'est pas du Disney.

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« Diego, mon fils ! » S'écria Alejandro en les voyant rentrer dans le patio.

Diego s'avança à lui, avec un petit sourire évitant soigneusement de jeter un regard à Monastario qui tentait de rester en retrait. Mais, c'était sans compter sur l'œil avisé d'Alejandro qui se figea en le remarquant.

« Vous ! Persifla-t-il à l'intention du commandant, pourquoi êtes-vous avec lui ? »

Le soldat haut gradé s'apprêta à répondre quand ce fut Diego qui prit la parole.

« Père, le commandant a seulement voulu s'assurer de ma sécurité.

- De ta sécurité ? Depuis quand ? Et que fais-tu en dehors de ta chambre ?

- Je voulais prendre un peu l'air, répondit Diego sur un ton d'excuse, mes blessures vont bien, de toutes manières, le Dr Avila ne va pas tarder. Permettez-moi de me retirer, père. »

Alejandro hocha la tête, visiblement rassurer puis se tourna vers Enrique.

« Sortez d'ici, votre poste est à l'extérieur, pas à l'intérieur. »

Curieusement, le père n'eut aucune protestation, aucune remarque cassante de la part de Monastario, qui s'inclina uniquement et s'en alla sans mot dire. Alejandro fronça les sourcils, son instinct lui disait que quelque chose s'était passé entre Diego et Monastario.

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Deux semaines plus tard

Le médecin ausculta longtemps l'épaule de Diego, qu'il tordit dans tous les sens, causant des grimaces au jeune homme. Aujourd'hui était le fameux jour où Diego pouvait être considéré comme guéri et mis sur pied. Où il n'aurait plus besoin de rester dans sa chambre et il serait libre de ses déplacements.

El Cazador n'a plus été revu et malgré son absence, il restait un plus grand mystère, si bien qu'au village, beaucoup de personnes ont cru que c'était Zorro ou bien d'autres ont pensé que c'était un esprit provenant du monde des morts venus maudire les De la Vega. El Cazador n'était plus un problème pour Diego qui connaissait désormais la véritable identité de ce chasseur masqué. Non, le problème, c'est que ce chasseur était tombé sous le charme du renard. La chasse a pris une autre tournure.

Depuis son escapade, il était resté sagement dans sa chambre, évitant ainsi de rencontrer Enrique. La seule visite qu'il avait été celle de son père, des domestiques, de certains amis et voisins ainsi que du magistrat Perez, qui espérait que Diego puisse venir enfin travailler avec lui après son rétablissement, répétant sans cesse qu'il serait ainsi plus en sécurité à Los Angeles.

« Pourquoi êtes-vous aussi inquiet, Don Diego ? S'enquit Dr Avila, en relâchant doucement son bras.

- Cela se voit aussi bien ? Rit Diego nerveusement.

- Disons que je vous connais depuis si longtemps, je peux voir que vous êtes troublés.

- Mon père souhaite que j'aille à Los Angeles, pour travailler avec le magistrat Perez.

- C'est une offre généreuse…qui pourrait vous correspondre. »

Diego savait très bien ce que le médecin voulait dire. Qui pourrait correspondre avec votre caractère. Car aux yeux de tous, Diego n'était pas un caballero. Oh non. Il était un indolent, un dandy, un passionné par la littérature, les arts et tout ce qui ne touche pas à la violence.

« En plus, la caserne étant à côté, cela vous permettra d'être mieux protégé, enfin du moins pour un temps. » Ajouta le médecin en rangeant ses instruments.

C'était la même excuse qu'on lui sortait depuis quelques jours, depuis le jour, où Alejandro avait remis cette histoire sur le tapis. Diego avait exprimé son refus à son père plusieurs fois. Il avait cru qu'il en avait échappé, mais non. Il en voulait à Monastario de lui avoir tiré dessus pour rien, ralentissant seulement l'inévitable.

Il ne voulait pas penser au commandant. Surtout après ce qui s'était passé.

« Il va falloir envisager votre avenir, Diego, termina le médecin se préparant à partir, votre père n'est pas éternel et vous non plus. Bien, nous nous reverrons dans une semaine à mon cabinet, adios Diego.

-Adios, Docteur. »

Mais je n'arrive pas à envisager mon avenir ainsi, pensa-t-il intérieurement, quel avenir pour Zorro, pour mon moi véritable ?

La porte, qui claqua doucement, suite au départ du médecin fut son unique réponse.

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Enrique s'introduit dans le patio. Il avait vu Alejandro quitter l'hacienda bien avant le médecin et il devait parler à Diego. Il s'apprêta à gravir les marches pour se diriger vers la chambre de Diego, mais le jeune don venait tout juste de sortir de sa chambre, chapeau et gants en main. Il s'arrêta au milieu de l'escalier quand son regard croisa celui d'Enrique.

