Bonjour, j'espère que vous allez bien en cette période plutôt compliquée. De mon côté, le confinement a eu raison de moi et, j'ai eu l'irrémédiable envie de relire mes anciens écrits. Et puis je suis tombée sur cet écrit, sur le ZoRobin. Mon pairing préféré. Et j'ai craqué. J'ai voulu changer plein de choses, bien trop de choses… Alors me revoilà, avec une version un peu plus différente. Peut-être meilleure, je ne sais pas, mais j'ai l'espoir que si ! Disons que j'hésite beaucoup.
Mais bon, je ne veux pas trop me rabaisser non plus, hehe.
Tous les crédits reviennent bien évidemment à Oda, le grand maître de One Piece que je vénère plus que tout.
Et je vous dis à vous, fans inconditionnels du ZoRobin, bonne lecture ! :)
La lune daigna enfin montrer ses pattes, illuminant à peine les vagues, frayant un chemin pour l'équipage du Chapeau de paille. En plein milieu de la nuit, le Thousand Sunny fendait ses flots vers la prochaine île, dans l'espoir d'obtenir prochainement une source de ravitaillement. Les membres de l'équipage dormaient tous en paix, exténués.
Cette nuit-là, l'océan était tranquille, peu agité.
Alors que tout l'équipage du Chapeau de paille roupillait dans les chambres, une belle archéologue surveillait quelquefois les environs, parfaitement réveillée. Confortablement installée sur sa chaise qui faisait face aux vagues paisibles de cette soirée, Robin lisait tranquillement un ouvrage sur la marine.
Dans d'autres circonstances, elle aurait été ailleurs, probablement en train de dormir.
Ce n'était pas au tour de Robin d'être de garde. Seulement, avec toutes les tasses de café qu'elle avait joyeusement sirotées la veille, elle n'arrivait plus à trouver le sommeil. Elle s'était donc portée volontaire, car elle savait que Luffy aurait eu l'envie de dormir. Et pour cause, il avait été tellement agité cette journée-là...
Lorsqu'elle lui avait gentiment proposé de prendre la relève, Luffy n'avait cessé de la remercier, allant même jusqu'à l'enlacer de joie devant les regards jaloux de Sanji et de Brook. Malgré toutes les tentatives de ces deux-là de se rapprocher des seules femmes de l'équipage, ils se faisaient royalement rejeter par l'infect venin de leur navigatrice préférée, Nami.
Assise à proximité de la rambarde du Thousand Sunny, Robin se rappela ce moment, légèrement amusée. Il fallait dire que le cuisinier et le musicien ne s'y prenaient pas avec délicatesse. Sanji pouvait se montrer plutôt galant, parfois. Mais Brook, lui, manquait de tact. Elle se mit à rire doucement.
Après tout, on ne changeait pas les gens qu'on aimait...
Alors que Robin s'isolait de la réalité à cause de ses songes, elle se rappela pourquoi elle était la seule encore debout, assise en plein milieu de la mer sur un navire silencieux.
Elle devait veiller sur eux.
Mais l'enfant du démon s'en était prise autrement : Elle n'avait pas voulu occuper ses pensées d'autre chose, mais son cerveau en avait décidé ainsi.
Une certaine angoisse s'installa dans le creux de son ventre.
Peut-être qu'il fut déjà trop tard. Peut-être que, non loin d'eux, derrière ces immenses vagues, se trouvait un navire logeant de nombreux pirates recherchés, tous équipés de matériaux pouvant affecter leur sécurité.
Elle souffla du nez et ferma les yeux pour se ressaisir.
Bien sûr que non.
Elle ne pouvait pas réellement s'en vouloir d'avoir une imagination aussi tordue, c'était dans sa nature. Être sadique, négative. Elle n'aurait toutefois jamais su pourquoi elle eut été créée de la sorte. Mais elle s'acceptait ainsi, riant parfois de cette facette.
Pour passer le temps – et aussi pour pardonner son manque de concentration, elle pensa à jeter un coup d'œil dans les alentours pour s'assurer que tout se passait bien.
