Chapitre 1 : Au commencement.

« Cette potion de Vitalis Mejor va être le sujet de votre devoir. Je vais vous indiquer la démarche à suivre, du moins, que vous tenterez de suivre, n'est ce pas Londubat ? Mais avant cela…Potter, quelles sont les bénéfices qu'apportent une potion de Vitalis Mejor correctement préparée et le rapport avec les écailles des poissons d'ambres ?

Harry ne se souvenait pas comment avait débuté sa journée, ni même quand le cours avait pu commencer, mais se faire interroger en cours de potions n'était jamais une bonne chose avec Snape pour lui. Il retint un soupir, il n'avait rien écouté et ne savait même pas de quels poissons son professeur pouvait bien parler.

-…je ne sais pas Monsieur, fut la réponse de l'intéressé qui sentit au même moment une plaisante mais pourtant inexpliquée sensation de chaleur à l'entrejambe.

« Ridicule, siffla Snape en ignorant comme toujours le bras levé d'Hermione. La Vitalis Mejor redonne énergie et vitalité à quiconque en boit. Quand aux écailles des poissons d'ambre, en plus de servir d'éclairage rudimentaire chez certains, elles ont des vertus fortement dynamisantes et sont donc l'ingrédient principal de notre potion. Enfin, ce sont elles qui donneront à Vitalis Mejor sa couleur rouge-orangée satinée caractéristique, du moins si vous arrivez à quelque chose de potable, Potter. »

Harry, notre pauvre petit Harry, soupira. Et à la surprise générale, Hermione se leva.

- Asseyez-vous Granger.

- Professeur, puis je espérer être interrogée un jour ?

- Cinq points en moins pour votre maison. L'impertinence n'a pas sa place ici.

- Je n'appelle pas cela de l'impertinence.

- Cessez. A moins que vous souhaitiez une retenue, acheva t-il d'une voix doucereuse.

- Vous ne ferez rien cette fois, répliqua t'elle en se plantant devant Snape.

- Granger, obéissez ou votre maison se retrouvera avec plus de cinquante points ôtés par votre faute !

- Essayez.

Il la darda d'un regard menaçant, furieux de voir la gyffondor lui tenir tête avec autant d'impertinence et les élèves présents retenaient d'ailleurs leur souffle, choqués pour la plupart de la réaction de la, pourtant habituellement si respectueuse, Miss je sais tout face à la terreur des cachots en personne. Elle ne se démonta pas lorsqu'il se déplaça entre les tables pour lui faire face, la toisant de toute sa haute taille.

Ils se dévisagèrent ainsi un long moment, les yeux dans les yeux.

- Je parie que vous n'enlèverez pas de points à Gryffondor cette fois, ajouta t'elle un sourire mesquin aux lèvres.

- Vraiment ? Et sur quoi vous basez vous ? Rétorqua t'il en la fusillant du regard.

- Sur ceci.

Elle attira soudain le maître des potions à elle pour l'embrasser avec ardeur, ses mains graciles agrippant avec forces les fesses fermes de son professeur dont les pupilles se dilatèrent soudainement. La voix d'Hermione était rauque lorsqu'elle rompit le contact entre leurs lèvres pour se hisser sur une table proche.

- Snape, faites-moi sauvagement l'amour sur ce bureau.

- Immédiatement Miss Granger.

Harry, horrifié par la vision de sa meilleure amie en train de se faire arracher avec enthousiasme ses vêtements par un Severus en rut, mit ses mains devant les yeux pour échapper à ce spectacle.

Mais il sentit soudain que quelqu'un s'affairait, et plutôt avec talent, entre ses jambes, au point de lui arracher un gémissement qui se mêla à ceux d'Hermione. C'est à ce moment précis qu'il décida d'ouvrir les paupières et qu'il vit, incroyable mais vrai, son fantasme absolu, un Drago Malefoy au regard aguicheur et à la, crue mais authentique vérité, bouche pleine. Inutile de préciser qu'il ne s'agissait pas de petits bonbons, mais plutôt d'un énorme sucre d'orge, si vous tenez à une comparaison…

« Malfoy ?! »

Inutile de le préciser également, on ne parle pas la bouche pleine et Malfoy en bon garçon respecta cet adage et lança à Harry un regard intense tout en jouant avec sa langue. Il titilla tout d'abord le bon ouvrage de confiserie de son petit bout de chair rose puis, glissa le long du bâton de sucre avant de l'enfourner au fond de sa gorge avec gourmandise, paré à en boire le subtil glaçage blanc qui en sortirait. Harry, extatique, ferma les yeux devant tant de passion pour les arts culinaires.