Diego n'était pas un lâche de nature et il se reprit pour descendre les dernières marches.

« Nous devons parler, De la Vega, annonça Enrique.

- Je n'ai rien à vous dire, Commandante, répondit Diego sèchement tout en se dirigeant vers les écuries.

- Vous êtes fâchés contre moi ?

- Bonne déduction, Commandante.

- Parce que je vous ai tiré dessus ou parce que je vous ai embrassé ? »

Le jeune don s'immobilisa, alors que son visage se colora en rouge et il serra les poings, pris d'une colère sourde.

« Vous avouez donc que vous êtes El Cazador ? Siffla-t-il.

- Et alors, cela nous concerne, nous. El Zorro et El Cazador, vous et moi.

- Non, je n'ai rien demandé ! protesta Diego, vous vous êtes introduits chez moi, vous m'avez menacé, vous m'avez blessé et vous…avez eu des gestes déplacés…à partir de quand m'avez-vous donné le choix ? Et vous voulez que je vous écoute, que je vous parle, Commandante ? Si je m'écoutais, cela ferait longtemps que Zorro vous aurait transpercé la gorge. »

Fort heureusement qu'ils se trouvaient seuls dans la cour des écuries, car Diego avait haussé la voix, si bien que les chevaux s'agitaient. Enrique en fut interloqué. C'était la première fois qu'il voyait Diego perde son sang-froid. Et étrangement, il l'aimait le voir ainsi, c'était à la fois satisfaisant et à la fois, il avait l'impression de voir une nouvelle facette de Diego.

« Est-ce que vous venez d'admettre que vous êtes Zorro, De la Vega, sourit-Enrique heureux de sa réaction.

Diego ouvrit la bouche pour répondre.

- Je n'ai…ne

- J'ai dit que cela ne m'importait plus désormais, coupa l'autre, De la Vega…Je me fiche désormais de Zorro…C'est de vous que je veux ! »

Vif, il avança dangereusement vers le jeune don qui recula subitement, non loin d'une porte de la réserve de rangement, se retrouvant dos au mur, avec Enrique, à moins d'un mètre de lui, qui ne détacha pas ses yeux bleus profonds du renard.

« Si vous osez quoique ce soit, vous le regretterez, Commandante, cassa Diego, mes bras sont guéris et je peux me défendre…

- Je n'en doute pas venant du Señor Zorro, s'amusa Enrique, je veux juste te mettre en garde, j'ai attrapé un renard et je veux l'apprivoiser.

- Pourquoi me faites-vous ça, à la fin ? S'énerva Diego.

- Parce que vous m'obsédez ! S'exclama le commandant, à votre avis, pourquoi suis-je le seul à vous avoir soupçonné ? Parce que je ne faisais que vous observez, De la Vega, depuis le premier jour où mes yeux se sont posés sur vous, vous êtes devenus une obsession. »

Ce fut au tour de Diego de rester interdit abasourdi devant cette confidence. Bien évidemment qu'il savait que Monastario avait une obsession pour Zorro mais pour Diego aussi ? Alors tous ses efforts à essayer de se faire passer pour quelqu'un d'autre n'aurait pas marché sur le commandant ? Cela a même été eu l'effet inverse. Lui qui voulait se faire discret, il n'était donc pas passé inaperçu face au commandant.

« Commandante... je… »

Ils sursautèrent quand ils entendirent des bruits de sabot venir vers eux. La panique envahit Enrique, qui ne voulait surtout pas qu'on le voit de nouveau avec Diego. La dernière fois qu'ils ont été vus ensemble, Alejandro lui avait fait passer un mauvais quart d'heures et avait signalé cela au magistrat qui lui avait réduit sa solde pour le mois. Il n'imaginait pas la prochaine fois que cela arriverait.

Il ne réfléchit pas plus longtemps et il prit le bras de Diego, ouvrit la porte de la petite réserve.

« Que…Commandante ? »

Le pauvre petit renard n'eut pas le temps de comprendre ce qu'Enrique avait l'intention de faire, que déjà il se retrouva dans un débarras de pelles, de râteaux, de seaux, dans le noir total. Pendant un instant, il crut qu'Enrique l'avait enfermé dans ce petit deux mètres carrés. Il voulut pousser la porte pour sortir, quand ces deux mains touchèrent quelque chose de doux. Il prit un certain moment à réaliser que ce n'était pas la porte qu'il avait en face de lui. C'était un tissu. Un vêtement pour être plus exact. L'uniforme du commandant.

Enrique Monastario s'était confiné avec lui.

« Commandante, pourquoi….

-Chut ! » Entendit-il à son oreille.