À l'aide de son fruit du démon, Robin dupliqua ses billes observatrices un peu partout sur le navire, mais principalement dans les chambres. Elle remarqua bien la présence de la rousse dans son lit, dormant aux côtés de mandarines. Quant aux garçons, ces derniers étaient tous en train de dormir, collés l'un contre l'autre.
Robin sourit, désespérée.
Dans la chambre des garçons, il y avait en tout sept lits pour accueillir les hommes du navire. Sept, et pourtant, six d'entre eux étaient inoccupés.
Ils étaient mignons. Elle ne cessait de se le dire.
Elle remarqua tout de même, dans cet étrange monceau d'humains, qu'un homme manquait à l'appel. Roronoa Zoro n'était pas dans cette pièce, il était ailleurs.
Le bretteur était toujours le premier à dormir, un peu partout, certes. Peu importe qui rencontrait Zoro aurait pu penser que cet homme était digne d'un paresseux. Mais, il ne passait certes, pas tout son temps à fainéanter. Il avait un sommeil lourd, mais étonnamment, Zoro possédait un réel corps d'athlète.
Elle se demanda où est-ce qu'il pouvait bien être. Elle l'imaginait, lui, mangé par un horrible requin et même pire : déchiqueté en millions de petits morceaux par les dents ravageuses d'une telle bête. Elle chassa cette pensée loufoque de sa tête.
De toute façon, elle lui faisait confiance. Elle ne sentait pas le besoin de le chercher à l'aide de ses yeux. Elle savait qu'il pouvait très bien se protéger lui-même, autant qu'il la protégeait déjà, elle.
Zoro n'était pas en danger. Malgré que son sadisme refaisait surface comme cela lui chantait, l'archéologue pensa qu'il était probablement en train de s'entrainer à l'heure actuelle, dans la vigie. Face à cette réflexion, elle sourit.
Ça lui correspondait bien.
Et sur ce coup, elle se rassura, encore plus qu'avant.
Elle se tâcha tout de même à faire volatiliser ses yeux afin d'éviter qu'un membre du navire n'eut une bien mauvaise surprise à son réveil.
Une ambiance agréable et reposante régnait sur le bateau. Le vent frais venait caresser les jambes dénudées de Robin qui s'était vêtie d'une simple paire de shorts noires, étant donné la température chaude. Elle ferma les yeux, se contentant de l'air agréable qui venait effleurer ses longs cils fins noirs, chassant les quelques poussières qui avaient pu s'y loger au courant de la journée.
Le ciel donna à Robin de nombreuses étoiles à regarder, tous différentes, pourtant si semblables à l'œil nu. Les membres du navire avaient pour habitude, avant de dormir, de se mettre en cercle et de discuter de toutes sortes de sujets. Bien que la plupart du temps, les conversations finissaient toujours sur un Luffy affamé de viandes, au grand désarroi de l'équipage.
Mais ce soir, elle fut un peu déçue parce qu'ils n'avaient pas partagé ce moment.
Elle comprenait, ils étaient tous fatigués, la journée avait été si épuisante qu'il était inévitable d'atteindre le royaume du sommeil après le somptueux repas de Sanji. Mais une partie d'elle aurait aimé revivre ces instants, encore une fois.
À vrai dire, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine gratitude envers eux. Ils l'avaient sauvée à de nombreuses reprises.
Elle ne pouvait pas non plus s'empêcher de constamment se demander ce qu'aurait été sa vie sans n'avoir jamais rencontré ce mystérieux bretteur aux cheveux verts qui maniait trois sabres à lui seul.
GLING.
Robin sursauta, prise de court. Elle était si obnubilée par ses pensées qu'elle s'était encore déconnectée du monde réel. Elle pesta intérieurement.
Le bruit assourdissant vint perturber ses délicates oreilles. Elle eut entendu un objet tomber sur le sol comme s'il s'était cassé en mille morceaux. Comme si c'était du verre – et ce fut sûrement le cas. Le cœur de Robin manqua de s'arracher de sa poitrine. Son manque de méfiance allait la rattraper un jour si elle continuait de se perdre dans ses pensées. Diantre ! Si elle avait été plus concentrée, aussi... Tout aurait été intacte !