Et quand il les rouvrit, le grand et vigoureux sucre d'orge aux couleurs appétissantes qu'il possédait perdit soudain de sa splendeur en voyant que le visage de Drago avait été remplacé par celui…de Ginny. Il cligna une dizaine de fois les yeux sous la surprise.

Pouf, Ron ! Pouf, MacGonagall ! Pouf, Malfoy père ! Pouf, Parvati ! Pouf, Cho Chang ! Pouf, Luna ! Pouf, Rusard ! Pouf, Voldemort ! Pouf, plus rien !

Harry n'osait pas rouvrir encore une fois ses paupières. Il se décida finalement, entre les cris de jouissance d'Hermione et de Snape confondus et le froid qui commençait à s'emparer d'une partie très sensible de son anatomie.

Il ne vit qu'un canard entre ses jambes, à une dizaine de centimètres de sa partie la plus délicate. Mais, las que le destin est cruel avec les élus, le canard considéra le membre du survivant et en conclut en quelques secondes qu'il s'agissait d'une espèce de ver géant particulièrement droite et vigoureuse qu'il devait manger sur le champ. Couac, fit le canard en pinçant le « ver » géant d'Harry.

Et « OUAAAAAAAAAARGGHHHH ! » hurla Potter.

Potter qui se réveilla en sursaut, bien au chaud dans sa couette. Et qui croisa alors le regard vide de deux yeux jaunes liés à un bec. Il cria de nouveau et tira sa dite couette jusqu'à sa tête.

Et le pauvre canard, car cette fois c'en était un vrai et il n'appartenait guère au monde fantasque de Morphée, tomba avec un «coin» sonore en bas du lit dans une petite volée de plumes. Harry porta une main affolée à son entrejambe et put constater que son sucre d'orge était bien là et entier et qu'il n'y avait personne entre ses jambes. Bref, qu'il avait juste fait un rêve débile digne d'un trip d'un toxico qui aurait mélangé toutes les drogues existantes ou d'un Dumbledore euphorique. Mais, revenu donc à la réalité, il ne put s'empêcher de penser, de façon tout à fait légitime : « Qu'es ce… » Et fut coupé dans sa pensée par un délicat :

« MAIS QU'EST QU'UN CANARD FOUT LA ? » beuglé par un Ronald Weasley dans une parfaite imitation d'un célèbre ogre vert sorti droit des marécages.

Harry se leva d'un bond. Devant un, non ! Deux, trois, quatre…sept canards en liberté dans le dortoir ! Il courut à la salle commune où une quinzaine de ces bestioles se baladaient au milieu de Gryffondors abasourdis et fraîchement réveillés. Un canard lança un « couac » sonore.

Et ce fut le bordel.

Comme vous le savez, un canard c'est relativement inoffensif à moins d'être un ver de terre. Or, les Gryffondors durent se prendre pour ces bestioles invertébrées et se sentirent alors en danger car en une fraction de seconde, des sortilèges de Stupefix volèrent dans tous les sens. Et tous ces sorts n'avaient qu'un but commun attraper tous ces canards.

Si, si, si. Les courageux Gryffondors se débattant pour capturer des bestiaux qu'on cuisine en magret avec du miel des figues ou des champignons.

Dubois visa un canard. Canard qui, pas con le piaf, se décala et le sortilège, pourtant adroitement lancé, ricocha sur un miroir et toucha un malchanceux. Devinez qui ? Attention…j'ai nommé…Neville Londubat ! Eh oui, notre super Neville se prit un sortilège qui ne lui était pas destiné et tomba stupéfié sur la table basse, répandant au sol divers objets tels que des parchemins, une bouteille d'encre (ouverte, naturellement), des plumes, un lourd ouvrage intitulé Destin : Les phénomènes improbables qui écrasa le pied de Harry, un jeu de billes appartenant à Colin Crivey, une bouteille de bièreaubeurre entamée appartenant à Fred (ou George) Weasley, etc… Mais pensez-vous, ce n'est pas tout !

