Il était chanceux. Chanceux d'obtenir ce cœur qu'il avait longtemps cherché à convoiter sans le savoir. Ses lèvres ne souhaitaient plus quitter celles de Diego qui dut placer des mains fermes sur son torse pour l'obliger à respirer.

« Ne t'enflammes pas, Enrique, je ne t'ai pas amené ici pour qu'on couche alors qu'il fait un froid glaciale. » Rappela-t-il sur un ton moqueur.

Le militaire grommela dans sa barbe mais un baiser rapide de Diego lui rendit son sourire. Ce dernier s'allongea à terre et invita son compagnon à faire de même. Enrique le suivit et d'étendit auprès de Diego. Il ne se gêna pas de prendre la main du jeune homme voulant garder un contact avec lui, il avait besoin de se rassurer, de voir que ce n'était pas un rêve ou une simple illusion.

Diego observait désormais le ciel dégagé où étaient éparpillés des étoiles sur la voute céleste sombre de la nuit. Mais Enrique n'avait des yeux que pour Diego. Son air concentré et admiratif attendrirent le soldat qui se surprit à penser à des scènes obscènes, il se ressaisit rapidement et finit alors par jeter un regard sur le firmament.

A ce moment-là, il comprit pourquoi Diego était si fasciné par le ciel noir. C'était beau, comme si la voute était décoré de millions de minuscules diamants brillants de toutes parts, entourant l'astre lunaire. Observer cela donnait une sensation d'apaisement, comme s'ils étaient seuls au monde et que le temps s'était arrêté pour eux, afin de leur permettre d'admirer cette vue céleste.

« Tu es le premier à venir ici, avoua le jeune renard dans un murmure, personne ne sait que ce genre d'endroit existe.

- Même ton père ? S'étonna Enrique.

- Non, il ne le sait pas. Je l'ai découvert une fois…quand je tentais de fuir et que j'étais blessé. Je devais me cacher et j'ai trouvé cet endroit. Cela m'a sauvé.

- Et Bernardo ?

- Je ne lui ai rien dit...Pourquoi tu es si curieux à son propos ? Releva Diego en se tournant vers lui.

- Vous êtes toujours ensemble…maugréa Enrique.

- Serais-tu jaloux de Bernardo ? Rit-il.

- Pas du tout.

- Menteur.

- Excuse-moi de croire que ton serviteur qui te suit partout comme un petit chien, soit aussi ton confident.

- Ne l'insulte pas, il est comme un frère pour moi, Enrique, mais il n'a pas mon cœur. »

Diego se rapprocha un peu du corps du soldat et posa sa tête contre sa poitrine, partageant sa chaleur avec lui. Ce dernier passa une main dans les cheveux, appréciant cet instant exclusif avec son renard adoré. L'animal qui était en lui, ronronna de satisfaction.

« Et je ferai en sorte d'en prendre soin, assura Enrique en l'embrassant sur son front.

- J'en suis persuadé, sourit le jeune don.

- Si, Perez t'approche de nouveau de la sorte, je tuerai par contre.

- Les menaces de Zorro l'ont dissuadé, je pense. C'est un homme naïf et même s'il ne le montre pas, il a peur de son ombre.

- Ce m'est égale, il te touche, je l'enverrai en enfer. »

Diego émit un rire amusé, qui surprit le commandant.

« En quoi est ce drôle ?

- Mon père utilise la même expression que toi. Il t'a menacé d'aller en enfer avec toi, se rappela-t-il.

- Ton père ne m'apprécie guère, marmonna-t-il.

- Après ce que tu lui as fait auparavant, comprends-le.

- Pourtant, tu m'as pardonné.

- Tu m'as plutôt bien convaincu, corrigea-t-il, et il est toujours plus difficile avec mon père qu'avec moi. Mon père a toujours été quelqu'un d'assez rigide, bien que compréhensif.

- Je n'ose pas imaginer le jour où il nous découvrira. » Fit Enrique en imaginant le pire.

Il savait très bien que Don Alejandro se mettrait dans une colère folle s'il voyait le commandant Monastario tourner autour de son fils. Il avait toujours son hostilité face à lui et ce n'était pas Diego qui allait lui faire changer d'avis.

« Tu n'as pas à t'en faire, Enrique, soupira Diego, j'ai réussi à garder Zorro en secret et il ne l'a jamais su. »

Il n'était pas aussi sur que son amant. Quelque chose, au fond de lui, le tourmentait, le simple fait d'imaginer Alejandro être au courant le mettait mal à l'aise et la peur d'être éloigné de Diego l'envahit, si bien qu'il serra un peu plus Diego dans ses bras, craignant qu'il ne s'échappe.

Celui-ci le perçut et d'une main l'obligea à tourner sa tête vers lui, caressant au passage sa barbiche.

« Aie confiance en moi, en nous, Enrique, souffla-t-il, je ne laisserai rien nous arriver.

- Et si…nous sommes obligés de nous séparer et si ton père décide de se plaindre au gouverneur ?

- Je ne laisserai pas ce genre de chose arriver.

- Tu es trop sûr de toi, Diego.

- J'ai confiance en Zorro, alors aie confiance en lui. » Dit-il gravement.

Le nom de Zorro lui rappela alors le rôle qu'il avait joué depuis son arrivée en Californie. Diego avait raison. Zorro était un justicier, qui ne pouvait abandonner ceux qui étaient dans le besoin, ceux qui subissaient une injustice.

Un tendre baiser de son amant lui redonna espoir en l'avenir. Il resterait auprès de son bien-aimé, peu importe les difficultés qu'ils allaient surmonter. Il serait au côté de Diego.

Le jeune don reporta son attention sur les étoiles et Enrique fit de même. Dans le silence le plus complet, les deux amants profitaient l'un à l'autre, du calme, de la chaleur, de la brise du vent et de ce tableau étoilé.

Une étoile filante passa sous leurs yeux émerveillés.

« Faisons un vœu, Enrique, s'écria Diego.

- Oui, faisons un vœu, répéta Enrique fixant l'étoile qui disparaissait.

« Je veux être à jamais à ses cotés. »


Fin de la fanfic, avec possiblement une deuxième partie. (c'est limite une habitude chez moi)