Elle se rapprocha de l'endroit, de la cuisine à Sanji, de son espace de travail. Le bruit venait de là. L'enfant du démon aux yeux azurs n'avait pas peur. Toutefois, la sécurité de ceux qui pionçaient était entre ses mains et cela lui mit un immense poids sur les épaules qu'elle ne pût guère enlever.
Elle vit l'ombre en question. Elle semblait imposante, virile. Elle se demanda s'il était mieux pour elle d'attaquer ou non. Ou bien peut-être cela lui aurait-il été plus avantageux d'emprisonner la personne à l'aide de son pouvoir de l'éclosion… Elle se rapprocha encore de la pièce, incertaine. Essayant de donner une identité à cette silhouette inconnue, mais toujours rien. Tout ce qu'elle remarqua, en plein cœur de la nuit, c'était une épée accrochée à la taille de cette personne.
Robin fit apparaître de nombreuses mains autour de cet individu. Voyant sa forme, il était tout simplement un jeu d'enfant de le capturer. Elle l'immobilisa et celui-ci chercha à savoir ce qui se passait. La personne essaya de se dégager de ses bras multipliés, mais n'y arriva pas. C'était peine perdue. Il poussa un gémissement de douleur et c'est là que tout eut un déclic. Elle réalisa bien vite à qui appartenait cette voix rauque et virile.
« – Oï, Robin. Ce n'est que moi, Zoro. » gronda-t-il, mécontent.
Elle lâcha prise et pénétra aussitôt dans la cuisine. Elle le regarda. Il se dégourdissait les poignets et finit par soutenir à son tour son regard, impassible. Robin replaça une mèche de ses cheveux sombres derrière son oreille, légèrement intimidée par le regard intense du bretteur.
Mais ça, elle ne lui montra pas. Elle essaya de soutenir l'intensité de sa seule pupille encore valide, en vain.
Elle finit par poser ses yeux au sol pour connaître la source du bruit. Une bouteille brisée en mille morceaux tapissait le plancher, mélangée à son contenu : de l'alcool. Robin ferma alors les yeux.
C'était donc ça.
Elle leva à nouveau ses iris sur l'homme qui la fascinait tant et le contempla. Il avait visiblement l'air agacé par sa maladresse.
Le voir dans cet état amusa la belle archéologue. Elle s'empressa d'entamer une discussion :
« – Désolée, je pensais que tu étais un ennemi.
– Ça arrive, je ne t'en veux pas. »
Zoro ne souriait pas. À vrai dire, à part une certaine touche de dégoût sur son visage, il ne laissait rien paraître. Non, il s'était juste contenté d'analyser la bouteille. Ses sourcils étaient à peine froncés. Elle soupira et ferma à nouveau les yeux. Un silence pesait. Aucun des deux ne bougeait, pour une raison erronée.
Cette situation ne les rendait pas mal à l'aise. Au contraire, ne rien entendre leur faisait un bien fou et d'ailleurs, c'était l'une des raisons qui les poussaient à rester ensemble. Ils aimaient la présence de l'autre et ce, sans même devoir à se parler.
Mais bizarrement, les deux adultes aux allures froides voulurent beaucoup plus, ce soir-là. Une certaine émotion étrange vint s'installer dans leur gorge, réclamant davantage la présence de l'autre.
Robin se pencha vers le sol pour ramasser les morceaux de verre éparpillés. Elle ne comprit pas pourquoi elle le faisait. En temps normal, peu importe la personne, elle lui laissait la tâche de ramasser ce qu'il échappait par maladresse.
Mais pour Zoro, c'était différent.
Ou, peut-être désirait-elle que cela se déroule autrement. Zoro se mit à scruter Robin. Il se sentait lâche de lui déléguer tout le boulot alors que la personne qui avait malencontreusement saccagé la bouteille, c'était lui. Il prit le porte-poussière et se mit à la même hauteur que la belle femme aux cheveux noirs. Celle-ci restait vigilante à ne pas se couper. Il passa un instant à observer les mains drôlement frêles, minces et longues de Robin. Si bien entretenues. Et, il soupira à son tour.
Cela aurait été du gâchis d'abîmer ces élégantes mains.