Dans ce chaos, quelqu'un d'autre voulut bien faire et munie de sa baguette, Ginny lança un sortilège de Wingardium Leviosa. Mais elle chuta de manière inexpliquée et son sort ne fit que faire voler les chaises et fauteuils en bois précieux dans la salle. Ron qui l'avait rattrapée poussa accidentellement Dean qui poussa Lavande qui tomba sur Finnigan qui fit exploser le lustre de la salle commune et la cheminée antique sur laquelle était posée une tête de lion empaillée (cadeau de Luna Lovegood) datant de l'époque des fondateurs (la cheminée, pas la tête de lion).

Et c'est sur ces déboires que Minevra McGonagall fit irruption en chemise de nuit à motifs écossais, alertée par tout ce ramdam infernal.

« Mais par la barbe de Merlin que se passe t-il ici ?! »

Ah, ça…Harry se le demandait bien alors que Ginny répondait à Ron qu'elle avait glissé sur des billes.

Mais ce que le survivant ignorait, de même que Ron, l'ensemble des Gryffondors et MacGonagall, c'est qu'à ce même moment, cette question était celle posée par tous les résidents du château, hormis un seul…

« Mes chers élèves, un peu de silence s'il vous plaît ! »

Posté comme toujours au centre de la table des professeurs, Albus Dumbledore affichait un franc sourire débordant d'espièglerie face aux étudiants quelque peu déroutés après leur réveil prenant leur petit déjeuner dans la Grande Salle. Au final, les gryffondors ne s'en étaient pas mal tirés si l'on les comparait aux poufsouffles chez qui Ernie avait eu la charmante idée de lancer un incendio que Mme Chourave avait malheureusement éteint à temps si on en croyait ce qui se disait chez les serpentards, chez qui le bilan s'élevait à quelques premières années effrayés et un rapide blessé qui avait tenté de plaquer une bestiole au sol et l'avait raté (la bestiole, pas le sol vous vous en doutez).

Chez les serdaigles, en revanche, les canards ne s'étaient pas gênés pour, eh bien, faire leurs besoins où ils pouvaient et surtout, surtout, becter tous les livres et parchemins à porté de bec. Inutile de dire que voir son devoir et ses travaux de recherche se faire tranquillement grignoter, au sens premier du terme, lorsqu'on y a passé des heures, c'est agaçant et une fureur sourde se mêlait à la perplexité des aigles. Et si les lions et les blaireaux riaient globalement de la chose malgré la pagaille matinale, les serpents, eux, complotistes de toujours, avaient déjà décrété qu'il s'agissait sûrement d'un coup des jumeaux Weasley et réfléchissaient d'ores et déjà à un moyen de leur faire payer ce réveil pittoresque.

« Mes chers élèves...commença Dumbledore en levant les mains pour calmer les discussions, ce matin vous avez pu avoir un réveil qui, je reconnais, sors de l'ordinaire. Sachez qu'à partir d'aujourd'hui, les canards que vous avez pu croiser sont de nouveaux habitants de Poudlard. Il s'agit de diverses espèces de canards magiques qui ont été sauvés d'environnements peu scrupuleux envers leur espèce, je vous demanderai à tous la plus grande gentillesse envers ces animaux, qui, je vous le rappelle, sont nos nouveaux amis ! Ils ont accès à l'entièreté du château à l'exception des cuisines et je vous prierai de les traiter comme vous traiteriez un élève de Poudlard ou nos chers fantômes, avec respect ! Sur ce, je vous souhaite à tous un très bon appétit ! S'exclama le citronné avant de se rassoir et de se servir une belle tranche de gigot. »

Curieusement, dans le silence général qui s'était installé, on n'entendait plus que Dumbledore qui mastiquait joyeusement, ignorant dans les expressions choquées de élèves et médusées des professeurs. Flitwick semblait avoir fait une attaque tandis que Snape avait le visage de quelqu'un à qui l'ont vient de jeter une tarte chantilly en pleine tête.

Quand à McGonnagal, elle semblait considérer sérieusement la possibilité de changer d'identité et s'enfuir au Pérou, loin, très loin, très très loin de son directeur.

Harry quand à lui, regarda, interdit, un canard à col vert picorer gaiement un bout de pain, le sien pour être exact, à côté de son assiette et se demanda pourquoi, encore une fois, l'année scolaire commençait si bizarrement.

Et « Coin », fit le canard.


Le mot de la fin : C'est pour toi mon Sieg ! Promis, celle là je la finis !