Diego frissonna, la voix de son père lui parvint alors comme un murmure. En effet, Alejandro se trouvait à l'extérieur, certainement en train d'échanger avec un des vaqueros, quand il saisit plusieurs mots comme « ranch », « entretien » ou bien encore « terres ». Les voix se rapprochèrent de plus en plus d'eux, ce qui augmenta la tension entre les deux hommes.

Pourquoi Monastario avait-il besoin de faire cela ? Maudit intérieurement Diego. Certes son père n'appréciait pas le commandant, mais il ne comprenait pas pourquoi il avait été obligé à se cacher de lui, tous les deux.

« Au fait, Manuel, si jamais tu vois le commandant Monastario avec mon fils, préviens moi immédiatement, fit la voix de son père.

-Bien, patron. »

Il semblait que cela soit très proche. Diego déglutit, espérant sincèrement que personne ne viendrait ouvrir la porte.

Le souffle d'Enrique était encore plus perceptible, Diego pouvait sentir sa respiration contre sa joue. Ils étaient beaucoup trop intimes, lui rappelant ce qu'il s'était passé la dernière fois. Il priait pour qu'Enrique reste le « gentleman » qu'il était avec les señoritas, bien qu'au fond de lui, il redoutait de cela, n'étant pas lui-même une señorita.

On pouvait toujours entendre les voix dans la cours, signalant que la cours n'était pas encore sure pour leur permettre de sortir.

Diego avait toujours les mains sur le torse d'Enrique, permettant de garder un minimum de distance, malgré leur proximité. Ses mains perçurent alors une résistance, les poussant vers l'arrière. Le corps d'Enrique se serra à lui, il lâcha un petit cri sourd de surprise. Dans une autre situation, il aurait poussé violemment, mais là, sa fierté était en jeu.

« Commandante… »

Il était énervé de ne rien voir, l'obscurité l'empêchait de distinguer le visage du soldat, ce qui aurait pu le mettre plus ou moins sur la voie quant à ses intentions véritables, en ce lieu.

Des lèvres se posèrent délicatement sur sa bouche, des poils lui piquant le menton. Sa gorge lâcha un gémissement, tandis que ces poignets étaient attrapés pas deux mains gantés. Bien malgré lui, Diego ferma les yeux, se laissant faire, car de toutes manières que pouvait-il faire ? Ils étaient enfermés, sans pouvoir sortir, car son père se trouvait dehors. Encore une fois, Enrique avait eu ce qu'il voulait, le mettant dans une situation inconfortable. Du moins, jusqu'à qu'il commence à apprécier ce baiser aveugle. Cherchant à inspirer, il ouvrit la bouche, permettant à une langue ravageuse de s'y introduire. Il tenta de protester en reculant mais l'espace étant très petit, cela ne fit que le renforcer, violant sans vergogne sa cavité buccale. Ensuite, lorsqu'il fut libéré, la salive glissant sous son menton, la langue du soldat traversa sa joue, pour ensuite rejoindre son cou, tout en embrassant sa peau.

Diego haleta, cet acte était si agréable qu'il s'y perdit et posa inconsciemment son menton sur l'épaule d'Enrique. Contre sa volonté, son entrejambe réagit et durcit doucement, rendant soudainement son pantalon très étroit. Mais il ne fit pas le seul à connaître cela, puisqu'en Enrique lâcha ses poignets et lui attrapa les fesses, Diego sentit son sexe contre le sien, dans le même état.

« J'en ai tellement envie, lui murmura doucement le commandant, mais…pas ici. »

Le jeune don ne fit que hocher la tête, car déjà Enrique continuait à lui taquiner son cou. Diego finit par passer une main dans les cheveux de son amant, acceptant enfin ce plaisir charnel.

Même quand l'esprit de Diego était entre terre et ciel, les sens de Zorro étaient aux aguets et rapidement, il remarqua le silence dans la cours.

« Commandante…nous pouvons sortir, je crois… »

Pendant un instant, Diego crut qu'Enrique ignorait ces paroles, mais il eut tort, car il ouvrit discrètement la porte, jetant un coup d'œil à l'extérieur, puis soupira pour enfin laisser la lumière entrer entièrement, libérant les deux prisonniers.

Il n'en fallut pas longtemps pour Diego de sortir enfin, clignant des yeux face au soleil. Il avait l'impression d'avoir passé toute la journée dans ce petit débarras. Il avala difficilement sa salive quand il nota que son petit problème entre les jambes était toujours présent.

Et bien évidemment, il n'était pas le seul.

« Je…vais vous laisser, De la Vega, je pense que j'ai dû abuser de vous… et de votre temps. » Fit Enrique.

Diego lui attrapa le bras avant qu'il ne parte.

« Que croyez-vous faire ? S'exclama-t-il énervé.

- Je vous laisse le choix, répondit-il simplement.

- Et si je vous invite dans ma chambre, là maintenant ? »