« – Laisses-moi ça...» susurre-t-il.
Zoro déposa sa main sur celle de l'archéologue avec une telle douceur, laissant Robin déboussolée. Il se passa quelques secondes durant lesquelles le sabreur ne détacha pas sa main de la sienne. Il ne la tassa que peu de temps après cet instant interminable, en prenant soin d'y aller avec légèreté.
Robin divagua légèrement. Elle ne sut pas comment réagir face à ce geste si tendre du sabreur. À dire vrai, pour Zoro, il ne s'était probablement rien passé...
Sa main était délicate. Ça lui parut étrange de le voir sous cet angle. Et pourtant, ce geste ne lui avait pas totalement déplu. Elle se surprit même à en vouloir plus. Mais ça, elle se tâcherait de ne pas lui en parler.
Avait-il ressenti la même chose qu'elle, c'était ce à quoi elle pensait.
Elle était complètement perdue dans ses pensées. Ailleurs. Sur une autre planète. Zoro avait réussi à creuser un grand espace dans sa tête, ce soir. Seulement lui. Cependant, elle ne le souhaitait pas.
Mais c'était plus fort qu'elle.
« – Non, ne t'inquiète pas je peux le faire. Il y a sûrement d'autres bouteilles dans les étagères. »
Il la regarda à nouveau, affichant une certaine incompréhension à ses paroles.
« – Robin, ne dit pas n'importe quoi. Je l'ai échappée. C'est à moi de nettoyer. Je ne veux pas que tu te blesses par mon manque de vigilance. »
Robin se mordit la lèvre et se releva. Elle commença à s'éloigner avant de lancer :
« – Alors, je te laisse le reste. »
Il sourit discrètement. La laissant continuer son chemin. Une fois qu'il entendit la porte se refermer, il regarda sa main, sans mot. Il ne l'avait pas laissé paraitre. Il ne se l'acceptait pas. Il ne visait pas à lui montrer que ce geste l'atteignait aussi, qu'il n'avait pas compris pourquoi il avait agi ainsi.
Ce n'était pas dans les habitudes de Roronoa Zoro d'être affectueux comme il ne l'avait été.
Accoudée à la rambarde du bateau, Robin ne disait rien, elle se tenait silencieuse, sans mot. Son regard s'était à nouveau plongé dans les vagues. Elle se surprit elle-même à penser que, finalement, elle aurait juste souhaité dormir. Elle ne s'était pas rendu compte du temps qu'elle aurait consacré à veiller sur eux. Elle aurait pu rester auprès de Zoro, mais...
« – Tu ne fais pas vraiment attention ce soir, Robin, murmura une voix. Je t'ai connue beaucoup plus... Méfiante. »
Elle fut surprise. Elle n'avait pas remarqué sa présence, pas le moindre du monde. Robin tourna sa tête vers la voix, observant l'Adonis qui se tenait debout. Zoro était derrière elle, la rejoignant avec une nouvelle bouteille d'alcool à la main. Elle se demanda pourquoi à cet instant précis, un certain sentiment de satisfaction se créa en elle. Il l'avait rejoint de son propre gré parce qu'il souhaitait tout simplement être en sa compagnie.
Plongeant ses pupilles azures dans la seule valide du bretteur, elle fût subitement chassée de la réalité. Plus rien n'existait. Seulement le bruit des vagues sifflait dans ses oreilles et... Peut-être aussi la voix de Zoro.
Elle ne voyait que lui, à cet instant. Que lui. Son corps d'athlète, ses cheveux qui le particularisaient d'autrui, cet œil perçant, cette mystérieuse cicatrice qui longeait verticalement son œil droit, ce n'était que lui. Il s'avança pour se mettre à côté d'elle et ce ne fut qu'à ce moment qu'elle reprit ses esprits. Se rendant compte de sa bêtise, elle ne lui dit rien tout de suite, mais ses joues qui se mirent à s'enflammer laissa le bénéfice du doute à Zoro.
Il remarqua cette teinte rosée qui enjolivait le visage de la belle archéologue, mais ne releva pas ce détail. Il était possiblement aussi perdu qu'elle.
« – Tu ne dors pas ? Tu es toujours le premier à dormir, après tout.
– Je m'entrainais à la vigie, déclara-t-il en buvant une gorgée. Ma gorge désirait de l'alcool. »
Elle le fixa boire, sans broncher. Sans savoir pourquoi, elle arrivait même à le trouver classe comme ça, à voir cette pomme d'Adam en pleine action.
Aussi loin qu'elle ne put s'en souvenir, Robin n'avait jamais vu Zoro aussi calme et serein auprès d'une autre femme. Pour une raison qu'elle ignorait, elle se mit à sourire, continuant de regarder la mer bleue et le ciel étoilé et puis, elle continua :
« – Ça ne t'est jamais arrivé d'être ivre, avec tout ce que tu bois ? »
Le sabreur arqua un sourcil. Il croisa ses bras sur sa poitrine, prenant un air grave.
« – Non, je suis résistant. »
Elle se mit à rire doucement. Elle savait déjà la réponse, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de trouver un moyen d'entendre sa voix. Comme si... En l'entendant parler, elle arrivait à mieux le comprendre.
En voyant le sourire aussi sincère de Robin, Zoro resta bouche-bée. Il n'avait jamais réellement porté attention à la gente féminine parce qu'il ne voyait pas de différence entre un homme et une femme à l'exception du sexe. Mais cette femme, qu'est-ce qu'il la trouvait belle... Peut-être aurait-il tombé sous son charme s'il avait été quelqu'un d'autre.
Ou peut-être l'était-il déjà.
Il se mit à sourire avec elle, car la voir rire ne pouvait l'empêcher de le faire aussi. Robin semblait si différente lorsqu'elle riait. Elle paraissait beaucoup plus vivante et c'était une facette qui ne lui déplaisait pas.
« – T'en veux ? demanda-t-il en passant la bouteille
– Oh... »
Un léger sourire en coin se créa sur les lèvres de Robin. Elle se rapprocha du bretteur, prête à le taquiner un peu.
« – Suis-je supposée de dire oui ? »
Zoro se recula, gêné. Il se redressa et passa une main derrière sa tête, bredouillant ses mots.
« – Il m'arrive d'en partager avec les gens que j'apprécie, c'est tout. » lâcha-t-il, les yeux fuyants.
Il ne se rendait vraiment pas compte de ses paroles. Elles étaient dévastatrices. Ses joues commencèrent à s'enflammer, encore plus. Donc... Zoro était prêt à donner une partie de ce qui était indispensable pour lui ? Il fallait bien croire que oui. Elle le regarda, souriant de plus belle.
« – Je ne supporte pas vraiment l'alcool, rétorqua-t-elle. Il m'arrive de... Trop dire de choses. Des choses que je préfère garder personnelles. »
Il leva un sourcil, la contemplant mille et une fois. Il était vrai que Robin ne parlait jamais, du moins, pas assez de son vécu. Elle ne cachait pas des choses selon lui. Elle était simplement très pudique à divulguer des informations de son passé.
Et c'était correcte comme ça.
Mais... Cela piqua vraiment la curiosité de Zoro. Il voulait la connaitre. Il n'était pas assez intéressé par les femmes en général. Les femmes, pour lui, n'étaient qu'un genre. Mais Robin… Il ne savait pas. Elle n'était pas qu'un genre. C'était différent.
Il se pencha pour poser son menton dans sa main, pensif. Il soupira.
« – Dommage, tu rates vraiment quelque chose.
– Je ne rate rien, fine lame. C'est juste que pour toi, c'est indispensable. »
Silence. Un silence qui dura un peu trop longtemps à son goût. Robin soupira. Mais encore là, rien de gênant. C'était comme d'habitude.
« – Il fait frisquet, je vais me chercher un manteau. »
Il n'avait pas besoin de dire quelque chose pour qu'elle comprenne qu'il avait saisi ce qu'elle avait mentionné. Il la fixa s'éloigner et c'est là, qu'il se remit en question. Qu'était Robin pour lui ? Certes, elle était très importante, mais jusqu'à quel point se limiterait-il ? Il ne cessait jamais de se le demander et ça le démangeait de ne jamais comprendre. Il n'arrivait pas à mettre des mots sur ces torrents d'émotions qui s'animaient dans son bas ventre. Il mit sa tête dans ses mains, soupirant de gêne, ne savant pas quoi faire, comment réagir, comment arriver à une conclusion.
Et puis, j'aimerais te découvrir, Robin.
Elle était bien plus importante qu'il ne le croyait.
Il frotta ses yeux, fatigué de chercher à comprendre une réponse qui était là depuis le départ.
« – Et merde... jura-t-il. »
Ce n'était qu'après un bon cinq minutes que Robin revint avec un pull très chaud. Elle se plaça encore aux côtés de Zoro, discrète.
Peut-être. Peut-être avait-elle l'envie de boire.
Pourrait-il la trouver étrange d'avoir changé d'idée ? Peut-être que maintenant, ça ne lui tentait plus d'en offrir. Le sabreur regarda Robin penser, remarquant qu'elle se retenait de dire quelque chose. Il le voyait dans le reflet de ses iris. Il baissa sa paupière. Il savait.
Il lui tendit la bouteille finalement. Il n'avait pas besoin de communiquer. Il savait que c'était ce qu'elle voulait. Il ignorait comment. Mais il s'agissait d'un sentiment qui s'avérait exact.
Elle le scruta longuement, se demandant comment avait-il pu saisir ce qu'elle désirait. Elle désirait boire pour elle. Et peut-être un peu pour lui, aussi. Mais pas que pour ça. Elle brûlait d'envie de se rapprocher de lui. Et l'alcool s'était avéré être le meilleur remède sur l'instant, selon elle.
D'un geste incertain, elle s'acquit de la bouteille et colla l'ouverture à ses lèvres pour y prendre une gorgée. Le liquide d'une chaleur époustouflante lui brûla l'œsophage. Robin grimaça, c'était amer sur ses papilles gustatives.
« – Du rhum.
– Tu t'y connais ?
– Pas du tout, c'était une supposition, sourit-elle. Et puis, c'est écrit sur la bouteille. »
Elle lui pointa l'écriture de la bouteille et lui fit un clin d'œil. Elle enclencha les gorgés sans ne plus en finir. Ses joues s'empourprèrent et elle perdit aussitôt l'équilibre. À l'aide de ses réflexes, Zoro passa aussitôt un bras autour de sa taille pour la retenir. Il lui tassa les mèches rebelles installées sur son visage afin qu'elle puisse mieux voir ce qui l'entourait.
Elle avait bu trop vite. Zoro ne lui avait pas mentionné qu'il s'agissait d'un alcool très fort. Il n'avait pas pensé à ce qu'elle enclencherait les gorgées de cette façon. En réalité, juste l'effet que celui-ci procurait à la première gorgée suffisait à comprendre sa dangerosité.
Robin releva la tête vers Zoro, cette dernière qui tournait. Elle entrouvrit les lèvres, les humidifiant légèrement à l'aide de sa langue.
« – Zoro... »
Un point d'interrogation se dessina sur le visage du sabreur. Elle était forcément déjà ivre. Bien sûr qu'il le savait, mais il la laissa continuer, se demandant ce qu'elle avait à dire, ce qu'elle allait révéler, ce qu'elle, peut-être, allait avouer. Il souhaitait tellement, tellement se rapprocher d'elle et de comprendre cette mystérieuse femme. Il la repositionna de façon qu'elle ne bascule plus.
« – Vas-y avec modération, s'il te plait, souffla-t-il. »
Pour le taquiner, elle en reprit davantage, le forçant à reprendre la bouteille avec ses bras musclés. Le rhum qu'elle n'avait pas pu avaler tomba dans la mer, laissant une moue à Zoro qui venait de gaspiller une étincelle de sa boisson.
Elle se mit à rire, ne se souciant de rien.
Voir Robin sous un air innocent faisait craquer le bretteur. Il n'arrivait pas à se contrôler, mais sa fierté était en jeu. Il luttait pour ne pas lui sauter dessus.
« – Tu es ivre, Robin...
– Non, j'ai pleinement conscience. Encore un peu, je sais ce que je dis. »
Elle rit de bon cœur, une nouvelle fois. Zoro ne savait plus quoi faire. Elle était ivre, ou du moins, presque. Ses joues s'étaient enflammées par l'alcool et elle riait à tout. Elle n'avait plus aucun contrôle de la situation.
Mais il pensait que c'était autre chose.
Elle avait conscience. Elle savait pertinemment ce qu'elle faisait comme elle l'avait mentionné plus tôt. Elle paraissait juste plus ouverte, plus saine d'esprit, plus charismatique qu'elle ne le figurait. Plus bavarde, et ça lui plaisait.
Robin n'était certes, plus totalement elle-même, mais elle avait encore conscience. Un peu, du moins.
Sans gêne, elle déposa sa main sur la cicatrice du bretteur qui frissonna à ce simple contact. Elle la traça du bout de ses doigts. Elle semblait profonde, ayant eu du mal à cicatriser. Robin fronça les sourcils et regarda longuement Zoro avant de ne prendre la parole.
« – Est-ce que c'est douloureux ?
– Non, dit-il d'une voix rauque. Ça l'était, auparavant... Mais maintenant, ça va.
– Tu ne regrettes pas ?
– Regretter ?
– De n'avoir plus qu'un œil, termina-t-elle. »
Il baissa la main de Robin, en entourant son poignet de ses longs doigts.
Il ne s'était jamais posé cette question. Et il se sentit idiot. Bien sûr qu'il aurait aimé garder ses deux yeux, mais pour lui, peu importe ce qui arrivait, cela aurait pu perceptiblement le rapprocher de son but ultime ; devenir le meilleur sabreur du monde. Qu'importe s'il perdait ses jambes, ses organes, son dernier œil, même. Il ferait tout pour accomplir son rêve.
Robin enleva sa main de l'emprise de Zoro et commença cette fois-ci à tracer la longue blessure qui parcourait le torse musclé de Zoro, attendant sa réponse. Il ne broncha pas, mais échappa un léger hoquet de surprise. Il la laissa obtempérer afin qu'elle puisse vérifier par elle-même tout ce dont elle souhaitait.
Robin pensa. Zoro ne s'était jamais plaint de ces blessures par soucis d'esthétique. Il ne s'en préoccupait pas, en réalité. Elle abandonna ses activités et se retourna vers le paysage devant eux, analysant chacune des vagues.
« – Non, finit-il par dire. Et je ne le regretterai jamais. Deux yeux, c'est mieux c'est vrai. Mais l'important, c'est que je sois encore en vie, non ? Demanda-t-il tout en détournant son regard vers la belle archéologue. »
Et pour réponse, les lèvres de la grande brune s'étirèrent. La réponse lui convenait. Elle ne désirait rien entendre de plus.
C'était à son tour, de se dévoiler un peu...
« – Nico Olvia.
– Hein ?
– Nico Olvia était le nom de ma mère. Je l'ai revue, ce même jour.
– Lorsque ta ville a été... commença Zoro, mélancolique.
– Oui, ce jour-là. »
Il resta de marbre. Robin ne dirait rien de plus et il le savait. Toutefois, il se sentait bien. Elle ne lui avait partagé qu'une infime partie de tout ce voile qu'elle interposait entre les gens, mais c'était assez.
Robin, une femme mystérieuse qui avait ce même caractère qui le composait.
Malgré le peu de chose qu'elle disait, il connaissait la suite, que par logique, et par ce qu'Aokiji leur avait raconté. Robin avait réellement souffert. Elle avait vécu dans un enfer depuis son jeune âge que pour vivre. Toujours à se méfier des autres à cause de ses aptitudes en archéologie et ses connaissances sur les ponéglyphes.
Et malgré tout, elle gardait toujours le sourire. C'était inimaginable pour lui qu'elle puisse encore sourire après tout ce qu'elle avait vécu. Vingt ans à fuir le gouvernement. Vingt ans à être seule au monde. Zoro avait une grande admiration auprès d'elle. Elle était forte, tenace. Mais ça, il ne le lui déclarerait jamais.
« – Ça ne te fait rien. rit-elle tout-à-coup. »
Elle était incompréhensible. Zoro ne cernerait jamais les femmes, finalement. Une femme était une énigme qu'il ne pouvait saisir. Il ne comprenait pas ce qu'elle sous-entendait. Il n'arrivait jamais à les cerner, jamais à distinguer leurs intentions. Mais malgré tous ces océans si vastes, malgré ce monde sans fin, Robin était là, droite devant lui. À lui rappeler que les femmes valaient la peine d'être incompréhensibles et difficiles à suivre.
« – Un baiser indirect. »
Un baiser indirect.
« – Zoro... » Robin pencha la tête.
La bouteille, l'échange qu'ils s'étaient fait avec celle-ci. Leurs lèvres, touchant chacun à leur tour les rebords de l'ouverture de ce jéroboam. Le goût fruité qu'il avait pu discerner en rebuvant de cet alcool frais.
L'archéologue, parfaitement consciente qu'il était dans les vapes, enroula ses bras autour de son corps et le rapprocha d'elle. Elle voulait qu'il entende le son de son cœur qui avait chaviré pour lui. Elle voulait qu'il comprenne que sa présence était plaisante et que ça n'aurait pas été pareil si ça n'avait pas été lui qui s'était retrouvé à cet endroit précis. Ne sachant fichtrement quoi faire, il déposa son menton sur la tête de Robin, rougissant de plus belle. Il devint mal à l'aise, pas habitué à ce genre de caresses.
Mais cette situation n'était pas désagréable, au contraire. Elle venait l'animer intérieurement, faisant battre son cœur à tout rompre. C'était enivrant. Sentir la chaleur de Robin devenait une nouvelle sensation pour lui qu'il n'aurait, certes, jamais estimé nécessaire à son quotidien désormais, maintenant qu'il l'eut goûté.
Il finit à son tour, par enrouler ses bras autour de la taille de Robin, espérant qu'elle ne déposerait pas un commentaire sur ce geste qui ne représentait aucunement son caractère à lui.
« – Tu es ivre. lâcha-t-il.
– Peut-être. »
Peut-être, mais elle ne regrettait rien. Elle resta satisfaite d'avoir essayé de s'exprimer. Ce fut peu, mais beaucoup à la fois. Elle avait aimé. Zoro avait probablement aimé, mais elle ne le saurait jamais, car il ne dévoilait pas ses sentiments. Mais elle le ressentait.
Il la sépara de lui, les joues ravagées par la gêne. Il mit l'un des bras de l'archéologue le long de ses épaules, tenu fermement par sa main. De son autre main, il lui prit la taille et l'emmena vers la chambre des filles de l'équipage, où Nami y dormait déjà profondément, avec ses mandarines. Robin déposa sa tête contre l'épaule de Zoro, bercée par son corps protecteur.
Zoro la décolla de son emprise de façon à ne pas la froisser et la coucha. Il lui mit une couverture pour qu'elle n'attrape pas froid et cette dernière s'endormit aussitôt, le sourire collé aux lèvres.
Le café semblait déjà à son terme, pensa-t-il.
Il décida de prendre la relève. Il sortit de la chambre et se dirigea vers les rambardes du bateau. Il prit la même place qu'elle, la place qu'elle avait prise tout le long de cette nuit quasiment. Peut-être pour se convaincre qu'elle était encore là, à côté de lui.
Il se mit à observer l'horizon à son tour. Les étoiles brillantes laissaient entrevoir dans la pénombre de la nuit ce jeune sabreur aux cheveux verts. Sans s'en rendre compte, Zoro se mit à sourire avant de souffler ses dernières paroles de cette soirée intime :
« – En effet, tu ne tiens vraiment pas l'alcool, Robin. »
Et voilà, cette réécriture ! J'espère qu'elle vous a plu !
Pour être honnête j'avais déjà réécrit ce One-Shot, mais je ne l'avais jamais publié sur ce site, je n'en étais pas convaincue, haha. J'étais très jeune lorsque je l'avais écrit. Je le suis encore en fait, n'ayant toujours pas encore atteint l'âge de la majorité, mais presque, presque ! Voilà voilà. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre je pense, mais j'espère que vous avez pu passer un agréable moment.
Les reviews me feront un réel grand plaisir !
